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Editorial : Un piège nommé Ormuz …

C’est une situation bien cocasse dans laquelle se retrouve le président américain depuis la fermeture par l’Iran du détroit stratégique d’Ormuz. Comme diraient nos ancêtres à pareil imbroglio : si tu avances tu tomberas inévitablement dans le puits, si tu recules tu te retrouveras nez à nez avec un buffle en furie qui se fera un plaisir de te faire la peau.

Bref, on peut dire qu’à force de vouloir dominer le jeu en sous-estimant les capacités d’un pays qui lutte avec la force de la foi pour défendre son intégrité territoriale, Donald Trump s’est enfermé dans un piège qu’il a lui-même construit. Le locataire de la Maison Blanche ne sait plus d’ailleurs comment sortir indemne de ce traquenard qui génère des dégâts incommensurables au double plan économique et politique.

En raison de la flambée spectaculaire du prix du carburant à la pompe ainsi que la hausse de l’inflation, le président américain fait l’objet, ces derniers jours, de sévères critiques aux Etats-Unis. Même les citoyens « MAGA » qui constituent sa base électorale fervente montent de plus en plus au créneau et dénoncent sa politique hasardeuse qui ne sert, estiment-ils, nullement les intérêts de leur pays.

Et comme une désillusion n’arrive jamais seule, le blocage du détroit d’Ormuz par où transite près de 20% du pétrole mondial a impacté toute la planète, mettant à mal de très nombreuses économies et générant une flambée inédite des cours de l’or noir sur le marché international.

A l’approche des élections de mi-mandat et au rythme pas du tout rassurant où vont les choses, on peut dire que le président américain est dans la mouise et risque gros. Si une sortie de crise ne venait pas à être trouvée dans les plus brefs délais, la guerre contre l’Iran pourrait abréger logiquement la carrière politique tumultueuse du fantasque président américain dont le passage à la tête de l’exécutif U.S aura, à bien des égards, mis le monde sens dessus-dessous.

De plus en plus isolé aux Etats-Unis, Donald Trump est également largué par les alliés de son pays qui ont rejeté à l’unanimité sa demande expresse et désespérée de les impliquer de manière directe dans le conflit moyen-oriental. Une fois n’est pas coutume, les pays occidentaux membres de l’Otan semblent de plus en plus persuadés qu’il ne faille rien s’attendre de bon de ce président américain imprévisible dont le comportement irrationnel n’obéit à aucune logique.

Et surtout, surtout qui n’hésite pas à traiter avec mépris et dédain tous ses vis-à-vis qu’ils soient des têtes couronnées ou des chefs d’Etat et de gouvernement. Un président U.S qui fait peu de cas pour n’importe quel interlocuteur, y compris les alliés les plus proches.

En refusant de s’engager dans le bourbier moyen-oriental, les alliés des Etats-Unis semblent prendre un malin plaisir de voir Donald Trump s’enliser, chaque jour un peu plus, dans cet inextricable marécage. Il y a comme qui dirait dans cette position, somme toute logique et compréhensible, une volonté de revanche contre un président qui leur a fait voir de toutes les couleurs depuis son come-back fracassant à la Maison Blanche.

Et qui ne rate aucune occasion pour les rapetisser et leur imposer des diktats et des desideratas prohibitifs et contraignants. Piqué au vif pour avoir été délaissé en plein gué par les alliés des Etats-Unis, l’égocentrique président américain tente de transformer comme à l’accoutumée son isolement en posture de défi.

En vain malheureusement : ses menaces de destructions massives, de frappes ciblées et de démonstrations navales n’ont pas eu plus d’effet qu’un simple coup d’épée dans l’eau.

Pis encore : loin d’intimider Téhéran, la rhétorique martiale de Donald Trump a paradoxalement renforcé la détermination du régime iranien en lui offrant exactement ce qu’il cherchait, à savoir un levier de résistance de premier choix capable de chambarder le rapport de force. Ce qui se joue actuellement au détroit d’Ormuz dépasse en fat et très largement le face-à-face entre la coalition américano-sioniste et l’Iran.

C’est une leçon géopolitique qui confirme des vérités immuables, à savoir que la puissance brute ne suffit plus face aux stratégies asymétriques, que la communication erratique devient une vulnérabilité stratégique et que l’économie mondiale peut être prise en otage par la faute d’incorrigibles va-t-en guerre qui ont délibérément ouvert la porte de l’enfer sous des prétextes fallacieux sans en mesurer les terribles conséquences pour l’ensemble de l’humanité.

En voulant éradiquer le régime des mollahs pour concrétiser le rêve sordide des dirigeants sionistes visant à mettre sous leurs bottes  tout le Moyen-Orient, Donald Trump a gagné en fait un cocotier. Non seulement il a lamentablement échoué mais il a contribué à placer paradoxalement Téhéran dans une position de force qui lui permet désormais de peser lourd sur le cours des événements.

En dernier recours, le président américain serait bien inspiré de faire amende honorable et d’envisager les moyens devant permettre de mettre un terme à une guerre qu’il ne pourra pas logiquement gagner avant longtemps. Le plus tôt serait d’ailleurs le mieux aussi bien pour tout le monde…

C.B.

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