Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
92 candidats, sit in ouvert et saisie de la justice, tels sont les points forts marquant ces vingt-quatre heures précédant l’ouverture du congrès extraordinaire de l’UGTT prévu demain à Monastir. A quoi faut-il s’attendre au vu de ces données ?
Alors que l’opposition syndicale a décidé d’observer un sit in à la Place Mohamed Ali à Tunis là où siège l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), un autre groupe syndicaliste a saisi la justice dénonçant un congrès illégal et non conforme aux dispositions du règlement intérieur de l’organisation syndicale.
Entretemps, les préparatifs vont bon train pour l’ouverture de ce congrès extraordinaire prévu ce mercredi dans la ville côtière de Monastir et dont les travaux se poursuivront jusqu’à vendredi prochain avec l’élection du nouveau bureau exécutif et les membres du Comité du règlement intérieur ainsi que ceux du Comité du contrôle financier.
On retiendra également ce communiqué rendu public le weekend dernier par l’Union régionale de l’UGTT du Kef dans lequel les membres du bureau exécutif régional ont dénoncé les dépassements ayant accompagné les travaux de la Commission administrative nationale, laquelle a décidé la tenue du congrès extraordinaire.
De ce fait, l’Union régionale du Kef a décidé de boycotter le congrès. Idem pour plusieurs syndicats de base dont celui de l’enseignement secondaire de Menzel Temim, gouvernorat de Nabeul, qui a décidé de boycotter le congrès. Au vu de ces rebondissements, le secrétaire général, Noureddine Tabboubi, est allé jusqu’à demander samedi dernier le report de ce congrès à une date ultérieure.
Une demande rejetée par les membres de la Commission administrative et, d’ores et déjà, les 614 congressistes qui devraient élire le nouveau bureau exécutif ont commencé à arriver à Monastir.
La même Commission administrative nationale a choisi le secrétaire général de l’Union régionale de l’UGTT de La Mannouba, Hassane Arfaoui, comme président de ce congrès extraordinaire…. A quoi faut-il, alors, s’attendre au vu de ces données ?
Vers une nouvelle crise… ?
Interrogé sur le sort de ce congrès extraordinaire prévu pour les 25/26 et 27 mars, l’activiste Salem Chérif nous a confié : « Maintenant que nous sommes devant le fait accompli, il est certain que ce congrès va éterniser la crise actuelle et sauf un « grand compromis », le prochain bureau exécutif sera contesté voire rejeté par une grande partie de la base syndicale ».
Et d’ajouter : « Il faut retenir cependant quelques détails qui pèseront sur l’avenir de l’UGTT. A mon avis, la candidature à nouveau de six membres de l’actuel bureau exécutif, dont Taher Mezzi, Salah Eddine Salmi, Othman Jellouli, Farouk Ayari, Hedia Arfaoui et Siham Bousta est une erreur au vu de la grande contestation de la base syndicale du bureau sortant.
Aussi, on assiste ces derniers jours à des concertations entre les dirigeants syndicaux et les candidats, dans une tentative d’élaborer des listes consensuelles avant le début du congrès, ce qui est de nature à discréditer ces élections voire les travaux de ce congrès.
Cependant, la multiplicité des candidatures et la divergence des visions rendent difficile un verdict concernant la composition du nouveau bureau exécutif, ouvrant ainsi la voie à plusieurs scénarios, allant d’un consensus partiel à des élections fortement disputées ».
A noter, par ailleurs, que ce congrès extraordinaire accueillera 614 délégués, répartis entre 539 représentants des syndicats de base et 75 membres de l’Instance administrative nationale, ce qui reflète l’ampleur de la participation.
Les candidatures ont également atteint des chiffres sans précédent, avec un total de 92 candidats, répartis entre les différentes structures dirigeantes : environ 46 candidats au bureau exécutif national, 25 candidats à l’instance du règlement intérieur et 21 candidats à l’instance de contrôle financier.
À la veille du congrès extraordinaire de l’UGTT à Monastir, tensions, contestations et divisions internes laissent présager une crise durable, sauf compromis capable de rétablir l’unité syndicale.
M.B.S.M.

