Migrations et frontières : L'ombre du système dans « In the Belly of the Whale » de Marwa Manai
La migration, ce phénomène universel autant qu'intemporel, continue de dessiner des lignes de fracture dans les sociétés contemporaines. Ce que le migrant perçoit comme un rêve inaccessible, la science le réduit à une simple donnée mesurable. Ce que le migrant considère comme un espoir légitime, les cadres juridiques l'enferment dans des catégories : légal ou illégal. Entre ces perceptions opposées s'inscrit une réalité complexe que la pièce de théâtre « In the Belly of the Whale », mise en scène par Marwa Manai, explore avec une profondeur saisissante.
Cette création, née d'une collaboration entre le Théâtre National Tunisien et le Théâtre National Croate de Rijeka, a été présentée récemment à la Salle Le 4ème Art à Tunis à Tunis, du 24 au 26 janvier. Inspirée des récits d'auteurs contemporains tels qu'Iva Papic et Dorotea Susak, Marwa Manai déploie une fresque humaine où se croisent destins, ambitions et dilemmes moraux.
Ces contributions littéraires apportent une diversité de perspectives à la pièce, mêlant des récits intimes et universels sur le désir de franchir l'inconnu. L'œuvre a rassemblé une équipe de comédiens tunisiens et croates, notamment Sur scène, une équipe cosmopolite donne vie aux personnages: Sonia Zarg Ayouna, Nadia Belhaj, Thawab Aidoudi, Allam Barakat, Mario Jovev, Serena Ferraiuolo et Edi Ćelić, L’assistance à la mise en scène était assurée par Anis Kamoun, tandis que la dramaturgie était assurée par Maja Lezaic. La scénographie et l'éclairage ont été créés par Alan Vukelic, la musique par Riadh Bedoui, les costumes par Sandra Dekanic et la conception vidéo par Souhail Ben Hamida.
Le titre « In the Belly of the Whale » porte des connotations religieuses et philosophiques. Il fait immédiatement penser à l’histoire du prophète Younes, qui s’est retrouvé dans les ténèbres de la baleine après avoir fui son peuple, d'une part, et fournit un cadre symbolique pour l'expérience des migrants dans la pièce, d'autre part. Ici, la baleine devient un être symbolique et un système global qui engloutit tout le monde, qu'ils soient migrants à la recherche de sécurité ou responsables subissant les lois bureaucratiques.
« In the Belly of the Whale » représente les ténèbres doubles vécues par les individus à l'intérieur des systèmes oppressifs : la première obscurité est la perte d’identité et de dignité humaine, tandis que la deuxième est l'impossibilité de fuir les chaînes de la réalité. Dans ce contexte, chaque individu, qu’il soit migrant illégal, académicien ou responsable, devient une partie d'un système qui dévore l'humanité, transformant chacun en victime et acteur à la fois.
Plongée dans les méandres des centres de rétention
Au cœur de la narration Les personnages de l'œuvre viennent de trois horizons différents : d'abord, la chercheuse académique, qui explore les abus dans les centres de rétention, et qui constitue le fil conducteur de l’histoire, car elle rapporte les abus dans le centre de rétention B42. Son but est d'obtenir une subvention pour sa recherche. Ensuite, le responsable du centre de rétention et Leila, la jeune tunisienne qui interroge les migrants illégaux. Le premier cherche à résoudre la question du renvoi de tous les migrants afin de fermer le centre dans les dix jours, tandis que la seconde tente de justifier cette expulsion en prouvant la nationalité de chaque migrant. Enfin, les trois migrants – Ali, le jeune tunisien qui a traversé la Turquie en prétendant être syrien pour obtenir l'asile, Mariam, la jeune femme enceinte qui a fui avant de se faire découvrir, et Fodonosha, dont la nationalité est incertaine, entre l'Azerbaïdjan et ses pays voisins.
Malgré la diversité des textes de référence et des nationalités des acteurs, ainsi que des accents et des langues des personnages, Marwa Manai a réussi à créer une œuvre cohérente et fluide qui permet au spectateur d'observer l'obscurité du « In the Belly of the Whale » sous divers angles. Le titre évoque nécessairement l'endroit où le prophète Younes a vécu après avoir été rejeté par son peuple. Les personnages de la pièce sont chargés de péchés, comme celui de la science et de son pragmatisme, quand la chercheuse ne poursuit que l'objectif d'obtenir une subvention de recherche. Il y a aussi les péchés des responsables, qui priorisent l'application des lois au détriment des droits humains, à travers le personnage du directeur du centre de rétention, qui néglige la santé d'une migrante enceinte, ou de Leila, qui révèle les secrets des migrants de son propre pays, mêlant ainsi devoir et trahison.
Enfin, les péchés des migrants, qui sont prêts à renier leur nationalité, leur langue, leur religion et tout leur héritage culturel, prêts à accepter n'importe quel nom et toute identité afin de ne pas être renvoyés dans leur pays, posent une question qui divise : cherchent-ils un paradis ou fuient-ils une chaleur infernale ?
Scénographie immersive et symbolique
Marwa Manai utilise des paravents transparents pour diviser l’espace sur scène, créant ainsi un environnement qui évolue selon la situation, de l'écran de présentation de la recherche académique aux différents espaces du centre de rétention, avec des portes, des murs de chambres étroites et des murs séparant les détenus des responsables du centre. À travers ces paravents, la metteuse en scène resserre les angles et accentue les pressions auxquelles les migrants et les responsables des centres de rétention font face.
