Ligue des champions : dimanche soir à Rades: Espérance- Al Ahly à guichets fermés
Par Jamel Belhassen
Le représentant tunisien en Ligue des champions d'Afrique, l'Espérance de Tunis, recevra ce dimanche à partir de 22 heures à Rades, le club égyptien d'Al Ahly à guichets fermés. C'est que les trente cinq mille billets mis en vente ont été écoulés en quelques heures.
C'est dire que ce quart de finale aller de la joute continentale la plus prestigieuse suscite un engouement très particulier pour tous les Sang et Or.. sur le terrain, le Français Patrice Beaumelle qui connaît mieux désormais son effectif a mis en place un programme de préparation consistant susceptible de présenter dimanche soir une formation équilibrée, compétitive et surtout efficace.
L'effectif actuel mis à sa disposition lui offre bien des solutions dans les trois compartiments du jeu et les dernières informations émanant de l'infirmière font état du rétablissement de Boualia, sorti pour blessure, samedi dernier, de Haj Ali et peut-être bien de Sasse, absent contre l'ASMarsa.
D'ici, vendredi, les choses seront beaucoup plus claires au niveau des choix technico-tactiques et la forme du moment des Jelassi, Toughai, Boualia, Diarra et Danho est de nature à rassurer staff technique et public avant ce traditionnel rendez-vous africain avec Al Ahly qui ne brille pas particulièrement ces derniers temps en Egyote avec seulement quatre victoires lors des dix derniers matches dont une défaite dimanche dernier. Mais, disposant d'une grande expérience dans cette compétition, Al Ahly reste toujours performant et difficile à battre. Les Sang et Or sont avertis.
J.B.
L'ESZarzis a trouvé le successeur de Sami Gafsi
Après avoir remercié son entraîneur Sami Gafsi après une série noire de huit matches sans victoire qui a fait que l'équipe dégringole de la quatrième à la dixième place au classement, le Bureau Directeur des Sang et Or du Sud a opté pour un enfant du club, Moncef Mcharek pour diriger l'équipe première et tenter une retour parmi les cinq premiers de la Ligue 1.
Ainsi, la valse des entraîneurs continue à Zarzis comme dans la majorité des clubs de la Ligue 1. Ainsi va notre football professionnel. C'est toujours l'entraîneur qui paie pour les autres.
J.B
USMonastir : Fathi Labidi succède à Tarak Jarraya
Nouveau changement d'entraîneur sur le banc de l'USMonastir. Après la défaite à domicile des Saheliens face aux Sfaxiens du CSS, le divorce entre les Bleus et Tarak Jarraya a été consommé. Pour le suppléer, les dirigeants usemistes ont contacté Fathi Labidi. Ce dernier a donné son accord de principe et le contrat devrait été signé entre les deux parties au plus tard ce mercredi. Rappelons que l'USMonastir reçoit ce dimanche la Club Africain dans le cadre des seizièmes de finale de la coupe de Tunisie.
J.B.
La vie de Mohamed - La constitution de Médine : Le pacte sacré qui inventa la citoyenneté contre la barbarie
L’histoire de l’humanité connaît des instants de bascule où le droit se substitue à la force, et où la raison l’emporte sur la vengeance tribale.
L’arrivée du Prophète Muhammad (s.a.w.) à Médine marque l’un de ces moments charnières. Au-delà de la fraternité spirituelle unissant les musulmans mecquois et médinois, il fallut concevoir un cadre politique capable d’englober la diversité radicale d’une cité composée de tribus arabes païennes, de clans juifs puissants et de nouveaux convertis.
Ce cadre, c’est la Constitution de Médine, un document d’une modernité stupéfiante qui jeta les bases de ce que nous appellerions aujourd’hui la citoyenneté pluriconfessionnelle. Le Prophète (s.a.w.) ne s'est pas contenté d'être un guide spirituel ; il s'est imposé comme l'architecte d'un contrat social inédit, expliquant avec une clarté pédagogique qu'une nouvelle entité était née et que la survie de tous dépendait d'un engagement mutuel fondé sur l'honnêteté, la vérité et la justice.
Ce pacte stipulait d'abord une responsabilité partagée : chaque groupe restait comptable de ses propres prisonniers et de ses dettes de sang, mais tous s'unissaient contre un ennemi commun. Quiconque provoquait le désordre ou l'inimitié, fût-il un fils ou un parent proche, devait être combattu par l'ensemble des signataires. C’était la fin de l’impunité clanique : la justice devenait une affaire d’État et non plus de famille.
Le texte de ce pacte, reconstitué à partir des fragments des annales de l'Islam, révèle une vision audacieuse de la coexistence religieuse. "Les juifs conserveront leur foi, et les musulmans la leur", proclamait le document. Cette reconnaissance de la liberté de culte s'accompagnait d'une égalité de droits civiques.
Les juifs alliés devaient être secourus et protégés par les musulmans, et nul ne devait les léser. En échange, en cas d'attaque contre Médine, toutes les parties s'engageaient à faire front commun et à partager les frais de guerre. La cité fut déclarée territoire sacré et inviolable, un sanctuaire où la vie humaine reprenait une valeur absolue.
Même les étrangers sous protection devaient être traités comme des citoyens à part entière, avec toutefois une réserve notable concernant les femmes, dont la citoyenneté nécessitait l'accord de la famille, signe des structures sociales de l'époque que le pacte cherchait à stabiliser sans les briser brutalement. Plus important encore, le droit de déclarer la guerre fut retiré aux clans individuels pour être soumis à l'approbation du Prophète (s.a.w.).
Cette centralisation du pouvoir militaire visait à empêcher les vendettas privées de dégénérer en conflits généralisés, tout en préservant le droit individuel de venger un tort personnel. En somme, Médine devenait une confédération de tribus soudées par un destin commun, où Dieu et Son Prophète servaient d'arbitres ultimes pour trancher les différends que la sagesse humaine ne suffisait pas à résoudre.
La naissance d'un État de droit pluriconfessionnel
Cependant, ce chef-d'œuvre de diplomatie et de droit fut immédiatement mis à l'épreuve par les provocations extérieures de La Mecque. La haine des Qurayshites ne s'était pas éteinte avec l'exil des musulmans. À peine deux ou trois mois après la signature du pacte, l'hostilité reprit de plus belle.
