Esperance de Tunis: Chiheb Jebali,nouvelle recrue
Le mercato hivernal est très animé du côté de L'Espérance de Tunis. Après l'arrivée de Achraf Jabri, Elyes Bouzaiene et dernièrement de Mohamed Mouhli qui a laissé de bonnes impressions à Tataouine, mercredi, voilà que l'attaquant de l'USMonastir, Chiheb Jebali rejoint les Sang et Or pour deux saisons et demie. Un renfort de taille pour l'equipe de Reghecampf qui a tenu à recruter des joueurs tunisiens en vue des multiples échéances qui attendent l'équipe sur les plans national, continental et mondial.
J.B.
Au Théâtre de l’Opéra : un nouveau concert, ce soir, dans le cadre de « Aïn Al Mhabba »
Un 4ème concert dans le cadre du programme « Aïn Al Mhabba » est annoncé pour ce soir, à partir de 21h00, au Théâtre de l’Opéra de Tunis.
Cette soirée s’inscrit dans la continuité avec les précédentes soirées organisées dans le cadre de ce programme initié par l’Organisme tunisien des droits d’auteur et des droits voisins (OTDAV), en partenariat avec le Théâtre de l’Opéra de Tunis, pour soutenir les artistes et créateurs tunisiens et redonner à la chanson tunisienne ses lettres de noblesse. Ce concert verra défiler Sondos Taga, Jamel Chebbi, Abdellatif Kheireddine, Chokri Omar Hannchi, Zohra Lajnef, Hela Hermassi, Ghada Lajmi, Nacim Raïssi et Najoua Omar.
Accompagnés par l’Orchestre National Tunisien sous la direction du maestro Youssef Belhani, le concert mettra à l’honneur des œuvres emblématiques ayant marqué l’histoire musicale du pays et qui ont impacté les mémoires.
Instituto Crevantes de Tunis : Sur les traces des morisques à Testour
Par Imen Abderrahmani
Cité du nord-ouest tunisien, Testour, fleuron de l’héritage hispano-mauresque vivra cette année aux rythmes d’une série de manifestations artistiques lancée par l’Instituto Cervantes de Tunis.
« Ame de l’Espagne au cœur de Testour » ainsi s’intitule ce programme orchestré par l’Ambassade d’Espagne, l’Instituto Cervantes de Tunis et l’association Azahara pour la sauvegarde de la culture andalouse. Programme qui couvre toute l'année « promouvant des valeurs communes des deux pays, telles que la tolérance, le respect, l’humanisme et le cosmopolitisme » et qui vise à « préserver et à valoriser la culture et le patrimoine andalou, tant matériel qu'immatériel, en Espagne et en Tunisie ».
Ciblant le grand public et surtout les jeunes tunisiens, le programme s’articule autour de plusieurs axes et présente un éventail d’activités cinématographiques, musicales, académiques et littéraires qui auront lieu exclusivement à Testour.
Le coup d’envoi de la programmation sera cinématographique avec à l’affiche le film « El Olivo » d’Iciar Bollain. Le film sera projeté, après-demain, le 1er février à la maison de la culture Ibrahim Riahi à Testour.
Comédie dramatique sortie en 2016, le film dont la durée est 100 mn et qui sera sous-titré est inspiré d’une histoire vraie, « l’histoire d'une jeune femme espagnole, Alma, qui a un lien fort avec son grand-père, mais celui-ci après avoir perdu l’un des arbres emblématiques de son terrain, décide de se laisser mourir lentement. Il ne parle plus et il ne mange plus. Alma décide alors de récupérer l’arbre que sa famille a vendu quelques années plus tôt et qui donnait tant de vie à son grand-père ».
Des projections périodiques des films du riche répertoire cinématographique espagnol seront proposées, chaque samedi, au grand bonheur du public qui découvrira à l'occasion un bouquet intéressant des films allant des classiques aux documentaires.
Parallèlement au programme cinématographique, le Centre de présentation du patrimoine culturel de la ville de Testour (Café Andalou) accueillera le 23 avril la 29ème édition de la lecture continue de Don Quichotte. Cette tradition littéraire mettra à l’honneur les aventures du célèbre chevalier et son fidèle écuyer Sancho Panza, sous la plume magistrale de Miguel De Cervantes. La lecture sera assurée par Wafae Zaafrane Andoulsi, présidente de l’Association Azahara et Houssem Eddine Chachia, historien spécialiste des études morisques.
Toujours dans le cadre de ce programme célébrant les morisques à Testour et dépoussiérant leur mémoire, un spectacle du flamenco espagnol sera proposé dans le cadre 59ème édition du Festival international du Malouf et de la musique traditionnelle arabe qui fait la renommée de la ville et qui draine chaque année des troupes musicale du Maghreb comme de la Tunisie où de nombreux clubs de Malouf sont implantés dans quelques villes.
La clôture de ce programme sera avec « une activité académique mettra à l’honneur l’éminent érudit cordouan Abul Walid Muhammad Ibn Rushd (Averroès), dont on célébrera, en 2026, le 900e anniversaire de sa naissance », lit-on sur le dossier de presse. Cette rencontre explorera comment cet intellectuel andalou a revitalisé l’aristotélisme en Occident, influençant la philosophie médiévale et léguant un héritage de rationalité d’universalisme et d’humanisme, particulièrement dans les domaines du droit, de la philosophie et de la médecine, ajoute la même source.
Le lancement de ce programme sera une nouvelle occasion pour mettre en lumière l'héritage andalou de Testour et d'inciter les chercheurs dans les différentes disciplines des sciences sociales à creuser encore dans la mémoire de la ville.
