L’orographie sacrée : Quand les sommets commandent le ciel
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
L’architecture de notre planète, avec ses reliefs tourmentés et ses cimes enneigées, ne se
contente pas de dessiner des paysages majestueux ; elle agit comme le chef d’orchestre invisible du cycle de l’eau.
L’interaction entre la topographie terrestre et les masses d’air atmosphériques constitue l’un des mécanismes les plus fascinants de la météorologie moderne. Ce phénomène, connu sous le nom d’effet orographique, explique comment les montagnes forcent littéralement le ciel à libérer ses ressources.
Pourtant, au-delà des équations de la thermodynamique contemporaine, des textes anciens, vieux de quatorze siècles, semblaient déjà pointer du doigt cette corrélation intime entre l’altitude des terres et l’abondance des pluies. Cette convergence entre l’observation empirique du VIIe siècle et la validation scientifique du XXIe siècle soulève des interrogations passionnantes sur la transmission universelle des vérités naturelles.
Pour comprendre cette dynamique, il faut d’abord visualiser l’atmosphère comme un océan d’air invisible et perpétuellement en mouvement. Lorsqu’un flux d’air stable, chargé d’humidité après avoir survolé les mers ou les plaines, rencontre une chaîne de montagnes, il se heurte à un obstacle infranchissable. Ne pouvant traverser la roche, la masse d’air est contrainte de s’élever le long des pentes.
C’est ici que la physique entre en jeu : à mesure que l’air grimpe en altitude, la pression atmosphérique diminue, provoquant une expansion et un refroidissement rapide de la masse d’air. Ce refroidissement adiabatique est la clé de tout le processus. En perdant ses degrés, l’air perd également sa capacité à retenir la vapeur d’eau sous forme gazeuse. Le surplus d’humidité se condense alors en micro-gouttelettes, donnant naissance à des bancs de nuages denses qui s’accrochent aux sommets.
Ce processus de formation nuageuse n’est que la première étape. Lorsque la saturation devient trop importante, les nuages libèrent leur fardeau sous forme de précipitations. C’est le cœur de l’effet orographique : le côté « au vent » de la montagne, celui qui fait face au flux d’air, reçoit des pluies torrentielles ou des neiges abondantes, tandis que les nuages se vident de leur substance avant de franchir la crête.
Ce mécanisme crée des écosystèmes radicalement opposés de part et d’autre d’un même sommet. Alors que les versants exposés verdissent sous l’assaut des averses, les versants opposés, dits « sous le vent », ne reçoivent qu’un air asséché et réchauffé, créant ce que les géographes appellent une ombre pluviométrique, où les conditions peuvent devenir semi-désertiques. Plus la montagne est haute, plus l’effet est radical, transformant les massifs en véritables « châteaux d’eau » naturels pour les régions environnantes.
Sommets, pluie, vie…
Cette réalité physique trouve un écho troublant dans le texte coranique, particulièrement dans la sourate Al-Baqarah (verset 265). À travers une parabole destinée à illustrer la valeur des actions sincères, le texte évoque un « jardin sur un terrain élevé » (rabwa). La description précise que si une forte pluie (wabil) l’atteint, ses fruits sont doublés, et que si la pluie forte fait défaut, une rosée ou une pluie fine (tall) suffit à son épanouissement.
L’emploi du terme rabwa, qui désigne explicitement une hauteur ou un plateau, n’est pas anodin dans ce contexte hydrologique. Il suggère une hiérarchie de la réception des eaux : les terres hautes sont les premières servies par les nuages de passage. Là où les plaines lointaines pourraient rester sèches, la montagne, par sa simple stature, intercepte l’humidité, garantissant une source de vie constante, qu’elle soit brutale comme l’orage ou subtile comme la brume matinale.
Comment une telle précision sur le privilège hydrologique des hauteurs a-t-elle pu être formulée il y a 1400 ans ? À l’époque, les outils de mesure de la pression atmosphérique, les hygromètres et les satellites météorologiques n’existaient pas. La science de l’époque reposait sur l’observation directe et le bon sens paysan, mais l’explication globale des cycles de condensation restait un mystère pour la majeure partie de l’humanité.
L’analusion à une terre élevée qui « capte » mieux l’eau de pluie que les autres terrains s’aligne parfaitement avec ce que nous savons aujourd’hui de l’ascendance orographique. Le texte ne se contente pas de mentionner la pluie ; il établit une gradation (pluie forte ou rosée) qui reflète la diversité des apports en eau spécifiques aux zones d’altitude, où l’humidité atmosphérique est telle que même en l’absence de tempête, la condensation de surface reste une source de nutrition pour le sol.
Cette rencontre entre la lettre ancienne et la mesure moderne nous rappelle que la nature suit des lois immuables que l’homme tente de décoder depuis l’aube des temps. L’effet orographique est le témoin de la puissance des reliefs sur notre climat : sans montagnes, les précipitations seraient réparties de manière beaucoup plus uniforme et sans doute moins efficace sur les continents.
En agissant comme des aimants à nuages, les montagnes concentrent les ressources vitales, créant des réservoirs naturels qui alimentent les fleuves et les nappes phréatiques. Que l’on observe ce phénomène à travers le prisme de la thermodynamique ou celui d’une sagesse millénaire, la conclusion reste la même : les hauteurs de la Terre sont les gardiennes sacrées de l’eau, transformant le vent invisible en une pluie génératrice de vie.
M.B.S.M.
« Matbaa » de Mehdi Hmili : Dans les silences et les fissures d’une société
Avec « Matbaa », diffusée sur Wataniya 1, Mehdi Hmili fait son entrée dans l’univers des productions télévisées ramadanesques. S’écartant des codes habituels, l’œuvre marque un tournant intéressant pour la télévision tunisienne.
Que nous raconte au fond « Matbaa » (L'imprimerie) de Mehdi Hmili ? La fatalité de la maladie d’Alzheimer et le poids qu’elle fait peser sur le quotidien d’une famille tunisienne modeste ? La lenteur et la complexité de sa prise en charge, le coût élevé des traitements et l’impact psychologique sur ceux qui entourent le malade ? Ou encore le destin de jeunes marginaux qui, pour gagner leur vie, empruntent parfois les chemins les plus risqués ?
Composé de dix épisodes, la série évoque aussi le courage d’un politicien intègre qui, découvrant que le directeur de sa campagne électorale a acheté des voix, choisit de se retirer de la scène politique. Elle suit également le parcours d’une policière déterminée qui remonte la piste d’un réseau de fausse monnaie, tandis que l’un de ses collègues abuse de sa fonction pour s’enrichir illégalement.
À travers ces trajectoires entremêlées, « Matbaa » esquisse un portrait nuancé d’une société traversée par les dilemmes moraux, les pressions sociales et les fragilités humaines.
Comme un puzzle ou plutôt une mosaïque, Mehdi Hmili a construit son œuvre. Portée par une mise en scène cinématographique soignée, la série capte bel et bien l’attention du spectateur curieux de découvrir l’issue de l’histoire et si cette famille parviendra enfin à surmonter cette rude épreuve.
