Montée en flèche des prix du pétrole : Que doit faire la Tunisie pour y faire face ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Quand la guerre éclate dans une région comme le Golfe persique, les conséquences sont multiples et affectent tous les pays, notamment les pays non-producteurs comme la Tunisie. A quel degré l’économie tunisienne peut souffrir de la fermeture du détroit d’Hormuz, l’un des principaux passages maritimes des pétroliers dans le monde ?
Qui dit détroit d’Hormuz, dit 20% du trafic pétrolier mondial. Alors, quand ce nœud maritime stratégique est fermé, c’est le prix de l’or noir qui monte en flèche affectant au passage les économies des pays, notamment l’économie tunisienne et derrière toute l’industrie.
En effet, un responsable iranien a menacé lundi dernier de "brûler" tout navire qui tente de franchir le détroit d'Ormuz. Pour rappel, Téhéran a fermé ce passage stratégique dès le début des hostilités, handicapant fortement le commerce mondial, notamment de pétrole.
Du coup, le Brent, référence internationale de l’or noir, avait déjà progressivement intégré une prime de risque géopolitique pour s’afficher à 72 dollars vendredi dernier, avant de grimer à 82 dollars lundi dernier loin des 61 dollars du début d’année. Quelles sont conséquences, alors, sur notre économie nationale ?
Selon l’expert en économie et en fiances, Mohamed Salah Jennadi : « Fixé dans la loi de finances 2026 à une moyenne annuelle de 69,3 dollars, une augmentation d’un dollar du prix du baril de pétrole peut coûter 164 millions de dollars en terme de compensation. Vu alors la conjoncture actuelle jugée très difficile, la pression sur les dépenses publiques sera conséquente et affectera certainement les prix à la consommation.
Donc, on doit s’attendre à la hausse du taux d’inflation et avec la dégradation du pouvoir d’achat ». L’autre impact prévu par notre expert porte sur la facture énergétique, « La Tunisie importe 72% de ses besoins énergétiques et accuse un déficit estimé à 6,41 MD TND.
Cette hausse, enregistrée au niveau des prix du pétrole, est de nature à aggraver ce déficit, ce qui constitue un risque pour les équilibres budgétaires». Que compte faire le gouvernement pour faire face à ces imprévus ?
Amortir et diversifier…
Si certains pays peuvent compter sur leurs réserves stratégiques pour amortir les effets de cette crise, la Tunisie est appelée à prendre des mesures d’urgence, « Amortir, oui, mais il faut agir vite afin d’éviter un impact financier lourd de conséquences », estime l’expert en économie et en finances, Mohamed Salah Jennadi.
Et d’ajouter : « La Tunisie, confrontée à un déficit énergétique structurel dépassant 72% fin 2025, mise sur la transition énergétique comme réserve stratégique. La stratégie nationale vise 35% d'énergies renouvelables (solaire/éolien) dans le mix électrique d'ici 2030 et 50% d'ici 2035, avec une réduction de 30% de la consommation d'énergie primaire ».
L’on comprend ainsi que la Tunisie doit diversifier ses ressources énergétiques d’où l’importance du Plan Solaire Tunisien (PST) qui est le pilier de la transition. Des projets photovoltaïques de 1,64 milliard de dinars sont en cours pour réduire les importations de gaz. L’autre stratégie nationale qui est en cours vise à positionner la Tunisie sur l'hydrogène d’ici 2030.
Pour notre expert : « Ce plan d’action doit être appuyé par des mesures d’accompagnement, qui couvrent les volets communication, renforcement des capacités, réalisation d’études spécifiques et plus généralement la mobilisation des ménages, entreprises et investisseurs potentiels.
Les mesures d’accompagnement vont mobiliser des investissements estimées à 3.67 MDT répartis respectivement à environ 0.97 MDT pour les énergies renouvelables et 2.7 MDT pour l’efficacité énergétique. La mise en œuvre du plan d’action et la mobilisation des acteurs locaux est tributaire d’un ancrage institutionnel au niveau de la région. Dans les faits, il s’agit de mettre en place une entité représentative au sein des conseils régionaux ».
M.B.S.M.
Théâtre, musique et cinéma au menu du festival de la médina de Jemmal
Le Centre culturel « Founoun 360 » à Jemmal propose du 7 au 14 mars une nouvelle édition de son festival de la Médina. A l’affiche : une programmation artistique variée allant de la musique et du théâtre au cinéma.
Le festival démarre le 7 mars avec la pièce « Souvenirs » d’Amir Massoud, suivie le soir du 9 mars par un concert du groupe « Azul », qui se produira également dans plusieurs autres festivals prévus durant ce mois sacré.
Le 7ème art sera à l’honneur le soir du 10 mars avec la projection du film « D’où vient le vent » d’Amal Guellaty. Le film a notamment remporté le prix du Scénario, le Prix du Public et le Prix du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT).
À Tunis, Alyssa et Mehdi, deux amis d’une vingtaine d’année, rêvent d’opportunités dans un pays conservateur et autocratique. Quand Alyssa découvre un concours d’art dont le prix est une résidence artistique à l’étranger, elle décide d’y inscrire Mehdi. Seul obstacle : le concours se tient à Djerba, à plus de 500 kilomètres. L’audace d’Alyssa va les pousser à prendre la route et leur destin en main, à la poursuite d’une vie meilleure..
Ce film est une coproduction tuniso-franco-qatarie, écrit et réalisé par Amal Guellaty, produit par Asma Chiboub, et mettant en vedette Slim Baccar, Eya Bellagha, Sondes Belhassen et Lobna Noomene.
Le festival propose également des représentations théâtrales, à commencer par la pièce « Ash Tkhdem » de Nidal Frej le 11 mars. La musique fera ensuite son retour sur scène avec un concert de l’artiste Shahrazede Helal le 12 mars, suivi de « Tawarikh » de Hatem Karoui le soir du 13 mars. Le festival se clôture le 14 mars avec la pièce « Seul» d’Oussama Kouchkar.
A noter que ce festival est organisé par l’Association des arts Menara de Jemmal, en partenariat avec le Centre des arts « Founoun 360 » et le soutien de la Délégation régionale des affaires culturelles à Monastir.
Le cycle « Femmes cinéastes des pays du Maghreb » : Le cinéma maghrébin au féminin célébré à Paris
À Paris, le cycle « Femmes cinéastes des pays du Maghreb » célèbre, à partir d’aujourd’hui et jusqu’ au 9 mars, les pionnières et héritières d’un cinéma féminin né dans le sillage des indépendances.
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes (8 mars), le Festival du film franco-arabe « Le Maghreb des Films » propose, au Cinéma Chaplin Denfert, un cycle consacré aux réalisatrices maghrébines. Intitulée « Femmes cinéastes des pays du Maghreb », cette programmation met en lumière une histoire longtemps discrète mais décisive : celle de l’émergence d’un regard féminin dans les cinématographies du Maghreb.
