Justice : jusqu’à 55 ans de prison pour un vaste réseau international de drogue et de blanchiment
La chambre criminelle près le tribunal de première instance de Tunis a prononcé de lourdes peines de prison allant de 45 à 55 ans à l’encontre de seize personnes, membres de l’un des réseaux internationaux les plus dangereux actifs dans le trafic de drogue et le blanchiment d’argent entre deux pays de l’Union européenne et la Tunisie. Parmi les condamnés figurent des agents d’une entreprise publique ainsi qu’un fonctionnaire. Les autorités ont saisi, dans le cadre de l’enquête, des drogues et des sommes d’argent d’une valeur dépassant trois millions de dinars.
Selon les éléments du dossier, les agents de la sous-direction de lutte contre les stupéfiants d’El Gorjani, à l’issue d’un travail de renseignement, de surveillance et d’investigation mené sur trois mois, ont réussi en novembre 2023 à démanteler ce dangereux réseau international de trafic de drogue opérant via le port de La Goulette, après l’acheminement des substances depuis deux pays européens.
L’opération a permis l’arrestation de six agents relevant d’une entreprise publique, d’un fonctionnaire, d’un chauffeur de taxi, de deux femmes et d’autres complices, à la suite d’une série de descentes dans leurs lieux de repli. D’importantes quantités de cocaïne et de cannabis (zatla) ont été saisies, ainsi que plus de vingt véhicules utilisés pour le transport de drogue et des sommes d’argent avoisinant un demi-million de dinars.
Après la comparution des seize accusés devant la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis, celle-ci a condamné six d’entre eux à 55 ans de prison, et les neuf autres à 45 ans d’emprisonnement. Le tribunal a également décidé d’infliger de très lourdes amendes à l’ensemble des condamnés.
Ligue 1 - 18e J. : Le ST confirme, l’Etoile stagne et l’USM cale
Elle était bien curieuse cette seconde moitié de la dix-huitième journée. Avec des cartons rouges, une VAR en panne, une autre qui livre son « diagnostic » après quinze minutes d’arrêt et une équipe qui n’est parvenue à marquer que lorsqu’elle s’est trouvée en infériorité numérique, cette mini-journée nous a fait montrer de toutes les couleurs.
Au Bardo, les Stadistes étaient dans l’obligation de gagner pour préserver leur troisième place. Certes, les Bardolais avaient l’avantage du terrain face à l’AS Soliman, mais ils ont dû souffrir pour dompter leur adversaire. Le ST a même évolué à dix après l’expulsion de Touré (62’), et c’est avec ce handicap que les Rouge et Vert ont trouvé la faille par N’Diaye sur penalty (78’). Grâce à ce succès, le ST réduit son retard par rapport au CA, le second au classement, et voit la suite avec optimisme, alors que pour les gars de Soliman, il va falloir faire encore plus pour retrouver l’efficacité et renouer avec le succès.
A Sousse, le match entre une Etoile du Sahel en proie au doute et une US Ben Guerdane qui s’améliore, s’est terminé avec une parité négative (0-0). Il y a eu un but marqué par les visiteurs à trois minutes de la fin, mais il a été finalement refusé, justement, après…quinze minutes d’arrêt. Pour les Sahéliens, le calvaire dure encore malgré le changement d’entraineur, ce qui confirme que le mal n’a rien à voir avec le staff technique.
L’Olympique de Béja a été parmi les grands bénéficiaires de cette journée puisque les Cigognes ont retrouvé le chemin du succès face à un adversaire, l’USM, nettement plus nanti sur le papier. Le but réussi d’entrée (1’) par Baha Cherni a été suffisant pour redonner de l’espoir aux locaux alors que les Monastiriens ont connu un coup d’arrêt, juste après leur victoire devant le leader du classement !
A La Marsa, l’avenir local a renoué avec le succès face à l’AS Gabès (1-0). Le but marqué contre son camp par Iheb Ben Amor (77’) a suffi pour redonner le sourire aux Marsois alors que pour les Gabesiens, le chemin du maintien est encore loin.
Kamel ZAIEM
Résultats
ST – ASS (1-0)
ASM – ASG (1-0)
OB – USM (1-0)
ESS – USBG (0-0)
Classement
1*Espérance de Tunis 40pts
2*Club Africain 38pts
3*Stade Tunisien 37pts
4*Club Sportif Sfaxien 35pts
5*US Monastirienne 30pts
6*Espérance de Zarzis 25pts
7*ES Métlaoui 25pts
8*Etoile du Sahel 23pts
9*US Ben Guerdane 23pts
10*AS Marsa 22pts
11*CA Bizertin 20pts
12*JS Omrane 19pts
13*Olympique de Béja 15pts
14*JS Kairouanaise 14pts
15*AS Soliman 13pts
16*AS Gabés 12pts
Libye : Les pays voisins peuvent-ils contribuer à la résolution de la crise ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
En recevant lundi dernier tour à tour les deux ministres des Affaires étrangères algérien et égyptien, le président de la République, Kais Saied, a insisté sur le rôle des pays voisins dans le règlement de la crise libyenne…
Le règlement politique de la crise libyenne, fondé sur l’unité du pays et le rejet de toute ingérence étrangère, a été au cœur des deux entretiens tenus lundi dernier entre la président de la République, Kais Siaed, et les deux ministres des Affaires étrangères, de la Migration et des Égyptiens de l’étranger, Badr Abdelatti, et le ministre d’Etat algérien, ministre des Affaires étrangères, de la communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf.
A cette occasion, le chef de l’Etat a souligné « l’importance de renforcer la coordination entre pays voisins afin de favoriser une solution politique durable, reposant sur la tenue d’élections nationales et la réunification des institutions ».
Saied a insisté également sur « la nécessité d’un processus strictement libyen, inscrit dans le cadre des efforts régionaux de stabilisation », rappelant au passage que « la solution en Libye doit être exclusivement libyenne, sans diktats extérieurs ». Le chef de l’Etat a souligné, en outre, « le rôle stratégique du mécanisme tripartite Égypte–Tunisie–Algérie comme cadre de concertation régionale ».