I.A.
Site archéologique de Ben Arous : une campagne de fouilles dans le cadre de la coopération tuniso-chinoise
Dans le cadre du projet de coopération entre la Tunisie et la Chine portant sur la recherche archéologique et la mise en valeur du site archéologique de Ben Arous, entamé en 2023, une équipe tuniso-chinoise a mené une campagne de fouilles sur le site du 21 novembre 2024 au 20 janvier 2025, précise le site de l’Institut national du patrimoine (INP).
Ces travaux, qui s’inscrivent dans le cadre de la deuxième phase du projet, ont permis, selon l’Institut National du patrimoine (INP) de découvrir les vestiges d’une maison et de thermes datant de l’époque romaine. Parallèlement, la mission archéologique a entamé l’étude d’objets en poterie et organisé une journée portes-ouvertes à l’intention des étudiants.
Cette deuxième mission conjointe s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord de coopération signé le 5 juin 2023 entre l’INP et le Centre National d’Archéologie de Chine, le premier en son genre entre les deux pays dans le domaine archéologique.
Le projet (2023-2026) comprend plusieurs phases : la prospection géophysique et géomorphologique, les fouilles archéologiques et l’élaboration du plan topographique du site de Ben Arous, l’étude du matériel archéologique découvert et son analyse en laboratoire, ainsi que la formation des chercheurs et des étudiants dans les domaines de l’archéologie et du patrimoine.
La première phase, consacrée à la prospection et au levé géophysique du site – inscrit parmi les programmes de sauvetage de l’INP depuis 2019 – a démarré en octobre 2023.
Sauvons la médina de Tunis en soutenant le métier du maçon du patrimoine
Réunir autour d’une même table l’ensemble des acteurs du patrimoine afin de créer un véritable esprit de communauté et d’engagement, mettre en place des formations professionnelles et universitaires sur le patrimoine bâti de la médina de Tunis et pour la première fois sur le métier du maçon du patrimoine avant de progresser vers un chantier-école, tels sont les grands axes d’un projet participatif et ambitieux intitulé « Sauver la médina de Tunis par la formation aux métiers du patrimoine ».
Porté par l’association CoPaM (Co-développer le Patrimoine mondial en Méditerranée), oeuvrant pour le développement des territoires méditerranéens à travers le patrimoine, ce projet est mené avec plusieurs structures partenaires de Tunisie et de France dont l'Institut supérieur des Métiers du Patrimoine de Tunis, l'Ecole Nationale d'Architecture et d'Urbanisme de Tunis, l'Association de Sauvegarde de la Médina de Tunis, l'Institut National du Patrimoine (INP), l'Université d'Aix-Marseille et l'Ecole d'Avignon (Centre de Ressources pour la Réhabilitation du Patrimoine Architectural).
Un Crowdfunding pour donner des ailes au projet
Pour débuter au plus vite et donner des ailes au projet, un crowdfunding vient d'être lancé en amont du premier atelier pilote, prévu en mai prochain, sur les matériaux et savoir-faire essentiels à la restauration. La campagne de financement participatif qui se termine fin février, a été lancée comme première étape pour maximiser les chances de concrétiser le projet, qui consiste à redonner de la vitalité à la Médina de Tunis et à ses nombreux bâtiments historiques, dont certains sont en mauvais état et d’autres menacés de ruine.
La période de janvier à août 2025 sera consacrée à l’élaboration du contenu des formations et à la préparation du chantier-école.
En septembre 2025, un programme de formation innovant sera lancé, avec une grande première : la formation de maçon du patrimoine. Cette initiative vise à répondre aux besoins les plus urgents pour la restauration de la Médina de Tunis. Elle réunira les institutions en charge du patrimoine, les entreprises et les instituts de formation tunisiens et français, notamment des professionnels de la maçonnerie du patrimoine formés à l’Ecole d'Avignon.
Les métiers du patrimoine en Tunisie: préparer les futurs maçons du patrimoine bâti
Les formations liées au patrimoine en Tunisie sont principalement axées sur la recherche dans le cadre des études supérieures, bien qu'il existe quelques exceptions. Cependant, la formation des acteurs de terrain (artisans, entreprises, techniciens, etc.) constitue un domaine à fort potentiel de développement. Ce projet vise précisément à combler cette lacune en intervenant rapidement et de manière concrète pour contribuer à la sauvegarde du patrimoine.
Les formations destinées aux jeunes et aux professionnels de la médina dans les métiers du patrimoine prennent différentes formes.
Consacré aux bonnes pratiques dans l’utilisation des matériaux pour la restauration, un atelier pilote d'une à deux semaines (mai 2025) se focalisera sur les matériaux et les savoir-faire essentiels dans le domaine de la restauration, et sera ouvert aux professionnels des institutions, aux entreprises locales ainsi qu’aux étudiants tunisiens.
D’une durée d’un an, la première formation professionnelle est destinée aux futurs maçons du patrimoine, spécialistes de la restauration et de la rénovation sur des bâtiments anciens. Faisant collaborer sur neuf mois des professionnels de terrain, entreprises, artisans qui constituent les premiers acteurs de toute opération de sauvegarde du patrimoine, elle sera assurée par un centre de formation professionnelle, au profit des maçons déjà en exercice. En effet, les techniques et les matériaux utilisés dans la construction moderne diffèrent largement de ceux employés dans le bâti ancien. Le manque de formation spécifique au patrimoine bâti a des conséquences importantes sur la conservation des bâtiments : des restaurations mal réalisées peuvent souvent aggraver les dommages sur le long terme.
