Par Hassan GHEDIRI
Quinze entreprises tunisiennes auront l’occasion de comprendre et de maitriser leur impact environnemental lors de deux sessions de formation organisée cette semaine et courant juin…
Depuis le 1er janvier 2026, les entreprises qui exportent vers l’Europe se voient imposer une nouvelle exigence de laquelle dépendait désormais leur compétitivité dans des marchés très concurrentiels. Faire preuve d’une bonne maitrise de leur emprunte carbone, c’est-à-dire savoir mesurer, comprendre et réduire la quantité de gaz à effet de serre (GES) émis par son activité, est une condition sine qua non de compétitivité.
C’est que depuis le début de cette année, les importateurs européens sont obligés de déclarer et de compenser les émissions carbones incorporées dans leurs achats hors UE. Pour les entreprises tunisiennes qui exportent vers l’Europe, disposer d’un bilan carbone fiable et d’une comptabilité GES par produit représente un atout stratégique et une condition d’accès aux marchés mais aussi aux multiples mécanismes de financement européens. Les entreprises tunisiennes qui réalisent un bilan carbone bénéficient en effet d’un accès facilité aux financements verts (fonds GCF, BEI, AFD, BERD).
Le bilan carbone d'une entreprise est un audit complet de ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Il quantifie l'empreinte carbone générée par l'ensemble des activités de l'organisation sur une période s’étalant généralement sur une année et consiste à convertir toutes les sources d'émissions en équivalent CO₂.
Outre l’impératif règlementaire posé par le mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières (MACF) devenu effectif depuis janvier dernier, et qui impacte directement plusieurs industries exportatrices en Tunisie (métallurgie, ciment, engrais, électricité et hydrogène), la Tunisie a ratifié, en 2016, l’Accord de Paris sur le climat.
Notre pays qui s’est engagé à réduire ses émissions de GES de 41% à l’horizon de 2030. Pour ce faire, des encouragements et des mécanismes incitatifs pour aider les entreprises à adapter des démarches volontaires de mesure et réduction de leur empreinte environnementale.
Dans cette perspective, la Chambre tuniso-allemande de l’industrie et du commerce (AHK Tunisie) a prévu deux sessions de formations aux profits des entreprises tunisiennes sur le bilan et l’empreinte carbone. Ces formations qui auront lieu respectivement mercredi et jeudi prochain (13 et 14 mai,) et début mois prochain (3 et 4 juin), cible une quinzaine d’entreprises qui auront l’occasion, au cours des deux premiers jours, d’apprendre les fondamentaux du bilan carbone et s’initier aux méthodologies de calcul, de collecte et d’analyse des données.
Lors de la seconde session il sera, ensuite question de l’élaboration des stratégies de réduction et par le biais d’une plateforme digitale 100% tunisienne. CarboScan puisque c’est d’elle qu’il s’agit est une solution de gestion carbone développée selon les standards internationaux pour accompagner les entreprises en Tunisie, en Afrique et en Europe dans l’analyse de leur impact environnemental et à se conformer aux nouvelles règlementations internationales et aux exigences du marché européen.
L’objectif étant, donc, de comprendre les enjeux climatiques et réglementaires liés aux émissions de gaz à effet de serre, à maîtriser les concepts, réaliser un bilan carbone simple, interpréter les résultats pour enfin identifier les postes majeurs d’émissions et proposer un plan d’action.
Cinq secteurs en Tunisie se trouvent en première ligne face aux nouvelles exigences carbone en l’occurrence, l’industrie textile et habillement (principal secteur exportateur, fortement concerné par les attentes des donneurs d'ordres européens en matière de durabilité et de traçabilité environnementale), l’industrie mécanique et électrique (secteur exposé directement au MACF notamment dans les filières de composants métalliques et du câblage automobile), en plus de l’agroalimentaire, le tourisme et l’hôtellerie et le secteur bancaire et financier.
H.G.

