Iran : Mojtaba Khamenei succède à son père
Mojtaba Khamenei, parmi les personnalités les plus influentes de la République islamique, a succèdé, ce dimanche 8 mars, à son père comme Guide suprême.
Ce religieux de 56 ans, considéré comme proche des conservateurs en raison de ses liens avec les gardiens de la révolution, a été choisi par l’Assemblée des experts, composée de membres du clergé, selon les informations publiées par le site du journal « Le Monde ». Son père, qui était au pouvoir depuis 1989, a été tué le 28 février dans l’offensive américano-israélienne comme d’autres hauts dignitaires. Ali Khamenei avait lui-même succédé en 1989 au fondateur de la République islamique, l’ayatollah Ruhollah Khomeini.
« L’ayatollah Mojtaba Hosseini Khamenei (…) est nommé et présenté comme troisième Guide du système sacré de la République islamique d’Iran, sur la base d’un vote décisif des membres respectés de l’Assemblée des experts », affirme l’instance religieuse dans un communiqué relayé par les médias iraniens. L’Assemblée « invite la noble nation entière d’Iran, particulièrement les élites et les intellectuels des séminaires et des universités, à faire allégeance au Guide et maintenir l’unité autour » de lui, a ajouté l’institution.
La nouvelle a été annoncée solennellement à la télévision d’Etat par un présentateur lisant le communiqué officiel de l’Assemblée des experts, le collège de 88 membres chargé de désigner le nouveau Guide suprême, pendant qu’une photo de Mojtaba Khamenei apparaissait à l’écran. Des images ont ensuite montré des scènes de liesse aux quatre coins du pays, avec des Iraniens agitant de nuit des drapeaux de la République islamique ou les lampes de leurs téléphones portables.
L’entité sioniste a réagi à cette nomination et a tout de suite annoncé que le nouveau Guide suprême, qui est désigné à vie et garde en pratique le dernier mot sur les grandes orientations, tant en politique intérieure qu’extérieure, serait « une cible ».
Guerre en Iran : Le baril de pétrole de WTI américain dépasse 100 dollars
Le baril de WTI, référence américaine sur le marché, a dépassé, ce dimanche, les 100 dollars, une première depuis juillet 2022, puis 110 dollars quelques minutes plus tard, catapulté par le prolongement de la guerre au Moyen-Orient.
Vers 22H40 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en avril prenait 17,87% à 107,14 dollars. Il est monté jusqu'à 111,24 dollars, avant de se replier légèrement.
Depuis le début de l'offensive américano-israélienne contre l'Iran, le WTI s'est apprécié de 60%, du jamais vu sur une période aussi courte.
La dernière de Trump: « Le prochain dirigeant iranien doit obtenir mon aval » !
Donald Trump a déclaré que le prochain dirigeant iranien "ne tiendra pas longtemps s'il n'obtient pas (son) aval", dans un entretien accordé à la chaîne américaine ABC ce dimanche.
"Il va devoir obtenir notre aval. S'il n'obtient pas notre aval, il ne tiendra pas longtemps", a menacé le président américain, alors que le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a réaffirmé que le choix du successeur de l'ayatollah Ali Khamenei incombe au "peuple iranien" et à "personne d'autre".
Le nouveau guide suprême iranien a été choisi, ce dimanche, par l'instance cléricale iranienne compétente, l'Assemblée des experts, selon plusieurs de ses membres. Le nom de l'élu n'a pas été annoncé.
Ligue 1 (23e J.) : Le CA tient bon, le ST gâche encore des points
A l’image de l’EST, le leader du classement, le CA, en solide poursuivant, fait l’essentiel à Ben Guerdane pour demeurer dans le sillage des Espérantistes.
Il s’agissait d’un test sérieux pour les Clubistes, auteurs d’une impressionnante série de bons résultats. Face à l’USBG, toujours aussi tenace sur son terrain, les poulains de Faouzi Benzarti ont su patienter avant de frapper au moment opportun, à l’issue d’un match tendu aussi bien sur le terrain que sur la touche. C’est que les Clubistes n’ont trouvé la faille que lors du temps additionnel grâce à un penalty bien transformé par Zaalouni (90’+11). Les Rouge et Blanc demeurent, ainsi, à deux points du leader et gardent leurs chances intactes pour le sacre final.
Au Bardo, les Stadistes ont cru faire le plus dur en menant au score dès la 17e minute suite au but réussi par Camara, mais leur recul excessif en seconde mi-temps a laissé le champ libre pour l’Etoile du Sahel pour revenir dans le match et égaliser aux ultimes minutes par Smichi (87’). Les Stadistes perdent ainsi du terrain derrière le CSS pour l’octroi de la troisième place alors que pour l’Etoile, le réveil se confirme avec ce sixième match d’affilée sans défaite.
A Kairouan, la JSK, en verve ces derniers temps, a bien abordé son match face au CAB, menant au score par Zairi (7’), mais la suite fut à l’avantage des Cabistes qui ont bien réagi pour égaliser par Allala (44’) avant de s’imposer grâce au penalty transformé par Cissoko (79’). Le CAB fait, ainsi, une belle affaire alors que les Aghlabides demeurent en pleine zone rouge.
Kamel ZAIEM
Résultats
ST – ESS (1-1)
JSK – CAB (1-2)
USBG – CA (0-1)
Classement
1*Espérance de Tunis 53pts
2*Club Africain 51pts
3*Club Sportif Sfaxien 45pts
4*Stade Tunisien 42pts
5*US Monastirienne 37pts
6*Etoile du Sahel 34pts
7*JS Omrane 31pts
8*CA Bizertin 28pts
9*ES Métlaoui 28pts
10*Espérance de Zarzis 27pts
11*AS Marsa 25pts
12*US Ben Guerdane 24pts
13*Olympique de Béja 22pts
14*JS Kairouanaise 21pts
15*AS Gabés 17pts
16*AS Soliman 16pts
Le manteau, l’or et la chamelle : Quand l’humilité d’un fugitif renverse les empires
L’histoire des civilisations est jalonnée de conquêtes spectaculaires, mais rares sont les récits où la grandeur naît d’un dénuement aussi total que celui de l’Hégire.
