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Montée en flèche des prix du pétrole : Que doit faire la Tunisie pour y faire face ?

Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

Quand la guerre éclate dans une région comme le Golfe persique, les conséquences sont multiples et affectent tous les pays, notamment  les pays non-producteurs comme la Tunisie. A quel degré l’économie tunisienne peut souffrir de la fermeture du détroit d’Hormuz, l’un des principaux passages maritimes des pétroliers dans le monde ? 

Qui dit détroit d’Hormuz, dit 20% du trafic pétrolier mondial. Alors, quand ce nœud maritime stratégique est fermé, c’est le prix de l’or noir qui monte en flèche affectant au passage les économies des pays, notamment l’économie tunisienne et derrière toute l’industrie.   

En effet, un responsable iranien a menacé lundi dernier de "brûler" tout navire qui tente de franchir le détroit d'Ormuz. Pour rappel, Téhéran a fermé ce passage stratégique dès le début des hostilités, handicapant fortement le commerce mondial, notamment de pétrole. 

Du coup, le Brent, référence internationale de l’or noir, avait déjà progressivement intégré une prime de risque géopolitique pour s’afficher à 72 dollars vendredi dernier, avant de grimer à 82 dollars lundi dernier loin des 61 dollars du début d’année. Quelles sont conséquences, alors, sur notre économie nationale ? 

Selon l’expert en économie et en fiances, Mohamed Salah Jennadi : « Fixé dans la loi de finances 2026 à une moyenne annuelle de 69,3 dollars, une augmentation d’un dollar du prix du baril de pétrole peut coûter 164 millions de dollars en terme de compensation. Vu alors la conjoncture actuelle jugée très difficile, la pression sur les dépenses publiques sera conséquente et affectera certainement les prix à la consommation.

Donc, on doit s’attendre à la hausse du taux d’inflation et avec la dégradation du pouvoir d’achat ». L’autre impact prévu par notre expert porte sur la facture énergétique, « La Tunisie importe 72% de ses besoins énergétiques et accuse un déficit estimé à 6,41 MD TND.

Cette hausse, enregistrée au niveau des prix du pétrole, est de nature à aggraver ce déficit, ce qui constitue un risque pour les équilibres budgétaires». Que compte faire le gouvernement pour faire face à ces imprévus ?

Amortir et diversifier…

Si certains pays peuvent compter sur leurs réserves stratégiques pour amortir les effets de cette crise, la Tunisie est appelée à prendre des mesures d’urgence, « Amortir, oui, mais il faut agir vite afin d’éviter un impact financier lourd de conséquences », estime l’expert en économie et en finances, Mohamed Salah Jennadi.

Et d’ajouter : « La Tunisie, confrontée à un déficit énergétique structurel dépassant 72% fin 2025, mise sur la transition énergétique comme réserve stratégique. La stratégie nationale vise 35% d'énergies renouvelables (solaire/éolien) dans le mix électrique d'ici 2030 et 50% d'ici 2035, avec une réduction de 30% de la consommation d'énergie primaire ». 

L’on comprend ainsi que la Tunisie doit diversifier ses ressources énergétiques d’où l’importance du Plan Solaire Tunisien (PST) qui est le pilier de la transition. Des projets photovoltaïques de 1,64 milliard de dinars sont en cours pour réduire les importations de gaz. L’autre stratégie nationale qui est en cours vise à positionner la Tunisie sur l'hydrogène d’ici 2030.

Pour notre expert : « Ce plan d’action doit être appuyé par des mesures d’accompagnement, qui couvrent les volets communication, renforcement des capacités, réalisation d’études spécifiques et plus généralement la mobilisation des ménages, entreprises et investisseurs potentiels.

Les mesures d’accompagnement vont mobiliser des investissements estimées à 3.67 MDT répartis respectivement à environ 0.97 MDT pour les énergies renouvelables et 2.7 MDT pour l’efficacité énergétique. La mise en œuvre du plan d’action et la mobilisation des acteurs locaux est tributaire d’un ancrage institutionnel au niveau de la région. Dans les faits, il s’agit de mettre en place une entité représentative au sein des conseils régionaux ».   

M.B.S.M.

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