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Augmentation salariale : Et si le pétrole freinait les ambitions du gouvernement… ?

Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

Le chef de l’Etat a réaffirmé, lors de sa rencontre avec la cheffe du gouvernement, son engagement pour une politique sociale juste qui doit passer par la valorisation des salaires. Comment tenir cet engagement au vu de la conjoncture internationale actuelle ?

La situation économique et sociale du pays a été au cœur de la rencontre tenue dimanche dernier au Palais de Carthage entre le président de la République, Kais Saied, et la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, la ministre des Finances, Mechket Slama Khaldi, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, ainsi que le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar.

Le chef de l’Etat a rappelé à cette occasion que « la Tunisie fait face à de nombreux défis économiques et sociaux », appelant « à les surmonter malgré l’héritage lourd légué par des choix relevant du crime ».

L’application des dispositions de l’article 15 de la loi de finances 2026 a fait l’objet aussi d’une attention particulière du chef de l’Etat qui a réaffirmé sa position en vue d’une politique sociale juste et équitable. Comment, alors, la Tunisie pourrait relever ce défi au vu de la conjoncture internationale actuelle marquée par une envolée des cours du pétrole et du gaz ?

Pour l’expert en économie et en finances, Mohamed Salah Jennadi : « Il faut rappeler de prime abord que la Loi de finances de l’année en cours prévoit une revalorisation des salaires et des rémunérations dans les secteurs public et privé au titre des années 2026, 2027 et 2028. Cette mesure concerne également les pensions de retraite, dans une volonté affichée de soutenir le pouvoir d’achat de larges catégories de la population.

Seulement et avec le prix actuel du baril, à 113 dollars, cette hausse dépasse largement l’hypothèse retenue dans le budget de l’Etat tunisien, fixée à 63 dollars, avec une enveloppe de subventions d’environ 9,8 milliards de dinars.

Ce dépassement de 50 dollars pourrait engendrer une perte supplémentaire d’environ 8 milliards de dinars ». Où, alors, le gouvernement va chercher ses 8 milliards de dinars pour maintenir l’équilibre budgétaire et réaliser les objectifs prévus par la Loi de finances, notamment en matière de valorisation des salaires ?

Réalisme …

Selon notre expert : « Si on réfère aux déclarations du président de la République, Kais Saied, il semble que plusieurs lignes de financement ont déjà été mobilisées. Cela implique donc les dispositions prévues par la Loi de finances de 2026 portant sur la revalorisation des salaires et des rémunérations dans les secteurs public et privé au titre des années 2026, 2027 et 2028 ainsi que les pensions de retraite.

Alors pour faire face à cette hausse des prix de l’énergie, la Tunisie s’est bien préparée et c’est le secrétaire d’État auprès de la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane, qui confirme ce constat.

Lors d’une séance d’audition, organisée mercredi dernier par la Commission des finances et du budget, relevant de l’Assemblée des Représentants du Peuple, Chouchane a, en effet, annoncé que le département de l’Industrie a finalisé la plupart des contrats d’approvisionnement en pétrole brut avec l’Azerbaïdjan et ceux d’approvisionnement en gaz de pétrole liquéfié (GPL) avec l’Algérie, ainsi que des accords avec des fournisseurs européens.

Evoquant l’interconnexion avec l’Algérie et la Libye, il a affirmé que cinq lignes sont actuellement en service avec l’Algérie et deux autres li avec la Libye, ajoutant
que d’autres projets sont programmés pour renforcer la connectivité régionale. Ces mesures pourraient aider la Tunisie à amortir le choc et préserver l’équilibre budgétaire ».

M.B.S.M.

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