En l’an 622, un homme quitte sa ville natale sous la menace de mort, accompagné d’un seul compagnon, traversant les sables brûlants du désert vers un destin incertain. Pourtant, c’est dans cette vulnérabilité extrême que se dessinent les contours d’une transformation mondiale sans précédent. Le récit de l’arrivée du Prophète Muhammad (s.a.w.) à Médine, tel que rapporté par les chroniques de l’Islam, n’est pas seulement une épopée de survie ; c’est une leçon de psychologie humaine, de foi inébranlable et d’une humilité qui finit par s'imposer aux rois de la terre.
L’un des épisodes les plus saisissants de cette fuite est celui de la rencontre avec Surāqa. Imaginez un fugitif, traqué par des chasseurs de primes, qui s’arrête pour prédire à l’un de ses poursuivants qu’il portera un jour les bracelets d’or de Chosroès, l’Empereur de Perse, alors souverain de l’un des empires les plus puissants au monde. Pour Surāqa, l’étonnement est total. Comment cet homme, qui possède à peine de quoi se nourrir, peut-il imaginer la chute de la Perse ? Pourtant, seize ans plus tard, sous le califat de ‘Umar, l’inimaginable se produit.
La capitale perse tombe, et les trésors impériaux sont ramenés à Médine. Fidèle à la mémoire de la parole prophétique, ‘Umar fait appeler Surāqa, devenu musulman entre-temps, pour lui faire enfiler ces parures légendaires. Ce geste spectaculaire n’était pas une célébration de la richesse, mais une preuve matérielle de la véracité d’une vision née dans la poussière du désert.
En forçant Surāqa à porter l’or malgré l’interdiction religieuse habituelle pour les hommes, ‘Umar soulignait que le temps de Dieu n’est pas celui des hommes : la prophétie devait s’accomplir à la lettre pour que le monde témoigne que le fugitif d’hier était bien le guide des siècles à venir.
L’entrée à Médine, une révolution par l’effacement de soi
Alors que le Prophète (s.a.w.) approche de Médine, la ville est en effervescence. La nouvelle de son départ de La Mecque a transformé l’attente en une ferveur quotidienne. Chaque matin, les habitants sortent à sa rencontre, scrutant l’horizon jusqu’à ce que la chaleur de midi les force à rentrer. C’est finalement un juif, posté sur une hauteur, qui aperçoit les deux chameaux et donne l’alerte : « Celui que vous attendiez est venu ! »
Le village de Qubā‘ devient alors le théâtre d’une scène d’une rare élégance humaine. La plupart des Médinois n’avaient jamais vu le visage du Prophète. En voyant le groupe assis sous un arbre, la foule se dirige naturellement vers Abū Bakr. Plus âgé d’apparence avec sa barbe grise et vêtu avec un soin particulier, il dégageait une autorité naturelle que les visiteurs confondirent avec celle du Messager.
C’est ici que se révèle la noblesse de caractère des premiers compagnons. Plutôt que de corriger l’erreur par des mots qui auraient pu humilier les nouveaux venus, Abū Bakr agit avec une courtoisie exemplaire. Voyant que le soleil frappait directement le Prophète (s.a.w.), il se leva et suspendit son manteau pour lui faire de l’ombre. Ce simple geste de service suffit à dissiper la méprise : celui qui servait ne pouvait être le maître, et celui qui était protégé par l’ombre de son ami était celui que tous cherchaient.
Cette scène illustre parfaitement la hiérarchie de l’esprit sur l’apparence : le Prophète ne cherchait ni les vêtements d’apparat, ni les places d’honneur. Sa présence se signalait par son silence et son rayonnement intérieur.
Après dix jours passés à Qubā‘, l’entrée dans Médine même se transforme en un hymne à la lumière. Les chants des habitants, comparant le Prophète à « la lune de la quatorzième nuit », marquent la fin d’une ère de ténèbres sociales et spirituelles pour la cité. Mais au milieu de cette liesse, un dilemme politique surgit : quelle famille aura l’honneur d’héberger le noble voyageur ? Chaque clan, chaque chef de tribu saisit les rênes de la chamelle, espérant attacher son nom à celui du Prophète.
C’est là que Muhammad (s.a.w.) fait preuve d’une sagesse diplomatique absolue pour préserver l’unité de la ville : il laisse la décision à sa monture. « Elle marche sous le commandement de Dieu », dit-il. En laissant l’animal s’arrêter de lui-même sur un terrain appartenant à deux orphelins, il évite toute jalousie tribale et place le fondement de sa nouvelle société sur la justice et le respect des plus faibles, refusant même le terrain en cadeau pour en payer le juste prix.
L’hospitalité finale échoit à Abū Ayyūb Ansārī, dont la maison était la plus proche du lieu de repos de la chamelle. L’histoire de leur cohabitation est empreinte d’une délicatesse touchante. Le Prophète choisit le rez-de-chaussée pour ne pas importuner ses visiteurs, mais Abū Ayyūb et sa femme ne peuvent supporter l’idée de marcher au-dessus de la tête du Messager de Dieu. Un soir, un simple pichet d’eau renversé au premier étage les plonge dans une angoisse profonde : et si l’eau s’écoulait sur le Prophète ?
Abū Ayyūb utilise son propre édredon, son seul rempart contre le froid, pour éponger le liquide avant qu’une goutte ne traverse le plafond. Cette dévotion, faite de petits gestes quotidiens et de silences respectueux, définit l’atmosphère des premiers mois à Médine.
L’Hégire, à travers ces récits, nous montre que la véritable puissance ne réside pas dans les armées ou les trésors de Chosroès, mais dans la capacité d’un homme à rester simple au sommet de la gloire et serein au fond de l’adversité. En entrant à Médine un lundi, jour qui marquera plus tard la reprise de La Mecque, le Prophète n’apportait pas seulement une nouvelle religion, mais un nouveau mode d’existence où le roi et le serviteur se confondent sous l’ombre d’un manteau.
Les bracelets d’or portés par Surāqa n’étaient que le reflet métallique d’une lumière bien plus vaste qui, de Médine, allait s’étendre sur le monde entier, rappelant à jamais que les prophéties les plus folles s’accomplissent toujours dans le cœur de ceux qui savent attendre le lever de la lune.
(A suivre...)
Editorial : Piège à hauts risques...