Interrogé, par ailleurs, sur les recommandations de ce sommet tripartite, le juriste et universitaire Salem Chérif nous a confié : « Il est important de rappeler que la sécurité et la stabilité de la Libye sont indissociables de la sécurité arabe régionale et de celle de la zone du Sahel et du Sahara. Faut-il encore que ces pays voisins de la Libye aient les moyens diplomatiques et le poids politique pour faire barrage aux convoitises des puissances internationales dont l’intérêt est les richesses naturelles de la Libye beaucoup plus que la stabilité et la paix dans ce pays voisin».
Que peuvent faire, justement, les pays voisins pour résoudre la crise libyenne dans un ordre mondial plus que jamais prédateur et marqué par un new libéralisme sauvage et poussé à son extrême, notamment par le président américain Donald Trump ? Plus qu’une crise, un champ de bataille… !
Les observateurs sont unanimes en concluant que ce qui se passe actuellement en Libye est plus qu’une crise, mais plutôt un champ de bataille. « Ce qui rend la crise libyenne encore plus complexe, c’est la confrontation entre différents acteurs régionaux.
D’une part, l’Égypte et les Émirats arabes unis – ennemis jurés des Frères musulmans – soutiennent militairement et diplomatiquement l’armée de Haftar et le gouvernement de Tobrouk; d’autre part, la Turquie et le Qatar soutiennent le gouvernement de Tripoli. Alors, des pays comme la Tunisie ou l’Algérie sont face à une crise qui dépasse la région pour s’étendre aux pays du Golfe et l’Europe.
On sait, justement, que Rome et Paris se veulent aussi être des acteurs clés dans le règlement de cette crise. De fait, nous sommes face à plus d’une approche pour résoudre cette crise complexe sans oublier la position américaine qui pourrait changer tout si, par malheur, le président américain décide de s’en
mêler ».
Et d’ajouter : « A mon avis et dans ces conditions, la seule issue possible et fiable est de trouver un moyen de règlement pacifique de la crise qui élimine la marginalisation de certaines régions libyennes, qui permet une répartition équitable des richesses et du pouvoir et qui reconstruit des institutions étatiques de la Libye capables d'assumer leurs responsabilités envers leurs citoyens, en plus de leur rôle et leur responsabilité dans le contrôle des frontières pour préserver la sécurité de la Libye et éviter de menacer la sécurité des pays voisins ».
M.B.S.M.
Hausse vertigineuse du cash en Tunisie : Quand l’économie nationale joue à ‘’cash cash’’
Par Hassan GHEDIRI
Tandis que les indicateurs laissent apparaitre une croissance remarquable des transactions électroniques, la quantité de billets et monnaies en circulation ne fait que battre des records…
Il est vrai que les Tunisiens ont encore un long chemin à parcourir avant de rejoindre les peuples qui s’apprêtent à dire bye-bye à l’argent liquide, mais selon un dernier bulletin de la Banque centrale de Tunisie publié en novembre 2025, la digitalisation des paiements va bon train dans notre pays.
Les chiffres portant sur les trois premiers trimestres de l’année écoulée ont, en effet, fait état d’une mutation profonde des pratiques de paiement illustrée par une croissance à deux chiffres des transactions dématérialisées en nombre et en valeur.
La BCT, qui s’est engagée depuis quelques années dans un programme très ambitieux de modernisation de l’infrastructure de paiement nationale dans le cadre da stratégie de décashing, s’est félicitée dans son bulletin de l’essor fulgurant des paiements électroniques.
Cette tendance célébrée par l’institut d’émission et qui devrait normalement marquer le début du déclin du cash se heurte toutefois au paradoxe d’une progression phénoménale de la quantité des billets et des monnaies en circulation dans l’économie tunisienne.
Alors que l’engouement pour les paiements par carte, bien que timide, est confirmé par les statistiques, l’explosion de la masse monétaire révélée par les nouveaux chiffres de la BCT suscite beaucoup d’interrogations.
Une hausse vertigineuse du cash a été en effet constatée en ce mois de janvier 2026 par rapport à la même période de 2025. Les chiffres font état d’un volume de 27,065 milliards de dinars (MD) à la date du 23 janvier contre 22,562 MD à la même période de 2025, soit une hausse de plus de 22% en l’espace d’une année.
Pour le cas de la Tunisie, ce phénomène en lui-même n’est point mystérieux mais c’est peut-être la vitesse inédite avec laquelle la quantité des billets en circulation est en train d’accroitre dans l’économie pose problème.
Pour la majorité des spécialités, l’augmentation de la quantité de monnaie disponible dans l’économie résulte principalement de la création monétaire excessive par la BCT (planche à billets) pour financer le déficit public en plus de la tendance de certains opérateurs économiques et de beaucoup de ménages au stockage d’argent liquide.
Incertitude
Mongi Mokaddem, professeur d’économie et de fiances à l’Université de Tunis, croit que le phénomène est beaucoup plus lié à la transformation radicale des pratiques de paiement des suites de l’abolition des chèques dans leur forme classique en plus de l’ampleur que prend l’économie informelle qui absorbe une grande quantité du cash. Ce sont les principaux facteurs qui expliquent pourquoi les Tunisiens font de plus en plus appel au cash dans leurs transactions monétaires.
Mokaddem tient toutefois à souligner que quand beaucoup de cash circule dans le pays cela ne reflète aucunement la bonne santé de l’économie mais plutôt un manque de confiance et d’une incertitude ambiante qui font que les gens préfèrent se faire payer en liquide. Il s’agit généralement des pièces sonnantes et trébuchantes que l’on garde dans des coffres-forts ou bien au chaud sous le matelas, dixit notre interlocuteur.
L’évolution quasi-incontrôlable de la quantité de billets de banque en circulation pose également le problème de l’exclusion financière qui se manifeste par un taux de 60% de Tunisiens n’ayant pas de compte bancaire et qui sont donc obligés d’utiliser l’argent liquide, ce qui est considéré comme pratique moyenâgeuse en termes de manipulation de l’argent. Environ un million de ménages tunisiens se trouvent en effet aujourd’hui à la marge des institutions financières formelles.
