Justice : Ahmed Souab remis en liberté
La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près la Cour d’appel de Tunis avait procédé, ce lundi 23 février 2026, à l’audition de l’avocat et ancien juge Ahmed Souab en vertu du décret-loi n°54, à la suite d’une déclaration médiatique qu’il avait faite au sujet de la chambre criminelle chargée des affaires de terrorisme, laquelle était saisie, en avril de l’année dernière, du dossier dit de « complot contre la sûreté de l’État 1 ».
L’avocat Ahmed Souab a nié les faits qui lui sont reprochés et a affirmé qu’il avait exercé ses fonctions en tant que juge intègre, qu’il était partisan de l’indépendance de la justice ainsi que de la garantie des enquêtes et des droits.
Souab a comparu ce lundi en état de détention dans la salle dédiée aux audiences à distance, à la prison civile de Mornaguia.
Finalement, la Cour a modifié la peine relative à la première infraction, qualifiée de « menace impliquant un crime, en lien avec une infraction terroriste », en la ramenant à dix mois d’emprisonnement.
S’agissant de la seconde infraction, à savoir « l’exposition de personnes bénéficiant d’une protection à un danger, par la divulgation volontaire de données permettant de les identifier », la juridiction d’appel a prononcé une peine de deux ans de prison avec sursis, assortie d’un avertissement en cas de récidive durant le délai légal.
Elle a en outre cassé la décision relative à la surveillance administrative en la supprimant, tout en confirmant le reste du jugement. L’ensemble de ces dispositions aboutit à sa remise en liberté.
En première instance, la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le tribunal de première instance de Tunis avait condamné, le 31 octobre 2025, Ahmed Souab à cinq ans d’emprisonnement : quatre ans pour la divulgation de données mettant en danger des personnes protégées et un an pour menace en lien avec une infraction terroriste. Le jugement prévoyait également une mise sous surveillance administrative pour trois ans.
L’avocat avait été interpellé le 21 avril 2025. Le juge d’instruction au pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme avait ordonné sa détention dans le cadre d’une information ouverte pour « des infractions à caractère terroriste », à la suite d’une vidéo le montrant s’exprimer devant la Maison de l’avocat, le 19 avril, après une audience dans l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État ».
La Grande Mosquée de Kairouan : Un somptueux monument historique et symbolique
Fondée en même temps que la ville, en l’an 50 de l’Hégire/670 de l’ère chrétienne, la Grande Mosquée de Kairouan (al-jamaa al-kabîr) dite également « Mosquée ‘Uqba », du nom du célèbre conquérant, est le plus ancien lieu de culte de l’Occident musulman. Par sa monumentalité architecturale et par son prestige religieux, la Grande Mosquée de Kairouan occupe une place de choix dans l’espace urbain et dans l’imaginaire des Kairouanais et des Maghrébins. Un tel rang symbolique fut, pour longtemps, assuré grâce au concours des dirigeants politiques et des dignitaires religieux qui ont façonné l’histoire et la mémoire de la « ville sainte » de l’Islam nord-africain.
Les dynasties aghlabide, fatimide, ziride, hafside, mouradite et husseïnite qui ont gouverné l’ancienne Ifriqiya musulmane ont toutes contribué au maintien et à la sauvegarde de ce monument historique connu pour avoir été le foyer intellectuel où se sont distingués des savants célèbres comme le grand jurisconsulte malikite Sahnoun (777-854), le médecin Ibn al-Jazzar (898-980), l’astronome Ibn Abi al-Rijal (m. 1053), le poète Ibn Rachiq (1000-1064) et d’autres encore.
L’édifice monumental de la Grande Mosquée se caractérise par sa majesté ainsi que par la sévérité de son caractère architectural qui n’est pas sans rappeler la vocation militaire et religieuse de la ville. Véritable synthèse artistique, la Grande mosquée de Kairouan est un « monument exemplaire » qui s’impose à la fois par sa somptuosité, son style austère et son côté spirituel, sublime et lumineux, qui tranchent avec l’environnement des maisons tassées de la médina et de la steppe s’étendant, jadis, au loin mais s’urbanisant, depuis quelques années, à un rythme accéléré et désordonné. Située, à l’origine et durant plus de trois siècles, au cœur de la cité (« çorat al-balad »), en un point nommé as-simât al-kabîr ou « La Grande Rue », la Mosquée de cUqba fut édifiée en premier suivie de la « Maison du Gouvernement » (dâr al-imâra ) bâtie juste en face. Religion et politique étaient ainsi, dès le début, solidaires et séparées.
Depuis la reconstruction de la ville au lendemain de l’invasion hilalienne du XIe siècle, la Grande Mosquée se trouve au Nord-Est de la médina de Kairouan. Elle est ainsi spatialement décentrée en raison des changements qui ont affecté le plan de la ville et de son enceinte. Néanmoins, elle a continué d’être le centre spirituel de Kairouan : lieu de réunions des fidèles, de prières, de prêches hebdomadaires (khotba ), de mémorisation du Coran par les dictées orales (vulgo malla ; arabe litt. imlaât ) mais aussi, depuis quelques décennies, de visites touristiques où affluent les Musulmans et les non-Musulmans, tous attirés par ce véritable « Musée archéologique » et « haut lieu de mémoire ».
La Grande Mosquée de Kairouan est réputée pour avoir été un « phare du savoir » (manarat ‘ilm) musulman au Maghreb. Elle abritait une bibliothèque contenant des manuscrits, des enluminures du Coran, des traités de fiqh et des ouvrages historiques et scientifiques. Certes, comme l’indiqua Ibn Khaldûn, le savoir s’est étiolé dans cette capitale musulmane, après la période de grandeur qui a duré en tout quatre siècles. Cependant, une tradition de la connaissance a été conservée grâce à une transmission du savoir assurée par le génie local et stimulée, au Moyen-Âge, par la dynastie des Hafsides (XIIIe-XIVe siècles) puis, à l’époque contemporaine, par les Husséinites (XVIIIe-XXe siècles).
Des familles d’ulémas – imams, muftis, qadhis, faqihs - présidaient au destin de la Grande Mosquée jusqu’à la fin du protectorat français en Tunisie. Tel était le cas des Saddem, Adhoum, Bouhaha, Bouras, Fassi... dont l’autorité découlait du savoir, de la piété, de la notabilité, de la citadinité et des origines arabes, réelles ou prétendues. Le dernier savant kairouanais est probablement Mohamed ben Mohamed Salah al-Joudi (1862-1943), auteur d’une histoire des qadhis de la ville, finement analysée par Jacques Berque, et d’un dictionnaire biographique de ses savants et de ses saints, encore inédit.
Vient de paraître : « Les plus belles mosaïques de Tunisie » : Voyage au cœur d’un art millénaire
« Les plus belles mosaïques de Tunisie, l’art de la mosaïque en Tunisie », est un nouvel un ouvrage « Beau livre » qui invite à une immersion à la fois sensible et savante dans l’un des patrimoines artistiques les plus précieux du pays.
