Le Ramadan à l'ère de l'IA: un mode de vie plus paisible grâce à la technologie
Ramadan a toujours été l'occasion de retrouver l'équilibre, un moment où le rythme de la vie quotidienne se modifie et où chacun se recentre sur ses priorités, sa famille et le plaisir de savourer chaque instant. Mais dans notre monde hyperconnecté, on observe une transition continue, bien que souvent imperceptible, du chaos du monde numérique vers une vie pilotée par l'intelligence artificielle.
À l'approche du mois sacré, familles et individus tendent à se déconnecter des technologies qui alourdissent leur quotidien et les distraient, préférant des solutions intelligentes qui simplifient les complexités et leur permettent de se concentrer sur l'essentiel. Les jours de Ramadan sont rythmés par un cycle d'activités, de la préparation de l'Iftar (le repas de rupture du jeûne) aux précieux moments de partage en famille et entre amis lors des douces soirées. Ces traditions confèrent au Ramadan son atmosphère si particulière, tandis que l'essor de l'intelligence artificielle contribue à un équilibre subtil où la technologie favorise la sérénité.
Réduire la charge mentale
Durant le mois sacré, le quotidien des familles s'adapte à un nouveau rythme, débutant plus tôt le matin. Les activités ralentissent pendant les heures de jeûne, devenant prévisibles jour après jour, l'Iftar (la rupture du jeûne) s'imposant comme l'événement le plus important. Les heures qui suivent se transforment en un moment de convivialité où les familles se réunissent dans la chaleureuse atmosphère du Ramadan.
Au milieu de ce chaos, le véritable rôle de l'intelligence artificielle se révèle. Son objectif n'est pas de bouleverser radicalement les habitudes quotidiennes, mais plutôt d'alléger intelligemment et simplement le stress lié aux décisions répétitives, contribuant ainsi à réduire la charge mentale quotidienne. Ceci souligne l'importance de la transition vers un mode de vie assisté par l'IA, qui agit comme un véritable assistant domestique, aidant les familles à se préparer et à planifier intelligemment, et à optimiser l'utilisation des ressources disponibles durant le mois sacré.
La transition vers une vie pilotée par l'IA : le choix discret
Durant le Ramadan, les familles accordent une attention particulière à leurs habitudes alimentaires, et c'est là que des solutions comme les réfrigérateurs intelligents prennent tout leur sens. Ces réfrigérateurs permettent une utilisation plus judicieuse des ingrédients et réduisent le gaspillage, simplifiant ainsi le quotidien et limitant les courses imprévues. Ils offrent aux familles des moments de calme, en accord avec les valeurs du mois sacré.
Dans le salon, les séries télévisées du Ramadan restent une partie intégrante des traditions de ce mois sacré, transformant l'écran de télévision en un espace de rassemblement pour des moments familiaux partagés.
Dans les détails du quotidien, l'importance de la transition vers une vie assistée par l'IA se révèle pleinement lors des moments de calme qui ponctuent la journée. Cela inclut des rappels et des suggestions pour faciliter l'organisation de la journée, ainsi que des outils discrets et non intrusifs qui permettent de gagner du temps. C'est précisément là l'essence même d'une vie assistée par l'IA : des solutions technologiques présentes pour offrir une assistance intelligente et fluide, tout en restant suffisamment discrètes pour ne pas perturber le quotidien.
Durant le Ramadan, la simplicité de la vie prend une autre dimension : les familles se resserrent, les parents s’efforcent de préserver les habitudes de leurs enfants et chacun aspire à la sérénité. Les solutions d’IA offrent le confort nécessaire au quotidien sans le compliquer. Ainsi, l’adoption d’un mode de vie assisté par l’IA permet de vivre un Ramadan paisible.
LNFP: Evocation de l'OB contre le ST: Verdict attendu Ce soir
La nouvelle commission de discipline de la Ligue Nationale de Football Professionnel qui a reçu hier les avocats de l'OBeja et du Stade Tunisien pour leur donner l'occasion de défendre la situation de leurs clubs respectifs à propos de l'évocation formulée par les Bejaois contre la participation de cinq joueurs étrangers dans les rangs des Stadistes au cours du match de la 21e journée. Pour les Nordistes , leur dossier est tout à fait régulier et demandent les trois points de la victoire.
Pour les Stadistes, il y a eu une erreur au niveau de la forme dans l'évocation et sont certains de la confirmation du résultat acquis sur le terrain, c'est-à-dire victoire par trois buts à deux. Le verdict de cette affaire est attendu ce soir ou au plus tard demain, vendredi. Dans tous les cas, chaque partie qui perdra l'affaire interjettera appel.
J.B.
La vie de Mohamed - L'héritage de la patience : Entre le siège de La Mecque et le sang de Taïf
La marche de l’Islam, à ses débuts, n’a pas été un long fleuve tranquille, mais un chemin semé de ronces, de sang et de larmes. À La Mecque, la situation des premiers croyants atteignit un point de non-retour, une cime d’inhumanité où la haine des idoles se heurtait à l’acier d’une foi inébranlable.
Plus la ferveur des musulmans pour le Dieu Unique grandissait, plus l’animosité des chefs qurayshites se muait en une cruauté organisée. Ce ne sont plus de simples moqueries ou des actes isolés de violence qui frappent la petite communauté, mais une stratégie d’étouffement systématique.
Le conflit atteignit son paroxysme lorsque les dirigeants mecquois, exaspérés par la résilience de Muhammad (s.a.w.) et de ses compagnons, décidèrent d’employer l’arme de la famine et de l’isolement social. Ils décrétèrent une mise en quarantaine totale. Ce pacte impitoyable interdisait tout commerce, tout mariage et tout échange avec le Prophète, sa famille et ses alliés. Acculés, ces derniers durent se réfugier dans les ravins étroits appartenant à Abū Tālib.
Pendant trois longues années, ils vécurent l’horreur du dénuement. Sans argent, sans provisions, réduits parfois à manger des feuilles d'arbres pour survivre, ils endurèrent l’insoutenable. Pourtant, dans ce silence de mort imposé par le blocus, leur courage ne vacilla jamais. La foi, loin de s’étioler sous la faim, se fortifiait dans l’épreuve.
Ce n’est que grâce à l’éveil de la conscience de cinq notables mecquois que ce siège prit fin. Révoltés par l'injustice flagrante, ces hommes brisèrent le pacte et permirent aux proscrits de regagner leurs foyers. Mais la liberté retrouvée avait un goût de cendre. Les privations extrêmes avaient brisé les corps.
En l’espace de quelques jours, le Prophète perdit Khadīdja (r.a.), son épouse bien-aimée, celle qui avait été la première à croire, sa confidente et son plus grand soutien financier et moral. Un mois plus tard, le coup de grâce tomba : la mort d’Abū Tālib. Avec lui disparaissait le bouclier politique qui protégeait Muhammad (s.a.w.) des agressions physiques directes des clans.
