Avant que ne retentissent demain les douze coups de minuit, tournons définitivement la page de 2025 et ouvrons le tout premier chapitre d’une nouvelle année que l’on espère, tous, placée sous le signe de la santé, du bonheur et de la prospérité, l’heure est naturellement aux bilans. La transition d’une année à l’autre est un moment particulier. C’est l’occasion pour avouer ses échecs, apprendre à s’autocritiquer et assumer les conséquences de ses choix. C’est aussi un instant qui invite à la modestie, à la sortie du déni pour affronter courageusement ses faiblesses avec une réelle volonté de se racheter.
Le bilan annuel est un exercice de vérité qui nous concerne nous tous, chacun dans son domaine, et qui consiste à revenir sur les objectifs que l'on s'est fixés et que l’on vit souvent comme un moment désagréable. En fait, il n’est jamais plaisant de revenir sur les choses qu’on a ratées au cours de l’année.
Et s’il demeure tolérable pour un individu de négliger cet exercice parce que cela relève des choses qui ne regardent personne d’autre, faire son bilan est un devoir pour ceux qui détiennent le pouvoir et tracent les grandes orientations économiques et sociales du pays. C’est une tâche incontournable qui incombe aux autorités publiques, dans toutes les institutions qui tracent, décident et exécutent les politiques publiques.
Leur responsabilité est incontestable, car ce sont leurs choix et décisions qui déterminent de quoi est fait le quotidien des Tunisiens, influencent leur pouvoir d’achat et créent les espoirs ou les désespoirs des centaines de milliers en quête d’un emploi décent et d’une vie digne.
L’année 2025 aura été marquée par la persistance de fragilités économiques profondes. Inflation élevée, croissance atone, tensions sur les finances publiques, difficultés d’investissement et érosion continue du pouvoir d’achat ont accentué le sentiment de précarité. Sur le plan social, ces déséquilibres se sont traduits par des difficultés de renverser la courbe du chômage chez les jeunes diplômés, de relancer le pouvoir d’achat des ménages et freiner la dégradation des services essentiels.
Ces réalités ne peuvent être minimisées ni justifiées uniquement par des facteurs conjoncturels ou externes. Elles sont aussi le résultat de choix de gouvernance qui ont montré leurs limites. L’absence de vision économique claire, le manque de dialogue avec les acteurs économiques et sociaux ont beaucoup affaibli la crédibilité du discours gouvernemental.
L’année 2026 est une opportunité pour repartir sur des bases solides et engager une rupture assumée avec les anciennes pratiques qui ont débouché sur un échec. L’Etat ne peut naviguer à vue, ni reporter indéfiniment les réformes. La nouvelle année exige une nouvelle approche de gouvernance basée sur la transparence, la rationalisation des dépenses publiques, la justice fiscale et la relance de l’investissement productif. Une gouvernance capable de doper la croissance et créer une dynamique génératrice d’emplois et qui garantit la dignité et la cohésion sociale.
Pour restaurer la confiance des Tunisiens dans leur avenir, il faut conclure un contrat social impliquant toutes les parties. Un contrat dans lequel les sacrifices et les bénéfices sont équitablement partagés. Mais il faut d’abord des réformes qui ne se font pas sur le dos des plus vulnérables. Des réformes qui tirent vers le haut la qualité des services publics et qui ne sanctionnent pas mais motivent les entrepreneurs, les salariés, les agriculteurs, les cadres et les jeunes porteurs de projets.
En 2026, la Tunisie a besoin de clairvoyance et énormément de courage pour reconnaître les erreurs de gouvernance. Redéfinir les objectifs économiques et replacer la justice sociale au cœur de l’action publique sont les conditions indispensables pour engager un processus de redressement fiable et crédible.
H.G.

