CAN 2025 : Le tableau complet des 8es de finale
La phase de groupe de la CAN 2025 vient de vivre ses dernières heures. Place, à présent, à la seconde phase du tournoi avec ses fameux matches à élimination directe.
Des chocs qui promettent
Dans ce tableau des huitièmes, plusieurs confrontations ne manquent pas d’intérêt et risquent d’êtres intenses et spectaculaires. La Tunisie, qualifiée à la deuxième place dans le groupe C, derrière le Nigéria, défiera le Mali, l’Égypte affrontera le Bénin qui ne manque pas d’atouts alors que l’Algérie aura à affronter, malgré sa première place au premier tour, la RD Congo qui est un adversaire redoutable. Le pays hôte, le Maroc, devra passer l’obstacle tanzanien pour se hisser en quart de finale. Afrique du Sud- Cameroun et Côte d’Ivoire – Burkina Faso s’annoncent, également, pleins de suspense et d’intensité.
Le tableau des 8es de finale de la CAN 2025 se présente comme suit :
Samedi 3 janvier 2026
17h : Sénégal – Soudan
20h : Mali - Tunisie
Dimanche 4 janvier
17h : Maroc – Tanzanie
20h : Afrique du Sud - Cameroun
Lundi 5 janvier
17h : Égypte – Bénin
20h : Nigeria - Mozambique
Mardi 6 janvier :
17h : Algérie - RD Congo
20h : Côte d’Ivoire – Burkina Faso
Vers un derby Maroc-Algérie en demi-finale ?
Si les grosses cylindrées continuent de tenir leur rang - comme c’est le cas depuis le début de la CAN - le niveau devrait continuer de s’élever en quarts de finale, en particulier dans le bas du tableau. En cas de succès face à la RDC, l’Algérie pourrait croiser un autre gros morceau, le Nigeria, avant un potentiel derby du Maghreb face au Maroc dans le dernier carré, qui fait déjà saliver tous les suiveurs du football africain.
K.Z.
CAN 2025- Groupe E : L'Algérie fait le plein, le Burkina Faso et le Soudan passent
La troisième journée du groupe E a donné à voir une Algérie en grande forme malgré l'absence de plusieurs titulaires. Face la Guinée Équatoriale, les Fennecs ont remporté les débats par (3-1), œuvres de Belaid (19e), Chaibi (26e) et Maza (32e), contre un seul du Guinéen Nsue (51e).
Dans l'autre match du groupe, le Burkina Faso a assuré son passage aux huitièmes en venant à bout du Soudan 2-0). Buts de Traore (46e) et Kouassi (86e). Malgré la défaite, le Soudan se qualifie en étant l'un des meilleurs troisièmes.
Classement :
1 Algérie 9 points
2 Burkina Faso 6 pts
3 Soudan 3 pts
4 Guinée Équatoriale 0 pts
Jamel BELHASSEN
CAN: L'Egypte se propose d’accueillir l’édition de 2028
Le porte-parole du ministère égyptien de la Jeunesse et du Sport, Mohamed Chedly, a annoncé que son pays espère organiser la Coupe d'Afrique des nations 2028.
Il a ajouté que l’Égypte est totalement prête en matière d'infrastructures et que l'organisation de cette compétition fait l'objet de coordination entre le ministère et la Fédération égyptienne de football.
La Confédération africaine de football prévoit de passer à une CAN organisée tous les quatre ans, à partir de 2028, une édition qui marquera la fin du format biennal, en vigueur depuis la création de cette compétition en 1957.
Il est à rappeler que la dernière CAN organisée par l’Égypte remonte à 2019.
Banque centrale de Tunisie : Le taux directeur baisse à 7%
La Banque centrale de Tunisie (BCT) a annoncé un assouplissement de sa politique monétaire en décidant de réduire son taux directeur de 50 points de base, le portant de 7,5 % à 7 %, à compter du 7 janvier 2026. Cette décision a été prise lors de la réunion de son Conseil d’administration tenue mardi, consacrée à l’examen de la conjoncture économique et financière, tant au niveau national qu’international.
Dans le prolongement de cette mesure, la BCT a procédé à un ajustement des taux des facilités permanentes à 24 heures, afin d’assurer la cohérence du corridor des taux d’intérêt et une meilleure transmission de l’orientation monétaire au marché. Le taux de prêt marginal a ainsi été fixé à 8 %, tandis que le taux de dépôt auprès de la Banque centrale a été ramené à 6 %.
Par ailleurs, le Conseil d’administration a décidé de réduire le taux minimum de rémunération de l’épargne, désormais établi à 6 %, confirmant la volonté de l’institution d’accompagner la détente monétaire tout en préservant l’équilibre du système financier.
Recul de la croissance nationale
Au niveau national, la croissance économique a ralenti, atteignant 2,4 % au troisième trimestre de 2025, contre 3,2 % au trimestre précédent. Hors secteur agricole, la croissance s’est limitée à 1,5 %, pénalisée par le repli de secteurs clés tels que l’énergie, les industries du textile, de l’habillement et du cuir. Ces évolutions traduisent la fragilité de la reprise économique dans un contexte encore contraint.
Les réserves en devises ont atteint 25,5 milliards de dinars, correspondant à 108 jours d’importation, en léger recul par rapport à l’année précédente. Sur le marché des changes, le dinar tunisien a montré une certaine résilience, enregistrant une appréciation face au dollar américain, malgré un léger repli face à l’euro.
Concernant les prix à la consommation, la BCT note une décélération progressive de l’inflation, qui s’est établie à 4,9 % en novembre 2025, portée par le ralentissement de l’inflation des produits à prix administrés et une modération des prix des produits alimentaires.
CAN 2025 : Le tableau complet des 8es de finale
La phase de groupe de la CAN 2025 vit ses dernières heures. Plusieurs nations ont déjà validé leur place pour la suite de la compétition et le tableau des 8es de finale se dessine peu à peu. Voici les affiches connues jusqu’à présent.
Les derniers matches se déroulent aujourd’hui mercredi et le tableau final de la compétition se dévoile petit à petit.
