A la salle « Le 4ème art »-Tunis : Plongée théâtrale dans l’univers de Dostoïevski
Dans le cadre de « Tunis Théâtres du Monde », la salle « Le 4ème art » a accueilli une adaptation russe de « Les Nuits blanches », fidèle à l’univers de Dostoïevski.
La salle Le 4ème Art à Tunis a accueilli, avant-hier (le 30 mars), la représentation russe « Les Nuits blanches », présentée dans le cadre de la 4ème édition de « Tunis Théâtres du Monde » (27 mars- 3 avril). L’événement met à l’honneur des créations tunisiennes et internationales autour de grandes thématiques humaines.
Adaptée de l’œuvre de l’écrivain russe Fiodor Dostoïevski, la pièce est mise en scène par Natalia Nikolaïeva. Elle propose une approche classique, fidèle à la structure et à l’esprit du texte original, tout en soulignant la richesse psychologique des personnages et l’évolution de leurs émotions.
L’action se déroule à Saint-Pétersbourg, où la ville devient un véritable élément dramatique, bien au-delà du simple décor. Les « nuits blanches » créent une atmosphère lumineuse et onirique, renforcée par une scénographie épurée qui joue sur les contrastes d’ombre et de lumière, reflétant les états d’âme, entre espoir, hésitation et désillusion.
Ainsi, le titre « Les Nuits blanches » prend une dimension symbolique qui dépasse son sens premier. Il évoque un espace entre réel et rêve, où évoluent les personnages et où la frontière entre veille et imaginaire s’estompe. Il suggère aussi la brièveté d’un moment exceptionnel, à l’image de l’histoire d’amour au cœur de l’œuvre : intense mais éphémère, révélant la fragilité et le caractère passager du bonheur.
Le spectacle suit le parcours d’un jeune homme solitaire, en marge de la société, dont la vie bascule après sa rencontre avec une jeune femme. Au fil de leurs promenades nocturnes, leur relation évolue vers une confidence intime. Mais cet élan se heurte à la réalité : la jeune femme reste attachée à un amour passé, menant à une fin marquée par la désillusion et la prise de conscience des limites du rêve.
La mise en scène adopte une esthétique classique, privilégiant la parole et l’intériorité plutôt que le mouvement. Le rythme, volontairement mesuré, accompagne l’évolution des sentiments et met en valeur l’écriture de Dostoïevski, centrée sur l’analyse psychologique et la tension entre aspiration et réalité.
La représentation explore des thèmes universels : la solitude et l’aliénation en milieu urbain, l’amour non partagé, l’attente, mais aussi la valeur d’un instant de bonheur face à la durée de l’épreuve.
Ces dimensions trouvent un écho dans la symbolique des « nuits blanches », à la fois empreintes de pureté et d’espoir fragile, dans une lumière qui n’efface pas l’isolement, mais en souligne toute l’intensité.
Pour ce soir, le public découvrira toujours sur la scène de la salle « Le 4ème art », la pièce de théâtre turque « San Insan », mise en scène par Pinar Töre Karayel. S’interrogeant sur l’existence humain », l’œuvre repose sur ces questions : « Qu’avons-nous fait ? » et « Que nous reste-t-il à faire désormais ? » car « Peut-être que le dernier être humain que je croiserai… ce sera toi». A découvrir !
États-Unis : Springsteen, De Niro et Fonda en tête des manifestations « No Kings »
Des millions d’Américains ont manifesté samedi 28 mars dans plusieurs grandes villes pour dénoncer la politique migratoire et les opérations militaires de Donald Trump. À Washington, D.C., New York City et Minneapolis, la mobilisation baptisée « No Kings » a rassemblé plus de huit millions de personnes, soutenue par plusieurs figures majeures du monde artistique.
À Minneapolis, Bruce Springsteen a pris la parole devant les manifestants après avoir interprété Streets of Minneapolis, une chanson écrite en hommage à deux citoyens tués par des agents fédéraux plus tôt dans l’année. Le musicien a dénoncé « la mort et la terreur » semées selon lui par la police de l’immigration américaine, U.S. Immigration and Customs Enforcement, appelant à la solidarité nationale. Il a également annoncé le lancement dans la foulée une tournée nord-américaine à forte dimension politique.
L’actrice Jane Fonda s’est quant à elle mobilisée à Washington avec le collectif Artists United for Our Freedoms, à proximité du John F. Kennedy Center for the Performing Arts. Elle a accusé le président américain de consolider son pouvoir « à un rythme effréné », évoquant une dérive autoritaire inédite dans l’histoire récente du pays.
