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Aucune plage en Tunisie n’est labélisée Pavillon Bleu : Cet échec à peine dissimilé qui nuit à la destination

Par Hassan GHEDIRI 

Le mercure monte, les vacances approches et l’APAL qui se dépêche pour tenter de préparer les plages à accueillir les estivants….

Comme chaque année, à la veille de la saison estivale, l’Agence de Protection et d’Aménagement du Littoral (APAL), qui agit comme le « gendarme » du domaine public maritime en Tunisie, multiplie depuis quelques temps ses interventions sur le terrain pour enlever les infractions et verbaliser les squatteurs des plages. Sur les réseaux sociaux, l’Agence enchaine les photos et les vidéos qui montrent que les préparatifs pour la saison des vacances vont bon train. Sur sa page Facebook officiel l’APAL tache à donner à voir une mobilisation réelle sur le terrain et une volonté d’améliorer l’état du littoral avant l’arrivée des estivants.

Mais ces efforts aussi louables soient-ils, contrastent fortement avec une autre réalité, qui passe malheureusement inaperçue. C’est que la Tunisie ne compte aujourd’hui aucune plage labellisée Pavillon Bleu qui fait office reconnaissance internationale prestigieuse pour les plages et les ports de plaisance, symbole de tourisme durable depuis 1987. Pourtant, il y a seulement une décennie, une trentaine de plages distinguées, ainsi que deux marinas portaient ce label.

En quelques années, le Tunisie a complètement disparu du classement qui constitue un des critères cherchés par des milliers de touristes au moment de la réservation de leur destination de vacances dans la Méditerranée. 

Le Pavillon Bleu repose sur une panoplies d’exigences environnementale et sanitaire. La propreté des plages et des eaux de baignade n'est qu'un des 45 critères exigés. Il ne suffit donc pas de nettoyer les plages à l’approche de l’été comme sont habituées de le faire l’APAL et les services municipaux, pour espérer décrocher ce label.

Il faut garantir toute l’année une qualité irréprochable des eaux de baignade, une gestion efficace des déchets, des infrastructures adaptées et une véritable éducation à l’environnement. Et c’est exactement cette implication permanant qui fait généralement défaut dans l’action des structures concernées.

Les actions menées aujourd’hui, bien qu’utiles, restent souvent ponctuelles et ne traitent pas les problèmes de fond. La pollution marine persiste, les rejets non traités continuent d’affecter les zones côtières le long du littoral. A cela s’ajoutent l’occupation anarchique des plages par les l contrôlée et une pression croissante sur le littoral.

L’APAL n’est pas seule à veiller sur le respect des règlements régissant le domaine public maritime en Tunisie. Elle est supposée être épaulée par les agences chargées de la protection de l’environnement (ANPE). Les deux semblent toutefois se contenter du strict minimum en ce qui concerne l’application des normes relative à la bonne gestion des plages. Outre la pollution qui est en passe de détruire les quelques plages restant fréquentables, l’absence des commodités élémentaires dans les plages est devenu chose ordinaire. 

La Tunisie qui, en 2016 avait vu au moins 33 plages et ports de plaisance labélisés Pavillon Bleu, n’en possède aujourd’hui aucun. En même temps, l’Espagne, l’Italie la Grèce et la Turquie se positionnent dans le top 10 des pays disposant de plus de 500 plages certifiées « Pavillon Bleu ». Le Maroc, notre premier concurrent touristique au Maghreb, en avait compté plus d’une trentaine l’été dernier. 

H.G.

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