À travers les techniques d'éclairage, les barrières disparaissent complètement pour laisser place à des lignes rouges entrelacées, formant des triangles de tailles différentes, reliant l'existant au nouveau monde à travers des systèmes stricts. Ces lignes rouges signalent un danger imminent et des interdictions, et rappellent les « lignes rouges » qui brûlent tous ceux qui tentent de les franchir, comme des rayons laser presque impossibles à traverser.
Dans cette pièce, aucun personnage n’est épargné par la critique. La chercheuse est accusée de privilégier sa carrière au détriment des droits humains. Le directeur du centre incarne une bureaucratie froide, insensible aux souffrances individuelles. Quant à Leïla, elle illustre les contradictions d’une migrante intégrée, prête à sacrifier ses semblables pour assurer sa propre sécurité. Mais les migrants eux-mêmes ne sont pas idéalisés : Ali ment sur son identité, Mariem fait de l’humour une arme contre un système qui la broie, et Vodonosa s’efface dans une quête de renaissance hors des cadres imposés.
Miroir de la société contemporaine
Le titre « In the Belly of the Whale » renvoie inévitablement à l’histoire de Younes le prophète. Ici, cette histoire devient une métaphore des centres de rétention : des lieux où l’humanité est suspendue, où les identités sont mises à nu et où les rêves s’éteignent ou renaissent
La pièce met en lumière la tension entre l'humanité et l'institution, entre l'individu qui lutte pour sa survie et le système qui cherche à maintenir ses règles intactes. En s'inspirant de récits d'écrivains issus de cultures diverses, Marwa Manai tente de déconstruire le phénomène de la migration irrégulière, non seulement en tant que crise légale, mais aussi en tant que phénomène humain aux multiples dimensions.
La pièce soulève plusieurs problèmes majeurs, en particulier la souffrance des migrants irréguliers et leur lutte pour la reconnaissance de leur humanité. Elle critique vivement les contradictions entre les lois internationales des droits de l'homme et leurs applications pratiques, souvent déconnectées des réalités humaines. Elle souligne également l'impact des systèmes juridiques sur les individus, qu'ils soient migrants ou employés de ces systèmes, créant ainsi une crise d'identité et d'appartenance, où les migrants sont obligés de renier leurs racines pour avoir une chance de survivre.
Cette pièce invite le spectateur à sortir de sa zone de confort, à interroger ses propres préjugés et à reconnaître l’interdépendance des destins humains. Car, comme le souligne la scénographie, nous sommes tous liés par des fils invisibles, tissés par nos choix, nos actions et nos silences.
« In the Belly of the Whale » est plus qu’une pièce de théâtre : c’est un cri pour une humanité partagée, un appel à dépasser les frontières, qu’elles soient physiques ou mentales.
Le Quotidien avec communiqué
Amel Guellati présente au Festival de cinéma de Sundance avec « Where the wind comes from »
La réalisatrice Amel Guellati participe au prestigieux Festival de cinéma de Sundance qui se déroule actuellement aux Etats-Unis et dont la clôture est prévue le 2 février.
D’une durée de 1h40, le film « Where the wind comes from » réunit au casting Eya Bellagha, Slim Baccar et Sondos Belhassen.
« Alyssa, une jeune rebelle de 19 ans, et son meilleur ami, Mehdi, 23 ans, timide et introverti, utilisent leur imagination pour échapper à leur triste réalité. Un jour, ils découvrent un concours qui se tient à Djerba et qui pourrait leur permettre de changer leur vie. Ils décident de faire le road trip, peu importent les obstacles », lit-on dans le synopsis.
Née en 1988 à Tunis, Amel Guellaty est photographe et réalisatrice. Elle débute sa carrière comme assistante à la réalisation sur les tournages de « Après mai » d’Olivier Assayas et « Mektoub my love » d’Abdellatif Kechiche. Entre 2009 et 2017, elle réalise un court métrage amateur suivi de deux courts documentaires, « Née au printemps » et « Les Éboueurs de la mer ». « Black Mamba » (2017) est son premier court métrage.
A El Teatro, en avant-première : Projection de 6 courts- métrages documentaires sur l’environnement
« Doc House » organise ce soir, à partir de 19h00, une soirée spéciale dédiée à l’environnement et ce dans le cadre du projet « Green Docs ». Six courts- métrages documentaires qui explorent des récits puissants autour des défis environnementaux en Tunisie sont à l’affiche de ce rendez-vous exceptionnel. Le public découvrira ainsi « MERdum » de Hazar Abbassi, « Art of the Earth » de Mirvet Kammoun, « Cicatrice » de Abdallah Yahia, « The Water man » de Haythme Maghuirbi, « A destiney with Exile » de Houcem Slouli et « L’archipel » de Rami Jarboui.
La soirée sera suivie d’un débat avec les réalisateurs et réalisatrices et elle sera une occasion pour discuter de ces projets et du cinéma documentaire.
« Green Docs » est un projet de Doc House, financé par l'Ambassade de Suisse en Tunisie.
Décès de l’homme de culture Taoufik Besbes
Dans un faire-part, le ministère des Affaires culturelles a rendu hommage, le samedi 25 janvier 2025, à l'homme de culture et de l’art Taoufik Besbes, décédé ce même jour.