À New York, Robert De Niro, critique de longue date de Donald Trump, a participé au rassemblement en dénonçant « une menace existentielle pour les libertés et la sécurité » des États-Unis. L’acteur a appelé les manifestants à dire « non » au président, relançant un bras de fer verbal déjà nourri ces dernières semaines entre les deux hommes.
Classement FIFA : La France au pouvoir, la Tunisie gagne trois places
L’Espagne, contrainte au nul face à l’Egypte (0-0), a perdu sa première place au classement de la FIFA pour le mois de mars 2026 au profit de la France, victorieuse du Brésil (2-1) et de la Colombie (3-1).
Le Maroc (8e) et l’Allemagne (9e) font également partie du Top 10, alors que la Tunisie, qui vient de battre Haiti (1-0), a gagné trois places en passant de la 47e à la 44e place.
K.Z.
Tunisie – Canada (0-0) : Des signes prometteurs
Pour leur second test au Canada, en guise de préparation pour le Mondial 2026, les Aigles de Carthage ont livré un bon match et auraient pu l’emporter avec plus d’efficacité devant les buts. Ce qui est certain, c’est que les nouveaux jeunes lancés dans le bain ont donné satisfaction, ce qui est considérable à moins de trois mois du Mondial.
Dans un match très équilibré entre Tunisiens et Canadiens, il y a eu beaucoup d’engagement mais l’efficacité a fait défaut des deux côtés. Le début du match a été favorable aux Canadiens qui ont voulu frapper d’entrée, mais la défense tunisienne, avec une paire inédite dans l’axe (Ghram et Rekik) a fait preuve de beaucoup de rigueur. La seconde partie de cette première période a vu les Aigles rater une grosse occasion Ltaief, parti seul face du milieu du terrain et qui a mal servi Saâd qui a tiré sur le gardien (35’). Il faut également mentionner la belle performance de Mouhib Chamakh qui a été impérial devant sa cage.
Avec l’entrée de Tounekti et Ayari, deux ailiers rapides, en seconde mi-temps, les hommes de Lamouchi sont devenus plus dangereux en attaque et ont créé de belles situations sans, toutefois, se montrer réalistes. Derrière, la défense s’est bien comportée et la paire axiale a plus que convaincu, alors que Skhiri a été, encore une fois, au four et au moulin.
Ce qui est certain, c’est que Lamouchi vient de découvrir de jeunes joueurs capables de s’imposer, ce qui lui procurera une plus grande marge de manœuvre lors du prochain Mondial et ouvrira la porte à une plus forte concurrences dans les trois secteurs du jeu.
Formation tunisienne :
Chamakh, Neffati (Haj Mahmoud 56’) , Abdi (Ben Hmida 56’), Ghram (Chaouat 86’), Rekik, Skhiri, Khedhira (Gharbi 70’), Ben Slimane, Ltaief (Ayari 46’), Ben Farhat (Tounekti 46’), Saad (Elloumi 56’).
Kamel ZAIEM
Mondial 2026 : La Suède rejoint le groupe de la Tunisie
Les Aigles de Carthage ont découvert, ce mardi soir, leur troisième adversaire pour le Mondial 2026 (Groupe F). Il s’agit de la Suède.
Après sa victoire (1-3) face à l’Ukraine, la Suède a parfaitement débuté sa finale des barrages face à la Pologne, avec l’ouverture du score d’Elanga (1-0, 19e), après une belle remise de Yassine Ayari, un joueur d’origine tunisienne. À la demi-heure de jeu, les Polonais ont néanmoins réagi avec l’égalisation de Zalewski (1-1, 33e). Mais avant la mi-temps, Lagerbielke a redonné l’avantage aux Suédois de la tête (2-1, 44e).
En seconde période, les Polonais sont une nouvelle fois revenus dans cette partie grâce à Swiderski (2-2, 55e). Et finalement, en toute fin de rencontre, la Suède est repassée devant grâce à son attaquant, buteur à trois reprises il y a quelques jours, Viktor Gyokeres (3-2, 88e). Avec un but qui a donc permis aux Suèdois, au bout du suspens, d’aller chercher son billet pour la Coupe du Monde 2026. Les hommes de Graham Potter seront dans le groupe F, où ils retrouveront les Pays-Bas, le Japon et la Tunisie. Un scénario fou pour une nation qui a terminé à la dernière place lors de la phase de qualification pour le Mondial.
K.Z.
Barrages Coupe du monde 2026 : Le cauchemar continue pour l’Italie !