Sans protection clanique, le Prophète se retrouvait vulnérable, exposé à la merci d'hommes comme Abū Lahab, son propre oncle, dont la haine, attisée par les chefs de la ville, ne connaissait plus de frein. La Mecque était devenue une prison à ciel ouvert où l'on jetait la poussière sur la tête du Messager de Dieu jusque dans l'intimité de son foyer.
L’exil vers Taïf ou le triomphe de la miséricorde sur la barbarie
Face à l’étanchéité des cœurs mecquois et à l’impossibilité physique de prêcher, le Prophète (s.a.w.) décida, par nécessité et par devoir divin, de porter son message ailleurs. Il choisit Taïf, une cité verdoyante située à une centaine de kilomètres, espérant y trouver une terre plus fertile pour la parole de vérité. Accompagné seulement de son fidèle Zayd (r.a.), il entreprit ce voyage avec l'espoir de celui qui cherche un refuge pour sa foi. Mais Taïf, ville de l'idole al-Lāt, n'était qu'un miroir déformant de
La Mecque, l’hospitalité en moins
L’accueil fut glacial. Les chefs de la cité, craignant de froisser leurs alliés commerciaux mecquois et méprisant cet homme sans armée ni suite, rejetèrent son message avec un dédain souverain. Pire encore, ils n’eurent pas la décence de le laisser partir en paix. Pour se débarrasser définitivement de ce « gêneur », ils lâchèrent sur lui la lie de la population.
Une foule de voyous et d'enfants, armés de pierres, s'acharna sur le Prophète et son compagnon. Muhammad (s.a.w.) fut blessé au point que le sang emplissait ses sandales. Zayd, tentant de protéger le Messager de son corps, fut également atteint. Ils furent poursuivis, humiliés et chassés sur plusieurs kilomètres, trouvant enfin refuge dans un vignoble, épuisés et le cœur meurtri.
C’est dans cet état de détresse absolue que se produisit l’un des moments les plus sublimes de l’histoire de l’humanité. Alors qu’un ange descendait du ciel pour offrir au Prophète de raser Taïf et d’anéantir ses persécuteurs, Muhammad (s.a.w.), au lieu de céder à une colère légitime, choisit la voie de la miséricorde. « Non », répondit-il, « J’espère que de ces tourmenteurs mêmes naîtront ceux qui adoreront le Seul Vrai Dieu. »
Dans cette réponse réside toute l'essence de son message : une vision qui dépasse la douleur du présent pour embrasser le salut futur des générations à venir.
Le réconfort vint d’où on ne l’attendait pas. Deux de ses persécuteurs mecquois, propriétaires du vignoble, mus par une étincelle soudaine de compassion ou de solidarité tribale, lui envoyèrent du raisin par l’intermédiaire de leur esclave, ‘Addās.
Cet homme, originaire de Ninive et de confession chrétienne, fut bouleversé par les paroles du Prophète. En entendant le nom d’Allah et la référence au prophète Jonas (Younous), ‘Addās reconnut instantanément la lumière de la prophétie. Dans un élan de dévotion pure, il se jeta aux pieds du Messager, pleurant de joie d'avoir rencontré la vérité au milieu de cette désolation. Cet instant de grâce fut le baume sur les plaies de Taïf.
Pourtant, la solitude restait immense. Seul face à l’immensité de sa tâche, Muhammad (s.a.w.) se tourna alors vers le seul soutien qui ne fait jamais défaut. Sa prière, véritable cri de l’âme, résonne encore aujourd'hui comme le témoignage ultime de la servitude envers le Créateur. Il ne se plaignit pas de ses blessures physiques, ni de l'injustice des hommes, mais de sa propre « faiblesse » et de son « manque de moyens ».
Il s'en remit totalement à la volonté divine, affirmant que tant que Dieu n'était pas courroucé contre lui, toutes les épreuves de ce monde n'étaient que futilité. Cette séquence tragique de Taïf, loin d'être un échec, fut en réalité la préparation spirituelle à l'Hégire, le moment où la faiblesse apparente allait se transformer en une force capable de changer la face du monde.
Cette période de persécution intense, de la faim du blocus aux pierres de Taïf, forgea les premiers musulmans dans un creuset de douleur. Elle démontra que la foi n'est pas une simple adhésion intellectuelle, mais un engagement total de l'être. En refusant de maudire ses bourreaux, le Prophète Muhammad (s.a.w.) a tracé une ligne de conduite éternelle : répondre à la barbarie par la patience et à la haine par l'espoir d'une réforme intérieure.
(A suivre...)
Ligue des champions : Al Ahly recevra l'Espérance au Caire à huis clos
C'est maintenant officiel : Al Ahly d'Égypte vient d'être sanctionné par la CAF pour deux matches à domicile à huis clos suite aux dépassements enregistrés lors du dernier match entre Al Ahly et les FAR du Maroc. Une décision fortement attendue depuis la fin de la phase de poules.
Une sanction qui devrait faire plaisir à l'Espérance de Tunis qui reçoit à Rades au match aller le 15 mars courant avant de se déplacer au Caire pour le match retour programme pour le 21 mars.
Jamel Belhassen
Le mystère des serres célestes : Quand l'ornithologie moderne rencontre la révélation antique
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Le ciel a toujours été, pour l'esprit humain, un théâtre de signes et de prodiges. Dans l'immensité de l'azur, le vol des grands prédateurs fascine autant qu'il terrifie, illustrant une perfection mécanique qui semble défier les lois de la pesanteur.
Aujourd’hui, la science ornithologique nous livre des détails d’une précision chirurgicale sur les méthodes de chasse des rapaces, distinguant nettement le mode de prédation de ces derniers de celui des autres espèces aviaires. Pourtant, une lecture attentive des textes anciens, et plus particulièrement du Coran, révèle une formulation dont la précision technique interpelle les observateurs contemporains.
Il s’agit de comprendre comment une distinction biologique aussi fine que l’usage des pattes plutôt que du bec pour la capture des proies a pu être cristallisée dans un verset révélé il y a quatorze siècles à un homme qui n’était ni naturaliste, ni savant, mais immergé dans le désert d’Arabie.
Pour apprécier la profondeur de cette réflexion, il faut d’abord s’arrêter sur ce que la science moderne appelle le « colportage » ou le « hawking ». La majorité des oiseaux, qu’ils soient insectivores ou frugivores, utilisent leur bec comme outil principal pour saisir leur nourriture. C’est un prolongement direct de leur système digestif. En revanche, les oiseaux de proie, ces seigneurs des airs que sont les aigles, les faucons et les vautours chasseurs, possèdent une anatomie radicalement différente.
Leurs pattes sont dotées de tendons puissants et de griffes acérées, les serres, capables d’exercer une pression mortelle. Le bec du rapace n'intervient qu'une fois la proie maîtrisée, pour déchirer la chair, mais l'acte initial de capture, le saisissement dans le vide, est exclusivement le domaine des pieds. C’est cette capacité d’arrachement en plein vol qui définit le rapace.