Au lendemain des indépendances (Tunisie en 1956, Algérie et Maroc en 1962), les cinémas nationaux se construisent d’abord sous une empreinte majoritairement masculine, héritée en partie du cinéma colonial produit depuis l’extérieur. Peu à peu, un espace de création s’ouvre aux femmes, amorçant une évolution profonde des récits, des sensibilités et des thématiques abordées.
En Tunisie, Salma Baccar pose un jalon fondateur dès 1967 avec son court-métrage « L’Éveil ». Ce geste pionnier inaugure une dynamique durable, faisant de la Tunisie l’un des premiers territoires du Maghreb où s’affirme un cinéma porté par des femmes.
En Algérie, la reconnaissance arrive en 1978 avec Assia Djebar, qui signe « La Nouba des Femmes du Mont Chenoua », film salué à la Mostra de Venise. Au Maroc, Farida Benlyazid, après avoir écrit pour le cinéma au début des années 1980, réalise en 1988 « Une porte sur le ciel », inscrivant à son tour une voix féminine forte dans le paysage national.
Ce cycle parisien souligne ainsi la continuité entre ces figures fondatrices et les générations actuelles. Parmi elles, la Tunisienne Kaouther Ben Hania, dont seront projetés « Peau de colle » (2013) et « La belle et la meute » (2017). Ce dernier film, salué à l’international, a contribué à renforcer la visibilité du cinéma tunisien contemporain tout en plaçant au centre du débat les enjeux liés aux droits des femmes.
À travers cette programmation, « Le Maghreb des Films » offre non seulement un hommage aux pionnières, mais aussi une lecture vivante d’un cinéma en constante évolution, où les femmes façonnent désormais pleinement leurs récits et leurs images.
L’OIF lance un appel à projets pour le livre, le cinéma et le spectacle vivant
L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a lancé lundi, un appel à projets intitulé « Écritures et (co)productions », destiné à soutenir le développement et la production d’œuvres francophones dans les secteurs du livre, du spectacle vivant et du cinéma.
L’initiative vise à renforcer les capacités de production et à favoriser les partenariats interrégionaux, notamment entre acteurs du Sud et du Nord de l’espace francophone.
L’appel est ouvert du 2 mars au 2 avril 2026. Les résultats seront annoncés en juin, à l’issue d’une évaluation menée par une commission de professionnels des secteurs concernés. Les projets seront évalués selon des critères de pertinence, de faisabilité et de capacité financière.
Pour le volet édition, sont notamment éligibles la publication à compte d’éditeur d’œuvres inédites, les projets de coédition entre maisons situées dans des pays différents ainsi que la traduction vers le français.
Dans le spectacle vivant, l’appel soutient l’écriture scénique et la coproduction de créations, avec une attention particulière aux formes intégrant des dimensions numériques ou immersives.
Pour le cinéma, il appuie des ateliers et rencontres de coproduction ainsi que des mécanismes innovants visant à renforcer la solidité des projets en phase de financement.
L’appel est ouvert aux maisons d’édition, compagnies de spectacle vivant, sociétés de production audiovisuelle, associations et entreprises culturelles légalement enregistrées dans l’un des 90 États et gouvernements membres de l’OIF et justifiant d’au moins trois ans d’expérience.
Les personnes physiques, les collectifs non constitués juridiquement ainsi que les projets relevant de l’autoédition ou de l’édition publique non commerciale ne sont pas éligibles. Une seule candidature est autorisée par entité.
Les projets retenus devront être mis en œuvre sur une période de six à vingt-quatre mois à compter de la signature du protocole d’accord de subvention.
L’appel est doté d’une enveloppe financière, avec des subventions accordées aux projets sélectionnés.
Inscrit dans le cadre du programme « Industries culturelles et découvrabilité », l’appel entend répondre aux fragilités persistantes des chaînes de production et de diffusion dans plusieurs espaces francophones. L’OIF précise que cette édition constitue une expérimentation visant à identifier et soutenir des modèles de collaboration exemplaires susceptibles d’être reproduits.
Elle envisage la reconduction et l’élargissement progressif de l’initiative en fonction des résultats obtenus et des ressources disponibles.
Selon l’UNESCO, les industries culturelles représentent 3,1 % de la production mondiale et figurent parmi les secteurs les plus dynamiques en matière d’emploi.
Pour plus d’informations et l’accès aux formulaires de candidature, les porteurs de projets sont invités à consulter le site de l’OIF.
Editorial : La volonté de bien faire ne suffit pas … - Par Hassan GHEDIRI
Alors que l’actualité internationale est dominée par la situation au Moyen-Orient avec des bombardements qui se poursuivent un peu partout depuis le week-end mettant sur le qui-vive les marchés mondiaux, la question de la réforme des caisses sociales a été la priorité absolue de l’ordre du jour du Chef de l’Etat, lundi dernier.
Kaïs Saïed a ainsi reçu la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, et le ministre chargé des Affaires sociales, Issam Lamhar, pour «débattre de la situation inacceptable des caisses sociales», comme précise un communiqué diffusé par la présidence à cet effet. Il a été également question de « mettre l'accent sur la nécessité impérieuse d'engager des réformes structurelles et globales et de revoir en profondeur l'ensemble des composantes du système de la sécurité sociale », peut-on aussi lire dans le même communiqué.
Comme l’ont pu certainement constater ceux qui suivent attentivement l’activité du président de la république, ce n’est pas la première fois que le sujet des caisses sociales est débattu lors d’une rencontre au Palais de Carthage entre Saïed et des membres du gouvernement. Car, en fouinant dans les archives, on découvre que le problème des caisses sociales a été abordé plusieurs fois par le Chef de l’Etat au cours de ces deux dernières années.
Pas moins de cinq communiqués diffusés entre novembre 2024 et janvier 2026, évoquent le même sujet avec quasiment un vocabulaire identique et des expressions typiques du discours de Kaïs Saïed. Le 21 novembre 2024, « le chef de l’Etat s’est entretenu avec le ministre des Affaires sociales, Issam Ahmar, au sujet des caisses sociales qui nécessitent « une intervention urgente ». Saïed a estimé qu’il est « impératif de revoir les législations afin de moderniser leur action et garantir le droit à la couverture sociale pour tous les Tunisiens ».
Le 22 janvier 2025, « le président de la république a rencontré le chef du gouvernement, Kamel Maddouri, (NDR : ancien PDG de la CNAM) pour discuter des mesures urgentes à même de renforcer le financement des caisses sociales ». Le 16 juillet 2025, « Kaïs Saïed a rencontré le ministre chargé des Affaires sociales au Palais de Carthage à qui il a exigé des réformes urgentes et profondes permettant de rétablir l’équilibre financier des caisses sociales à même de remplir efficacement leur rôle ».