L’histoire suit Nejib, un peintre- calligraphe d’une soixantaine d’années qui vit aux côtés de son épouse atteinte de la maladie d’Alzheimer. Employé dans une imprimerie italienne menacée de fermeture, il se retrouve confronté à une spirale de difficultés financières, aggravées par l’incarcération de son fils dans une affaire de chèques sans provision. Acculé, il en vient à exploiter ses compétences techniques et son génie artistique pour falsifier de la monnaie.
Ces nombreux visages de la souffrance
Mais Nejib n’est pas seul dans l’univers de « Matbaa » imaginé par Mehdi Hmili. Il est entouré de personnages tout aussi fragiles, qui portent chacun leur part de silence et de souffrance. Il y a d’abord sa fille Emna, étudiante qui gagne un peu d’argent en vendant des vêtements en ligne, mais qui, au fil du récit, se retrouve à la tête d’une salle de jeux clandestine. Il y a aussi Haydar, son fils, jeune père de famille dont le parcours scolaire et sportif a tourné court, ou encore Ishak, le voisin marginal qui passe ses journées dans la salle de jeux, mais dont la rudesse apparente dissimule une sensibilité inattendue.
Au cœur de ces tensions familiales se trouve également la petite Fatma, témoin silencieux de ces tiraillements. Autour de Nejib gravitent aussi ses collègues de l’imprimerie, Khaoula, experte dans l’art de falsifier les papiers et sa complice dans cette aventure. Et bien sûr Néziha, la femme de sa vie, dont la maladie bouleverse l’équilibre fragile de cette famille. À travers ces parcours, la série interroge la responsabilité individuelle et les choix auxquels les individus sont confrontés lorsque la pression sociale et économique se resserre.
La série se distingue par son attention aux personnages marginaux, souvent en décalage avec les récits traditionnels. À travers eux, le réalisateur explore les réalités sociales contemporaines. Mais malgré l’amertume, la douleur et les désillusions d’une jeunesse en quête de repères, les dialogues demeurent empreints de poésie, apportant au récit une profondeur émotionnelle et humaine singulière. On aime bien cette douceur avec laquelle Néjib traite Néziha qui n’arrive pas vers la fin à le reconnaître et à reconnaître ses enfants sous la fatalité de l’Alzheimer. On apprécie cette scène de lecture en couple, cette danse menée à deux, la manière avec laquelle Néjib regarde et touche la femme de sa vie, son grand amour ou également cette ferveur avec laquelle Néziha parle du basket-ball, de sa carrière de basketteuse, des matchs à venir et de sa première rencontre avec Néjib, cet étudiant brillant à l’Institut des beaux-arts, artiste chevronné et amoureux attentionné…
Le ciné au service de la télé
A cette histoire finement tissée s’ajoute une mise en scène cinématographique soignée avec des mouvements de caméra qui accompagnent et traduisent les états d’âme des personnages. Le tout bien porté et raconté par un jeu d’acteur juste et sensible.
Younes Ferhi (Néjib) et Sawsen Maalej (Néziha) forment un duo particulièrement marquant à l’écran. Leur complémentarité apporte intensité et crédibilité aux scènes qu’ils partagent, donnant au récit une dimension humaine profonde. La série révèle par ailleurs un visage prometteur, celui de Molka Aouij, dans le rôle de Khaoula.
Autour d’eux gravitent notamment Abdelhamid Bouchnak, , Younes Naouar, Nour Daassi, Maram Ben Aziza, Slim Baccar, Bahri Rahali, Yasmine Dimassi, Ghanem Zrelli, Amira Darouiche…, chacun trouvant naturellement sa place dans une distribution équilibrée.
La musique originale, composée par Slim Arjoun, accompagne le récit avec finesse, tandis que le générique d’ouverture, interprété par Molka Aouij, affirme d’emblée l’identité singulière de l’œuvre.
Qu’elle soit le récit d’un artiste qui a évolué dans l’ombre et qui a fini par prendre le mauvais chemin, ou le récit de cette mère de famille atteinte d’Alzheimer, qui comme des milliers d’autres tunisiens, est dans la tourmente des hôpitaux (La maladie d'Alzheimer touche plus de 100 000 personnes en Tunisie) ou les récits de cette génération en quête d’un avenir ou d’un système qui combat la criminalité mais qui est gangrené de l’intérieur, « Matbaa », une œuvre intéressante qui a réussi à échapper du conventionnel télévisé grâce à son souffle cinématographique.
Imen. A.
A la recherche d’alternatif pour le chèque : Les cartes à paiement échelonné prennent le relais…
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Face aux limites imposées par la nouvelle loi portant sur l'usage des chèques, les banques tunisiennes proposent des cartes qui permettent de fractionner paiements en plusieurs échéances. Comment fonctionnent ces cartes et peuvent-elles relancer la consommation ?
Aussi bien la BH Bank qu’Ettijari Bank, la STB, la BNA, la BIAT ou encore l'Amen Bank proposent depuis quelques temps de nouvelles formules de paiement échelonné sous forme de cartes bancaires à paiement fractionné. Et si en apparence, la formule est simple puisqu’elle consiste à diviser le paiement en plusieurs fois, il en demeure pas moins que la majorité des clients ignore le mode de fonctionnement de ces cartes, les taux d’intérêts et les conditions d’éligibilité.
Plus approfondi encore, les spécialistes s’interrogent sur la capacité de cette formule à relancer la consommation et pallier ainsi le vide laissé par l’usage très restreint des chèques depuis la promulgation de la nouvelle loi afférente notamment l’article 411.du Code du commerce.
Interrogée à ce sujet, la cheffe d’agence de l’agence de la BH Bank de l’avenue de Carthage à Tunis, nous a confié : « Fidèle à sa vocation sociale et dans le souci de bien servir ses clients, la BH Bank a mis en service sa nouvelle carte qui porte bien son nom « 3XPAY » qui permet à une personne physique ou de profession libérale d’effectuer ses achats et de payer à son rythme.
Elle vous permet ainsi l’échelonnement de vos achats de biens ou services, sur des sites de e-commerce ou en magasin, en 4 échéances mensuelles. Grace à cette carte, on peut acheter immédiatement et rembourser ses achats d’une manière échelonnée. Le montant minimum à partir duquel la transaction sera fractionnée est de 300d.
Le nombre de fractionnement est fixé à 4 par défaut avec 3 échéances de débit différé sur 3 mois. Les plafonds de carte sont catégorisés par tranche de 500 de 1000 à 5000d. les frais sur échéance est fixé, quant à lui, à 1% de l’échéance ». Qu'elle est l’apport économique de ses cartes et peuvent-elles relancer la consommation ?
Consommation …
Selon notre interlocutrice, « cette carte est de nature à aider nos clients à faire face à l’inflation, à réguler leur pouvoir d’achat et à s’offrir une marge de sécurité, de praticité et de flexibilité. L’on sait, par ailleurs, que le crédit à la consommation est un levier majeur de la politique économique pour stimuler la demande, notamment via le prêt personnel et le paiement fractionné.
Alors, cette nouvelle formule à paiement fractionné ne peut être que bénéfique aux principaux acteurs sur lesquels repose tout le système de la consommation à savoir le commerçant et le consommateur. Le paiement fractionné apparaît alors comme l’outil idéal pour faciliter les achats des consommateurs et développer par la même occasion le chiffre d’affaires réalisé par les entreprises.