Un incident symbolique illustre cette tension : lorsque Sa‘d bin Ma‘adh (r.a), chef de la tribu des Aus et pilier de Médine, se rendit à La Mecque pour accomplir son pèlerinage, il fut violemment pris à partie par Abū Jahl. Ce dernier l'accusa ouvertement d'avoir offert sa protection à "cet apostat" de Muhammad (s.a.w.) et le menaça de mort s'il ne quittait pas les lieux.
La réponse de Sa‘d fut cinglante et marqua un tournant stratégique : si les Mecquois fermaient l'accès à la Ka‘ba, les Médinois bloqueraient en retour la route commerciale vitale vers la Syrie. Le conflit n'était plus seulement religieux ou tribal ; il devenait économique et géopolitique. Les chefs mecquois, autrefois arrogants, commençaient à percevoir le danger de ce nouvel État organisé. L'agonie de Walīd bin Mughīra, l'un des leaders de La Mecque, témoigne de cette angoisse croissante.
Sur son lit de mort, il pleurait non pas la perte de sa vie, mais la progression inexorable de la foi de Muhammad (s.a.w.). Il redoutait que Médine ne finisse par soumettre La Mecque par la seule force de sa cohérence interne et de sa justice. Abū Sufyān eut beau lui jurer une opposition de chaque instant, le vent avait tourné.
Le pacte de Médine prouvait que la paix ne repose pas sur l'uniformité, mais sur un contrat de respect mutuel et de défense collective. Le Prophète (s.a.w.) avait réussi l'impossible : transformer une ville de querelles ancestrales en une forteresse de droit. Si des conflits surgirent plus tard avec certaines tribus juives, les historiens soulignent que la responsabilité n'en incombait pas à la lettre du traité, mais aux violations successives des engagements pris.
Le pacte restera à jamais le témoignage d'une volonté prophétique de traiter chaque être humain, quelle que soit sa croyance, avec civilité et bonté. Il a montré que la citoyenneté n'est pas une question de sang, mais de loyauté envers un idéal de justice partagé.
En protégeant les faibles et en imposant des règles claires aux puissants, Muhammad (s.a.w.) a fait de Médine bien plus qu'une ville : il en a fait un symbole éternel de la résistance de l'ordre face au chaos, et de la loi face à la tyrannie. Cette expérience médinoise demeure le socle sur lequel toute société cherchant l'équilibre entre diversité et unité devrait s'appuyer, rappelant que la véritable souveraineté appartient aux justes et aux fidèles à leur parole.
(A suivre...)
La peau témoin : Quand la science et le sacré révèlent la mémoire globale du corps
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
L’idée que notre esprit est le seul dépositaire de notre passé est une conception qui a longtemps dominé la science moderne.
Nous avons grandi avec la certitude que le cerveau, ce réseau complexe de neurones et de synapses, était l’unique bibliothèque de nos vies, le seul endroit capable d’archiver nos gestes, nos émotions et nos erreurs. Pourtant, une révolution silencieuse s’opère dans les laboratoires de biologie moléculaire, révélant que notre chair n’est pas simplement une enveloppe inerte, mais une archive vivante et sensible.
Cette découverte de la « mémoire hors du cerveau » jette une lumière nouvelle sur des textes anciens, notamment le Coran, qui affirmait il y a quatorze siècles que chaque partie de notre corps possède sa propre voix et sa propre capacité à témoigner. Pour beaucoup, cette convergence entre la recherche de pointe et la révélation spirituelle n'est pas une simple coïncidence, mais la preuve d'un ordre biologique codé au plus profond de notre être.
L’histoire de cette découverte commence par la remise en question du monopole cérébral. Pendant des décennies, le dogme scientifique stipulait que pour qu’il y ait mémoire, il fallait un système nerveux central. On pensait que l’apprentissage et la rétention d’informations étaient des propriétés exclusives des neurones.
Cependant, des recherches récentes, notamment celles menées par l’Université de New York en 2024, ont ébranlé ce paradigme. En étudiant le comportement de cellules non neuronales, comme celles des tissus cutanés ou rénaux, les scientifiques ont observé un phénomène stupéfiant : ces cellules sont capables d’activer des gènes de mémorisation identiques à ceux présents dans le cerveau.
Lorsqu’elles sont exposées à des signaux chimiques répétés avec des intervalles précis, ces cellules « apprennent » et « se souviennent » du motif. Ce processus, appelé effet de répétition espacée, montre que la capacité de stockage et de récupération de l’information est une propriété fondamentale de la vie cellulaire elle-même, et non une fonction limitée à la boîte crânienne.
Cette réalité biologique résonne de manière frappante avec les versets de la Sourate Fussilat (41:19-21), qui décrivent une scène de jugement où les ennemis d'Allah seront confrontés à leur propre corps. Le texte mentionne explicitement que leur ouïe, leur vue et, de façon plus surprenante encore, leurs peaux témoigneront contre eux de ce qu’ils faisaient.
Dans ce dialogue métaphysique, les hommes demandent à leur peau : « Pourquoi avez-vous témoigné contre nous ? », ce à quoi elles répondent : « Allah, qui a fait parler toute chose, nous a fait parler. » Pour témoigner, un organe doit nécessairement posséder une trace, une archive des événements passés. En d'autres termes, il doit posséder une mémoire.
Ce que la science appelle aujourd'hui « mémoire cellulaire » ou « empreinte épigénétique » pourrait bien être le mécanisme biologique de ce témoignage spirituel. La peau ne se contente pas de nous protéger du monde extérieur ; elle enregistre, au niveau moléculaire, les interactions, les stress et les actions dont elle a été l'instrument.
L'harmonie entre révélation et biologie moderne
La science de l'épigénétique vient renforcer cette idée. Nous savons désormais que nos expériences de vie laissent des marques chimiques sur notre ADN. Ces marques ne modifient pas le code génétique lui-même, mais elles déterminent quels gènes s'allument ou s'éteignent. La peau, en contact permanent avec l'environnement et l'action, accumule ces signatures.
C'est une forme de mémorisation biologique qui peut durer toute une vie. De plus, les recherches sur la « mémoire immunitaire » de la peau montrent que les cellules cutanées se souviennent des agressions passées.
Si une zone de la peau a été enflammée ou blessée, elle garde en mémoire cet événement et réagit plus rapidement et plus intensément lors d'une agression ultérieure, même si celle-ci survient des années plus tard. Cette réactivité est la preuve physique que la peau « sait » ce qui lui est arrivé.
L’impossibilité apparente pour un homme illettré du VIIe siècle, vivant dans un environnement désertique loin de toute technologie microscopique, de connaître de tels détails physiologiques est souvent au cœur des débats sur l’origine du Coran. Les sceptiques du passé affirmaient que l’idée d’une peau capable de « parler » ou de « témoigner » était une erreur flagrante, car dénuée de sens biologique.