Le 27 octobre 2025, « le chef de l’État a appelé le ministre des Affaires sociale, Issam Ahmar, à rétablir les équilibres de ces caisses sociales », recommandant de « développer les législations afin que ces organismes puissent remplir, comme il se doit, les objectifs pour lesquels ils ont été créés ». Le 12 janvier 2026, le président de la république reçoit la ministre des Affaires sociales, Issam Ahmar, avec qui il « a examiné la situation des caisses sociales » et « donné des instructions claires afin que cette situation soit corrigée dans les plus brefs délais ».
Donc, beaucoup de bonnes intentions et une volonté indéniable de corriger les anomalies qui entravent le fonctionnement des caisses sociales en Tunisie. Seulement, lorsque les bonnes intentions ne sont pas suivies d’actions concrètes, la situation ne change pas et pour le cas des caisses sociales, la crise tend à empirer davantage. En effet, la volonté de bien faire ne suffit pas, comme le dit si bien le célèbre proverbe « l’enfer est pavé de bonnes intentions ».
Pour sortir de cette spirale d'annonces sans lendemain, il est impératif de dépasser le stade du diagnostic pour engager un plan de sauvetage pragmatique et audacieux. Le rétablissement de l’équilibre financier passe d'abord par une digitalisation intégrale et une modernisation des systèmes d'information, seules garantes d'une gestion transparente et agile.
Simultanément, l'État doit avoir le courage politique d'élargir l'assiette des cotisations en intégrant le secteur informel, tout en menant une lutte implacable contre la mauvaise gouvernance et la fraude qui saignent les caisses. Au-delà des recettes, la pérennité du système exige une optimisation rigoureuse des dépenses de santé et une révision profonde des modes de gouvernance, pour instaurer une culture du résultat loin des lourdeurs bureaucratiques.
Enfin, la diversification des sources de financement, pour ne plus dépendre exclusivement des cotisations salariales, doit être consacrée par un cadre législatif moderne et flexible, capable de rendre à ces institutions leur autonomie et leur résilience face aux chocs économiques futurs.
H.G.
Editorial : Les va-t-en guerre de l'apocalypse...
Par Chokri Baccouche
Pourquoi les Américains et leurs sinistres acolytes sionistes ont-ils de nouveau attaqué l’Iran ? Pour libérer le peuple iranien du joug d’une « dictature théologique impitoyable » qu’ils disent. Plus cynique que moi tu meurs : c’est sur le dos des Tomahawks, les Cruise et les bombes à guidage laser que cette liberté est arrivée, samedi, dans un bruit assourdissant, semant au passage destructions, morts et désolation.
Pire qu’une horde de guerriers mongols du temps de l’empire de Gengis Khan, réputés pour être d’impitoyables coupeurs de têtes, les faux libérateurs n’y ont pas fait dans le détail n’hésitant pas à larguer délibérément leurs bombes sur une école de filles du côté de Téhéran, massacrant tous ses occupants.
Ces gamines à la fleur de l’âge, ravies à l’affection de leurs familles, proches et amis, figurent parmi les premiers citoyens iraniens à goûter aux délices de cette liberté tronquée, infecte et crapuleuse qui a débarqué dans leur pays sans crier gare et sans y être invitée surtout à bord des avions furtifs et des F35 «made in USA». Bavure militaire ? Loin s’en faut ! Un acte délibéré plutôt, mûrement réfléchi et commandité par l’état-major américano-sioniste à dessein pour casser le moral des Iraniens.
Les pleurs des mamans iraniennes, déchirées par la douleur due à la perte cruelle de leurs enfants ensevelies sous les gravas et les décombres de leur bahut complètement dévasté et dont les terribles séquences sont diffusées en boucle sur les réseaux sociaux, donnent une dimension encore plus tragique et incroyablement insupportable et révoltante à cette nouvelle agression américano-israélienne contre un pays souverain.
Une agression qui dégage à mille lieues à la ronde les relents d’un néocolonialisme débridé et un fascisme décomplexé de la pire espèce. Comme l’a si bien souligné Nathalie Arthaud, la porte-parole de Lutte Ouvrière, « ceux qui bombardent des peuples ne sont jamais des libérateurs. Derrière les frappes sur l’Iran, c’est l’impérialisme américain qui transforme la terreur en outil de négociation. Le chef de la jungle capitaliste dicte ses intérêts à coups de missiles ».
Les dirigeants américains et israéliens avaient pensé qu’il suffisait d’assassiner Ali Khamenei pour que le régime des mollahs se désintègre complètement et que l’Iran tombe comme un fruit mûr dans leur escarcelle.
Ils se sont lourdement trompés en fait, car la disparition du Guide suprême survenue au premier jour de l’agression dans des circonstances troubles, suggérant une connivence liée à un acte de trahison en interne, est loin d’avoir donné l’effet escompté. Bien au contraire et comme ce fut le cas lors de la dernière guerre de 12 jours ayant opposé l’Iran à la coalition américano-israélienne, les Iraniens ont vite fait de dépasser cette dure épreuve et absorbé le choc en un temps record.
La rapidité tout à fait spectaculaire avec laquelle ils avaient riposté confirme ce constat et donne la preuve formelle qu’ils se sont bien préparés à toutes les éventualités et tous les scénarios. Depuis le temps qu’ils sont harcelés par leurs ennemis américains et surtout israéliens qui leur cherchent continuellement noise, ils ont acquis une solide expérience dans l’art de déjouer les complots et les coups bas. Pourquoi les Américains et les Israéliens se sont-ils trompés sur toute la ligne ?
Tout simplement parce que le régime des Mollahs n’est pas une monarchie comme ils l’avaient pensé à tort mais un système. Un système bien huilé du reste reposant sur des institutions et des organisations gouvernementales éprouvées dignes d’un grand pays à la civilisation millénaire. Moins de 24 heures après l’assassinat de Khamenei, un autre Ayatollah est d’ailleurs sur le point d’être élu. Selon certaines sources, le fils du guide suprême est bien placé pour prendre la relève et succéder à son défunt père.
Loin d’avoir été ébranlé donc par le décès du guide suprême, le régime des mollahs tient non seulement le coup mais répond également du tac au tac à ses agresseurs. Les missiles iraniens qui ont pris pour cibles pratiquement toutes les bases américaines au Moyen-Orient ainsi que des unités navales de la marine U.S patrouillant dans la région prouvent de manière on ne peut plus évidente la détermination de Téhéran à relever ce défi existentiel pour le devenir des Iraniens et la préservation de la souveraineté de leur pays.