Des chocs qui promettent
Dans ce tableau des huitièmes, plusieurs confrontations ne manquent pas d’intérêt et risquent d’êtres intenses et spectaculaires. Voici, à date, le tableau complet des 8es de finale. La Tunisie, qualifiée à la deuxième place dans le groupe C, derrière le Nigéria, défiera le Mali, l’Égypte affrontera le Bénin qui ne manque pas d’atouts alors que l’Algérie aura à affronter, malgré sa première place au premier tour, la RD Congo qui est un adversaire redoutable. Le pays hôte, le Maroc, devra passer l’obstacle tanzanien pour se hisser en quart de finale.
Le tableau des 8es de finale de la CAN 2025 se présente comme suit :
Mali - Tunisie
Sénégal - [3e groupe E]
Égypte - Bénin
1er groupe F - 2e groupe E
Afrique du Sud - 2e groupe F
Maroc - Tanzanie
Algérie - RD Congo
Nigeria - [3e groupe F]
K.Z.
Rétrospectives - La culture tunisienne en mouvement : souvenirs, talents et horizons
Par Imen ABDERRAHMANI
Si l’année 2025 n’a pas été marquée par de grandes réformes, elle a révélé une scène culturelle résiliente, portée par ses institutions, ses artistes et son patrimoine, capable de conjuguer héritage, création contemporaine et rayonnement au-delà des frontières.
L’année culturelle s’est ouverte sous le signe de la mémoire fondatrice avec la célébration du 150ᵉ anniversaire du Collège Sadiki, créé le 27 février 1875 par Kheireddine Pacha, figure emblématique du réformisme tunisien. Plus qu’un établissement scolaire, la Sadikia a incarné dès sa naissance un projet de société ambitieux : former une élite nationale ouverte aux sciences modernes, apte à accompagner les transformations politiques et administratives du pays.
Malgré les entraves imposées par le protectorat français à partir de 1882, l’institution est demeurée un foyer intellectuel et politique, nourrissant le mouvement national, comme en témoignent les événements d’avril 1938. Aujourd’hui installé à la Kasbah, dans un édifice néo-mauresque classé monument historique, le Collège Sadiki reste l’un des symboles les plus éloquents de la modernité tunisienne et de son héritage éducatif.
Dans le prolongement de cette mémoire collective, la Rachidia a célébré ses 90 ans, rappelant son rôle fondateur dans la sauvegarde de la chanson tunisienne authentique. Née dans un contexte anticolonial, au retour du Congrès de la musique arabe du Caire, l’institution s’était donné pour mission de préserver l’identité musicale nationale face aux influences étrangères et à la domination culturelle de la langue française.
Parlons toujours musique, il est à noter que cette année qui tire à sa fin a été marquée par l’attribution du Prix d’Honneur du Preis der deutschen Schallplattenkritik au compositeur et oudiste Anouar Brahem. Décernée par plus de 160 critiques européens, cette distinction salue une œuvre singulière, à la croisée des traditions arabes, du jazz et des esthétiques contemporaines, confirmant le rayonnement mondial d’un artiste profondément enraciné dans la culture tunisienne.
Carthage, Kairouan et le territoire redécouvert
L’année 2025 a également connu un regain d’attention porté au patrimoine archéologique. La réouverture du musée paléo-chrétien de Carthage, dans une version rénovée et enrichie, a constitué un temps fort. Fondé en 1984 dans le cadre de la campagne internationale de sauvegarde de Carthage lancée par l’UNESCO, le musée propose désormais un parcours repensé, intégrant dispositifs interactifs et nouvelles lectures des périodes romaine tardive et paléochrétienne.
Sur le terrain, les découvertes archéologiques se sont multipliées. À Carthage, le Tophet de Salammbô a livré un masque en albâtre datant de la fin du IVᵉ siècle avant J.-C., ainsi que de nombreuses jarres et offrandes votives liées aux cultes de Tanit et Baal Hammon.
À Kairouan, les travaux de restauration des bassins des Aghlabides ont révélé des structures hydrauliques inédites, mettant en lumière l’ingénierie médiévale islamique.
D’autres découvertes ont jalonné le territoire : un pressoir à huile romain tardif à Bechni (Kébili), des nécropoles antiques mises au jour à Sbiba (Kasserine) lors de fouilles de sauvetage menées par l’INP. À cela s’ajoute la restitution de près de 11 800 artefacts archéologiques depuis les États-Unis, fruit d’un long travail diplomatique et scientifique, marquant une avancée majeure dans la récupération du patrimoine national.
... Sous les projecteurs internationaux
Sur la scène cinématographique mondiale, la Tunisie a connu une année exceptionnelle. Le film « La Voix de Hind Rajab » de Kaouther Ben Hania a accumulé les distinctions : présélection aux Oscars, nominations aux Golden Globes, Lion d’Argent à la Mostra de Venise, Tanit d’Honneur aux JCC et sélection aux European Film Awards.
Autre succès marquant, « Promis le ciel » d’Erige Sehiri a remporté l’Étoile d’Or du Festival international du film de Marrakech, tandis que l’actrice Débora Lobe Naney a été saluée pour son interprétation. Toujours, dans le cadre des JCC, il est à rappeler que le film "Where the wind comes from" d'Amel Guellaty a remporté le prix du public, le prix du meilleur scénario et le prix de la liberté d'expression attribué par le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT). Le film a été également primé dans de nombreux festivals étrangers.
Au Caire, Afef Ben Mahmoud a été récompensée pour son rôle dans "Round 13", confirmant la présence affirmée des talents tunisiens dans les grands festivals internationaux. Le même film qui porte la signature de Mohamed Ali Nahdi a remporté le prix du meilleur film du "Festival international du cinéma Fajr" en Iran. Le même film a figuré et figurera dans d'autres prestigieux festivals. Des cinéastes comme Sahar El Euchi, Dorra Sfar, Khédija Lemkecher, Mehdi Barsaoui et Anis Lassoued ont continué à affirmer leurs trajectoires à l'écran.