L’objectif à long terme est de mettre en place, sur une période de deux ans, un chantier-école sur un bâtiment historique de la médina. Ce chantier-école, programmé pour le mois de septembre 2026, sera un lieu de rencontres, d'échanges et d’apprentissage pour tous les acteurs du patrimoine en Tunisie. Il servira de modèle à suivre à travers la médina pour l’ensemble des bâtiments historiques, dans le but de garantir leur préservation pour les générations futures.
Le Quotidien avec TAP
Conseil ministériel restreint consacré au projet de restructuration de la Cité de la culture
Le chef du gouvernement, Kamel Maddouri, a présidé, mercredi, au palais du gouvernement à la Kasbah, un conseil ministériel restreint consacré à l'examen du projet de restructuration de la Cité de la culture dans la perspective de promouvoir son rendement et de garantir la bonne gestion de ses ressources et potentialités.
Selon un communiqué de la présidence du gouvernement, ce conseil s'inscrit dans le droit-fil de la vision du chef de l'Etat tendant à promouvoir les attributs d'efficacité et de rendement des établissements et entreprises publics et à identifier les solutions idoines permettant de développer et de restructurer les institutions culturelles et de développer la production culturelle, créative et artistique afin de contribuer à la production d'un contenu artistique et créatif de qualité qui soit en mesure de permettre d'affiner le goût public.
Après délibération et discussion, le Conseil a approuvé une série de mesures et décisions qui se présentent comme suit :
-Adopter le principe de la révision globale de la structure et des attributions dévolues à la Cité de la culture selon une vision et projet culturel intégré et durable qui rompt irréversiblement avec la profusion et l'hypertrophie des institutions et le chevauchement des tâches et met ainsi fin au manque au d'efficacité au niveau de leur gestion.
Cette approche aura le mérite de garantir l'attribut de la soutenabilité financière à travers la diversification de ses sources de financement et le développement de ses activités, précise le même communiqué.
Dans ce contexte, il a été décidé également de mettre sur pied une commission technique associant les différents départements ministériels et organismes publics concernés. Cette commission sera chargée de la mission de superviser le processus de concrétisation de ce projet dans le cadre d'un plan exécutif établi à cet effet et assorti d'un échéancier précis.
-Appeler le ministère des Affaires culturelles à entamer une refonte globale de l'ensemble des textes juridiques régissant l'activité culturelle et créative afin d'être en phase avec les derniers développements au double plan national et international, dès lors que la culture est une industrie tout comme elle est un investissement dans la créativité et les créateurs.
-Appeler le ministère des Affaires culturelles à œuvrer à diversifier la production culturelle au sein de la Cité de la culture et à développer les contenus culturels de manière à contribuer à la diversification des sources de financement.
-Réaffirmer la nécessité d’exploiter de manière optimale les différents espaces culturels dont dispose la cité de la culture de manière à exploiter comme il se doit les différentes potentialités de manière à permettre de diversifier les sources de financement.
-Appeler le ministère des Affaires culturelles à la nécessité de coordonner étroitement avec le ministère de l’Equipement et de l’habitat s’agissant d’identifier les modalités appropriées en vue d'exploiter au mieux la tour de la Cité de la culture.
-Appeler le ministère des Affaires culturelles à coordonner davantage avec le Ministère de l’Equipement et de l’habitat afin de parachever la remise du projet de la Cité de la culture ainsi que le transfert des dossiers techniques afférents au projet sur la base desquels les garanties financières et légales sont suivies et les travaux d’entretien seront menés.
-Appeler le département des Affaires culturelles à élaborer une stratégie de communication dans la perspective de promouvoir la Cité de la Culture conformément à la vision culturelle éminemment nationale.
-Inviter le ministère des Affaires culturelles à réviser les textes relatifs au patrimoine et aux structures et organismes chargés de sa protection et soumettre un dossier à cet effet qui sera examiné en réunion d'un conseil ministériel restreint.
Prenant la parole, le chef du gouvernement a saisi l’occasion pour mettre l’accent sur l’importance majeure que revêt la culture en Tunisie en tant que droit constitutionnel et un secteur parmi les secteurs de souveraineté.
Il a tenu à souligner que cet intérêt particulier porté à la culture procède de l'engagement à bâtir une culture nationale dans le cadre de la bataille de la libération nationale conformément à l'approche globale du Président de la République, Kais Saïed.
Maddouri a souligné à ce propos que la restructuration de la Cité de la Culture est un projet qui s’inscrit dans le processus national et global de réformes centré autour du souci de garantir la gestion optimale des ressources de l’Etat et de l'impératif de conférer un surcroît d'efficience au rendement des entreprises et établissements publics, notamment ceux impliqués dans les Affaires culturelles.
Cette nouvelle restructuration, a-t-il poursuivi, devra reposer nécessairement sur une vision innovante dans le cadre d'un projet culturel global et durable.
Le chef du gouvernement a également mis l’accent sur la nécessité de concrétiser les attributs de la révolution législative conformément aux instructions du Président de la République, notamment à travers les textes juridiques régissant le patrimoine, attribut essentiel de la souveraineté culturelle.
Il a, en outre, appelé à la nécessité d'être en phase avec les différents types de patrimoine culturel, naturel et géologique, tout particulièrement le patrimoine immatériel.
Dans ce contexte, le chef du gouvernement a vivement recommandé de s’aligner sur les définitions affinées de la notion du patrimoine telles qu'adoptées et élaborées par l’UNESCO, appelant à soutenir ces réformes structurelles à travers une révision en profondeur des législations régissant le domaine de la création culturelle et les créateurs dans les différents domaines.