Figure emblématique de la scène culturelle, Taoufik Besbes, né en 1939 à Monastir, a commencé sa carrière dans la télévision tunisienne, choisissant de se spécialiser dans la réalisation des films documentaires, après une formation qu’il a suivi en France. Il a occupé des postes importants, notamment à la direction du Festival international de Carthage, du Festival international de Hammamet et des Journées cinématographiques de Carthage, consacrant sa carrière à l’art et à la culture.
Les trois opérateurs de télécoms amorcent officiellement leur passage à la 5G : Ce qui peut (et doit) changer en Tunisie
Par Hassan GHEDIRI
Le début du déploiement commercial de la 5G marque une importante avancée technologique promettant de transformer le quotidien des usagers et de dynamiser l’économie nationale.
Le 21 janvier 2025, la Tunisie a franchi une étape importante vers la modernisation de ses infrastructures numériques avec l’annonce officielle de l’octroi des licences d’installation et d’exploitation de la 5G par le ministère des Technologies de la communication. Les trois opérateurs de télécommunication mobile (Tunisie Télécoms, Orange Tunisie et Ooredoo Tunisie) qui partagent le marché tunisien ont donc obtenu le feu vert pour entamer le premier déploiement commercial après la publication, le 21 janvier 2025 des décrets relatifs à leurs licences réciproques.
Il n’y a en effet aucun doute quant aux grands bénéfices que gagnera la Tunisie par son passage à cette technologie en raison de ses applications qui promettent de révolutionner le quotidien des usagers particuliers, mais surtout la qualité et les performances des industries et des services.
La situation économique actuelle de la Tunisie, marquée par une croissance faible, des investissements en berne et un endettement extérieur élevé, se présentent comme les défis primordiaux que l’introduction de la 5G devrait contribuer à relever. Elle peut en effet jouer un rôle clé pour stimuler la reprise économique, redynamiser certains secteurs et favoriser des investissements à long terme.
La 5G, en tant que technologie de pointe, doit aider à attirer des investisseurs étrangers intéressés par des marchés émergents capables d’adopter des innovations technologiques à grande échelle. Les entreprises internationales, notamment celles dans les secteurs de la technologie, de l’industrie et des télécommunications, cherchent à établir des partenariats dans des pays où les infrastructures numériques sont avancées. Le déploiement de la 5G peut ainsi positionner la Tunisie comme un hub technologique en Afrique du Nord, capable d’attirer des IDE et donc de diversifier ses sources de financement. D’autre part, les entreprises tunisiennes auront la possibilité d’accélérer leur transformation numérique, en accédant à des technologies de plus en plus performantes et adaptées aux besoins du marché moderne. Il s’agit également de favoriser l’émergence de start-up innovantes dans des secteurs stratégiques tels que l’éducation, la santé, le transport et l’agriculture intelligente, ce qui est de nature à favoriser la création de milliers d’emplois et résorber le chômage devenu, aujourd’hui, une préoccupation majeure pour l’Etat.
Revoir ses ambitions à la hausse
Par ces temps particulièrement difficiles pour l’industrie nationale qui n’arrive plus à faire face à la concurrence et à préserver ses parts de marché à l’échelle locale et extérieure, l’adoption de la 5G doit pousser les industriels tunisiens à repenser leurs modes de production, améliorer leurs chaînes logistiques et attirer de nouveaux contrats à l’échelle mondiale. Par exemple, des usines automatisées et connectées, avec des équipements qui communiquent en temps réel, pourraient offrir un modèle d’efficacité accrue pour les industries tunisiennes. Ce processus de modernisation pourrait non seulement renforcer la compétitivité des entreprises tunisiennes, mais également contribuer à la création de nouveaux emplois dans des secteurs à forte valeur ajoutée.
Dans un contexte de crise économique, l’Etat se trouve plus que jamais dans l’obligation de renforcer l’efficacité des services publics pour répondre aux besoins croissants de la population tout en optimisant les ressources disponibles. La 5G se présente dans ce sens comme une grande opportunité pour renforcer l’efficacité des services dans des domaines comme la santé, l’éducation et les transports. Dans le secteur de la santé, par exemple, la 5G aide au développement de la télémédecine comme outil de consultation à distance et de haute qualité, ainsi qu’à la réduction de la durée des diagnostics médicaux, entre autres grâce à l’utilisation de l’IA et de bonne gestion des flux patients dans les établissements de santé. Cela peut non seulement améliorer l’accès aux soins pour les populations éloignées, mais aussi rationaliser les coûts liés aux infrastructures médicales.
Dans le domaine de l’éducation, la 5G permet de diffuser des contenus pédagogiques en haute qualité et en temps réel, offrant ainsi des opportunités d’apprentissage à distance plus efficaces, et favorisant une éducation inclusive à travers le pays. Ces améliorations dans les services publics peuvent non seulement améliorer la qualité de vie des citoyens, mais aussi réduire la charge économique sur l’État, en optimisant les processus internes et en augmentant l’efficacité de l’utilisation des fonds publics.