Par Chokri Baccouche
Une semaine est passée déjà depuis le déclenchement par la coalition américano-sioniste de la guerre contre l’Iran. Une petite semaine à peine et pourtant le monde a déjà basculé dans l’horreur et l’inconnu. L’horreur des destructions, des morts et de la désolation. La question se pose et s’impose : en lançant cette sordide guerre, Donald Trump et son alter ego israélien, Benjamin Netanyahu, qu’ont-ils gagné au juste ? Sans exagération aucune, on peut dire qu’ils ont remporté un cocotier.
C’est-à-dire rien, nothing et pour tout dire que dalle ! Certes, leurs avions de chasse ont bombardé, jour et nuit, les villes iraniennes mais sans obtenir le moindre succès sur le terrain, ni réaliser le moindre objectif fixé. Le régime iranien est plus que jamais solide au poste, prêt à en découdre avec ses ennemis.
Les Gardiens de la révolution rendent coup par coup et l’assassinat crapuleux du Guide suprême, Ali Khamenei, loin de démoraliser les Iraniens, a renforcé l’unité du pays. Donald Trump et Netanyahu, qui avaient tablé sur une guerre courte et une victoire rapide, se sont gourés donc sur toute la ligne.
Pis encore, en sous-estimant les Iraniens ils sont tombés tête baissée dans leur propre piège. Un traquenard que leurs stratèges militaires et leurs services de renseignement respectifs avaient pourtant tissé jusqu’au moindre détail, mais qui est retourné apparemment aux envoyeurs. Avec fracas, beaucoup de douleur et des pertes colossales. Selon les premières estimations, Washington a déboursé, en une semaine d’opérations militaires en Iran, plus de 1 milliard de dollars.
Une montagne d’argent appelée de toute évidence à prendre de la hauteur au fil des heures, payée par les contribuables américains pour satisfaire les délires faussement messianiques des fanatiques sionistes au pouvoir du côté de Tel-Aviv. Au-delà de l’argent, c’est un piège stratégique qui semble se refermer.
La coalition américano-sioniste, qui avait misé au départ sur une frappe chirurgicale pour reverser le régime des mollahs et une démonstration de force pour rétablir la dissuasion et soumettre l’Iran à ses bottes, est vraisemblablement confrontée à une guerre d’usure longue, harassante et à l’issue très incertaine. Pourquoi une guerre longue ? Parce que l’Iran s’est révélé être un os dur et un adversaire redoutable.
Loin d’être un Etat faible, l’ancienne Perse est géographiquement une forteresse montagneuse, dotée d’une profondeur stratégique énorme et une population soudée par plusieurs décennies de résistance aux pressions occidentales. Le pays des mollahs dispose également d’un réseau étoffé d’alliés et de proxies s’étendant du Liban au Yémen en passant par l’Irak et la Syrie. S’attaquer à l’Iran revient par conséquent à toucher à tout un écosystème de forces militaires et paramilitaires.
Le piège de cette guerre, devenue de toute évidence un véritable gouffre sans fond pour Washington, n’est pas seulement financier. Il est également politique et surtout mondial en raison des dommages collatéraux qu’il implique et son impact planétaire. Les images de destruction et de morts, aussi bien civiles que militaires, ne risquent certainement pas de laisser indifférente l’opinion publique aussi bien aux Etats-Unis que partout ailleurs à travers le monde.
D’ores et déjà des millions d’internautes qui livrent leur impression dans des forums de discussion pensent qu’Israël, sous la conduite du génocidaire Netanyahu, est « l’Etat le plus violent dans le monde » et Donald Trump le président le plus imprévisible et dangereux.
Le piège a également et bien évidemment une dimension économique qui se vérifie à l’aune de la flambée des prix du pétrole sur le marché international, la grande perturbation qui affecte d’ores et déjà les chaines d’approvisionnement mondiales ainsi que l’inflation qui repart tous azimuts à la hausse dans pratiquement tous les pays.
Pour avoir été entrainé et peut-être même forcé à s’engager dans cette guerre par Netanyahu qui le tient, dit-on, en otage le couteau sous la gorge en raison du scandale Epstein, le président Trump se retrouve finalement dans une véritable galère, face à un effroyable dilemme : étendre la guerre encore plus, avec des coûts et des risques exponentiels, ou accepter une forme de statu quo humiliant après avoir engagé des frappes massives.
L’enjeu est colossal aussi bien pour l’Amérique que pour le monde dans son ensemble. Le président américain serait bien inspiré d’enterrer au plus vite la hache de guerre, avant que la situation ne dégénère et devienne totalement incontrôlable, avec à la clef une probable vietnamisation du conflit en plein cœur du Moyen-Orient. On ose espérer que le bon sens et la raison l’emportent, cette fois-ci, sur les velléités hégémoniques débridées et les délires faussement messianiques des principaux architectes de cette sordide guerre…
C.B.
« Cotton Queen » au CinéMadart : Au fil du coton, le Soudan entre traditions et émancipation
Par Imen ABDERRAHMANI
Entre héritage et modernité, «Cotton Queen» («Al-Sitt») de la réalisatrice soudanaise Suzannah Mirghani dresse le portrait sensible d’une jeunesse soudanaise en quête d’avenir. Le film est projeté aujourd’hui à 15h au CinéMadart dans le cadre de la Semaine des films de femmes.
Avec ce premier long-métrage délicat et lumineux, Suzannah Mirghani explore les tensions entre traditions enracinées et aspirations contemporaines au sein d’une communauté rurale soudanaise. Présenté en première mondiale à la 82è édition du Festival international du film de Venise, dans la section Semaine internationale de la critique, le film a retenu l’attention pour son regard sensible et rarement porté sur le Soudan. Bien applaudi lors de sa projection aux Journées cinématographiques de Carthage (JCC) 2025, le film a remporté le prix TV5 Monde de la meilleure première œuvre.
L’intrigue se déploie dans un village vivant au rythme de la culture du coton, pilier historique de l’économie locale et élément structurant de la vie sociale. Nafissa, quinze ans, partage son quotidien entre les champs et la présence protectrice de sa grand-mère « Al-Sitt », figure matriarcale respectée qui veille sur les traditions du village.
À travers les récits d’Al-Sitt sur les luttes contre la domination britannique, l’adolescente découvre peu à peu l’histoire de sa terre et la mémoire collective de sa communauté. Mais l’équilibre fragile du village vacille lorsqu’un jeune entrepreneur expatrié propose un projet de développement fondé sur l’introduction de coton génétiquement modifié. La promesse de modernisation qu’il porte divise rapidement les habitants.
