Open d'Australie – (Finale dames) : Madison Keys s’impose avec mérite
À près de 30 ans, l'heure de gloire de Madison Keys est enfin arrivée. Son exploit samedi en finale de l'Open d'Australie face à la grande favorite Aryna Sabalenka (6-3, 2-6, 7-5) aura été à l'image de la quinzaine de l'Américaine, également tombeuse d'Elena Rybakina et d'Iga Swiatek notamment. Jusqu'ici avant tout une joueuse de coups, elle s'est métamorphosée en championne.
Pourtant, on pouvait légitimement penser qu'elle avait sans doute joué sa finale en venant à bout d'Iga Swiatek, sauvant une balle de match au passage. Son expérience, celle d'une finale de Grand Chelem perdue il y a plus de sept ans désormais à Flushing Meadows, lui a évité cet écueil. A vrai dire, c'est même elle qui a entamé ce match avec le plus de conviction, servant 86 % de premières balles dans la manche inaugurale pour étouffer une adversaire sûrement aussi tendue par l'enjeu d'un triplé qui aurait été inédit au XXIe siècle.
Mais Sabalenka n'est pas numéro 1 mondiale pour rien. Et quand elle a progressivement élevé son niveau de jeu et trouvé des solutions tactiques en utilisant les amorties notamment (6 gagnantes sur 8 tentées) pour contrecarrer la force de frappe supérieure adverse, le vent semblait avoir tourné. À un set partout, physiquement, Keys donnait aussi quelques signes de lassitude. Le troisième acte s'annonçait compliqué… D'autant que le scénario ressemblait à cette fameuse demie de l'US Open qu'elle avait aussi entamée tambour battant sur un 6-0 avant de s'incliner d'un rien.
C'était sous-estimer sa capacité à puiser dans ses ressources. Cette troisième manche a mis en scène un duel de serveuses déterminées. Et Keys n'a jamais dévié de sa route, malgré la pression croissante de Sabalenka à la relance. Convaincue par son plan de jeu ultra-agressif, elle est allée chercher son trophée en distribuant les pains à la pelle. Comme Danielle Collins et Elena Rybakina (ex-finalistes), ou encore Elina Svitolina et Iga Swiatek, la patronne Sabalenka a fini par céder à sa volonté. Difficile de trouver triomphe plus mérité.
Ce soir, « Au violon » de Fadhel Jaziri au Théâtre des régions: La musique pour restituer la mémoire d’un pays
Par Imen Abderrahmani
La vie est toute une scène de théâtre. « Au violon » de Fadhel Jaziri, une œuvre où le monde visible et le monde invisible se touchent et où le personnel et le collectif s’entrecoupent. Rendez-vous, à partir de ce soir, au Théâtre des régions, à partir de 19h00.
Fraîche création qui a été au programme de la 25ème édition des Journées théâtrales de Carthage (JTC), « Au violon » s’inscrit dans la continuité de précédentes créations de Fadhel Jaziri, qu’elles soient théâtrales, musicales et également cinématographiques, soucieuses de préserver la mémoire et d’interroger l’histoire.
A la croisée des genres, entre le théâtre-documentaire et la comédie musicale, « Au violon » repose sur un travail de documentation musicale et également socio-politique, raconte la Tunisie du « bon vieux temps », selon l’expression de toute une génération et surtout les nostalgiques… La pièce explore la Tunisie d’antan et la Tunisie d’aujourd’hui à travers l’histoire d’un violoniste chevronné qui, pour de longues années, a intégré la Troupe de la radio nationale tunisienne et qui s’apprête pour partir à la retraite. Témoin de nombreux évènements culturels et socio-politiques, il partage avec les musiciens des fragments de sa mémoire et évoque tant de personnalités culturelles et politiques qui ont marqué ces années.
