Festival international de Boukornine : Une traversée musicale entre le désert touareg et le Diwan d’Oran
Avant les envolées du Diwan, c’est un autre visage de l’Algérie musicale qui s’est invité sur la scène du Festival international de Boukornine. Deux formations, deux esthétiques, mais une même démarche : puiser dans les héritages musicaux pour les inscrire dans le présent. En ouverture, le blues saharien d’« Issinara » a transporté le public au cœur des immensités du désert, avant de céder la place aux rythmes hypnotiques et à la ferveur du Diwan de « Sultan Gnawa ».
« Issinara » a ainsi donné le coup d’envoi de cette traversée musicale. Originaire du Sahara algérien, le groupe revisite les traditions touarègues à travers un blues du désert nourri d'influences contemporaines. Guitares électriques, basse, percussions et chants en tamasheq se sont entremêlés pour créer un paysage sonore à la fois contemplatif et vibrant, où résonnent les grands espaces sahariens, la vie nomade, la résistance culturelle et l'attachement à l'identité amazighe.
Portée par El Hacène Aneslem au chant et à la guitare, entouré d'Abdelkader Idaber à la basse, Moussa Melloul à la guitare d'accompagnement, Farès Hamidou aux percussions et Khaoula Khotti aux chœurs, la formation a livré une prestation authentique, profondément enracinée dans son territoire tout en restant ouverte aux influences du monde. Des titres comme « Ali Iaghi Idarelnanam », « Tisnat N’aytmma », « Timcharre » ou encore « Amachahou » ont progressivement enveloppé le Théâtre de Boukornine d'une atmosphère empreinte de poésie et d'évasion.
La seconde partie de la soirée a marqué un changement de registre, sans rompre le fil conducteur du voyage. Avec Sultan Gnawa, c'est l'univers du Diwan algérien qui s'est imposé. Originaire d'Oran, l'artiste s'attache à faire vivre cet héritage musical en le confrontant aux sonorités actuelles, mêlant instruments traditionnels, musiques du monde et arrangements contemporains. Une démarche qui vise autant à préserver ce patrimoine qu'à lui offrir une nouvelle visibilité, bien au-delà de ses frontières d'origine.
Dès les premières notes de « Wast Dlam », le guembri, les claviers et la guitare ont installé une ambiance propice à la transe. Au fil des morceaux : « Barkiyo », « Sbhano La Ymout », « Sodan Ya Yma », « Mousawi », « Youmala », « Salato 3la Nbi », « Ghomari » et « Hamouda », l'intensité n'a cessé de monter, portée par des rythmes de plus en plus envoûtants. Le concert s'est achevé sur « Sidi Mansour » et « Wed Choli », dans une explosion d'énergie où le public s'est pleinement laissé entraîner.
Au fil de la soirée, la réserve des premiers instants a rapidement laissé place à une adhésion spontanée. Les applaudissements nourris, les mains frappant le rythme des percussions et les spectateurs se levant progressivement ont traduit la force fédératrice de ces musiques. Pour beaucoup, il s'agissait d'une première rencontre avec le blues touareg ou le Diwan. Une découverte qui a démontré que ces répertoires, bien qu'ancrés dans des traditions séculaires, conservent une remarquable capacité à toucher un public contemporain.
À travers cette escale algérienne, le Festival international de Boukornine réaffirme son rôle de passerelle entre les cultures du Maghreb et les musiques du monde. Du souffle du désert aux rythmes initiatiques du Diwan, cette soirée a rappelé qu'un patrimoine vivant ne se contente pas de préserver la mémoire : il la réinvente, la partage et continue de faire dialoguer les générations comme les territoires.
Festival international de Carthage : Les derniers adieux du maestro Gian Piero Reverberi
Pour son ultime concert en tant que chef d'orchestre, Gian Piero Reverberi a offert au public du Festival international de Carthage une traversée musicale où l'élégance vénitienne a rencontré la majesté du théâtre antique.
Le temps d'une soirée, le Théâtre antique de Carthage s'est métamorphosé en palais vénitien. Avant-hier, le mardi 4 août, l'orchestre italien Rondò Veneziano a transporté les spectateurs dans un univers où la musique baroque dialogue avec des sonorités contemporaines, fidèle à la signature qui a fait sa renommée depuis sa création en 1979.