Traditions et rebellion
Plongée malgré elle dans ces tensions, Nafissa se retrouve au cœur d’enjeux qui dépassent son âge. Tandis que la communauté s’interroge sur son avenir, la jeune fille commence à affirmer sa propre voix. Entre fidélité à l’héritage familial et désir de choisir son destin, elle amorce un chemin d’émancipation qui transformera peu à peu sa vision du monde. Au fil du récit, elle nage dans le fleuve malgré les interdits de sa grand-mère, parle d’amour et glisse en secret sur le papier des poèmes qui lui ressemblent : libres, sensibles, rebelles.
Le coton occupe dans le film une place à la fois matérielle et symbolique. Ressource essentielle pour l’économie soudanaise, il reste également lié au passé colonial et aux systèmes d’exploitation instaurés sous la domination britannique. La réalisatrice joue de cette ambivalence : matière légère et presque poétique, le coton devient le fil conducteur d’une réflexion sur la mémoire, la terre et l’identité.
À travers le personnage de Nafissa, incarné par la jeune actrice Mihad Murtada, « Cotton Queen » propose aussi un regard profondément humain et féministe sur la société soudanaise et sur le vécu des jeunes adolescentes.
La réalisatrice, Suzannah Mirghani, avait initialement prévu de tourner le film au Soudan, dans le prolongement d’un court métrage inspiré de cette même histoire. Le déclenchement de la guerre l’a toutefois contrainte à déplacer le tournage en Égypte, sans rien ôter à l’authenticité du récit ni à son profond ancrage culturel.
Ces regards cinématographiques féminins
La projection de ce film est orchestrée par le réseau « Masahat Aflamuna » qui organise, depuis le 6 mars et jusqu’au 12 de ce mois, la Semaine des films de femmes, une manifestation cinématographique arabe accueillie dans les espaces de cinéma communautaire du réseau et dédiée aux questions et aux droits des femmes à travers le cinéma.
L’événement se déroule dans 29 espaces répartis dans huit pays arabes, à savoir l’Irak, le Yémen, la Tunisie, la Syrie, la Palestine, le Liban, la Libye et l’Égypte et propose 43 projections gratuites de six films arabes inspirés d’expériences féminines diverses.
Ces œuvres abordent des thèmes tels que le choix, la mémoire, le corps ou la quête de soi face aux contraintes sociales, dans des récits où les femmes apparaissent pleinement comme les actrices de leurs propres histoires.
I.A.
Ligue 1- 23e J. : L'EST assure l'essentiel, le CSS s'impose à Monastir mais match interrompu avant terme
Par Jamel Belhassen
La deuxième tranche de cette journée a été marquée par l'indulgence offensive. Un but à Rades sur penalty , synonyme de victoire pour l'EST et un autre à Monastir pour le CSS avant que l'arbitre ne se voie obligé d'arrêter les débats avant terme.
L'Espérance, leader de la Ligue 1, s'est contentée d'un petit but inscrit sur penalty par Jelassi à la (10e) suite à une faute sur Boualia pour signer une nouvelle victoire à Rades et consolider son poste en tête du classement. Ailleurs, c'était une domination totale mais sans grande conviction des Sang et Or devant des Marsois qui ont opté tout au long du match à un bloc bas ce qui les a empêchés de faire mieux qu'une courte défaite.
A Monastir, le match etait bien plus animé. En première période, le CSSfaxien à été plus porté vers l'attaque alors que l'USMonastir a produit un meilleur football après la pause pour marquer un but de Amri (76e) annulé après intervention de la VAR.
Dans l'autre camp, Emanuel Ogbole donne l'avantage aux Noir et Blanc à la (88e) ( 0-1). Mais la partie sera arrêtée avant terme suite aux mauvaises conditions dans les rangs du public qui n'ont pas manqué d'exprimer son mécontentement.
Enfin, A Metlaoui, le match entre les Miniers et les Bejaois ne laissera pas de souvenirs impérissables tellement le jeu etait haché de part et d'autre sur une pelouse en mauvais état où la pratique du beau football etait presqu'impossible. Silla et Boukhris d'un côté, Cherni de l'autre , avaient tenté de faire bouger les choses, vainement.
Résultats
EST- ASM 1-0
USM- CSS 0-1( interrompu à la 92e)
ESM- OB 0-0
J.B.
Attaqué par les Etats-Unis et Israël : Comment expliquer la faible résistance de l’Iran malgré des moyens énormes !
Les forces des États-Unis et de l’entité sioniste sont en train d’infliger des pertes catastrophiques à l’Iran. Ses infrastructures clés sont lourdement endommagées. L’affaiblissement de ses capacités de défense assure la dominance aérienne totale du pays à ses adversaires. Au moins 153 villes et plus de 2000 sites ont déjà été frappés.
Des analystes militaires ont été surpris par la faiblesse des défenses iraniennes. Et sa riposte est jugée « désorganisée » et moins efficace que prévu. Les forces militaires iraniennes ont été grandement affectées par les frappes israélo-américaines sur ses radars, ses bases de drones et une partie importante de ses rampes de lancement de missiles balistiques. Sa marine a été complètement détruite.
Tout cela s’est déroulé malgré des forces régulières imposantes — la septième puissance militaire de la planète —, qui comptent de 350 000 à 420 000 membres et auxquelles il faut ajouter le Corps des gardiens de la révolution (120 000-200 000 combattants), pour un effectif total qui dépasse les 600 000.
C’est sans oublier la milice Bassidj, qui compte des millions de volontaires et pourrait mener une guerre de guérilla si jamais les Américains et les Israéliens osaient déployer des «bottes sur le terrain».
L’appui discret des Russes et des Chinois
Malgré les revers subis, l’Iran se dit prêt pour une guerre longue. Téhéran compte sur le soutien de la Russie et de la Chine. Moscou et Pékin agissent de manière prudente pour éviter une confrontation directe avec les États-Unis.
La Russie fournit à l’Iran des hélicoptères d’attaque, des systèmes de défense aérienne et des avions de combat. Elle l’aide aussi à renforcer ses capacités orbitales, lançant plusieurs satellites iraniens pour surveiller les bases israéliennes et américaines au Moyen-Orient. Des spécialistes russes ont formé des équipes en Iran et se trouveraient toujours sur place dans le cadre du partenariat militaire stratégique entre les deux pays. En échange, l’Iran fournit des drones et des missiles à la Russie pour sa guerre en Ukraine.