Il a, par ailleurs, souligné la nécessité de mobiliser toutes les ressources et les énergies en vue de parachever les différentes réformes dans le secteur culturel de manière à conforter le rôle de la cité de la culture en tant qu'espace inclusif et un environnement propice à la créativité et à l'innovation.
L’objectif ultime étant, selon le chef du gouvernement, de permettre à la Cité de la culture d’accomplir au mieux sa mission dans la construction de sociétés saines et de les protéger face aux différentes formes de déviance et d'extrémisme intellectuel.
Cette cité devra en outre servir d’expression privilégiée de la richesse et à la diversité que connaît la Tunisie et contribuer ainsi à la réalisation des objectifs de développement durable à travers une bonne gestion des projets culturels, la protection du stock patrimonial et la valorisation de la production créative.
Le chef du gouvernement a en outre mis l’accent sur l'importance de l’espace réservé à la Cité de la culture, qui s'étale sur une superficie de 9 hectares au cœur de la capitale, ce qui en fait un acquis national d'une richesse incontestée illustrée à travers ses espaces culturels et ses domaines d'activité.
Un tel acquis si important, a fait savoir le chef du gouvernement, commande impérativement de veiller autant que possible à œuvrer à garantir sa bonne gestion et à restructurer de manière à en améliorer le rendement et à garantir la cohérence et l'harmonie entre les différents établissements culturels nationaux dans le cadre d'une vision nationale globale qui conforte le rôle sociétal de la cité culturelle.
Faible capacité de stockage des céréales : L’autre maillon faible de la sécurité alimentaire de la Tunisie…
Par Hassan GHEDIRI
Pour se mettre définitivement à l’abri des crises et éviter les mauvaises surprises, il faut avoir les moyens de constituer des stocks de provisions.
Moins de 1 million d’hectares est la superficie totale emblavée de céréales en cette saison 2024/2025 qui, toutefois, a débuté dans des conditions météorologiques particulièrement favorables avec une pluviométrie promettant une très bonne moisson selon les agriculteurs. Après des années durant lesquelles les périodes de vaches maigres se sont succédé poussant l’Etat à puiser dans les réserves, déjà médiocres, du Trésor public pour importer les besoins de blé, la récolte de cette saison devrait être bonne. Elle permettrait normalement de combler, tant bien que mal, le déficit de la balance commerciale alimentaire qui a continué à se creuser par le recours excessif à importation des céréales. Quelle que soit la moisson, il semble toutefois que la Tunisie continuera à être fortement affectée par les tensions des marchés et l’instabilité des cours internationaux, et ce, à cause des problèmes structurels auxquels les autorités manquent de remédier.
Car, en plus de l’augmentation de la production qui passe inévitablement par le déploiement des ressources et moyens techniques et humains aidant à maximiser la rentabilité de la filière, l’autonomie et l’autosuffisance du pays en matière de céréales dépend aussi et surtout de sa capacité de bien gérer les réserves. Pour pouvoir se mettre définitivement à l’abri des crises et éviter les mauvaises surprises, il faut avoir les moyens de constituer des stocks de provisions.
Urgence
Cette urgence, l’Algérie est en train de la prendre très au sérieux. Notre voisin de l’Ouest qui a subi, comme nous, des épisodes successifs de sécheresse ayant grandement aggravé ses déficits alimentaires, notamment des produits de céréales a décidé de renforcer son autonomie et de ne plus rester à la merci des incertitudes des marchés et des chaînes d’approvisionnement internationaux. Sa démarche peut justement se résumer en trois mots «faire des provisions,». Une solution simple et très efficace qui consiste à multiplier le nombre de silos dans le pays. L’Etat algérien vise, en effet, de porter la capacité nationale totale de stockage des céréales de plus de 4 millions de tonnes actuellement à plus de 9 millions de tonnes (90 millions de quintaux) avec l’entrée en service, très prochainement, de près de 380 nouveaux silos et centres de stockage d’une capacité cumulée de 5 millions de tonnes.
En doublant sa capacité de stockage de céréales, l’Algérie espère constituer des réserves stratégiques largement suffisantes pour garantir les besoins de consommation de plus de 47 millions d’habitants. Une démarche qui devrait inspirer la Tunisie qui, avec une population quatre fois inférieure que son voisin, tarde à investir dans le renforcement de sa capacité de stockage. Bon an mal an, des quantités énormes de céréales continuent pourtant à être perdues durant les campagnes de collecte. Aujourd’hui, la capacité de stockage national dépasse à peine 1 million de tonnes (13,7 millions de quintaux). Elle est partagée entre l’Office des céréales, les collecteurs privés et les mutuelles. Pour dire qu’à côté d’une production quasi-totalement pluviale, dont le rendement dépend de la météo, le stockage est le maillon faible de la filière des grandes cultures qui nécessite d’être rapidement renforcé.
H.G.