Théâtre : une scène audacieuse et primée
La scène théâtrale tunisienne s’est illustrée par sa vitalité et son audace. La pièce "Les Fugueuses" de Wafa Taboubi s’est imposée comme l’événement de l’année, remportant à la fois le Tanit d’Or aux Journées Théâtrales de Carthage (JTC) et le Grand Prix du Festival national "Les Saisons de la création". La reconnaissance s’est également étendue à l’interprétation : Lobna Nooman a reçu le Tanit de la meilleure interprétation féminine aux JTC pour son rôle dans "Les Fugueuses", tandis que Fatma Ben Saïdane a été couronnée meilleure interprète féminine lors du festival "Les Saisons de la création".
La création « Othello et après… », produite par le Festival international de Hammamet, a été distinguée en Jordanie, tandis que « Jacaranda / Call Center Tragedy » de Nizar Saïdi a confirmé l’émergence d’une nouvelle génération de créateurs engagés, remportant le Tanit de Bronze aux JTC et trois prix lors du festival "Les Saisons de la création".
Littérature et édition : voix singulières
La littérature tunisienne a connu une année de confirmations et de distinctions prestigieuses. "Les jours du Fatimide assassiné" de Nizar Chakroun a figuré sur la liste longue de l’IPAF 2026, tandis qu’Omar Jemli a remporté le Prix Katara du roman arabe pour son œuvre historique inédite. Amira Ghenim a été distinguée par le Prix Fragonard de littérature étrangère pour "Le Désastre de la maison des notables", confirmant l’écho international de la création tunisienne, et Leïla Ben Hamad a reçu le Prix Émile Benveniste de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
Les grands prix Comar d’Or ont été attribués à Mehdi Hizaoui (Écris, tu seras aimé des dieux) et Chafik Tarki (Liman Tajmou wardak), tandis que Abdellatif Mrabet (Le vert et le bleu) et Sofien Rajeb (Ashab al Hodhod) ont été distingués pour leurs œuvres respectivement en français et en arabe.
Du côté des jeunes plumes, le prix « Découverte » a récompensé Houda Majdoub (Écoute-moi ma fille) et Balkis Khlifa (Nafitha ala achams). La Foire internationale du livre de Tunis a également honoré plusieurs auteurs : Maher Abderrahmene, Mohamed Ftoumi, Saif Ali, Sadok Achour, Saleh ben Romadhane, Hedi Khelil, Abdelaziz Ayadi, ainsi que des éditeurs jeunesse comme Amina Editions et Contraste Editions, attestant de la vitalité et de la diversité de la production littéraire tunisienne. D'autres intéressants livres ont bel et bien marqué la scène littéraire, affirmant le travail colossal mené par de nombreux éditeurs tunisiens.
Ils nous ont quittés
Toute année culturelle se mesure aussi à ses silences. En 2025, la scène tunisienne a été profondément marquée par la disparition de figures qui ont façonné, chacune à leur manière, l’histoire artistique et intellectuelle du pays.
Le théâtre et le cinéma ont perdu Fadhel Jaziri, créateur visionnaire, homme de scène engagé et passeur infatigable entre les arts, dont l’œuvre a profondément marqué la mise en scène contemporaine. À ses côtés, les comédiens Nour Eddine Ben Ayed et Ali Fersi ont laissé derrière eux des interprétations mémorables, inscrites durablement dans la mémoire du public.
Le monde de l’image a été endeuillé par la disparition du chef opérateur Ahmed Bennys, reconnu pour son regard exigeant et sensible, ainsi que par celle de Claudia Cardinale, icône internationale étroitement liée à l’histoire du cinéma méditerranéen et tunisien.
La littérature tunisienne a perdu l’une de ses voix les plus libres et singulières avec le décès de l’écrivain Hassouna Mosbahi, tandis que la musique a été frappée par la disparition de Kafon, figure marquante d’une génération ayant su traduire les réalités sociales et urbaines dans un langage musical direct et populaire.
La poésie populaire a également été endeuillée par la disparition, au mois de mars 2025, de Belgacem Abdellatif, l’une de ses figures emblématiques. À ces pertes s’ajoutent celles de l'homme de lettres Fraj Chouchen, de l'homme d théâtre et pédagogue Anouar Chaâfi, du critique de théâtre Ahmed Hadhek El Orf, de la jeune artiste Abir Jebali, de l'artiste peintre Hammadi Ben Saâd, de l'artiste pluridisciplinaire Wadi Mhiri, du sculpteur Abdelhamid Hajjam, ainsi que du producteur et acteur Habib Chaari, artistes et artisans souvent discrets mais essentiels à la vitalité de la création.
À travers ces disparitions, c’est une part précieuse de la mémoire culturelle tunisienne qui s’est éteinte. Mais leurs œuvres, leurs voix, leurs images et leurs gestes continuent de vivre, de circuler et d’éclairer le présent, rappelant que la culture est aussi un héritage vivant, transmis au-delà des absences.
Créativité, mémoire et audace
Les arts visuels ont occupé une place importante tout au long de l’année. Les galeries Aïcha Gorgi, Archivart, TGM Gallery, Selma Feriani Gallery et la Maison des Arts du Belvédère ont proposé des expositions conjuguant exigence esthétique, travail de mémoire et ouverture contemporaine.
Dans le même esprit de dialogue interculturel, la Bibliothèque nationale de Tunisie a accueilli l’exposition itinérante « Le Coran vu d’ailleurs » (février- avril 2025), explorant l’influence de l’islam sur la pensée européenne à travers des documents rares et précieux.
L’inscription du khôl sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO a consacré un savoir-faire ancestral tunisien.
Enfin, la une du magazine GEO d’octobre 2025, consacrée au patrimoine archéologique tunisien, a offert à la Tunisie un puissant coup de projecteur international, renforçant son image de destination culturelle majeure.
Entre mémoire et création, reconnaissance et recueillement, enracinement et ouverture, l’année culturelle 2025 apparaît comme un moment de maturité pour la Tunisie. Une année où la culture, loin d’être un simple décor, s’est affirmée comme une force vivante, capable de relier le passé au présent et d’ouvrir des horizons durables.