La Chine de son côté a un accord « pétrole-contre-armes » avec l’Iran : elle achète son pétrole et lui fournit en échange armes et renseignements. Le navire-espion chinois Da Yang Yi Hao observé en mer d’Arabie est capable de surveiller les sous-marins, de recueillir des données sonar et de suivre les mouvements des navires de guerre américains.
Pékin offre aussi à Téhéran une aide militaire discrète fournissant des missiles et des capacités informatiques lui donnant les moyens de mener des cyberattaques contre des infrastructures critiques des États-Unis.
Guerre en Iran : Tout savoir sur le blocage du détroit d'Ormuz et ses conséquences
Le détroit d'Ormuz est bloqué par l'Iran depuis dimanche. Les alternatives pour contourner ce passage stratégique restent limitées, ce qui fait flamber les prix des hydrocarbures et vaciller les marchés financiers.
Des centaines de navires bloqués à proximité du détroit d'Ormuz. Après le lancement de l'opération militaire américano-israélienne contre le régime des mollahs, l'Iran a bloqué ce passage maritime stratégique pour le commerce mondial de pétrole, provoquant une forte hausse du prix des hydrocarbures et une chute des Bourses mondiales.
Sur son site, le journal « Les Echos » essaie de répondre aux questions clés autour de ce blocage…
· 1. Qu'est-ce que le détroit d'Ormuz ?
Il s'agit de l'une des routes maritimes les plus importantes au monde qui permet de relier le golfe Persique à la mer d'Arabie. Délimité au nord par l'Iran et au sud par Oman et les Emirats arabes unis, le détroit d'Ormuz mesure environ 50 km de large à son entrée et à sa sortie, et environ 33 km à son point le plus étroit. Cette voie navigable est suffisamment profonde pour accueillir les plus grands pétroliers du monde. Environ 3.000 navires le traversent chaque mois.
· 2. Comment l'Iran bloque-t-il cette zone ?
Peu après le déclenchement du conflit, les Gardiens de la révolution iraniens ont averti les bateaux par message de ne pas traverser le détroit au risque d'être attaqués. Dimanche, ils ont mis leurs menaces à exécution en tirant sur au moins trois navires qui tentaient de franchir cette zone. Les armateurs mondiaux ont alors donné l'ordre à leurs flottes de se mettre à l'abri.
· 3. Combien de navires sont bloqués ?
Plusieurs centaines de bateaux se retrouvent pris au piège. Selon Jeremy Nixon, PDG du transporteur de conteneurs Ocean Network Express, environ 750 navires sont à l'arrêt, dont 100 porte-conteneurs. Sur le total de navires bloqués, « entre 50 et 55 » battent pavillon français ou appartiennent à des entreprises françaises, selon les estimations du directeur général d'Armateurs de France, Laurent Martens.
· 4. Le détroit a-t-il déjà été fermé à la circulation maritime ?
Non, même pendant la guerre du Golfe, il n'y a jamais eu d'arrêt total des échanges via le détroit d'Ormuz. Pendant la guerre Iran-Irak entre 1980 et 1988, il y a eu des attaques de pétroliers, mais le passage commercial avait été maintenu. Téhéran avait moult fois menacé de bloquer le détroit, comme lors de la « guerre des douze jours » en juin 2025, mais sans jamais passer à l'acte.
· 5. Pourquoi est-il si stratégique ?
Le détroit est un point de passage clé du commerce de pétrole et de gaz. Un quart du pétrole mondial et un cinquième du gaz naturel liquéfié y transitent. Cette route permet surtout les exportations de produits pétroliers et gaziers non seulement d'Iran, mais aussi d'autres pays du Golfe comme l'Irak, le Koweït, le Qatar, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.
En 2025, environ 20 millions de barils de pétrole transitaient par le détroit d'Ormuz chaque jour, selon les estimations de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) - ce qui représente près de 600 milliards de dollars (447 milliards de livres sterling) de commerce d'énergie par an.
Le détroit est aussi essentiel pour les échanges régionaux : il permet aux marchandises d'arriver au port de Dubaï, Jebel Ali, 10e port mondial de conteneurs et plaque tournante de redistribution pour plus d'une dizaine de pays. Les porte-conteneurs y sont déchargés sur des bateaux plus petits à destination de pays allant de l'Afrique de l'Est à l'Inde.
· 6. Quelles marchandises transitent par Ormuz ?
Au-delà des hydrocarbures, des produits très divers y circulent en quantité. En premier, des engrais à risque. « Environ 33 % des engrais mondiaux, y compris le soufre et l'ammoniac, transitent par le détroit d'Ormuz », selon le cabinet d'analyse Kpler. La région produit aussi jusqu'à 23 millions de tonnes par an de polyéthylène, l'un des plastiques les plus utilisés dans le monde, soit 15 % de la production mondiale, selon les données du cabinet Argus Media. Enfin, le Moyen-Orient compte pour 9 % de la production mondiale d'aluminium primaire, dont la quasi-totalité est exportée, selon TD Commodities.
La majorité des marchandises transportées via Ormuz sur des porte-conteneurs viennent de l'axe Inde-Chine-Océanie (70 %) : la moitié sont des produits industriels, chimiques et de l'automobile. L'autre moitié de l'électroménager, des meubles, du textile, des cosmétiques et de l'agroalimentaire. Les produits venant d'Europe représentent, eux, moins de 10 % du total. Voitures et machines viennent d'Allemagne. Depuis la France, ce sont surtout des produits agricoles, cosmétiques, produits du luxe et pharmaceutiques.
· 7. Qui est le plus impacté par cette fermeture ?
La fermeture du détroit est une catastrophe pour tous les pays producteurs de la région, de l'Arabie saoudite, qui expédie 6 millions de barils par jour via Ormuz, à l'Irak, en passant par le Qatar pour son GNL, et… l'Iran, dont 35 % des recettes publiques au moins dépendent des exportations de pétrole.
Côté acheteurs, l'Asie est en première ligne, avec 82 % du pétrole transitant par Ormuz destiné à ses marchés. La Chine, l'Inde, le Japon et la Corée du Sud sont les plus exposés. Certains pourraient s'approvisionner ailleurs, mais cela renchérirait les coûts. La Chine, par exemple, profite des rabais sur le pétrole iranien, frappé par les sanctions internationales, et devrait alors accepter de payer son pétrole au prix du marché, ou miser davantage encore sur le pétrole russe ou vénézuélien.
