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Cybercriminalité : Comment se prévenir des effets pervers de l’IA ?

Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

Le FMI sonne l’alarme : l’IA pourrait faire vaciller les banques et provoquer une crise mondiale. Que faire pour éviter cette menace ?

Le scénario ressemble à un thriller technologique. Une simple faille informatique. Quelques lignes de code, une attaque ciblée contre une banque ou une plateforme financière, et en quelques heures, l’effet domino : panique sur les marchés, crise de confiance, tensions de liquidité et contagion mondiale. En effet, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont mis en garde contre les modèles avancés d’intelligence artificielle tels que Claude Mythos et ChatGPT 5, en raison de leur capacité à détecter les failles dans les systèmes bancaires mondiaux.

Selon les experts des deux institutions, ces systèmes disposent de capacités avancées leur permettant d’identifier des vulnérabilités de sécurité pouvant être exploitées de manière autonome, ce qui suscite une inquiétude croissante parmi les dirigeants du secteur financier quant à l’émergence de nouveaux types de menaces cybernétiques.

Et c’est Kristalina Georgieva, directrice du Fonds monétaire international, qui a exprimé son inquiétude à propos d’un nouveau modèle d’intelligence artificielle développé par Anthropic, estimant qu’il représentait des risques majeurs pour la cybersécurité. Elle a ajouté que les principales institutions financières, y compris les banques centrales, doivent « travailler ensemble » et faire preuve d’une grande vigilance dans la gestion des risques liés aux cyberattaques.

Plusieurs banques centrales, dont la Bank of England, avaient déjà affirmé que ces avancées en intelligence artificielle constituent un véritable défi. De son côté, Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, a averti qu’un mauvais usage de cette technologie pourrait entraîner des dommages considérables.

Certaines grandes banques, comme JPMorgan Chase, ont déjà commencé à tester ces modèles afin de renforcer leurs systèmes de défense. Toutefois, les autorités de régulation n’ont pas encore trouvé les meilleures solutions pour suivre le rythme des risques croissants liés à l’intelligence artificielle. Qu’en est-il de la situation en Tunisie ?

Régulation…

Pour les experts en cyberdéfense et crimes émergents et en informatiques, le mot d’ordre est l’urgence de réguler l'intelligence artificielle. « L’intelligence artificielle pénètre dans notre vie, pénètre dans n’importe quel domaine et ce n’est pas l’économie qui va la bloquer », nous dira l’expert en cyberdéfense et crimes émergents, Oussama Lahmar.

Et de préciser : « En ce qui concerne cette histoire d’intelligence artificielle en relation avec l’économie, oui en effet, c’est une relation directe. Pourquoi? Parce que l’intelligence artificielle a commencé à basculer la donne surtout au niveau « job » proprement dit. On parle de métiers qui vont être désertés ; métiers de justice, métiers d’informatique et de la technologie, etc. On parle de nouveaux médecins sur internet qui commencent à faire diagnostique. On va voir un renversement économique et sociale causé par l’IA.

De plus, l’intelligence artificielle s’accentue au niveau de la criminalité. C’est-à-dire ce phénomène est de plus en plus utilisé dans l’escroquerie, usurpation d’identité, fuite d’information, crimes électroniques, piratage, etc.

Malheureusement, on va trouver les spécialistes en technologie faire la promotion de ce phénomène et de cette technologie robotisée (sous formes de robots qui sont interconnectés via de grosses machines et des serveurs et qui essayent de collecter le plus possible d’informations sur les gens». Et pour finir, notre expert persiste et signe : « C’est un phénomène très mal compris».

« Autant, elle peut apporter le progrès pour l'humanité autant elle rend les gens deviennent automates », nous expliquera l’ingénieur en informatique, Fakher Karouida. Et d’ajouter : « L’autre facette de l’IA est quelle est en train de détruire des postes d'emploi comme l'architecture: plus besoin de payer 15 milles dinars pour un plan en 4D. Elle a tué des milliers de métiers… Les gens ne réfléchissent plus...même en traversant la route, les yeux sont braqués sur leurs téléphones...oui c'est un danger ». Comment, de fait, se prémunir contre les outils pervers de l'intelligence artificielle?

Selon notre ingénieur : « Si on prend le secteur bancaire, les banques tunisiennes, sous la supervision de la Banque centrale de Tunisie, prennent des mesures accélérées pour protéger le secteur financier contre les risques liés à l’intelligence artificielle, notamment avec l’augmentation du recours aux solutions numériques et l’émergence de menaces cybernétiques comme l’ingénierie sociale numérique.

La stratégie de protection s’articule autour des points suivants (jusqu’en mai 2026) : Gouvernance des données et cybersécurité :
Obligation pour les banques de mettre en place une politique interne de gouvernance des données (Data Governance) et de désigner un responsable des données (Data Officer) afin de garantir la qualité et la fiabilité des données, en plus de l’adoption de plans rigoureux de cybersécurité pour prévenir les risques technologiques et les cybermenaces.

Comités de pilotage et de contrôle : Création d’un comité de pilotage (Comité de pilotage) dans chaque banque, sous la supervision directe du conseil d’administration, afin de mettre en œuvre les réformes, avec une obligation d’audit périodique des systèmes d’information par des cabinets agréés. L’Utilisation de l’intelligence artificielle comme bouclier défensif : Intégration des technologies d’intelligence artificielle pour détecter les anomalies, surveiller et analyser ».

M.B.S.M.

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