Il faut dire que l’Etat tente de remédier à ces faiblesses à travers la loi sur la lutte contre l’exclusion financière qui attend de prendre effet. Mais ce qui est sûr, c’est que cette marginalisation d’un pan enter de la population profite à des parties qui font tout pour entraver l’inclusion monétaire structurée et moderne.
D’où la nécessité pour l’Etat de s’engager avec plus de fermeté dans la lutte contre cette exclusion à travers la promotion des transactions hors cash et rattraper le retard qu’accuse la Tunisie par rapport à l’évolution accélérée du decashing dans le monde.
H.G.
Résultats Financiers Q4 2025
QNB, la plus grande institution financière au Moyen-Orient et en Afrique (Région MEA), a annoncé ce jour que le Conseil d’Administration durant sa réunion, a approuvé ses résultats pour l’exercice clos le 31 décembre 2025.
Le Conseil d’Administration du groupe QNB a recommandé à l’Assemblée Générale la distribution d’un dividende en numéraire à hauteur de 37,5% de la valeur nominale de l’action (QAR 0,375 par action) pour le second semestre de l’année 2025, après avoir pris en compte la solide performance financière réalisée en 2025. Le volume total des dividendes distribués pour l’exercice clos le 31 décembre 2025 a atteint 72,5 % de la valeur nominale de l’action (QAR 0,725 par action). Les résultats financiers de 2025 ainsi que la distribution des bénéfices sont soumis à l’approbation de la Banque Centrale du Qatar (QCB) et de l’Assemblée générale.
Le résultat avant provisions et impôts a atteint 18,4 milliards QAR (5,1 milliards USD) avec une augmentation de 10% par rapport au 31 Décembre 2024.Les Bénéfices nets ont atteint 17 milliards QAR (4,7 milliards USD) réalisant ainsi une progression de 2% par rapport à la même période de l’année précédente. Le résultat d’exploitation s’est élevé à 44,8 milliards QAR (12,3 milliards USD), soit une augmentation de 8% par rapport à la même période de l’année écoulée ; reflétant ainsi la performance du Groupe à maintenir une croissance stable au niveau de toutes les sources de revenus.
Le total des actifs au 31 décembre 2025 a enregistré une augmentation de 7 % par rapport au 31 décembre 2024 pour atteindre 1,391 milliards QAR (382 milliards USD), grâce principalement à la croissance des crédits à la clientèle qui ont augmenté de 12% pour atteindre 1,081 milliards QAR (280 milliards USD). Le volume des dépôts clients a augmenté de 8% par rapport au 31 décembre 2024 pour atteindre 955 milliards QAR (262 milliards USD) grâce à une diversification réussie des dépôts générés.
Le Groupe a maintenu son ratio d’efficacité opérationnelle (mesuré par le ratio coût-revenu) à 23.3% soit l’un des meilleurs ratios parmi les grandes institutions financières de la région MEA.
Au 31 décembre 2025, le taux des créances non-performantes a atteint 2.6% avec un ratio de couverture des créances de 100% reflétant ainsi la haute qualité du portefeuille crédits du Groupe et la gestion efficiente du risque de crédit.
Le total des capitaux propres a progressé de 10% par rapport à décembre 2025 pour atteindre 125 milliards QAR (34 milliards USD). Le bénéfice par action a atteint 1,74 QAR (0,48 USD).
Le ratio d’adéquation des fonds propres (CAR) a atteint 19,3% au 31 décembre 2025. Le ratio de liquidité à court terme (LCR) et le ratio structurel de liquidité à long terme (NSFR) ont atteint respectivement 144% et 105%. Ces ratios excèdent les exigences minimales règlementaires de la Banque Centrale du Qatar et du Comité de Bâle III.
Le Groupe QNB emploie plus de 31.000 collaborateurs dans plus de 28 pays à travers 3 continents, répartis sur plus de 900 sites et dispose de plus 5.000 distributeurs automatiques de billets.
Editorial : Hubris horribilis…
Par Chokri Baccouche
L’hubris est certainement l’un des mots les plus puissants inventés dans la Grèce antique. Ce terme désigne, pour ceux qui l’ignorent, une arrogance excessive qui pousse un simple mortel à se hisser au rang des dieux ou à défier leur autorité.
Conceptualisé par David Owen, médecin et ancien ministre britannique, et Jonathan Davidson, un célèbre psychiatre, l’hubris est redéfini comme un syndrome qui affecte notamment les dirigeants politiques et se manifeste par une conviction de toute-puissance et un narcissisme poussé à l’extrême.
Il se traduit par une perte de réalité, une tendance à la paranoïa et une surestimation de ses capacités. Bref, l’hubris est un terme taillé sur mesure pour qualifier une personne extrêmement égocentrique, d’une mégalomanie maladive, qui se prend en somme pour dieu sur terre et se croit sorti de la cuisse de Jupiter. Owen et Davidson listent 14 symptômes pour diagnostiquer le syndrome de l’hubris chez les dirigeants ou les politiciens.
Il s’agit notamment d’une « vision narcissique du monde comme arène de gloire, une obsession pour l’apparence, une fusion des intérêts personnels avec ceux de la nation, une croyance en une quasi-omnipotence, et une déconnexion de la réalité par isolement ».
Mine de rien, on peut dire qu’il y a aujourd’hui pas mal de dirigeants politiques qui répondent à ces « critères sélectifs » de l’hubris et dont les dérives comportementales frisent le délire et donnent le tournis aux psys les plus rompus dans l’art de déceler le secret des personnalités les plus ambiguês et insondables.
Le président américain Donald Trump en fait certainement partie et on peut même affirmer sans risque de se hasarder qu’il est bien placé pour battre à plate couture tous ses concurrents dans ce registre. En à peine une année après son retour à la Maison Blanche, le milliardaire américain a réussi en effet la «remarquable performance» de mettre le monde sens dessus-dessous avec des perspectives qui font désormais craindre le pire.