Elle menait, à 10, jusqu’à la 80e minute. Mais l’Italie manquera le Mondial pour la troisième édition consécutive. La Nazionale a été éliminée aux tirs au but par la Bosnie-Herzégovine mardi, en barrage, à Zenica (1-1 a.p., 4-1 t.a.b.). Un désastre pour les quadruples champions du monde qui n’ont plus participé à la Coupe du monde depuis 2014.
Jamais deux sans trois pour l'Italie. En déplacement en Bosnie-Herzégovine pour valider sa qualification pour la Coupe du monde 2026 lors de sa finale des barrages en zone Europe, la Nazionale s'est enlisée dans un énorme bourbier pour finalement voir la formation locale s'imposer aux tirs au but (1-1, 4-1 tab). Pour la troisième édition consécutive, la Squadra Azzura ne disputera donc pas la Coupe du monde. De son côté, la Bosnie peut exulter : les partenaires d'Edin Dzeko viennent de s'inviter au Mondial pour la deuxième fois de l'histoire de leur jeune pays après 2014.
C'est une histoire dont la Bosnie-Herzégovine va probablement se souvenir très longtemps. En 1996, la sélection nationale jouait le tout premier match de son histoire sur ses terres après avoir vécu l'atrocité de la guerre. Son adversaire ? L'Italie. La toute récente Bosnie s'était alors imposée deux buts à un. Trente ans plus tard, le stade Bilino Polje de Zenica accueillait la formation transalpine pour composter un billet pour le Mondial aux Etats-Unis. Au terme d'un scénario hitchcockien terminé par une crispante séance de tirs au but, Gianluigi Donnarumma a dû rendre les armes devant la précision chirurgicale des tireurs locaux. Ce soir, la Bosnie-Herzégovine était armée pour franchir l'Atlantique.
La Tchéquie, la Suède et la Turquie iront aussi au Mondial
Vingt ans après, la Tchéquie est de retour au Mondial. Vainqueurs du Danemark aux tirs au but, les Tchèques ont validé leur billet pour la Coupe du monde au bout du suspense (2-2, 3 t.a.b à 1). La Suède a également validé son billet pour le Mondial en s’imposant devant la Pologne grâce à un but de Viktor Gyökeres dans le money-time (3-2), tout comme la Turquie, victorieuse du Kosovo (0-1).
Toronto- cette nuit en amical (00h30) Tunisie- Canada : Consolider les nouveaux acquis
Par Jamel Belhassen
Après la victoire face à Haïti, la Tunisie rencontre cette nuit le Canada dans une bonne ambiance. Sabri Lamouchi qui a tiré les enseignements du match de samedi testera de nouvelles options techniques et tactiques avec de nouveaux joueurs, pour avoir une idée plus précise sur les dispositions des uns et des autres.
Les acquis du premier match en tête, Lamouchi cherchera à corriger les travers constatés lors de la seconde mi-temps face aux Haïtiens. Bien sûr, cette nuit, la tâche sera plus dure face à des Canadiens qui jouent l'offensive et qui viennent de faire match nul contre l'Islande (2-2).
Espérons qui les camarades de Ismael Gharbi dans leur nouveau style, arriveront à réaliser une belle prestation cette nuit pour arriver à convaincre le sélectionneur et arracher une place parmi la liste définitive qui représentera la Tunisie en coupe du monde et qui sera annoncée à la mi-mai avant les deux dernières rencontres de preparation des 1er et 6 juin contre l'Autriche et la Belgique.
J.B.
𝐂𝐎𝐍𝐄𝐂𝐓 𝐈𝐧𝐭𝐞𝐫𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥 : U𝐧𝐞 𝐝𝐞́𝐥𝐞́𝐠𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝e 20 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞𝐬 𝐭𝐮𝐧𝐢𝐬𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞𝐬 𝐚̀ 𝐀𝐛𝐢𝐝𝐣𝐚𝐧 𝐚𝐟𝐢𝐧 𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐧𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞𝐫 𝐮𝐧 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐞𝐧𝐚𝐫𝐢𝐚𝐭 𝐠𝐚𝐠𝐧𝐚𝐧𝐭-𝐠𝐚𝐠𝐧𝐚𝐧𝐭
Une délégation d’opérateurs économiques tunisiens a entamé, ce lundi 30 mars 2026 à Abidjan, une mission économique multisectorielle, organisée par CONECT International.