La 5G représente donc une véritable opportunité pour la Tunisie de sortir de la morosité économique actuelle. Elle peut être un moteur de croissance en stimulant l’investissement, en modernisant l’industrie, en favorisant l’innovation et en améliorant l’accès aux services publics essentiels. Toutefois, pour maximiser ces bénéfices, il sera crucial d’accompagner cette transition par des politiques publiques adaptées, des investissements dans la formation et une collaboration étroite entre le secteur privé et les autorités publiques. Si la Tunisie parvient à tirer parti du potentiel de la 5G, elle pourrait amorcer un redressement économique significatif et durable.
H.G.
Editorial : Plongée en perspective dans les abysses des profondeurs …
Par Chokri BACCOUCHE
Si la mondialisation prône la libre circulation des marchandises et des individus, dans la pratique, force est de remarquer qu’il n’y a rien de tout cela ou presque. Certes, les biens de consommation passent d’une frontière à une autre dans le cadre des échanges commerciaux, mais aussi librement qu’on ne le pense. Les pays dits riches et développés s’ingénient à chaque fois à ériger des obstacles et de nouvelles lois face aux exportations des pays pauvres qu’ils s’empêchent paradoxalement d’appliquer sur leurs propres produits. Résultat des courses, le jeu est pipé dès le départ et c’est à prendre ou à laisser. Les puissants imposent ainsi aux plus vulnérables la marche à suivre, biaisant au passage tout le système.
Pour ce qui est de la libre circulation des individus, c’est encore pire. Les frontières se ferment hermétiquement et sont cadenassées à double tour face aux individus qui envisagent de se rendre d’un pays à un autre. Les ressortissants des pays du Sud notamment sont traités comme des parias et subissent le calvaire des visas qui sont de plus en plus délivrés au compte-gouttes. Rares sont ceux qui réussissent à obtenir le précieux sésame au prix d’un véritable parcours du combattant et peu importe leur statut social ou le mobile de leur voyage. La situation a même tendance à s’aggraver depuis quelques années. En raison de la crise économique qui sévit un peu partout dans le monde, de nombreux pays se sont repliés sur eux-mêmes, fermant au passage leurs frontières au quadruple tour. L’étranger devient ainsi non seulement indésirable, mais il est également tenu pour responsable, ne serait-ce qu’en partie, de la mauvaise passe que connaît le pays. C’est ce qui explique, en fait, la montée en puissance des partis d’extrême droite en Europe ou ailleurs qui font de la lutte contre l’émigration leur principal fonds de commerce électoraliste.
La chasse aux étrangers devient le credo en vogue et le cheval de bataille des politiques. De nouvelles normes et de nouvelles lois drastiques et résolument plus sévères sont ainsi imposées dans le but de restreindre à leur plus simple expression les flux migratoires. Les droits d’asile sont supprimés ou presque et même les expatriés en règle se retrouvent aujourd’hui menacés d’expulsion vers leur pays d’origine à la moindre incartade ou infraction des lois imposées dans les pays d’accueil. Aux Etats-Unis, les choses tournent carrément au vinaigre. En effet, il n’a suffi que quelques heures après son investiture officielle pour que le revenant Donald Trump mette en branle son programme anti-migration. Des centaines de migrants clandestins ont été renvoyés ces derniers jours à bord d’avions militaires vers leur pays d’origine dans le cadre de ce que la porte-parole de la Maison-Blanche a qualifié «d’opération d’expulsion de masse la plus grande de l’histoire». Pour rappel, le jour même de l’investiture de Trump, le Sénat américain à majorité républicaine a adopté un projet de loi qui requiert la détention par les forces de l’ordre fédérales de migrants en situation irrégulière et soupçonnés de certains délits. Autant dire que la traque aux migrants ne fait que commencer et va certainement déboucher au fil des jours sur des battues en règle dans un climat de tension et de frayeur extrême. S’il est admis que cette opération de ratissage à grande échelle relève, quoiqu’on le dise, d’une décision souveraine, elle ne pose pas moins un sérieux problème lié au droit d’asile qui est universellement reconnu, comme l’a souligné d’ailleurs l’organisation onusienne. Les droits d’asile, les conventions internationales et autres inventions juridiques savantes ne sont, en définitive, que des pipeaux dans le monde d’aujourd’hui. Elles sont faites pour berner les esprits naïfs et surtout pour être violées allégrement et impunément par les nababs et les puissants de la planète. Elles ne sont surtout bonnes que quand il s’agit de les appliquer, de gré si possible, par la force, les pressions ou les menaces si nécessaire, aux seuls pays vulnérables et pauvres.
Le mime étant très à la mode dans le monde, il est à craindre que d’autres pays soient tentés d’adopter le mode opératoire «trumpien» pour juguler les flux migratoires. On pense notamment à l’Europe où les signes avant-coureurs de pratiques à peu près similaires commencent d’ores et déjà à se faire sentir depuis quelque temps. Bref, on peut vraiment dire que les pays dits riches ferment hermétiquement leurs frontières et le monde ferme, à son tour, par conséquent ses écoutilles à l’instar d’un submersible et s’apprête à entamer une longue plongée dans les abysses des profondeurs. C’est-à-dire l’incertitude la plus absolue, la montée de l’intolérance, du rejet de l’autre et du protectionnisme à tout crin. On espère se tromper, mais tous les ingrédients sont désormais réunis pour envisager des lendemains qui déchantent pour l’ensemble de l’humanité…
C.B.