L’hubris du nouvel ordre étatsunien version Donald Trump se vérifie à l’aune d’un impérialisme ultra-agressif, vorace et prédateur. Du Venezuela à l’Iran, en passant par le Groenland, Cuba, le Panama, le Canada, mais aussi vis-à-vis des alliés européens des Etats-Unis, le président américain déploie une stratégie léonine régie par la loi du plus fort et où le chantage à la guerre commerciale le dispute au mépris du droit international.
Aux yeux du fantasque chef de l’Exécutif U.S, les territoires, les ressources et les peuples ne sont que des marchandises à conquérir. Tout s’achète, se sanctionne ou se soumet. Derrière l’outrance, il y a une réalité stratégique au service des multinationales étatsuniennes : la ruée vers l’Arctique, ses richesses dans le sol et le sous-sol, sa route maritime stratégique et sa volonté d’y imposer sa loi face à la Chine et à la Russie.
Grisé par le succès tactique de la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro, Donald Trump poursuit son travail de sape du multilatéralisme, du droit international et des alliances savamment bâties par ses prédécesseurs. Il se prend pour le nouveau sheriff d’un Far West dont il serait le maître au nom de la doctrine Monroe. De l’Alaska au Cap Horn, il s’agirait désormais de son empire où il fait la loi, sa loi.
Comme sur un Monopoly géant, il achète et troque, il deale et pille les ressources naturelles au détriment de toute considération environnementale et économique et au mépris total du droit élémentaire du libre choix et de l’autodétermination des peuples. Il dérégule à tour de bras, considérant que son instinct est suffisant, remplaçant et la morale et le droit.
Donald Trump, qui ne porte pas en odeur de sainteté l’ONU et toutes ses structures, parce que trop rebelles à son goût et se rebiffent de plus en plus contre ses desideratas et ses diktats, s’en est allé même jusqu’à créer son propre « Conseil de la paix ». Il s’agit d’une organisation qui regroupe non pas les Nations unies mais les pays soumis aux oukases de celui qui se considère « l’empereur des empereurs » et le maître incontestable et incontesté d’un monde qu’il tient à mettre sous sa botte.
Le plus loufoque et risible dans cette affaire c’est que l’entrée dans ce club très select est fixée par le régent de la planète à 1 milliard de dollars. Comme quoi, « pute, soumise » et d’une générosité débordante n’est pas un slogan creux dans le domaine des relations internationales aujourd’hui.
Trump, un hubris horribilis doublé d’un chef d’Etat devenu un véritable danger pour la planète ? Nombreux sont les dirigeants ou les simples citoyens dans le monde à répondre à cette question par l’affirmative. Les premiers le pensent tout bas de peur de faire l’objet de sévères représailles, contrairement aux deuxièmes qui inondent les réseaux sociaux de critiques désobligeantes à l’égard du locataire de la Maison Blanche.
Faut-il laisser pour autant le président américain remodeler à sa guise la face du monde au gré de ses seuls intérêts sans réagir ? Ce serait une grave erreur aux conséquences incalculables que de laisser bien évidemment le monde sous l’emprise de l’arbitraire trumpien. L’issue de cette situation intenable et extrêmement dangereuse pour l’avenir de l’humanité ?
Seule une réaction concertée et collective de l’ensemble de la communauté internationale peut donner un élément de réponse tangible à cette question. Plus exactement, il faut sonner la résistance en exorcisant les démons de la peur…celle-là même qui nourrit justement l’appétit gargantuesque et les velléités prédatrices de Trump. Autrement dit, l’union fait la force contre l’oppression.
Si par malheur tel ne sera pas le cas, il ne reste plus aux peuples vulnérables notamment que de jeter leur dévolu pour s’en sortir sur la mythologie de l’antique Grèce : les Grecs croyaient que l’hubris attirait inévitablement la colère des dieux, qui voyaient cela comme une menace à leur suprématie. En conséquence, un châtiment était infligé, souvent sous la forme d’une némésis, une punition divine visant à rétablir l’ordre et à rappeler à l’homme sa condition mortelle.
Donald Trump connaîtra-t-il le sort tragique d’un certain Icare, qui vola trop près du soleil, ou Tantale qui vola aux dieux le nectar et l’ambroisie ? Quand on s’arroge le droit de se hisser au rang d’un dieu alors qu’on est un simple mortel, on court forcément le risque d’en subir, tôt ou tard, les fâcheuses conséquences. Les lois divines, de la nature ou des hommes s’associent d’ailleurs pour confirmer cette indiscutable vérité…
C.B.
Lancement de la Bibliothèque numérique arabe pour soutenir la transition digitale des éditeurs arabes
L’Association des éditeurs arabes a annoncé le lancement, hier, du projet de Bibliothèque numérique arabe, dans le cadre du forum « L’édition numérique arabe : nouveaux horizons et avenir prometteur », organisé par le Centre de langue arabe d’Abou Dhabi, dans le cadre des activités du 57ème Salon International du livre du Caire (21 janvier – 3 février 2026).
La Bibliothèque numérique arabe, un projet lancé par le Centre d’Abou Dhabi en collaboration avec deux célèbres plateformes, sera spécialisée dans le contenu arabe et permettra aux éditeurs arabes de présenter leurs livres numériques et audio dans un espace numérique sécurisé et organisé, tout en respectant les normes internationales les plus élevées en matière de protection de la propriété intellectuelle et de gestion des revenus, indique un communiqué de l’Association des éditeurs arabes.
Les principaux avantages offerts par ce projet aux éditeurs arabes sont les suivants :
– L’élargissement de l’accès aux lecteurs dans le monde arabe et au-delà, y compris les communautés arabes et les institutions éducatives et culturelles internationales.
– La diversification des sources de revenus grâce à plusieurs modèles, notamment la vente directe, les abonnements et les offres institutionnelles.
– La fourniture de données précises sur les habitudes de lecture et les marchés les plus actifs, afin de faciliter les décisions en matière de publication et de distribution.
L’Association a invité tous les éditeurs arabes à s’inscrire et à participer à l’initiative visant à soutenir la transition numérique des éditeurs arabes, et à profiter des avantages matériels et techniques offerts par le centre, via le lien suivant qui contient tous les détails de cette initiative vi le lien suivant : https://dal.arabookverse.com/.