Après les turbulences et les ombres de 2025, 2026 se dessine comme l’aube d’une ère nouvelle, une année où les mots « réforme » et « renouveau » retrouvent leur souffle. C’est le temps de relever les défis laissés en suspens, de panser les blessures accumulées et de résoudre les problèmes qui ont jalonné l’année écoulée. Que cette nouvelle page soit celle de l’action et de la clairvoyance, où chaque décision, chaque initiative, participe à bâtir une société plus juste, une culture plus vivante et un horizon où la créativité et l’innovation se conjuguent pour l’avenir.
A tous ces artistes, auteurs, éditeurs, acteurs, artisans...qui ont fait bonheur, à ceux qui travaillent en silence mais surement et qui n'ont pas figuré sur notre bilan, que l'année 2026 leur apporte lumière, élan et reconnaissance, et que leurs œuvres continuent de nourrir nos rêves et nos imaginaires.
I.A.
Editorial : Un ticket pour l’enfer …
Par Chokri Baccouche
Décidément, les complots et les coups bas, c’est quelque chose d’inné chez les dirigeants israéliens. Comme qui dirait, une propension quasi naturelle à inventer un mal insidieux pour porter délibérément préjudice aux autres peuples. Les faits ou plutôt les méfaits qui confirment ce sinistre constat sont d’ailleurs légion.
Le dernier en date n’est autre que la reconnaissance, il y a quelques jours, par l’entité sioniste de l’indépendance du Somaliland, créant au passage une première et précédent lourd de conséquences, susceptible de déstabiliser davantage une région déjà en proie depuis des décennies à de vives tensions.
Formé en 1991, le Somaliland est indépendant de facto de la Somalie depuis une trentaine d’années mais reste sous le contrôle de l’État fédéral somalien, duquel il a fait sécession après avoir subi une guerre aux allures de génocide à la fin des années 1980. La reconnaissance du Somaliland par Israël a provoqué un tollé international.
Si cette décision a réjoui comme il fallait s’y attendre les Somalilandais et leur président, Abdirahman Irro, elle a provoqué en revanche un tollé international et a été dénoncée notamment par l’Union africaine, l’Egypte, la Turquie, la Tunisie ainsi que de nombreux autres pays membres de l’Organisation de la
Conférence islamique qui ont tous affirmé leur attachement à l’intangibilité des frontières de la Somalie.
Les observateurs avertis s’accordent à penser que Tel-Aviv cherche, à travers cette décision, à obtenir une place forte sur la très stratégique mer Rouge, à faire pencher en sa faveur les équilibres géopolitiques régionaux et, possiblement, à expulser vers ce territoire de la Corne de l’Afrique de nombreux Palestiniens.
De toute évidence les dirigeants sionistes sont traumatisés par l’embargo imposé par les Houthis du Yémen qui ont interdit aux navires israéliens ou liés à Israël de passer par le détroit de Bab Al-Mandab tout au long de la guerre à Gaza. C’est la raison pour laquelle ils cherchent à s’implanter sur les côtes du Somaliland qui sont justement situées en face du Yémen et peuvent, par conséquent, leur offrir une « plate-forme idéale pour prendre en tenaille les Houthis et déjouer l’influence régionale turque ».
Un deuxième intérêt moins cité est le désir israélien de trouver un pays qui accueillerait les Palestiniens que le gouvernement Nétanyahou veut à tout prix expulser de leur terre ancestrale. Pour rappel et plus tôt cette année, les efforts israéliens et américains visant à négocier un accueil des Palestiniens dans divers pays, y compris au Somaliland, ont fait couler beaucoup d’encre.
Bien qu’un tel scénario paraisse à ce stade hautement invraisemblable, l’État somalilandais pourrait y trouver son avantage, si cela impliquait une reconnaissance internationale plus vaste et d’importants transferts de fonds. Par cette reconnaissance, il n’est pas exclu également qu’Israël
cherche à bouleverser un ordre régional qui lui est globalement hostile.
Bref, les dirigeants israéliens ne sont jamais à court d’idées… saugrenues, surtout s’il s’agit de fomenter des complots et d’envenimer l’existence à d’autres peuples. Non contente de semer le fatras, la mort et la désolation au Moyen-Orient, l’entité sioniste s’apprête ainsi à exporter tout son savoir-faire en matière de coups tordus vers la Corne de l’Afrique où une nouvelle ligne de fracture géopolitique commence à se dessiner et qui risque de s’aggraver dans un avenir proche.
Confronté à des conflits claniques qui ont mis à mal son régime depuis sa victoire électorale du 13 novembre 2024, le président du Somaliland, Abdirahman Irro, perçoit la reconnaissance par Israël de son pays comme une opportunité inespérée pouvant lui rapporter beaucoup d’argent et surtout baliser le terrain pour d’autres initiatives diplomatiques similaires.
Il ignore en fait et peut-être sans le savoir qu’il s’est fourré dans un véritable guêpier qui pourrait lui coûter très cher et pour cause ! L’entrée du Somaliland dans la sphère d’influence israélienne pourrait lui valoir en effet l’animosité de nombreux pays qui considèrent ce rapprochement comme une véritable menace pour leurs intérêts dans la région.
Plus spécialement, les islamistes d’Al-Chabaab, qui ont laissé le Somaliland tranquille depuis 2008, ne risquent pas, logiquement, de rester les bras croisés et se laisser faire. Tout comme d’ailleurs l’immense majorité des quelque 12 millions de citoyens de l’Etat fédéral qui voient d’un très mauvais œil ce qui relève à leurs yeux d’une trahison à la fois de la cause palestinienne et de l’unité du peuple somalien.
Plus qu’un cadeau empoisonné, Israël a en fait offert au Somaliland un ticket d’entrée en première classe dans l’enfer d’un probable chaos et une inévitable incertitude…
C.B.