Le verset 31 de la sourate Al-Hajj (Le Pèlerinage) décrit une scène d’une violence symbolique saisissante : « Quiconque associe quoi que ce soit à Dieu, c'est comme s'il était tombé du ciel et avait été arraché par les oiseaux... ». Le verbe arabe utilisé ici, takh-tafu, est d'une richesse sémantique cruciale. Il ne signifie pas simplement manger ou picorer, mais désigne l’acte de s’emparer brusquement, d’enlever ou d’arracher avec force.
Dans le contexte d'une chute depuis le ciel, l'image est celle d'un corps qui ne touche pas le sol parce qu'il est intercepté en plein vol par une puissance prédatrice. En précisant que l’oiseau « arrache » le sujet avant même que celui-ci ne soit consommé ou qu'il ne touche terre, le texte coranique décrit avec une exactitude troublante le comportement mécanique du rapace.
Contrairement au corbeau qui attend que la proie soit inerte pour la becqueter au sol, le rapace « arrache » sa cible dans les airs, utilisant la force de ses serres pour sécuriser son fardeau sans interrompre sa trajectoire.
Cette description soulève une question fondamentale sur la source de cette connaissance. À l’époque du Prophète Muhammad, l’observation de la nature était certes une nécessité de survie pour les peuples nomades. La fauconnerie était déjà pratiquée dans certaines régions du monde, et les Bédouins connaissaient le comportement des oiseaux du désert. Cependant, la distinction structurelle entre les types de prédation n'était pas une donnée scientifique documentée ou théorisée.
Le Coran n'est pas un traité d'ornithologie, pourtant, il choisit systématiquement le terme le plus adéquat pour décrire un phénomène physique. Dire que l'homme est « arraché » par les oiseaux de proie dans le vide implique une compréhension de la capture aérienne que seule la vision au ralenti ou une observation biologique rigoureuse peut confirmer aujourd'hui.
L’utilisation des pattes, et non du bec, est le seul moyen physique permettant à un oiseau d’arracher une masse en mouvement sans se briser les cervicales ou perdre l’équilibre.
L'analyse de ce verset ne se limite pas à une simple coïncidence lexicale. Elle s'inscrit dans une logique de « signes » (Ayats) que le Coran invite à méditer.
Pour le croyant, cette précision est une preuve de l'origine divine du texte, car elle dépasse les capacités d'un homme analphabète du VIIe siècle à synthétiser des principes de physique et de biologie animale dans une métaphore spirituelle. Le texte suggère que celui qui perd sa foi perd son ancrage et devient vulnérable aux forces prédatrices du monde, tout comme un corps en chute libre est une proie facile pour les serres d'un rapace.
La rapidité de l'action suggérée par le verbe takh-tafu renforce l'idée d'une perte totale de contrôle, où la transition entre l'existence et l'anéantissement se fait par un geste de saisie brutale.
En conclusion, la convergence entre les descriptions scripturaires et les réalités biologiques offre un champ de réflexion immense. Les rapaces, par leur capacité unique à utiliser leurs membres inférieurs pour la capture, incarnent une ingénierie naturelle que le Coran a immortalisée par un simple verbe.
Que l'on y voie un miracle de prescience ou une observation empirique d'une acuité exceptionnelle, le constat demeure : l'image de l'oiseau qui arrache sa proie dans l'immensité du ciel reste l'une des métaphores les plus puissantes et les plus techniquement justes de la littérature spirituelle mondiale. Elle nous rappelle que, souvent, les vérités que nous découvrons avec nos microscopes et nos caméras à haute vitesse étaient déjà gravées dans le langage de ceux qui regardaient les étoiles et les aigles avec un mélange de crainte et d'admiration.
M.B.S.M.
Programme ramadanesque de l’AMVPPC : Quand les musées et les livres dialoguent sous les étoiles
Par Imen Abderrahmani
L’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle (AMVPPC) propose à partir de ce soir et jusqu’au 13 de ce mois, un programme nocturne spécial fait dialoguer livres, musées et monuments et ce afin de raviver la mémoire nationale.
Comme le veut la tradition, le mois saint a un autre rythme pour l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle (AMVPPC). C’est l’occasion pour que les musées s’animent le soir et pour rapprocher le public de son patrimoine à travers les régions.
Pour ce nouveau rendez-vous dédié au patrimoine, à la mémoire et à l’histoire, l’AMVPPC, en coordination avec l’Institut national du patrimoine (INP), propose une traversée culturelle où monuments, musées et publications deviennent les passeurs d’un héritage pluriel. Dans le silence habité des soirées ramadanesques, le patrimoine se raconte autrement : il se contemple, s’écoute et se lit.
Deux rendez-vous majeurs rythment ainsi cette programmation : « Soirées patrimoniales » et « La Nuit des musées tunisiens ». Deux manifestations où la recherche éclaire la mémoire et où les lieux d’histoire s’ouvrent à la rencontre.
Placées sous le thème « Nos publications, reflet des enjeux de la recherche sur la mémoire et l’histoire », les « Soirées patrimoniales » célèbrent le livre comme espace de transmission et de connaissance. Car le patrimoine ne vit pas seulement dans la pierre des monuments ou la beauté des collections ; il s’ancre aussi dans l’effort patient des chercheurs, dans l’écriture, l’archive et l’édition. Chaque publication devient alors un trait d’union entre passé et présent, un geste de sauvegarde autant qu’un acte de partage.
La manifestation est une bonne occasion pour mettre en lumières une importante collection d’ouvrages qu’a publiés l’AMVPCC au fil des années, apportant plus d’éclairages sur tant de sites, de monuments et de pratiques. Le coup d’envoi de ces rencontres sera donné ce soir au Borj El Kébir de Sfax. Trois autres rendez-vous rythmeront ces rencontres : le 6 mars au Centre de présentation de l’histoire et des monuments de la Médina de Tunis, le 7 mars au Musée archéologique de Sbeïtla, puis le 11 mars au Musée archéologique de Mahdia. Parmi les ouvrages qui seront présentés à cette occasion, nous citons : « Merveilles de l’architecture religieuse : Mosquées & Zaouïas de Tunisie (IXe s. - XIXe s.) » par Abdelaziz Daoulatli. Un ouvrage de référence qui met en lumière le patrimoine architectural islamique, explorant nombreux édifices tunisiens, et détaillant leur histoire et leur esthétique du 9e au 19e siècle. Le public découvrira ou redécouvrira lors de ces rendez-vous : « La Tunisie et la mer », « Sites et monuments historiques : vus du ciel » et « Patrimoine & Terroirs : Saveurs & Savoirs ».
La nuit des musées tunisiens
Le 2ème rendez-vous, lors de ce mois sacré est annoncé pour le 13 mars, entre 21h00 et 23h30. Il s’agit de la 6ème édition de « La Nuit des musées tunisiens » qui transformera le pays en une constellation de lieux ouverts et lumineux. Dix-huit musées publics accueilleront les visiteurs en nocturne, invitant chacun à franchir leurs seuils dans une atmosphère rare, où le temps semble suspendu.