Donnant-donnant, le must de ce traitement de faveur a été réservé, sans surprise, à l’ennemi juré sioniste. A l’instar de la dernière guerre de 12 jours, de nombreuses villes israéliennes, dont notamment Tel-Aviv, ont subi plusieurs attaques aux missiles lancés depuis le territoire iranien par les Gardiens de la révolution. Expédiés en premier, les drones ont saturé les défenses aériennes sionistes, balisant ainsi le terrain aux missiles qui ont réussi à passer sans encombre entre les mailles du filet, causant d’importants dégâts.
La terreur a changé de camp et l’envoyeur est arrosé à son tour abondamment. Suprémacistes américains et sionistes tyranniques et arrogants découvrent ainsi à leur corps défendant une autre réalité qui a faussé tous leurs calculs, à savoir qu’ils ont affaire à un peuple iranien uni et décidé à défendre coûte que coûte et à n’importe quel prix sa dignité, sa liberté et l’intégrité territoriale de son pays.
Benjamin Netanyahu, l’architecte en chef de ce conflit larvé et la sinistre muse inspiratrice qui impose ses macabres caprices au président américain, a donc réussi à avoir sa guerre. Le premier ministre sioniste qui dispose de tous les atouts pour inciter Trump à exaucer tous ses vœux – y compris les moyens de pression très embarrassants liés au scandale Epstein- a surtout réussi à entrainer les Etats-Unis dans un véritable bourbier à l’issue très incertaine. Un dangereux marécage qui menace de faire basculer toute la région voire le monde dans les affres du chaos et de l’incertitude, sur fond d’une crise économique planétaire sans précédent…
C.B.
Iran : Trump accepterait un pouvoir iranien réformé !
L'ancien directeur de la CIA et général de l'armée américaine à la retraite David Petraeus a déclaré à Euronews qu'il pensait que le président américain Donald Trump pourrait accepter une situation comparable à celle du Venezuela, où une figure modérée issue du régime iranien actuel chercherait à « s'entendre » avec les États-Unis, après la mort de l'ayatollah Ali Khamenei dans la première vague de frappes conjointes américano-israéliennes contre l'Iran.
Petraeus a reconnu qu'un tel scénario constituerait un « changement de cap extrêmement radical » par rapport à la ligne actuelle du régime. Il a ajouté qu'il ne pensait pas que ce soit « l'issue la plus probable », étant donné qu'un Conseil de direction intérimaire composé de trois personnes a déjà été formé dimanche, réunissant le président, le chef du pouvoir judiciaire et un haut dignitaire religieux chargés de diriger le pays après la mort de Khamenei.
Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a laissé entendre qu'un nouveau Guide suprême pourrait être nommé en quelques jours seulement. Le successeur de Khamenei sera désigné par un organe clérical de savants islamiques loyaux au Guide.
France : Macron impute la responsabilité à l'Iran et condamne les frappes israélo-américaines
Le président français s'est exprimé sur la situation au Moyen-Orient lors d'une allocution télévisée mardi soir. Emmanuel Macron a débuté son intervention télévisée en imputant "la responsabilité première de cette situation" à l'Iran, estimant que la République islamique "a développé un programme nucléaire dangereux et des capacités balistiques inédites, qui a armé et financé des groupes terroristes dans les pays voisins". Il a également fait référence aux milliers de morts, victimes de la répression du régime en début d'année.
Le chef de l'État a toutefois condamné les frappes israélo-américaines, "conduites en dehors du droit international", rappelant que la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni avaient "clairement dit qu’un arrêt au plus vite des frappes est souhaitable et qu’une paix durable dans la région ne se fera que par la reprise de négociations diplomatiques."
Il aussi estimé que l'opération israélienne au Liban "serait une escalade dangereuse et une erreur stratégique."
Attaque contre l’Iran : Les USA alertent sur une attaque imminente à Dhahran
L’Ambassade des États-Unis en Arabie saoudite a mis en garde, mardi, contre une attaque imminente visant la ville de Dhahran, dans l’est de l’Arabie saoudite, où se concentrent d’importantes installations énergétiques du royaume le long du Golfe.
« Il existe une menace d’attaques imminentes par missiles et drones contre Dhahran », a indiqué l’ambassade sur son compte X, appelant ses ressortissants à éviter tout déplacement vers le consulat situé dans la ville et à faire preuve de la plus grande vigilance.
Au moins 787 morts depuis le début des attaques
787 personnes sont mortes dans les attaques américano-israéliennes, depuis le 28 février, a fait savoir l'agence de presse iranienne Tasnim, selon un rapport du Croissant-rouge iranien.
153 comtés et 504 sites ont été touchés par des frappes, a annoncé, ce mardi, le Croissant-rouge iranien.
La vie de Mohamed - De l’amour de Khadīdja à l’appel de Hira : L’Aube d’une Révolution Spirituelle
L’histoire de l’humanité a connu des tournants décisifs, mais peu ont eu l’impact sismique de ce qui se joua dans les montagnes arides entourant La Mecque, au VIIe siècle. Tout commence par un homme, Muhammad (s.a.w.), dont l’âme, habitée par une quête de pureté absolue, ne pouvait plus se satisfaire du tumulte inique de sa cité natale.
Dès l’âge de trente ans, un appel intérieur, une force invisible mais irrésistible, l’éloigna des idoles de pierre et des vices des Mecquois. Il cherchait la Vérité, celle qui ne s’achète pas sur les marchés et ne se prosterne pas devant l’injustice. Sa retraite devint rituelle : il parcourait les cinq kilomètres séparant la ville de la colline de Hira.
Là, dans l’étroitesse d’une grotte creusée dans le roc, il s’enfermait dans la méditation et l’adoration de Dieu, soutenu par la dévotion silencieuse de son épouse Khadīdja (r.a), qui préparait ses provisions pour ces veilles spirituelles. C’est à quarante ans que l’ineffable se produisit. Dans le silence absolu de la grotte, une vision céleste déchira le voile de la réalité matérielle. Une silhouette imposante, l'ange de la révélation, lui intima l’ordre de réciter.
Le futur Prophète, saisi d’une humilité profonde, confessa son incapacité : il ne savait ni quoi, ni comment réciter. Mais la Volonté divine est un torrent que rien n’arrête. La silhouette insista jusqu’à ce que les premiers mots du Saint Coran ne s'inscrivent à jamais dans son cœur : « Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé l’homme d’un caillot de sang. Lis ! Et ton Seigneur est le Très Généreux… ».
Ces versets n’étaient pas de simples paroles ; ils étaient l’acte de naissance d’une nouvelle ère. Ils appelaient Muhammad (s.a.w.) à se dresser comme le héraut de l’Unicité, le témoin d’un Dieu Créateur qui a semé l’amour du prochain au cœur même de l’argile humaine. C’était le début d’une révélation progressive, « ligne après ligne », qui allait bientôt transformer le monde par la puissance du Verbe.