Entre le personnel, ses souvenirs et ses rencontres et le collectif, les évènements qui ont marqué le pays, l’œuvre de FadhelJaziri oscille. Si la mémoire se déroule ainsi comme un théâtre, le théâtre, à son tour, se fonde sur la mémoire pour raconter la Tunisie depuis l’indépendance en 1956 jusqu’après la révolution de janvier 2011. La musique est au cœur de ce projet théâtral où FadhelJaziri explore, à sa façon, la mémoire artistique nationale, laissant à Meher, cet ancien violoniste de la Troupe nationale de la radio tunisienne le soin de tirer de l’oubli tant de noms et de rendre hommage à tant d’artistes qui ont marqué de leur empreinte la scène artistique nationale.
Pour ne rien oublier
Le morceau joué au piano, de la suite symphonique de Nikolaï Rimski-Korsakov « Shéhérazade », à l’ouverture de la pièce, situe le spectateur dans les ambiances de cette œuvre et constitue le déclic pour que Meher, le personnage principal, raconte ses années dans l’Institut supérieur de musique de Tunis et rend hommage à tant de maîtres qui l’ont soutenu et l’ont aidé à affûter son talent et suivre sa passion tels que Ahmed Achour qui a dirigé avec beaucoup de passion et de patience, pour de longues années l’Orchestre symphonique tunisien, entre 1979 et 2010. FadhelJaziri à travers Meher n’oublie pas également Ahmed Al Wafi, musicien et compositeur, l’un des pionniers du renouveau de la musique tunisienne avec ses écrits et ses analyses des ouvrages musicaux et l’un des fondateurs de la Rachidia, cet institut musical phare porteur de la mémoire musicale tunisienne. Les hommages se poursuivent, tant de musiciens et d’artistes chevronnés sont racontés tout au long de la pièce qui dure plus de deux heures tels que Abdelhamid Ben Aljia, Sayed Chatta, Naama pour la musique, Mohamed Driss et Habib Boularèspour le théâtre… et Habib Masrouki, excellent directeur-photo et réalisateur de cinéma qui a contribué à l’expérience du Nouveau Théâtre et a accompagné de nombreux hommes de théâtre comme Fadhel Jaïbi, Fadhel Jaziri, Mohamed Driss et Taoufik Jebali, et qui a disparu en novembre 1980, à l’âge de 42 ans…
Et comme le politique et l’artistique se croisent se vent et influençant l’un l’autre de plusieurs manières, « Au violon » raconte aussi Bourguiba, les Yousséfistes, HédiNouira, Ahmed Ben Salah, Chedly Kélibi, Abel Raouf Basti et le mouvement « Perspectives » et ses militants…
Patchwork politique et artistique, « Au violon » est une production du Théâtre National Tunisien (TNT), le Centre des Arts Jerba avec le soutien de Théâtre de l’Opéra de Tunis.
L’œuvre réunit sur scène, Ichraq Matar et Slim Dhib avec la participation des musiciens Lotfi Al-Safi au violoncelle, Elias Balaghi au piano et Mehdi Dhaker au violon.
Le texte, la mise en scène, la dramaturgie et la scénographique sont signées par Fadhel Jaziri et l’œuvre est visible, ce soir, les 26 et 27 janvier, toujours à 19h00 au Théâtre des régions (Cité de la Culture).
I.A.
Ligue 1: Les arbitres des matches de rattrapage
La Direction Nationale d'arbitrage a désigné un trio arbitral égyptien pour le match entre l'USMonastir et L'Espérance de Tunis.Les trois rencontres au programme auront lieu demain dimanche.
15e journée
14h00
CSS- ESS Oussema Ben Ishak
USM- EST Mahmoud Bassiouni ( à confirmer)
16e journée
16h00
CA-USBG Haithem Kosai
J.B.
Cap sur le développement de la filière céréalière
La sécurité alimentaire a toujours été un sujet d'intérêt capital dans l'histoire de la Tunisie où le modèle de développement socio-économique suivi depuis les années 1970 pose la nécessité de considérer des réformes profondes et de nouveaux choix stratégiques.
Toutefois, les conditions structurelles du secteur agricole et les choix politiques retenus n’ont pas réussi, malgré les progrès réalisés sur plus de 60 ans, à venir à bout des fragilités et des limites caractérisant les composantes de la sécurité alimentaire en Tunisie.