· 8. Quelles alternatives pour le trafic mondial ?
Face aux menaces répétées de blocage du détroit d'Ormuz ces dernières années, les pays de la région ont étudié des solutions alternatives. L'Arabie saoudite a par exemple transformé un ancien gazoduc en oléoduc pour exporter une partie de son pétrole par la mer Rouge (potentiellement 5 millions de barils par jour) mais cela allonge la durée et augmente les coûts de transport vers l'Asie.
Les Emirats arabes unis ont, eux, investi dans des infrastructures pour acheminer leur pétrole via le port de Fujaïrah, en dehors du détroit, avec un oléoduc d'une capacité de 1,5 million de barils par jour, soit la moitié de la production nationale. L'Iran a de son côté développé le terminal de Djask, dans l'est du pays. En théorie, il peut accueillir environ 350.000 barils par jour, soit 20 % des exportations iraniennes. Ces routes alternatives restent limitées. L'Agence américaine de l'énergie estime qu'elles ne pourraient acheminer que 15 % des flux pétroliers passant par Ormuz. Et pour le GNL qatari, aucune alternative n'existe.
La vie de Mohamed - L'évasion du destin : Quand l'ombre de la grotte devint la lumière d'un empire
L’histoire des civilisations bascule parfois sur un murmure dans l’obscurité d’une caverne ou sur le galop d’un cheval s’enfonçant dans le sable.
Le récit de l’Hégire n’est pas seulement celui d’une fuite géographique entre La Mecque et Médine ; c’est l’épopée d’une métamorphose où la persécution se transforme en souveraineté. Tout commence dans la vallée de ‘Aqaba, sous le sceau du secret.
Alors que l’oncle du Prophète, ‘Abbās, mettait en garde les soixante-treize fidèles de Médine sur les périls mortels de leur engagement, la réponse du chef Al-Barā' résonna comme un coup de tonnerre : « Nos vies sont à la disposition du Prophète de Dieu. » Cet instant marqua la naissance d’une loyauté que ni la torture ni la perspective d’une guerre totale contre toute l’Arabie ne pourraient ébranler.
Dès lors, un mouvement invisible mais irréversible s'enclencha. Dans les ruelles de La Mecque, le silence devint pesant. Nuit après nuit, des familles entières s’éclipsaient, abandonnant maisons et biens pour rejoindre l'oasis de Médine. Les Mecquois, stupéfaits, découvraient au matin des rues désertes et des portes cadenassées. L’influence de l’Islam, qu’ils espéraient étouffer par l'oppression, s’échappait entre leurs doigts comme du sable fin.
Sentant leur pouvoir vaciller, les chefs de tribu prirent la décision ultime : assassiner le Prophète Muhammad (s.a.w.) pour trancher la racine de ce mouvement. Mais l’histoire nous enseigne que les complots des hommes se heurtent souvent à un calendrier supérieur. Le soir même où les assassins encerclaient sa demeure, le Messager sortait dans la nuit, protégé par une invisibilité spirituelle, passant devant ses ennemis qui, le prenant pour un autre, s'écartaient pour lui laisser le passage.
Le miracle de la protection divine
Accompagné de son plus fidèle ami, Abū Bakr (r.a.), le Prophète se réfugia dans la grotte de Thawr, une cavité austère nichée sur une colline escarpée. C’est ici que la vulnérabilité humaine rencontra la toute-puissance divine. Lorsque les traqueurs mecquois, guidés par un pisteur expert, arrivèrent à l'entrée même de la grotte, le cœur d'Abū Bakr vacilla. « Si l'un d'eux regarde ses pieds, il nous verra », murmura-t-il, craignant non pour sa vie, mais pour l'avenir de la foi.
La réponse du Prophète resta gravée dans l'éternité : « Ne crains point, car Dieu est avec nous. Nous ne sommes pas deux dans cette grotte, il y en a un troisième : Dieu. » Par un concours de circonstances que la tradition attribue à une intervention subtile — un nid de pigeon et une toile d'araignée tissée à l'entrée — les poursuivants rebroussèrent chemin, persuadés qu'aucun homme n'avait pu pénétrer ces lieux depuis longtemps.
Après deux jours de cachette, l'odyssée reprit à travers les dunes brûlantes. Mais La Mecque, blessée dans son orgueil, mit à prix la tête des fugitifs pour cent chameaux, une fortune colossale. Surāqa ibn Mālik, un guerrier bédouin assoiffé de gloire, se lança à leur poursuite. Alors qu'il les tenait presque à portée de lance, le prodige se manifesta à nouveau. À chaque fois qu'il tentait de charger, son cheval se cabrait et s'effondrait, désarçonnant le cavalier.
Surāqa, pourtant aguerri et superstitieux, comprit après plusieurs chutes que cet homme n'était pas un fugitif ordinaire, mais un être sous la garde du Créateur. Le chasseur devint alors le solliciteur, demandant grâce et une garantie de paix pour l'avenir.
Le récit atteint alors un sommet de symbolisme prophétique. Alors que le Prophète était un exilé traqué, sans patrie ni armée, il s'adressa à Surāqa avec une assurance déconcertante : « Comment te sentiras-tu, Surāqa, quand tu porteras les bracelets d'or de Chosroès ? »
Cette vision d'un bédouin paré des bijoux de l'empereur de Perse semblait alors pure folie. Pourtant, elle dessinait déjà le futur de l'Islam : une foi qui, partie d'une grotte isolée, allait briser les chaînes des grands empires pour instaurer une ère de justice. Surāqa retourna vers La Mecque, non pas avec une tête à livrer, mais avec un secret à garder et un document écrit, témoin d'une souveraineté à venir.
Ce voyage vers Médine, chargé d'émotion, vit le Prophète jeter un dernier regard nostalgique vers sa ville natale, sa terre d'enfance et d'ancêtres, en confiant que seul le rejet de son peuple l'obligeait à partir. Mais ce départ n'était pas une fin ; c'était l'Hégire, le point de départ du calendrier de l'Islam et le fondement d'une nouvelle société. En entrant à Médine, le Prophète ne trouvait pas seulement un refuge, mais une cité prête à devenir le cœur battant d'un monde nouveau.