Parmi les institutions participantes figurent le Musée national du Bardo, le Musée paléochrétien de Carthage, ainsi que les musées archéologiques de Musée archéologique de Nabeul, Musée archéologique de Kerkouane, Musée archéologique de Sousse, Musée archéologique d’Enfidha, Musée archéologique de Sbeïtla, Musée archéologique de Makthar, Musée archéologique de Mahdia et Musée archéologique d’El Jem.
Seront également accessibles le Musée du Ribat de Monastir, le Musée Habib Bourguiba de Monastir, le Musée de Djerba du patrimoine traditionnel, le Musée du Sahara de Douz, le Musée de Moknine, le Musée national des arts islamiques de Raqqada, et également le Centre de présentation de l’histoire et des monuments de la Médina de Tunis.
Ainsi, au fil de ces nuits ouvertes et habitées, de ces rencontres autour des ouvrages dans les lieux symboliques, le patrimoine se révèle dans toute sa vitalité. Il ne se contente pas d’être conservé : il se transmet, se raconte et se partage. N’hésitez pas à prendre part à ces moments privilégiés de rencontre avec notre mémoire collective.
Imen.A.
Un atelier d’initiation à la calligraphie arabe, pour enfants, à la Cité des sciences
La Cité des sciences à Tunis organise, du 25 au 27 mars 2026, un atelier d’apprentissage de la calligraphie arabe et d’amélioration de l’écriture et du dessin à l’aide de lettres, destiné aux enfants de 7 à 11 ans. Cette mini-formation de 9 h à 13 heures est animée par une professeure spécialisée en calligraphie arabe et en ornementation. L’objectif de cet atelier est d’habituer les jeunes à l’organisation, à la précision de l’observation, à la réflexion et à l’équilibre, ainsi qu’au respect des proportions, car la calligraphie est un art et une science qui repose sur la symétrie et l’harmonie indiquent les organisateurs. Il s’agit également d’apprendre aux enfants la rigueur de l’ordre, de la composition et le sens de la répartition. Elle inspire également un sentiment de satisfaction et enseigne la patience et la persévérance grâce à la pratique et à l’entraînement répétés.
Trois expériences de réalité virtuelle littéraire à la Librairie Al Kitab pour Ramadan
Le Goethe-Institut Tunis propose, du 13 au 15 mars, trois expériences de réalité virtuelle consacrées à l’univers littéraire, organisées en partenariat avec la Librairie Al Kitab.
Les séances se tiendront au siège de la Librairie à Mutuelleville de 21h00 à 23h30, en entrée libre, dans le cadre des activités culturelles programmées durant le mois de Ramadan. L’événement réunit trois productions internationales offrant une immersion sensorielle dans des œuvres narratives adaptées au format VR.
« GoethesVR Faust », production de 2019 (15 à 18 minutes), est proposée en allemand, anglais et arabe. L’expérience revisite l’œuvre « Faust » de Johann Wolfgang von Goethe à travers un dispositif immersif mêlant théâtre et environnement virtuel.
« LOS360°VR », réalisée en 2022 (25 minutes), est disponible en allemand et en français. L’œuvre relate l’histoire de Peter Thaler, disparu lors d’une randonnée dans les Alpes suisses. Présentée notamment au Sundance Film Festival et à l’European Film Market, elle est produite par Montezuma Production, en coproduction avec la SSR SRG.
« Notes On Blindness » (2016), coproduite par ARTE, se compose de cinq chapitres d’environ six minutes chacun. Inspirée des enregistrements sonores du journal de John Hull, devenu aveugle en 1983, l’expérience propose une approche immersive des perceptions sensorielles liées à la cécité.
Selon les organisateurs, la programmation vise à explorer de nouvelles formes de médiation culturelle à travers la réalité virtuelle, en mettant l’accent sur la rencontre entre littérature et technologies immersives.
Prochain congrès de l’UGTT : Deux listes et plusieurs contestations…
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
A trois semaines du prochain congrès de l’UGTT, tous les regards sont braqués sur l’actuel secrétaire général, Noureddine Tabboubi, et s’il va se présenter aux élections ou non ?
Ses partisans disent que «légalement, rien n’émèche le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Nouredine Tabboubi, de se présenter aux élections du prochain congrès de la Centrale syndicale tant que l’article 20 est toujours en vigueur ». L’avocat et activiste Me Houssem Eddine Ben Atiya a cependant un autre avis: « Il s’agit d’une question de morale et d’éthique.
L’article 20 est à l’origine de la crise et il est inconcevable de reproduire les mêmes erreurs et se présenter aux élections sur la base de ce même article ». a-t-il conclu. Et d’ajouter : « A mon avis, Tabboubi veut sortir par la grande porte en réussissant ce congrès pour transmettre le flambeau à la nouvelle génération ».
En attendant, toutefois, de voir plus clair, les échos en provenance de la place Mohamed Ali là où siège la Centrale syndicale à Tunis parlent d’une grande agitation qui secoue la base syndicale.
D’ores et déjà, l’un des principaux candidats au poste de secrétaire général de la l‘UGTT, à savoir l’actuel secrétaire général adjoint chargé du règlement intérieur, Fraouk Ayari, est dans le collimateur de l’Union régionale du travail de Sfax dont le secrétaire général demande aujourd’hui de le traduire devant la Commission du règlement intérieur pour des dépassements liés au dernier congrès électif à la Fédération des métaux.
« Le fait que Farouk Ayari a barré la route au sécrétaire général sortant de se présenter aux élections de la Fédération des métaux à cause de son départ à la retraite anticipée a créé une nouvelle tension au sein même du bureau exécutif de l’UGTT», estime l’avocat Me Houssem Eddine Ben Atiya. Qu’en est-il, par ailleurs, des candidats en vue pour le prochain congrès de l’UGTT ?
Deux listes…
Interrogé à ce sujet, le dirigeant au sein de la coalition de l’opposition syndicale, Habib Jerjir, nous a indiqué : « La fameuse citation de Karl Marx : « L'histoire se répète, d'abord comme tragédie, puis comme farce, et enfin comme comédie », trouve tout son sens dans ce qui se passe actuellement au sein de l’Union générale tunisienne du travail. Tous les ingrédients sont, en effet, réunis pour faire de ce congrès une vraie mascarade. Il ne manque que la candidature de Noureddine Tabboubi pour que la tragédie se transforme en une comédie.
En témoignent les deux listes qui sont actuellement en cours d’élaboration. La première est présidée par l’actuel secrétaire général chargé du règlement intérieur, Farouk Ayari, et la deuxième par le secrétaire général adjoint de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), Othman Jellouli.. Le premier, rappelons-le, est l’architecte des putschs des congrès de Sfax, de Sousse et de Gammarth et le deuxième est le vice-président du Conseil national de Hammamet à l’origine de toute la crise de l’UGTT. Alors, de quelle démocratie et de quelle transparence parle-t-on ? ».