Il faut savoir aussi qu’un nombre croissant de consommateurs préfère utiliser le paiement fractionné pour sa facilité d’utilisation et la flexibilité apportée pour la gestion des finances personnelles, le tout sans aucun coût caché. Et ce ne sont pas les seuls avantages. Et si vous voulez connaitre mon avis personnel et en tant que banquière, le paiement est un moment fondamental du parcours d’achat.
La possibilité de choisir entre différentes méthodes de paiement et de bénéficier d’un paiement en plusieurs fois sans frais est un élément particulièrement apprécié par les clients qui, s’ils sont satisfaits, reviendront volontiers d'acheter ».
En chiffres, et selon une note publiée sur Webmanager, le nombre de cartes bancaires a atteint 5,85 millions en 2025, en hausse de 6,6 %, confirmant une progression régulière de la bancarisation et de l’équipement des ménages.
Cette dynamique s’accompagne d’une quasi-stagnation du réseau de DAB/GAB, stabilisé autour de 3 300 unités, traduisant une maturité du modèle de distribution du cash. En revanche, le parc de terminaux de paiement électronique (TPE) poursuit son expansion, atteignant 43 000 unités, en progression de 10 %, signe d’un ancrage plus profond des paiements électroniques dans le commerce de proximité.
Ainsi, entre volonté d’adapter les moyens de paiement et nécessité de soutenir le pouvoir d’achat, les cartes à paiement fractionné apparaissent comme une alternative crédible au chèque. Reste toutefois à savoir si les consommateurs s’approprieront réellement cet outil et si les commerçants l’adopteront à grande échelle pour en faire un véritable levier de relance de la consommation.
M.B.S.M.
Les voitures administratives consomment 500 millions de dinars de carburant : L’urgence de passer à la motorisation électrique
Par Hassan GHEDIRI
L’Etat espère alléger la facture énergétique des administrations publiques grâce à l’électrification progressive d’un parc de voiture de fonction qui pèse lourd sur le budget…
Tandis que le pétrole poursuit son envol en flirtant avec des niveaux records sur fond de la guerre contre l’Iran, la Tunisie qui importe la quasi-totalité de son carburant, se voit obligée d’accélérer la mise en œuvre des projets destinés à réduire le déficit énergétique et la dépendance aux hydrocarbures. Dans le contexte actuel, toutes les mesures d’austérités énergétiques deviennent cruciales.
L’un des programmes nécessitent une mise en œuvre immédiate, celui relatif à la promotion de l’utilisation des véhicules électriques au sein des établissements et entreprises publics adopté depuis 2024 et qui tarde encore à passer à l’étape de l’exécution.
L’Etat ambitionne en effet à travers ce programme d’entamer un processus d’électrification progressive son parc de véhicules qui pèse lourdement sur les finances publiques avec des dépenses de carburant qui dépasseraient les 500 millions de dinars par an et pouvant frôler les 750 si l’on prend en compte les subventions supportées par la caisse de compensation.
L’Agence nationale pour la maitrise de l’énergie (ANME) qui est l’organisme en charge de l’exécution dudit programme a lancé au mois de janvier un appel à manifestation d’intérêt à l’intention des institutions publiques et des collectivités locales pour permettre aux intéressés de bénéficier des subventions accordées par le Fonds de Transition Energétique pour l’électrification de leur parc automobile. Le mécanisme consiste à la prise en charge d’une partie du prix de l’achat à raison de 10 mille dinars par véhicule.
L’ANME qui devait avoir reçu le dernier dossier le 13 février 2026 conformément aux délais établi par l’appel à manifestation, devait accélérer les procédures de sélection et communiquer la liste des bénéficiaires le plus rapidement possible à même de mettre sur les rails une des plus importantes composantes de la stratégie de promotion de la mobilité électrique en Tunisie.
Bien que limité à un contingent d’une centaine de véhicules, le programme, une fois mis en exécution, ne manquera certainement pas à encourager tous les acteurs du public, du privé, à s’engager dans la transition vers la mobilité électrique.
Aujourd’hui l’Etat se trouve dans l’obligation de jouer le rôle de locomotive dans ce qui devait être une stratégie nationale de promotion de la mobilité électrique. Le défi consiste à mettre en œuvre un plan d’électrification progressif du parc de véhicules administratifs comptant près de 100 mille véhicules équipés de moteur thermique.
Il faut noter qu’au cours de ces dernières années et face à un déficit énergétique qui ne cesse de s’aggraver, les autorités publiques ont multiplié les mesures destinées à réduire les charges énergétiques liées à l’exploitation des voitures administratives.
Il était notamment question de limiter l’usage et de réviser les critères d’attribution. De telles mesures n’avaient toutefois pas changé grand-chose, en raison des difficultés d’application, du manque de mécanismes de contrôle efficaces et de la persistance de pratiques administratives peu compatibles avec les exigences de maîtrise des dépenses publiques.
Malgré les circulaires, les textes réglementaires et les annonces répétées en faveur d’une utilisation rationnelle des parcs de véhicules administratifs, les dépenses de carburant et de maintenances n’ont pas cessé d’augmenter.
H.G.
Jazz Day 2026: Les artistes tunisiens appelés à participer
Les institutions et opérateurs culturels tunisiens sont appelés à participer à la Journée internationale du jazz, célébrée le 30 avril, en inscrivant leurs manifestations au programme officiel mondial de l’événement. La participation est ouverte via la plateforme officielle de la Journée internationale du Jazz (Jazz Day).
Proclamée en 2011 par l’UNESCO, cette journée consacre le jazz comme langage universel au service du dialogue interculturel et du rapprochement des peuples. Elle promeut la paix et la diversité culturelle, ainsi que les droits humains, l’égalité des genres et la liberté d’expression.
En tant qu’État membre de l’UNESCO, la Tunisie est appelée à contribuer activement à cette mobilisation internationale à travers concerts, jam sessions, ateliers pédagogiques, rencontres académiques, projections, expositions et initiatives communautaires. Les événements retenus sont intégrés au calendrier officiel mondial et à la cartographie interactive des célébrations.
Chicago, ville hôte mondiale 2026
L’édition 2026 aura pour capitale hôte Chicago, située dans l’État de Illinois, au nord des États-Unis, sur les rives du lac Michigan. Métropole culturelle du Midwest américain, Chicago demeure l’un des foyers historiques du jazz moderne et du blues électrique, forte d’un écosystème artistique dense reliant patrimoine, création et transmission.
La programmation culminera avec un concert mondial All-Star coprésenté par l’UNESCO et le Herbie Hancock Institute of Jazz, réunissant des figures majeures du jazz international dans un rendez-vous diffusé à l’échelle planétaire.
Un hommage éducatif et musical sera rendu au pianiste et compositeur Herbie Hancock, conjuguant mémoire artistique et transmission aux jeunes générations. Les célébrations irrigueront la ville hôte à travers un parcours musical dans des lieux emblématiques tels que le Chicago Cultural Center, le Millennium Park et la Lyric Opera of Chicago, en plus des clubs historiques qui façonnent la scène jazz locale.
Concerts de quartiers, initiatives communautaires et programmes pédagogiques — ateliers, masterclasses et rencontres en milieux scolaire et universitaire — compléteront cette mobilisation, aux côtés des festivals, orchestres, musées et grandes institutions culturelles partenaires.