Enjeux de croissance
La dépendance accrue aux marchés extérieurs (fluctuants), la forte pression sur les ressources naturelles, les changements climatiques et autres facteurs sont des exemples structurels fragilisant la sécurité alimentaire des Tunisiens. De plus, les évènements survenus récemment, la COVID-19 et le conflit Russo-Ukrainien, sont venus rappeler encore une fois la fragilité du système alimentaire mis en place.
C’est dans ce contexte dynamique et complexe que les autorités de tutelle ouvrent pour restructurer la filière céréalière. A cet effet, on prévoit de produire 550 mille quintaux de semences sélectionnées durant les 10 prochaines années dans le cadre du projet visant à renforcer la sécurité alimentaire et la résilience face au changement climatique grâce à une série de semences innovantes et des mécanismes d’extension dans le cadre du système de production SeedSyst.
« Malgré les efforts déployés pour soutenir la production locale des semences, la dépendance à l’égard de l’importation demeure un défi majeur », a souligné, hier jeudi 23 janvier 2024, le ministre de l’Agriculture, Ezzeddine Ben Cheikh, devant les participants à un workshop scientifique sur l’avancement du projet de recherche-développement sur « Le renforcement de la sécurité alimentaire et de la résilience climatique en Tunisie grâce à un système de semences de blé et des mécanismes de mise à l’échelle innovants (SeedSyst) ».
Impact économique
La situation en Tunisie a été aggravée par le climat et les grands changements géopolitiques mondiaux, qui ont perturbé les chaînes d’approvisionnement et augmenté les prix des produits et intrants alimentaires, a-t-il précisé.
L’atelier a été organisé par l’Institut national de recherches agricoles à Tunis sous le thème « La filière des semences du blé en Tunisie : diagnostic et moyens d’amélioration ».
La céréaliculture joue un rôle considérable sur le plan économique. Elle participe en moyenne par une part de 13% à la valeur ajoutée agricole, et contribue au PIB avec une part de 1,44% en moyenne, cette culture représente environ 30% de la superficie agricole utile.
Les céréales contribuent avec 49,2% aux apports caloriques de la ration alimentaire des Tunisiens, selon l’INS, elles assuraient respectivement, 50,9% et 42,5% des apports protéiniques et ferriques. Ce secteur joue un rôle important dans la fixation de la population rurale et la préservation de l’emploi agricole.
Festival du Film du Patrimoine de M’saken : l’appel à candidatures est lancé
La maison de la Culture de M’saken (Gouvernorat de Sousse) vient de lancer deux appel à candidatures pour les passionnés du cinéma et de la photographie (amateurs) et ce dans le cadre des préparatifs de la deuxième édition du Festival du Film du Patrimoine de M’saken, prévue du 18 au 20 avril 2025. Le 1er appel à candidatures cible les jeunes cinéastes qui ont déjà à leur actif des courts-métrages documentaires portant sur des sujets ou des éléments du patrimoine matériel ou immatériel (archéologique, naturel, métiers, costumes traditionnels, patrimoine oral, etc.) et dont la durée ne dépasse pas les 20 minutes avec une résolution minimale HD 720p.
Quant au 2ème appel, il vise les photographes qui ont réalisé des photos portant sur le patrimoine architectural.
La date limite de soumission des candidatures est fixée au 7 avril 2025.
Organisé dans une première édition du 19 au 21 avril 2024, dans le cadre du Mois du patrimoine (18 avril-18 mai), le Festival du Film du Patrimoine de M’saken a pour objectif de mettre en avant la richesse du patrimoine matériel et immatériel de la Tunisie.
Bientôt, la Fête du Japon à la Cité de la Culture !
La Cité de la culture accueillera le dimanche 9 février, de 11h à 16h, la Fête du Japon. Manifestation artistique proposant des spectacles traditionnels de tambour qui seront assurés par des musiciens venant du Japon et des démonstrations de Budo par les budôkas tunisiens.