A travers l’objectif du photographe Salah Jabeur et la trame narrative de l’archéologue italien Umberto Pappalardo, l’ouvrage propose une lecture visuelle et narrative de la mosaïque tunisienne, enrichie par une préface de l’historien tunisien M’hamed Hassine Fantar.
Le livre dévoile la mosaïque non seulement comme un art décoratif d’exception, mais aussi comme un miroir de l’histoire, des civilisations et des savoir-faire qui ont traversé les siècles sur le territoire tunisien.
A l’origine de cet opus, une relation intime et ancienne avec la mosaïque. Salah Jabeur raconte que son histoire personnelle avec cet art remonte à sa plus tendre enfance. Arrivé de Paris à Tunis au début des années 1960, il découvre presque sans le savoir les trésors du Musée du Bardo, qu’il arpente alors comme un terrain de jeu. Ces images, longtemps enfouies dans sa mémoire, ressurgiront des décennies plus tard, lorsque son parcours professionnel le conduira à photographier ces œuvres à l’aide d’une chambre photographique. C’est alors que s’opère la révélation : celle des minuscules tesselles, assemblées avec une précision admirable, capables de raconter tout un pan de l’histoire de la Tunisie.
De cette redécouverte naît une passion, presque une quête. A la manière d’une chasse au trésor, l’auteur parcourt le territoire tunisien à la recherche de mosaïques exceptionnelles, certaines vieilles de plusieurs siècles, d’autres remontant à plus de deux millénaires. Ces œuvres, réalisées par des artisans d’un raffinement extrême, continuent de fasciner par leur maîtrise technique et leur puissance esthétique, demeurant, jusqu’à aujourd’hui, sans véritable équivalent.
Le corpus présenté ne se veut pas exhaustif. Il rassemble une sélection de mosaïques parmi les plus remarquables et les plus emblématiques, choisies pour leur valeur artistique, historique et symbolique. L’ambition est d’inviter à la découverte, à l’émerveillement et à une contemplation renouvelée de ce patrimoine exceptionnel que « je considérais les plus exceptionnelles ou les plus iconiques », note Salah Jabeur, fondateur des Rencontres internationales de la photographie de Ghar El Melh, fort de plus de trente ans d’expérience dans la photographie en Tunisie et à l’étranger.
Cinémana 2026 : Rendez-vous du 24 au 26 juin à la Cité des Sciences
Les Journées cinématographiques du court- métrage Cinémana se tiendront dans leur 6ème édition du 24 au 26 juin 2026, à la Cité des Sciences de Tunis.
Porté par l’Alliance française de Tunis, en partenariat avec l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le gouvernement de Monaco, l’Institut français de Tunisie (IFT) et l’université de la Manouba, ce rendez-vous dédié aux courts-métrages méditerranéens s’articule autour de trois appels à participation, pensés pour différents niveaux et parcours. Les appels à candidatures sont ouverts jusqu’au 11 mai 2026.
Les ateliers de montage et de prise de vue, organisés sur trois jours, proposeront des notions de base, des applications pratiques, des visionnages de films en compétition, des master-classes, ainsi que des temps d’échange favorisant la création de nouvelles connexions humaines. Les ateliers Cinémana sont nés de la volonté de donner sa chance à tous, en accueillant des étudiants issus de différentes disciplines, des jeunes aux parcours variés où les participants échangent et apprennent ensemble.
Le programme de développement de projets de courts-métrages de fiction ou documentaires est réservé aux jeunes talents tunisiens âgés de 18 à 30 ans, passionnés de cinéma et désireux de raconter des histoires en lien avec le thème de l’édition 2026 “La nuance “. L’objectif est de mettre en avant des récits explorant la complexité, les contradictions et ce qui fait notre humanité.
La manifestation comprend également une compétition internationale, avec deux jurys distincts, mettant à l’honneur des courts-métrages provenant de Tunisie, d’Egypte, du Sénégal, de Grèce, d’Italie, de Malte et de France.
Lancé en 2021, le festival propose une compétition de courts-métrages, des projections, des ateliers pour apprendre les métiers du cinéma, et des rencontres et des échanges avec des professionnels. Il vise à ouvrir des opportunités de carrière dans le cinéma, surtout pour les jeunes des régions moins desservies culturellement.
Rapport de l’Unesco sur les politiques culturelles évoque la Cité de la culture et le soutien des ICC en Tunisie
La Tunisie consolide ses dispositifs de soutien aux industries culturelles et créatives (ICC) dans un contexte mondial marqué par un risque de recul de 24 % des revenus des artistes d’ici 2028 sous l’effet de l’intelligence artificielle générative, selon la quatrième édition du rapport Re|penser les politiques en faveur de la créativité, publiée mercredi par l’UNESCO.
Fondé sur des données provenant de plus de 120 pays, le rapport analyse l’impact des mutations numériques sur les politiques culturelles, la liberté artistique et la viabilité économique des créateurs.
Selon les projections citées, l’essor de l’IA générative pourrait entraîner d’ici 2028 un recul de 24 % des revenus des créateurs de musique et de 21 % pour les professionnels de l’audiovisuel à l’échelle internationale.
● Politiques culturelles tunisiennes mentionnées dans le rapport
Le document mentionne la Tunisie parmi les États ayant soumis un Rapport périodique quadriennal (2021-2024) dans le cadre de la Convention de 2005.
Il relève les initiatives en faveur des startups, réaffirmées dans la Stratégie nationale de transformation digitale 2021-2025. Le programme « Startup Invest », comprenant un fonds de garantie et un incubateur de sociétés de gestion, facilite l’accès des entreprises créatives à des financements dédiés à l’innovation.
Le rapport cite également la Cité de la Culture, complexe de neuf hectares regroupant des infrastructures dédiées à la musique, à l’opéra, au ballet, à la chorégraphie et au théâtre, présentée comme un pôle structurant de l’offre culturelle.
Au titre de l’inclusion territoriale, le programme TACIR (Talents-Arts-Créativité-Inclusion-Recherche), lancé en 2023 par l'Association Multimédia et Audiovisuel (Amavi), vise l’insertion professionnelle de jeunes vulnérables dans les régions de l’ouest. La phase pilote a mobilisé plus de 900 participants et permis la mise en place de partenariats régionaux et de laboratoires opérationnels. En 2024, le programme a bénéficié du Fonds international pour la diversité culturelle de l’UNESCO.
Le rapport souligne par ailleurs la mise en place d’un mécanisme annuel de financement des associations culturelles, avec des critères révisés en 2023 conformément aux principes de la Convention de 2005.
Il mentionne enfin des consultations menées avec des artistes et professionnels afin d’affiner le projet de loi relatif au statut de l’artiste et de préparer ses textes d’application.