Casse-toi la mouche…
Par Chokri BACCOUCHE
Dresser le portrait robot de Donald Trump est chose aisée. Il suffit de prêter une oreille même distraite aux déclarations fracassantes du revenant 47e président américain pour délimiter, avec une extrême précision, les contours de la personnalité et la nature profonde et pour le moins atypique de l’homme. Celle-ci transpire la mégalomanie et la folie des grandeurs, saupoudrée par une bonne dose d’outrecuidance. Pour paraphraser un adage bien de chez nous, il est du genre : «Casse-toi la mouche, il n’y a que bibi sur terre». Bien plus, M. Trump aime rapetisser les autres pour mieux les dominer, les ridiculiser et leur faire sentir qu’ils sont infiniment petits et vulnérables devant son auguste majesté, fussent-ils des chefs d’Etat ou des têtes couronnées. Lors de son premier mandat, on l’a d’ailleurs vu à l’œuvre comment il traitait comme un sous fifre le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salmane, en direct à la télévision, dans une démonstration de farces de mauvais goût qui en dit long sur l’incroyable propension de l’homme à aviliser ses interlocuteurs. Revêche, démesurément prétentieux et d’une arrogance inégalée, Trump cultive en fait l’art de dire tout ce qui est tordu et blessant sans gant et sans ambages. A l’image d’un boxeur qui prend un malin plaisir à donner des uppercuts vicieux et assommants à son malheureux rival.
Au cours de sa campagne électorale, le nouveau chef de l’Exécutif américain a donné l’impression qu’il était un homme de paix, pas du tout porté sur les guéguerres et la violence. En businessman averti, tout ce qui l’intéressait c’est l’argent et rien que l’argent. Il s’en est pris d’ailleurs vertement et ouvertement à la politique agressive de son prédécesseur, qui a conduit, selon ses dires, à la désastreuse guerre en Ukraine. Mais les paroles n’engagent que ceux qui les entendent et à ce titre, M. Trump a vite fait de tourner casaque et virer de bord à la vitesse de la lumière. Dès le premier jour de son entrée officielle à la Maison Blanche, il s’est empressé de signer en effet une série de décrets qui rivalisent d’agressivité, susceptibles de booster encore plus les tensions, déjà à leur comble, sur la planète. Les oukases trumpiens pêchent en effet par trop de tropisme et se proposent de semer les graines de nouvelles crises dans des régions paisibles qu’on croyait à l’abri de ces sautes d’humeur. Aussi surprenant et paradoxal que cela puisse paraître, les voisins de l’Amérique sont d’ailleurs les premiers à goûter à ce ragoût de mauvais goût, dans la mesure où Trump envisage non seulement de faire du Canada le 51è Etat américain, mais également mettre la main sur le Canal de Panama et occuper le Groenland en commençant par changer le nom du Golfe du Mexique par «Golfe de l’Amérique».
Le Danemark, pourtant membre de l’OTAN et de l’Union européenne, est dans la ligne de mire de Trump qui cherche à soulager ce pays d’une partie de son territoire historique au prétendu motif que le Groenland est une région stratégique pour la sécurité internationale et doit être contrôlée, par conséquent, par les Etats-Unis. Le respect du droit international, les règles de bon voisinage et les principes d’inviolabilité des frontières ne sont que foutaises dans la logique, absurde, et la perception, tout aussi aberrante et abracadabrante, d’un Trump qui se croit le nombril invulnérable du monde.
En attendant les réactions officielles des pays visés par les bombinettes délibérément dégoupillées par ses soins, le locataire de la Maison Blanche s’en prend comme «d’hab» aux plus vulnérables, les Palestiniens en l’occurrence, devenus à la longue ses souffre-douleurs privilégiés. Pour résoudre le conflit israélo-palestinien, Trump propose ni plus ni moins que de déporter les Palestiniens. Et vlan ! C’est aussi simple que ça. Le roi des rois Trump en a décidé ainsi et il a d’ailleurs déclaré au cours d’une récente conférence de presse qu’il a mis au parfum à ce sujet le souverain jordanien à qui «il a demandé d’ouvrir ses frontières aux Palestiniens de Gaza». «J’appellerais le président égyptien Sissi pour lui demander la même chose», a promis également Trump. Ces déclarations à l’emporte-pièce, d’une irresponsabilité infiniment désinvolte ont provoqué, comme il fallait s’y attendre, une véritable liesse chez les Ben Gvir et autre Smotrich, les extrémistes sionistes sanguinaires qui crèchent du côté de Tel-Aviv. Ces derniers n’ont pas manqué d’ailleurs d’encenser la «vision savante et futuriste» du «plus grand ami d’Israël». Pour Trump, il ne faut plus se faire de la bile pour les Palestiniens qui sont « tous morts de toute façon », comme il l’avait déclaré avec un cynisme décapant et une froideur macabre qui en disent long sur l’immoralité et l’inhumanité du président américain.
Pis encore, la nature ayant horreur du vide, Trump a des projets immobiliers, sa vocation de prédilection, pour Gaza. En bon promoteur du béton, pas du tout porté sur les considérations «bassement humanitaires», il pense que Gaza «doit être reconstruite de manière différente» car elle offre une valeur ajoutée très intéressante de par sa situation géographique privilégiée en bord de mer.
Le président américain prend-il, en définitive, ses vessies pour des lanternes ? ça en a tout l’air et même qu’on est tenté de dire qu’il cultive l’art des pokers menteurs. On imagine mal, en tout cas que les Panaméens, les Canadiens, les Danois, les Egyptiens, les Jordaniens et encore moins les Palestiniens vont se laisser intimider par les délires ubuesques de celui qui prend, de toute évidence, l’ensemble des terriens pour des canards sauvages et toute la planète pour sa propre chasse gardée et sa propriété exclusive…
C.B.