Foire internationale du livre de Tunis (FILT): Les candidatures pour les différents prix ouvertes jusqu'au 30 janvier 2026
Les candidatures aux Prix de la Créativité Littéraire et Intellectuelle et aux deux Prix de l’Édition sont encore ouvertes jusqu’au 30 janvier 2026, dans le cadre de la 40e Foire Internationale du Livre de Tunis (FILT) organisée du 23 avril au 3 mai 2026.
Les Prix de la Créativité Littéraire et Intellectuelle comprennent six prix, d’une valeur de 15 000 dinars tunisiens chacun : le Prix Bechir Khraief du roman, le Prix Ali Douagi de la nouvelle, le Prix Fatima Haddad de l’écriture philosophique, le Prix Taher Haddad des études humanistes et littéraires, le Prix Mustapha Khraief de poésie et le Prix Sadek Mazigh de la traduction de ou vers l’arabe.
Concernant les conditions de candidature, le candidat doit être de nationalité tunisienne, l’ouvrage présenté doit avoir été publié après le 1er janvier 2025, ne doit avoir auparavant remporté de prix et les publications à compte d’auteur ne sont pas acceptées.
Les deux Prix de l’Edition, d’une valeur de dix mille dinars chacun sont le Prix Abdelkader Ben Cheikh du meilleur éditeur de récits pour enfants ou adolescents, et le Prix Noureddine Ben Kedher du meilleur éditeur tunisien.
Les critères de participation concernent notamment la qualité des publications, le respect des normes juridiques et professionnelles, l’ancienneté dans le domaine de l’édition, la participation à des expositions et les capacités d’employabilité et de commercialisation.
Les dossiers doivent directement être déposés au bureau d’ordre de l’Etablissement National pour la Promotion des Festivals et des Manifestations Culturelles et Artistiques de la Cité de la Culture, ou envoyés par courrier recommandé avec accusé de réception, conformément à toutes les conditions et documents spécifiés pour chaque prix qu’il est possible de trouver sur la page officielle de la Foire internationale du livre dans les réseaux sociaux.
CAN 2025 - Groupe D : Le Sénégal, la RDC et le Bénin en huitièmes
La troisième journée du groupe D n'a connu ni surprise ni sensations fortes. Les meilleurs ont gagné largement. Le Sénégal a disposé du Bénin (3-0) grâce aux buts de Seck (31e), Diallo (62e) et Ndiaye (90+7e). Malgré la défaite, le Bénin se qualifie aux huitièmes de finale parmi les meilleurs troisièmes. Dans l'autre match du groupe, la RD Congo a battu largement le Botswana (3-0). Mbuku (31e), Kakuta (40e sur penalty et 60e) ont inscrit les buts des Congolais. Les Léopards seront deuxièmes à cause d’une différence de buts inférieure que celle du Sénégal (+4 contre +6), alors que le Botswana, qui a perdu ses trois matches, quitte la scène sans avoir inscrit le moindre but.
Classement :
1 Sénégal 7 pts
2 RD Congo 7 pts
3 Bénin 3 pts
4 Botswana 0 points
Jamel BELHASSEN
CAN 2025 - Groupe C / Tunisie – Tanzanie (1-1) : Malgré la qualification, on n’est pas sorti de l’auberge !
Dans un match aussi important pour la qualification, mais aussi pour le classement, les Aigles de Carthage ont livré une piètre prestation, se contentant d’un nul qui leur permet, tout de même, de prendre la seconde place pour affronter le Mali en huitièmes.
Les hommes de Sami Trabelsi sont revenus à un 4-4-2 qui sied mieux à l’équipe et à ses potentialités, avec des changements qui s’imposaient après la pâle prestation devant le Nigéria. Ainsi, Tounekti a été lancé dès le début sur le flanc gauche alors que Gharbi a pris la place de Sassi à l’entrejeu.
On s’attendait à une prestation tunisienne qui fera oublier celle de samedi dernier, or les camarades de Talbi n’ont pas réagi de la manière espérée par leurs supporters. Avec un entrejeu lent et peu inspiré, le jeu offensif des Tunisiens n’a pas du tout, ou presque, inquiété une équipe tanzanienne volontaire mais très limitée sur le plan offensif.
Ainsi, on a assisté à des tentatives très timides, d’une part comme de l’autre, jusqu’au tir de Gharbi qui a percuté la transversale. Et il a fallu attendre les dernières minutes de cette première mi-temps pour voir le score changer suite à un penalty obtenu par Mastouri et imparablement transformé par Gharbi (43’). Ce fut à peine mérité car les deux équipes n’ont quasiment rien montré pour s’imposer.
La reprise a été bien entamée par les Tanzaniens qui ont vite égalisé d’un tir des vingt mètres de Salum (48’) qui a surpris Dahmen qui a plongé avec du retard. Trabelsi a effectué plusieurs changements pour secouer ses joueurs et gagner ce match. Des changements difficiles à comprendre. Jaziri, Sliti, Ben Romdhane ont fait leur apparition, mais rien n’a changé avec un jeu brouillon et peu efficace. C’est dire que les Aigles de Carthage n’ont pas encore volé très haut et il va falloir le faire pour espérer s’imposer face au Mali au prochain tour.
Rappelons que la Tanzanie, qui termine troisième, est également qualifiée pour les huitièmes pour affronter le Maroc.
Formation de la Tunisie : Dahmen, Valery, Abdi, Talbi, Bronn, Skhiri, Gharbi (Haj Mahmoud 88’), Mejbri (Ben Romdhane 88’), Achouri (Sassi 52’), Tounekti (Sliti 64’), Mastouri (Jaziri 64’).
Kamel ZAIEM
Classement du groupe C
1*Nigéria 9 pts
2*Tunisie 4 pts
3*Tanzanie 2 pts
4*Ouganda 1 pt
Tunisie – Tanzanie : (1-0) à la mi-temps
Les Aigles de Carthage mènent à la mi-temps (1-0) grâce au but d’Ismail Gharbi, sur penalty (40’). Un penalty obtenu après une faute commise sur Mastouri.