Ligue 1- matches de rattrapage : L'EST et l'ESS s'imposent à l'extérieur, le CA accroché à Rades
Par Jamel Belhassen
15e journée
USMonastir Espérance (0-2 )
Entre Monastiriens et Tunisois, les débats étaient très disputés. La victoire étant un objectif à atteindre par les deux formations. En première période, les débats étaient favorables aux Saheliens et la tête de Jebali à été repoussée par Memmiche en corner. La riposte est venue du côté Sang et Or sur un tir puissant de Tka, renvoyé par Hlaoui. Après la pause, c'est L'Espérance qui se montre dangereuse par Konate. Les efforts sont récompensés par un but de Blaili ( 68e) suite à un travail collectif. Reghecampf effectue comme d'habitude plusieurs changements. Les locaux jettent toutes leurs forces dans la bataille. Memmiche sauve ld but sur tir de Mastouri ( 89e).Mais c'est l'EST qui va doubler la marque par Bouchniba à la 90+9e. Première défaite de l'USMonastir et un succès précieux pour L'Espérance.
CSSfaxien-Etoile SS ( 0-1)
En appel après ses déconvenues continentale, le CSSfaxien aborde la match avec la nette envie de l'emporter mais il s'est fait surprendre par un but étoilé signé par Abid à la 33e. Piqué dans son orgueil, les Noir et Blanc repartent à l'attaque face à des Saheliens bien organisés derrière. Les efforts déployés par les équipiers de Chawat restent vains jusqu'au coup de sifflet final. L'Etoile poursuit son ascension vers les hauteurs du classement alors que le CSSfaxien continue à manger son pain noir.
16e journée
C.Africain- USBGuerdane ( 0-0)
Après la défaite de l'USMonastir, le Club Africain savait qu'une victoire le promulsera à la tête de la Ligue 1. Il a abordé le match contre l'USBGuerdane en force, multipliant les assauts par Ait Malek et Khadhraoui jusqu'à la pause sans arriver à marquer. Après la pause, les Rouge et Blanc à court de solutions offensives ont buté sur une défense adverse, calme et bien disposée. Les Sudistes ont même failli réaliser le hold up en fin de match mais le but à été sauvé in-extremis.
J. B.
Classement
1) ST 34 pts
2)USM 33 pts
3) CA 33 pts
4) ESZ 32 pts
5) EST 30 pts (-1)
6) ESS 30 pts
7) ESM 21 pts
8) OB 20 pts
9) CSS 18 pts ( -1)
10) JSO 16 pts
11) ASS 15 pts
12) ASG15 pts ( -1)
13) USBG 14 pts
14) CAB 10 pts
15) EGSG 9 pts
16) UST 7 pts (-1)
Près de 15 mille médecins ont pu en bénéficier : Une formation, un partage et beaucoup d’inspiration
Par Hassan GHEDIRI
Le feed-back très positif et très encourageant devrait inspirer les autorités et les inciter à mettre en œuvre des programmes de perfectionnement dans d’autres spécialités médicales.
Environ 15 mille médecins tunisiens spécialistes dans la prise en charge des pathologies du visage et de la cavité buccale ont bénéficié, au cours de ces dix dernières années, d’un programme de formation majestueusement piloté par une référence internationale de la chirurgie maxillo-faciale. Il s’agit d’un programme presque unique dans son genre puisque émanant de la volonté d’une chirurgienne, reconnue à l’échelle du monde, de partager son savoir-faire forgé par le désir de rendre à la médecine tunisienne ses lettres de noblesse. Docteur Imen Mehri Turki, c’est d’elle qu’il s’agit. C’est en effet grâce à ses méthodes innovantes et révolutionnaires, qui transforment aujourd’hui la chirurgie réparatrice et esthétique faciale et buccale, qu’elle s’est estimée capable de s’engager dans ce programme de formation très ambitieux et particulièrement prometteur.
Décidant de faire bénéficier le plus grand nombre de praticiens, Dr Mehri Turki a d’emblée tenu à ce que son partage de compétence se fasse dans le cadre d’une approche nationale n’excluant aucune région du pays. Depuis son lancement en 2015, l’action a, en effet, pris la dimension d’un programme national de formation continue dans les spécialités de prédilection de Dr Turki, en l’occurrence la stomatologie (spécialité médicale et chirurgicale qui couvre l’étude de la cavité buccale et des tissus attenants), l’Implantologie (une branche de la chirurgie dentaire qui consiste à poser des implants) et Chirurgie Maxillofaciale (spécialité chirurgicale qui prend en charge les maladies et les traumatismes des mâchoires et du visage).
Depuis sa mise en œuvre, ce programme a permis de former, chaque année, environ 1500 médecins appartenant aux secteurs public et privé. Ils seraient, donc, pas moins de 15 mille praticiens à avoir bénéficié des formations dispensées dans le cadre de ce programme qui s’inscrit d’ailleurs dans la politique du ministère de la Santé en matière de formation continue et de développement des compétences.
Rehausser la qualité
De très nombreuses conférences scientifiques et d’ateliers pratiques ont pu être organisés dans toutes les régions au cours d’une décennie grâce auxquels des médecins ont pu acquérir des connaissances et des compétences adaptées aux développements scientifiques modernes de la médecine. Le programme offre dans ce cadre une opportunité unique pour la formation des médecins par le biais des méthodologies intégrées et harmonieuses qui permettent de mieux comprendre l’état des maladies et de choisir les méthodes de traitement les plus appropriées.
