Par Imen ABDERRAHMANI
Plus de 55 films, quatre compétitions et une ouverture engagée, le Festival international du film pour l’enfance et la jeunesse (FIFEJ) revient du 6 au 11 avril avec une programmation riche, inclusive et tournée vers la jeunesse.
Au total : 55 films entre longs et courts-métrages, fictions et documentaires rythmeront la 15è édition du festival, conjuguant œuvres confirmées et créations issues de la jeune génération, entre cinéma indépendant, productions étudiantes et films amateurs. Structuré autour de quatre compétitions officielles (longs métrages de fiction, documentaires, courts métrages et films pour la jeunesse), le festival propose un panorama cohérent des récits consacrés à l’enfance et à l’adolescence, tout en valorisant des écritures cinématographiques variées et ciblant des jeunes et des enfants d’horizons et de besoins différents.
Le directeur de cette nouvelle édition du FIFEJ, Aymen Jellili a souligné, lors d’un point de presse tenu avant-hier, au cinéma Le Rio, que cette édition entend renforcer l’inclusion des enfants à besoins spécifiques, notamment à travers la projection du documentaire «Ma perception» de Benoit Maestre. Conçu selon la technique de l’audiodescription, le film permet aux personnes malvoyantes de suivre pleinement le récit et d’en saisir chaque détail.
Placée sous le signe de l’histoire et de l’imaginaire, l’affiche de la 15ᵉ édition du Festival International du Film pour l’Enfance et la Jeunesse de Sousse s’inspire de la mosaïque de Virgile, issue du patrimoine d’Hadrumetum (Sousse) au IIIᵉ siècle, considérée comme le plus ancien témoignage visuel du génie du poète latin.
Virgile y apparaît avec solennité, entouré de ses deux muses, Clio et Melpomène, tenant dans son rouleau les secrets de l’« Énéide » immortelle. Conservée parmi les joyaux du Musée national du Bardo, cette mosaïque rare devient une fenêtre vers un cinéma moderne et singulier.
Dans une réinterprétation saisissante, l’œuvre historique sort du silence des musées pour rejoindre l’effervescence des salles de projection : le poète se pare de lunettes 3D et partage avec les enfants d’aujourd’hui la passion du cinéma. Par ce geste artistique, l’affiche du FIFEJ réinvente une scénographie visuelle unique, offrant à la «perle du Sahel» un écrin où histoire, imaginaire et septième art se rencontrent, invitant les jeunes spectateurs à explorer le monde à hauteur d’enfance.
Avec « Nawi », un long-métrage signé Vallentine Chelluget et Apuu Mourine, le coup d’envoi de cette édition sera donné. Ce drame poignant retrace le parcours d’une adolescente confrontée à un mariage forcé, qui choisit de fuir pour poursuivre ses études.
Ces films d’ici et d’ailleurs
S’agissant de la compétition des longs-métrages de fiction, la sélection propose huit films venus de différents continents. La Tunisie y sera représentée par «Belles de nuit» de Khedija Lemkecher, aux côtés de productions d’Égypte, d’Irak, de Russie, du Venezuela, de Jordanie, de France et du Togo. Une sélection qui reflète la diversité des regards portés sur les enjeux contemporains liés à la jeunesse.
Dans la catégorie documentaire, « Notre semence » d’Anis Lassoued défendra également les couleurs tunisiennes, dans une compétition marquée par une forte présence africaine et arabe, avec des œuvres explorant mémoire, identité et transmission.
Quant à la compétition des courts-métrages, elle offre à voir huit films de plusieurs pays, dont « Maudites tomates » de Marwa Tiba pour la Tunisie qui a figuré dans la compétition officielle des Journées cinématographiques de Carthage (JCC) 2025. Egalement pour « Orangers Road » de Sami Farah (Syrie) et « 32B » de Mohamed Taher (Egypte) qui ont été dans la sélection officielle de la compétition des courts-métrages des JCC 2025 et dont ce dernier a remporté le Tanit d’or.
Parallèlement, la section dédiée aux films pour la jeunesse, regroupant amateurs, indépendants et écoles, met particulièrement en avant les jeunes talents, avec plusieurs réalisations tunisiennes, signe d’un vivier créatif en pleine effervescence.
Au-delà des projections
Lors de la présentation des jurys de cette édition, Aymen Jellili, le directeur artistique du FIFEJ a souligné que les différentes compétitions seront évaluées par des jurys composés de professionnels du cinéma et de la culture. Réalisateurs, actrice, productrice, distributeur et universitaire apporteront des regards croisés, tandis que la section jeunesse sera confiée à des figures tunisiennes engagées dans la création et la réflexion artistique.
Au-delà des projections, le FIFEJ affirme sa dimension pédagogique et citoyenne. Des conférences et rencontres sont programmées, notamment autour de la médiation artistique comme outil de prévention des violences chez les adolescents. Au programme aussi, deux conférences, ou panels, auront lieu parallèlement au volet cinéma et dont les sujets traiteront des « Images qui protègent » et « Les enfants qui s’engagent », alors que 10 ateliers se tiendront à l’adresse des enfants et des jeunes afin de les initier à l’acte cinématographique, au volet de l’écriture du scénario, de l’image, de la réalisation, etc.
Ces activités précèderont l’ouverture du festival, confirmant l’engagement du festival dans l’accompagnement des jeunes créateurs.
Pour les lieux de projection, c’est le Théâtre municipal de la ville de Sousse qui accueillera la majorité des séances, en plus de la Maison de culture de Hammam-Sousse, du Cinéma Tdour, de la salle du Complexe culturel et sportif Yahia Ibn Omar, à la maison de culture d’El-Kantaoui et à l’IFT de Sousse.
Avec cette 15è édition, le FIFEJ consolide sa place de plateforme dédiée aux cinémas de la jeunesse, alliant découverte, formation et engagement, tout en offrant une vitrine aux nouvelles voix du septième art.
I.A.