Entre l’espoir des opprimés et le glaive des puissants
L’annonce de ce message, porté par une langue nouvelle et transcendante, ne tarda pas à agir comme un aimant sur les cœurs assoiffés de justice. La jeunesse mecquoise, lassée des vieilles traditions sclérosées, fut la première à s’émerveiller. Le mépris initial des sceptiques se mua en une admiration croissante pour cet homme qui parlait de dignité et d’égalité. Autour du Prophète (s.a.w.) se forma une mosaïque humaine inédite : des esclaves, des femmes infortunées et des hommes libres se redécouvraient frères.
Pour les femmes, ce message annonçait la fin de l’oppression et le rétablissement de leurs droits bafoués. Pour les esclaves, il résonnait comme le premier chant de leur affranchissement. Mais cette lumière naissante projeta une ombre menaçante sur les chefs de La Mecque. Ce qui n’était qu’une « excentricité » devint à leurs yeux une menace existentielle pour leur prestige et leurs coutumes ancestrales.
La réponse des puissants fut brutale. Réalisant que la dérision ne suffirait pas à éteindre cette flamme, ils optèrent pour la force brute, la mise en quarantaine et la torture. Le conflit ne portait plus sur des arguments théologiques, mais sur le maintien d'une structure sociale basée sur l'exploitation. C’est ici que se révélèrent des figures d’une résilience surhumaine. On se souviendra éternellement de Bilāl (r.a), l’esclave noir, ou de Suhaib (r.a) le Grec, illustrant que l’Islam transcendait déjà les frontières ethniques.
Bilāl, allongé sur le sable brûlant de l’Arabie, une pierre massive écrasant sa poitrine, refusait de chanter les louanges des idoles Lāt et ‘Uzzā. Sous les coups et les insultes, alors que son sang marquait les pierres tranchantes de la cité, il ne murmurait qu’un seul mot, tel un rempart infranchissable : « Ahad, Ahad » (Dieu est Un).
Cette persécution féroce, loin de briser la petite communauté, forgea des caractères d'acier. Des hommes comme Khabbāb ibn Al-Aratt (r.a) portèrent sur leur peau, devenue dure comme celle d’un animal à force d’avoir été traînés sur les braises et les rochers, les stigmates de cette lutte entre la foi et l’incroyance. Ces souffrances n'étaient pas vaines ; elles préparaient le terrain pour une victoire morale sans précédent.
Quelques années plus tard, à Médine, le cri de souffrance de Bilāl se transformerait en un appel majestueux : celui du Mu‘adhdhin, invitant chaque jour les fidèles à la prière. L’ancienne structure de l’Arabie s’était effondrée, laissant place à un « ciel nouveau » où la dignité humaine n'était plus une concession des puissants, mais un don sacré du Créateur.
Entre dignité féminine et résistance spirituelle
L'impact de la révélation sur le statut des femmes fut l'un des séismes sociaux les plus profonds de la société mecquoise. Dans une Arabie où la naissance d'une fille était parfois perçue comme un fardeau, voire une honte, le message du Prophète (s.a.w.) vint briser des siècles d'injustice systémique. L'Islam n'a pas seulement apporté des paroles de réconfort, il a instauré une reconnaissance ontologique : la femme, tout comme l'homme, possède une âme douée de la même valeur spirituelle devant le Créateur.
Les premières converties virent en ce message une promesse de réappropriation de leur destin. La révélation commença à poser les jalons du droit à l'héritage, du consentement au mariage et de la propriété personnelle, des concepts révolutionnaires pour l'époque. Cette nouvelle dignité fut incarnée par des figures de force, à commencer par Khadīdja (r.a), qui fut non seulement la première croyante, mais aussi le pilier financier et émotionnel du Prophète, prouvant dès l'origine que la femme était au centre de l'édification de cette foi nouvelle.
En parallèle, face à la violence inouïe des chefs de clan, la petite communauté musulmane adopta une stratégie de résistance d'une noblesse rare : la constance pacifique. Bien que maltraités, humiliés et spoliés, les premiers fidèles ne rendirent pas les coups. Cette résistance ne naissait pas d'une faiblesse, mais d'une discipline spirituelle imposée par le message coranique qui privilégiait alors la patience active (Sabr).
En refusant de répondre à la brutalité par la brutalité, ils déplacèrent le conflit du champ de la force physique vers celui de la supériorité morale. Chaque coup reçu sans renier sa foi devenait un argument contre l'oppresseur, transformant la torture en un témoignage de vérité qui finit par ébranler les consciences des Mecquois eux-mêmes. Cette endurance héroïque a démontré que si le corps pouvait être enchaîné ou marqué, l'esprit, une fois touché par la lumière de la révélation, restait à jamais libre et invincible.
Le serment des astres
Quand la volonté d’un seul homme défia l’olympe de La Mecque…
L’histoire des grandes révolutions spirituelles se cristallise souvent en un instant précis, un point de rupture où le destin d’une nation bascule sous le poids d’une conviction inébranlable. À La Mecque, cet instant se joua dans l’intimité d’une demeure, mais ses échos allaient bientôt résonner aux confins du monde.
Tout commença par un acte de bravoure pure : celui de Hamza (r.a), le « Lion du Désert ». Informé de l’insulte gratuite et lâche qu’Abū Jahl avait infligée au Prophète (s.a.w.) le matin même, Hamza ne laissa pas la nuit tomber sur cet affront. Il se rendit immédiatement à la Ka‘ba, le cœur battant de la cité, là où les chefs de clan se réunissaient pour sceller le sort des faibles.
Dans un geste de défi qui stupéfia l’assemblée, il saisit son arc et frappa durement Abū Jahl, le tyran de La Mecque, en plein visage. « Tu l’as insulté parce que tu savais qu’il ne répondrait pas. Si tu es brave, viens te battre avec moi ! » tonna-t-il, avant de proclamer son adhésion à la foi de Muhammad (s.a.w.). Ce coup d’éclat ne fut pas seulement une vengeance familiale ; ce fut l’entrée en scène d’une force protectrice qui changea radicalement le rapport de force.
Abū Jahl, conscient que s’attaquer à Hamza risquait d’embraser la ville dans une guerre tribale sans retour, resta muet, ravalant sa superbe. Ce jour-là, l’Islam gagna un bouclier, mais il s’apprêtait à affronter une épreuve bien plus insidieuse que la violence physique : la tentation du compromis.