Les centaines de bénéficiaires avaient également accès à l’ensemble des connaissances pratiques et théoriques déployées et expliquées par Dr Turki à travers des ateliers et des séminaires dédiés au développement des compétences thérapeutiques et techniques avec comme objectif primordial l’amélioration des prestations de santé et la promotion d’une médecine de qualité dans toutes les régions.
L’approche adoptée par Dr Mehri Turki repose sur des méthodes pédagogiques et scientifiques modernes qui permettent de discuter des sujets et des compétences spécifiques d’une manière adaptée à tous les médecins. Depuis le lancement du programme, un suivi permanent des besoins de formation des médecins est assuré sous la supervision de Dr Mehri Turki pour garantir les résultats escomptés.
Le feed-back très positif et très encourageant du programme devrait inspirer les autorités et les inciter à mettre en œuvre des programmes de formation médicale dans d’autres spécialités avec comme but primordial le développement des technologies et des méthodes de traitement modernes de haute qualité.
H.G.
Des jeunes Tunisiens professionnels du tourisme attendus en Suisse : Des emplois saisonniers à pourvoir l’hiver prochain…
Par Hassan GHEDIRI
Grâce à un accord conclu depuis 2014, les jeunes Tunisiens peuvent décrocher un CDD saisonnier en Suisse et bénéficier des droits reconnus aux travailleurs locaux.
Peu connu pour beaucoup de jeunes Tunisiens désirant parfaire leurs connaissances et perfectionner leurs compétences à travers l’immigration, l’accord conclu le 11 juin 2012 et entré en vigueur le 17 août 2014, réglementant l’échange de jeunes professionnels entre la Tunisie et la Suisse, était un sujet de discussion, mardi dernier, entre Mme Dorra Miled, la présidente de la Fédération tunisienne de l’hôtelière (FTH), et Beat Egge qui dirige «HotellerieSuisse» dans la région du Valais. Miled, qui vient de participer à l’événement intitulé «les compétences et l’innovation: atouts stratégiques pour la Suisse et la Tunisie», organisé à Lausanne, a pu constater de grandes opportunités s’offrant aux jeunes Tunisiens dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration de ce pays montagneux de l’Europe centrale. C’est dans la région du Valais, une destination touristique majeure en Suisse, réputée pour ses nombreuses stations alpines et sa montagne Cervin, emblématique du canton, qu’il semble y avoir des emplois temporaires à pourvoir pour les jeunes Tunisiens travaillant dans le tourisme. Des emplois temporaires comme exigé par l’accord d’échange conclu entre les deux pays et parce que les besoins identifiés en Suisse sont des besoins saisonniers mais complémentaires avec les besoins de la Tunisie qui voit beaucoup de ses hôtels fermer pendant l’hiver. Ce serait donc gagnant-gagnant, dans le cadre d’un échange équilibré entre les hôtels de montagne en Suisse et les hôtels balnéaires en Tunisie.
Cité par le journal suisse «Le Temps», Beat Egge a expliqué que la saison la plus importante en Valais va du 15 décembre au 31 mars, c’est-à-dire la période durant laquelle les stations balnéaires en Tunisie sont fermées. D’où la nécessité de promouvoir davantage auprès des employeurs du canton du Valais les compétences des jeunes Tunisiens qui répondent aux critères de candidature définis dans l’accord d’échange professionnel de 2014.
Atouts
Le responsable suisse croit que les professionnels du secteur de l’hôtellerie-restauration en Valais seraient intéressés par le programme considérant que la formation dans le secteur du tourisme en Tunisie est bonne et que la maitrise du français par les jeunes Tunisiens est un atout parce que le Valais est francophone. Toujours d’après «Le Temps» suisse, le directeur d’Hôtellerie Suisse Valais va désormais cordonner avec la FTH en vue d’identifier, ensemble, les profils et les compétences recherchées par les employeurs suisses.
L’idée serait de communiquer avec les membres de l’association hôtelière du Valais qui compte plus de 500 établissements pour, éventuellement, embaucher des saisonniers tunisiens pour l’hiver 2025-2026. Le directeur d’Hôtellerie Suisse Valais mise sur le partage d’expérience des hôteliers suisses ayant expérimenté ce modèle pour en parler, ce qui inciterait d’autres à franchir le pas.
Dans le détail, l’accord conclu en 2014 entre la Confédération suisse et la république tunisienne permet aux entreprises suisses de recruter temporairement, par le biais de contrats à durée déterminée (CDD, des saisonniers de jeunes Tunisiens diplômés ou ayant une première expérience professionnelle, âgés de 18 à 35 ans. Les contrats de travail doivent être conclus pour, en principe, une durée de12 mois, mais pouvant être prolongés de 6 mois au maximum. Depuis 2014, seulement 201 jeunes Tunisiens ont été autorisés à travailler en Suisse via cet accord. En 2024, 38 jeunes travaillant dans les secteurs de l’ingénierie, l’architecture ou l’informatique avaient le même privilège, sachant que la Tunisie a le droit à 150 contrats saisonniers par an. Il faut noter enfin qu’en matière de logement, de conditions de travail et de salaire, les jeunes Tunisiens embauchés à travers ce programme ont les mêmes droits et les mêmes devoirs reconnus par les lois suisses.
H.G.