Pourtant, la transition entre le sens métaphorique et le sens littéral s'opère aujourd'hui sous nos yeux. Si l'on considère que chaque cellule de notre corps est une unité de traitement d'information capable d'enregistrer des données, l'image d'un corps agissant comme un enregistreur complet de notre existence devient scientifiquement plausible. La peau n’est plus une simple barrière, elle est un capteur et un disque dur biologique.
L’idée de « l’impossibilité » qui devient une norme, déjà observée avec l’identité d’Euler et les ondes électromagnétiques, se répète ici dans le domaine de la biologie. L’univers entier semble fonctionner sur des principes qui défient l’intuition immédiate. Tout comme les ondes gravitationnelles obéissent à la racine carrée de -1, nos tissus biologiques obéissent à des lois de mémorisation que nous commençons à peine à entrevoir.
Cela suggère que la création est unifiée : les lois mathématiques qui régissent les étoiles sont les mêmes qui régissent les cellules de notre main. Il n’y a pas de hasard, mais une conception où chaque élément est à la fois acteur et témoin de l’harmonie globale.
Cette vision d'un corps entièrement mémoriel transforme notre rapport à nous-mêmes. Si notre peau se souvient de nos caresses, de nos blessures et de nos actes, alors nous marchons dans le monde enveloppés par notre propre histoire, écrite non pas seulement dans nos pensées, mais dans chaque pore de notre corps.
Le témoignage dont parle le Coran ne serait pas une intervention magique de dernière minute, mais la révélation d'une archive que nous construisons chaque jour, cellule après cellule. La science ne fait que traduire en termes biochimiques ce que le texte sacré exprime en termes spirituels : l'indélébile trace de nos actes.
M.B.S.M.
Festival « Tajalliyat El Halfaouine » 2026 : le patrimoine musical tunisien à l’honneur
La place d’El Halfaouine a vibré, dans la soirée du lundi 9 mars 2026, au rythme de la cinquième soirée de la quatrième édition de « Tajalliyat El Halfaouine » (Illuminations d’El Halfaouine, 5-10 mars 2026). Malgré la pluie, le public a tenu à marquer sa présence lors de cet avant-dernier rendez-vous, suivant avec engouement une soirée où chant, danse et patrimoine musical tunisien revisité étaient à l’honneur.
La soirée s’est ouverte avec le spectacle « Waddouni », porté par les artistes Imed Amara et Zied Zouari, accompagnés par la Troupe nationale des arts populaires. Cette représentation marquait à la fois la première présentation de ce projet dans le cadre de la manifestation et sa première sortie en dehors des espaces de la Cité de la culture Chedly Klibi à Tunis.
« Waddouni » un spectacle repensé pour le grand public
Produit par le Théâtre de l’Opéra de Tunis à l’occasion du soixantième anniversaire de la Troupe nationale des arts populaires, célébré en février 2023, ce spectacle a été repris près de trois ans plus tard dans une forme scénique pensée pour le grand public.
L’œuvre s’inspire d’une chanson traditionnelle des îles Kerkennah portant le même titre, « Waddouni », sur laquelle Zied Zouari avait travaillé la musique en 2020, durant la période de la pandémie du Covid-19. Après la diffusion d’une première version sur les réseaux sociaux, Imed Amara, maitre du ballet des arts populaires, a proposé d’y associer une création chorégraphique. Les premières étapes du projet ont ainsi été élaborées à distance pendant la pandémie, avant de se transformer petit à petit en un spectacle scénique complet mêlant musique, danse et image.
Le spectacle aborde les thèmes du voyage, de l’éloignement, de la nostalgie, de l’amour, de l’exil et de l’attachement à la patrie. Cette dimension est également portée par les passages poétiques interprétés par la danseuse principale Chaima Ouni, à partir de textes écrits par son père, évoquant l’amour du pays et le sentiment d’appartenance.
L’un des défis artistiques de ce projet résidait dans l’équilibre à créer entre musique et chorégraphie. Le tempo s’est construit dans un dialogue constant avec les mouvements des danseurs, Zied Zouari ajustant parfois la musique pour suivre la dynamique et le rythme de leurs pas.
Le spectacle tisse ainsi une rencontre entre différentes expressions du folklore tunisien, notamment celles des îles de Djerba et de Kerkennah, et des sonorités contemporaines. Cette approche ouvre de nouvelles résonances pour ce patrimoine, en le rapprochant de la sensibilité des jeunes générations, tout en veillant à préserver la singularité et l’esprit qui le portent.
Dans cette démarche, le violon de Zied Zouari occupe une place centrale, véritable passerelle entre tradition et modernité. Sous ses doigts, l’instrument se fait tour à tour écho des sonorités populaires, évoquant le mezoued ou la gasba, puis s’ouvre à des dialogues avec des formations musicales contemporaines, notamment un combo rock.
De cette rencontre naît une tentative de nouvelle synthèse musicale, où les influences se croisent et se répondent, tout en gardant l’identité tunisienne comme fil conducteur de la démarche artistique.
Une nouvelle palette sonore avec Nidhal Yahyaoui
La seconde partie de la soirée a été assurée par l’artiste Nidhal Yahyaoui, qui a présenté un spectacle musical issu d’un projet actuellement en phase d’expérimentation. Cette création se propose d’explorer les différents répertoires de la chanson tunisienne et de les revisiter à travers une approche contemporaine.
Selon l’artiste, ce projet repose sur un travail autour de plusieurs patrimoines musicaux liés à des instruments traditionnels tunisiens tels que la gasba, la zokra, le tambour ou encore le guembri, tout en intégrant des formes musicales comme le malouf ou le chant soufi. Au cours de la soirée, Nidhal Yahyaoui a ainsi offert ainsi au public plusieurs extraits de ce projet qui entre désormais dans sa phase finale de développement L’artiste a également interprété certaines chansons du répertoire populaire appréciées du public, dont « Lasmar Khouya ».
La démarche de Nidhal Yahyaoui dans la réinterprétation de la chanson tunisienne consiste à en préserver les fondements rythmiques et les modes authentiques, tout en l’enrichissant d’une nouvelle palette sonore. Il s’agit ainsi de proposer une lecture contemporaine de ce patrimoine musical sans en altérer l’esprit, et de raviver l’intérêt des jeunes générations pour la musique tunisienne authentique.