Entre l’amour d’un oncle et la vérité divine
Voyant que la force brute ne suffisait plus à éteindre la flamme naissante, les anciens de La Mecque changèrent de stratégie. Ils dépêchèrent une délégation solennelle auprès d’Abū Tālib, le patriarche respecté et protecteur naturel du Prophète (s.a.w.). Leur discours était teinté d’une diplomatie empoisonnée : « Muhammad peut prêcher l’Unicité de Dieu, mais qu’il cesse d’attaquer nos idoles, nos traditions et notre héritage. S’il accepte ce silence, le conflit s’arrêtera. »
Pour ces chefs, la religion était une monnaie d’échange, un outil de cohésion sociale qu’ils étaient prêts à négocier pour préserver l’ordre établi. Ils plaçaient Abū Tālib devant un choix impossible : livrer son neveu à la vindicte populaire ou voir son clan entier banni et affamé.
C’est ici que se joue l’une des scènes les plus poignantes de la vie du Prophète (s.a.w.). Abū Tālib, accablé par le poids de cette responsabilité et les larmes aux yeux, fit venir Muhammad (s.a.w.). Il lui exposa la sommation des anciens avec une détresse palpable, lui signifiant que s’il ne reculait pas, il se verrait dans l’obligation de l’abandonner pour sauver le reste de la famille.
Le dilemme était atroce : d’un côté, la loyauté envers l’homme qui l’avait élevé comme son propre fils ; de l’autre, la fidélité absolue au message dont il était le dépositaire. La réponse du Prophète (s.a.w.) reste à jamais gravée comme le sommet de l’intégrité spirituelle.
Le Prophète (s.a.w.), les larmes aux yeux mais le cœur ancré dans une certitude plus haute que les montagnes de La Mecque, s’adressa à son oncle avec une douceur ferme. Il ne lui demanda pas de se sacrifier, il ne l’implora pas de rester à ses côtés. Au contraire, il lui offrit la liberté de choisir son peuple. Mais, pour lui-même, la concession était impossible. « Le Seul et Unique Dieu m’est témoin que même si l’on devait placer le soleil à ma droite et la lune à ma gauche, je ne renoncerais pas à prêcher la vérité du Dieu Unique », déclara-t-il.
Cette métaphore cosmique n’était pas une simple figure de style ; elle signifiait que même si l’on lui offrait l’univers entier ou si l’on exerçait sur lui la pression de toutes les lois de la nature, il ne dévierait pas d’un iota de sa mission. Il était prêt à marcher seul vers sa mort plutôt que de trahir la Vérité.
Cette sincérité absolue, ce refus de vendre son âme pour une paix éphémère, dessilla les yeux d’Abū Tālib. Devant une telle grandeur de caractère, le vieil oncle fut saisi d’une admiration profonde. Bien qu’il ne partageât pas encore ouvertement cette foi, il comprit qu’il était face à un homme dont la mission dépassait les intérêts mesquins de la cité. La détermination de Muhammad (s.a.w.) lui rendit son propre courage.
Sortant de sa réflexion, il trancha le nœud gordien de la politique mecquoise par un serment de fidélité éternelle : « Mon neveu, suis ton chemin. Fais ton devoir. Et que mon peuple m’abandonne. Je suis avec toi. » Ce moment marqua l’échec définitif de la diplomatie du compromis : l’Islam ne se négocierait pas, il s’imposerait par la force de sa vérité.
Face à l’intransigeance du Prophète (s.a.w.) qui refusa tout compromis — affirmant qu'il ne renoncerait pas à sa mission même si on lui offrait « le soleil et la lune » — les Qurayshites instaurèrent un blocus total contre son clan. Durant trois années de privations extrêmes dans le Val d’Abū Tālib, les musulmans subirent la faim et l'isolement, allant jusqu'à se nourrir de feuilles d'arbres. Ce dénuement révéla la portée théologique du message prophétique : la Vérité divine est absolue et ne saurait être troquée contre le confort matériel ou la sécurité.
Loin d'étouffer l'Islam, cette persécution forgea une solidarité indéfectible parmi les fidèles et démontra la supériorité morale de leur cause. L'injustice du siège finit par lasser certains chefs mecquois, et le pacte de boycott, affiché sur la Ka‘ba, fut miraculeusement dévoré par les vers, ne laissant intact que le nom de Dieu. Les exilés sortirent de cette épreuve affaiblis physiquement, mais victorieux : leur foi avait survécu aux ténèbres, prouvant que rien ne peut éteindre une lumière dont la source est le Créateur Lui-même.
Miracles du Coran - Le papier-monnaie avant la Chine : Quand l’histoire et le texte sacré se rencontrent
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
L’histoire monétaire mondiale nous apprend que l’utilisation du papier-monnaie est généralement attribuée à la Chine du XIe siècle. Dans cette perspective historique classique, c’est à Chengdu, capitale de la province du Sichuan, que naît le Jiaozi, considéré comme le premier billet à ordre au monde.
Apparue sous la dynastie Song (960-1279 CE), cette innovation marque un tournant dans le système économique chinois, en remplaçant progressivement les pièces de monnaie en métal par des billets imprimés et sécurisés, capables de faciliter les échanges commerciaux sur de grandes distances. Les numismates et historiens s’accordent à dire que le Jiaozi représente une étape décisive dans l’évolution des moyens de paiement et un exemple précoce de l’ingéniosité économique chinoise.
Le Jiaozi était bien plus qu’un simple morceau de papier : il s’agissait d’un instrument financier soigneusement réglementé par les autorités, garantissant sa valeur et sa fiabilité. La diffusion rapide du papier-monnaie permit à la Chine de soutenir le commerce interrégional et international, d’optimiser la collecte des impôts et d’éviter les risques liés au transport de grandes quantités de métal.
L’importance historique de cette innovation est telle qu’elle reste un symbole majeur de la capacité des civilisations anciennes à inventer des systèmes monétaires complexes adaptés à leur époque.
Cependant, certains textes anciens suggèrent que le concept de papier-monnaie pourrait remonter à bien avant l’invention chinoise. Le Coran, par exemple, fait mention d’un instrument appelé “warak” (ورق), traduit littéralement par “papier”, dans un passage décrivant la nécessité pour certains personnages de se procurer de la nourriture en utilisant un document papier pour effectuer un échange ou un achat. Dans le verset 18:19, on lit :
“Pourtant, Nous les avons réveillés, afin qu’ils se demandent les uns les autres. Un orateur parmi eux a dit : ‘Combien de temps êtes-vous resté ?’ Ils dirent : ‘Nous sommes restés un jour ou une partie de jour.’ Ils dirent : ‘Votre Seigneur sait mieux depuis combien de temps vous êtes restés. Envoyez l’un de vous à la ville, avec votre papier-monnaie, et laissez-le voir quelle nourriture est la plus appropriée, et qu’il vous en apporte une provision. Et qu’il soit doux, et que personne ne s’aperçoive de vous.’”