Nouvel échange de prisonniers à Gaza : Quatre soldates israéliennes contre 200 Palestiniens
Ce samedi matin à Gaza, des combattants du Hamas ont organisé un échange de prisonniers dans le cadre de l’accord de trêve. Quatre soldates israéliennes, capturées le 7 octobre 2023 lors de l’opération « Déluge d’Al-Aqsa », menée par les Brigades Al Qassam, bras armé du mouvement Hamas, et détenues depuis lors, ont été remises à la Croix-Rouge par les membres du Hamas. Cet échange vise à libérer ces otages en échange de prisonniers palestiniens.
Les quatre soldates ont été présentées sur un podium dans le centre de Gaza, devant une foule encadrée par des combattants en uniforme. Souriantes et apparemment en bonne santé, elles ont salué brièvement les spectateurs avant de monter dans les véhicules de la Croix-Rouge.
Cet événement survient une semaine après le début d’un cessez-le-feu, respecté depuis lors, après plus de 15 mois du génocide israélien perpétré contre le peuple palestinien à Gaza . Le Hamas a annoncé vendredi les noms des quatre soldates, âgées de 19 à 20 ans, dont la libération a eu lieu ce jour-là.
Mondial 2025- Tunisie - Allemagne (31-19) ; Le même calvaire !
Ceux qui espéraient un réveil du sept tunisien ont vite fait de déchanter dès les premières minutes du match contre l’Allemagne. A la mi-temps, la messe était déjà dite et l’évolution du score a été quasiment la même que lors des matches précédents.
C’est dire que le miracle n’a pas eu lieu et le sept tunisien n’a pas pu éviter une nouvelle débâcle pour son dernier match au Tour principal. Le match, face à l’Allemagne, a été une copie des précédentes sorties avec une panne quasi-totale en première mi-temps qui a permis aux Allemands de mener au score à leur guise (12-4) pour terminer la première période avec dix points d’écart (18-8).
Il y a eu, certes, un léger mieux à la reprise, mais c’était grâce au coach allemand qui a préféré faire son turn-over et lancer dans le bain certains jeunes et préserver d’autres pour les tours suivants.
Le score final (31-19) traduit cette impuissance qui a caractérisé le rendement de l’équipe qui a évolué sans aucune stratégie ni schéma de jeu.
K.Z.
Justice : Libération conditionnelle pour 483 prisonniers
Dans un communiqué rendu public ce vendredi 24 janvier 2025, le ministère de la Justice a annoncé la libération de 483 prisonniers suite à une décision de libération conditionnelle.
Le communiqué précise que cette mesure s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des programmes de réforme et de réhabilitation des détenus condamnés, visant à assurer leur réinsertion sociale.
FTF : Moez Nasri, nouveau patron
Par Kamel ZAIEM
Du côté du football et de nos clubs, un désir de changement était évident, ce samedi à l’occasion de l’Assemblée générale élective qui a vu la liste de Moez Nasri l’emporter facilement face à des noms connus dans la sphère du football tunisien.
En fin de compte, cette liste a tout emporté sur son chemin avec 247 voix contre 165 pour la liste de Jalel Tekaya et 136 voix pour celle de Mahmoud Hammami.
Ce scrutin a été marqué par un taux de participation élevé, avec 170 clubs sur un total de 174 prenant part au vote. C’est dire que nos clubs, pour la plupart dans une situation financière délicate, se soucient beaucoup de la manière dont le nouveau Bureau fédéral gèrera ses relations avec ses adhérents qui ont pris l’habitude de trouver refuge auprès de la FTF pour sauver leurs finances de plus en plus déficitaires à cause d’une politique qui ne sied pas avec le professionnalisme qui prévaut dans un championnat plutôt…amateur !
Avec l’arrivée de Moez Nasri à la tête de la FTF, les espoirs de voir notre football rebondir et retrouver sa bonne santé sont permis, mais il ne suffit pas d’avoir un programme électoral prometteur et de la bonne volonté pour réussir. Nous espérons voir cette nouvelle équipe nous faire oublier ce qui s’est passé au cours du règne de Wadii Jari et compter sur des commissions « propres » et saines pour mériter la confiance placée en elle.
A titre de rappel, l’équipe de Moez Nasri est composé des membres suivants :
Moez Nasri (président), Hussein Jenayeh, Rim Béjaoui, Maroua Skhiri, Neji Chahed, Wissem Letaief, Belhassan Bessamra, Mannoubi Troudi, Moez Mestiri, Moez Naili, Khemaies Hamzaoui, Zied Messoudi et le trio Taieb Chellouf, Fakhreddine Zouabi et Monia Bédoui comme remplaçants.
K. Z.
Echange de prisonniers : Des dizaines de Palestiniens seront exilés en Egypte, en Turquie ou en… Tunisie
Soixante-dix prisonniers palestiniens sont arrivés ce samedi en Égypte à bord d'autobus après avoir été libérés par Israël dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza, a annoncé un média proche du renseignement égyptien. Ils ont été « expulsés » par Israël, a déclaré Al-Qahera News, précisant qu'ils seraient transférés dans des hôpitaux égyptiens pour y être soignés. Selon des images diffusées par la télévision, les prisonniers étaient vêtus de survêtements gris, et certains débarquaient de deux bus du côté égyptien du poste-frontière séparant Rafah du territoire palestinien.
