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Le monde se dirige vers une flambée inédite du prix de l’énergie : L’heure de la suppression des subventions va-t-elle malheureusement sonner en Tunisie?

Par Hassan GHEDIRI

Tandis que la transition énergétique bat de l’aile, l’embrasement du principal bassin pétrolier dans le monde va, peut-être, contraindre l’Etat tunisien à faire des choix hautement impopulaires….

Au fur et à mesure de l’intensification des frappes et de la multiplication des fronts dans cette guerre qui embrase depuis le week-end tout le Moyen-Orient, tout laisse croire que ni le bilan des dégâts matériels ni celui des pertes humaines ne semblent inquiéter outre-mesure les décideurs politiques en Tunisie.

Ce qui devait préoccuper grandement l’Etat, comme ne cesse de le répéter ces dernières heures tous les spécialistes, c’est incontestablement le risque de voir les cours du pétrole et du gaz s’envoler de manière incontrôlable ce qui aura des conséquences très, très graves sur la finance publique.

En fait, le gouvernement avait déploré, ne serait-ce que fin février un déficit énergétique quais-insoutenable qui dépasse les 6 millions de tonnes équivalent pétrole, soit un peu plus de 65% des besoins de consommation du pays se chiffrant en 2025 à plus de 11 milliards de dinars.

Lors d’une réunion de la commission des plans de développement et des grands projets relevant du Conseil des régions et des districts, organisée le 24 février 2026, un représentant du ministère chargé de l’énergie avait alors expliqué que ce déficit résulte principalement d’une baisse drastique de la production nationale et de la hausse du coût du gaz naturel importé, essentiel pour la production de plus de 95% de l’électricité consommée en Tunisie.

Et puisque ce sont les importations des produits d’énergie (pétrole et gaz) qui creusent le déficit de la balance commerciale et que l’Etat subventionne une grande partie du coût du carburant et du gaz GPL, une envolée inédite des cours du pétrole et du gaz dans le monde rendra les dépenses énergétiques insupportables et aggravera l’hémorragie des finances publiques.

D’aucuns croient en effet qu’au train au vont les choses au Moyen-Orient où se concentrent les plus grands fournisseurs d’hydrocarbures mondiaux, une hausse des prix à la pompe en Tunisie est sur le point de devenir inéluctable. Au vu des grandes difficultés que trouve d’ores et déjà l’Etat pour équilibrer sa trésorerie, les dépenses additionnelles et imprévues associées à une envolée des prix de l’énergie dans le monde, se chiffreraient à plusieurs milliards de dinars.

L’Etat peut ainsi se voir contraint à prendre des décisions difficiles pour alléger tant bien que mal, les charges sur son budget. Si les prix venaient à devenir complètement incontrôlables en raison d’une guerre de grande ampleur, le défi ne consisterait plus à financer le déficit, mais à éviter des chocs destructeurs. Des choix hautement impopulaires tels des réductions drastiques des subventions.

Une éventuelle réduction des subventions énergétiques ne maquerait toutefois pas de générer une hausse systématique et généralisée des prix, affectant le transport, l’agriculture, l’industrie et, in fine, le pouvoir d’achat déjà érodé des ménages. Dans le contexte de morosité économique qui perdure malgré les signes d’une relance très précaire, un choc énergétique majeur ne manquera pas de remettre en branle la spirale inflationniste et de raviver les tensions sociales latentes, en frappant plus durement les catégories vulnérables.

H.G.

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