L’Association des éditeurs a fait part d’une série de conditions relatives au contenu. En effet, les livres tombés dans le domaine public seront exclus s’ils ont déjà été publiés sous forme électronique par un autre éditeur. La bourse sera uniquement limitée aux livres de fiction et de non-fiction ainsi qu’aux bandes dessinées (Comics). Les livres pour enfants sont exclus dans cette étape. L’éditeur doit également obtenir les autorisations et les permis nécessaires auprès des autorités compétentes de son pays, y compris l’adhésion à l’Association des éditeurs et la numérotation internationale des livres.
L’éditeur doit nécessairement remplir le formulaire de candidature et télécharger le formulaire de données descriptives de ses publications. Les livres sont acceptés aux formats suivants : Word, InDesign Package et ePub3. Si le livre est soumis au format ePub3, le fichier doit être nommé comme suit : 9789771234567 epub. La couverture doit être au format JPEG - RGB pour la face avant uniquement, et sa taille ne doit pas dépasser les10 mégaoctets. Le fichier doit être nommé comme suit : 9789771234567.jpg
Les avantages de la participation au projet sont les suivants :
1/ Numérisation des livres aux frais de l’initiative et distribution du contenu numérique à l’échelle mondiale sur plus de 300 plateformes, en plus de la plateforme de la bibliothèque arabe numérique (DAL) et de plus de 10 000 bibliothèques publiques à travers le monde, avec calcul des bénéfices de l’éditeur sur une base trimestrielle.
2/ La restitution du fichier numérique au format ePub3 à l’éditeur, ce qui lui permet de l’utiliser et de le distribuer sur les plateformes arabes locales ou sur sa propre plateforme.
3/ La protection des livres participant au projet contre le piratage numérique répandu via des fichiers PDF non autorisés.
4/ La présentation d’incitations financières pour encourager les éditeurs arabes à participer à l’initiative (entre 1 000 et 10 000 dollars américains), la priorité étant donnée à ceux qui envoient leurs livres au projet en premier.
Le Quotidien avec TAP
Panorama International Short Film Festival 2026 : Voir grand en format court
Par Imen Abderrahmani
Du 2 au 7 février 2026, le « Panorama International Short Film Festival » investira le cinéma Amilcar à Tunis. Une 11ème édition placée sous le signe de la diversité et de la créativité avec au programme quarante films.
Le Panorama International Short Film Festival (PISFF) est de retour, avec une programmation riche et éclectique, confirmant sa place parmi les rendez-vous cinématographiques attendus de la saison culturelle tunisienne.
Placé sous le slogan « Petits plans… grandes histoires », le festival propose une immersion dans l’univers du court- métrage, un format libre et audacieux, souvent révélateur de nouveaux talents.
Cette édition comportera au total 40 films de vingt pays, dont quatre courts-métrages tunisiens, illustrant d’une part la vitalité de la production locale et l’ouverture, de l’autre, de cette manifestation avec les cinématographies du monde.
Le festival s’ouvrira le lundi 2 février avec « Mango » de la réalisatrice égyptienne Randa Ali, film qui a été déjà au programme des Journées cinématographiques de Carthage 2025. Cette même journée d’ouverture verra également la projection de deux courts-métrages tunisiens « Une journée presqu’ordinaire » de Slim Belhiba et « Entre deux mondes » de Hédia Ben Aïcha. Pour la clôture, elle sera palestinienne avec à l’affiche, et en première tunisienne, le film palestinien « I Know You Can Hear Me » de Youssef Salhi, un moment fort qui s’annonce chargé d’émotion.
La sélection 2026 s’articule autour de quatre programmes, quatre axes, mettant en lumière la diversité des formes et des écritures. Pour le programme « Fiction », il comporte sept œuvres, parmi lesquelles le film tuniso-égyptien « Hostage » de Sarah Nagazi. Quant au programme « Documentaire », il présente six films, dont les deux productions tunisiennes « Pearl on Fire » de Yosra Rezgui et « Fabula » d’Elyes Jeridi.
Les films d’écoles de cinéma auront une place de choix dans la programmation et ce dans la section « Ecole », dédiée aux jeunes cinéastes. Le public découvrira ainsi dix courts- métrages, de différents horizons, qui ne manquent ni de fraîcheur ni d’originalité. Deux films tunisiens sont déjà retenus dans cette section. Il s’agit de « As Long as We Still Dream » de Ghassen Jerbi et « Tribes » de Youssef Ghariani. Le 4ème programme proposé est réservé à l’animation et il comporte dix-sept films étrangers.
Les œuvres en compétition proviennent d’horizons variés : Tunisie, Maghreb, Afrique subsaharienne, Moyen-Orient, Europe, Amérique du Nord et du Sud, ainsi qu’Asie, avec un court-métrage taïwanais. Pour le jury de cette édition, il se compose de la cinéaste Lilia Ben Achour, du réalisateur Slim Belhiba et du cinéaste algérien Akli Amdah.
Onze déjà depuis son lancement, cette manifestation cinématographique a réussi à résister contre vents et marées, contre tant de difficultés, contribuant à la promotion du court- métrage et à la mise en valeur des jeunes talents, participant à la revitalisation des salles de cinéma en Tunisie. Une invitation à voir grand, même en format court.
Imen.A.
Rendez-vous du 12 au 15 février avec les « Premières Chorégraphiques »
La 6ème édition du Festival des Premières Chorégraphiques aura lieu, cette année du 12 au 15 février 2026 dans deux villes, Tunis et Sfax. Quatre jours qui seront dédiés à la création et aux nouvelles écritures chorégraphiques et qui offriront aux artistes l’occasion de rencontrer le public.
Organisé par l’association Al Badil « Alternative Culturelle », le Festival des Premières Chorégraphiques, est un festival de danse contemporaine qui met en lumière les pièces inédites de jeunes chorégraphes tunisiens, leur offrant une plateforme professionnelle de diffusion
Par ailleurs, le festival s’efforce de nouer des partenariats avec des acteurs internationaux afin de favoriser la mise en visibilité des artistes tunisiens.