Les sacrifices de ceux qui, comme Habīb ou 'Umm ‘Ammāra, avaient tout donné, trouvaient enfin leur justification dans ce triomphe de l'esprit sur la force brute. L'Hégire demeure, à travers les siècles, le rappel que même dans l'obscurité la plus totale d'une grotte, la lumière de la vérité est invincible lorsqu'elle est portée par une foi absolue.
H.G.
L'Odyssée des Ma’arej : Quand le Coran et Einstein se rencontrent au cœur des trous de ver
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Contempler le ciel nocturne, c’est se confronter à l’immensité vertigineuse d’un univers où les distances se mesurent en années-lumière. Pour l’esprit humain, atteindre une étoile lointaine semble exiger des millénaires de voyage, une barrière infranchissable pour notre condition mortelle.
Pourtant, la physique moderne, à travers la théorie de la relativité générale d’Albert Einstein, a soulevé le voile sur un mécanisme fascinant capable de réduire ces abîmes galactiques à quelques mètres : les "ponts" de l’espace-temps, plus connus aujourd'hui sous le nom de trous de ver. Ce que la science commence à peine à théoriser comme des raccourcis cosmiques reliant deux régions éloignées de l’univers trouve un écho saisissant dans la terminologie coranique sous le nom de Ma’arej („⁄«—Ã).
Cette convergence entre le texte sacré et l'astrophysique suggère que les moyens de transport célestes décrits pour les anges et l'Esprit ne sont pas de simples métaphores spirituelles, mais des réalités physiques régies par des lois de dilatation temporelle et de contraction spatiale d'une précision mathématique.
Le Coran définit Dieu comme le "Possesseur des voies d'ascension" (Zil-Ma’arej), un terme qui, au pluriel, évoque des structures complexes et multiples par lesquelles les anges transitent à travers le cosmos. Le verset 70:4 livre une donnée capitale sur la nature de ces passages : « Les anges et l'Esprit montent vers Lui en un jour, dont la mesure est de cinquante mille ans. » Cette précision n'est pas une simple hyperbole pour désigner une longue durée ; elle décrit exactement ce que les physiciens appellent la dilatation temporelle relativiste.
Dans un trou de ver, la gravité est si intense qu’elle ralentit l’horloge du voyageur par rapport à celle d’un observateur lointain resté sur Terre. Pour l'ange qui traverse ce raccourci gravitationnel, le temps s'écoule en une seule journée, tandis que pour le monde extérieur, des millénaires s'évaporent.
Le voyageur ne ressent pas d'accélération brutale ; il est porté par la courbure de l'espace-temps, un peu comme un surfeur sur une vague ou un passager de montagnes russes sans friction. La gravité le tire, l'accélère jusqu'à des vitesses proches de celle de la lumière, puis l'expulse de l'autre côté sans qu'il ait eu besoin de dépenser la moindre énergie de propulsion.
Cette vision d'un univers "plissé" par des portes célestes transforme radicalement notre compréhension de l'épisode du Israa & Mi'raj, le voyage nocturne et l'ascension du Prophète Muhammad (s.a.w.). En utilisant un Mi'raj (le singulier de Ma'arej), le Prophète aurait franchi des distances interstellaires en quelques pas, vivant une expérience où les lois habituelles de la physique semblent suspendues.
Le Coran (15:14-15) anticipe d'ailleurs la réaction de stupéfaction et de déni que provoquerait une telle traversée chez ceux qui refusent de croire : « Même si Nous ouvrions sur eux une porte du ciel et qu'ils continuaient à la franchir, ils diraient : "Notre vue est ivre, plutôt nous avons été ensorcelés".»
Cette description saisit parfaitement le désarroi sensoriel que provoquerait la traversée d'un trou de ver : les distorsions lumineuses, l'effet de lentille gravitationnelle et la modification de la perception visuelle donneraient l'illusion d'une hallucination ou d'une ivresse, alors que le voyageur aurait réellement atteint des "structures imposantes" (Burooj) situées aux confins de la création.
Un autre symbole puissant de cette physique céleste se trouve dans l'expression célèbre du chameau passant par "le chas de l'aiguille" (7:40). Si la tradition y voit souvent une métaphore de l'impossibilité pour l'orgueilleux d'entrer au Paradis, une lecture scientifique y décèle la contraction des longueurs, phénomène jumeau de la dilatation du temps. À l'intérieur d'un trou de ver, sous l'effet de forces gravitationnelles extrêmes, la règle du voyageur rétrécit et la matière se contracte.
Le passage par une porte du ciel exige ainsi une "réduction" physique, une soumission aux lois de la singularité spatiale où les dimensions colossales s'effacent pour permettre l'accès à une autre réalité. Le texte sacré souligne que ces portes du Ciel ne s'ouvriront pas à ceux qui rejettent les signes divins, suggérant que l'accès à ces tunnels de transport interstellaire est un privilège spirituel autant qu'un prodige physique.
En somme, l'univers décrit par le Coran n'est pas un espace statique et vide, mais une architecture dynamique parsemée de "portes" et de "ponts" protégés. Ces Ma’arej sont les artères d'un cosmos vivant où le transport ne nécessite pas de carburant, mais une harmonie avec la volonté du Créateur qui a "orné le ciel" de structures magnifiques. En reliant la vision d'Einstein sur les raccourcis de l'espace-temps aux récits d'ascensions angéliques, nous découvrons une sagesse qui refuse de séparer la science de la foi.
Le chameau, le chas de l'aiguille, la journée de cinquante mille ans et l'ivresse visuelle du voyageur ne sont plus des mystères impénétrables, mais les balises d'une physique divine qui invite l'homme à regarder au-delà des apparences pour comprendre que l'infini est, littéralement, à portée de marche.
M.B.S.M.
Surtaxe de guerre sur le fret maritime : Vers un renchérissement quasi-inévitable des importations tunisiennes…
Par Hassan GHEDIRI
Face à des risques sécuritaires grandissants sur ses liaisons maritimes entre l’Asie et l’Afrique, le plus grand transporteur mondial de marchandises a instauré une surtaxe de plusieurs milliers de dollars sur les conteneurs…
«La fermeture du détroit d’Ormuz n’affectera pas l’approvisionnement de la Tunisie en énergie», avait, en substance, affirmé le 4 mars Wael Chouchane, le secrétaire d’Etat chargé de la transition énergétique, devant la commission parlementaire des finances. La déclaration du membre du gouvernement peut désormais être contestée au vu de l’évolution de la situation au Moyen-Orient qui met déjà le commerce international sous haute tension.