En attendant de voir plus clair concernant les candidatures, l’ancien dirigeant syndical et porte-parole de l’Initiative syndicale pour la révision et la réforme, Noureddine Chmengui, est lui au moins sûr d’une chose, en l’occurrence les motions du prochain congrès. Selon Chmengui : « La révision du règlement intérieur de la Centrale syndicale, notamment la révision de l’article 20, fera l’objet d’une motion à présenter aux congressistes.
On se dirige également vers l’instauration d’une administration indépendante chargée de la gestion administrative et financière. Cette mesure viserait à soustraire les dossiers des finances et des adhésions aux pressions et aux rapports de force internes, et à instaurer davantage de transparence et de gouvernance démocratique au sein de l’UGTT. Les congressistes auront aussi à trancher concernant la levée du gel et des sanctions infligées à plusieurs syndicalistes à la suite des conflits internes ayant secoué l’organisation ».
M.B.S.M.
Ligue 1 - Les arbitres de la 23e J : Khaled Gouider pour USM- CSS
La Commission Nationale d'arbitrage vient d'annoncer les noms des arbitres appelés à officier les matches de la 23e journée de la Ligue 1 programmée pour les vendredi, samedi et dimanche. Une journée qui verra l'Espérance, leader de la Ligue 1, recevoir l'ASMarsa, samedi alors que le Club Africain, dauphin, se déplacera dimanche à Ben Guerdane.
Cette journée sera dominée par un certain USMonastir- CSSfaxien et un duel intéressant Stade Tunisien- Etoile du Sahel. Rappelons aussi que l'ASSoliman, après avoir reçu ses adversaires à Bir Bouregba, Bizerte et Beja élira domicile cette fois-ci au Kram où elle offrira l'hospitalité à l'ESZarzis. Voici le programme complet de la journée :
Vendredi 6 mars 2026 -13h00
ASS- ESZ Sadok Selmi
ASG -JSO Sofiene Ouertani
Samedi 7 mars 2026 - 13h00
USM: CSS Khaled Gouider
EST: ASM Achraf Haraketi
ESM :OB Houssem Boulares
Dimanche 8 mars 2026 - 13h00
ST: ESS Haythem Trabelsi
USBG: CA Amir Ayadi
JSK CAB Hosni Naili
J.B.
Le feu du ciel et les larmes de soufre : Quand la géologie décrypte les châtiments antiques
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
L’histoire de la Terre est une chronique de violences souterraines et de métamorphoses atmosphériques dont les volcans sont les plus spectaculaires architectes.
Pour l’observateur moderne, une éruption est un phénomène complexe où la tectonique des plaques rencontre la chimie des gaz, produisant des conséquences qui dépassent largement la simple coulée de lave. La science contemporaine a mis en lumière la composition précise des panaches volcaniques, révélant que, loin de ne rejeter que de la roche en fusion, ces géants de feu expulsent des quantités massives de vapeur d’eau et de gaz corrosifs dans la stratosphère.
Cette signature chimique particulière, qui transforme le ciel en un milieu hostile et toxique, trouve un écho saisissant dans les récits eschatologiques et historiques du Coran, notamment à travers le récit du peuple de Lot. En examinant la convergence entre la terminologie géologique moderne et les descriptions scripturaires de « pluies de pierres » et de « pluies affreuses », on découvre une précision narrative qui semble anticiper la compréhension actuelle des cataclysmes volcaniques.
La volcanologie nous enseigne que les éruptions les plus dévastatrices sont souvent de nature explosive. Ces événements projettent à des altitudes vertigineuses, parfois jusqu’à trente kilomètres au-dessus du niveau de la mer, un mélange hétéroclite de matières solides et gazeuses. Parmi les solides, la pierre ponce — une roche volcanique légère et poreuse formée par le refroidissement rapide d'une lave riche en gaz — retombe souvent sur les zones environnantes sous forme de grêle pierreuse. Mais le véritable danger invisible réside dans les gaz.
La vapeur d’eau, le dioxyde de carbone et surtout le dioxyde de soufre sont les composants majoritaires de ces nuages. Une fois injecté dans la haute atmosphère, le dioxyde de soufre subit une réaction chimique complexe pour se transformer en acide sulfurique. Ce dernier se condense alors pour former des aérosols ou se mêle à l'eau pour engendrer des pluies acides d’une intensité extrême. C’est ce mécanisme précis qui transforme une éruption locale en un désastre atmosphérique global ou régional, rendant l'air irrespirable et l'eau corrosive.
Dans le texte coranique, le châtiment infligé aux cités de la plaine (Sodome et Gomorrhe) est décrit avec une vigueur qui évoque irrésistiblement un événement de nature volcanique ou tectonique. Le verset 74 de la sourate Al-Hijr mentionne que la cité fut « renversée » et qu’une pluie de « pierres de Sijjil » s’abattit sur elle. Le terme Sijjil, souvent interprété comme de l'argile durcie ou des pierres marquées, correspond physiquement aux éjectas pyroclastiques ou à la pierre ponce qui pleut littéralement du ciel lors d'une explosion volcanique majeure.
L’expression « Nous l'avons renversé » pourrait quant à elle faire référence au séisme ou à l'effondrement topographique qui accompagne souvent la vidange d'une chambre magmatique. Le lien avec la géologie se précise davantage lorsque le texte évoque, dans la sourate Ash-Shu'ara (verset 173), une autre forme de précipitation : « Et Nous avons fait pleuvoir sur eux une pluie. Affreuse est la pluie de ceux qui sont prévenus. »
L'usage du mot « pluie » (matar) pour décrire un châtiment est ici fondamental. Dans le langage naturel, la pluie est une bénédiction, mais le qualificatif « affreuse » ou « détestable » suggère une altération de sa nature profonde. À la lumière de la chimie atmosphérique, cette pluie n'est plus l'eau pure qui donne la vie, mais une solution acide résultant de la saturation du nuage volcanique en composés soufrés.
Cette « pluie affreuse » est la traduction exacte de ce que les populations subissent lors d'une retombée de cendres volcaniques mêlées à de fortes précipitations : une eau acide qui brûle les yeux, la peau, détruit les récoltes et contamine les sources. La précision de l'adjectif prend tout son sens lorsque l'on comprend que le volcan ne se contente pas de projeter des pierres ; il modifie la structure même du ciel, rendant les précipitations mortelles.
Ce qui interpelle l'esprit critique, c'est la distinction faite entre le projectile solide (la pierre de Sijjil) et la pluie gazeuse/liquide. Le Coran ne mélange pas les genres, mais décrit deux phases distinctes d'un même phénomène cataclysmique. Comment un récit datant de quatorze siècles a-t-il pu isoler l'aspect « affreux » d'une pluie liée à une chute de pierres, sinon par une connaissance intrinsèque de la nature des éruptions ?
À l'époque de la révélation, bien que les volcans fussent connus, leur capacité à générer des pluies acides stratosphériques n'était pas une donnée acquise par la science. L'idée que le ciel puisse « pleuvoir » autre chose que de l'eau, et que cette substance soit intrinsèquement mauvaise ou corrosive, relève d'une observation de la dynamique des gaz que seule la modernité a permis de théoriser.