Malgré la pluie, le public rassemblé sur la place d’El Halfaouine est resté jusqu’à la fin de la soirée, partageant avec les artistes un moment de fête et de musique. Cette présence fidèle confirme la place qu’occupe désormais la manifestation « Tajalliyat El Halfaouine » parmi les rendez-vous artistiques du mois de Ramadan, un moment dédié à la célébration du patrimoine musical tunisien tout en ouvrant des voies vers son renouvellement.
Festival international Jean Rouch Hors-les-murs (Tunis 2026) : Onze films à l’affiche
Onze films sont au programme la troisième édition Hors-les-murs à Tunis du Festival international Jean Rouch qui aura lieu du 14 au 19 avril 2026 au Cinéma Africa à Tunis. Cette manifestation est organisée par l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC) avec l’appui du Comité du film ethnographique du festival.
Les projections de films sont suivies de débats en présence de leurs réalisateur-trices, et accompagné.es de chercheur.es en sciences sociales.
Une Master-class ouverte au public sera présentée par Malek Ben Smail, réalisateur algérien indiquent les organisateurs.
Outre les projections, des ateliers d’initiation à l’écriture documentaire et ethnographique, destinés à des étudiant.e.s en cinéma et en anthropologie visuelle sélectionné.es au Maghreb, en Afrique de l’Ouest et en Europe se dérouleront en parallèle.
L’IRMC indique que les deux premières éditions hors-les-murs à Tunis ont réalisé un succès inédit au niveau de l’organisation, de la programmation et de l’affluence du public, ajoutant qu’il maintient l’exclusivité de l’organisation de ce grand Festival international au Maghreb et en Afrique.
Pour rappel, Le Festival international Jean Rouch est l’une des plus importantes manifestations européennes de cinéma documentaire lié aux sciences humaines et sociales.
Fondé en 1982 par le Cinéaste et Ethnologue Jean Rouch (1917-2004). Il se poursuit à travers des éditions hors-les-murs, tout au long de l’année en France et ailleurs et vise à promouvoir la diversité culturelle à travers les sujets des films projetés, la professionnalisation des jeunes étudiant.es par le biais des ateliers et la découverte de l’univers du film ethnographique par le public tunisien.
Ce festival constitue, non seulement un rendez-vous entre cinéastes et chercheur.es en sciences sociales, mais aussi une opportunité d’échanges avec les publics divers.
Le textile rapporte 9 milliards de dinars à l’exportation : Une relance qui demande d’être soutenue…
Par Myriam Ben Salem-Missaoui
Le textile a rapporté 9 milliards de dinars en 2025. Comment expliquer cette relance dans un secteur exposé à une grande concurrence internationale, notamment asiatique et turque ?
La Fédération tunisienne du textile et de l’habillement (FTTH) a révélé dans un communiqué rendu public au cours du weekend dernier que les exportations tunisiennes de textile et d’habillement (en dehors des entreprises textiles fournissant les secteurs automobile et aéronautique, estimées à plus de 2,2 milliards de dinars supplémentaires) ont dépassé les 9 milliards de dinars en 2025, « dans un contexte mondial marqué par des tensions géopolitiques, un ralentissement économique et une concurrence accrue de pays à faibles coûts de production, d’énergie et de main-d’œuvre, ce chiffre représente une grande performance sur laquelle il faut construire pour relancer tout le secteur », souligne la FTTH.
A noter que les segments du textile technique, des vêtements fonctionnels et de haute performance, des produits de mode premium et de luxe, ainsi que du vêtement professionnel et des uniformes techniques à forte valeur ajoutée ont enregistré une progression notable. En revanche, le denim, la lingerie et les maillots de bain ont été davantage affectés par l’intensification de la concurrence internationale et les fluctuations de la demande.
Dans une interview accordée à la Radio nationale et dont quelques extraits ont été relayés par Business News, l’enseignant universitaire en droit bancaire, Mohamed Nekhili, estime que «après une période de crise et la fermeture de nombreuses unités, le secteur du textile et de l’habillement montre aujourd’hui sa capacité à résister et à maintenir un niveau élevé de compétitivité sur les marchés internationaux ».
Et d’ajouter : « Cette performance s’explique par plusieurs facteurs; notamment la qualité et le savoir-faire de la main-d’œuvre qui attirent ainsi les marques et industriels internationaux pour produire en Tunisie leurs collections ». Comment alors maintenir ce cap et remettre le secteur sur les rails ?
Restructuration…
Pour l’expert en économie et en finances, Mohamed Salah Jennadi : « Si on veut sauver ce secteur, il faut écouter les professionnels. La filière demande, en effet, une révision du cadre législatif/fiscal, un meilleur accès au financement et des améliorations logistiques pour booster la compétitivité. Des mesures de relance et un plan d’émergence du secteur, qui permettront aux entreprises tunisiennes de développer leurs activités, s’imposent.
Si on se base sur les revendications de la Fédération tunisienne du textile et de l’habillement formulées lors du séminaire national organisé à Ksar Hellal en 2025 sur la «Réalité et perspectives du secteur textile et habillement en Tunisie», le secteur a besoin d’un nouveau cadre réglementaire et fiscal plus souple et plus stable, la restructuration et la modernisation de la formation professionnelle dans le secteur textile et l’instauration des incitations fiscales et financières pour l’innovation et la digitalisation.
Les recommandations de la FTTH portent également sur la création d’un fonds national dédié au textile durable, la régularisation des autorisations de classement des entreprises créées avant 2009, ainsi que des autorisations d’activité et la réforme du système de sécurité incendie.
Les professionnels soulignent aussi l’urgence de relancer les projets à fort impact social, économique et environnemental, tels que la station de recyclage textile de Monastir, la réduction des délais de création d’entreprises et d’octroi d’autorisations douanières, l’amélioration du transport public en zones industrielles pour alléger les charges des entreprises, la levée des obstacles juridiques et techniques au recyclage, à la transformation et à l’exportation des déchets textiles et la limitation des importations aux matières premières et produits réellement nécessaires au marché local.
Cela implique les acheteurs publics qui doivent être incités à l’approvisionnement en produits tunisiens. Et en cas de besoin de produits internationaux, l’entreprise étrangère doit faire appel à hauteur de 50% de son marché à des entreprises locales ».
Si la relance du textile tunisien est bien amorcée, le chemin reste semé d’obstacles. Pour transformer cette performance en croissance durable, il faudra conjuguer modernisation industrielle, accompagnement financier, innovation et incitations publiques. Le secteur a démontré sa résilience : reste désormais à lui donner les outils pour s’imposer durablement face à la concurrence mondiale et continuer à créer richesse et emplois pour la Tunisie.