Cette initiative, organisée en partenariat avec l’Ambassade de Tunisie en Côte d'Ivoire, l’Ambassade de Côte d’Ivoire en Tunisie, la Chambre de Commerce et d’Industrie Tunisie-Côte d’Ivoire (CCI-TCI), le Centre de Promotion des Investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI), la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire (CCI-CI), la Fédération Ivoirienne des Petites et Moyennes Entreprises (FIPME), Tunisair, le Centre de Promotion des Exportations (CEPEX), avec l'appui de Tunisie Transformateurs, Vision Led Industry, GOMYCODE, Groupe Soroubat, NOURMONY Holding, Groupe Al Badr et société ECOTI SA, s’inscrit dans une dynamique stratégique visant à renforcer l’ouverture des entreprises tunisiennes sur les marchés sub-sahariens à fort potentiel, et répond à un intérêt croissant des opérateurs économiques pour l’Afrique de l’Ouest, région caractérisée par une croissance soutenue et un climat d’investissement dynamique.
Rappelons que la Côte d’Ivoire, locomotive économique de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), affiche un PIB dépassant les 100 milliards de dollars et un taux de croissance parmi les plus élevés du continent, oscillant entre 6 % et 7 % ces dernières années, soutenu par des investissements massifs dans les infrastructures, l’énergie et les services.
De même, les échanges commerciaux entre la Tunisie et la Côte d’Ivoire connaissent une progression continue, avec un potentiel encore largement sous-exploité. La Côte d'Ivoire est le premier client de la Tunisie en Afrique subsaharienne et le quatrième sur tout le continent.
Les exportations tunisiennes vers ce marché se concentrent sur les intrants agricoles, les engrais, le phosphate, les médicaments, les matériaux de construction (ciment blanc), l'agroalimentaire, et les services (TIC, éducation, santé), offrant des perspectives importantes de diversification et de montée en gamme.
Le programme de la mission prévoit une série d’audiences ministérielles, de rencontres B2B ciblées, ainsi que des échanges avec des structures d’appui et des institutions ivoiriennes de premier plan, notamment les structures en charge de l’investissement, du commerce et de l’appui aux entreprises.
Cette mission économique constitue une étape importante dans la consolidation de la présence tunisienne en Afrique subsaharienne. Elle s’inscrit dans une vision stratégique visant à :
* Renforcer les exportations tunisiennes
* Encourager l’investissement à l’international
* Favoriser l’intégration dans les chaînes de valeur régionales
Au-delà des rencontres, l’enjeu principal réside dans la capacité des opérateurs économiques à transformer les opportunités identifiées en projets concrets, contribuant ainsi à développer une coopération économique durable entre la Tunisie et la Côte d’Ivoire.
Italie : Trois précieuses œuvres de Renoir, Cezanne et Matisse dérobées en trois minutes dans un musée
Un spectaculaire vol d’œuvres d’art a frappé la Fondation Magnani-Rocca, à Traversetolo, dans la nuit du 22 au 23 mars. En moins de trois minutes, quatre individus masqués ont dérobé trois pièces majeures de l’art français : « Les Poissons » d’Auguste Renoir, « Nature morte aux cerises » de Paul Cézanne et « L’Odalisque sur la terrasse » d’Henri Matisse. Les carabiniers évoquent une opération rapide et parfaitement organisée, interrompue par l’activation des systèmes de sécurité, qui aurait contraint les voleurs à fuir précipitamment.
Les œuvres, exposées dans une salle consacrée à l’art français, représentent une perte estimée à près de neuf millions d’euros. Le tableau de Renoir, rare en Italie, constitue à lui seul la pièce la plus précieuse. D’autres chefs-d’œuvre, dont des toiles de Renoir et de Claude Monet, auraient pu être emportés si les malfaiteurs n’avaient pas été interrompus.
Créée en 1977, la Fondation Magnani‑Rocca conserve la collection de Luigi Magnani dans une demeure surnommée la « villa des chefs-d’œuvre ». Une unité spécialisée dans le trafic d’art a été mobilisée et exploite les images de surveillance. L’Italie, déjà marquée par plusieurs vols retentissants, espère désormais retrouver ces œuvres, à l’image d’autres affaires résolues par le passé.
Villa Baizeau, l’héritage de Le Corbusier ravivé pour la célébration des 70 ans des relations tuniso-suisses
Pour célébrer 70 ans de relations diplomatiques entre la Suisse et la Tunisie, une programmation culturelle met à l’honneur l’héritage de Le Corbusier et la Villa Baizeau, à travers exposition, performances, livre et rencontre.
La commémoration du 70ème anniversaire des relations diplomatiques entre la Tunisie et la Suisse ne passera pas sous silence. Une année commémorative dédiée au dialogue culturel et à la mémoire partagée est annoncée par l’Ambassade de Suisse en Tunisie. Cette célébration met en lumière des personnalités suisses ayant marqué le territoire tunisien, au premier rang desquelles figure l’architecte Le Corbusier.
