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Protection des enfants contre les dangers des réseaux sociaux : La responsabilité parentale dans le viseur du législateur

Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

Le député Fahmi Moubarak a affirmé que la protection juridique des enfants contre les dangers des réseaux sociaux est devenue une priorité nationale d’où la nécessité d’une proposition de loi visant à les protéger. Qu’en pensent les spécialistes ?

Le député au Conseil des enfants à la Commission nationale des régions et des districts, Fahmi Moubarak, a indiqué dans une déclaration donnée récemment à radio Mosaïque fm qu’une proposition de loi préconisant la protection juridique de l’enfance et de la jeunesse au sein du Conseil. Et d’ajouter que cette intuitive bénéficie de l’approbation du ministère de la Femme et de l’Enfance.

Elle vise à établir un cadre juridique strict pour réglementer l’utilisation de ces moyens par les enfants. Le député a, en outre, affirmé que « les parents sont responsables de l’usage que leurs enfants font de la technologie », soulignant que « donner aux enfants des téléphones ou des tablettes sans surveillance crée une forme de dépendance chez eux ».

Fahmi Moubarak a également rappelé qu’aujourd’hui personne ne peut nier qu’il existe un grand danger pour les enfants, car certaines personnes peuvent exploiter les mineurs sur les réseaux sociaux, ce qui les expose à des risques importants. Il a aussi indiqué que « la génération tunisienne est menacée par Internet et les réseaux sociaux, et que ce phénomène n’affecte pas seulement la génération actuelle, mais pourrait s’étendre aux générations futures ». Que comporte, alors, cette proposition ?

Selon le député : « Cette proposition prévoit d’interdire aux enfants de moins de treize ans d’accéder aux réseaux sociaux, et que toute utilisation doit se faire avec l’accord du père ou de la mère via un système de vérification biométrique.

Il a ajouté que « des sanctions financières strictes seront appliquées à toute personne autorisant les enfants à utiliser ces plateformes sans respecter la loi, en coordination avec le ministère des Technologies de la communication ». Quelle faisabilité accorder, par ailleurs, à cette proposition ?

Vaut mieux prévenir…

Même si, aujourd’hui, nous disposons de technologies qui nous permettent de savoir qui a donné le téléphone à l’enfant, la durée d’utilisation, et d’imposer directement des amendes, certains spécialistes estiment qu’il est difficile d’appliquer cette loi une fois adoptée et ce pour des raisons aussi bien techniques que sociales.

A cet effet, la présidente de la Commission des enfants et des jeunes au sein de l’Association internationale de défense des droits de l’Homme et des médias, Mariem Letaiem nous a confié : « La sécurité en ligne des enfants est un défi mondial, étant donné la nature volatile et sans frontière d'internet. Alors, il faut agir dans le noyau familial avec la sensibilisation en premier lieu des parents.

Sans interdire totalement à son enfant d’utiliser Internet, les enfants peuvent utiliser les réseaux sociaux avec l’accord du tuteur, afin de garantir un équilibre entre le contrôle parental et la liberté d’usage sous une supervision légale stricte.

Avec des rapports équilibrés entre parents et enfants, on peut les protéger d’une manière intelligente contre la dépendance numérique et empêcher leur exploitation en ligne ». Et d’ajouter ; « Dans certains cas, on peut imposer un contrôle légal strict via l’empreinte numérique, définir des cadres clairs d’utilisation selon l’âge et avec l’accord du tuteur ».

A noter que, selon le député au Conseil national des régions et des districts, Fahmi Moubarak : « Le projet est actuellement en phase de présentation au ministère concerné et fera l’objet d’une étude technique et sociale approfondie afin de garantir que toutes les mesures soient applicables et efficaces ». Il a souligné que l’implication des familles et de la société civile sera essentielle pour améliorer le projet avant son adoption finale.

En définitive, protéger les enfants contre les dangers des réseaux sociaux ne peut reposer uniquement sur une loi, aussi stricte soit-elle. Si l’arsenal juridique constitue un rempart nécessaire face aux abus et aux dérives, il reste insuffisant sans une implication réelle des parents et une éducation numérique adaptée.

Entre contrôle, dialogue et responsabilisation, l’enjeu est de trouver un équilibre durable qui préserve à la fois la sécurité et le développement des jeunes. Car au-delà des sanctions, c’est surtout une culture de vigilance et de confiance qu’il convient de construire pour faire du numérique un espace plus sûr pour les générations futures.

M.B.S.M.

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