Point culminant du Mois de la découverte du jazz, la Journée internationale du jazz s’inscrit dans une dynamique culturelle déployée durant tout le mois d’avril. Portée par l’UNESCO et ses partenaires, cette séquence met en valeur l’histoire, le patrimoine et l’actualité du jazz à travers concerts, actions pédagogiques, rencontres académiques, expositions et initiatives communautaires destinées à élargir l’accès du public à cette expression musicale.
Ces musées ouverts exceptionnellement ce soir
Dix-huit musées publics ouvriront, ce soir, exceptionnellement leurs portes au public de 21h00 à 23h30, à l’occasion de la sixième édition de la « Nuit des musées tunisiens », selon un communiqué de l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle (Amvppc).
Le Centre de présentation de l’histoire et des monuments de la Médina de Tunis participera également à cette ouverture exceptionnelle, indique la même source.
Placée sous l’égide du ministère des Affaires culturelles, la manifestation est organisée par l’AMVPPC en collaboration avec l’Institut national du patrimoine (INP), dans le cadre du programme culturel du mois de Ramadan.
Parmi les établissements concernés figurent le Musée national du Bardo, le musée paléochrétien de Carthage, ainsi que les musées archéologiques de Nabeul, Kerkouane, Sousse, Enfidha, Sbeïtla, Makthar, Mahdia et El Jem.
Seront également ouverts le musée du Ribat et le musée Habib Bourguiba de Monastir, le musée de Djerba du patrimoine traditionnel, le musée du Sahara de Douz, le musée de Moknine et le Musée national des arts islamiques de Raqqada.
Selon l’Agence, cette initiative vise à élargir l’accès du public aux institutions muséales et à proposer une programmation culturelle en soirée dans plusieurs régions du pays.
Editorial : Les deux jambes d’un cul-de-jatte…
Par Chokri BACCOUCHE
C’est un véritable missile « langue » portée que le sénateur américain Lindsay Graham vient de balancer sur l’Arabie Saoudite qu’il a menacée de « conséquences » si le royaume ne s’implique pas davantage militairement dans le conflit américano-sioniste contre l’Iran. « Des Américains meurent et les États-Unis dépensent des milliards pour renverser le régime terroriste iranien, écrit-il sur son compte X.
Pendant ce temps, l’Arabie saoudite semble publier des déclarations et agir en coulisses, ce qui n’apporte qu’une aide marginale. Elle refuse de participer aux opérations militaires visant à mettre fin au règne de terreur qui émane de l’Iran. » A la lecture de cette mise en garde, on ne peut plus directe et révélatrice, il y a vraiment de quoi s’éclater la rate à force de rire.
Comme disaient nos vénérés ancêtres, Barka se saoule mais on veut obliger Messaoud à avoir la gueule de bois à sa place. Plus exactement, le président américain Trump déclenche une sordide guerre sans aviser personne et au mépris total de la légalité internationale et voilà qu’il tient à impliquer les pays de la région dans cette expédition militaire hasardeuse qui a d’ores et déjà mis le monde sens dessus-dessous.
Si l’on se réfère à la situation sur le front où l’Iran, s’accordent à penser les experts, tient la dragée haute à ses agresseurs depuis le début de la guerre, on peut interpréter l’ultimatum de Lindsay Graham non pas comme une mise en garde mais comme un appel à la rescousse ou un « Mayday ». A tout le moins, c’est un aveu de faiblesse et de vulnérabilité qui interroge et surprend.
Il surprend parce que les Etats-Unis, considérés comme la première puissance mondiale, n’ont pas besoin en principe de l’aide ou de l’assistance d’un pays qu’ils sont censés, paradoxalement, protéger.
Pour rappel l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis sont liés par un accord militaire, signé le 14 février 1945, lors de la rencontre historique entre le président Franklin D. Roosevelt et le roi Abdelaziz à bord du croiseur USS Quincy. Cet accord, souvent appelé « pacte du Quincy », a scellé l›alliance : une garantie de sécurité militaire américaine en échange d'un accès privilégié au pétrole saoudien.
Aïe, aïe : les récriminations de Lindsay Graham nous poussent à croire que le King Kong américain qui n’arrête pas de bomber le torse et de pavoiser un peu partout dans le monde et plus particulièrement au Moyen-Orient ressemble de plus en plus au bonhomme Michelin, la célèbre mascotte du fabricant de pneumatiques. La riposte militaire de Téhéran qui a impressionné et surpris le monde est en passe de bouleverser manifestement les rapports de force au Moyen-Orient.
Il faut dire que les monarchies du Golfe n’ont jamais voulu de cette guerre contre l’Iran. Un refus somme toute logique car les dirigeants de ces pays, quand bien même ils font preuve souvent d’une naïveté déconcertante, savent pertinemment de quoi il s’en retourne au juste et quelles sont les véritables visées ainsi que les objectifs sou jacents de ce conflit qui mijote sur feu doux sur les chaudrons sionistes depuis plusieurs décennies.
L’Arabie Saoudite a jusqu›à présent refusé que les États-Unis utilisent ses bases pour des opérations offensives contre l›Iran. Bien qu’il ait subi des dégâts sur la base aérienne Prince Sultan et a dû intercepter de nombreux missiles et drones iraniens visant certaines de ses infrastructures, le royaume tente de désamorcer la situation par des discussions avec le régime des mollahs mais rejette toute idée d’un engagement militaire de ses forces contre l’Iran, de peur de devoir payer le lourd tribut et le coût géographique d’une guerre qui n’est pas la sienne.
Et qui ne sert nullement ses intérêts bien évidemment. La réaction saoudienne montre, en tout cas, que la région n’est plus aussi dépendante de Washington, sur le plan sécuritaire notamment. La plupart des pays du Golfe cherchent d’ailleurs à nouer de nouvelles alliances avec d’autres pays comme la Chine et la Russie, surtout après la frappe israélienne de 2025 sur le siège du Hamas à Doha qui a mis à nu la partialité outrancière des Etats-Unis pour Israël et leur soutien fantoche et désormais très discutable aux pays de la région.
Pour la petite histoire, le sénateur Lindsay Graham, proche allié de Donald Trump, a qualifié la guerre américano-sioniste contre l’Iran de «bon investissement» qui pourrait permettre à Washington de contrôler 31% des réserves connues de pétrole. Les États-Unis contrôleront près d›un tiers du pétrole mondial et se feront des tonnes d’argent s›ils parviennent à renverser le gouvernement iranien, a déclaré tout récemment à Fox News le sénateur républicain de la Caroline du Sud, connu pour sa ligne dure et ses positions bellicistes.
Le poisson ne voit pas l›hameçon, il ne voit que l'appât. L'homme ne voit pas le péril, il ne voit que le profit : le sinistre Lindsay Graham gagnerait à s’inspirer de ce célèbre proverbe mandchou. Et de se rendre à l’évidence que l’appât du gain et la cupidité sont, en fait, les deux jambes d’un cul-de-jatte. Surtout lorsqu’il s’agit d’une guerre aussi dévastatrice comme celle qui se déroule actuellement au Moyen-Orient…
C.B.