Cet évènement sera également une occasion pour que les visiteurs de la Cité découvriront d’autres facettes de la culture traditionnelle nipponne et ce à travers la projection d’un film japonais et des ateliers et des expositions d’art floral Ikebana…
La JICA sera présente également pour célébrer son 50ème anniversaire en compagnie de ses volontaires qui vont présenter leurs activités de danse, musique, théâtre, origami, concours de langue japonaise, etc.
L’appel à projets « Ghodwa Fann » reste ouvert jusqu’au 7 février 2025
En 2025, l’Institut français de Tunisie (IFT) lance le projet « Ghodwa Fann » afin de soutenir les initiatives culturelles et artistiques de la société civile tunisienne dans les territoires où l’offre culturelle reste limitée. Les associations intéressées doivent soumettre leurs demandes de subventions avant le 7 février 2025, date limite fixée par l’IFT.
« Ghodwa Fann » vise à accompagner les organisations dans leurs actions de proximité, en particulier dans les zones où les activités et événements culturels se font rares. L’IFT souligne que l’art peut y jouer un rôle clé en favorisant des dynamiques créatives, sociales et citoyennes positives. Les associations culturelles occupent une place essentielle dans ce processus : elles promeuvent la création artistique (arts de la scène, arts visuels, musique, littérature…), vont à la rencontre du public et créent un dialogue entre l’esthétique et l’expression des enjeux sociaux, environnementaux ou politiques, lit-on sur le site de l’IFT.
Un comité sélectionnera entre 8 et 12 projets, en veillant à une répartition équilibrée sur l’ensemble du territoire tunisien. Les associations retenues recevront un financement compris entre 25 000 et 33 000 DT. Elles pourront mettre en œuvre leurs projets sur une période maximale de 12 mois, entre avril 2025 et juin 2026.
Améliorer l’accès à la culture
Cet appel à projets soutient des initiatives qui visent à améliorer l’accès aux productions et manifestations culturelles et créatives. Les projets doivent se dérouler dans des espaces ou territoires où l’offre culturelle reste peu développée, comme les zones rurales, les quartiers périphériques urbains ou les lieux éloignés de la sphère culturelle. Ils doivent intégrer une dimension de médiation, d’inclusion et, si possible, une approche participative. Les porteurs de projets peuvent proposer la création d’un produit, d’un événement ou d’une performance artistique, ou encore la mise en place d’un espace, d’un collectif ou d’un dispositif culturel. L’objectif principal reste de « donner accès » à la culture, que ce soit au grand public ou à un public spécifique, précise le communiqué de presse.
L’appel encourage également les projets qui utilisent l’art pour promouvoir des valeurs et renforcer la cohésion sociale. Ainsi, les associations œuvrant dans des secteurs autres que la culture peuvent soumettre des projets qui s’appuient sur l’art pour exprimer des valeurs, des opinions ou des causes, qu’elles soient écologiques, politiques, économiques, sociales ou communautaires. Ces initiatives s’inscrivent dans l’esprit de « l’art engagé » ou de « l’artivisme ». Les associations peuvent collaborer avec des artistes professionnels, mais cela n’est pas obligatoire. Le comité accordera une attention particulière aux projets qui ciblent un public peu habitué aux manifestations culturelles.
Critères de priorité
Le comité privilégiera les projets qui favorisent la coopération entre plusieurs associations ou structures, renforçant ainsi les synergies à l’échelle d’un territoire. Les initiatives situées dans des zones rurales ou urbaines éloignées des opportunités de financement bénéficieront également d’une attention particulière. Enfin, les projets qui s’adressent à un public mixte et qui permettent aux jeunes femmes de participer activement aux actions mises en œuvre seront valorisés.
Toutes les associations soutenues dans le cadre de cet appel participeront à un événement artistique et festif organisé par l’Institut français de Tunisie. Cet événement se tiendra fin juin-début juillet 2025 et marquera la clôture du projet « Ghodwa Fann ».
Indice mondial des compétences futures : La Tunisie, très mal notée…
Par Hassan GHEDIRI
Encore un indicateur mondial qui met à nu la dégringolade de l’éducation en Tunisie: le fameux «Future Skills Index» qui, dans son édition de 2024, positionne notre pays en bas du tableau.