● Principaux indicateurs mondiaux relevés par le rapport
À l’échelle mondiale, 85 % des pays intègrent les industries culturelles et créatives dans leurs plans de développement, mais seuls 56 % ont fixé des objectifs culturels précis.
Le commerce mondial des biens culturels a atteint 254 milliards de dollars en 2023, dont 46 % proviennent des pays en développement, qui ne représentent toutefois qu’un peu plus de 20 % du commerce mondial des services culturels.
Les revenus numériques représentent désormais 35 % des recettes des créateurs, contre 17 % en 2018, tandis que seuls 48 % des pays produisent des statistiques sur la consommation culturelle numérique.
Le financement public direct de la culture demeure inférieur à 0,6 % du PIB mondial.
Seuls 61 % des pays disposent d’organismes indépendants chargés de surveiller la liberté artistique et 37 % déclarent avoir mis en place des dispositifs spécifiques de protection des artistes.
La proportion de femmes dirigeant des institutions culturelles nationales est passée de 31 % en 2017 à 46 % en 2024.
Face à ces constats, l’UNESCO appelle les États à adapter leurs cadres réglementaires, fiscaux et sociaux afin de garantir une rémunération équitable et de préserver la diversité des expressions culturelles dans un environnement numérique en mutation rapide.
Ouverture des candidatures pour le Comar d’Or 2026
Les candidatures à la 30ème édition des Prix littéraires Comar d’Or, dédiés aux romans tunisiens publiés en langues arabe et française, sont ouvertes, avec des dotations en hausse par rapport à l’édition précédente, selon un communiqué publié vendredi.
L’appel a été lancé par COMAR Assurances (Compagnie Méditerranéenne d’Assurances et de Réassurances), organisateur de ces distinctions annuelles consacrées à la production romanesque tunisienne, via sa page Facebook officielle.
D’après le règlement diffusé, les prix se déclinent, dans chaque langue, en trois catégories: le Prix Comar d’Or, désormais doté de 15.000 dinars, le Prix spécial du jury 7.000 dinars et le Prix Découverte 3.000 dinars.
Lors de la 29ème édition (2024-2025), les montants s’élevaient respectivement à 10.000 dinars, 5.000 dinars et 2.500 dinars.
Le Prix Comar d’Or récompense le meilleur roman publié entre deux sessions. Le Prix spécial du jury distingue une œuvre jugée particulièrement originale, tandis que le Prix Découverte est attribué à un auteur considéré comme prometteur et ne peut être décerné qu’une seule fois au même écrivain.
Sont éligibles les romans écrits par des auteurs de nationalité tunisienne, publiés en Tunisie ou à l’étranger entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2026.
Les ouvrages en compétition seront examinés par deux jurys distincts, composés chacun de cinq membres, l’un pour les romans en langue arabe et l’autre pour ceux en langue française.
Les auteurs et éditeurs souhaitant participer doivent contacter le département marketing de l’assureur afin de compléter la fiche d’inscription et déposer sept exemplaires de l’ouvrage candidat.
Editorial : Un rappel à l’ordre institutionnel - Par Jallel HAMROUNI
Le slogan « America First » a longtemps été le socle rhétorique et politique de Donald Trump. Il évoque la souveraineté, la puissance retrouvée, le refus des compromis jugés défavorables aux intérêts américains. Mais lorsque ce mot d’ordre se heurte aux principes fondamentaux de la Constitution, et plus encore à une décision de la Cour suprême des États-Unis, une question essentielle surgit : jusqu’où peut aller l’exécutif au nom de la nation sans fragiliser l’État de droit ?
La récente décision de la haute juridiction, perçue comme un rappel à l’ordre institutionnel, a mis en lumière les tensions persistantes entre pouvoir présidentiel et équilibre constitutionnel. Pour Trump, qui a bâti son image sur l’autorité, la fermeté et la rupture avec « l’establishment », cette confrontation juridique revêt une portée symbolique considérable. Elle ne concerne pas seulement une mesure ou un décret : elle touche à la nature même du pouvoir qu’il entend incarner.
À l’intérieur des États-Unis, cette décision renforce la polarisation. Les partisans de Trump dénoncent une élite judiciaire qui entraverait la volonté populaire. Ses opposants, eux, y voient la preuve que les institutions américaines demeurent solides face aux tentations d’hyper présidentialisme. Mais au-delà des clivages internes, c’est l’image internationale des États-Unis qui se joue.
Depuis des décennies, Washington se présente comme le champion mondial de la démocratie constitutionnelle, de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance de la justice. Chaque crise institutionnelle est donc scrutée avec attention par les alliés comme par les rivaux. Lorsque la Cour suprême rappelle les limites du pouvoir exécutif, le message envoyé au monde est double.
D’un côté, cela démontre la résilience du système américain. Peu de pays peuvent se prévaloir d’une Cour capable de freiner, voire d’annuler, les décisions du chef de l’État. Cette capacité d’autocorrection institutionnelle reste un atout majeur dans la diplomatie américaine. Elle montre que, malgré les tensions, la Constitution demeure la boussole ultime.
De l’autre côté, l’image de Trump en ressort fragilisée sur la scène internationale. Le dirigeant qui se voulait l’incarnation d’une Amérique forte, affranchie des contraintes multilatérales et des « diktats » juridiques, apparaît confronté aux limites internes de son propre système. Pour certains partenaires, cela soulève des interrogations sur la prévisibilité de la politique américaine. Comment négocier avec une administration dont les décisions peuvent être bloquées ou invalidées par la justice ? Comment accorder une confiance durable à une stratégie susceptible d’être remise en cause par des juges ?
Dans les capitales européennes, cette décision est sans doute interprétée comme un signe de vitalité démocratique. Elle rassure ceux qui redoutaient une dérive autoritaire durable. En revanche, dans d’autres régions du monde où les institutions sont plus fragiles, le bras de fer entre Trump et la Cour suprême peut être perçu comme le symptôme d’une Amérique divisée, traversée par des luttes internes qui affaiblissent sa cohérence stratégique.
Pour Trump lui-même, l’enjeu est politique autant que symbolique. S’il choisit de s’attaquer frontalement à la légitimité de la Cour, il risque d’alimenter l’image d’un dirigeant en conflit permanent avec les contre-pouvoirs. Une telle posture peut consolider sa base électorale, mais elle nourrit à l’étranger le récit d’un leadership imprévisible, prompt à défier les normes établies. À l’inverse, s’il se plie à la décision et ajuste sa stratégie, il pourrait apparaître comme contraint par le système qu’il critique, affaiblissant son discours de rupture.
Le paradoxe est frappant : « America First » se voulait un slogan de puissance. Or, la puissance américaine repose historiquement moins sur la seule force économique ou militaire que sur la crédibilité de ses institutions. C’est précisément cette crédibilité que la décision de la Cour suprême met en exergue. Elle rappelle que, même face à un président déterminé à étendre son champ d’action, la Constitution demeure supérieure.