Ligue 1- 16e journée - Suite et fin : l'Espérance gagne à Tataouine (2-0) et se retrouve à un point du leader
Par Jamel Belhassen
Après sa victoire à Monastir, dimanche, L'Espérance est allée gagner aujourd'hui à Tataouine contre l'Union locale par 2 à 0 après un match dominé de bout en bout. Les Sang et Or ont inscrit les deux buts en première période par Ben Hamida de la tête ( 33e) et Jabri (45+1e). A signaler la sortie pour blessure de Debchi et Bouzaiene. Après la pause, la nouvelle recrue Mouhli auteur d'une belle prestation a tiré deux fois sur le poteau et le score aurait pu être bien plus lourd pour les gars de Gafsi, courageux sans plus. L'Espérance se retrouve à un point du leader alors que l'USTataouine est toujours lanterne rouge.
CSSfaxien-ASGabes ( 1-0)
Au Mhiri, le CSSfaxien, dos au mur, après les dernières défaites, a réussi à remporter une courte victoire face. à l'ASGabes grâce à un but de Sakouhi sur penalty à la 76e. Signalons que les Noir et Blanc ont évolué en infériorité numérique dès la 30e suite à l'expulsion de Hmidi.
J.B.
Classement
1) ST 34 pts
2) EST 33 pts
3) CA 33 pts
4 USM 33 pts
5) ESZ 32 pts
6) ESS 30 pts
7) ESM 21 pts
8) CSS 21 pts
9) OB 20 pts
11) ASS 15 points
12) ASG 14 pts
13) USBG 14 pts
14) CAB 10 pts
15) EGSG 9 pts
16) UST 7 pts
Secteur industriel : Perspectives favorables en 2025
L'industrie manufacturière tunisienne, pilier incontournable de l'économie nationale, se trouve à un carrefour stratégique, oscillant entre des défis structurels persistants et des opportunités de transformation prometteuses.
Représentant près de 48% de la production orientée vers l'exportation, ce secteur est un moteur essentiel de la croissance économique. Cependant, il doit aujourd'hui faire face à une concurrence accrue, à des mutations technologiques rapides et à des exigences environnementales croissantes.
Pour maintenir sa position et se réinventer, l'industrie tunisienne doit relever plusieurs défis tout en saisissant les opportunités offertes par une économie mondiale en pleine évolution.
Enjeux de partenariat
L'industrie manufacturière en Tunisie joue un rôle essentiel dans l'économie nationale, représentant environ 29% du produit intérieur brut (PIB), selon les données statistiques. Ce secteur est également un moteur d'emploi, avec près de 32,5% de la population active engagée dans des activités industrielles.
Les industries manufacturières, qui incluent des domaines tels que le textile, l'agroalimentaire et les industries mécaniques et électriques, sont particulièrement importantes pour les exportations tunisiennes, générant près de 48% de leur production pour le marché international.
Le secteur textile et de l'habillement est un des plus représentatifs, constituant une part significative des exportations et des emplois dans l'industrie. En effet, ces secteurs représentent environ 50% de la production manufacturière et 60% des emplois dans ce domaine. De plus, la Tunisie se distingue par sa capacité à attirer des investissements étrangers, notamment dans les industries mécaniques et électriques, qui représentent également une part importante de l'emploi industriel.
Historiquement, l'industrie manufacturière tunisienne s'est développée en s'appuyant sur une relation privilégiée avec les marchés européens. Cette proximité géographique et commerciale a permis au pays d'intégrer efficacement les chaînes de valeur internationales, notamment dans des secteurs clés tels que le textile, l'habillement et les composants électriques.
Une compétitivité à consolider
Malgré son potentiel, la compétitivité de l'industrie manufacturière tunisienne nécessite un renouveau structurel. Les classements internationaux, tels que le Doing Business ou l'Indice mondial de compétitivité, soulignent un certain recul.
Cette position s'explique par un climat des affaires qui nécessite des réformes de fond, caractérisé par une fiscalité complexe, une bureaucratie pesante et un niveau à améliorer au niveau des investissements directs étrangers (IDE). Ces obstacles pèsent sur l'innovation et limitent l'adoption des technologies de l'industrie 4.0, pourtant indispensables pour améliorer la productivité et la qualité.
Le plan quinquennal de la Tunisie, qui sera lancé au début de l'année 2025, vise à transformer l'industrie manufacturière du pays en intégrant des avancées technologiques et en se concentrant sur des secteurs stratégiques. Ce programme ambitieux a pour objectif de positionner l'industrie tunisienne sur la scène mondiale, notamment dans les domaines de la pharmacie, des composants automobiles et des industries de haute précision, souvent regroupées sous le terme d'industrie 4.0.
L'un des axes principaux de ce plan est le renforcement de la formation professionnelle. En collaboration avec le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, le gouvernement entend adapter les compétences des travailleurs aux exigences du marché moderne. Cette initiative vise à garantir que la main-d'œuvre tunisienne soit prête à répondre aux besoins croissants d'innovation et de technologie dans le secteur manufacturier.
Parallèlement, le plan met l'accent sur l'inclusion sociale et l'intégration de l'industrie tunisienne dans l'économie mondiale. Le représentant de l'ONUDI en Tunisie a souligné l'importance d'un partenariat solide pour favoriser cette intégration tout en soutenant les initiatives locales. Le gouvernement tunisien prévoit également d'accroître les investissements dans le secteur manufacturier, avec un objectif d'atteindre un contenu technologique plus élevé dans les exportations et de doubler le volume des investissements d'ici 2025.
Une attention particulière sera portée à la durabilité et à la réduction des émissions de carbone. L'engagement vers une industrialisation durable est essentiel pour répondre aux enjeux environnementaux actuels et futurs. En intégrant ces éléments dans sa stratégie, la Tunisie espère non seulement moderniser son industrie mais aussi renforcer sa compétitivité sur le marché international.
