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Editorial : Khamenei est mort, vive Khamenei…

Par Chokri Baccouche

Oups ! Les bulles du Champagne sablé par le président américain, Donald Trump, et son alter ego israélien, Netanyahu, après l’assassinat du guide suprême iranien donnent d’étranges hallucinations et ont un goût amer depuis quelques jours.

Non seulement elles renvoient aux missiles et aux drones qui s’abattent par centaines sur les villes israéliennes et les bases américaines dans le Golfe, mais, de plus, elles sont porteuses de bien mauvaises nouvelles sur le plan stratégique. La raison ?

Elle est simple comme hello ou shalom : en massacrant l’ayatollah Ali Khamenei, Trump et Netanyahu avaient cru que le régime des mollahs une fois «décapité» allait se désintégrer et partir en vrille pour ne plus être qu’un «mauvais souvenir».

Ils se sont mis en fait le doigt dans l’œil jusqu’à l’ombilic car non seulement il n’en fut rien mais de plus la disparition du vieux leader a fédéré les Iraniens qui se sont levés comme un seul homme pour défendre leur patrie contre ses agresseurs. Et comme une désillusion n’arrive jamais seule pour les va-t-en guerre américano-sionistes, c’est un autre Khamenei qui vient d’être élu par l’Assemblée des experts d’Iran au poste de guide suprême.

Le roi est mort, vive le roi ou, plutôt, vous n’êtes pas au bout de vos peines les méchants cocos : c’est le fils de son père qui assure la relève et il est prêt à croiser le fer avec les agresseurs de son pays. Ceux qui ont tué son paternel ainsi que de nombreux membres de sa famille et massacré des centaines de civils iraniens dont plusieurs dizaines de jeunes écolières qui ont été ensevelies sous les décombres de leur bahut, en cette journée fatidique du 28 février dernier.

Ah la poisse ! Depuis l’annonce du successeur du défunt Ali Khamenei, Trump et Netanyahu se morfondent et rongent leurs ongles. Ils ont d’autant plus raison de se faire du mauvais sang que les Gardiens de la Révolution, les forces armées, la police et la diplomatie ont immédiatement prêté allégeance au nouveau guide suprême.

Mieux encore : des milliers d’Iraniens en liesse ont investi les principales artères névralgiques des plus grandes villes du pays pour exprimer leur joie, agitant dans la nuit des drapeaux de la République islamique ou les lampes de leurs téléphones portables.

Malgré la brutalité des frappes aveugles américano-sionistes qui n’épargnent ni les populations civiles ni l’infrastructure, l’Iran est toujours debout et les Iraniens unis autour d’une noble cause, celle de préserver leur liberté et défendre l’intégrité territoriale et la souveraineté de leur pays.

L’élection de Mojtaba Khamenei au poste de guide suprême est porteuse de plusieurs messages politiques et stratégiques majeurs. Même si le régime le régime, diront les mauvaises langues, semble avoir opté pour une forme de "succession héréditaire" inédite depuis la révolution de 1979, ce choix vise à garantir la stabilité interne et la continuité de la ligne idéologique du défunt Guide.

La désignation de Mojtaba Khamenei qu’on décrit comme une figure très proche des Pasdaran, les gardiens de la révolution, vise également à consolider le pouvoir sécuritaire et militaire sur les institutions religieuses et civiles.

Enfin, et c’est là chose de la plus haute importance également, ce choix est perçu comme un message de fermeté et de puissance face aux pressions occidentales. Plus précisément, c’est un défi direct lancé aux Etats-Unis et notamment à Donald Trump, suggérant une posture iranienne qui marque un changement dans la continuité.

On l’aura certainement compris, rien ne va changer en fait en Iran. Le pays des mollahs qui refuse obstinément de se soumettre aux diktats américano-sionistes est prêt à tous les sacrifices et à tenir tête par tous les moyens à tous ceux qui cherchent à spolier sa liberté et son indépendance et asservir son peuple. Ce statu quo n’arrange pas bien évidemment les affaires du président américain qui semble éprouver toutes les peines du monde à trouver une solution pouvant lui permettre de sortir du bourbier moyen-oriental la tête haute.

Donald Trump, qui a essayé par tous les moyens de renverser rapidement le régime iranien, se retrouve actuellement dans la mouise pour ne pas dire dans un sacré pétrin. Non seulement il a lamentablement échoué mais, de plus, son expédition guerrière hasardeuse est en passe de créer une grave crise économique mondiale qui fait jaser aussi bien les citoyens américains que l’ensemble de la communauté internationale.

En raison de la flambée du prix du pétrole sur le marché international due notamment à la fermeture du détroit d’Ormuz, la colère gronde en effet au pays de l’oncle Sam où le prix du carburant à la pompe a sensiblement augmenté ces derniers jours, mettant encore plus à mal le pouvoir d’achat des contribuables américains, déjà érodé par une inflation galopante.

Comble de l’ironie et du cynisme, cette flambée est un « tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité des États-Unis et du monde », a assuré Donald Trump sur son réseau Truth Social. On ignore si le scandale Epstein laisse des séquelles irréversibles sur le psy des gentils membres du club mais, en tout cas, on peut dire que la savante réflexion du fantasque président U.S sort tout droit d’une orgie de mensonges, en passe de mener le monde… droit dans le mur…

C.B.

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