Au final, l’image de Trump face au monde se retrouve prise entre deux lectures. Pour ses admirateurs internationaux, il reste le symbole d’un nationalisme assumé, prêt à défier les conventions. Pour ses détracteurs, il incarne une présidence en tension constante avec les fondements juridiques de la République. Mais pour beaucoup d’observateurs, l’essentiel est ailleurs : la décision de la Cour suprême souligne que l’Amérique, malgré ses fractures, conserve des garde-fous institutionnels capables de contenir les excès.
Ainsi, loin de n’être qu’un épisode judiciaire, cette confrontation révèle une vérité plus profonde. « L’Amérique d’abord » ne peut se concevoir en dehors de la Constitution. Et face au monde, c’est peut-être moins la force d’un homme que la solidité d’un système qui continue de définir la véritable puissance des États-Unis.
J.H.
L’histoire des Prophètes : Le Prophète Soulayman (Salomon)
Le Prophète Soulayman était le plus jeune fils du Prophète Dawoud (David) qu’il lui succéda au pouvoir. C'est le fils de David, fils d'Isa"i, fils d'Obed, fils de Booz, fils de Salma, fils de Nahasson, fils d'Aminadab, fils de Ram, fils de Hesron, fils de Phares, fils de Juda, fils de Jacob, fils d'Isaac, fils de l'ami intime Ibrahim.
Allah dit : " Et Salomon hérita de David et dit : "Ô hommes ! On nous a appris le langage des oiseaux ; et on nous a donné part de toutes choses. C'est là vraiment la grâce évidente." (Coran 27/16).
Allah lui accorda le plus grand royaume jamais dirigé par un roi. Il avait le contrôle du vent et pouvait l’utiliser pour conduire son trône dans les airs. Les hommes comme les Djinns lui étaient dévoués et il pouvait aussi donner des ordres aux oiseaux en leur parlant dans leur langue. En raison de ces bénédictions, le royaume du Prophète Soulayman était puissant et bien des pays étaient sous son contrôle. Lorsque l’armée du Prophète Soulayman se mettait en marche, elle inspirait la terreur.
Le Saint Coran décrit ainsi une de ces marches : Et furent rassemblées pour Salomon, ses armées de djinns, d'hommes et d'oiseaux, et furent placées en rangs. Quand ils arrivèrent à la Vallée des Fourmis, une fourmi dit :"Ô fourmis, entrez dans vos demeures (de peur) que Salomon et ses armées ne vous écrasent (sous leurs pieds) sans s'en rendre compte". (Coran 27/17-18)
Un jour, le Prophète Soulaymane remarqua l’absence de son oiseau-messager, HoudHoud (une huppe). Allah dit : " Puis il passa en revue les oiseaux et dit : "Pourquoi ne vois-je pas la huppe ? Est-elle parmi les absents ? Je la châtierai sévèrement ! Ou je l'égorgerai ! Ou bien elle m'apportera un argument explicite"." (Coran 27/20-21)
HoudHoud ne tarda pas réapparaître, et il dit : "Je reviens d’un pays dont tu ne connais peut-être rien. Je reviens de Saba et ce pays est régné par une femme qui a le contrôle absolu de tout son peuple. Elle a un trône magnifique. Mais, ils adorent tous le soleil et ont abandonné le culte d’Allah."
Allah dit : " ... "J'ai appris ce que tu n'as point appris ; et je te rapporte de Saba' une nouvelle sûre : J'ai trouvé qu'une femme est leur reine, que de toute chose elle a été comblée et qu'elle a un trône magnifique. Je l'ai trouvée, elle et son peuple, se prosternant devant le soleil au lieu d'Allah. Le Diable leur a embelli leurs actions, et les a détournés du droit chemin, et ils ne sont pas bien guides." (Coran 27/22-24)
Prophète Soulayman envoya une lettre qui l'invitait la reine de Saba et ses sujets à l'obéissance à Allah et à Son Prophète, lui disant : "Au nom d’Allah, le Clément, le tout Miséricordieux. Ne vous révoltez pas contre moi et venez à moi vous soumettre à Allah."
Lorsque la reine reçut la lettre, elle demanda l’avis de ses ministres et des notables sur la question. Ils répondirent qu’ils avaient de puissantes armées et qu’ils ne craignaient pas la guerre, mais la décision finale était entre ses mains.
La reine voulait résoudre les choses à l’amiable et elle envoya ses messagers chargés de présents coûteux au Prophète Soulayman puis attendit sa réaction. Lorsque les représentants de Saba arrivèrent au royaume de Soulayman, ils furent stupéfaits devant la splendeur des bâtiments et du palais.
Le Prophète Soulayman souhaita la bienvenue aux représentants et leur demanda la réponse à sa lettre. Quand ils lui présentèrent les cadeaux, il les mit aussitôt de côté et leur dit : "Que signifient toutes ces richesses ? Allah m’a tant gratifié de générosités que nul ne possède autant que moi. Retournez chez vous et dites à votre Reine que j’envoie une telle armée à Saba que personne ne pourra la combattre."
Lorsque la reine reçut ce message et entendit le témoignage de ses représentants à propos du Prophète Soulayman , elle décida de se soumettre à lui et accepta son invitation à rejoindre l’Islam. Lorsque le Prophète Soulayman apprit qu’elle venait à son royaume, il s’adressa à son peuple : "Qui d’entre vous pourra m’amener le trône de la Reine de Saba avant qu’elle n’arrive elle-même ici ?
Un Djinn dit : "Je vous l’apporterai avant que vous ne vous leviez de votre place."
Mais Assif Barkiak, à qui le Prophète Soulayman avait inculqué le nom spécial d’Allah, dit : Quelqu'un qui avait une connaissance du Livre dit : "... Je vous l'apporterai avant que tu n’aies cligné de l'œil". ... et ..."Cela est de la grâce de mon Seigneur, pour m'éprouver si je suis reconnaissant ou si je suis ingrat. ... (Coran 27/40)
Pour préparer l’arrivée de Balkis, le Prophète Soulayman ordonna qu’on construise un palais en cristal. Sous les étages, sous lequel coulait de l'eau et où évoluaient des poissons et des animaux aquatiques. Lorsque Balkis arriva, il l’emmena au palais.
Allah dit : "On lui dit : "Entre dans le palais". Puis, quand elle le vit, elle le prit pour de l'eau profonde et elle se découvrit les jambes. Alors, (Salomon) lui dit : "Ceci est un palais pavé de cristal". - Elle dit : "Seigneur, je me suis fait du tort à moi-même : Je me soumets avec Salomon à Allah, Seigneur de l'univers". (Coran 27/44)
Balkis perdit la tête par l’apparence de l’eau et remonta sa robe pour ne pas la mouiller. Lorsqu’elle réalisa son erreur, elle comprit aussitôt la subtilité du Prophète Soulayman. Il lui montrait que les choses n’étaient pas fidèles aux apparences, et même si le soleil qu’elle adorait lui semblait être la force la plus puissante, il existait une autre Force encore plus puissante que lui.