En analysant ces versets, on s'aperçoit que la métaphore spirituelle s'appuie sur une réalité physique rigoureuse. Le châtiment n'est pas seulement un acte symbolique, il s'inscrit dans les lois de la Création. Le renversement de la cité symbolise la rupture de l'ordre moral, tandis que la pluie de pierres et l'acide céleste manifestent le dérèglement de l'ordre naturel provoqué par cette rupture. La mention de la pierre ponce et de la pluie acide sert ainsi de pont entre le récit historique et la preuve scientifique.
Elle offre au lecteur contemporain une clé de lecture nouvelle, où le miracle ne réside pas seulement dans l'événement lui-même, mais dans la justesse des termes employés pour le décrire à travers les âges. Le Coran semble ici agir comme un témoin oculaire d'un passé géologique, utilisant un vocabulaire qui traverse les millénaires pour rencontrer les découvertes de la volcanologie du XXIe siècle.
Cette convergence invite à une réflexion plus large sur la place de l'homme dans son environnement et sur la fragilité de notre atmosphère. Si les anciens percevaient ces « pluies affreuses » comme une intervention divine directe, la science moderne nous montre qu'elles sont le résultat de processus physico-chimiques inéluctables. Cependant, l'usage d'un langage aussi spécifique dans un texte sacré suggère que la frontière entre le fait scientifique et le message spirituel est parfois plus poreuse qu'il n'y paraît.
En fin de compte, que l'on étudie la stratosphère à travers des capteurs satellites ou que l'on médite sur les versets de la sourate Al-Hajj, la conclusion reste la même : les forces déchaînées de la terre et du ciel possèdent une puissance de transformation totale, capable de rayer de la carte toute une civilisation en un instant, sous une pluie de feu et de soufre.
M.B.S.M.
La vie de Mohamed - L'Épopée de l'exil : Quand la justice d'Abyssinie affronta la tyrannie de La Mecque
Au cœur de la péninsule arabique, au VIIe siècle, la ville de La Mecque était devenue le théâtre d'une répression implacable. Les premiers adeptes de l'Islam, porteurs d'un message d'unicité divine et d'égalité sociale, subissaient le courroux des chefs de Qoraïsh.
Ces derniers voyaient en cette nouvelle foi une menace pour leur hégémonie économique et spirituelle. Face à une hostilité qui ne laissait plus de place au compromis, le Prophète Muhammad (s.a.w.) prit une décision historique. Plutôt que de voir sa communauté s'éteindre sous les coups de la torture, il désigna l'horizon lointain. D'un geste pointé vers l'ouest, par-delà les eaux de la mer Rouge, il décrivit un havre de paix : l'Abyssinie.
Sous le règne du Négus, un roi chrétien dont la probité était légendaire, nul ne subissait d'injustice. Ce fut le signal du premier grand exil de l'Islam, un voyage né du désespoir, mais porté par une foi inébranlable.
Le départ fut un déchirement. Pour ces Arabes, l'appartenance à la tribu et la garde de la Ka‘ba constituaient l'essence même de leur identité. Quitter La Mecque n'était pas un simple voyage, c'était une rupture existentielle, un saut dans l'inconnu que seuls les cas de force majeure justifiaient. Craignant que les Mecquois n'empêchent leur fuite pour continuer à les tourmenter, les exilés préparèrent leur voyage dans le secret le plus total.
C’est lors de ces préparatifs clandestins que survint une rencontre fortuite et bouleversante. ‘Umar ibn al-Khattāb, qui n'était pas encore le second calife de l'Islam mais l'un de ses persécuteurs les plus farouches, croisa le chemin d'Umm ‘Abdullāh alors qu'elle chargeait ses bêtes de somme. En voyant ces bagages, ‘Umar comprit que la fracture était consommée. Sa question, empreinte d'une surprise inhabituelle, provoqua une réponse cinglante d'Umm ‘Abdullāh : ils partaient parce qu'ils n'étaient plus les bienvenus sur leur propre terre.
À cet instant, la cuirasse de haine de ‘Umar se fendit. Son souhait de bon voyage, prononcé d'une voix tremblante d'émotion, laissa entrevoir que même le cœur de l'ennemi était troublé par la dignité de ceux qui préféraient l'exil à l'abjuration.
Entre intrigues diplomatiques et le prix de la solidarité retrouvée
La fuite des musulmans ne resta pas longtemps secrète. En apprenant leur départ, la fureur des chefs de La Mecque fut à la mesure de leur humiliation. Une expédition fut lancée à bride abattue vers le rivage, mais les voiles des navires musulmans n'étaient déjà plus que des points à l'horizon. Ne s'avouant pas vaincus, les Qoraïshites dépêchèrent une ambassade de haut rang vers la cour du Négus, menée par le fin diplomate ‘Amr ibn al-‘Ās.
Leur mission était claire : corrompre l'entourage du roi et dépeindre les réfugiés comme des renégats dangereux afin d'obtenir leur extradition. Cependant, ils sous-estimèrent l'intégrité du souverain abyssin. Malgré les pressions, les cadeaux et les intrigues de ses propres courtisans, le Négus resta fidèle à sa réputation de roi juste. Après avoir entendu la défense des musulmans, il leur accorda sa protection éternelle, infligeant un camouflet diplomatique majeur à La Mecque.
L'échec de cette mission poussa les Qoraïshites à employer une arme plus insidieuse : la désinformation. Ils firent circuler le bruit mensonger que la ville entière de La Mecque s'était convertie à l'Islam. Cette rumeur, portée par les caravanes, atteignit les exilés en Abyssinie. Emplis d'espoir et impatients de retrouver leurs foyers, beaucoup reprirent la mer, pour ne découvrir qu'une fois arrivés que la persécution n'avait fait que s'intensifier.
C'est dans ce contexte de tension extrême que se détache la figure de ‘Uthmān bin Maz‘ūn. Fils d'un chef puissant, il bénéficiait de la protection de Walīd bin Mughīra, ce qui lui permettait de circuler sans crainte. Mais ‘Uthmān possédait une conscience trop vive pour accepter un privilège qui l'isolait de la souffrance de ses frères. Dans un acte de bravoure spirituelle, il renonça publiquement à cette protection, choisissant délibérément de s'exposer à la brutalité commune pour ne pas être "indigne" de la souffrance des autres.
Le dénouement de cette posture morale se joua lors d'une assemblée publique où le célèbre poète Labīd récitait ses vers. Lorsque le poète déclara que toute grâce terrestre était éphémère, ‘Uthmān l'interrompit pour affirmer que les grâces du Paradis, elles, seraient éternelles. Cette contradiction, perçue comme une insolence, provoqua un déchaînement de violence. Un Qoraïshite frappa ‘Uthmān si violemment qu'il lui creva un œil.