Fondé par le compositeur et chef d'orchestre Gian Piero Reverberi, l'ensemble s'est imposé sur la scène internationale grâce à une formule singulière : des compositions originales inspirées des maîtres vénitiens, portées par une orchestration moderne et une esthétique directement empruntée au XVIIIᵉ siècle.
Dès leur entrée en scène, les musiciens ont captivé le public. Les longues robes d'époque, les perruques poudrées des instrumentistes et l'élégance de la scénographie ont recréé l'atmosphère de la Venise baroque. Sur l'écran géant défilaient canaux, palais et carnavals, prolongeant ce voyage visuel au cœur de la Sérénissime.
Le souffle baroque
Le concert s'est ouvert avec "Stazione di Venezia", avant d'enchaîner avec "Magico Incontro", "Danza Mediterranea", "San Marco" et "Perle d'Oriente", interprétée par Gian Piero Reverberi lui-même au piano. Pendant près de deux heures, les cordes, les percussions et le piano ont tissé une fresque sonore où la délicatesse des mélodies côtoyait l'énergie des rythmes contemporains.
L'amphithéâtre n'affichait pas complet, mais les mélomanes présents ont offert à l'orchestre une écoute d'une rare qualité. Ici, peu d'effusions : le silence accompagnait les partitions, avant de laisser place à des salves d'applaudissements nourries à la fin de chaque œuvre. Ce n'est qu'au moment du rappel que la distance s'est effacée. Se retournant vers les gradins, le Maestro a invité le public à partager les derniers instants du concert dans une communion aussi spontanée qu'émouvante.
Cette représentation revêtait une portée particulière : elle marquait les adieux de Gian Piero Reverberi à la direction de son orchestre. À l'issue du spectacle, le musicien a confirmé qu'il passerait désormais le relais au pianiste de l'ensemble. « Je suis un peu trop vieux pour faire ce métier maintenant », a-t-il lancé avec humour.
De l'émotion avant tout...
Lors de la conférence de presse, le compositeur est revenu sur la naissance de Rondò Veneziano. À la fin des années 1970, alors que le disco et la musique électronique dominaient les scènes, il souhaitait proposer une autre voie. Son ambition était de réconcilier les instruments acoustiques avec une écriture accessible au grand public, sans renoncer à l'exigence musicale.
Fidèle à cette philosophie, le Maestro a également revendiqué son attachement à une musique affranchie des logiques numériques. « Je n'utilise pas les réseaux sociaux. La musique est quelque chose de profondément personnel. Elle ne dépend pas des "likes", mais de l'émotion », a-t-il confié.
Invité pour la première fois à se produire à Carthage, Gian Piero Reverberi n'a pas caché son émotion devant la beauté du lieu. Il a expliqué avoir accepté ce concert précisément pour fouler la scène de ce monument chargé d'histoire, qu'il considère comme l'un des plus prestigieux du bassin méditerranéen.
En refermant ce chapitre de près d'un demi-siècle de carrière, le fondateur de Rondò Veneziano laisse un héritage singulier : celui d'une musique qui a su faire dialoguer le baroque et la modernité sans jamais sacrifier l'émotion. À Carthage, cette dernière révérence avait la grâce des grands moments.
Boukornine aux couleurs de Cuba : une soirée entre rythmes et métissage musical
Le Théâtre de plein air de Hammam-Lif s’est paré, le mardi 4 août, des couleurs de la musique cubaine, lors d’une soirée organisée dans le cadre de la 44ème édition du Festival international de Boukornine.
Le festival a accueilli, en présence des ambassadeurs d’Espagne, de Cuba, d’Argentine et du Sénégal, ainsi que d’une représentante de l’ambassade du Venezuela, le duo « Somos Naí » et l’artiste cubain Raúl Paz, qui se produisaient pour la première fois sur sa scène.
Le duo « Somos Naí », composé de la chanteuse Anahí Díaz Yéti et du pianiste José Ramón Cabrera, a ouvert la soirée avec une prestation pleine de vitalité, mêlant pop cubaine, rythmes latins et sonorités du monde. Entre le charme de la voix, la virtuosité du piano et la richesse des rythmes, les deux artistes ont plongé le public dans une atmosphère chaleureuse et envoûtante, ouvrant la voie à un voyage musical riche et varié.