La femme intelligente comprit le message et se retourna vers Allah repentante et croyante. Le Prophète Soulayman la laissa repartir à Saba et lui permit de gouverner en son nom. Le Prophète Soulayman régna sur son peuple en faisant preuve de justice pendant une longue période. Son pouvoir s’étendait dans la plupart des pays connus. Cette unique bénédiction était due à sa prière rapportée dans le Saint Coran :
Allah dit : " Il dit : "Seigneur, pardonne-moi et fais-moi don d'un royaume tel que nul après moi n'aura de pareil. C'est Toi le grand Dispensateur " (Coran 38/35).
La mort de Soulayman
Le prophète Soulayman (Salomon) ordonna alors aux génies de lui construire à l'endroit même où il était assis un sanctuaire en cristal sans porte ; il se mit ensuite à prier, en s'appuyant sur sa canne.
L'ange de la mort entra et prit son âme, tandis qu'il était toujours appuyé sur sa canne. Cette directive donnée aux génies n'était qu'une ruse de la part du prophète Soulayman pour que les génies le croient toujours vivant et qu'ils continuent à travailler.
Allah dit : "Puis, quand Nous décidâmes de sa mort, il n'y eut pour les avertir de sa mort que la "bête de la terre", qui rongea sa canne. Puis, lorsqu'il s'écroula, il apparut de toute évidence aux djinns que s'ils savaient vraiment l'inconnu, ils ne seraient pas restés dans le supplice humiliant (de la servitude). " (Coran 34/14)
Quand la canne devint creuse, elle ne put supporter le corps du prophète Soulayman (Salomon) qui s'écroula. Lorsque les génies virent cela, ils se dispersèrent et partirent.
Sources : Les histoires des Prophètes par Ibn Kathir
L'Architecture invisible du Coran : Le mystère des nombres premiers
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Le Coran, au-delà de sa portée spirituelle et législative, est un texte qui fascine par sa structure interne. Depuis des siècles, savants et chercheurs se penchent sur une dimension plus discrète mais tout aussi rigoureuse de l’Écriture : sa symétrie mathématique. Au cœur de cette architecture se trouve une famille de nombres particulière, les nombres premiers, qui semblent agir comme une signature numérique attestant de l'unicité du message.
Pour comprendre la portée de cette corrélation, il faut d’abord revenir à la définition mathématique. Un nombre premier est un entier naturel supérieur à 1 qui n'a pour diviseurs que 1 et lui-même. Par définition, il est indécomposable, unique et fondamental. En arithmétique, le Théorème fondamental stipule que tout nombre peut être réduit à un produit de nombres premiers. Ils sont, en quelque sorte, les « atomes » ou les briques de construction de l'univers numérique.
Cette propriété d'indivisibilité trouve un écho profond dans le concept du Tawhid, le dogme central de l'Islam qui proclame l'unicité absolue de Dieu (Allah). Le parallèle est frappant : tout comme le nombre premier refuse d’être fragmenté, Allah est défini dans la sourate Al-Ikhlas comme Unique et Indivisible. L’usage des nombres premiers dans le texte sacré ne serait donc pas un simple hasard, mais une illustration mathématique de la nature divine.
Le cas spectaculaire du nom « Allah »
L’une des preuves les plus souvent mises en avant par les analystes numériques concerne l’occurrence du mot « Allah » lui-même. À travers l’ensemble des 114 sourates, le nom divin apparaît exactement 2699 fois. Or, le nombre 2699 est un nombre premier.
Pour les croyants, ce chiffre n'est pas le fruit du hasard. Si le mot était apparu une fois de plus ou une fois de moins, cette propriété d'indivisibilité aurait été rompue. Cette précision suggère une organisation textuelle qui dépasse les capacités de la composition humaine de l’époque, surtout lorsqu’on considère que le Coran a été révélé oralement sur une période de 23 ans. Maintenir un décompte aussi précis pour aboutir à une propriété mathématique complexe est un défi de conception monumental.
La structure de la Fatiha : Une fondation première
La Sourate Al-Fatiha (L'Ouverture), qui est le pilier de la prière quotidienne, présente une concentration de nombres premiers qui semble trop systématique pour être fortuite. En analysant ses constituants, on observe une récurrence du caractère « premier » :
Le nombre de versets : La Fatiha se compose de 7 versets. Le 7 est un nombre premier, souvent associé à la perfection dans la tradition sémitique.
Le nombre de mots : Selon les règles de calligraphie et de récitation prédominantes, elle comporte 29 mots. 29 est un nombre premier.
Le nombre de lettres : Le décompte total des lettres (en incluant la Basmala) atteint souvent 139. Encore une fois, 139 est un nombre premier.
Cette "triple protection" par des nombres premiers dès le premier chapitre du livre pose les jalons d'un système de codage qui protègerait le texte contre tout ajout ou retrait.
Le Concept de « Mathany » : Le Code des Paires
Le Coran utilise un terme spécifique pour décrire sa propre structure : Mathany. Ce mot, que l'on retrouve dans la sourate Az-Zumar (39:23), est souvent traduit par « redoublé » ou « apparié ».
« Allah a fait descendre le meilleur des récits : un Livre dont les parties se ressemblent et se répètent (Mathany)... »
Ce verset suggère que le Coran est bâti sur un système de dualité et de répétition cohérente. Le terme Mathany est également lié aux « sept que l'on répète » (Sourate 15:87), faisant référence à la Fatiha. D'un point de vue structurel, cela implique une symétrie où chaque élément mathématique répond à un autre.
La recherche contemporaine montre que les nombres premiers ne sont pas isolés, mais fonctionnent en paires ou en séries qui s'entrecroisent à travers les chapitres, créant une sorte de maillage de sécurité numérique.
Face à ces données, deux visions s'opposent. Les sceptiques y voient une forme d'apophénie, où l'esprit humain cherche désespérément des motifs là où il n'y a que le fruit des probabilités. Cependant, la probabilité statistique que le nombre total d'occurrences du nom principal, la structure du premier chapitre et la distribution de nombreux mots-clés tombent systématiquement sur des nombres premiers est extrêmement faible.
Pour les chercheurs en miracles numériques, cette « architecture invisible » est une preuve de l’origine non humaine du texte. Le Coran ne se contenterait pas de dire que Dieu est Unique ; il le démontrerait à travers la structure même du langage, en utilisant les lois immuables de l'arithmétique. En plaçant des nombres premiers — ces entités indivisibles et fondamentales — aux points névralgiques du texte, le Coran semble lier éternellement la vérité spirituelle à la vérité mathématique.