Un groupe armé pro-iranien annonce cibler les « intérêts français en Irak et dans la région »
Le groupe armé pro-iranien Ashab al-Kahf a annoncé prendre pour cible « tous les intérêts français en Irak et dans la région » après le déploiement du porte-avions français Charles-de-Gaulle dans le Golfe. « Nous annonçons à partir de cette nuit que tous les intérêts français en Irak et dans la région seront sous le feu de nos attaques », a déclaré le groupe irakien sur Telegram, exhortant les habitants à rester à au moins 500 mètres d’une base au Kurdistan irakien où se trouvent des militaires français, sans revendiquer directement une attaque qui a fait un mort et plusieurs blessés français.
Ligue des champions- 1/4 de finale - aller : Un arbitre sénégalais pour Espérance- Al Ahly
Par Jamel Belhassen
L'événemen footballistique de la semaine est programmé pour ce dimanche soir à Rades à partir de 22 heures entre l'Espérance de Tunis et Al Ahly du Caire dans le cadre du quart de finale aller. Un rendez-vous important pour le représentant tunisien dans cette joute prestigieuse.
Les fans Sang et Or vivent déjà l'événement depuis le début de la semaine Les entraînements qui se déroulent le soir sont suivis par plusieurs centaines de spectateurs dans une ambiance festive avec des chants en l'honneur de leurs favoris, des feux d'artifices et des encouragements à n'en pas finir. Quant aux trente cinq mille billets mis en vente ont été écoulés en quelques heures, mardi.
C'est dire que la ferveur qui précéde cette rencontre, devenue un classique du continent, est impressionnante. Pour diriger ce rendez-vous, la CAF a désigné un trio arbitral sénégalais composé de Issa Sy, Djibril Camara et Noura Bangoura. L'arbitre de la VAR sera le Mauricien Ahmed Imtehaz.
Retour de Toughai, Boualia et Danoh
Chapitre effectif, le Français Patrice Beaumelle peut se frotter les mains d'aise. Mercredi, il a récupéré un trio important qui a sauté les premières séances de la semaine, à savoir, Toughai, Boualia et Danoh qui sont désormais opérationnels pour le match de ce dimanche.
Il ne reste plus à Beaumelle que de trouver ls formule idéale pour que l'équipe réussisse une belle sortie et surtout un bon score qui lui permettra d'entrevoir le match retour avec un certain optimismeface à un Al Ahly , rompu aux dures batailles africaines et qui reste capable de tous les exploits. La délégation ahlaoui est arrivée à Tunis ce jeudi après-midi pour bien préparer ce quart de finale tant attendu.
J.B.
La vie de Mohamed - Badr : La foi des trois cents qui défièrent l’armée mecquoise
Au moment où les tensions entre les musulmans de Médine et les Quraysh de La Mecque atteignaient leur paroxysme, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) reçut des informations cruciales et des révélations divines.
Dieu lui indiqua que le moment était venu de répondre à l’ennemi. Avec une centaine de compagnons, il quitta Médine, sans que personne ne sache s’il s’agissait d’affronter une caravane commerciale venant de Syrie ou l’armée bien plus imposante de La Mecque. Le groupe comptait environ trois cents hommes. À l’époque, une caravane commerciale ne se limitait pas à des chameaux chargés de marchandises.
Elle était protégée par des hommes armés pour dissuader les attaques et assurer la sécurité du convoi. Les précédentes caravanes avaient été escortées par deux cents à trois cents hommes armés, et il est donc erroné de prétendre que le Prophète (s.a.w.) et ses compagnons, faiblement armés, se seraient lancés dans une attaque injustifiée contre une caravane sans défense.
Les historiens qui ont avancé cette idée ont fait preuve d’un préjugé contre l’Islam, ignorant que le véritable défi était bien plus grand. Le Saint Prophète (s.a.w.) et ses compagnons faisaient face à une situation où ils pouvaient devoir affronter une armée beaucoup plus nombreuse et expérimentée.
La préparation spirituelle et le courage des musulmans
Alors qu’ils s’éloignaient de Médine, le Prophète (s.a.w.) leur révéla la véritable mission : affronter l’armée de La Mecque plutôt que la caravane syrienne. Les estimations les plus modérées plaçaient cette armée autour de mille hommes, tous combattants aguerris, tandis que la force musulmane ne comptait que trois cent treize personnes, pour la plupart inexpérimentées et mal armées. La majorité se déplaçait à pied ou sur des chameaux, et seulement deux chevaux étaient disponibles pour eux. L’inégalité des forces rendait cette expédition extrêmement risquée et sans précédent.
Le Prophète (s.a.w.) s’assura que chaque participant comprenne pleinement l’ampleur du danger et qu’il s’engageait volontairement, de tout son cœur et de toute son âme. Il demanda conseil à ses compagnons, donnant la parole en premier aux musulmans originaires de La Mecque. Tous affirmèrent leur loyauté et leur détermination, prêts à combattre l’ennemi quel qu’il soit.
Les musulmans de Médine restèrent silencieux au départ, craignant que leur zèle ne froisse les sentiments des émigrés mecquois, mais lorsqu’on leur demanda leur avis, ils se levèrent également, exprimant un engagement total.
Un des musulmans médinois déclara alors : « Prophète de Dieu, nous savons aujourd’hui combien ta condition spirituelle est élevée. Nous ne nous soucions plus des anciens accords, mais voulons rester près de toi. Si tu nous ordonnes de nous jeter dans la mer, nous le ferons sans hésitation. »
Cette déclaration témoigne du niveau de foi et de dévouement inégalé des premiers musulmans, surpassant de loin les exemples cités dans l’histoire religieuse, comme les disciples de Moïse ou de Jésus (a.s.), qui avaient manqué de détermination dans des circonstances critiques.
Confronté à cet engagement sans faille, le Prophète (s.a.w.) continua sa route vers un lieu appelé Badr, où il établit son camp près d’un ruisseau. L’emplacement était sablonneux et peu favorable aux manœuvres militaires, ce qui inquiéta naturellement les hommes.
Le Prophète (s.a.w.) partagea leur inquiétude et passa la nuit en prières, suppliant Dieu : « Sur toute la surface de la terre, à l’heure actuelle, il n’y a que ces trois cents hommes qui Te sont dévoués. Mon Dieu, si ces trois cents hommes mouraient aujourd’hui au combat, qui resterait pour glorifier Ton nom ? »
Dieu répondit à cette prière. Une pluie nocturne transforma le terrain sablonneux occupé par les musulmans en sol ferme, tandis que la zone où campait l’armée mecquoise devint glissante et boueuse. Le Prophète (s.a.w.) reçut également des assurances divines concernant la mort de certains chefs ennemis, noms et lieux compris, et ces prédictions se réalisèrent pendant la bataille.
Lorsque le combat commença, le courage des musulmans se manifesta immédiatement. Parmi eux, ‘Abd al-Rahmān ibn ‘Awf (r.a), vétéran de La Mecque, constata avec surprise qu’il ne disposait à ses côtés que de deux jeunes novices de Médine.
Ces jeunes hommes, loin d’être intimidés, demandèrent à affronter Abū Jahl, l’un des principaux adversaires du Prophète (s.a.w.), et se jetèrent sur lui avec une audace et une détermination remarquables. Leur attaque permit de neutraliser le redoutable commandant mecquois, illustrant le courage et le sens du devoir des musulmans, même parmi les plus jeunes.