Dans la seconde partie de la soirée, Raúl Paz est monté sur scène pour offrir l’un des moments forts du spectacle. Dès son apparition, l’artiste cubain a imposé sa présence grâce à sa voix chaleureuse et à son énergie communicative. Il a dévoilé un univers singulier, associant l’authenticité de la musique cubaine aux influences de la pop, du rock et de la musique électronique. Accompagné de ses musiciens, il a alterné rythmes entraînants et séquences plus douces, chargées d’émotion.
À travers plusieurs de ses chansons, parmi lesquelles « No me incomodes », « Bailar », « Habana », « La Mala », « Mulata » et « Enamorado », Raúl Paz a entraîné le public dans un voyage au cœur de Cuba. Les interventions du violon, de l’accordéon et des percussions ont enrichi le spectacle et renforcé son atmosphère festive.
Le temps d’une nuit d’été, La Havane et Boukornine se sont ainsi rapprochées. À travers cette soirée, le Festival international de Boukornine réaffirme son ouverture sur les cultures et les expériences artistiques du monde, tout en illustrant le pouvoir de la musique à rassembler les peuples, à dépasser les frontières et à créer des moments de partage profondément humains.
25 mille supporters l’attendaient à l’aéroport : Accueil grandiose à Istanbul pour Mohamed Salah
L’arrivée de Mohamed Salah en Turquie a provoqué un véritable raz-de-marée passionnel dans la ville d’Istanbul. Dès l’annonce de sa venue, des milliers de supporteurs se sont rués vers l’aéroport et les rues avoisinantes pour apercevoir la superstar égyptienne et il va se rendre à Trabzon ce soir à 20h00 heure locale pour s’engager avec l’équipe de la ville, Trabzonspor. Arborant fièrement les couleurs bordeaux et bleu du club, la foule a rapidement transformé le tarmac et les grands axes en une marée humaine chauffée à blanc, consciente de vivre un moment charnière de l’histoire du football local.
L’ambiance est montée d’un cran dès l’apparition de l’attaquant. Dans une ferveur quasi mystique, des centaines de fumigènes ont embrasé la nuit turque, accompagnés de chants stridents, de tambours et de feux d’artifice spectaculaires. Visiblement ému et impressionné par ce comité d’accueil titanesque, le Pharaon a pris le temps de saluer ce public réputé pour être l’un des plus chauds d’Europe, immortalisant des images déjà virales sur les réseaux sociaux du monde entier.
La venue de l’attaquant s’inscrit dans un projet concret, la star égyptienne va s’engager pour une durée de deux ans avec la formation turque. En attirant une figure majeure du football mondial pour les deux prochaines saisons, Trabzonspor ne réalise pas seulement un coup marketing d’exception, mais envoie un message fort à ses concurrents. Les supporteurs, de leur côté, rêvent déjà de voir la magie de Salah opérer sur le terrain pour porter le club vers les plus hauts sommets.
Stade Tunisien : Le Béninois Bienvenu Vigninou débarque
Du côté du Bardo, les renforts se poursuivent. Les dirigeants du Stade Tunisien viennent d’officialiser l’arrivée de l’attaquant béninois Bienvenu Vigninou qui s’est engagé pour trois saisons.
Selon les informations exclusives d’Africafoot, Vigninou s’est notamment illustré sous les couleurs du Loto-Popo FC avant de connaître des expériences à l’étranger, notamment au Rwanda avec Rayon Sports FC, où son contrat a pris fin le 30 juin 2026.
Le staff technique semble séduit par le profil de cet attaquant gaucher qui joue à l’aile ou au poste d’avant-centre.
K.Z.
EST : Youssef Blaili a fini par rempiler, Boualia s’en va
Le long feuilleton Blaili a connu, cet après-midi, son épilogue. L'Algérien vient de signer un nouveau contrat avec l'Espérance de Tunis après des semaines d'hésitation et de rendez-vous manqués. Il sera Sang et Or pour un bail d'un an renouvelable.
Blaili n'a pas manqué de présenter ses excuses à toutes les parties espérantistes. Bien sûr, il attendra la fin de sa suspension et le retour de la forme physique pour renouer avec la compétition.