M.B.S.M.
Patrimoine -« Des arcs sous la lumière » : La magie des monuments sous les projecteurs
Par Imen ABDERRAHMANI
À la croisée du patrimoine et de la création contemporaine, « Des arcs sous la lumière » invite le public à redécouvrir les trésors archéologiques tunisiens à travers un parcours nocturne sublimé par l’éclairage artistique.
L’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle (c a choisi pour ce mois de ramadan d’aller au-delà des simples rencontres-débats sur les monuments islamiques, optant pour une mise en scène patrimoniale et ce à travers la manifestation « Des arcs sous la lumière » ; Rendez-vous qui propose une immersion sensible au cœur de monuments emblématiques, révélés par une mise en lumière scénographique pensée comme un dialogue entre passé et modernité.
Cette manifestation s’ajoute à une série de programmes que propose l’AMVPCC tout au long de l’année ciblant différentes catégories des Tunisiens avec pour ambition impliquer le Tunisien dans la préservation et la promotion de ces trésors.
Loin d’une simple illumination décorative, l’initiative s’appuie sur un travail esthétique minutieux où la lumière devient un outil d’interprétation. Elle souligne les lignes architecturales, magnifie arcs et ornementations, révélant également la texture des pierres et redessine les volumes. La nuit offre ainsi un nouvel écrin aux sites archéologiques, transformés en espaces d’émotion et de contemplation. Et c’est également une bonne occasion pour révéler quelques informations et secrets du monument éclairé lors de cette occasion.
Suivez le guide !
Le parcours proposé pour ce rendez-vous mènera les visiteurs à Haïdra (ce soir) et Sbeitla (7 et 8 mars), hauts lieux du patrimoine antique du gouvernorat de Kasserine, offrant à voir des vestiges romains et byzantins exceptionnels dans l’ouest tunisien. Si Sbeïtla est réputée pour son Capitole unique à trois temples, son forum et ses églises, Haïdra se distingue par sa forteresse byzantine et ses églises antiques.
Cette balade nocturne comporte également une escale, le 28 février et le 1er mars, à Makthar (Siliana), cité au riche passé numide et romain, et où on redécouvrira, lors de cette soirée exceptionnelle, autrement, sous les lumières, l’arc du triomphe (L’arc de Trajan), situé à l’entrée de la ville, rappelant les visiteurs de la longue histoire de cette Cité.
La fin de cette manifestation sera avec une mise en lumière et en valeur des majestueux aqueducs de Zaghouan (les 12 et 13 mars) et aux aqueducs du Bardo (les 14 et 15 mars), chefs-d’œuvre d’ingénierie hydraulique antique. Autant de sites qui témoignent de la profondeur historique et de la diversité culturelle ayant façonné la Tunisie à travers les siècles.
Cette manifestation s’inscrit dans la continuité des initiatives engagées ces dernières années pour promouvoir et valoriser le patrimoine national. En misant sur l’innovation visuelle et la médiation culturelle, elle prolonge les efforts visant à dynamiser les sites archéologiques, à renforcer leur attractivité et à encourager le tourisme culturel, tant local qu’international.
« Arcs sous la lumière » rappelle ainsi que la sauvegarde du patrimoine ne relève pas uniquement de la conservation, mais aussi de la transmission et du renouvellement du regard. En offrant une expérience immersive et accessible, elle ravive le lien entre les citoyens et leur histoire, et confirme que ces monuments, loin d’être figés dans le temps, demeurent des espaces vivants, porteurs de mémoire et d’avenir.
Alors, si vous êtes à Haïdra, Sbeïtla, Makthar, Zaghouan ou à Tunis ou si vous prévoyez de rendre visite à vos proches à ces dates, n’hésitez pas à rejoindre ces noctambules un peu particuliers, véritables gardiens de la mémoire.
I.A.
L'Espérance annonce officiellement l'engagement de Patrice Beaumelle
Après quelques jours de discussions concernant la durée du contrat et les indemnités à payer en cas de rupture en cours de route, les deux parties se sont mis d'accord pour un contrat d'un an et demi.
Le site officiel du club Sang et Or vient de l'annoncer juste avant le coup d'envoi du match EST -ST. Le Français Beaumelle entame ses fonctions lundi.
J.B.
Ligue 1- match de rattrapage- 20e J - Espérance- Stade Tunisien (1-0) : Les Sang et Or virent en tête
Par Jamel Belhassen
Grâce à une superbe première mi-temps, l'EST a réussi à remporter le derby face à un ST, peu entreprenant en attaque malgré une réaction notable après la pause. Une victoire synonyme d'un poste de leader.
Entre Sang et Or et Stadistes, le match s'annonce passionnant. Classés dans le podium, les deux équipes visent la victoire. L'EST est menée par Braconi en attendant les débuts de Patrice Beaumelle qui suit le match des gradins alors que le ST est dirigé par le nouvel entraîneur Said Saibi. Au 4-2-3-1 des premiers, les seconds se présentent en 4-3-3.
Petit à petit le jeu s'accélère. Après deux essais de Sasse (1e) et Ndiaye ( 8e), Une action collective de la droite Sasse- Draguer finit dans les pieds de Tka qui trompe Farhati ( 1-0) à la (21e). Dans la foulée, Diarra voit son tir percuter la transversale ( 22e) ratant le break. Un autre but est raté par Sasse qui tire sur le poteau alors qu'il était seul face à Farhati (34e).
Une première période à l'avantage de L'Espérance qui aurait pu marquer plus d'un but face à un ST peu coriace au milieu et en attaque. Après la pause, le jeu est davantage intense avec un ST plus porté vers l'avant avec la rentrée de Jaouadi et une meilleure gestion de l'entrejeu devant une Espérancemoins tranchante.
A la(70e) Farhati, encore lui, détourné un tir puissant de Danoh. Les Stadistes repartent vers l'attaque cherchant l'égalisation sur des centres vers la cage de Memmiche avec un pressing final qui reste vain. L'EST retrouve son poste de leader avec 46 points, contre 45 au CA et 43 au ST.
Formations :
EST: Memmiche, Draguer, Ben Hamida, Jelassi, Toughai, Haj Ali ( Guennichi 66e), Tka, Jebali (Rafia 82e), Sasse ( Boualia 44e), Diarra ( Jabri 82e), Diakite ( Danoh 66e),
ST: Farhati, Seghauer, Khalfa, Sahraoui, Saihi, Ndaw, Topsaba ( Haboubi 71e), Toure ( Jaouadi 46e puis Smaali 84e), Saafi, Ouerghemmi ( Hanchi 88e), Ndiaye( Camara 71e)
J.B.