Ce , édité par le cabinet britannique Quacquarelli Symonds spécialisé dans le l’éducation et le classement des établissements d’enseignement supérieur à l’échelle mondiale, mesure la capacité des systèmes éducatifs des différents pays, notamment leur enseignement supérieur, à former les compétences nécessaires à un marché de travail qui évolue au rythme de la technologie. Pour établir son classement plus connu sous l’appellation «Future Skills Index» (indice mondial des compétences futures), le cabinet britannique passe au crible les universités de plusieurs pays, en se basant sur 17 indicateurs.
L’on peut citer notamment les indicateurs relatifs à l’adéquation des compétences (adaptabilité de la main-d’œuvre, apprentissage tout au long de la vie…), la préparation académique (accès aux technologies de l’apprentissage…), l’avenir de l’emploi (niveau de compétences numériques, maîtrise des outils d’intelligence artificielle, disponibilité d’une main-d’œuvre spécialisée dans les technologies vertes, taux de croissance de l’emploi….) et la transformation économique (niveau de transformation numérique, préparation à la transition écologique, disponibilité des infrastructures technologiques….)
79e place
Dans le nouveau baromètre publié la semaine dernière, l’indice évalue les efforts et les réalisations de 81 pays, selon les données disponibles en 2024, et ce, en matière d’adaptation aux changements en cours sur le marché du travail. La Tunisie, qui figure avec quatre autres pays africains dans ce classement, (l’Égypte, l’Afrique du Sud, le Maroc et l’Algérie) arrive au bas du tableau. Notre pays s’est en effet vu attribuer le maigre score de 28,7 sur 100, ce qui lui vaut la 79e place devançant seulement deux pays (l’Algérie et le Tadjikistan). L’Égypte et l’Afrique du Sud sont en tête des pays africains, avec des scores au-dessus de la moyenne. Sans conteste, le pays des pharaons en occupant le 46e mondiale, semble être le mieux préparé pour s’adapter aux grandes mutations technologiques qui sont en passe de métamorphoser l’éducation dans le monde.
Sans surprise, les Etats-Unis, qui occupent généralement la place de leader dans les classements mondiaux, restent indétrônables. Grâce à une grande capacité d’innovation, la qualité de son système éducatif, ses investissements dans les technologies émergentes et sa forte concentration d’universités de renom, la première puissance économique mondiale affiche un score remarquable de 97,6 points, devant le Royaume-Uni (97,1), l’Allemagne (94,6), l’Australie (93,3) et le Canada (91).
H.G.
Editorial : Les désillusions d’un rêve collectif…
Par Chokri Baccouche
A quoi rêvent l’écrasante majorité de nos jeunes ? A poursuivre leurs études universitaires jusqu’au bout afin d’obtenir un diplôme susceptible de leur ouvrir des perspectives prometteuses sur le marché de l’emploi ? Que nenni, il n’y a rien de tout cela et d’ailleurs beaucoup d’entre eux quittent l’école ou le collège prématurément et s’embarquent dans un long voyage vers l’inconnu et l’incertitude la plus absolue. Un peu pour des raisons économiques et beaucoup parce qu’ils ne croient plus tout simplement en la valeur des diplômes en tant que moyen idoine susceptible de leur permettre de monter sur l’échelle sociale. On l’aura certainement deviné, la plupart de nos jeunes rêvent de partir à l’étranger. L’enquête nationale sur la migration internationale confirme de manière éloquente ce constat. Sur les 750 jeunes tunisiens sondés dans le cadre de cette étude, 75% d‘entre eux ont exprimé leur désir ardent d’émigrer.