Walīd, son ancien protecteur, assista à la scène avec un mélange de regret et d'amertume, lui faisant remarquer qu'il aurait pu éviter cette mutilation s'il était resté sous son aile. La réponse de ‘Uthmān bin Maz‘ūn résonne encore comme un testament de foi : il n'avait aucun regret, car l'œil qui lui restait était prêt à subir le même sort pour la cause de Dieu. À travers lui, c'est toute la philosophie des premiers musulmans qui s'exprimait : tant que le Prophète souffrait et que la vérité était bafouée, la paix individuelle n'était qu'une illusion inacceptable.
Cette épopée, qui débuta par une fuite dans l'ombre de la nuit pour s'achever dans le sang et la dignité des assemblées mecquoises, marque la naissance d'une conscience collective nouvelle. En choisissant l'exil plutôt que l'abjuration, puis la souffrance partagée plutôt que la sécurité isolée, les compagnons du Prophète (s.a.w.) ont transformé une minorité persécutée en une force morale inébranlable.
La chute de ce récit réside dans l'incroyable retournement de l'histoire : l'œil perdu de 'Uthmān bin Maz‘ūn et les larmes contenues de 'Umar ibn al-Khattāb ne furent pas des signes de défaite, mais les germes d'une victoire future.
Quelques années plus tard, ces mêmes hommes qui quittaient leur patrie en secret y reviendraient non plus comme des fugitifs, mais comme les bâtisseurs d'une civilisation. L'Abyssinie, par la justice de son roi, fut le berceau nécessaire à cette survie, prouvant que lorsque la terre devient trop étroite pour la vérité, la justice peut se trouver sur l'autre rive, dans le cœur d'un étranger.
De l'Ombre du Sabre à l'Éclat de la Foi
La métamorphose du lion de Quraysh « Omar »
Dans les ruelles poussiéreuses et étouffantes de La Mecque, au cœur de la sixième année de la mission prophétique, l’air semblait chargé d’une électricité prémonitoire. À cette époque, l’Islam n’était encore qu’un murmure séditieux, une flamme fragile vacillant sous les vents contraires de l’aristocratie qurayshite.
Parmi les opposants les plus farouches, un nom seul suffisait à glacer le sang des fidèles : Omar ibn al-Khattāb. Homme d’une stature imposante et d’un tempérament de feu, Omarétait l’incarnation de la résistance païenne, un guerrier dont la loyauté envers les traditions ancestrales n'avait d'égale que sa haine pour le message d'unicité qui menaçait l'ordre établi.
Ce jour-là, l’exaspération de Omar atteignit son paroxysme. Voyant que ni les menaces ni les tortures n’étouffaient la voix de l’Islam, il décida de trancher le mal à la racine. D’un geste sec, il ceignit son épée, son visage étant un masque de marbre noirci par la colère. Son objectif était limpide, terrifiant de simplicité : assassiner le Prophète Muhammad (s.a.w.) pour ramener la paix et l'unité au sein de la tribu des Quraysh.
Alors qu’il marchait d’un pas lourd vers sa cible, il croisa un de ses proches qui, frappé par l'aura meurtrière qui émanait de lui, l'interrogea sur ses intentions. « Je vais en finir avec Muhammad », tonna ‘Umar. Son interlocuteur, espérant détourner sa fureur pour gagner du temps, lança une flèche verbale inattendue : « Pourquoi ne t'occupes-tu pas plutôt de ta propre maison, Omar? Sais-tu que ta sœur Fātima et son mari ont embrassé la religion que tu détestes tant ? »
Ces paroles furent comme un coup de tonnerre dans un ciel pur. Pour ‘Umar, l'honneur familial était sacré. Apprendre que la "contagion" avait atteint son propre sang fut une humiliation insupportable. Changeant de direction, il se précipita vers la demeure de sa sœur, le cœur bouillonnant de trahison.
Du sang versé à la Lumière versée : Le miracle de la Sourate Tā-Hā
En s'approchant de la porte, Omar s’arrêta net. Une mélodie étrange, une résonance venue d’ailleurs, flottait dans l’air. C’était la voix de Khabbāb ibn al-Aratt, qui enseignait clandestinement les versets sacrés à Fātima et son époux. Dès que Omarentra en trombe, le silence tomba comme un linceul. Khabbāb se précipita dans une cachette tandis que Fātima dissimulait précipitamment les feuillets de parchemin.
La confrontation fut immédiate et brutale. « Qu’est-ce que ce murmure que j’ai entendu ? » rugit-il. Face à leurs dénégations, il s'emporta et s’en prit violemment à son beau-frère. Lorsque Fātima s’interposa avec le courage des lionnes, la main de Omar s'abattit sur son visage, lui ensanglantant le nez.
Mais là où la violence aurait dû engendrer la soumission, elle fit naître une résistance héroïque. Fātima, le visage maculé de sang mais le regard flamboyant, lui lança : « Oui, ‘Umar, nous sommes musulmans ! Nous croyons en Allah et en Son Messager. Fais maintenant ce que bon te semble ! » À la vue du sang de sa sœur, quelque chose se rompit dans l'armure de cet homme d'acier. Le remords, ce sentiment qu'il avait toujours méprisé, l'envahit subitement. La honte d'avoir frappé une femme de son sang commença à éroder sa colère.
S’adoucissant, il demanda à voir ces écrits qui inspiraient une telle bravoure. Fātima, méfiante mais guidée par une intuition divine, exigea qu’il se purifie d’abord, car la Parole de Dieu ne pouvait être touchée par l'impureté. Après s’être baigné, Omar prit les feuillets. Ses yeux tombèrent sur les premiers versets de la Sourate Tā-Hā. À mesure qu’il lisait, la majesté des mots pénétrait les pores de sa peau.
Lorsqu'il atteignit les versets 15 et 16 — "En vérité, c’est Moi, Allah ; il n’y a d’autre Dieu que Moi. Adore-moi donc..." — le guerrier s'effondra intérieurement. L'arrogance laissa place à l'émerveillement. « Comme ces paroles sont belles et nobles ! » murmura-t-il, la voix tremblante.
Khabbāb, comprenant que le miracle s'était produit, sortit de l'ombre pour lui révéler que le Prophète (s.a.w.) avait prié pour sa conversion la veille même. Sans perdre un instant, Omar se dirigea vers Dār Arqam, où les musulmans étaient réunis. Lorsqu’il frappa à la porte, l’épée toujours au côté, l’effroi saisit l’assemblée. Mais le Prophète (s.a.w.), avec la sérénité de celui qui connaît les desseins divins, ordonna qu'on lui ouvre.
Il saisit Omar par son manteau et l'interrogea sur ses intentions. C’est là, devant l'homme qu'il voulait tuer une heure auparavant, que le géant de La Mecque prononça la Shahada : « Je témoigne qu'il n'y a de divinité qu'Allah et que tu es Son Messager. »
L'exclamation « Allahu Akbar ! » qui s'ensuivit fut si puissante qu'elle fit vibrer les collines environnantes, signalant au monde que l'Islam venait de gagner l'un de ses plus grands défenseurs. Pour ‘Umar, le chemin de la persécution ne faisait que commencer, mais cette fois, il se tenait du côté de la vérité. Celui qui marchait pour éteindre la Lumière était devenu le phare qui allait l'aider à éclairer le monde, prouvant que même le cœur le plus endurci ne peut résister à la douceur de la révélation lorsqu'elle est portée par la sincérité.