L’Énigme de la crucifixion en Égypte antique : Le Coran face à l’histoire
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
L’histoire des civilisations est souvent un champ de bataille entre les textes sacrés et les découvertes archéologiques. L’une des polémiques les plus vives concerne la pratique de la crucifixion en Égypte ancienne, à l’époque du prophète Joseph (Yusuf).
Longtemps, les sceptiques ont pointé du doigt ce qu’ils considéraient comme un anachronisme majeur dans le Coran : l’usage du terme "crucifixion" plus d'un millénaire avant l’invention de la croix romaine.
Pourtant, les avancées récentes de l’égyptologie et une analyse sémantique rigoureuse renversent aujourd’hui cette perspective, révélant une précision historique insoupçonnée du texte coranique. L’argument classique contre l’historicité du récit coranique repose sur une chronologie rigide.
Les historiens s’accordent généralement pour dire que la crucifixion, telle que nous la connaissons avec la croix de bois (crux), a été popularisée par les Perses, puis adoptée par Alexandre le Grand et perfectionnée par les Romains autour du IVe siècle avant J.-C.
Joseph ayant vécu, selon les estimations bibliques et historiques, sous le Moyen Empire ou au début du Nouvel Empire égyptien (soit entre 1800 et 1500 avant J.-C.), l’idée qu’il puisse prédire à un codétenu qu’il sera "crucifié" (Coran 12:41) semblait impossible. Pour les détracteurs, le rédacteur du Coran aurait simplement projeté une méthode d’exécution de son propre temps sur une époque révolue.
C’est ici que la précision du langage intervient. Le Coran utilise le verbe salaba (صلب). Bien que traduit par "crucifier" dans les langues modernes, la racine linguistique arabe renvoie à l’action de fixer, de rigidifier ou de lier un corps à un support vertical, qu'il s'agisse d'un tronc d'arbre, d'un poteau ou d'une croix.
L'étude The History and Pathology of Crucifixion publiée par la National Library of Medicine rappelle que les formes primitives de ce supplice consistaient à attacher ou à empaler la victime sur un pieu. Contrairement à la Bible (Genèse 40:19) qui parle de "pendre à un bois", le Coran emploie un terme qui décrit spécifiquement le corps fixé et exposé en hauteur : "L'un de vous sera crucifié, et les oiseaux mangeront de sa tête" (Coran 12:41). Cette description est cliniquement exacte pour une exposition sur un poteau d'exécution.
L'égyptologie moderne a confirmé que Pharaon ne se contentait pas de simples exécutions. Pour les crimes de haute trahison ou les offenses envers la royauté, les Égyptiens pratiquaient l'empalement et l'exposition du corps.
Des documents comme le Papyrus Abbott ou les inscriptions de l'époque ramesside font état de criminels "mis sur le bois". Plus fascinant encore, des représentations murales dans des tombes de hauts dignitaires montrent des condamnés dont le corps est transpercé par un pieu vertical, le corps restant ainsi dressé face au public. Ce n'est pas la croix en "T" de Spartacus, mais c'est bien une "fixation sur poteau" — le sens originel du mot utilisé dans le Coran.
Un "miracle historique" ?
Le titre donné à Pharaon dans la sourate Al-Fajr, "Pharaon des pieux" (Dhul-Awtad, Coran 89:10), prend alors tout son sens. Loin d'être une métaphore obscure, les exégètes modernes suggèrent que cela fait référence aux poteaux de torture et d'exécution qui étaient les piliers de son système de terreur et de justice.
Ce qui était perçu comme une erreur scientifique devient, pour de nombreux chercheurs, une preuve de l'exactitude du texte. À une époque (le VIIe siècle) où les hiéroglyphes étaient une langue morte et les archives de l'Égypte pharaonique enfouies sous le sable, comment un texte pouvait-il distinguer les méthodes punitives spécifiques à l'Égypte antique de celles de la Rome antique ?
Le Coran ne décrit pas une croix romaine, mais une pratique d'exposition verticale propre au système judiciaire des pharaons. Cette subtilité historique, confirmée par les travaux de la National Library of Medicine et les découvertes archéologiques sur les méthodes de supplice assyriennes et égyptiennes, suggère que le récit ne s'inspire pas de légendes contemporaines, mais rapporte des faits en adéquation avec la réalité archéologique.
La science ne vient pas ici contredire le sacré, mais l'éclairer. En distinguant la forme du supplice (le poteau/pieu) de l'instrument plus tardif (la croix), le Coran s'aligne sur les découvertes récentes de l'égyptologie. L'image de Pharaon régnant par les "pieux" et la vision prophétique de Joseph concernant le condamné dont la tête est dévorée par les oiseaux constituent des descriptions techniques que seule l'archéologie moderne a pu pleinement valider.
M.B.S.M.
La Mosquée de Sidi Bou Makhlouf (Le Kef) : Un joyau architectural
Blottie au pied des remparts ocre de la Kasbah, la mosquée de Sidi Bou Makhlouf, le Saint protecteur d’El Kef, réalise dans le domaine de l’architecture religieuse, une composition harmonieuse de trois coupoles de taille et de forme différente, d’un très élégant minaret octogonal revêtu, en partie, de petits carreaux de céramique émaillée émanant d’un monument dont le volume et la décoration extérieure restent sobres et modestes.
L’entrée principale s’ouvre, à l’Ouest, par une grande porte traditionnelle en bois ouvragé, à double battant, surmontée d’un arc plein cintre. Puis, un petit vestibule rassemble la porte du minaret et celle réservée aux femmes. Il ouvre sur la cour dans laquelle, se trouve le minaret, un petit portique et une entrée, sans doute originelle – qui donne sur la grande salle. Elle est surmontée d’une coupole majestueuse soutenue par une double arcade plein cintre reposant sur des colonnes antiques remployées.
Deux nefs latérales couvertes de voûtes d’arête encadrent cette grande salle. Celle de droite est fermée par un mihrab. Celle de gauche, permet aux femmes d’accéder directement à la Tourba. En face de la porte d’entrée, un grand arc a été aménagé et fermé à mi-hauteur par une claustra en bois.
Rompant avec l’austérité extérieure, la décoration intérieure est remarquablement belle et riche. Tous les murs sont tapissés de petits carreaux de faïence polychrome aux motifs décoratifs très variés.
Le haut des murs et particulièrement la coupole sont revêtus de stucs très fi nement ouvragés, comportant des petits points peints en rouge qui « illuminent » l’ensemble blanc. Les petites fenêtres de la base et du tambour de la coupole sont dotées de vitraux qui filtrent et colorent la lumière du jour.
Derrière cette salle, au-delà de la claustra de bois, deux salles, à la décoration plus dépouillée, sont réservées à la Tourba de Sidi Abdallah Bou Makhlouf, et de ses deux frères dont les riches catafalques retiennent l’attention. Différents Cheikhs qui ont dirigé successivement la confrérie sont aussi inhumés dans cette « tourba ».