Il est à rappeler que « Al Badil » est une association œuvrant pour la structuration du secteur culturel tunisien, le maillage territorial culturel des initiatives citoyennes et créatives tunisiennes, l’élaboration de ponts dans les mondes francophone et arabophone démultipliant les opportunités professionnelles, et l’éducation artistique et culturelle de tous. Parmi ses projets d’arts vivants figurent le « Festival des Premières Chorégraphiques » lancé en 2021 et le parcours artistique « Hors-Lits » lancé en 2014.
Souad Guellouz, une voix fondatrice de la littérature tunisienne
La romancière et chercheuse tunisienne Souad Guellouz est décédée, hier, le 27 janvier 2026, a annoncé le ministère des Affaires culturelles. Avec elle s’éteint l’une des premières voix féminines à avoir interrogé, par l’écriture, les mutations sociales et culturelles de la Tunisie moderne.
Née en 1937 à Metline (Bizerte), elle écrit très tôt « La Vie simple », roman précurseur publié en 1975, qui explore la transition entre monde rural et urbain et aborde la condition féminine, ouvrant la voie à une littérature engagée au féminin. Diplômée en lettres françaises, elle enseigne de 1965 à 1980, tout en poursuivant une œuvre attentive à la mémoire et à l’identité culturelle.
Elle publie dès 1960 plusieurs nouvelles, avant de livrer « Les Jardins du Nord » (1982), autobiographie romancée sur son enfance dans le nord de la Tunisie. En 1997, « Myriam, ou le rendez-vous de Beyrouth », couronné par le Comar d’or, confirme une écriture intimement liée à l’expérience personnelle. Elle achève son parcours littéraire avec le recueil poétique « Comme un arc-en-ciel » (2003).
Honorée en 2017 au Salon international du livre de Tunis, Souad Guellouz laisse une œuvre pionnière, marquée par la justesse, la liberté et la transmission.
Ligue 1- 18e journée : L'EST, le CSS et le CAB s'imposent, le CA freiné par l'ESZ
Par Jamel Belhassen
La première tranche de la 18e journée a été marquée par l'arrêt du CA par l'ESZ à Jerba alors que l'EST a fait l'essentiel face à la JSK, le CSS a poursuivi sa série rose et le CAB a finalement retrouvé le sourire après une longue période de disette.
A Rades, l'Espérance qui compte sur la meilleure attaque du circuit a reçu la JSKairouan , qui dispose de la défense la plus faible et dirigé epar un nouvel entraîneur. Luc Eymael. , a encore une fois connu des changements. La domination de la première période a abouti à un but de Boualia sur coup franc direct des vingt mètres qui a trompé le gardien Bejaoui (1-0) à la (28e). La JSK misait sur les contres et Hamrouni pour inquiéter le gardien Memmiche.
La seconde periode n'a pas connu de changements notables à part l'expulsion du gardien aghlabite Bejaoui (90+2e). L'EST reprend deux points d'écart sur le second du classement, le CA.
Au Mhiri, le CSSfaxien a attendu la ( 43e) pour prendre l'avantage devant l'ESMetlaoui qui s'est bien défendue jusque-là. Ben Ali a été l'auteur du but des Noir et Blanc. Le même Ben Ali, en verve ces derniers temps, va doubler la marque pour son club ( 2-0) à la (56e). Taifour est exclu en fin de match (90+5e).
A Jerba, l'Espérance locale recevait le Club Africain. La première mi-temps a été équilibrée avec peu d'occasions de buts dans les deux camps. Après la pause, Chamekh repousse un tir enveloppé de Larayedh ( 64e). L'ESZ multiplie les assauts et les CA guette l'occasion pour surprendre son adversaire. Les dernières minutes sont palpitantes mais le score en reste là.
A Bizerte, le CABizertin qui court derrière une victoire depuis plusieurs journées a réussi prendre l'avantage devant la JSOmrane grâce un but de Rhimi à la (28e). Après la pause, le CAB perd son défenseur Sissoko, expulsé ( 56e) et le score reste inchangé jusqu'à la fin des débats. Le CAB respire après une longue période sans victoire.
Résultats
EST- JSK (1-0)
ESZ CA. (0-0)
CSS -ESM (2-0)
CAB -JSO (1-0)
J.B.
Rapatriement des 6500 djihadistes tunisiens de Daech : Que faire pour relever avec succès ce méga défis sécuritaire ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Le Premier ministre irakien a appelé les pays concernés à rapatrier leurs ressortissants appartenant à Daech. Que compte faire la Tunisie de ses 6500 djihadistes ayant combattu avec ce groupe terroriste ?
Le Premier ministre irakien, Mohammed Chia al-Soudani, a qualifié dimanche de “temporaire” le transfert de détenus de Daech depuis la Syrie vers des prisons irakiennes, appelant les pays concernés à rapatrier leurs ressortissants appartenant au groupe terroriste. Il a ainsi exhorté les pays concernés à «rapatrier leurs ressortissants parmi les membres de Daech et à les traduire en justice afin qu’ils reçoivent leur juste châtiment».
De son côté, le président de l’Observatoire tunisien des droits de l’Homme, Mustapha Abdelkebir, a révélé dans un statut publié sur sa page Facebook et relayé par Business news qu’environ 24.000 détenus actuellement dans les camps et prisons des anciens bastions de l’organisation terroriste Daech devraient être transférés dans un premier temps vers l’Irak, avant un éventuel retour progressif vers leurs pays d’origine, précisant qu’environ 6500 Tunisiens figurent parmi ces prisonniers.
Abdelkebir a également indiqué que la Tunisie accueillerait, dans une première phase, les femmes et les enfants de nationalité tunisienne liés à Daech, puis, ultérieurement, le reste des combattants.
Mustapha Abdelkebir s’est, dans ce contexte, interrogé sur les mécanismes de prise en charge et le plan d’action du gouvernement, compte tenu de la complexité du dossier et des contraintes qu’il impose, avant de souligner que l’expertise de la Tunisie dans ce domaine lui permettrait de contenir les risques liés à ce dossier.