Séparation avec Boualia
A la surprise générale, les Sang et Or ont rompu le contrat avec l'autre Algérien de l'équipe Kouceila Boualia, pourtant auteur d'une bonne saison et de huit buts. Il part avec uniquement deux salaires payés, lui qui était lié par un contrat de deux ans renouvelables.
Castillo, en attendant Ribeiro
Dans ce même chapitre des étrangers, le Péruvien Jésus Castillo, le demi défensif, est déjà recruté officiellement. Il a paraphé son contrat de trois ans avec l'Espérance et rejoindra le groupe demain. Quant au Brésilien Lucas Ribeiro, il attend encore l'aval d'Al Ittihad Tripoli pour passer au Parc B. C'est que le club libyen tient à s'attacher les services de Jacques Diara dans la même opération. Seulement, le jeune Burkinabe ne veut nullement quitter l'Espérance. Jusqu'à ce soir, la situation n'avance pas d'un iota.
Jamel BELHASSEN
« Cinétoile » à Nabeul et Hammamet: Et si les plus belles salles de cinéma étaient dehors ?
Par Imen Abderrahmani
La 9ème édition du Festival international du court- métrage « Cinétoile » s’achève aujourd'hui après avoir transformé la plage de Sidi El Mahresi à Nabeul et le Fort de Hammamet en salles de cinéma à ciel ouvert. Détails.
Ce soir, les dernières images se fondront dans le bleu de la Méditerranée. À la plage de Sidi El Mahresi, à Nabeul, le Festival international du court-métrage Cinétoile clôture sa neuvième édition, mettant un point final à plusieurs jours de projections gratuites, de rencontres et de formation qui auront fait dialoguer le cinéma avec deux lieux emblématiques du Cap Bon : le Fort archéologique de Hammamet et le rivage de Nabeul.
En investissant ces espaces ouverts, le festival poursuit un pari devenu sa signature depuis sa création en 2017 : sortir le cinéma de ses murs pour l’amener au plus près des citoyens. Ici, la plage remplace la salle obscure, les remparts d’une forteresse deviennent écran de projection et les étoiles se substituent au plafond. Le cinéma quitte son cadre habituel pour s’inscrire dans le paysage, au contact direct du public.
Cette démarche constitue l’une des grandes forces de « Cinétoile ». À une époque où l’accès aux salles demeure inégal selon les régions, le festival choisit de faire voyager les œuvres plutôt que d'attendre les spectateurs. Les projections gratuites, organisées dans des lieux ouverts à tous, permettent à un public familial, aux vacanciers comme aux habitants de découvrir des films d’auteur et des courts-métrages venus des quatre coins du monde. Une véritable démocratisation du cinéma qui redonne au septième art sa dimension populaire et fédératrice.
Le choix des deux sites n’a rien d'anodin. Le Fort de Hammamet, chargé d’histoire, et la plage de Sidi El Mahresi, ouverte sur la Méditerranée, offrent un dialogue singulier entre patrimoine, nature et création contemporaine. Les films s’y regardent autrement, portés par le bruit des vagues ou les pierres séculaires de la forteresse, dans une expérience qui dépasse la simple projection pour devenir un véritable moment de partage.
Présence internationale remarquable
Cette édition a une nouvelle fois confirmé le rayonnement international du festival. Plus d’une vingtaine de pays y étaient représentés, parmi lesquels la Tunisie, la Palestine, l’Iran, l’Allemagne, les États-Unis, l’Australie, la Croatie, l’Égypte, le Brésil, l’Espagne, la Libye, la Colombie, la Grèce, l’Arabie saoudite, le Bangladesh, le Mexique, le Maroc et l’Afghanistan. Une diversité qui témoigne de la vitalité du court- métrage comme langage universel. Des débats ont suivi les projections, permettant au grand public d’entrer en interactivité avec l’œuvre, à réagir en toute liberté.
Pour cette dernière soirée, la plage de Sidi El Mahresi accueille une ultime sélection de courts métrages internationaux avec « El Comita » de Mohamed Trabelsi (Tunisie), « The Price TheyPay »de MD ShadatHossain (Bangladesh-Pologne), « One of Them » de Mostafa Vaziri (Iran), « Camille et Chamäleon » de Lucie Nichlemann (Allemagne), « Emilia » de Franco Acosta (Mexique), « Mardazma » d’Amir MessoudSoheili (Afghanistan) et TradingCards de RadheyaJang (Australie-Grande-Bretagne). Les prix de la compétition internationale seront décernés par un jury composé d’AmiraDerwich, Sahar El Echi et ShawkiBoukef.