CAN 2025 - Groupe C / Tunisie – Tanzanie (17h00) : Plus de droit à l’erreur
Les Aigles de Carthage ont déjà plié la triste page du match contre le Nigeria. La Tunisie jouera, cet après-midi, sa qualification pour les huitièmes de finale de la CAN lors de son dernier match de la phase de poules contre la Tanzanie (17 h). Et il va falloir éviter une défaite qui pourrait coûter très cher…
Les Tunisiens ont beaucoup déçu face au Nigeria malgré le sursaut d’orgueil du dernier quart d’heure. C’est que Sami Trabelsi, le sélectionneur des Aigles de Carthage, a très mal préparé son match, ses schémas tactiques et le choix des joueurs pouvant donner satisfaction face aux redoutables Green Eagles.
Pour le match d’aujourd’hui, Trabelsi va sûrement changer beaucoup de choses en fonction de ce qui s’est passé samedi dernier et des qualités de l’adversaire. La Tanzanie ne possède pas une grande équipe, mais son collectif est à prendre très au sérieux puisqu’ils ont su arrêter la machine nigériane lors de leur premier match et demeurent capables d’exploits.
Ce qui est évident, c’est que des joueurs comme Sassi et Achouri pourraient être mis sur le banc puisque le sélectionneur dispose d’autres solutions qui pourraient s’avérer plus utiles à l’ensemble. Cet après-midi, rien ne doit être négligé car l’équipe n’a plus de droit à l’erreur. Nous demeurons, évidemment, confiants et optimistes car les Aigles de Carthage sont capables de faire beaucoup mieux, mais il va falloir faire les meilleurs choix au niveau de la composition de l’équipe et de sa manière de jouer en fonction de l’adversaire.
A titre de rappel, il faut mentionner que les Tunisiens ont besoin d’un seul point pour assurer leur passage aux huitièmes même si nous espérons les voir arracher une nouvelle victoire.
Composition probable : Dahmen, Valery, Abdi, Bronn, Talbi, Skhiri, Sassi, Mejbri, Tounekti, Achouri, Mastouri.
Kamel ZAIEM
Rétrospective 2025 - Gaza : La « faim » d’un monde… de guerres las…
Par Chokri Baccouche
Les années se suivent et se ressemblent, dans la morosité, comme une série de casseroles cabossées. 2025 qui s’apprête à nous quitter sur la pointe des pieds n'a pas démérité son titre de "suite logique et aggravée" de toutes les catastrophes précédentes.
Le millésime finissant a été marqué, en effet, par un florilège de moments forts, rivalisant malheureusement de fadeur voire de sinistrose et confirmant, encore une fois, un état des lieux déplorable dans un monde aux abois. 2025 a été rythmée par la persistance des foyers de tension et des guerres.
A commencer par la guerre à Gaza où les disciples de Théodor Herzel, le père fondateur du sionisme, l’idéologie raciste et expansionniste chère au Premier ministre israélien Netanyahu et à la clique extrémiste de son gouvernement, ont semé la mort et la désolation dans l’enclave palestinienne sinistrée.
Gaza, une enclave dévastée mais également le sinistre théâtre d’un droit international en déliquescence ou plutôt dans un état de putréfaction avancée. Gaza, la « faim » d’un monde, devenu le miroir de notre inhumanité, nos heurts et malheurs, nos vices et sévices et surtout, surtout notre coupable apathie face au martyre et à la mise à mort préméditée et programmée de tout un peuple.
Ceux qui avaient cru que la signature d’une trêve allait mettre fin, ne serait-ce que momentanément, à cette tragédie kafkaïenne ont du déchanter. Les dirigeants sionistes ont vite fait de se dérober comme à l’accoutumée à leurs engagements et sont revenus à la charge, plus que jamais décidés de finir leur sale besogne et décimer les survivants palestiniens de l’holocauste.
En toute impunité et au vu et au su d’une communauté internationale qui fait preuve d’une impuissance affligeante.
De Gaza à la Syrie en passant par le Liban, le Yémen et l’Iran, les agressions israéliennes contre ses voisins se sont multipliées en 2025 à coups de bombardements massifs, de raids aériens, d’assassinats ciblés, d’incursions et d’occupations de nouveaux territoires avec son cortège funeste de morts, de désolation et de destructions.
Tel un cancer en métastase, le sionisme se répand à travers tout le corps moyen-oriental, semant le fatras et menaçant plus que jamais la paix et la stabilité fragile dans toute la région. Une région à gros enjeux géopolitiques et stratégiques qui n’est pas au bout de ses peines malheureusement.
La guerre en Ukraine est l’autre plaie qui refuse de se cicatriser. Près de quatre années successives après le déclenchement du conflit, les canons tonnent toujours dans cette partie du monde provoquant des dégâts matériels et humains de plus en plus lourds. Le comble, c’est que les va-t-en guerre étrangers continuent à souffler sur la braise et jeter de l’huile sur le feu.
Un peu à cause de leur ego démesuré et beaucoup par calcul géopolitique mesquin. Et dire qu’on aurait pu éviter dès le départ cette sordide guerre si ses protagonistes, indirectes notamment, avaient daigné donner une chance à la paix en balisant la voie pour que les « frères-ennemis » slaves trouvent un terrain d’entente qui préserve leurs intérêts respectifs.
Il n’en fut rien malheureusement, tant et si bien que tout le monde se retrouve aujourd’hui dans le pétrin. Dans la mélasse, il y a bien sûr les dirigeants ukrainiens qui ont commis l’erreur impardonnable, diront les mauvaises langues, de s’engager dès le départ dans une voie sans issue en prenant des risques démesurés qui ont finalement conduit à l’irréparable.
Loin d’être mieux lotie, l’Europe subit de plein fouet les effets pervers de cette guerre qui n’est pas près, malheureusement, de connaitre de sitôt son épilogue. La poussée inflationniste sans précédent qui sévit sur le vieux continent est l’une des conséquences les plus remarquables du conflit ukrainien. Elle met à mal la paix sociale dans de nombreux pays européens qui appréhendent l’avenir avec beaucoup de pessimisme dans l’état actuel, peu rassurant, des choses.