Dans ce passage, le mot “warikikum” (بِوَرِقِكُمْ) est utilisé pour signifier “votre papier” ou “papier-monnaie”, et non des pièces métalliques. Cela indique que l’usage d’un support papier pour les échanges était connu à cette époque, bien avant la Chine du XIe siècle. Pour les chercheurs et les historiens des textes religieux, cette référence suggère que des systèmes de paiement utilisant le papier ont pu exister dans le monde arabe ou dans des sociétés contemporaines bien avant les premiers billets chinois.
Cette perspective est renforcée par une comparaison avec certaines interprétations chrétiennes de l’histoire monétaire. Par exemple, la Bible mentionne que sous le roi David, des sommes importantes ont été données pour la construction du Temple, calculées en dariques d’or.
Or, les dariques sont des pièces frappées par le roi Darius, plus de 400 ans après David, ce qui montre que certaines interprétations traditionnelles des textes anciens peuvent confondre monnaie métallique et instruments financiers ultérieurs. Dans ce sens, la notion de “valeur transférable” sous forme papier pourrait être plus ancienne et répandue qu’on ne le croit généralement.
Ainsi, le Coran pourrait témoigner d’une connaissance précoce du concept de papier-monnaie, même si les détails exacts sur sa forme, sa régulation et son usage restent obscurs. L’existence de ce type d’instruments avant le Jiaozi chinois invite à reconsidérer l’histoire monétaire et à reconnaître que l’innovation économique n’est pas forcément linéaire ni limitée à un espace géographique unique.
Les sociétés humaines ont souvent développé des moyens créatifs pour faciliter les échanges et gérer la richesse, et le papier a pu jouer un rôle dans ces processus bien avant les grandes dynasties chinoises.
En résumé, si le Jiaozi est considéré comme le premier papier-monnaie formellement émis et reconnu, il est fascinant de constater que des textes religieux anciens évoquent déjà l’usage de documents papier pour effectuer des transactions. Cette double perspective historique et religieuse enrichit notre compréhension de l’évolution de l’argent et souligne la complexité des sociétés anciennes dans leur gestion de la valeur et du commerce.
La mention de “warak” dans le Coran pourrait ainsi représenter une forme primitive de monnaie papier, utilisée pour faciliter les échanges et témoigner de la sophistication des pratiques économiques dans le monde pré-moderne.
L’histoire du papier-monnaie, loin d’être un simple fait chinois, s’inscrit dans une trajectoire beaucoup plus vaste, où innovations locales, pratiques commerciales et textes anciens se croisent pour révéler un héritage économique mondial, qui a préparé le terrain à l’économie moderne que nous connaissons aujourd’hui.
« Hayet » de Kais Mejri : Une méditation sur la vie et la Tunisie
Par Imen Abderrahmani
Diffusée en prime time sur la chaîne nationale, « Hayet » s’impose comme une fresque sensible et maîtrisée, où l’ancrage tunisien, la sobriété du jeu et la puissance de la musique composent un récit profondément humain.
En dix épisodes, la série a offert au public ramadanesque une œuvre équilibrée, loin des excès souvent décriés. Elle privilégie la mesure, la cohérence narrative et une esthétique soignée, répondant ainsi à l’attente d’un téléspectateur en quête de sens et de qualité.
Écrite par Khaoula Hosni, romancière et scénariste reconnue pour ses intrigues psychologiques, « Hayet » (Vie) explore des tensions universelles : amour et haine, chute et rédemption, lumière et obscurité. Les trajectoires sont familières : un cheikh fidèle à l’héritage spirituel de sa zaouïa, un exilé revenu d’Italie enrichi par des réseaux illicites, une policière engagée contre le crime organisé, des couples traversés par l’attente, l’espoir ou la fragilité.
La singularité de la série ne réside pas tant dans ces fils narratifs que dans leur articulation. Kais Mejri les assemble avec finesse, construisant une mosaïque où chaque détail trouve sa place. L’émotion naît de la retenue, du rythme mesuré et de la cohérence d’ensemble.
La musique, mémoire vivante
La bande originale signée Karim Thlibi constitue l’un des piliers de l’œuvre. Elle ne se limite pas à accompagner l’image : elle en prolonge le sens. Chaque épisode déploie une atmosphère singulière, chaque personnage semble porté par une vibration propre.
En réhabilitant le chant patrimonial « Stout », récit d’un berger implorant les saints pour retrouver son troupeau, le compositeur ravive une mémoire orale du Sud tunisien. Les sonorités, riches et nuancées, instaurent un dialogue subtil entre passé et présent, conférant à la série une profondeur supplémentaire.
Des visages habités
Dans « Hayet », l’incarnation dépasse la simple performance. Les comédiens investissent leurs rôles avec une sincérité qui efface la distance entre fiction et réalité. Le titre lui-même devient symbole : « Hayet » incarne une présence diffuse, une force vitale traversée par les contradictions humaines.
La réalisation amplifie cette portée. Les plans aériens donnent aux paysages une dimension presque mythique. La photographie magnifie pierres, oliveraies, orangeraies, désert et mer, transformant chaque décor en espace chargé de mémoire.
Entre Tunis, le Cap Bon et Zarzis se déploie l’intrigue, portée par trois espaces aux identités contrastées.
La capitale impose son rythme, ses grandes artères et la verticalité de ses bâtiments. Le Cap Bon, lui, s’ouvre comme une parenthèse lumineuse : une symphonie de couleurs au cœur des orangeraies, où la vie semble circuler sous les branches chargées de fruits. À Zarzis enfin, l’étendue des oliveraies, enracinées dans une terre presque aride, devient symbole de résistance, prolongée par l’horizon marin qui élargit le regard.
Portée par une distribution solide (Salah Jday, Sawssen Mealej, Fatma Sfar, Abdelkrim Bennani, Rym Ben Messaoud, Fathi Dh’hibi, Zayneb Hnana, Lotfi Najeh, Skander Hentati, Mohamed Amine Hamzaoui, Issam Absy et Mohamed Souissi), la série parvient à maintenir sa tension dramatique jusqu’à son dénouement. Chacun apporte sa nuance, sa présence, contribuant à l’équilibre de l’ensemble.
Avec « Hayet », Kais Mejri signe une œuvre sobre et cohérente, où image, musique et interprétation s’entrelacent pour offrir une méditation sensible sur la vie et ses contradictions. La série met en lumière des fragments du quotidien tunisien, brouillant subtilement les frontières entre fiction et réalité, deux faces d’un même récit, la vie.
Imen. A.