À Carthage, la Villa Baizeau, construite entre 1928 et 1930 sur la colline Sainte-Monique, demeure l’unique réalisation africaine de l’architecte. Elle incarne la rencontre entre modernité architecturale et paysage méditerranéen, et continue d’inspirer recherches et créations contemporaines.
Cette commémoration s’ouvre avec l’exposition « My house is a Le Corbusier » (Villa Baizeau) de l’artiste italien Cristian Chironi, présentée du 3 avril au 17 juin 2026 au Centre d’Art contemporain « La Boîte ». Le projet est mené en collaboration avec la Fondation Le Corbusier, l’Association tunisienne de recherche en architecture et l’École Nationale d’Architecture et d’Urbanisme de Tunis, avec le soutien de la Coopération suisse.
Depuis 2015, Cristian Chironi développe un projet itinérant consistant à habiter, physiquement ou mentalement, les architectures de Le Corbusier à travers le monde. Pour son étape tunisienne, il investit la Médina de Tunis et revisite la Villa Baizeau par l’imaginaire. Collages et installations restituent cette « habitation mentale », ouvrant de nouvelles lectures du modernisme corbuséen.
Performances, livre et rencontre
En prélude, le projet s’est incarné les 24 et 25 mars 2026 avec « Carthage Drive », une série de performances itinérantes entre Tunis et la Carthage, invitant des passagers à dialoguer autour du paysage et de l’architecture. Un ouvrage accompagnant l’exposition paraîtra aux Éditions Lenz.
Le 2 avril 2026 à 11h, la conférence « Villa Baizeau : une architecture à raconter » se tiendra à l’ENAU, en partenariat avec l’Institut culturel italien et l’ATRA. Elle réunira notamment Brigitte Bouvier (Fondation Le Corbusier), Tarek Baccouche, directeur général de l’Institut National du Patrimoine, ainsi que l’architecte Chacha Atallah, pour croiser regards sur patrimoine moderniste, mutations urbaines nord-africaines et pratiques artistiques liées à l’habitat.
Au Théâtre de l’Opéra : Un soir de musique japonaise à Tunis
À l’occasion du 79ème anniversaire des relations diplomatiques tuniso-japonaises, deux artistes japonaises d’exception, Tomoko Maeda au violon et Yuumi Yamaguchi au piano, offriront un récital unique, ce soir, à 19h00, au Théâtre de l’Opéra de Tunis.
Organisé avec le soutien du Ministère des Affaires Culturelles, ce concert célèbre la richesse des échanges culturels entre la Tunisie et le Japon. Célébration musicale d’une amitié de longue durée et d’une coopération solide, le concert réunira deux talentueuses artistes japonaises Tomoko Maeda et Yuumi Yamaguchi qui inviteront le public à une douce balade nocturne sous les cerisiers en fleurs (c’est la saison au Japon)…
Violoniste au parcours international, Tomoko Maeda a été formée au Japon avant de se perfectionner en Allemagne, où elle obtient son diplôme de concertiste. Lauréate de plusieurs concours internationaux, dont un prix spécial au Concours Tibor Varga, elle se produit en Europe, au Japon et en Amérique du Sud, en soliste ou en musique de chambre. Son répertoire couvre les grandes œuvres classiques de Mozart, Beethoven et Brahms, et elle a enregistré plusieurs disques consacrés au violon-piano. Depuis 2025, elle est ambassadrice de la marque autrichienne de pianos Bösendorfer et de la verrerie Lobmeyr, et participe à des projets pédagogiques pour rapprocher la musique classique de nouveaux publics. Cette violoniste de renommée internationale ne sera pas seule dans cette célébration de l’amitié et de la coopération, elle sera bien accompagnée par Yuumi Yamaguchi, pianiste spécialisée dans la musique contemporaine, qui se distingue par son engagement en faveur des répertoires modernes.
Formée au Japon, elle se produit régulièrement en récital et au sein d’ensembles, consacrant plusieurs concerts à des créations et premières mondiales. Depuis 2022, elle est accompagnatrice à l’Académie de musique et des arts du spectacle de Vienne. Son jeu rigoureux et sensible explore les liens entre tradition musicale japonaise et écriture occidentale contemporaine, contribuant à diffuser un répertoire exigeant et rarement programmé.
Ce récital promet un moment musical rare, mêlant tradition et modernité, et mettant en lumière deux artistes d’exception.
Festival international de Dougga : Bryan Adams, une escale tunisienne exceptionnelle
Pour sa 50ème édition, le Festival international de Dougga accueille la légende du rock Bryan Adams au Théâtre antique de Dougga. Face à l’engouement du public, un deuxième concert vient d’être annoncé. La date n’a pas encore communiqué.