On peut à la limite concevoir que des jeunes sans perspective cherchent à partir à l’étranger dans l’espoir de trouver un travail décent, s’assurer un meilleur avenir et partant, se prémunir contre les aléas de la vie. Le problème, un sacré problème en fait, c’est que la plupart de ces candidats à l’émigration s’embarquent dans l’aventure sans disposer des moyens nécessaires leur permettant d’avoir un minimum de chance de réussir leur challenge. Sans diplôme et n’ayant aucune formation professionnelle ni une quelconque compétence linguistique, beaucoup l’ont d’ailleurs découvert à leur dépens, une fois arrivés en Europe. Le rêve se transforme ainsi en cauchemar et ces jeunes se retrouvent, du coup, livrés à eux-mêmes sans espoir de s’en sortir. Ils sont obligés de galérer, dormir sous un pont, sur un carton ou à la belle étoile et se débrouiller comme ils le peuvent pour trouver de quoi se mettre sous la dent et calmer la faim tenace qui les prend aux tripes.
L’enquête nationale sur la migration internationale nous apprend un bout sur les causes profondes de cet échec. Elle révèle ainsi que sur les 211 mille migrants âgés de 15 ans et plus, de retour en Tunisie, les diplômés de la formation professionnelle représentent la plus faible proportion de refoulés avec seulement 4,7%. Ces chiffres donnent la preuve formelle qu’un diplôme ou une formation constituent une véritable clef de sésame susceptible de faciliter l’accès à l’emploi dans les pays d’accueil. A l’inverse, l’étude montre par ailleurs que les migrants ayant un niveau d’étude primaire représentent la plus forte proportion de «recalés» (36,8%), suivis par ceux ayant un niveau secondaire (25,4%), un niveau inférieur au primaire (17,1%) et, enfin, ceux ayant un niveau d’étude supérieur (16%).
De ce qui précède, on peut affirmer sans risque de se hasarder que l’émigration en Europe ou ailleurs sans diplôme ou une formation professionnelle et sans aucune compétence linguistique, revient à partir à la guerre sans armes. Aussi paradoxal et surprenant que cela puisse paraitre, au moment où de nombreux jeunes tunisiens caressent le rêve de partir à l’étranger, l’enquête évoque l’existence en Tunisie de «pénuries critiques» de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs tels que l’agriculture, le tourisme, les industries de transformation, le transport et la logistique. Une pénurie de main-d’œuvre dans un pays où le chômage atteint des sommets : avouons qu’il y a vraiment de quoi tomber à la renverse ! Cela veut dire que les chances de décrocher un emploi existent malgré mais encore faut-il disposer de la qualification nécessaire et surtout la volonté de travailler «at home», ce qui est malheureusement loin d’être le cas pour de nombreux jeunes qui préfèrent partir à l’étranger plutôt que de tenter leur chance en Tunisie. En tout état de cause, un travail d’encadrement est plus que nécessaire afin de sensibiliser ces jeunes quant à l’importance cruciale de disposer d’une qualification professionnelle qui constitue la seule voie passante leur permettant de décrocher un emploi aussi bien en Tunisie qu’à l’étranger. Ces candidats à l’émigration doivent se rendre à l’évidence que rien ne sert de partir à l’aventure s’ils vont se retrouver, au final, dans de beaux draps, c’est-à-dire dans une situation encore plus précaire qu’elle ne l’était avant leur départ. Comme quoi, émigration sans conscience n’est que ruine de l’être et amère désillusion. Et c’est le moins qu’on puisse dire…
C.B.
Présentation de l’Anthologie de la poésie québécoise, cet après-midi, à Al Kitab Mutuelleville
La librairie Al Kitab Mutuelleville accueille à 16h30 une séance de présentation et dédicace du « Kaléidoscope : une anthologie de poésie québécoise », œuvre réalisée sous la direction de Nora Atalla et Catherine Cormier-Larose et dont la traduction est assurée par l’auteur et traducteur tunisien Ashref Kerkeni. Le poète tunisien Moez Majed sera présent en tant que directeur littéraire. La modération du débat sera assurée par la poétesse et animatrice de RTCI, Emna Louzir.
La rencontre sera occasion non seulement pour faire une idée sur la poésie québécoise mais également pour écouter Catherine Cormier-Larose qui sera présente à l’occasion.
Directrice artistique et générale du Festival de la poésie de Montréal, elle est également poète, critique littéraire, coordinatrice d’événements et commissaire indépendante québécoise. Elle a publié en 2017 le recueil de poésie « L’Avion est un réflexe court » (Del Busso Éditeur). « Vickie », paru aux Éditions Fond’Tonne, est son deuxième recueil. Elle a également performé et animé sur différentes scènes partout au Québec et à l’étranger.