Nouveaux horizons
La dimension formatrice du festival s’est également illustrée avec le workshop consacré à la direction d’acteur devant la caméra, animé par l’actrice Najoua Zouhir à l’espace« Hammamet Art & Culture ». Pendant trois jours, les participants ont exploré les exigences du jeu face à la caméra à travers une formation mêlant pratique et échanges d'expérience.
Autre moment fort de cette édition, la « Carte blanche » accordée à l’Alexandria Short Film Festival, en Égypte, a mis en lumière la créativité du cinéma égyptien contemporain et renforcé les liens entre les festivals de la rive sud de la Méditerranée.
Il est à noter ainsi que l’affiche de cette neuvième édition, imaginée par ShawkiBoukef, résume à elle seule l’identité de Cinétoile : une barque devenu un labo flottant d’un jeune cinéaste, voguant entre ciel et mer. Une métaphore qui illustre parfaitement l’ambition d’un festival ayant choisi d’installer le cinéma là où on ne l’attend pas, sur une plage ou dans une forteresse, pour rappeler que les plus belles salles obscures sont parfois celles qui n’ont ni murs ni toit.
I.A.
Bouthaina Nabouli dévoile « Doulicha » au Festival International de Hammamet
Le public du Festival International de Hammamet a assisté dans la nuit du 3 août 2026 à la naissance d’une nouvelle star tunisienne. Bouthaina Nabouli, nom émergent de la scène tunisienne, est apparue, cette année, sur la scène du théâtre de Hammamet pour présenter son propre EP attendu « Doulicha ». Un florilège de paroles attachantes et de sonorités émouvantes ont conquis le public présent.
La nouvelle virtuose a enveloppé le lieu par son charisme et sa voix puissante, vêtue d’une création originale, signée « Benma ».
« Doulicha » signe le démarrage de sa carrière. Le titre, en dialecte tunisien, résonne avec légèreté, incite à une promenade, une balade, ou une traversée. Le terme peut aussi faire référence à une ballade musicale. « Doulicha » en tunisien peut signifier une petite échappée pour se divertir, s’échapper des sentiers spatio-temporels déjà existants. La soirée répond à l’esprit du festival et à sa sacralité de la mémoire, d’où son slogan « Endless Memories ». L’artiste a marqué amplement cette 60ème édition anniversaire, grâce à sa prestation singulière.
Bouthaina Nabouli chante l’appartenance au pays, met en avant sa beauté, ses paysages, ses lieux mythiques, ses références cultes et puise dans l’infini patrimoine du cœur battant de la capitale « l’ancienne médina », ses ruelles, son histoire, architecture, anecdotes, artistes et artisans. Ses coins et recoins légendaires et existants, qui traversent le temps, et les siècles sont infiniment inspirants. La chanteuse a présenté un répertoire inédit, tout en mettant en avant quelques succès qui ont marqué la musique tunisienne traditionnelle et arabe. Bouthaina Nabouli s'est entourée des textes de Syrine Chekili, et des compositions de Kais Mellilti, chef d’orchestre, pour concrétiser ce projet.
La mémoire était au cœur de ce concert. L’artiste a su fusionner des reprises incontournables avec sa nouvelle production. Elle a enchaîné des titres propres à elle tels que « Ness Tkhaf Mel Hob », « Doulicha » et « Al Qalb Ekhtar ». Elle a, par la suite, enchaîné en puisant dans le patrimoine sonore tunisien / arabe, celui de l’iconique Saliha ou Habib Chenkaoui. Salah Farzit et Oum Kalthoum ont été célébrés à travers différentes chansons connues à eux. La mémoire qui traverse amplement la création contemporaine répond à la thématique de la mémoire éternelle prônée par le festival.
Bouthaina Nabouli, fortement émue par autant de monde présent, et par le succès de son premier concert a déclaré aux journalistes toute son admiration, son amour, sa gratitude à l’équipe du FIH, Syrine Chekili, Kais Melliti, les musiciens qui l’entoure, et a rendu hommage à son cher public présent, ses proches et spécialement à sa mère. Un moment phare qu’elle dit avoir attendu depuis longtemps. Mission amplement accomplie dans le beau décor mythique de Hammamet.