(A suivre...)
Iran : La « fatwa » annoncée ouvre la porte à des attentats en Europe
L'attaque des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran provoque un état d'urgence au Proche-Orient. Mais cela a également des conséquences pour l'Occident en matière de politique de sécurité. Après la mort du chef d'État Ali Khamenei, le régime des mollahs a proclamé le 1er mars une fatwa "à tous les musulmans" et "comme devoir religieux" pour venger le "martyre".
Une fatwa est une recommandation religieuse émise par un juriste islamique généralement de haut rang. Elle est contraignante pour les personnes qui reconnaissent l'autorité religieuse de l'érudit en question. Le grand ayatollah iranien Nasser Makarem Shirasi a souligné dans le cas de la fatwa récemment proclamée : Les "principaux responsables de ce crime" sont les Etats-Unis et Israël.
Une telle fatwa ressemble à un appel à des attentats qui pourraient toucher tout l'Occident. L'Allemagne est particulièrement visée, car elle est considérée comme un point chaud en Europe pour les réseaux des mollahs et des gardiens de la révolution (IRGC). L'expert en islamisme Heiko Heinisch déclare à Euronews : "j'estime que le risque d'attentats spontanés perpétrés par un seul individu ainsi que d'activation de dormeurs est relativement élevé".
Pour sa part, le chef du syndicat allemand de la police fédérale, Heiko Teggatz (CDU), déclare également à Euronews : "il n'est pas exclu que l'Iran envoie des personnes dans le monde entier pour commettre des attentats contre des installations israéliennes et américaines".
Les autorités allemandes ne sont pas les seules à être vigilantes. Les autorités américaines mettent également en garde actuellement contre une menace accrue d'attaques de "lone wolf" et d'activation de "sleeper cells". Des attaques ont déjà eu lieu ces derniers jours aux Etats-Unis et au Canada. Les motifs exacts ne sont pas encore clairs.
Stockhammer estime probable que des soi-disant "dormeurs" soient désormais réveillés en Europe ou que des auteurs individuels spontanés commettent un attentat. Les réseaux pro-régime existants en Occident "sont actuellement activés, c'est une certitude", assure l'expert autrichien.
"Une escalade est absolument envisageable et il est possible qu'avec la pression croissante contre le régime des mollahs, ces structures se tournent davantage vers de tels moyens. Surtout en Europe", explique Stockhammer.
A la Cité des sciences: l’Aïd al-fitr annoncé pour le 20 mars
Sarra Snoussi, cheffe de service du pavillon univers à la Cité des sciences de Tunis a indiqué qu'astronomiquement, l'Aïd Al Fitr aura lieu le 20 mars.
Dans une déclaration à l'agence TAP, la responsable a précisé que l’observation du croissant du mois de Chawal aura lieu le jeudi 19 mars 2026 après le coucher du soleil (à 18h31), correspondant au 29 Ramadan 1447 de l’Hégire.
"Selon les calculs astronomiques, la conjonction centrale de la lune aura lieu le jeudi 19 mars à 2h23 du matin. Le coucher de la Lune interviendra le même jour à 19h15, ce qui permettra à la Lune de rester visible à l’horizon durant 43 minutes", a-t-elle expliqué.
Snoussi a ajouté que la hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon atteindra 8 degrés, rendant ainsi possible l’observation du croissant, dont l’âge sera de 16 heures entre le moment de la conjonction lunaire et le coucher du soleil.
Le monde se dirige vers une flambée inédite du prix de l’énergie : L’heure de la suppression des subventions va-t-elle malheureusement sonner en Tunisie?
Par Hassan GHEDIRI
Tandis que la transition énergétique bat de l’aile, l’embrasement du principal bassin pétrolier dans le monde va, peut-être, contraindre l’Etat tunisien à faire des choix hautement impopulaires….
Au fur et à mesure de l’intensification des frappes et de la multiplication des fronts dans cette guerre qui embrase depuis le week-end tout le Moyen-Orient, tout laisse croire que ni le bilan des dégâts matériels ni celui des pertes humaines ne semblent inquiéter outre-mesure les décideurs politiques en Tunisie.
Ce qui devait préoccuper grandement l’Etat, comme ne cesse de le répéter ces dernières heures tous les spécialistes, c’est incontestablement le risque de voir les cours du pétrole et du gaz s’envoler de manière incontrôlable ce qui aura des conséquences très, très graves sur la finance publique.
En fait, le gouvernement avait déploré, ne serait-ce que fin février un déficit énergétique quais-insoutenable qui dépasse les 6 millions de tonnes équivalent pétrole, soit un peu plus de 65% des besoins de consommation du pays se chiffrant en 2025 à plus de 11 milliards de dinars.
Lors d’une réunion de la commission des plans de développement et des grands projets relevant du Conseil des régions et des districts, organisée le 24 février 2026, un représentant du ministère chargé de l’énergie avait alors expliqué que ce déficit résulte principalement d’une baisse drastique de la production nationale et de la hausse du coût du gaz naturel importé, essentiel pour la production de plus de 95% de l’électricité consommée en Tunisie.
Et puisque ce sont les importations des produits d’énergie (pétrole et gaz) qui creusent le déficit de la balance commerciale et que l’Etat subventionne une grande partie du coût du carburant et du gaz GPL, une envolée inédite des cours du pétrole et du gaz dans le monde rendra les dépenses énergétiques insupportables et aggravera l’hémorragie des finances publiques.
D’aucuns croient en effet qu’au train au vont les choses au Moyen-Orient où se concentrent les plus grands fournisseurs d’hydrocarbures mondiaux, une hausse des prix à la pompe en Tunisie est sur le point de devenir inéluctable. Au vu des grandes difficultés que trouve d’ores et déjà l’Etat pour équilibrer sa trésorerie, les dépenses additionnelles et imprévues associées à une envolée des prix de l’énergie dans le monde, se chiffreraient à plusieurs milliards de dinars.
L’Etat peut ainsi se voir contraint à prendre des décisions difficiles pour alléger tant bien que mal, les charges sur son budget. Si les prix venaient à devenir complètement incontrôlables en raison d’une guerre de grande ampleur, le défi ne consisterait plus à financer le déficit, mais à éviter des chocs destructeurs. Des choix hautement impopulaires tels des réductions drastiques des subventions.
Une éventuelle réduction des subventions énergétiques ne maquerait toutefois pas de générer une hausse systématique et généralisée des prix, affectant le transport, l’agriculture, l’industrie et, in fine, le pouvoir d’achat déjà érodé des ménages. Dans le contexte de morosité économique qui perdure malgré les signes d’une relance très précaire, un choc énergétique majeur ne manquera pas de remettre en branle la spirale inflationniste et de raviver les tensions sociales latentes, en frappant plus durement les catégories vulnérables.
H.G.