A rappeler qu’en juillet dernier, l’organisation Human Rights Watch a visité les trois camps du nord-est de la Syrie, contrôlés par les autorités kurdes soutenues par les États-Unis, qui détiennent des Tunisiens ainsi que d’autres femmes et enfants étrangers apparentés à des membres de l’EI. Que compte faire, alors, le gouvernement de ces djihadistes une fois rapatriés en Tunisie ?
Agir « au cas par cas »…
Interrogé à ce sujet, l’avocat Me Houssem Eddine Ben Atiya nous a indiqué : «Il faut préciser de prime abord que le gouvernement tunisien ne peut pas refouler des détenus dont la nationalité est établie.
La Constitution tunisienne interdit également de réfuter ou de retirer la nationalité ou d’empêcher ses citoyens de revenir dans leur pays. Donc, on doit se préparer à accueillir les 6500 combattants qui sont actuellement détenus soit encore dans les prisons syriennes ou ceux qui ont été transférés dans des prisons irakiennes.
S'il y a des combattants tunisiens qui veulent rentrer en Tunisie, la Constitution prévoit qu'on doit accepter tous les citoyens, mais il faut qu'ils passent par la justice et éventuellement la prison». Et d’ajouter : « A mon avis, il faut agir au cas par cas, car il y a parmi eux des femmes et des enfants. Ces derniers doivent être pris en charge par les autorités concernées, à savoir le ministère de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Personnes âgées.
Il s’agit notamment de mobiliser une série de services et d’acteurs sociaux locaux tels que les enseignants, les psychologues, les services de santé, les organisations de la société civile (OSC) et le ministère de l’Intérieur. Des soins de santé mentale tenant compte des traumatismes et un soutien psychosocial plus large sont essentiels à la réussite et à la durabilité des activités de retour et de réintégration des enfants rapatriés et des autres membres de leur famille.
Pour les combattants (terroristes) certes, c’est à la justice de trancher et d’établir leur part de responsabilité, mais il faut aussi regarder au-delà de l’idéologie religieuse et d’identifier les facteurs beaucoup plus complexes et variés qui les ont amenés à rejoindre des groupes extrémistes islamistes, afin que tous les moteurs de la radicalisation puissent être traités au niveau individuel sur le long terme ».
M.B.S.M.
Journées Musicales de Carthage (JMC) : Mondher Falleh, nouveau directeur
L’Etablissement National pour la Promotion des Festivals et des Manifestations Culturelles et Artistiques a annoncé la nomination de Mondher Falleh en tant que directeur artistique de la 11e édition des Journées Musicales de Carthage (JMC), prévue pour octobre 2026. L’Etablissement a précisé dans un communiqué publié sur sa page facebook que cette édition marquera le retour des Journées Musicales à leurs dates habituelles, un choix stratégique visant à renforcer l’impact des événements culturels majeurs du pays et à garantir leur régularité dans le calendrier culturel national et international. Mondher Falleh, fondateur de la plateforme GigBook et co-fondateur de Wild Tunes, est reconnu pour son engagement à structurer et dynamiser la scène musicale tunisienne. Il a également dirigé la production de nombreux festivals, dont les JMC et « Médina des Lumières ». Musicien, arrangeur et passionné de jazz, Falleh continue de jouer un rôle central dans l’essor de la musique en Tunisie.
Editorial : L’anticipation est le socle de la prévention - Par Hassan GHEDIRI
Une semaine après les inondations qui ont frappé plusieurs villes du nord de Tunisie, les crues continuent à handicaper la circulation automobile et à compliquer la mobilité des piétons dans beaucoup de quartiers.
Au Grand Tunis, durement touché par les intempéries, des routes transformées en pistes boueuses sont toujours impraticables alors que beaucoup d’habitants tentent de réparer les dégâts avec les moyens de bord en attendant de voir la Protection civile venir à leur rescousse.
Dans des reportages réalisés par certains journaux, des habitants peinent à nettoyer leurs maisons envahies par les crues et n’hésitent pas à exprimer leur désillusion face à un manque cruel d’entraide.
Au début, la réaction des autorités n’a pas été exemplaire mais, ensuite, toutes les structures compétentes se sont mobilisées et essaient avec les ressources disponibles de soulager les victimes des inondations.
L’accalmie relative observée ses derniers jours pourrait toutefois ne pas suffire pour remettre de l’ordre dans les zones sinistrées, d’autant plus qu’avec un climat de plus en plus imprévisible un nouvel épisode de crue pourrait intervenir à tout moment, ce qui risque de compliquer les choses pour tout le monde.
Ce sont, en effet, le manque d’anticipation et l’absence de stratégies de prévention en bonne et due forme contre les risques climatiques et les catastrophes naturelles qui inquiètent le plus.
Agir après coup est souvent perçu comme un signe d’échec et de faiblesse des politiques publiques, traduisant l’incapacité à anticiper les dangers et entrainant des pertes colossales. Une action publique efficace nécessite une vision stratégique et implique beaucoup de travail au niveau de la planification et de l’anticipation.
Très nombreux sont aujourd’hui les pays qui se trouvent exposés aux menaces climatiques et qui ont pu amortir leurs effets et réduire considérablement leurs dégâts grâce à l’anticipation. Les Pays-Bas est l’exemple le plus édifiant qui doit inspirer tous les pays confrontés aux inondations. Ce pays situé au nord-ouest de l’Europe a la particularité d’avoir près d’un tiers de son territoire situé sous le niveau de la mer.
Depuis de longues décennies, il a axé sa politique de gestion sur des infrastructures de pointe, une cartographie fine des zones à risque et des plans d’évacuation régulièrement mis à jour. Ses plans d’aménagement consistent à redonner de l’espace aux fleuves pour éviter des crues catastrophiques. Ce pays est aujourd’hui cité comme un modèle mondial de prévention contre les inondations.
L’autre exemple qui peut également inspirer la Tunisie pour rectifier ses plans de prévention contre les catastrophes est le Japon. Il y a certes tout un monde qui nous sépare du pays du Soleil levant côté développement et progrès technologique, mais la Tunisie peut toujours tirer beaucoup d’enseignements de son modèle de prévention et de gestion des catastrophes naturelles.