M.B.S.M.
Festival de la chanson tunisienne : Ils se sont distingués…
Par Imen Abderrahmani
Après trois jours de compétition, la 24ème édition du Festival de la chanson tunisienne s’est achevée dimanche soir au Théâtre de l’Opéra de Tunis, couronnant la chanteuse Najoua Omar du Microphone d’Or.
Le palmarès de cette édition, organisée du 5 au 8 mars 2026, a été dévoilé lors d’une cérémonie de clôture tenue devant un public modéré et en présence de la ministre des Affaires culturelles.
Le Microphone d’Or, distinction suprême du festival, a été attribué à la chanson « Idi Ala Khadi », interprétée par Najoua Omar, sur des paroles de Habib Mahnouch et une composition de Mounir Gadhab.
Dans la compétition consacrée à la production de chansons, le deuxième prix est revenu à Oussama Lajili pour « Habit Ngani Al Hobb », qu’il a composée sur des paroles de Msallem Ben Slimane, avec un arrangement de Montassar Mohamed Ali. Le troisième prix a été attribué à Raoudha Abdallah pour « Lik », qu’elle a écrite et composée, avec un arrangement signé Sami Ben Saïd.
Le prix de la meilleure interprétation individuelle a distingué Molka Maâroufi pour la chanson « Ya Chagla Beli » de Ali Riahi, tandis que le prix de la meilleure composition est revenu à Amine Ayadi pour son œuvre instrumentale « Swaleh ». Le palmarès a été proclamé par un jury composé des artistes Adnen Chaouachi, Najet Attia, Sami Maâtoug, Hatem Guizani et Amine Kholsi.
La soirée de clôture a été ponctuée par la participation de la chanteuse marocaine Latifa Raâfat, qui a offert au public un cocktail musical maghrébin. Dans une brève intervention, l’artiste a exprimé sa gratitude envers la Tunisie, rappelant que le public tunisien l’avait accueillie et encouragée lors de ses débuts dans les années 1980. L’artiste marocaine a salué le niveau des musiciens tunisiens et leurs compétences reconnues à l’échelle régionale et internationale. Elle a également interprété la chanson « Chehloula » du grand artiste Ahmed Hamza, suscitant l’enthousiasme du public qui s’est joint à elle pour la reprendre en chœur.
Autre moment marquant : la réunion sur scène de plusieurs figures emblématiques de la chanson tunisienne, dont Adnen Chaouachi, Fethi Zghonda, Chokri Bouzayène, Najet Attia et Habouba, considéré comme le roi de la chanson populaire en Tunisie.
Repenser le choix scénique
Malgré la clôture en beauté de cette soirée et des précédentes, le choix scénique a suscité des réserves. Les musiciens de l’Orchestre National de Musique, dirigés par le maestro Youssef Belhani, étaient installés au niveau inférieur de la scène, face aux chanteurs évoluant sur le plateau principal, tandis qu’un décor numérique occupait l’arrière-plan.
Cette configuration a partagé le public : si certains y ont vu un parti pris visant à mettre le chanteur au premier plan, d’autres ont regretté une visibilité réduite des musiciens sur scène.
Or, dans un spectacle musical, le musicien demeure un acteur essentiel de la performance. Sa présence dépasse largement l’accompagnement sonore : elle s’inscrit dans un dialogue constant avec l’artiste. Les échanges de regards, l’interaction avec le chanteur, la complicité avec les autres instrumentistes et, parfois, avec le public, participent pleinement à l’énergie du spectacle. La visibilité de l’orchestre contribue ainsi à rappeler que la chanson, sur scène, reste avant tout une œuvre collective.
Réinventer le festival
Au-delà du palmarès, la clôture de cette édition invite aussi à réfléchir à l’après-festival. La diffusion des chansons primées sur les radios et les plateformes numériques apparaît essentielle pour prolonger l’élan de la compétition. La relance des accords conclus entre le ministère des Affaires culturelles, les organisateurs du festival et certaines stations radiophoniques pourrait constituer un premier levier pour offrir à ces œuvres une plus large visibilité.
Une autre piste consisterait à faire vivre le festival tout au long de l’année, à travers des concerts, des rencontres professionnelles ou des tournées mettant en avant les artistes révélés par la compétition. Un tel prolongement permettrait de consolider le rôle du festival comme espace de découverte et de promotion de la chanson tunisienne. Car au-delà de la cérémonie et des distinctions, l’enjeu reste de transformer cette reconnaissance ponctuelle en véritable tremplin artistique pour les talents qui s’y distinguent.
Il est également temps pour réfléchir à restaurer la mémoire de ce festival qui a été créé dans les années 60 et qui a traversé tant de difficultés, s’éclipsant même pendant onze ans, pour retrouver après sa place dans le paysage culturel. Sur sa scène, se sont succédé des générations de chanteurs et de musiciens tunisiens, faisant de cette manifestation bien plus qu’un simple rendez-vous musical: un véritable témoin de son époque et des transformations qu’a connues la scène musicale tunisienne.
La publication d’un ouvrage richement illustré, réunissant les témoignages de différentes générations de chanteurs et de musiciens, pourrait constituer un premier pas. Ce livre pourrait donner lieu à une série de rencontres et de débats. De même, la réalisation d’un film documentaire retraçant les années de gloire de cette manifestation, projeté à l’occasion de divers événements artistiques, contribuerait à prolonger sa mémoire. Autant d’initiatives qui permettraient au festival de faire entendre son écho bien au-delà de sa tenue annuelle et d’inscrire son impact dans la durée. A méditer !
Imen. A.
Editorial : Dire toute la vérité, rien que la vérité… - Par Hassan GHEDIRI
Le baril de pétrole a franchi le seuil psychologique des 100 dollars, hier lundi. Le scénario tant redouté, et qui hantait les marchés et les analystes depuis les premières attaques américano-israéliennes, est désormais une réalité. Il a suffi donc seulement de dix petits jours pour que cette guerre, que nul ne sait jamais quand et comment elle se terminera, embrase tout le Moyen-Orient et bloque les principales sources de ravitaillement du monde en pétrole.
La (mauvaise) nouvelle est tombée aux premières heures, à l’ouverture des marchés asiatiques, avec un baril de Brent s’établissant à 110 dollars, soit une hausse de 60% depuis le début de l’offensive avant de culminer ensuite à un cheveu de la barre des 120 dollars.