En attendant la révélation du programme de la 50ème édition, qui couronne un demi -siècle d’existence, de labeur et de créativité, le Festival international de Dougga a déjà fait vibrer la toile comme les mélomanes en annonçant la programmation de la légende du rock Bryan Adams. Le concert marque une première participation de Bryan Adams à cet événement estival et s’inscrit dans « le renforcement des échanges culturels tuniso-canadiens à travers la musique et les tournées internationales », lit-on sur la page facebook de l’ambassade du Canada en Tunisie. Cette escale tunisienne s’inscrit dans la tournée internationale du chanteur à travers l’Amérique, l’Afrique et l’Europe. Il y présente son spectacle acoustique « Bare Bones » qui signifie « Les os nus », un format intimiste centré sur des interprétations épurées à la guitare, accompagné du pianiste Gary Breit.
Cette belle annonce a fait courir les mélomanes et voilà le 1er concert annoncé pour le 2 mai 2026 se déroulera à guichets fermés. Une 2ème date est déjà en négociation.
L’annonce d’un second concert confirme cette édition anniversaire du Festival international de Dougga comme l’un des grands rendez-vous musicaux de l’année, promettant une soirée exceptionnelle dans le décor du théâtre antique.
Artiste d’exception sur une scène d’exception
Figure majeure du rock depuis près de quarante ans et auteur de plus de 100 millions de disques vendus, Bryan Adams a marqué plusieurs générations avec des titres devenus intemporels, tels que « Summer of ’69 », « Heaven », « Run to You », « Please Forgive Me » ou encore l’incontournable « (Everything I Do) I Do It for You ». Ses albums phares, « Reckless » et « Waking Up the Neighbours », ont contribué à son rayonnement international et lui ont permis d’être parmi les plus grandes voix du rock mondial.
Le concert prendra place dans un décor exceptionnel : le Théâtre antique de Dougga, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1997, l’un des ensembles antiques les mieux conservés d’Afrique du Nord. Ancienne cité appelée Thugga, Dougga a été d’abord capitale libyco-punique avant de prospérer sous les périodes romaine et byzantine. Capitole, forum, thermes, marché et théâtre témoignent de plus de dix-sept siècles d’histoire et d’un riche croisement culturel entre les civilisations numide, punique, hellénistique et romaine.
La venue de cette icône de la musique mondiale à Dougga ne peut qu’être une belle promotion culturelle et touristique pour la région et pour la Tunisie. Une belle opportunité à saisir sur tous les plans !
Avec cette programmation exceptionnelle, la 50ème édition du Festival international de Dougga promet déjà d’être l’un des grands rendez-vous musicaux de l’année, offrant au public une rencontre unique entre patrimoine millénaire et légende du rock.
Imen.A.
Institut français de Sousse : La « Fabrique de récits » démarrera ce 4 avril
Une série d’ateliers d’écriture participatifs invitant à explorer l’écriture comme un espace de création et de partage, où se croisent expériences personnelles, imaginaires et mémoire collective sont au programme de la Médiathèque Gisèle Halimi de l’Institut français de Sousse dans le cadre d’un cycle intitulé « Fabrique de récits ». A partir de photographies, d’images ou de souvenirs, les participants seront amenés à donner forme à des textes qui viendront nourrir un projet artistique mêlant écriture, image et témoignage, dans une démarche sensible et collective.
Ce cycle est porté par trois intervenants : Mouha Harmel, écrivain et philosophe tunisien, lauréat du Comar d’or 2023, Nefissa Ayachi, poète et universitaire, membre du collectif « Théâtre 5acheba » ainsi que Cédric Cartaut, artiste pluridisciplinaire évoluant entre musique, image et scène.
Le cycle s’ouvrira le 4 avril à 14h00 avec un atelier animé par Mouha Harmel autour du « portrait d’un lieu ». A partir d’une photographie ou d’une carte postale de Sousse, les participants seront invités à raconter la ville à travers leurs propres regards, en mêlant souvenirs, scènes imaginées et impressions intimes. Une manière d’esquisser une cartographie sensible de la ville, faite de fragments et d’émotions.
Le 11 avril à 10h00, Nefissa Ayachi proposera un atelier intitulé « Je me souviens », inspiré de l’œuvre « Je me souviens » de Georges Perec. A partir d’une photo de leur mère, les participants exploreront la mémoire à travers de courts fragments, laissant émerger gestes, instants et souvenirs marquants dans une écriture à la fois personnelle et universelle.