Libérés puis exilés
Après avoir transité par l'Égypte, les prisonniers « choisiront l'Algérie, la Turquie ou la Tunisie », a déclaré à l'AFP Amin Choumane, chef du Haut comité palestinien pour le suivi des affaires des prisonniers et des prisonniers libérés. Car la libération ne signifie pas forcément un retour en Palestine. Certains sont contraints à l’exil, a expliqué Thaer Shriteh, le porte-parole de la Commission des affaires des détenus palestiniens, liée à l’OLP l’Organisation de libération de la Palestine. « Parmi ces détenus, 121 avaient été condamnés à la perpétuité et 79 avaient écopé de longues peines de prison. Certains seront relâchés à Ramallah. D’autres à Gaza. Et d’autres encore vont être bannis du territoire et envoyés en Egypte. Ceux dont les peines allaient de 20 à 35 ans de réclusion, seront exilés durant trois ans au bout desquels ils pourront revenir. Mais ceux qui avaient été condamnés à la perpétuité sont bannis à vie. Parmi ces détenus figure le doyen des prisonniers palestiniens : Mohamed Al Tous Abu Shadi. Il a passé quarante ans en prison. »
Ces prisonniers, libérés de la prison de Ktziot, dans le désert israélien du Néguev, font partie d'un groupe de 200 prisonniers libérés samedi en échange de quatre otages israéliennes libérées dans la bande de Gaza par le Hamas. Les prisonniers palestiniens ont quitté plus tôt ce samedi deux prisons israéliennes, selon des journalistes de l'AFP: celle d'Ofer, en Cisjordanie occupée, et celle Ktziot, dans le désert du Néguev.
Editorial : Sale temps pour les alliés de l’OTAN … - Par Jalel HAMROUNI
Tout au long de sa campagne électorale, Donald Trump a proféré une série de menaces contre l’OTAN et a menacé de se retirer de cette alliance militaire. Une manière de faire pression sur les États membres pour qu’ils augmentent la marge des dépenses de défense.
Après son investiture, Trump a, encore une fois, brandis la menace de se retirer de l’OTAN. Il a même déclaré qu’il encouragerait les Russes à faire «ce qu’ils veulent» à tout membre de l’OTAN qui ne paierait pas ses factures.
Les récentes déclarations du nouveau locataire de la Maison Blanche ont ravivé les craintes d’un désengagement américain de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, pays qui reste la force motrice de cette alliance.
La menace de Trump a, donc, semé la panique sur le Vieux Continent. «Je ne vous protégerai pas si vous ne payez pas» a-t-il rétorqué.
La menace de Trump visait spécifiquement les États membres de l’OTAN qui n’affectent pas 2% de leur produit intérieur brut aux dépenses militaires. Mais, au-delà des mots, les États-Unis peuvent-ils vraiment quitter l’OTAN et mettre fin à leur présence militaire en Europe ?
L’OTAN a été fondée en 1949 et comprenait initialement 12 États membres, dont les États-Unis, mais il se compose désormais de 31 membres. Ils sont tous liés par 14 articles seulement, dont le fameux article 5 qui implique une réponse collective contre l’agresseur contre tout État membre de cette alliance.
L’article 13 stipule qu’après que ce traité soit resté en vigueur pendant 20 ans, toute partie peut se retirer un an après en avoir soumis une notification au gouvernement des États-Unis, qui informera les gouvernements des autres parties, du dépôt de chaque instrument de retrait.
Dans cette situation, comment les États-Unis eux-mêmes peuvent-ils se retirer ? Cela nécessite, selon les experts, l’ajout d’un texte procédural, car à part l’article 13, il n’existe aucune procédure indiquant ce qu’un pays doit faire s’il souhaite quitter l’alliance.
Ainsi, tout départ des États-Unis entraînerait une révision du fonctionnement de cette alliance en elle-même. Durant son mandat de 2016 à 2020, Trump n’a épargné aucune critique à l’égard de l’OTAN qu’il considère comme une organisation dépassée, mais certains de ses conseillers proches ont su freiner ses tendances isolationnistes.
En décembre 2023, le Congrès américain a adopté une loi stipulant qu’aucun président ne peut suspendre, mettre fin, dénoncer ou se retirer de l’adhésion des États-Unis à l’OTAN sans une loi émise par le Congrès ou l’approbation des deux tiers des membres de l’OTAN.
Ça n’empêche que les actions de Trump demeurent imprévisibles. Il faut donc faire des suppositions fortes sur ce qu’il va faire au cours de son mandat. De ce fait, un éventuel retrait américain de l’OTAN est-il inévitable ?
Les États-Unis sont profondément liés à l’OTAN en termes de planification et de déploiement de forces, les infrastructures et les bases américaines en Europe sont vitales pour le déploiement des forces de Washington au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique, et dans une grande partie du reste. L’argent que les pays européens dépensent pour la défense va aux entreprises de défense américaines, qui créent des milliers de postes d’emploi et réalisent de bons bénéfices aux États-Unis, ce qui exclut l’idée d’un retrait de Trump de l’alliance.
Les Européens, quant à eux, n’ont plus aucun choix que se soumettre aux souhaits du Trump pour éviter l’effondrement de l’OTAN. Un effondrement qui sera fatal notamment dans la conjoncture actuelle.
J.H.
