Eya Bellagha décroche son premier grand prix à Amman
L'actrice tunisienne a été sacrée meilleure actrice au Festival international du film d'Amman pour son rôle dans "Where the Wind Comes From", confirmant l'élan international du cinéma tunisien.
L'actrice tunisienne Eya Bellagha a remporté, lundi soir, le prix de la meilleure actrice lors de la cérémonie de clôture de la 7ᵉ édition du Festival international du film d'Amman – Awal Film, en Jordanie. Cette distinction récompense sa première performance dans un rôle principal, sous la direction de la réalisatrice Amel Guellaty dans "Where the Wind Comes From".
Remis sur le site emblématique de la Citadelle d'Amman, en présence du prince Ali Bin Al Hussein et de la princesse Rym Ali, ce prix vient couronner le parcours d'un film qui continue de séduire les festivals internationaux. Ce road-movie poétique, suivant deux jeunes amis de Tunis à Djerba, s'est déjà illustré aux Journées cinématographiques de Carthage, au Festival de Sundance et à Rotterdam, avant sa sortie en salles en France, le 15 juillet dernier.
Présidé par l'actrice tunisienne Hend Sabry, le jury de la compétition des longs métrages de fiction arabes a décerné le Grand Prix de l'Iris noir ainsi que le Prix du public au film libanais A Sad and "Beautiful World" de Cyril Aris. Le Prix du jury est revenu au réalisateur irakien Hasan Hadi pour "The President's Cake".
Dans la compétition documentaire, le Palestinien Alex Bakri a été récompensé pour Habibi Hussein, tandis que le court métrage algérien "Bimo", d'Oumnia Hanader, a remporté le premier prix.
La présence tunisienne s'est également distinguée lors des Journées de l'industrie (AFID). Le réalisateur Mehdi Hmili y a présenté son film "Exile", alors que Mehdi Barsaoui siégeait au sein du jury de cette plateforme professionnelle. Enfin, le projet libanais "Mina", de Marie-Rose Osta, a obtenu une résidence d'écriture en Tunisie, organisée par Masnaa, le laboratoire panafricain et arabe fondé par Mehdi Hmili.
Les Journées cinématographiques de Carthage (JCC) lancent leur appel à films
Les inscriptions à la 37ème édition sont ouvertes jusqu'au 15 septembre, en prélude à un rendez-vous qui célébrera les 60 ans du festival.
Le comité d'organisation des Journées cinématographiques de Carthage (JCC) a annoncé, lundi 3 août, l'ouverture des inscriptions aux compétitions officielles de sa 37ème édition, qui se tiendra du 12 au 19 décembre 2026 sous la direction du cinéaste Mokhtar Laâjimi.
Les réalisateurs et producteurs souhaitant participer ont jusqu'au 15 septembre 2026 pour soumettre leurs œuvres. Les candidatures doivent être déposées exclusivement via la plateforme officielle des JCC.
Cette édition accueillera quatre compétitions : les longs métrages de fiction, les longs métrages documentaires, les courts métrages ainsi que la section « Carthage Ciné-Promesse », dédiée aux talents émergents. Fidèles à leur vocation, les JCC continueront ainsi de mettre en lumière des œuvres issues d'horizons et de sensibilités artistiques variés.
L'édition 2026 revêt une portée particulière puisqu'elle marque le 60ᵉ anniversaire des Journées cinématographiques de Carthage, fondées en 1966. À cette occasion, le festival consacrera un espace à son histoire, retraçant les grandes étapes de son évolution et son rôle dans la promotion du cinéma tunisien, arabe et africain.
Créées par Tahar Cheriaa, les JCC demeurent l'un des plus anciens festivals de cinéma du continent africain et du monde arabe. Six décennies après leur lancement, elles poursuivent leur mission de découverte, de soutien à la création et de dialogue entre les cinématographies du Sud.
A Boukornine: "Le chemin du malouf" restitue la mémoire
Trois artistes, trois pays, un même héritage : le Festival international de Boukornine a offert une traversée musicale où la Tunisie, l'Algérie et la Libye ont célébré, ensemble, l'âme du malouf.
