Par Imen Abderrahmani
Comment le cinéma peut-il préserver la mémoire des lieux et des histoires ? Du 9 au 16 mai 2026, les « Journées Cinéma-Mémoire » feront l’état des lieux, proposant un programme alliant formation et projection.
La célébration du mois du patrimoine ne passera pas sous silence à l’Association tunisienne pour la promotion de la critique cinématographique (ATPCC) qui propose, à cette occasion et à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 16 mai les « Journées Cinéma-Mémoire : Écrire ce qui reste (encore) ».
Organisée à la Maison de la culture Ibn Rachiq, en partenariat avec l’École Supérieure de l’Audiovisuel et du Cinéma de Gammarth, la manifestation ambitionne de réunir cinéastes, chercheurs, étudiants et grand public autour d’une réflexion sur la mémoire des lieux et la transmission des images.
Le premier axe de la programmation est l’atelier « Raconte-moi la médina ». Proposé aujourd’hui et demain, et destiné aux jeunes de 14 à 18 ans, cet atelier sera animé par les cinéastes Ons Kamoun et Mohamed Bouhjar. Les participants seront bien accompagnés afin qu’ils parviennent à réaliser des très courts-métrages comportant leurs regards de la médina. De l’idée, du mot, ils passeront à l’image pour raconter ce lieu de mémoire riche en histoires.
Entre la mémoire intime et la mémoire collective, l’atelier tentera de construire de nouveaux récits, affirmant que le cinéma constitue un outil essentiel de sauvegarde de la mémoire. Par l’image, il documente les lieux menacés de disparition, conserve les récits oubliés et transmet les sensibilités d’une époque aux générations futures. Filmés aujourd’hui, les sites patrimoniaux deviennent des archives vivantes demain. Cette dimension mémorielle, à la fois artistique et documentaire, rappelle combien la création audiovisuelle participe à écrire l’histoire culturelle d’un pays et à nourrir la conscience collective.
Le ciné, gardien des mémoires
Quant au 2ème axe de la programmation, annoncé pour les 15 et 16 mai, il portera essentiellement sur l’échange entre réalisateurs, chercheurs et public. S’agissant de la première journée, celle du 15 mai, elle sera consacrée à la projection du bouquet documentaire « Ciné-Patrimoine : 10 sites, 10 documentaires » (2022), suivie d’une rencontre avec les réalisateurs et réalisatrices. Dix films courts proposeront autant de regards sur des lieux emblématiques, révélant la richesse et la fragilité du patrimoine tunisien à travers des approches esthétiques variées.
Quant à la deuxième et dernière journée (16 mai), elle sera rythmée par un séminaire ayant pour thème « Cinéma et patrimoine : constructions, conflits, esthétiques, transmissions ». Elle se poursuivra par l’avant-première du film « Au-delà du mur, sur les traces d’Isabelle » du réalisateur Abdelhamid Larguèche, avant de rendre hommage à Hmida Ben Ammar qui a quitté ce monde en décembre 2025. L’hommage sera marqué par la projection de son film documentaire « Zitouna au cœur de Tunis » (1982).
Imen. A.