Leur motivation était profondément liée aux injustices subies par les musulmans de La Mecque et au respect qu’ils avaient pour la patience et la longanimité du Prophète (s.a.w.). Ils ne cherchaient pas à piller ni à venger leurs propres pertes, mais à défendre l’Islam et à montrer que la violence des Mecquois ne resterait pas impunie.
Un autre épisode illustre encore cette résolution : lorsqu’un chef bédouin envoyé par Abū Jahl pour évaluer la force musulmane constata leur détermination, il conseilla aux Mecquois de ne pas les attaquer, affirmant : « Chacun d’eux semble déterminé à mourir. J’ai vu non pas des hommes mais la mort montée sur des chameaux. »
Cette bataille historique démontra que la foi, la discipline et le courage peuvent triompher de forces supérieures et mieux armées. Les musulmans, malgré leur infériorité numérique et leur inexpérience, affrontèrent une armée trois fois plus nombreuse avec une détermination sans faille, protégés par la guidance divine et animés par la certitude que leur cause était juste. Leur dévouement, prêt à sacrifier leur vie pour la gloire de Dieu, reste un exemple unique dans l’histoire des conflits humains.
Ainsi, la confrontation de Badr n’était pas un simple affrontement militaire ou un raid contre une caravane, mais un témoignage vivant de la foi, de la solidarité et du courage de ceux qui, guidés par le Saint Prophète (s.a.w.), choisirent de défendre leurs convictions, même face à des obstacles qui paraissaient insurmontables. Cette bataille marque un tournant dans l’histoire de l’Islam, où l’esprit de sacrifice et la foi inébranlable surpassèrent toutes les considérations matérielles et tactiques.
(A suivre...)
Le secret des pierres : Quand la science des réservoirs rencontre la spiritualité antique
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
L’image que nous nous faisons de la pierre est souvent celle de l’immuabilité, de la dureté absolue et d’une inertie totale. Pourtant, sous cette surface impénétrable se cache une réalité dynamique que la science moderne et les textes anciens explorent chacun à leur manière.
Le concept de «roche réservoir», pilier de la géologie contemporaine, révèle que le minéral n’est pas un bloc plein, mais un réceptacle capable de porter la vie ou l’énergie. Cette porosité, décrite aujourd’hui avec une précision mathématique par les ingénieurs, trouve un écho symbolique et littéral frappant dans des textes datant de quatorze siècles, notamment dans le Coran.
Comment la compréhension de la matière a-t-elle évolué pour nous faire passer du simple caillou à la «roche vivante» ? Pour comprendre comment une roche peut stocker de l’eau, du gaz ou du pétrole, il faut changer d’échelle. À l’œil nu, un grès ou un calcaire semble solide. Pourtant, au microscope, ces roches ressemblent à des éponges rigides.
La géologie moderne définit la «roche réservoir» par deux propriétés fondamentales : la porosité et la perméabilité. La porosité est la mesure des espaces vides entre les grains de minéraux, tandis que la perméabilité est la capacité de ces vides à communiquer entre eux pour laisser circuler les fluides. Selon l’American Association of Petroleum Geologists, ces espaces sont les véritables poumons de notre sous-sol.
Sans eux, l’humanité n’aurait jamais eu accès aux nappes phréatiques profondes, ces réserves d’eau douce qui soutiennent des civilisations entières dans les régions les plus arides du globe.
L’architecture invisible du minéral
C’est ici que l’interrogation historique devient fascinante. Dans le Coran, le verset 74 de la sourate Al-Baqara (La Vache) évoque cette réalité avec une précision qui interpelle le lecteur moderne. Le texte décrit des rochers d’où « jaillissent des ruisseaux » et d’autres qui « se fissurent et dont il sort de l’eau ».
À une époque où la géologie expérimentale n’existait pas, cette description saisit l’essence même de l’hydrogéologie : le stockage et l’expulsion de l’eau par le minéral. Pour un homme vivant dans la péninsule Arabique du VIIe siècle, l’observation des sources naturelles était une question de survie. Mais le texte va au-delà de la simple observation visuelle d’une source ; il lie la structure interne de la pierre à une capacité de transformation.
La science explique aujourd’hui ce que le texte décrivait par l’image. Le processus de fissuration mentionné (« se fissurent et il en sort de l’eau ») correspond aux réseaux de diaclases et de fractures tectoniques. Dans de nombreuses régions montagneuses, l’eau de pluie s’infiltre dans ces fissures, s’accumule dans le réseau interne de la roche et finit par ressortir sous pression, créant des sources là où l’on ne voyait que de la pierre sèche.
Ce phénomène de «roche fracturée» est aujourd’hui un domaine d’étude majeur pour l’approvisionnement en eau potable dans les zones de socle cristallin.
Cependant, la dimension la plus profonde de cette réflexion réside dans l’analogie entre la pierre et le cœur humain. Le texte coranique utilise la géologie pour illustrer une psychologie spirituelle. En comparant le cœur durci à la pierre, il établit une hiérarchie : même la pierre la plus dure possède, par la volonté de la nature ou du divin, une faille par laquelle la vie (l’eau) peut passer.
Le paradoxe est saisissant : la pierre, symbole de dureté, est présentée comme potentiellement plus «souple» ou plus «sensible» que le cœur d’un homme qui refuse la vérité. Si la pierre peut se fendre pour laisser couler l’eau, pourquoi le cœur humain ne pourrait-il pas s’ouvrir à la compassion ou à la foi ?
Cette convergence entre l’observation physique (la roche qui stocke et libère l’eau) et la métaphore morale soulève des questions sur la transmission des connaissances. Pour le croyant, c’est la preuve d’une connaissance d’origine divine, révélée à un prophète analphabète, dépassant les savoirs de son temps.
Pour l’historien ou l’observateur rationnel, c’est le témoignage d’une observation naturaliste aiguë, intégrée dans un système de sagesse où chaque élément de la création sert de miroir à l’expérience humaine.
L’histoire de la science nous apprend que la découverte de la nappe phréatique comme «océan sous la terre» a été un long processus. Ce n’est qu’avec les travaux de savants comme Bernard Palissy au XVIe siècle, puis le développement de l’hydraulique moderne, que nous avons compris le cycle complet de l’infiltration et du stockage souterrain.
Pourtant, l’intuition que la pierre n’est pas une fin en soi, mais un contenant, traverse les âges. Les civilisations antiques, des Nabatéens aux Romains, ont appris à lire la roche pour y trouver l’eau, mais peu ont réussi à exprimer cette dualité — dureté extérieure et richesse intérieure — avec autant de force poétique et de précision que les écrits spirituels.
En conclusion, que l’on analyse la roche réservoir à travers le prisme de la pétrophysique ou à travers celui de la révélation spirituelle, le constat reste le même : la pierre est vivante par ce qu’elle contient. Elle est une archive du monde, un refuge pour l’eau et un symbole de résilience.
La découverte moderne de la porosité ne fait que confirmer une intuition ancestrale : la lumière et la vie finissent toujours par trouver une fissure pour jaillir, même du plus dur des minéraux.
Cette rencontre entre le microscope et le manuscrit nous invite à regarder le sol sous nos pieds non pas comme une surface morte, mais comme un réservoir de mystères encore capables de nous surprendre, quatorze siècles plus tard.