Sous les étoiles du Théâtre de plein air de Hammam-Lif, "Le Chemin du Malouf" a réuni le Tunisien Sofiane Zaïdi, l'Algérien Abbès Righi et le Libyen Radhouane Chabek autour d'un patrimoine qui défie le temps. Plus qu'un concert, le spectacle a dessiné une géographie sensible du Maghreb, où les frontières s'effacent au profit d'une mémoire musicale commune.
Le voyage s'est ouvert avec l'école tunisienne. Sofiane Zaïdi, artiste et chercheur passionné par le patrimoine musical, a déroulé les nuances du malouf tunisien à travers une sélection de noubas et de pièces emblématiques. Sa voix, précise et habitée, a redonné souffle à un répertoire où chaque note semble porter l'écho d'un autre siècle.
Le relais est ensuite revenu à Abbès Righi, ambassadeur du malouf constantinois. Son interprétation, tout en maîtrise et en intensité, a révélé la richesse des modes algériens et la finesse de leurs architectures mélodiques. Entre puissance vocale et délicatesse des ornementations, le chant s'est imposé comme un art de la transmission.
Avec Radhouane Chabek, la soirée a pris une dimension plus contemplative. Porté par les accents soufis du malouf libyen, son chant a installé une atmosphère de recueillement, où la douceur des mélodies dialoguait avec une profonde spiritualité.
Au fil des tableaux, les différences de styles n'ont jamais rompu le fil invisible qui relie ces trois traditions. Elles en ont, au contraire, révélé la complémentarité. D'une rive à l'autre du Maghreb, le malouf s'est dévoilé dans toute sa diversité, sans jamais renier ses racines andalouses.
À travers ce projet, Sofiane Zaïdi poursuit un travail de sauvegarde et de transmission d'un patrimoine vivant. "Le Chemin du Malouf" rappelle que cette musique n'appartient pas seulement aux archives : elle continue d'émouvoir, de rassembler et de dialoguer avec son époque.
En inscrivant cette création à sa programmation, le Festival international de Boukornine réaffirme son engagement en faveur du patrimoine et des œuvres qui le réinventent avec fidélité. Cette soirée n'a pas seulement célébré le malouf ; elle a rappelé qu'une mélodie peut traverser les siècles, franchir les frontières et continuer, inlassablement, à réunir les hommes.
Mario Biondi: Une soirée d'exception, à Hammamet, au rythme de la soul
Les voyages sonores se poursuivent au Théâtre de Hammamet. Sous le slogan « Endless Memories », le Festival international de Hammamet a mis l'Italie à l'honneur, le 2 août, en accueillant Mario Biondi, figure incontournable du jazz, du blues et de la soul italienne.
Devant un public largement composé d'Italiens, le chanteur a immédiatement imposé sa présence scénique. Porté par sa voix grave et chaleureuse, il a ouvert le concert avec "No Show" et "Cielo Stellato", avant d'enchaîner avec "Lo So" et "Jeannine". Sur une scène généreusement aménagée, six musiciens multi-instrumentistes l'accompagnaient au piano, à la contrebasse, à la basse, aux guitares, à la flûte, aux percussions et aux trompettes, offrant une riche palette sonore.
Entre deux morceaux, Mario Biondi a multiplié les échanges avec le public, saluant ses admirateurs en italien et rendant hommage à ses musiciens. « Je suis très heureux d'être accompagné de ce pianiste, compositeur talentueux et également chanteur », a-t-il déclaré avant de lui laisser la scène pour interpréter "Flor de Lis", après "Shine On".
L'ambiance est montée d'un cran au fil du concert. Une parenthèse aux accents de samba, la reprise d'"Oh Maria" puis l'incontournable "This Is What You Are" ont fait vibrer un public qui reprenait les paroles en chœur. L'alternance entre les titres en italien et en anglais a donné au spectacle une dynamique particulièrement séduisante.
Portée par une mise en lumière soignée et une interprétation tout en élégance, la soirée s'est achevée avec une reprise raffinée de "Smooth Operator". Une conclusion à la hauteur d'un concert où la puissance vocale, la générosité scénique et le raffinement musical de Mario Biondi ont pleinement trouvé leur écho auprès du public.
En amical : L’EST tenue en échec par Al Hazm
En préparation à la nouvelle saison, les clubs de Ligue 1 poursuivent les matches tests avec une revue d'effectif utile à un peu plus de deux semaines du coup d’envoi de la saison.