Même si la Tunisie n’est pas directement exposée elle va inévitablement subir les conséquences des multiples chocs qui sont en passe de bouleverser le commerce et la logistique de transport. C’est du moins sur quoi débouchera la décision annoncée avant-hier jeudi, par la plus grande compagnie de transport maritime de conteneurs dans le monde.
Le géant du fret maritime, «Mediterranean Shipping Company», mondialement connu par l’acronyme MSC, estampé sur des millions de conteneurs sillonnant les océans et les mers, vient en effet d’instaurer une « surtaxe de guerre » sur certaines routes reliant le Moyen-Orient à l’Afrique.
Une décision qui vient suite à la montée des tensions géopolitiques au Moyen-Orient qui augmente les risques sécuritaires sur les principaux passages maritimes stratégiques qui traversent la région et relient l’Asie à l’Europe et l’Afrique.
Selon l’annonce du géant du transport de conteneurs, ce sont principalement les marchandises en provenance du sous-continent indien et des pays du Golfe et destinées à l’Afrique et l’océan indien qui verront leur coût de transport augmenter. Certes, l’Afrique du Nord n’a pas été citée par MSC, mais l’ensemble des économies méditerranéennes comme celle de la Tunisie, fortement dépendantes du commerce maritime, vont subir les contrecoups.
Payer le prix de la guerre
La surtaxe, appelée «taxe de guerre», est directement liée à la dégradation de la situation sécuritaire dans deux passages maritimes essentiels pour le commerce mondial, en l’occurrence le Détroit d'Ormuz et le Bab el-Mandeb. Ces deux points de passage relient les routes maritimes du Golfe persique à la mer Rouge et au Canal de Suez, axe majeur par lequel transite une part importante du commerce international.
Face à l’augmentation des risques sécuritaires dans ces zones, les compagnies maritimes se sont vu supporter des coûts supplémentaires liés à la hausse des primes d’assurance maritime et à l’allongement des itinéraires. Pour compenser ces charges, MSC imposerait sur certaines routes reliant le Moyen-Orient à l’Afrique une surtaxe pouvant aller de 2 mille dollars pour un conteneur de 20 pieds à 4 mille dollars pour un conteneur réfrigéré.
Même si ces routes ne concernent pas directement la Tunisie, notre économie pourrait toutefois ressentir les effets indirects de cette hausse des coûts du transport maritime, étant largement dépendante du commerce maritime. La quasi-totalité des importations et exportations tunisiennes, soit plus de 90%, transite en effet par les ports, principalement le port de Radès.
Toute hausse des coûts du fret maritime dans le monde finit souvent par se répercuter sur l’économie nationale. Les estimations issues des annonces des armateurs permettent déjà de prévoir des hausses pouvant osciller entre 6 et 9 mille dinars par conteneur, en se référant au taux de change actuel.
Il s’agit, en effet, d’un surcoùt très significatif et difficile à supporter par beaucoup d’entreprises tunisiennes. Dans certains secteurs, la facture logistique pourrait ainsi augmenter de manière substantielle.
L’industrie pourrait être particulièrement affectée, surtout les filières de la chimie, le textile et certaines activités manufacturières qui dépendant dans leur activité des matières premières et d’autres composants importés d’Asie et du Moyen-Orient. Si les coûts logistiques augmentent, ces intrants deviennent plus chers, ce qui peut réduire les marges des entreprises ou renchérir le prix des produits finis.
Sur le moyen terme, si la hausse du fret maritime persiste, elle risque d’accentuer les pressions inflationnistes. Et dans un contexte où l’économie tunisienne fait déjà face à des tensions sur les prix et à un déficit commercial structurel, une nouvelle hausse des coûts logistiques est de nature à aggraver davantage les déséquilibres.
H.G.
Le Centre des arts, de la culture et des lettres, Ksar Saïd fait son festival ramadanesque
Le Centre des arts, de la culture et des lettres, Ksar Saïd (CACL), organise du 13 au 16 mars 2026, la quatrième édition des « Ramadaniet Ksar Saïd » qui aura lieu à son siège au Bardo, à Tunis.
Inscrit dans le cadre de l’animation des nuits du mois de Ramadan, ce rendez-vous annuel est programmé sous la supervision du ministère des Affaires culturelles. La manifestation propose quatre soirées artistiques mêlant musique spirituelle et répertoire lyrique oriental. Les spectacles seront animés par Noha Rahaiem (Al-Moghanni), Chakib Bousoffara (La hadhra « Al Omra 2 »), Dorra Fourti et Sofiène Zaïdi (Foundo).
Selon les organisateurs, ces soirées offrent au public l’opportunité de découvrir l’un des monuments historiques emblématiques de la capitale, ancien palais et résidence des beys depuis 1867, et de valoriser le patrimoine architectural et culturel national.
Les représentations débuteront chaque soir à 21h00. Les billets sont proposés au tarif de 20 et 30 dinars.
Consultation pour améliorer les bibliothèques publiques en Tunisie
Le ministère des Affaires culturelles a annoncé le lancement d’une étude de terrain destinée à alimenter l’élaboration d’une vision et d’un plan stratégique pour le développement des bibliothèques publiques en Tunisie.
Cette consultation dirigée par le programme Maghroum’IN, repose sur un questionnaire en ligne destiné au grand public, qu’il s’agisse d’usagers des bibliothèques ou de personnes ne les fréquentant pas. L’objectif est de mieux comprendre la réalité de ces institutions et leur place dans la vie culturelle et sociale, ainsi que d’identifier des pistes d’amélioration des services proposés.
Les données collectées seront traitées de manière confidentielle et exploitées sous forme agrégée dans le cadre de cette étude, précise le ministère.
L’initiative s’inscrit dans un programme de coopération mené avec plusieurs partenaires internationaux, dont Union européenne, le programme EU4Youth, l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID), British Council et France Expertise Internationale (FIAP).
Pour plus d’informations, le public est invité à consulter la page officielle du ministère des Affaires culturelles.