Il est à noter que Catherine Cormier-Larose sera en résidence d’écriture pour 15 jours en Tunisie. Des textes parfumés à la Tunisienne verront certes le jour.
Lassaâd Ben Abdallah raconte cet après-midi son « Citronnier malade » à la Marsa
La librairie Al Kitab de la Marsa organise, cet après-midi à partir de 16h30, une séance de présentation et signature du roman « Le citronnier malade » de Lassaad Ben Abdallah, paru chez Contraste Éditions. La présentation sera assurée par Mr Mohamed Kerrou.
« Un automne 1942, le monde partit en guerre depuis quelques années, et la Tunisie protectorat français depuis 1881 n’y échappera sans doute pas. La Marsa, dans la banlieue nord à une vingtaine de kilomètres de la capitale Tunis, située entre Carthage et les hauteurs de Gammarth, est un village de pécheurs et de cultivateurs. Haut lieu de villégiature en bord de mer, La Marsa est une bourgade « sous la protection » des saints Sidi Abdelaziz et Sidi Salah, enterrés tous les deux dans le quartier de Marsa Cubes. Entre La Marsa et Sidi Bou Saïd sur les terres de l’Archevêché, se trouve Sidi Dhrif le marabout des vignobles. En arrivant par la route de Tunis et avant d’accéder au village, le visiteur traverse les terres agricoles de Sidi Daoud un autre saint, mort d’après la parole populaire pendant la huitième croisade. Comme un écrin, les terres fertiles abritent le village maritime. En continuant sa route vers la mer, l’étranger arrive aux domaines se trouvant à proximité d’Ettabek », lit-on dans le résumé de ceresbookshop.
«Le citronnier malade» est le deuxième livre de Lassaâd Ben Abdallah, acteur, metteur en scène et producteur de théâtre. Il a déjà publié chez le même éditeur Contraste Éditions «La fin tragique du théâtre» en 2020.
Mondial 2025 / Tunisie – République tchèque (26-32) : Tout va à l’envers !
Les matches se suivent et se ressemblent pour le Sept tunisien. Il faut dire que ce qui se passe avec cette sélection tunisienne ne fait que confirmer ses limites et son faible niveau à tous les niveaux. Face à une équipe tchèque très moyenne, le constat était le même avec, à l’arrivée, une nouvelle débâcle.
Côté technique, il devient inutile d’énumérer les erreurs au niveau de la gestion de l’effectif et de la manière de jouer. Et comme ce fut toujours le cas, la première période est souvent asphyxiante pour les Tunisiens qui n’ont marqué que deux buts pendant les dix premières minutes et trois autres au cours des dix minutes suivantes. Sans parler de certains choix qui ne peuvent que surprendre et confirmer le désarroi da l’entraineur national qui s’est privé, toute une mi-temps, des services de Islem Jebali, le meilleur buteur (11 buts) contre la Suisse !
Et c’est en toute logique, avec un tel tas d’erreurs, que les Tchèques ont facilement remporté le match (26-32) après avoir empoché la première mi-temps (12-19).
Il reste un dernier match à disputer contre l’Allemagne. Les dés sont jetés pour cette sélection et le moment des bilans et des comptes n’est plus loin.
K.Z.
Ligue 1 : Quel sort pour la réclamation déposée par l’Espérance contre l'Olympique de Béja ?
L'Espérance sportive de Tunis a déposé une réclamation, ce jeudi 23 janvier, contre l'Olympique de Béja, à l'issue du match d'hier qui s'est soldé par un nul (1-1), comptant pour la quatorzième journée de Ligue 1.
Les Sang et Or ont indiqué, dans leur réclamation, que les Cigognes n'ont pas payé les amendes infligées par la Ligue nationale du football professionnel.
L'Espérance doit confirmer la réclamation, dans les prochaines 48 heures, pour qu'elle soit examinée par la LNFP.