Cette mosquée et la zaouïa attenante ont été le siège de la confrérie des Aïssaouis, fondée au XVIème siècle. Ces lieux servaient jusqu’à une date récente, aux réunions de la Aïssaouia. La zaouïa, en particulier, a été pendant longtemps, un véritable conservatoire de la musique traditionnelle, dont le malouf d’origine andalouse. Actuellement, le monument ne reçoit plus guère que les visites de femmes pieuses alors qu’il est un des joyaux architecturaux d’El Kef et de sa région.
L’histoire des prophètes : Prophète Dawoud (David)
Le Prophète Dawoud (David) fait partie de la descendance de Yacoub (Jacob) , Le prophète David est le fils d'Isal, fils d'Obed, fils de Booz, fils de Salma, fils de Nahasson, fils d'Aminadab, fils de Ram, fils de Hesron, fils de Phares, fils de Juda, fils de Jacob , fils d'Isaac , fils de l'ami intime Ibrahim.
Parmi les différentes choses qu'Allah a révélées au Prophète, il y a des nouvelles concernant certains prophètes. Ces prophètes ont patienté face aux épreuves et aux difficultés qu'ils ont pu rencontrer jusqu'à ce qu'Allah les en délivre. Parmi eux, il y a notre maître Dawoud (David). Malgré sa souveraineté fermement établie, il n'a pas échappé aux tristesses et aux tourments de ce bas monde.
Le Prophète a dit : " Le jeûne le plus agréé d’Allah est celui de David. La prière la plus agréée d’Allah est celle de David. Il dormait la moitié de la nuit, veillait un tiers, puis il se recouchait le sixième de la nuit. Il jeûnait un jour et rompait son jeûne le jour suivant. " (Rapporté par Boukhari et Mouslim)
Le Prophète et roi Dawoud (David) a reçu un miracle éclatant de la part d'Allah qui lui a accordé une voix belle et forte qu'Il n'a accordée à personne d'autre avant lui. Lorsqu'il récitait Zabour, qui lui avait été révélé ; les montagnes, les oiseaux, écoutaient son beau tasbîh (ses évocations) et répétaient ce qu'il disait et ils faisaient avec lui le tasbîh.
Allah dit : "... Et Nous asservîmes les montagnes à exalter Notre Gloire en compagnie de David, ainsi que les oiseaux. Et c'est Nous qui sommes le Faiseur. Nous lui (David) apprîmes la fabrication des cottes de mailles afin qu'elles vous protègent contre vos violences mutuelles (la guerre). En êtes-vous donc reconnaissants ?". (Coran 21/79-80)
En effet, ce dernier avait une voix agréable, belle et portante, à tel point d’ailleurs, qu’Allah, a dit : " " Nous avons certes accordé une grâce à David de Notre part. Ô montagnes et oiseaux, répétez avec lui (les louanges d'Allah). Et pour lui, Nous avons amolli Ie fer, (en lui disant) : "Fabrique des cottes de mailles complètes et mesure bien Ies mailles." Et faites Ie bien. Je suis Clairvoyant sur ce que vous faites. " (Coran 34/10-11)
Il était le premier homme qui eut l'habileté de fabrication d’armure de fer de manière à ce qu'il n'avait pas besoin de feu ni de marteau pour le travailler et être porté durant les combats, ainsi, ils avaient la protection nécessaire pour faire la guerre et des attaques par les ennemis.
Le Prophète a dit : "La meilleure prière est celle de Dawoud, et le meilleur jeûne est celui de Dawoud ; il dormait la moitié de la nuit, puis il se réveillait pour prier pendant le tiers de la nuit, et ensuite il dormait le sixième. Il jeûnait un jour et mangeait le jour suivant, et toutes les fois qu’il rencontrait son ennemi, il ne reculait jamais". (Rapporté par Boukhari et Mouslim)
L'imam Ahmad rapporta d'Abou Hourayra que le Prophète dit : "La récitation fut facilitée pour Dawoud ; il demandait que son cheval soit sellé, puis il commençait la récitation du Coran, et l’achevait avant que le cheval soit sellé. Et Dawoud ne mangeait que de ce qu'il gagnait de ses propres mains ". (L'imam Boukhâri cita le même Hadith dans son livre).
Allah lui donna la sagesse et les connaissances nécessaires pour diriger un empire et pour guider son peuple, les enfants d’Israël, sur le droit chemin, sur le chemin du pur monothéisme. Allah dota tous Ses prophètes d’attributs démontrant clairement leur qualité de prophètes et Il dota Dawoud (David) de qualités uniques et lui permis d’accomplir des miracles.
Allah dit : "Et David tua Goliath ; et Allah lui donna la royauté et la sagesse, et lui enseigna ce qu'il voulut. Et si Allah ne neutralisait pas une partie des hommes par une autre, la terre serait certainement corrompue. Mais Allah est Détenteur de la Faveur pour les mondes." (Coran 2/251)
Allah dit aussi : " Et Nous renforçâmes son royaume et lui donnâmes la sagesse et la faculté de bien juger. " (Coran 38/20).
Allah dit : " " Ô David, Nous avons fait de toi un calife sur la terre. Juge donc en toute équité parmi les gens et ne suis pas la passion : sinon, elle t'égarera du sentier d'Allah". Car ceux qui s'égarent du sentier d'Allah auront un dur châtiment pour avoir oublié le Jour des Comptes" (Coran 38/26)
Allah dit : " Et t'est-elle parvenue la nouvelle des disputeurs quand ils grimpèrent au mur du sanctuaire ! Quand ils entrèrent auprès de David, il en fut effrayé. Ils dirent : "N'aie pas peur ! Nous sommes tous deux en dispute ; l'un de nous a fait du tort à l'autre. Juge donc en toute équité entre nous, ne sois pas injuste et guide-nous vers le droit chemin. Celui-ci est mon frère : il a quatre-vingt-dix-neuf brebis, tandis que je n'ai qu'une brebis. Il m'a dit : "Confie-la-moi" ; et dans la conversation, il a beaucoup fait pression sur moi" ".(Coran 38/21-23)
Allah dit : " Il (David) dit : "Il a été certes injuste envers toi en demandant de joindre ta brebis à ses brebis". Beaucoup de gens transgressent les droits de leurs associés, sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres - cependant ils sont bien rares -. Et David pensa alors que Nous l'avions mis à l'épreuve. Il demanda donc pardon à son Seigneur et se prosterna et se repentit. Nous lui pardonnâmes. Il aura une place proche de Nous et un beau refuge". (Coran 38/24-25)
Allah dit : " Et à David Nous fîmes don de Salomon, - quel bon serviteur ! Et il était plein de repentir. " (Coran 38/30)
Le Prophète Dawoud (David) eut un fils, Soulayman (Salomon).
Sources : Les histoires des Prophètes par Ibn Kathir
















