Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
A trois semaines du prochain congrès de l’UGTT, tous les regards sont braqués sur l’actuel secrétaire général, Noureddine Tabboubi, et s’il va se présenter aux élections ou non ?
Ses partisans disent que «légalement, rien n’émèche le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Nouredine Tabboubi, de se présenter aux élections du prochain congrès de la Centrale syndicale tant que l’article 20 est toujours en vigueur ». L’avocat et activiste Me Houssem Eddine Ben Atiya a cependant un autre avis: « Il s’agit d’une question de morale et d’éthique.
L’article 20 est à l’origine de la crise et il est inconcevable de reproduire les mêmes erreurs et se présenter aux élections sur la base de ce même article ». a-t-il conclu. Et d’ajouter : « A mon avis, Tabboubi veut sortir par la grande porte en réussissant ce congrès pour transmettre le flambeau à la nouvelle génération ».
En attendant, toutefois, de voir plus clair, les échos en provenance de la place Mohamed Ali là où siège la Centrale syndicale à Tunis parlent d’une grande agitation qui secoue la base syndicale.
D’ores et déjà, l’un des principaux candidats au poste de secrétaire général de la l‘UGTT, à savoir l’actuel secrétaire général adjoint chargé du règlement intérieur, Fraouk Ayari, est dans le collimateur de l’Union régionale du travail de Sfax dont le secrétaire général demande aujourd’hui de le traduire devant la Commission du règlement intérieur pour des dépassements liés au dernier congrès électif à la Fédération des métaux.
« Le fait que Farouk Ayari a barré la route au sécrétaire général sortant de se présenter aux élections de la Fédération des métaux à cause de son départ à la retraite anticipée a créé une nouvelle tension au sein même du bureau exécutif de l’UGTT», estime l’avocat Me Houssem Eddine Ben Atiya. Qu’en est-il, par ailleurs, des candidats en vue pour le prochain congrès de l’UGTT ?
Deux listes…
Interrogé à ce sujet, le dirigeant au sein de la coalition de l’opposition syndicale, Habib Jerjir, nous a indiqué : « La fameuse citation de Karl Marx : « L'histoire se répète, d'abord comme tragédie, puis comme farce, et enfin comme comédie », trouve tout son sens dans ce qui se passe actuellement au sein de l’Union générale tunisienne du travail. Tous les ingrédients sont, en effet, réunis pour faire de ce congrès une vraie mascarade. Il ne manque que la candidature de Noureddine Tabboubi pour que la tragédie se transforme en une comédie.
En témoignent les deux listes qui sont actuellement en cours d’élaboration. La première est présidée par l’actuel secrétaire général chargé du règlement intérieur, Farouk Ayari, et la deuxième par le secrétaire général adjoint de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), Othman Jellouli.. Le premier, rappelons-le, est l’architecte des putschs des congrès de Sfax, de Sousse et de Gammarth et le deuxième est le vice-président du Conseil national de Hammamet à l’origine de toute la crise de l’UGTT. Alors, de quelle démocratie et de quelle transparence parle-t-on ? ».
En attendant de voir plus clair concernant les candidatures, l’ancien dirigeant syndical et porte-parole de l’Initiative syndicale pour la révision et la réforme, Noureddine Chmengui, est lui au moins sûr d’une chose, en l’occurrence les motions du prochain congrès. Selon Chmengui : « La révision du règlement intérieur de la Centrale syndicale, notamment la révision de l’article 20, fera l’objet d’une motion à présenter aux congressistes.
On se dirige également vers l’instauration d’une administration indépendante chargée de la gestion administrative et financière. Cette mesure viserait à soustraire les dossiers des finances et des adhésions aux pressions et aux rapports de force internes, et à instaurer davantage de transparence et de gouvernance démocratique au sein de l’UGTT. Les congressistes auront aussi à trancher concernant la levée du gel et des sanctions infligées à plusieurs syndicalistes à la suite des conflits internes ayant secoué l’organisation ».
M.B.S.M.