De belles pièces historiques tunisiennes à la Biennale des Arts Islamiques à Jeddah
Le ministère des Affaires culturelles, représenté par l’Institut National du Patrimoine (INP) participe à la deuxième édition de la Biennale des Arts Islamiques 2025, organisée par la Fondation Biennale Diriyah à Jeddah (Arabie Saoudite).
La biennale qui se poursuivra jusqu’au 25 mai 2025 réunit plus de 32 grandes institutions viennent de Danemark, d’Égypte, de la France, de Grèce, d’Indonésie, d’Italie, du Koweït, de Mali, d’Oman, de Palestine, de Portugal, du Qatar, d’Arabie saoudite, d’Espagne, de Tunisie, de Turquie, de la Royaume-Uni, des États-Unis, d’Ouzbékistan et du Vatican.
La participation tunisienne comprend la présentation de onze objets de haute valeur historique, dont huit manuscrits de Kairouan trouvés dans la Grande Mosquée de Kairouan et qui sont des « habous » par des femmes de Kairouan, aux premières époques de l’Islam en Tunisie, et des échantillons des ces Qur’an, explique le site de l’Institut national du patrimoine (INP). Les plus importants de ces textes :
- Le texte de la dotation du Coran d’al-Mu’izz ibn Badis al-Zeri.
- Deux exemples de feuilles du Coran.
- Les trois autres pièces exposées sont trois inscriptions arabes en marbre provenant de Tunis, dont l’une est le texte de la dotation de la princesse tunisienne Mahbouba Beyah pour une route et un puits qu’elle a construits de ses propres deniers.
La collection archéologique tunisienne a suscité un grand intérêt de la part des visiteurs de l’exposition, en raison de sa valeur scientifique et historique.
Il est également à noter que le Directeur Général de l’Institut National du Patrimoine et Mme Raja Aoudi, directrice des recherches archéologiques et historiques à l’Institut et coordinatrice générale de la participation tunisienne à cette exposition, ont assisté à la cérémonie d’ouverture, le jeudi 25 janvier 2025, à Jeddah.
A la Cinémathèque tunisienne : Fatma Ben Saïdane à travers ses courts-métrages
Dans le cadre du cycle « Fatma Ben Saïdane : les secrets d’une carrière d’exception », la Cinémathèque tunisienne proposera cet après-midi, à partir de 18h30, une 2ème projection d’un boquet de courts-métrages auxquels cette talentueuse actrice tunisienne a contribué. Au programme : « Madame Bahja » de Walid Tayaa, 2006, Tunisie, 13’ (35 mm), « Borderline » de Sonia Chamkhi, 2007, Tunisie, 26’ (35 mm), « Poisson noyé » de Malik Amara, 2008, Tunisie, 19’, « La nuit de la lune aveugle » de Khedija Lemkecher, 2015, Tunisie, 20’, « Quand le ciel se mit à crier » de Kays Mejri, 2017, Tunisie, 16’ et « Houria » de Oussama Azzi, 2019, Tunisie, 17’.
Le dossier de la candidature de Sidi Bou Saïd sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO fin prêt pour le dépôt
La ministre des Affaires Culturelles, Amina Srarfi, a signé, hier, le mardi 28 janvier 2025, au nom de l’Etat Tunisien, le dossier de candidature en vue d’inscrire Sidi Bou Saïd sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, en prévision de son dépôt auprès du Comité du patrimoine mondial.
Une fois déposé auprès de l’Unesco, le dossier « Village de Sidi Bou Saïd Hub d’inspiration Culturelle et spirituelle en Méditerranée » fera l’objet d’ « une évaluation couvrant tous les aspects se rapportant au patrimoine architectural et technique du bien à inscrire », peut-on lire dans un communiqué du ministère des Affaires Culturelles.
L’examen du dossier par l’instance onusienne s’étalera « sur une période de 18 mois alors que les résultats seront annoncés au cours du deuxième semestre de l’année 2026 », indique la même source.
Les dossiers du patrimoine, matériel et immatériel, sont habituellement déposés auprès du Comité du patrimoine mondial qui établit chaque année la liste des nouveaux sites inscrits au patrimoine mondial. Ils sont déposés par une délégation officielle composée de représentants du ministère des Affaires Culturelles et des institutions en charge du patrimoine, à savoir l’Institut national du patrimoine (INP) et l’Agence de Mise en Valeur du Patrimoine et de Promotion Culturelle, en plus d’un représentant de la société civile. La délégation est conduite par le Représentant Permanent de la Tunisie auprès de l’UNESCO, à Paris.
La future inscription de Sidi Bou Saïd au patrimoine de mondial de l’UNESCO constituera une étape importante pour ce village touristique et son rayonnement, sur le double plan national et international, en tant que destination culturelle et touristique.
Aujourd’hui, la Tunisie compte neuf sites classés au patrimoine mondial dont 8 sites culturels et un site naturel, à savoir le Parc National d’Ichkeul (1980), le dernier grand lac d’eau douce d’une chaîne qui s’étendait autrefois le long de l’Afrique du Nord. La Médina de Tunis, le Site de Carthage et l’Amphithéâtre d’EL Jem (1979), le Site de Kerkouane (1986), la Médina de Sousse et la Médina de Kairouan (1988), le Site de Dougga (1997) et l’Ile de Djerba (2023) sont les sites culturels classés.
Justice : Rafik Bouchlaka condamné à 13 ans de prison ferme
La Chambre criminelle spécialisée dans l’examen des affaires de terrorisme près le Tribunal de première instance de Tunis a rendu un jugement par contumace condamnant le dirigeant du mouvement Ennahda, Rafik Bouchlaka, à treize ans de prison avec effet immédiat.