Syrie : le nouveau ministre de la Justice identifié dans une vidéo d’exécution de femmes à Idlib en 2015 !
Sur deux vidéos circulant sur les réseaux sociaux et authentifiées par le site Verify.sy, le ministre, ancien juge islamique de la région d’Idlib alors sous contrôle d’al-Nosra, supervisait la mise à mort de femmes accusées de «prostitution».
Les images sont glaçantes. Dans une première vidéo, un homme à la barbe épaisse, en chechia et qami, la tenue musulmane traditionnelle, prononce une condamnation à mort «pour corruption et prostitution» à côté d’une femme en niqab noir, à genoux. Dans une autre, le même homme apparaît près d’une femme elle aussi en voile intégral, à terre, qui implore la clémence. Un combattant récite des versets du Coran et affirme qu’il existe une «preuve» qu’elle a commis adultère et prostitution, répandant ainsi «la corruption sur terre». Un troisième homme dégaine alors une arme de poing et lui tire une balle dans la tête.
Selon le site d’authentification Verify-sy, l’homme barbu visible sur ces deux vidéos, qui datent de 2015, n’est autre que Shadi Al-Waisi, le nouveau ministre de la Justice en Syrie. Ce dernier, membre du groupe rebelle Hayat Tahrir al-Sham (HTS) qui a renversé le régime de Bachar el-Assad, était à cette époque juge islamique dans la zone d’Idlib, où sont déroulées les deux scènes. L’une se passe dans la ville de Maaret Misrin. La femme à terre, entourée de combattants, se trouve près d’un mur avec l’inscription «Jabhat al-Nosra» ou «Front Al-Nosra», groupe djihadiste qui prônait la charia, et dont est issu le HTS.
Un haut fonctionnaire au sein de la nouvelle administration, interrogé par Verify.sy, a confirmé que l’homme qui apparaît dans les deux enregistrements est bien Shadi Al-Waisi. Cette source, souhaitant garder l’anonymat, a tenu à souligner que ces exécutions relevaient d’une «application de la loi à un moment et à un endroit précis, conformément aux lois en vigueur à cette époque». Et le haut fonctionnaire de mettre l’accent sur les réformes juridiques engagées par l’actuel gouvernement. «Nous tenons à souligner que ce processus reflète une période que nous avons dépassée», a insisté cette source, estimant «inapproprié de le généraliser ou de l’utiliser pour décrire la période actuelle».
Gaza : Malgré la trêve, l'aide humanitaire peine toujours à arriver
Depuis le cessez-le-feu, les habitants de Gaza tentent de rentrer chez eux. Mais après 15 mois de guerre, le territoire n'est plus qu'un amas de ruines. Et alors que les besoins de la population sont importants, l'entrée de l'aide humanitaire demeure difficile.
Plus de 2400 convois humanitaires seraient entrés dans l'enclave depuis dimanche, mais les points d'entrée de Gaza sont déjà embouteillés et de nouvelles livraisons entravées. "Nous avons toujours du matériel bloqué", indique Amande Bazerolle. "Pour nous, cela concerne par exemple les tables d'opération, les béquilles, les scalpels ou l'autoclave, qui permet de stériliser les instruments de chirurgie."
Israël évoque des raisons de sécurité pour le blocage de certaines marchandises, qui pourraient être "utilisées à des fins autres que médicales si elles tombaient dans de mauvaises mains", précise-t-elle.
Une route semée d'embûches
La route pour se rendre à Gaza est un périple semé de barrages et de bouchons aux check points. Les chauffeurs doivent être accrédités, les directives changent en permanence et de nombreux formulaires doivent être remplis.
"Vous devez faire la liste de tout ce que vous envoyez, le nom des marchandises, la quantité, le prix, le nombre de cartons, vous devez être très précis", explique Arein Hammouri, responsable de la gestion des dons de l'organisation humanitaire Anera, basée à Ramallah.
La sortie de Cisjordanie occupée s'est par ailleurs compliquée ces derniers jours avec l'opération militaire israélienne "Mur de fer" à Jénine.
