Régulièrement frappé par des typhons, des séismes et des inondations, le Japon a, lui, choisi d’investir massivement dans les systèmes d’alerte précoce, l’éducation des citoyens aux risques naturels et la construction d’infrastructures résilientes.
Des exercices d’évacuation sont organisés à grande échelle et la population est formée dès le plus jeune âge aux bons réflexes en cas de catastrophe, ce qui permet de limiter les pertes humaines malgré la violence des phénomènes.
Même des pays aux ressources limitées ont su tirer les leçons du passé. Le Bangladesh, longtemps considéré comme l’un des pays les plus vulnérables aux inondations et aux cyclones, a considérablement réduit le nombre de victimes grâce à des systèmes d’alerte, à la construction d’abris et à une meilleure planification de l’occupation des sols.
Résultat : ce pays, où les catastrophes naturelles comme les inondations faisaient dans le passé des dizaines de milliers de morts, déclare aujourd’hui des pertes humains et économiques beaucoup moins lourdes.
La résilience face aux effets du changement climatique n’est autre que le fruit de choix politiques courageux, d’investissements durables et d’une volonté réelle d’anticiper plutôt que de subir. La Tunisie, confrontée à des épisodes climatiques extrêmes de plus en plus fréquents, doit adopter une véritable culture de la prévention.
H.G.
JAMC 2026 : Quand la marionnette se libère pour célébrer cinquante ans de la création de sa « maison »
Par Imen Abderrahmani
Les Journées de Carthage des Arts de la Marionnette (JAMC) reviennent, pour une septième édition placée sous le signe de la transmission, de l’audace et de la liberté créative. Une édition anniversaire qui célèbre le cinquantenaire du Centre National des Arts de la Marionnette, de cette maison pour les marionnettes.
Organisé par ce centre spécialisé dans l’art de la marionnette, une vraie référence en la matière, sous l’égide du ministère des Affaires culturelles, le festival investira Tunis et plusieurs régions du pays durant les vacances scolaires de février, confirmant la volonté des organisateurs de s’adresser à un public large, familial et intergénérationnel.
Le festival, comme d’ailleurs tous les rendez-vous assurés au fil des saisons par le centre, dans plusieurs villes et villages, s’inscrit dans la continuité avec cette approche de vulgarisation et de la promotion de l’art de la marionnette auprès du jeune public et également des grands.
Lors du point de presse, tenu hier, à la Cité de la culture, le programme de la 7ème édition a été révélé dans les détails.
L’un des moments forts de cette édition est la célébration des cinquante ans du Centre National des Arts de la Marionnette. Une célébration qui vient rappeler le rôle fondateur de cette institution dans l’histoire du théâtre de marionnettes en Tunisie. Un demi-siècle de créations, de transmission, de passion et d’expérimentations, que le directeur du Centre, Imed Mediouni, a résumé comme « une capacité constante à résister, se réinventer et imaginer de nouvelles formes », faisant du Centre un véritable laboratoire artistique.
38 pays au rendez-vous
S’agissant de la programmation, les organisateurs ont souligné que plus de 38 spectacles tunisiens, arabes et internationaux, portés par 17 compagnies venues de 16 pays, seront présentés dans plusieurs espaces culturels de la capitale, dans la Cité de la Culture comme à Dar El Masrahi au Bardo, mais aussi dans des espaces ouverts. Fidèle à sa mission de décentralisation culturelle, le festival rayonnera également dans cinq gouvernorats : l’Ariana, Jendouba, Béja, Mahdia et Monastir, offrant aux petits comme aux grands l’occasion de découvrir un bouquet d’œuvres récentes.
Au-delà des scènes, les JAMC affirment une vision inclusive de l’art. Des représentations seront organisées au profit de l’Association tunisienne des Villages d’Enfants SOS Gammarth ainsi qu’à destination des personnes à besoins spécifiques, soulignant le rôle social et éducatif de la marionnette.
La formation et la réflexion occupent une place centrale dans cette édition. Ateliers de fabrication, de manipulation, de ventriloquie, de masques, de théâtre à lumière noire ou encore de marionnettes traditionnelles « Rouh Ennakhl » viendront nourrir les pratiques des artistes et des amateurs. Cinq master-classes et deux tables rondes accompagneront cette dynamique, abordant les enjeux de la marionnette entre patrimoine immatériel, économie créative et reconfiguration des territoires culturels.
Sur le plan symbolique, l’édition 2026 rend hommage à plusieurs figures marquantes de l’histoire du Centre, dont Kacem Ismaïl Chermiti, Habiba Jendoubi et Mounia Abid El Messadi, saluées pour leur contribution artistique et institutionnelle. Le festival s’ouvrira avec « Le Manteau », mise en scène par Amine Ayouni, tandis qu’une résidence artistique dédiée au théâtre d’ombres contemporain, « Les ombres, du réel à l’imaginaire », dirigée par Hedi Krissane, accompagne cette édition en amont.
L’affiche officielle, pensée comme un manifeste visuel, résume à elle seule l’esprit des JAMC. Une marionnette sculptée dans un bois d’olivier ancestral y brise les fils qui la retenaient pour avancer librement. Une métaphore puissante d’un art qui, tout en puisant dans ses racines, affirme sa capacité à se libérer, à se renouveler et à inventer ses propres horizons.
Imen.A.
Le festival en chiffres
- Participation de 16 pays
- Plus de 100 marionnettistes tunisiens et étrangers
- 17 compagnies internationales et arabes
- Plus de 38 spectacles
- 21 spectacles étrangers et arabes
- 12 spectacles tunisiens
- 3 spectacles dédiés aux amateurs
- 30 spectacles pour enfants et familles
- 6 spectacles pour adultes
- 3 spectacles musicaux
- 15 ateliers de fabrication et de manipulation de marionnettes
- Présence dans 5 gouvernorats
- 5 master-classes
- 2 colloques intellectuels et scientifiques
- Une exposition promotionnelle de marionnettes
