Du jamais-vu en un lapse de temps aussi court mais « un tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité du monde » comme tentait désespérément de dédramatiser le président américain à travers son réseau Truth Social en assurant que les prix devaient rapidement fléchir.
Ce que le locataire de la Maison Blanche considérait comme un « petit prix » risquerait de n’être que le début d’une longue et dangereuse crise énergétique qui entrainera l’économie mondiale dans une récession prolongée et mettra en péril la sécurité énergétique des pays dépendant des importations.
Naturellement, si les prix ne fléchissent pas rapidement, comme l’a promis le président américain, la Tunisie serait l’un des pays qui risqueraient de se voir payer le plus lourd tribut de cette guerre avec des dommages économiques collatéraux complètement imprévisibles et inestimables.
Il y a quelques jours, un responsable du gouvernement avait toutefois déclaré avec toute l’assurance du monde que les Tunisiens n’ont pas à craindre pour l’approvisionnement de notre pays en pétrole malgré les conflits secouant la plus importante région de production dans le monde.
Il est peut-être vrai que la Tunisie serait en quelque sorte capable de se maintenir pendant un certain temps, à l’abri d’une panne sèche du fait qu’elle ne s’approvisionnait pas comme l’avait expliqué le responsable gouvernemental, directement de la région du Golfe.
Le hic, c’est que notre pays sera inévitablement rattrapé par une envolée exponentielle et incontrôlable des cours de l’énergie qui semble devenir aujourd’hui très vraisemblable au vu de l’intensification de la guerre au Moyen-Orient et la montée inédite des tensions autour des principaux couloirs par lesquels transite le pétrole mondial.
Comme tiennent à l’expliquer bon nombre de spécialistes, la déclaration trop optimiste selon laquelle la Tunisie ne serait pas directement affectée par une crise liée à une possible fermeture du détroit d’Ormuz, qui concentre environ le cinquième du trafic pétrolier mondial, s’avère trompeuse. Quelle que soit sa résilience, la Tunisie, étant un pays importateur de l’essentiel de ses besoins en pétrole et en gaz, subira les conséquences d’un tel choc.
Car une hausse brutale des prix mondiaux se traduirait presque automatiquement par une hausse de la facture énergétique tunisienne, par davantage de pression sur les finances publiques et par un retour de l’inflation importée.
Il n’est désormais un secret pour personne que lorsqu’un pays dépend de l’extérieur pour la majeure partie de sa consommation d’énergie, il importe aussi de l’inflation. Cela finit par se répercuter sur les coûts de production et par ricochet sur les prix finaux de carburants, de transport et de tous les biens de consommation et finalement sur le pouvoir d’achat.
En Tunisie, ce mécanisme est d’autant plus sensible que le système énergétique est déjà fragile. Les Tunisiens attendent de l’Etat mieux que des déclarations rassurantes déconnectées de la réalité qui ne font qu’aggraver la crise. Ils veulent la vérité, rien que la vérité.
Qu'on leur dise franchement, sans détour, que le déficit des ressources de l'Etat frôle les onze milliards de dollars, que chaque dollar supplémentaire dans le prix du baril de pétrole ampute le budget national de 146 millions de dinars supplémentaires, que la politique de subvention des carburants et de l'électricité, déjà sous perfusion, deviendra insoutenable si les cours mondiaux poursuivent leur envolée, et que de modestes hausses à la pompe seraient incapables d’amortir le choc à venir.
Ils attendant qu'on leur dise que le vrai risque est une onde de choc budgétaire et inflationniste qui finira par frapper brutalement leur pouvoir d'achat, alourdir la dette et compromettre les équilibres très fragiles des finances publiques.
H.G.
Le code sacré de la sourate 27 : Quand le calcul binaire rencontre la révélation antique
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Dans l'immensité de l'histoire des sciences et des textes, il existe des carrefours où la logique froide des mathématiques semble soudainement épouser le souffle de la spiritualité.
C’est précisément à l’intersection de l’algèbre moderne et de l’exégèse ancienne que se situe l’un des mystères les plus troublants du texte coranique : celui des lettres isolées, ou "Muqatta'at". Si l’informatique contemporaine nous a familiarisés avec le concept d’encodage de caractères — ce système qui permet de représenter des symboles textuels par des valeurs numériques précises pour que les machines puissent les traiter — il apparaît, à travers une analyse statistique rigoureuse, que ce principe de correspondance entre le signe et le nombre était déjà à l’œuvre, de manière cryptée, dans une révélation datant de quatorze siècles.
Cette découverte soulève une question fondamentale sur l'origine d'un texte capable d'anticiper des structures algorithmiques complexes bien avant l'invention du premier calculateur.
Prenons pour exemple la sourate 27, intitulée "Les Fourmis". Ce chapitre s'ouvre sur deux lettres mystérieuses, le "T" (Tā) et le "S" (Sīn). Pendant des siècles, les linguistes et les théologiens ont cherché le sens sémantique de ces préfixes, mais c'est l'ère du traitement de données qui a révélé leur dimension structurelle.
Le "T" apparaît précisément vingt-sept fois dans l'intégralité du chapitre, ce qui correspond exactement au rang de la sourate dans le canon coranique. Plus stupéfiant encore, le "S" y figure à quatre-vingt-treize reprises, soit le nombre exact de versets composant ce même chapitre. Dans le langage de l'informatique moderne, nous appellerions cela un "en-tête" ou un "checksum" : un encodage de caractères placé au début d'un fichier de données pour en valider la structure et en garantir l'intégrité.
Comment une telle architecture, où la fréquence d'une lettre est intrinsèquement liée à la position et à la longueur du chapitre, a-t-elle pu être conçue sans l'aide d'outils statistiques avancés ?
La force de cette énigme réside dans le contexte historique de la transmission du texte.
Le Coran a été révélé oralement à un homme qui ne savait ni lire ni écrire, dans une société où la poésie était reine mais où l'analyse quantitative des textes n'existait pas. Plus troublant encore, l'ordre définitif des chapitres et la numérotation des versets tels que nous les connaissons aujourd'hui ont été stabilisés après la mort du Prophète.
Si l'arrangement des sourates n'était qu'une décision humaine postérieure, comment les lettres placées au début de la révélation pourraient-elles prédire, avec une précision mathématique absolue, la place finale que le chapitre occuperait dans le recueil complet ? C'est ici que le concept d'encodage prend tout son sens. L'encodage de caractères n'est pas une simple décoration ; c'est un système de relations logiques où chaque élément est à sa place pour une raison mathématique.
