La transformation de la Poste Tunisienne en établissement de crédit est devenue un enjeu majeur pour briser l'immobilisme du secteur bancaire privé. Porté par une proposition de loi déposée à l'ARP en juillet 2025, ce projet vise à transformer ses services financiers en une véritable « Banque Postale ».
L'atout majeur réside dans son maillage territorial unique : avec plus de 1 200 bureaux, la Poste est présente là où les banques privées s'effacent. En obtenant l'agrément pour octroyer des crédits, elle pourrait injecter une concurrence vitale dans un système jugé rentier, en proposant des financements à taux préférentiels aux PME et aux ménages modestes. Actuellement, la Poste gère déjà près de 25 % de l'épargne nationale, mais cette manne reste "stérile" car elle ne peut être réinjectée directement sous forme de prêts.
Cependant, le chemin reste semé d'embûches. Le gouvernement souligne que ce passage au statut de banque exige une refonte profonde des systèmes d'information et une mise en conformité stricte avec les exigences de la BCT.
Si ce défi est relevé, la Poste ne serait plus une simple caisse d'épargne, mais le pivot d'une inclusion financière réelle, capable de transformer l’épargne populaire en investissement productif pour l'économie nationale.
M.B.S.M.