Enfin, le 18 avril à 10h00, Cédric Cartaut animera un atelier consacré aux récits de lecture.
Intitulé « Bouleversement d’une lecture », il invitera chacun à partager un texte qui a marqué un moment de vie ou transformé un regard. Ces récits, porteurs d’expériences singulières, pourront être filmés dans le cadre du projet, prolongeant ainsi l’écriture dans une dimension visuelle et documentaire.
A la salle « Le 4ème art » : « Kolochi Baw », une création qui revisite la tragédie coloniale en Afrique
Dans le cadre de la quatrième édition de « Tunis Théâtre du Monde », le public de la salle « Le 4ème Art » a pu découvrir le spectacle chorégraphique espagnol « Kolochi Baw », signé par la chorégraphe Aïda Colmenero Díaz.
Organisée par le Théâtre National Tunisien (TNT) du 27 mars au 3 avril 2026, à l’occasion de la Journée mondiale du théâtre, cette manifestation réunit des créations tunisiennes et internationales autour de grandes questions contemporaines.
« Kolochi Baw », qui signifie « les gardiens » en langue bambara, l’une des principales langues du Mali, met en scène des figures veillant sur le temps, la vibration et le sacrifice, trois dimensions qui traversent l’ensemble de l’œuvre. Créé à Bamako au début de l’année 2022, le spectacle s’inscrit dans un contexte historique marqué, au Mali comme dans plusieurs pays africains, par une redéfinition des relations avec la France. Dans ce cadre, l’œuvre propose une lecture critique de l’héritage colonial ainsi que du rôle des élites africaines dans sa perpétuation ou son dépassement.
La chorégraphe propose une approche où le corps devient à la fois un outil esthétique et un vecteur de sens, capable d’interroger l’histoire et la mémoire en dehors des formes narratives traditionnelles. L’écriture chorégraphique s’éloigne ainsi de la dramaturgie classique : la progression linéaire disparaît au profit de scènes construites sur le rythme, la répétition et la transformation.
Sur scène, les corps évoluent selon des dynamiques variées, alternant contraction et relâchement, cohésion et fragmentation. Cette circulation permanente traduit un état de tension à la fois individuel et collectif, en écho à une condition humaine marquée par la rupture et la dispersion.
Ce choix esthétique donne au spectacle une dimension plus contemplative, ouverte à des lectures multiples. Les gestes et les postures composent des images collectives qui se forment, se défont puis se recomposent, dans une écriture visuelle qui reflète l’entrelacement des destinées humaines. Le travail sur la « masse corporelle » devient central : le groupe apparaît comme une entité vivante, en constante pulsation, fragmentation et recomposition.
Le spectacle s’inspire également de rituels africains, à travers la répétition des gestes et l’intensification progressive des rythmes du corps et du son, sans jamais tomber dans une simple représentation folklorique. Ces éléments sont revisités dans une approche contemporaine, où le rituel devient un moyen d’évoquer la mémoire et de la réinterpréter. Le spectacle développe ainsi une forme de « vibration corporelle », où le mouvement se prolonge comme une onde continue, exprimant des émotions difficiles à dire. Porté par une respiration collective et un travail vocal entre souffle, plainte et cri, il donne à ressentir la souffrance intérieure de l’individu dans un monde marqué par l’isolement et le repli.
« Kolochi Baw » se distingue par une écriture chorégraphique qui s’inscrit dans une démarche de danse contemporaine expérimentale. Le spectacle repose sur une grande sobriété du geste, où la présence individuelle s’efface au profit d’une dynamique collective. Le temps y est non linéaire, construit sur la répétition et l’accumulation.
La chorégraphie met surtout en avant l’énergie du mouvement plutôt que sa forme. Elle avance par paliers rythmiques, alternant montées intenses, physiques et sonores, et retours vers des moments proches de l’immobilité. Cette construction suggère une tragédie partagée, où toute forme de dépassement ne peut exister que dans le collectif.
Sur le plan scénographique, le spectacle privilégie une grande sobriété visuelle : un espace scénique presque vide, centré sur la présence des corps et du son. Ce dispositif met en valeur la précision du geste et le rythme du mouvement, en donnant au corps une place essentielle sur le plateau.
Sans adopter un discours politique direct, l’œuvre renvoie néanmoins à des réalités historiques profondes liées au passé colonial du continent africain. A travers la tension des corps et les dynamiques qu’ils développent, la chorégraphe évoque la violence des politiques coloniales occidentales en Afrique, dont les effets continuent de marquer les sociétés contemporaines.