Dans cette Europe en crise et qui peine à sortir de l’ornière, le racisme y a trouvé malheureusement un terrain propice à la prolifération. L’islamophobie assumée est devenue en effet monnaie courante un peu partout sur le vieux continent, bien alimentée par des médias tendancieux financés et contrôlés par des lobbys et des groupes de pression servant des intérêts propagandistes bassement politiques.
La guerre au Soudan est l’autre conflit oublié. Cette guerre qui a éclaté en avril 2023 entre l'armée soudanaise et les Forces de soutien rapide, une organisation paramilitaire, a engendré en 2025 au côté de la tragédie gazaouie, la pire crise humanitaire au monde. Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 13 millions de personnes. Les deux généraux qui ont déclenché cette insoutenable guerre de pouvoir n’en finissent pas d’en découdre. Leur rivalité morbide promet en tout cas de plonger davantage le Soudan, théâtre d’une longue tradition de guerres civiles, dans les affres du chaos et de l’incertitude.
L’année 2025 a été par ailleurs traversée par de puissants mouvements de société cristallisés par les manifestations de la Génération Z dans plusieurs pays. Véritables cris de détresse d’une jeunesse marginalisée et laminée par le chômage et le désespoir, ces mouvements sont un véritable coup de semonce qui doit impérativement alerter les décideurs sur la nécessité de trouver des solutions urgentes et durables aux revendications légitimes des jeunes révoltés avant qu’il ne soit trop tard.
De la guerre létale, à la guerre commerciale déclenchée, tambour battant, par Donald Trump, le revenant 47ème président américain. Depuis son retour fracassant à la Maison Blanche, le milliardaire insubmersible a imposé des taxes douanières massives et prohibitives sur les importations visant à réduire les déficits américains. Cette politique protectionniste agressive n’a épargné aucun pays.
Même les alliés des Etats-Unis sont passés à la moulinette sans distinction. Fidèle à son credo de « l’Amérique d’abord », le fantasque chef de l’Exécutif U.S a ainsi mis le monde sens dessus-dessous mais a exposé également son pays à des représailles qui se sont traduits par une hausse sans précédent des prix pour les consommateurs américains, des tensions internationales et une instabilité économique mondiale.
La guerre commerciale de Trump a causé, en fait, beaucoup de tort à une économie mondiale déjà en pleine récession et qui ne cesse de tirer le diable par la queue. Elle remet fondamentalement en cause les règles du jeu économique international en abandonnant le multilatéralisme au profit d'une approche unilatérale et bilatérale et en paralysant l'Organisation mondiale du commerce. Pis encore, l’accès de fièvre protectionniste de Trump a transformé l'économie mondiale en un champ de bataille géopolitique où la logique de puissance prime sur la coopération, créant une incertitude et une restructuration des chaînes de valeur mondiale.
2025 a accentué en fait les bouleversements profonds qui secouent la planète.
Ces bouleversements annoncent l’émergence, dans la douleur, d’un nouvel ordre mondial dont les signes avant-coureurs se font sentir de plus en plus. Les faits saillants de ces changements majeurs se mesurent à l’aune des nouvelles alliances politico-économiques qui prolifèrent à vue d’œil un peu partout dans le monde. Le groupe des Brics conduit par la puissante locomotive chinoise en est l’un des principaux acteurs. La montée en puissance de cette alliance économique va entrainer dans son sillage de nombreux pays adhérents qui se bousculent déjà au portillon.
Autant dire que l’humanité est à l’aube d’une nouvelle ère même s’il faut admettre que le leader américain qui détient actuellement les rênes du pouvoir mondial fera tout pour garder son trône. A n’importe quel prix. Fut-il par la force des armes et de l’intimidation. L’histoire nous apprend que la fin proche d’un empire est toujours accompagnée par un séisme de forte magnitude dont l’onde de choc se répercute inévitablement aux quatre coins de la planète.
En Tunisie, 2025 nous a valu quelques bonnes satisfactions avec notamment une économie nationale qui tient relativement le coup et ce, dans un contexte international en crise. Les vannes du ciel ont été par ailleurs un tantinet plus généreuses durant le millésime finissant, au grand bonheur des gens de la terre, éprouvés par cinq années successives de sécheresse.
L’acquisition de nouveaux bus importés de Chine qui ont permis d’améliorer sensiblement la qualité du transport public notamment dans le Grand Tunis, figure par ailleurs parmi les événements marquants de 2025 . Une année placée également en Tunisie sous le signe de la solidarité agissante avec le peuple palestinien comme le prouve la participation remarquable et remarquée de notre pays à l’expédition maritime « Al-Soumoud » visant à briser le blocus de Gaza.
2025 a été marquée par ailleurs par des événements moins heureux dont notamment la crise environnementale due à la pollution au phosphogypse qui a provoqué des tensions sociales à Gabès. Les fâcheux incidents survenus dans la région sont venus nous rappeler l’extrême urgence de mettre en place une stratégie globale de protection de l’environnement, longtemps marginalisée dans notre pays. L’annoncé du verdict dans l’affaire liée au présumé complot contre la sureté de l’Etat, figure également parmi les événements phare du millésime finissant.
Les condamnations à des peines de prison lourdes de certains accusés sont interprétés par certains comme une application stricte de la loi pour protéger les institutions contre des tentatives de déstabilisation alors que d’autres dénoncent une crise de l’Etat de droit et un simulacre de procès instrumentalisé à des fins politiques.
A quoi faut-il s’attendre l’année prochaine ? Bonne question qui se pose et s’impose d’elle-même.
On peut dire que 2025 va léguer à son successeur un héritage le moins qu’on puisse dire vicieux et pernicieux, difficile à gérer. Et ce n’est certainement pas l’Italienne Giorgia Meloni qui va infirmer cette réalité. « 2025 a été difficile mais l’année prochaine sera bien pire » a d’ailleurs déclaré il y a quelques jours la cheffe du gouvernement de la Botte. Le propos de Meloni est une bouffée d'air frais dans le cynisme politique.