En affirmant dans le dernier verset de cette même sourate 27 : "Il vous montrera Ses signes, et vous les reconnaîtrez", le texte semble s'adresser directement aux générations futures, celles qui posséderaient enfin les outils technologiques pour "lire" ce qui était caché.
Cette reconnaissance des signes par le biais de la science moderne crée un pont entre deux mondes que l'on croit souvent opposés. L'algèbre moderne nous apprend que les ensembles et les relations sont la base de tout système cohérent. L'univers lui-même, de la structure de l'ADN à l'orbite des planètes, est encodé par des constantes numériques. Voir ce même principe appliqué à la littérature sacrée suggère que l'auteur du texte possède une connaissance des lois mathématiques qui régissent l'information.
L'analogie avec l'expansion des cellules végétales sous l'effet du gel, que nous avons explorée précédemment, trouve ici un écho saisissant : tout comme le gel brise la paroi cellulaire selon une loi physique immuable, l'encodage numérique du Coran brise les probabilités statistiques. Les chances pour qu'un tel alignement numérique se produise par pur hasard sont si infimes qu'elles obligent la raison à envisager une intentionnalité supérieure.
L'encodage de caractères dans un ordinateur permet de stocker et de transmettre la connaissance sans altération. Dans le Coran, ces lettres "T" et "S" agiraient comme des balises de sécurité, prouvant que le texte est un ensemble clos et protégé contre les ajouts ou les retraits. Si l'on modifiait un seul verset ou si l'on déplaçait la sourate de son rang, l'encodage s'effondrerait, tout comme un fichier informatique corrompu devient illisible si ses bits sont altérés.
Cette vision transforme notre perception du texte : il n'est plus seulement un message moral, mais une base de données structurée. Le fait qu'un homme analphabète au cœur du désert d'Arabie soit le vecteur de cette structure binaire avant l'heure est l'un des paradoxes les plus fascinants de l'histoire de l'humanité.
En fin de compte, que l'on aborde ce sujet sous l'angle de la foi, de l'histoire ou de la cryptographie, le constat demeure le même : la présence de ces corrélations numériques suggère une profondeur de conception qui transcende les capacités humaines de l'époque. Les signes que nous "reconnaissons" aujourd'hui grâce à l'informatique sont peut-être les preuves d'une science ancienne qui nous dépasse.
La sourate 27, avec ses fourmis capables de communiquer et son roi Salomon maîtrisant des connaissances cachées, se termine logiquement sur cette promesse de révélation future par la connaissance. L'encodage n'était pas un secret pour l'auteur du texte ; il était la signature d'une intelligence capable de lier le verbe au nombre pour l'éternité, attendant que l'humanité atteigne le degré de maturité technologique nécessaire pour enfin déchiffrer le code.
M.B.S.M.
Médine, le sanctuaire des sacrifices : Quand la fraternité défiait l'épée et la trahison
L’histoire de l’Islam ne s’est pas écrite uniquement dans le fracas des batailles ou l’isolement de la méditation, mais dans le creuset bouillonnant de Médine, une oasis devenue en quelques mois le laboratoire d’une humanité nouvelle.
Le récit du séjour du Prophète Muhammad (s.a.w.) dans cette cité, tel que nous le rapportent les chroniques et le témoignage intime d’Anas ibn Malik (r.a), offre une plongée fascinante dans une époque où la survie d’une foi ne tenait qu’à la force des liens invisibles tissés entre les hommes. Ce qui frappe d'emblée, c'est le contraste saisissant entre la figure publique du Prophète, chef d'État en devenir et stratège malgré lui, et sa figure privée, empreinte d'une douceur que même l'exercice du pouvoir n'a pu éroder.
Le témoignage d’Anas (r.a) est à cet égard une pièce maîtresse de l’histoire. Entré au service du Prophète alors qu’il n’était qu’un enfant, il l’accompagna jusqu’à son dernier souffle. Dans un monde où le commandement s’exprimait souvent par la force ou l’intimidation, Anas rapporte avec une émotion intacte qu’en dix années de service quotidien, il ne reçut jamais une seule parole dure, jamais une remontrance, jamais un ordre qui excédait ses capacités.
Cette pédagogie de la bienveillance, exercée au sommet d'une société en pleine mutation, définit le caractère prophétique : une autorité qui ne s'impose pas par la crainte, mais par une éthique de la douceur. Alors que le Prophète (s.a.w.) jetait les fondations de la première mosquée de Médine sur un terrain acheté à prix juste, il ne bâtissait pas seulement des murs de briques et de palmes, il érigeait un modèle de justice sociale où le serviteur était traité avec la dignité d'un fils.
Pourtant, cette sérénité intérieure était assiégée par une réalité extérieure d'une violence extrême. Médine n'était pas un havre de paix, mais une ville sous haute tension. L'enthousiasme des premiers convertis ne devait pas masquer la présence de forces centrifuges prêtes à tout pour faire échouer l’expérience islamique. Parmi elles, les "hypocrites", ces notables médinois qui avaient embrassé l’Islam par opportunisme ou par crainte de perdre leur influence, mais dont le cœur restait empli de rancœur.
À leur tête, ‘Abdullāh ibn Ubayy ibn Salūl incarnait la figure tragique de l'homme qui se voyait déjà roi et qui, du jour au lendemain, fut éclipsé par l’aura du Prophète. Cette opposition interne doublée de la méfiance des tribus juives locales créait un climat de suspicion permanente. Le danger était tel que le sommeil du Prophète était souvent interrompu par la nécessité de monter la garde.
L'arrivée soudaine de Sa‘d ibn Waqqās (r.a) en armure au milieu de la nuit pour protéger le Messager de Dieu illustre la précarité de cette existence. Les habitants de Médine comprirent alors que leur hospitalité les engageait jusqu’au sacrifice ultime. Ils n'avaient pas seulement accueilli un homme, ils avaient invité sur leur sol l'hostilité de toute la péninsule arabique.
Le choc des trahisons et l'invention de la Fraternité
L'escalade atteignit son paroxysme lorsque les chefs de La Mecque, piqués au vif par la fuite réussie des musulmans, décidèrent de porter le conflit sur le terrain politique et terroriste. Par une lettre incendiaire adressée à ‘Abdullāh ibn Ubayy, ils posèrent un ultimatum qui aurait pu anéantir Médine : livrer le Prophète ou subir une invasion totale. La menace était explicite, promettant le massacre des hommes et la mise en esclavage des femmes. C’est ici que le génie politique de Muhammad (s.a.w.) intervint pour désamorcer la guerre civile.