Festival de la médina de Kairouan : Le programme
La 10ème édition du Festival de la Médina de Kairouan se tiendra du 4 au 16 mars 2026 au complexe culturel ainsi que dans d’autres espaces de la ville. Le Festival s’inscrit dans le cadre de la programmation artistique et culturelle nocturne organisée dans les régions à l’occasion du mois du ramadan, sous l’égide du ministère des Affaires Culturelles.
Le programme s’ouvrira le 4 mars avec un spectacle de mapping intitulé « Biben L’Mdina » (Les portes de la Médina), proposé par le Centre international de Tunis pour l’économie culturelle numérique (TICDCE), suivi du spectacle « Takhmira » de Mourad Bacha.
Le 5 mars, « Biben l’Mdina » sera reconduit, aux côtés du spectacle « Nawa » de Hatem Derbel. Le chanteur Zied Gharsa se produira le 6 mars, tandis que la troupe « Salatine Attarab » de Syrie est attendue le 8 mars.
Une foire de produits d’artisanat est également au programme de la soirée du 8 mars coincidant avec la célébration de la journée internationale de la femme, placée sous le thème : « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles ».
Lors des deux soirées, le mapping « Biben L’Mdina » sera visible au complexe culturel, sur la place Bab El Jalladines et à la Zawia (mausolée) de Sidi Obeid al-Gharyani.
Une soirée littéraire avec le Conseil de Kairouan de la culture des lettres et des arts est prévue le 9 mars à la Bibliothèque régionale.
Le 10 mars, Kassem Chaouachi présentera « Mourawahat Moussiqiya », suivi le 11 mars de « Al Qaouala » de Hatem Ferchichi.
La pièce « Mr Propre », interprétée par Walid Zribi, est programmée le 12 mars. Le Centre des arts dramatiques et scéniques de Kairouan proposera le 13 mars « Rjel Sabra ».
Dorsaf Hamdani se produira le 14 mars, avant « Parfums » de Mohamed Ali Kammoun le 15 mars. La clôture est prévue le 16 mars avec « Fah Essir » de Hedi Aïninou.
Le 17 mars, un spectacle du cirque paparouni sera donné sur la place Mohamed Ghozzi pour la culture et les arts en plus d’un mapping qui sera visible sur le minaret de la mosquée Okba.
Les divers spectacles au menu du festival sont visibles sur la page facebook de la délégation régionale aux Affaires Culturelles de Kairouan.
Festival de la chanson tunisienne : Au Théâtre de l’Opéra, 34 rêves en musique
La Cité de la Culture accueillera, du 5 au 8 mars, la 24ème édition du Festival de la chanson tunisienne, où 34 œuvres, retenues parmi 105 candidatures, concourent pour les différents prix de cette édition et surtout pour le prestigieux Microphone d’or.
Lors d’un point de presse donné samedi soir, la nouvelle édition du Festival de la chanson tunisienne a révélé ses secrets. Au total : 105 candidatures ont été reçues. Elles se répartissent ainsi : 76 en production de chansons, 19 en composition instrumentale et 10 en interprétation individuelle. Ces dossiers ont été examinés par une commission composée du parolier Jlidi Laouini, du compositeur Noureddine Béji et du musicien et oudiste Walid Nammouchi. À l’issue des délibérations, 34 œuvres produites en 2025 ont été retenues : 18 dans la catégorie chanson, 9 en instrumentale et 7 en interprétation.
La meilleure chanson se verra attribuer le Microphone d’Or, distinction phare du festival. Des prix récompenseront également chaque catégorie, ainsi qu’un Prix du public dont le vote sera ouvert dès la première soirée.
Deux soirées seront consacrées à la présentation des œuvres en lice, accompagnées par l’Orchestre symphonique tunisien. Le palmarès sera dévoilé lors de la cérémonie de clôture, le 8 mars.
La soirée de clôture sera animée par la chanteuse marocaine Latifa Raâfat, dans une volonté affirmée de renforcer les échanges artistiques au sein du Maghreb, avec une perspective d’élargissement vers l’espace arabe.
Le directeur général du Théâtre de l’Opéra de Tunis, Seifallah Tarchouni, a rappelé que l’institution assure le financement et l’organisation de cette édition conformément au décret gouvernemental de 2018 encadrant ses missions en matière de production artistique et d’organisation de manifestations culturelles. Une consultation lancée en janvier pour la scénographie prévoit une mise en valeur de la mémoire et du patrimoine de la chanson tunisienne, dans le respect de l’architecture du lieu.
Artistes en lice
La catégorie de l’interprétation individuelle verra concourir Lotfi Dahmani, Jihen Gaïdi, Yasmine Sabri, Nadhir Tayeb, Ghofrane Jemili, Aymen Ben Chikha et Molka Maâroufi.
Pour la catégorie de la composition instrumentale, Mohsen Matri, Outaïl Maâoui, Amine Ayadi, Walid Soussi, Karim Trabelsi, Miled Molki, Mohamed Marouane Dhaoui, Hatem Frikha et Saifeddine Bouraoui espèrent remporter le grand prix de cette section.
Quant à la catégorie des nouvelles productions dans la chanson, elle verra la participation de Najoua Omar, Omayma Haouet, Raoudha Abdallah, Mohamed-Ali Aidi, Zina Saad, Mounir El Mehdi, Asma Cherif, Ousama Lajili, Ahmed Antar, Roua Ben Khadija,Mohamed-TAher Wonki, Khaled Slama, Mohamed-Taher Sehibi, Hassene Atta, Ahmed Mejri, Amira Abdesselem, Leila Mustapha, Farah Meraihi, Nader Ghenim et Chedy Zanagui.
Créé dans les années 1960 et relancé en 2021 après onze ans d’interruption, le Festival de la chanson tunisienne s’affirme comme un rendez-vous majeur de la création musicale nationale, entre transmission patrimoniale et soutien aux nouvelles voix.
Démarrage du concours national de la lecture
La Direction de la lecture publique, relevant de la Direction générale du Livre a lancé le 1er mars la cinquième édition du concours national « Bouyoutouna Taqassim wa Kalimat ». Le concours se poursuivra jusqu’au 30 avril 2026.
Cette initiative vise « à ancrer la pratique du livre en milieu familial, à encourager la fréquentation des bibliothèques publiques et à sensibiliser à l’importance des supports culturels », indique un communiqué du ministère des Affaires culturelles.
Le concours est mis en œuvre à travers « le réseau des bibliothèques publiques et au sein des foyers, avec pour objectif la production de contenus culturels numériques sous différentes formes d’expression », indique la même source. Il comprend trois volets : « un concours de court- métrage documentaire », « un concours de conte et de récit », ainsi qu’un « concours de production d’une histoire numérique interactive ». La compétition est ouverte à trois tranches d’âge : de 8 à 15 ans, de 16 à 20 ans et de 21 à 30 ans.
