L’enquête sur cette affaire a débuté suite à une décision de la chambre d’accusation spécialisée dans l’examen des affaires de terrorisme près la Cour d’appel de Tunis de déférer Rafik Bouchlaka, qui se trouve à l’étranger, devant la chambre criminelle spécialisée dans l’examen des affaires de terrorisme pour le juger, sur la base d’accusations de nature terroriste.
Editorial : Se préparer aux bouleversements majeurs - Par Hassan GHEDIRI
C’est désormais un fait et tous les spécialistes l’affirment: la Tunisie est l’un des pays les plus vulnérables au dérèglement du climat et qui subit déjà de plus en plus fortement ses effets dans le bassin méditerranéen. Selon une nouvelle étude prospective du centre de recherche sur le développement et l’environnement en Méditerranée (Plan Bleu) publiée le 16 janvier 2025, et qui porte l’impact des changements climatiques dans la Méditerranée à l’horizon 2050, des régions entières dans les 22 pays adhérents au Plan d’Action pour la Méditerranée (PAM) risquent de devenir inhabitables. Pus chaud, plus peuplé et avec une eau qui se raréfie, le bassin méditerranéen voit, en effet, son avenir s’assombrir d’après cette étude qui conclut que la Méditerranée connaîtra d’ici 2050 une «transformation majeure de son écosystème marin» et une «dégradation générale» de ses conditions d’habitabilité. En fait, les auteurs de l’étude considèrent que «les risques d’effondrement locaux ne sont pas à exclure et la priorité est de s’y préparer à travers des politiques d’adaptation». Ceci étant dit, pour ce qui est de la Tunisie, si la tendance actuelle se maintient, nous subirons d’ici quelques années des dégâts irréparables dus à la hausse des températures, à la dégradation des écosystèmes, à la raréfaction de l’eau et aux déplacements massifs des populations.
La Tunisie a déjà eu un avant-goût de ce que Dame Nature est en train de mijoter à l’humanité comme riposte à tous les dommages qui lui sont, sans cesse, infligés. En 2021, notre pays a connu une des années les plus chaudes de son histoire, avec des températures dépassant les 50°C. Et les projections pour 2050 ne laissent aucun doute: les températures moyennes vont augmenter de 2 à 4°C d’ici là. A cela s’ajoutent d’autres phénomènes catastrophiques tels que l’élévation du niveau de la mer qui risque d’enrayer de la carte des étendues considérables du littoral et ronger les territoires des grandes agglomérations et détruire leurs infrastructures. Si rien n’est fait, ce ne sont pas seulement les plages et les sites touristiques qui seront affectés, mais aussi des secteurs clés comme l’agriculture, la pêche et l’approvisionnement en eau potable.
La Tunisie souffre déjà de la raréfaction de l’eau. Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), le pays est classé parmi les pays les plus pauvres en eau, avec seulement 400 m3 d’eau disponible par habitant chaque année, bien au-dessus du seuil critique des 1.000 m3. Les pénuries sont devenues chroniques, notamment dans les régions de l’agriculture et de l’élevage. Le tourisme, secteur clé pour l’économie tunisienne, commence de son côté à subir les conséquences du règlement du climat. Les vagues de chaleur fréquentes risquent de décourager les visiteurs, tandis que la montée des eaux affectera les plages et l’accessibilité des destinations touristiques. De plus, la perte de biodiversité marine, en particulier des récifs coralliens et des écosystèmes marins, réduira les ressources halieutiques, impactant la pêche, mais aussi l’industrie du tourisme liée à la mer. En somme, le changement climatique s’attaque à l’ensemble du tissu socioéconomique du pays. Selon les scénarios décrits par le Plan Bleu, la Tunisie risque l’effondrement pur et simple des secteurs stratégiques si aucune politique d’adaptation n’est mise en place. Mais la Tunisie, bien que confrontée à de redoutables défis, a encore la possibilité d’agir pour éviter l’irréversible. La question n’est pas de savoir si ces risques se concrétiseront, mais plutôt si le pays prendra les mesures nécessaires pour limiter les dégâts.
L’anticipation et l’adaptation doivent être les piliers fondamentaux de toute politique de prévention. Il est urgent de renforcer les capacités de résilience face à la hausse des températures et aux épisodes de sécheresse. Une gestion plus efficace de l’eau est indispensable. Il est également crucial de réhabiliter les infrastructures pour les rendre résistantes aux aléas climatiques, notamment dans les zones côtières vulnérables. Dans l’agriculture, de laquelle dépendaient la sécurité et la souveraineté alimentaire, il est primordial d’encourager la transition vers des pratiques plus durables et résilientes au climat, comme l’agroécologie et l’agriculture de conservation, qui préservent la fertilité des sols et réduisent la dépendance aux ressources en eau. La diversification des cultures et la promotion de variétés plus résistantes à la chaleur et à la sécheresse sont également essentielles. Enfin, la Tunisie doit adopter une politique énergétique plus ambitieuse, basée sur le développement des énergies renouvelables. Le pays dispose d’un potentiel solaire et éolien considérable, et des investissements massifs dans ces secteurs permettraient de répondre aux besoins énergétiques croissants. La Tunisie a besoin d’actions décisives pour éviter les scénarios les plus sombres du rapport Plan Bleu. Son salut réside dans une volonté politique forte, une planification à long terme et un échange d’expertise dans le cadre d’une diplomatie climatique efficace.
H.G.
















