contactez-nous au 71 331 000
Abonnement

Editorial : Les va-t-en guerre de l'apocalypse...

Par Chokri Baccouche

Pourquoi les Américains et leurs sinistres acolytes sionistes ont-ils de nouveau attaqué l’Iran ? Pour libérer le peuple iranien du joug d’une « dictature théologique impitoyable » qu’ils disent. Plus cynique que moi tu meurs : c’est sur le dos des Tomahawks, les Cruise et les bombes à guidage laser que cette liberté est arrivée, samedi, dans un bruit assourdissant, semant au passage destructions, morts et désolation.

Pire qu’une horde de guerriers mongols du temps de l’empire de Gengis Khan, réputés pour être d’impitoyables coupeurs de têtes, les faux libérateurs n’y ont pas fait dans le détail n’hésitant pas à larguer délibérément leurs bombes sur une école de filles du côté de Téhéran, massacrant tous ses occupants.

Ces gamines à la fleur de l’âge, ravies à l’affection de leurs familles, proches et amis, figurent parmi les premiers citoyens iraniens à goûter aux délices de cette liberté tronquée, infecte et crapuleuse qui a débarqué dans leur pays sans crier gare et sans y être invitée surtout à bord des avions furtifs et des F35 «made in USA». Bavure militaire ? Loin s’en faut ! Un acte délibéré plutôt, mûrement réfléchi et commandité par l’état-major américano-sioniste à dessein pour casser le moral des Iraniens.

Les pleurs des mamans iraniennes, déchirées par la douleur due à la perte cruelle de leurs enfants ensevelies sous les gravas et les décombres de leur bahut complètement dévasté et dont les terribles séquences sont diffusées en boucle sur les réseaux sociaux, donnent une dimension encore plus tragique et incroyablement insupportable et révoltante à cette nouvelle agression américano-israélienne contre un pays souverain.

Une agression qui dégage à mille lieues à la ronde les relents d’un néocolonialisme débridé et un fascisme décomplexé de la pire espèce. Comme l’a si bien souligné Nathalie Arthaud, la porte-parole de Lutte Ouvrière, « ceux qui bombardent des peuples ne sont jamais des libérateurs. Derrière les frappes sur l’Iran, c’est l’impérialisme américain qui transforme la terreur en outil de négociation. Le chef de la jungle capitaliste dicte ses intérêts à coups de missiles ».

Les dirigeants américains et israéliens avaient pensé qu’il suffisait d’assassiner Ali Khamenei pour que le régime des mollahs se désintègre complètement et que l’Iran tombe comme un fruit mûr dans leur escarcelle.

Ils se sont lourdement trompés en fait, car la disparition du Guide suprême survenue au premier jour de l’agression dans des circonstances troubles, suggérant une connivence liée à un acte de trahison en interne, est loin d’avoir donné l’effet escompté. Bien au contraire et comme ce fut le cas lors de la dernière guerre de 12 jours ayant opposé l’Iran à la coalition américano-israélienne, les Iraniens ont vite fait de dépasser cette dure épreuve et absorbé le choc en un temps record.

La rapidité tout à fait spectaculaire avec laquelle ils avaient riposté confirme ce constat et donne la preuve formelle qu’ils se sont bien préparés à toutes les éventualités et tous les scénarios. Depuis le temps qu’ils sont harcelés par leurs ennemis américains et surtout israéliens qui leur cherchent continuellement noise, ils ont acquis une solide expérience dans l’art de déjouer les complots et les coups bas. Pourquoi les Américains et les Israéliens se sont-ils trompés sur toute la ligne ?

Tout simplement parce que le régime des Mollahs n’est pas une monarchie comme ils l’avaient pensé à tort mais un système. Un système bien huilé du reste reposant sur des institutions et des organisations gouvernementales éprouvées dignes d’un grand pays à la civilisation millénaire. Moins de 24 heures après l’assassinat de Khamenei, un autre Ayatollah est d’ailleurs sur le point d’être élu. Selon certaines sources, le fils du guide suprême est bien placé pour prendre la relève et succéder à son défunt père.

Loin d’avoir été ébranlé donc par le décès du guide suprême, le régime des mollahs tient non seulement le coup mais répond également du tac au tac à ses agresseurs. Les missiles iraniens qui ont pris pour cibles pratiquement toutes les bases américaines au Moyen-Orient ainsi que des unités navales de la marine U.S patrouillant dans la région prouvent de manière on ne peut plus évidente la détermination de Téhéran à relever ce défi existentiel pour le devenir des Iraniens et la préservation de la souveraineté de leur pays.

Donnant-donnant, le must de ce traitement de faveur a été réservé, sans surprise, à l’ennemi juré sioniste. A l’instar de la dernière guerre de 12 jours, de nombreuses villes israéliennes, dont notamment Tel-Aviv, ont subi plusieurs attaques aux missiles lancés depuis le territoire iranien par les Gardiens de la révolution. Expédiés en premier, les drones ont saturé les défenses aériennes sionistes, balisant ainsi le terrain aux missiles qui ont réussi à passer sans encombre entre les mailles du filet, causant d’importants dégâts.

La terreur a changé de camp et l’envoyeur est arrosé à son tour abondamment. Suprémacistes américains et sionistes tyranniques et arrogants découvrent ainsi à leur corps défendant une autre réalité qui a faussé tous leurs calculs, à savoir qu’ils ont affaire à un peuple iranien uni et décidé à défendre coûte que coûte et à n’importe quel prix sa dignité, sa liberté et l’intégrité territoriale de son pays.

Benjamin Netanyahu, l’architecte en chef de ce conflit larvé et la sinistre muse inspiratrice qui impose ses macabres caprices au président américain, a donc réussi à avoir sa guerre. Le premier ministre sioniste qui dispose de tous les atouts pour inciter Trump à exaucer tous ses vœux – y compris les moyens de pression très embarrassants liés au scandale Epstein- a surtout réussi à entrainer les Etats-Unis dans un véritable bourbier à l’issue très incertaine. Un dangereux marécage qui menace de faire basculer toute la région voire le monde dans les affres du chaos et de l’incertitude, sur fond d’une crise économique planétaire sans précédent…

C.B.

Partage
  • 25 Avenue Jean Jaurès 1000 Tunis R.P - TUNIS
  • 71 331 000
  • 71 340 600 / 71 252 869