Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Alors que l'OMS a annoncé hier la découverte de trois cas liés au Hantavirus, qu'en est-il de la situation en Tunisie et si notre pays est épargné de cette éventuelle nouvelle pandémie ?
L’Organisation mondiale de la santé a annoncé hier le début de l’évacuation de personnes d’un navire de croisière où des décès liés au virus Hanta ont été enregistrés, tandis que des experts ont confirmé l’existence d’une souche transmissible entre humains. L’organisation a, également, indiqué que trois membres d’équipage, soupçonnés d’être gravement malades à cause du virus, ont été évacués du navire « MV Hondius », amarré au large des côtes du Cap-Vert.
La croisière du navire « Hondius » s’est, en effet, rapidement transformée d’une aventure exploratoire en plein océan Atlantique en une crise sanitaire mystérieuse qui a suscité l’inquiétude des autorités internationales. Et pour savoir davantage sur ce virus, nous avons posé la question au Dr Ahmed Fouad Rekik. Ce dernier nous a confié ; " Le virus Hanta se propage rarement dans les zones rurales via les rongeurs.
L’infection se transmet principalement par l’inhalation d’air contaminé par l’urine, les excréments ou la salive de rongeurs, ou par contact avec des surfaces ou des aliments contaminés, et plus rarement par morsure. Les symptômes commencent par de la fièvre, de la fatigue, des douleurs musculaires, des maux de tête et des troubles digestifs. Ils peuvent évoluer en quelques jours vers un essoufflement et une accumulation de liquide dans les poumons, avec un taux de mortalité pouvant atteindre 40 %.
Par ailleurs, des symptômes graves peuvent également apparaître, notamment une forte fièvre, des douleurs dorsales et abdominales, pouvant conduire à une hypotension et à une insuffisance rénale, avec un taux de mortalité de 1 à 15 %. Malheureusement, il n’existe actuellement aucun traitement spécifique ; la prise en charge repose sur des soins de soutien tels que l’oxygénothérapie et l’administration de liquides, avec une importance particulière accordée au diagnostic précoce. Qu'en est-il de la situation en Tunisie et si notre pays est épargné de cette éventuelle nouvelle pandémie ?
Bonne nouvelle ...
Au moment où le débat est relancé concernant l'éventualité de la propagation d'une nouvelle pandémie, la professeure en maladies infectieuses, la docteure Reem Abdelmalek, a rassuré les Tunisiens à propos des informations relayées au sujet du virus « Hanta » (Hantavirus), affirmant que les rongeurs présents en Tunisie ne sont pas porteurs de ce type de virus.
La docteure Abdelmalek a, en outre, expliqué que le virus ne se transmet pas d’une personne à une autre. L’infection survient uniquement par contact direct avec les déjections d’un type spécifique de rongeurs sauvages, ce qui rend le risque de propagation en Tunisie quasi nul. De son côté, le docteur Zouhair Souissi a confirmé que le virus Hanta est connu et qu’il se transmet via les rongeurs, et qu’il ne s’agit pas d’un nouveau virus suscitant la panique.
Ces assurances interviennent dans un contexte de rapports médiatiques (mai 2026) faisant état de décès liés au virus Hanta à bord d’un navire de croisière international (« MV Hondius »), ce qui a suscité des inquiétudes quant à une possible propagation. En conclusion et selon l’avis des médecins spécialistes, il n’y a aucune raison de craindre une propagation du virus Hanta en Tunisie.
Ainsi, malgré le bruit médiatique autour du Hantavirus, les faits restent clairs : en Tunisie, la situation est sous contrôle… et la peur, elle, voyage plus vite que le virus.
M.B.S.M.

