Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Face à une saison touristique mondiale incertaine, les professionnels tunisiens misent sur la coupe du monde et sur l’alliance entre sport et loisirs pour réussir la haute saison. Quels sont les derniers préparatifs engagés ?
Le tourisme tunisien connaît une forte relance malgré les mutations internationales dues notamment à la guerre en Iran. Alors, on change de stratégie en se concentrant désormais sur la diversification du produit touristique culturel, écologique, médical et sportif, au lieu de dépendre exclusivement du tourisme balnéaire, tout en misant sur l’essor du tourisme alternatif et la conquête de nouveaux marchés afin d’assurer la pérennité du secteur.
A cet effet, l’hôtelier Maheur Hlel, nous a indiqué : « La Tunisie se prépare actuellement pour la saison touristique en cours, qui coïncide avec d’importants bouleversements internationaux, notamment les événements que connaît la région du Golfe arabe. Afin d’anticiper cette saison, des programmes et des plans de préparation intensifs ont été mis en place pour suivre les évolutions et s’adapter rapidement aux nouvelles situations, notamment au niveau des préparatifs logistiques et du rythme des réservations.
D’ailleurs, ces questions ont été discutées lors d’une réunion entre le ministre du Tourisme, les représentants des agences de voyages et les organisateurs de circuits, dans le but de prendre les mesures nécessaires en temps réel et de réagir de manière rapide et efficace aux évolutions, afin de renforcer le positionnement de la destination tunisienne sur la carte de l’offre touristique internationale, tout en poursuivant le développement des chaînes de valeur touristiques, depuis la gestion des réservations jusqu’à l’amélioration de la qualité des services ». Qu’en est-il, justement, de ces dizaines d’unités hôtelières fermées ?
Selon notre interlocuteur : « Afin de relever le défi de la qualité, d’améliorer et de diversifier les services touristiques, la Tunisie se prépare à investir davantage, à développer ses ressources économiques et à renforcer sa capacité d’absorption de la main-d’œuvre. Des fonds importants ont été, en effet, prévus pour restaurer et remettre à niveau les unités fermées. Le programme s’étale sur cinq ans et concerne également les hôtels en activistes et qui ont besoin aussi de travaux de rénovation ». Où en sommes-nous par ailleurs des préparatifs pour la haute saison ?
La coupe du monde, une aubaine ?
L’on sait que l’événement majeur de l’été 2026 est la coupe du monde de football. Certains observateurs estiment que combiner sport et loisirs peut aider les hôteliers à attirer des touristes. Pour l’hôtelier, Maheur Hlel : « Oui, la coupe du monde est un événement majeur et il faut en profiter pour attirer les touristes à condition de ne pas se limiter à la transmission des matchs sur des postes de télévisions.
Il faut, en effet, créer d’autres activistes autour de cet événement comme l’organisation des tombolas voir l’organisation de mini-matchs entre les touristes dont les pays participent à la coupe du monde ».
Et d’ajouter : « En effet, le secteur touristique ne se limite plus aux formes traditionnelles connues, mais englobe désormais de nouveaux modèles imposés par les transformations démographiques, sociales et environnementales à l’échelle mondiale. Par ailleurs, notamment après avoir été choisie comme capitale du tourisme arabe pour l’année 2027, la Tunisie œuvre à la revalorisation du patrimoine architectural et historique des médinas à travers la réhabilitation des anciens bâtiments et leur transformation en petits hôtels, offrant ainsi une expérience authentique au touriste désireux de s’immerger dans l’environnement culturel tunisien.
En parallèle, des unités hôtelières haut de gamme sont développées afin d’élever la qualité du produit touristique. Il convient également de souligner que la Tunisie dispose d’un important patrimoine immobilier inexploité : appartements et maisons, qui pourrait contribuer à attirer ce type de touristes tout en générant des revenus supplémentaires pour de nombreuses familles tunisiennes.
Pour promouvoir la destination tunisienne et les différentes formes de tourisme qu’elle propose, la Tunisie a élaboré une stratégie de communication fondée sur une approche et une vision globales visant à assurer le succès de cette distinction régionale du tourisme tunisien.
Celle-ci ne constitue pas un simple événement ponctuel, mais un projet national stratégique continu susceptible de provoquer un véritable saut qualitatif dans le secteur touristique, de renforcer le tourisme haut de gamme, de créer des richesses, de générer de nouveaux emplois et d’accroître davantage le rayonnement de la Tunisie à l’échelle arabe et internationale.
La réussite de cette échéance et des autres étapes stratégiques du tourisme tunisien exige des investissements dans plusieurs domaines ainsi qu’une volonté commune entre les secteurs public et privé ».
A noter que la Tunisie a réussi à enregistrer une relance qualitative et des recettes record. Les revenus du tourisme ont dépassé les 8 milliards de dinars (environ 2,9 milliards de dollars) en 2025, avec un taux de croissance avoisinant 6,5% par rapport à 2024, ce qui témoigne du retour de la confiance envers la destination tunisienne.
La coupe du monde pourrait ainsi offrir à la Tunisie bien plus qu’un simple engouement sportif : une occasion stratégique de repenser son modèle touristique et de confirmer son retour parmi les destinations les plus attractives de la région. Encore faudra-t-il réussir à conjuguer attractivité, qualité de service et capacité d’adaptation face à une conjoncture internationale toujours incertaine. Peut-on mieux faire cette année ?
M.B.S.M.