En allant à la rencontre d’Ibn Ubayy, il ne choisit pas la confrontation, mais la logique de l'intérêt commun. Il lui fit comprendre que déclencher une guerre contre les musulmans à l'intérieur même de la ville reviendrait à un suicide collectif, car la foi des nouveaux convertis était désormais plus forte que les anciennes allégeances tribales. Devant la perspective de sa propre destruction, l’ambitieux chef médinois dut reculer, bien que sa haine demeurât intacte.
Pour parer à cette fragilité et souder définitivement les deux groupes qui composaient la communauté — les Muhajirines (exilés de La Mecque) et les Ansars (habitants de Médine) — le Prophète instaura alors l'acte le plus audacieux de sa gouvernance : le pacte de fraternisation. Ce ne fut pas une simple recommandation morale, mais un contrat social et économique sans équivalent. Chaque Médinois "adopta" un frère mecquois, acceptant de partager avec lui non seulement son toit, mais la moitié de sa fortune, de ses terres et de ses récoltes.
La générosité des Ansars atteignit des sommets presque incroyables, certains allant jusqu'à proposer de rompre leurs propres liens matrimoniaux pour aider leurs frères à se reconstruire. Face à cette abnégation, les Mecquois répondirent par une dignité exemplaire. Loin de s'installer dans une dépendance assistée, ils mirent leur savoir-faire de marchands au service de la cité. En demandant simplement "où est le marché ?", ils prouvèrent que la solidarité n'était pas une aumône, mais un levier de croissance.
Ce lien de fraternité devint si puissant qu'il supplanta temporairement les lois de la biologie, les frères d'élection héritant les uns des autres avant que le Coran ne vienne, plus tard, stabiliser les règles successorales. Cette période médinoise reste ainsi gravée comme le moment où l'Islam a prouvé que la justice et l'amour du prochain pouvaient constituer une défense plus impénétrable que les remparts les plus épais.
Cette épopée médinoise ne s'est pas close sur de simples accords politiques, mais sur une mutation profonde de l’âme humaine. En transformant des rivaux potentiels en frères de sang spirituel, le Prophète (s.a.w.) a prouvé que la solidarité absolue est l'unique rempart efficace contre la tyrannie et les complots. L’héritage d’Anas (r.a) et le sacrifice des Ansars rappellent que la force d'une nation ne réside pas dans ses richesses, mais dans sa capacité à protéger les plus vulnérables et à honorer la parole donnée.
Au-delà des siècles, cette période demeure un modèle universel où la bienveillance individuelle rencontre la résilience collective. Elle nous enseigne que même face aux menaces les plus sombres, l'organisation sociale fondée sur l'équité et l'empathie peut triompher de la haine. Médine n'était donc pas qu'un refuge géographique, mais le berceau d'une civilisation où l'humain est redevenu le cœur sacré de chaque décision politique.
(A suivre...)
Iran : Poutine apporte son soutien à Mojtaba Khamenei
Le président russe, Vladimir Poutine, a apporté son "soutien indéfectible" au nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei.
Le chef du Kremlin a assuré que son pays a été et restera un partenaire fiable de Téhéran.
Mojtaba Khamenei a été élu, hier soir, par l'Assemblée des Experts, troisième guide suprême de la révolution iranienne, succédant officiellement à son père, Ali Khameneï, tué dès le premier jour de l’agression américano-israélienne contre l’Iran.
Présentation de « La gloire et la puissance, une anthologie des grands discours du président Bourguiba »
L’Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain (IRMC) organise, le jeudi 12 mars, à la bibliothèque diocésaine de Tunis (20h00), une présentation-débat autour de l’ouvrage « La gloire et la puissance, une anthologie des grands discours du président Bourguiba », en présence de son auteur Hichem Abdessamad et en discussion avec Kmar Bendana, historienne et chercheuse associée à l’IRMC.
«La gloire et la puissance » est une analyse critique et contextualisée de seize discours emblématiques du président Habib Bourguiba. De la veille de l’indépendance tunisienne aux premières décennies de sa présidence, ce recueil dirigé par Hichem Abdessamad s’attaque à des textes devenus des archives vivantes, pour en interroger la fabrique du pouvoir, la performativité du langage politique et les tensions constitutives du bourguibisme, lit-on dans le résumé du livre. « Ni panégyrique, ni réquisitoire, cette anthologie commentée se distingue par son approche nuancée et rigoureuse. Elle invite à réfléchir sur la place de Bourguiba dans l’histoire tunisienne, en mettant en lumière la manière dont son discours, loin d’être figé dans le passé, continue d’imprégner l’imaginaire politique de notre époque. Une réflexion essentielle pour quiconque s’intéresse à l’histoire intellectuelle et politique de la Tunisie contemporaine », ajoute la même source.
Festival de la chanson tunisienne : Le Microphone d’or attribué à Najoua Omar
Le palmarès de la 24ᵉ édition du Festival de la chanson tunisienne (5–8 mars 2026) a été dévoilé dimanche soir lors d’une cérémonie organisée au Théâtre de l’Opéra de Tunis, à la Cité de la Culture de Tunis.
Le grand prix du festival, le Microphone d’Or, a été attribué à la chanson « Idi Ala Khadi » interprétée par Najoua Omar, écrite par Habib Mahnouch et composée par Mounir Gadhab.
Dans la même compétition, « Production de chansons », Oussama Lajili a remporté le deuxième prix pour sa chanson « Habit Ngani Al Hobb », composée par lui-même, avec des paroles de Msallem Ben Slimane et un arrangement de Montassar Mohamed Ali.
Le troisième prix est revenu à Raoudha Abdallah pour sa chanson « Lik », qu’elle a écrite et composée, avec un arrangement de Sami Ben Said.
Le prix de la meilleure interprétation individuelle a été attribué à Molka El Maâroufi pour la chanson « Ya Chagla Beli », tandis que le prix de la meilleure composition est revenu à Amine El Ayadi pour son œuvre instrumentale « Swaleh ».
Le palmarès a été annoncé par un jury composé des artistes Adnen Chaouachi, Najet Attia, Sami Maâtoug, Hatem Guizani et Amine Kholsi. À noter que la soirée de clôture a été marquée par la participation de l’artiste marocaine Latifa Raâfat, qui a proposé un cocktail musical maghrébin riche et varié.