M.B.S.M.
18.000 pièces retirées du marché : Ces jouets qui «jouent » avec la santé de nos enfants…
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Qui dit fête de l’Aïd El Fitr dit forcément jouets à offrir aux enfants, alors les marchés sont inondés par des différents gadgets qui ne respectent pas tous les normes. D’où viennent ces jouets et quels sont les risques qu’ils représentent ?
Avertis de la présence d’amiante dans certains jouets pour enfants à base de sable, les deux ministères de la Santé et du Commerce et du Développement des exportations recommandent, dans un communiqué rendu public récemment, aux professionnels et aux parents des mesures de précaution au regard des risques pour la santé.
Les deux départements ont ainsi informé les professionnels de la nécessité de suspendre la commercialisation de l’ensemble des jouets à base de sable. Selon le communiqué, cette alerte intervient à la suite d’avertissements sanitaires signalés dans plusieurs pays concernant la présence possible d’amiante, une substance reconnue comme cancérigène lorsqu’elle est inhalée, dans certains jouets composés de sable ou en contenant.
Sont notamment concernés des produits tels que le sable magique, le sable à dessin ou encore le sable de modelage, très répandus parmi les jeux destinés aux enfants.
Par mesure de précaution et afin de prévenir tout risque sanitaire potentiel, les deux ministères appellent les consommateurs à éviter l’achat de ce type de jouets. Ils recommandent également aux parents de cesser immédiatement leur utilisation et de les garder hors de portée des enfants.
Les autorités précisent par ailleurs que les services de contrôle ont déjà entamé des campagnes conjointes d’inspection afin de vérifier la commercialisation de ces produits dans les différents circuits de distribution.
Une source du ministère du Commerce nous a, par ailleurs, informé que les services de contrôle ont mené plusieurs campagnes de sensibilisation, notamment auprès des commerçants homologués et sur le marché parallèle. Selon le site Business news, plus de 18.000 jouets dangereux retirés du marché.
Tout se vend, rien ne se perd …
A cause de leur prix élevé dans le marché réglementé, la majorité des Tunisiens s’approvisionnent en jouets dans le marché parallèle, « tout le monde sait que ces jouets ne respectent pas les normes sanitaires et peuvent même représenter un grand risque pour la santé des enfants. Et pourtant, les Tunisiens n’hésitent pas à acheter ces produits en raison de leurs prix bas », nous dira l’activiste Hanene Ben Hédi.
Et d’ajouter : « Selon une enquête réalisée en 2024 par l’Association de l’éducation environnementale pour les futures générations (AEEFG), l’analyse d’un échantillon de 62 jouets commercialisés en Tunisie a révélé l’existence des concentrations élevées de substances chimiques toxiques pour les jouets achetés sur le marché parallèle, qui sont au-delà des limites autorisées ainsi que la contamination des jouets par des substances toxiques, dont certaines sont interdites et d’autres proviennent du recyclage toxique.
En outre, la plupart des jouets contaminés par les polluants organiques persistants proviennent de la Chine, de la Turquie et de l’Italie. Les auteurs de l’enquête ont recommandé, alors, l’importance de contrôler l’entrée en Tunisie des jouets en plastique, dans la mesure oùils devraient être fabriqués à partir du plastique très contrôlé et sans additifs, car le plastique est un ensemble de substances chimiques ».
Médicalement parlant, « l’exposition aux polluants organiques persistants peut entraîner différents effets sur la santé, tels que des effets sur la croissance, des perturbations hormonales, des troubles de la fertilité, des cancers, des troubles du système immunitaire et des troubles du fonctionnement du foie et des reins », nous apprend le rapport publié par l’association et relayé par l’agence TAP.
A noter également que le marché parallèle des jouets est massif en Tunisie, représentant une part prédominante du secteur informel. Il inonde le marché de produits non conformes aux normes de sécurité, particulièrement lors des fêtes, avec des prix réduits qui attirent les consommateurs. Les saisies douanières régulières illustrent l'ampleur de ce commerce illicite, souvent lié à la contrebande.
À l’approche des fêtes et face à l’afflux de jouets bon marché sur les étals, la vigilance des autorités comme des parents devient donc essentielle. Derrière des gadgets souvent attractifs et accessibles se cachent parfois des substances dangereuses susceptibles d’affecter la santé des plus jeunes.
Si les opérations de contrôle et les retraits du marché constituent un premier rempart, ils ne suffisent pas à eux seuls à endiguer un phénomène largement alimenté par le commerce parallèle. Entre impératif économique et sécurité sanitaire, la question reste posée : comment protéger les enfants tout en assainissant un marché devenu difficile à contrôler ? Une chose est sûre, choisir un jouet ne devrait jamais se faire au détriment de la santé des enfants.
M.B.S.M.
Festival « Tajalliyat El Halfaouine » : Clôture sur des notes spirituelles
Aux rythmes de la musique soufie et des louanges à Dieu et au prophète Mohamed, la manifestation « Tajalliyat El Halfaouine » s’est clôturée le mardi soir avec le cheikh Fadhel Sakka qui a été accompagné d’un groupe de mounchidines et des derviches tourneurs.
« Badr Ettamem » ainsi s’intitule ce spectacle de clôture de cette 4ème édition de ce rendez-vous ramadanesque proposé par le Théâtre National Tunisien (TNT), lors de ce mois saint. Cette soirée mystique a replongé le public dans l’ambiance des chants religieux du « dhikr » et des louanges au prophète, redonnant à ce quartier historique de la médina de Tunis, toute son aura culturelle.
La place El Halfaouine a connu une affluence notable de passionnés de musique soufie et du patrimoine musical spirituel. Dès les premières notes, une atmosphère de recueillement et de sérénité s’est installée, portée par les voix des « mounchidines » (interprètes) qui se mêlaient aux sonorités du bendir et de la darbouka. Les mouvements chorégraphiques sont venus, quant à eux, enrichir les tableaux chantés d’une dimension visuelle à la fois expressive et harmonieuse.
D’une durée d’environ 90 minutes, le spectacle a réuni 35 artistes au chant, aux percussions et aux performances chorégraphiques, ce qui a conféré à la représentation une remarquable esthétique visuelle.
Patrimoine mystique de Mahdia
« Badr Ettamem » se présente comme une œuvre artistique soufie visant à valoriser le patrimoine immatériel de la musique mystique de la région de Mahdia. Le spectacle propose un choix de poèmes et d’invocations soufies dédiées à l’éloge du Prophète Mohamed, tout en mettant en lumière les spécificités de la tradition locale d’ « inchad » (chant) propre à cette région.
La performance s’est distinguée par la fusion d’éléments issus de deux confréries soufies, la « Issaouia » et la « Soulamiya », tout en intégrant plusieurs maqam orientaux. Cette approche musicale vise à préserver l’esprit du patrimoine soufi tout en le présentant dans une forme artistique contemporaine. Certaines parties du spectacle s’appuient également sur des poèmes inspirés de manuscrits rares et de recueils traditionnels d’inchad, conférant à la création une dimension patrimoniale et documentaire.