Mais on salue tout de même l’honnêteté, même si on aurait préféré un peu moins de « pire » et un peu plus de « mieux » pour 2026. Juste pour galvaniser le moral des bipèdes, toutes cultures, origines et religions confondues.
On ose espérer, malgré tout, que la situation sera nettement meilleure l’année prochaine pour tout le monde. Véritable miracle de la vie, l’espoir est le meilleur antidote contre la déprime et les aléas de l’existence. Bonne et heureuse année 2026 à tous…
C.B.
Editorial : Apprendre à faire son autocritique - Par Hassan GHEDIRI
Avant que ne retentissent demain les douze coups de minuit, tournons définitivement la page de 2025 et ouvrons le tout premier chapitre d’une nouvelle année que l’on espère, tous, placée sous le signe de la santé, du bonheur et de la prospérité, l’heure est naturellement aux bilans. La transition d’une année à l’autre est un moment particulier. C’est l’occasion pour avouer ses échecs, apprendre à s’autocritiquer et assumer les conséquences de ses choix. C’est aussi un instant qui invite à la modestie, à la sortie du déni pour affronter courageusement ses faiblesses avec une réelle volonté de se racheter.
Le bilan annuel est un exercice de vérité qui nous concerne nous tous, chacun dans son domaine, et qui consiste à revenir sur les objectifs que l'on s'est fixés et que l’on vit souvent comme un moment désagréable. En fait, il n’est jamais plaisant de revenir sur les choses qu’on a ratées au cours de l’année.
Et s’il demeure tolérable pour un individu de négliger cet exercice parce que cela relève des choses qui ne regardent personne d’autre, faire son bilan est un devoir pour ceux qui détiennent le pouvoir et tracent les grandes orientations économiques et sociales du pays. C’est une tâche incontournable qui incombe aux autorités publiques, dans toutes les institutions qui tracent, décident et exécutent les politiques publiques.
Leur responsabilité est incontestable, car ce sont leurs choix et décisions qui déterminent de quoi est fait le quotidien des Tunisiens, influencent leur pouvoir d’achat et créent les espoirs ou les désespoirs des centaines de milliers en quête d’un emploi décent et d’une vie digne.
L’année 2025 aura été marquée par la persistance de fragilités économiques profondes. Inflation élevée, croissance atone, tensions sur les finances publiques, difficultés d’investissement et érosion continue du pouvoir d’achat ont accentué le sentiment de précarité. Sur le plan social, ces déséquilibres se sont traduits par des difficultés de renverser la courbe du chômage chez les jeunes diplômés, de relancer le pouvoir d’achat des ménages et freiner la dégradation des services essentiels.
Ces réalités ne peuvent être minimisées ni justifiées uniquement par des facteurs conjoncturels ou externes. Elles sont aussi le résultat de choix de gouvernance qui ont montré leurs limites. L’absence de vision économique claire, le manque de dialogue avec les acteurs économiques et sociaux ont beaucoup affaibli la crédibilité du discours gouvernemental.
L’année 2026 est une opportunité pour repartir sur des bases solides et engager une rupture assumée avec les anciennes pratiques qui ont débouché sur un échec. L’Etat ne peut naviguer à vue, ni reporter indéfiniment les réformes. La nouvelle année exige une nouvelle approche de gouvernance basée sur la transparence, la rationalisation des dépenses publiques, la justice fiscale et la relance de l’investissement productif. Une gouvernance capable de doper la croissance et créer une dynamique génératrice d’emplois et qui garantit la dignité et la cohésion sociale.
Pour restaurer la confiance des Tunisiens dans leur avenir, il faut conclure un contrat social impliquant toutes les parties. Un contrat dans lequel les sacrifices et les bénéfices sont équitablement partagés. Mais il faut d’abord des réformes qui ne se font pas sur le dos des plus vulnérables. Des réformes qui tirent vers le haut la qualité des services publics et qui ne sanctionnent pas mais motivent les entrepreneurs, les salariés, les agriculteurs, les cadres et les jeunes porteurs de projets.
En 2026, la Tunisie a besoin de clairvoyance et énormément de courage pour reconnaître les erreurs de gouvernance. Redéfinir les objectifs économiques et replacer la justice sociale au cœur de l’action publique sont les conditions indispensables pour engager un processus de redressement fiable et crédible.
H.G.
CAN 2025 - Groupe A : Le Mali qualifié dans la douleur, élimination polémique pour les Comores…
Le groupe A de la CAN 2025 a rendu son verdict ce lundi. Pendant que le Maroc cartonnait la Zambie (3-0), le Mali et les Comores ont concédé un match nul insipide (0-0) aux conséquences opposées pour les deux équipes.
A Casablanca, le Mali n’a pas convaincu, mais les Aigles ont enchaîné leur troisième match nul face aux Comores (0-0), synonyme de deuxième place du groupe A derrière le Maroc, bourreau de la Zambie (3-0), et donc de qualification en 8es de finale de la CAN 2025.
Dans les dernières minutes, après recours à la VAR, Mahamat Alhadj Allahou a exclu de manière contestable la recrue lensoise Amadou Haïdara, qui avait touché le ballon avant la cheville de M’Changama. Mais ce n’est pas la décision la plus critiquée de l’arbitre tchadien, qui a ensuite provoqué la colère des Comoriens en sifflant la fin du match au bout des 5 minutes de temps additionnel, sans en rajouter, alors que plusieurs arrêts de jeu avaient été enregistrés après la 90e minute !
Cette décision est lourde de conséquences car, même s’ils terminent 3es, les Comoriens sont déjà éliminés. Avec un bilan de 2 points et une différence de buts de -2, ils seront forcément devancés par le 3e du groupe A, l’Angola (2 pts, -1), et ceux des groupes D, E et F, qui auront au minimum 3 points. Aucune chance donc de terminer parmi les quatre meilleurs 3es pour la bande à Stefano Cusin, pour qui l’aventure s’arrête là, sans le moindre but marqué.
Classement du Groupe A
1* Maroc 7 pts
2*Mali 3 pts
3*Comores 2 pts
4*Zambie 2 pts
