Après le congrès de l’UGTT : Ces grands chantiers sur la table du nouveau bureau exécutif…
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Issu de la fonction publique, le nouveau bureau exécutif de l’UGTT a la lourde responsabilité d’assurer aussi bien ses partisans que ses adversaires.
En déclarant que «la priorité de son bureau sera axée sur la reprise du dialogue social avec le gouvernement », le nouveau secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Salah Eddine Salmi, tend là, et ce selon les observateurs, la main au pouvoir dans une tentative de briser la froideur qui a marqué les relations entre les deux parties durant ces dernières années.
Commentant cette déclaration, l’universitaire Salem Chérif estime qu’«il n’est pas possible de continuer dans une situation de rupture avec le gouvernement et de blocage du dialogue social », insistant sur le fait que «la Tunisie a besoin d’un véritable dialogue social au service de l’intérêt du pays et des travailleurs».
C’est d’ailleurs là la volonté du nouveau secrétaire général qui a précisé que « l’organisation prendra l’initiative de contacter le gouvernement afin de tenir une réunion ouvrant la voie aux négociations sur les différents dossiers en suspens, «les problèmes en suspens ne peuvent être résolus que par le dialogue », a-t-il indiqué. Et d’ajouter : « L’Union entame cette étape avec une volonté d’ouverture au dialogue avec toutes les parties ».
Cela étant, plusieurs chantiers attend le nouveau bureau exécutif qui tend également à rassurer la base syndicale, notamment au niveau des états financiers de la Centrale syndicale. Selon Salmi : « Parler d’un déficit financier au sein de l’organisation est prématuré, amis cette question sera soulevée lors des prochaines réunions du nouveau bureau exécutif », assurant que «le volet financier sera traité de manière transparente dans le cadre du renforcement de la bonne gouvernance au sein de l’organisation»…
A la recherche d’une confiance perdue …
Entre la pression du gouvernement et celle de sa propre base, l’organisation syndicale est appelée à composer avec une situation très sensible et selon l’universitaire et juriste Salem Cherif : « Les principaux défis auxquels est confrontée la nouvelle direction de l’Union incluent, premièrement, la reconstruction de la confiance avec sa base, et, deuxièmement, le rétablissement de la confiance entre l’Union et l’ensemble des Tunisiens tout en envoyant des messages apaisants au pouvoir en place ».
Pour notre interlocuteur : « Le congrès de Monastir a suscité un certain espoir après que l’Union a atteint un niveau sans précédant de déclin, de fragmentation et de conflits internes, en plus d’une faiblesse structurelle qui faisait craindre l’explosion de cette organisation historique. Il faut savoir que l’image de l’Union générale tunisienne du travail en général s’est détériorée jusqu’à atteindre une véritable crise de confiance. En effet, de nombreux Tunisiens ne croient plus à l’utilité de l’action syndicale.
Du coup, l’Union a besoin de relever le défi et de rechercher une approche qui lui permettrait de rouvrir les canaux de dialogue avec le pouvoir exécutif». Et d’ajouter : «Le fossé entre l’Union et le pouvoir en place dans son ensemble est devenu profond au point de frôler la rupture définitive. Cela impose à l’Union de chercher des mécanismes, une vision, une méthodologie spécifique ainsi qu’un nouveau discours syndical conciliant le dialogue avec le pouvoir et la préservation de son indépendance.
Par conséquent, la reconstruction de l’Union pourrait offrir aux syndicalistes l’opportunité de former une organisation influente et en mesure de pousser le pouvoir à reconnaître l’importance de l’action syndicale et de l’existence d’une organisation nationale à la taille et à l’histoire de l’UGTT sur l’échiquier national. Cela ne peut se faire qu’avec une centrale syndicale forte et unie ».
À l’aube d’une nouvelle étape, l’Union générale tunisienne du travail joue une carte décisif : renouer le dialogue sans renoncer à son indépendance. Sous l’impulsion de Salah Eddine Salmi, l’organisation semble vouloir rompre avec les tensions passées et réinvestir le terrain du compromis. Mais au-delà des déclarations d’intention, le véritable défi reste celui de la confiance, une confiance érodée tant auprès de sa base que de l’opinion publique.
La transparence financière, la cohésion interne et la capacité à porter un discours syndical crédible seront déterminantes. Car il ne s’agit plus seulement de négocier avec le pouvoir, mais de redonner du sens à l’action syndicale dans un contexte de désillusion généralisée. Si cette reconstruction réussit, l’UGTT peut redevenir un acteur incontournable. Dans le cas contraire, elle risque de voir s’accentuer son recul sur la scène nationale.
M.B.S.M.
