Le spectacle s’est ouvert par un « moujarrad » dans le maqam sika intitulé « besm el karim bdina », suivi de la récitation du poème « nour el-moustafa », avant de laisser place à des extraits de la « maoulidiya » et à plusieurs noubas soufies. Le programme comprenait également des chants et invocations tels que « sallou ala badr ettamem », « zayn assifet », « nzed ennabi » et « ya Emna bouchraki », ainsi que des noubas emblématiques du patrimoine mahdoui comme « Allah ya mawlana » et « Nouba Sika », en plus de « Nouba om ezzine », interprétée dans le maqam sika selon la tradition musicale propre à la région de Mahdia.
Cette soirée a été une belle occasion pour le public découvre de près Cheikh Fadhel Sakka, artiste professionnel et spécialiste de l’inchad « la issaouia », qui a par ailleurs participé avec sa formation à plusieurs manifestations internationales en Egypte, en Turquie et en Grèce, et dont les soirées bien saluées ont contribué à faire connaître les spécificités du patrimoine soufi tunisien.
Editorial : Tirer les leçons … - Par Hassan GHEDIRI
Les oléiculteurs italiens seront très contents. Et pourquoi ne pas l’être après avoir obtenu la garantie de la plus haute autorité exécutive de l’Union Européenne de pouvoir écouler tranquillement leur huile sur les marchés de l’UE sans être inquiétés par les Tunisiens.
Selon le quotidien italien « Italia a Tavola », Bruxelles opposera un refus catégorique à une demande émise au début de l’année par la Tunisie en vue de la renégociation de l’accord sur le mécanisme de quota d’exportation de l’huile d’olive vers le marché européen. En janvier dernier, le gouvernement tunisien avait en effet exprimé son souhait de lancer des discussions avec Bruxelles afin de doubler ses exportations d’olive exonérées de droits de douane vers les marchés de l’Union.
Se positionnant cette année, grâce à une très bonne campagne, comme deuxième producteur mondial d’huile d’olive juste derrière l’Espagne, la Tunisie veut porter à 100 mille tonnes le volume de ses exportations dans le cadre des accords conclus avec l’UE aujourd’hui plafonnées à 56700 tonnes.
La démarche entamée par la Tunisie semble vouée à l’échec et ce d’après ce que vient de révéler le média italien qui cite une correspondance adressée par le commissaire luxembourgeois chargé de l’agriculture et de l’alimentation au sein de la Commission européenne.
Dans un article consacré au sujet des discussions entre la Tunisie et l’UE pour l’augmentation du quota des exportations oléicoles, Italia a Tavola a laissé entendre avant-hier, mardi, que la commission européenne n’entend pas satisfaire la demande de la Tunisie.
L’on explique ainsi que Bruxelles n’envisage pas (accorder) de nouvelles concessions commerciales susceptibles d’ouvrir la voie à une éventuelle augmentation du volume d’huile d’olive tunisienne pouvant être exportées vers le marché européen grâce aux droits de douanes à 0% établis par l’Accord d’Association de 1995.
Le refus de Bruxelles il faut le mettre dans son contexte, parce que, depuis la levée de bouclier des oléiculteurs italiens irrités par le prix extrêmement compétitif de l’huile d’olive tunisienne commercialisée depuis l’automne en Europe.
Après plus de 30 ans depuis la signature de l’accord commercial avec l’UE, la Tunisie se trouve confrontée à un protectionnisme commercial à peine caché et que l’on tend souvent à établir par des barrières normatives supposées garantir une concurrence équilibrée entre les produits européens et ceux importés.
Le problème est que le mécanisme de quota constitue un avantage majeur pour la filière oléicole tunisienne parce qu’il permettait au pays d’écouler l’essentiel des exportations d’autant plus que l’UE représente le premier marché de l’huile d’olive dans le monde.
Si elle verrait Bruxelles balayer d’un revers de main sa demande d’augmenter des exportations d’huile d’olive vers le marché européen, la Tunisie assumera les conséquences d’une dépendance commerciale à l’Europe. Ni la proximité géographique ni le partenariat historique ne justifient le choix de mettre tous ses œufs dans le même panier.
Il est donc grand temps que la Tunisie tire les leçons d'une relation commerciale qui, derrière les apparences d'un partenariat privilégié, n'a cessé de jouer en sa défaveur. La dépendance structurelle de la filière oléicole tunisienne vis-à-vis du marché européen, qui absorbe à lui seul plus de 80% des exportations nationales d'huile d'olive, empêche le déploiement vers de nouvelles perspectives commerciales beaucoup plus prometteuses.
Pendant que l’Europe joue le protectionnisme, très nombreux sont les marchés à fort potentiel attendent d'être sérieusement conquis. La Tunisie, qui rafle les premiers prix dans les concours des meilleures huiles d’olive dans le monde, ne peut pas continuer à brader son or vert pour satisfaire un partenaire qui, en retour, se permet de lui fermer ses portes. Diversifier les partenaires permet de se prémunir contre les caprices protectionnistes de l'Europe, et se libérer d’une tutelle commerciale qui a toujours imposé les règles du jeu.
H.G.
Au Théâtre de l’Opéra de Tunis : Zied Gharsa chante et enchante comme toujours
L’artiste Zied Gharsa a animé, mardi soir, à la grande salle de l’Opéra, un concert consacré au patrimoine musical tunisien, dans le cadre de la 6ème édition de la manifestation « Ramadan à la Cité », organisée par le Théâtre de l'Opéra de Tunis.
La soirée a rassemblé un public intergénérationnel venu assister à un programme en harmonie avec l’atmosphère du mois de Ramadan. Le musicien a proposé un répertoire alternant malouf, chants traditionnels tunisiens et compositions personnelles, suscitant une interaction soutenue avec l’assistance et illustrant la continuité du lien entre les générations et le patrimoine musical tunisien.
Le concert s’est ouvert par une pièce soufie, suivie d’une séquence de mouachahats introduisant le bachraf, forme instrumentale savante d’origine ottomane intégrée au patrimoine musical tunisien. Présentant ces repères au public, Zied Gharsa a souligné la place du malouf comme composante majeure de l’identité culturelle nationale.
Un istikhbar à l’oud tunisien a ensuite été interprété. Cet héritage instrumental demeure associé au maître disparu Khemaïs Tarnane, puis au regretté Taher Gharsa, qui en a transmis la technique à son fils, perpétuant ainsi une filiation artistique. L’artiste a été également bien accompagné par son fils Raouf sur l’oud, affirmant cette tradition musicale familiale et ce sens de transmission.
Le programme s’est poursuivi par une suite de mouachahats et de pièces du répertoire malouf, avant une séquence « Chouchana » réunissant des chants ancrés dans la mémoire collective tunisienne.
Parmi ses créations, l’artiste a présenté un zajal intitulé « el-Braken » (Les balcons), fusionnant arabe dialectal et arabe classique. L’œuvre, conçue et écrite par l’artiste Ali Louati, a été interprétée sur le maqâm sîka, ponctuée d’un istikhbar au banjo exécuté par Lotfi Hbaili. Zied Gharsa a également revisité plusieurs titres de son propre répertoire.
La soirée a en outre donné à entendre un florilège de la chanson tunisienne patrimoniale, salué par le public.
La manifestation se clôture le 15 mars avec à l’affiche la chanteuse libanaise Carole Samaha.
















