Lors de la première guerre israélo-arabe, en 1948, 700 000 Palestiniens ont été contraints de fuir leur maison. Aujourd'hui, plus de six millions de personnes sont considérées comme réfugiées. À Gaza, elles représentent les deux tiers de la population. L'histoire de leur exode, ou de celui de leurs ancêtres, a été enregistrée par l'Unrwa, l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens. C'est donc une opération de sauvetage inhabituelle pour une agence humanitaire qu'a menée l'Unrwa : un sauvetage de la mémoire des réfugiés.
« Nous sommes le gardien de toutes ces archives depuis 1948 », souligne Nathalie Boucly, commissaire générale adjointe de l'Unrwa. « Les personnes qui s'enregistrent avec l'Unrwa se réclament d'un certain endroit qu'elles ont dû quitter. Et le jour où il y a une réconciliation, ces archives sont absolument clé pour prouver et dire qui vous êtes, d'où vous venez et quelle propriété vous aviez. Donc c'est vraiment historique », explique-t-elle. La résolution 194 de l'ONU accorde un droit au retour à ces réfugiés, rejeté par l’Etat sioniste.
Des archives sorties de Gaza dans la plus grande discrétion
Alors que les combats ravageaient l'enclave, les archives étaient menacées. Elles pouvaient être détruites par un bombardement ou confisquées par l'armée israélienne. L'agence a donc entrepris de les extraire de Gaza dans la plus grande discrétion.
« On était sous les bombes à l'époque. C'était avant le cessez-le-feu. C'est vrai que nos employés ont mis leur vie en jeu. J'ai été à Gaza à cette époque. J'ai vu de mes propres yeux ces archives être mises dans des sacs poubelle noirs en plastique, mises sur des camions, dans des voitures. Et on a sorti toutes ces archives », raconte Nathalie Boucly.
Après celles de Gaza, ce sont les archives de Jérusalem-Est qui ont été menacées. Israël y a pris possession du siège de l'Unrwa. Mais juste avant, l'agence a mis sur pied, in extremis, une autre opération secrète similaire.