Au Zouiten, l'Espérance de Tunis a fait match nul avec le club saoudien d'Al Hazm (2-2). Hamza Rafia a été l'auteur des buts Sang et Or.
De son côté. L'Espérance de Zarzis a battu le Stade Soussien par 2-0), alors que l'ES Hammam Sousse a fait match nul avec l'USM Alger (0-0).
J.B
« Or-Kes-Tra » de Hamza Bouchnak : Une conversation musicale sous les étoiles de Boukornine
Le Théâtre de plein air de Hammam-Lif a résonné, avant-hier soir, d’une vibration singulière, celle d’une musique où les instruments semblaient se parler, se répondre et tisser ensemble une histoire commune.
« Or-Kes-Tra » ainsi s'intitule la nouvelle création de Hamza Bouchnak. Une œuvre portée par la puissance du collectif, la diversité des sensibilités et la richesse des croisements artistiques.
Compositeur, producteur et musicien, Hamza Bouchnak appartient à cette génération d’artistes qui façonnent leur parcours avec constance, curiosité et exigence. Héritier d’un environnement familial profondément enraciné dans la culture musicale, il a construit au fil des années un univers singulier, nourri par la composition, l’expérimentation sonore et le désir permanent d’explorer de nouveaux horizons.
Dès les premières mesures, « Or-Kes-Tra » a installé une atmosphère particulière. La scène s’est transformée en un espace de dialogue où chaque instrument semblait porter une voix propre : la trompette, éclatante et aérienne, ouvrait des chemins mélodiques inattendus ; le violon déployait toute sa force émotionnelle ; la guitare, subtile et enveloppante, apportait ses nuances et ses couleurs. Derrière cette conversation musicale, la direction artistique de Hamza Bouchnak révélait une vision précise, capable d’unir virtuosité individuelle et souffle collectif.
Cette ouverture, à la fois généreuse et envoûtante, annonçait une soirée placée sous le signe de la création et du partage.
L'instrument roi...
Avec « Or-Kes-Tra », Hamza Bouchnak revisite l’esprit de « Ragouj » pour l’inscrire dans une démarche nouvelle, plus ouverte, où la rencontre humaine devient le cœur même du projet artistique. Chaque intervenant y apporte son identité, son énergie et sa sensibilité, tandis que le compositeur veille à l’équilibre de l’ensemble, notamment dans la construction instrumentale et l’unité musicale du spectacle.
Sur scène, Mahmoud Saïdi a marqué les esprits par une présence chaleureuse et une voix d’une profonde intensité. Issam Absy, quant à lui, a insufflé une énergie communicative à chacune de ses apparitions, contribuant à faire monter progressivement la scène en puissance. Entre les artistes s’est installée une complicité palpable, celle d’un groupe qui ne se contente pas d’interpréter une musique, mais qui semble véritablement la vivre.
Face à eux, le public de Boukornine a répondu avec enthousiasme. Dès les premières notes, les spectateurs ont été entraînés dans ce voyage sonore, oscillant entre émotion et exaltation, entre écoute attentive et élan spontané. Une alchimie rare s’est créée entre la scène et les gradins, transformant le spectacle en une célébration collective où la musique devenait un espace de rencontre.
Avec « Or-Kes-Tra », Hamza Bouchnak affirme une nouvelle fois son goût pour l’exploration et son engagement en faveur d’une musique en mouvement, capable de franchir les frontières entre les genres et les influences.
Rayan au Festival international de Carthage : Un concert, une cause, un espoir
Après 18 ans d’absence, le chanteur libanais Rayan a offert bien plus qu’un concert. Une soirée où chaque note s’est transformée en message d’espoir au profit des soins palliatifs.
La scène du Festival international de Carthage a accueilli, avant-hier, un rendez-vous exceptionnel avec le chanteur libanais Rayan. Un concert placé sous le signe de la générosité, puisque l’intégralité des recettes sera reversée à l’Association tunisienne pour la promotion des soins palliatifs. L’artiste, qui a choisi de se produire bénévolement, a voulu faire de ces retrouvailles avec le public tunisien un acte de solidarité.
Derrière cette initiative se trouve une histoire personnelle. Ayant lui-même traversé l’épreuve de la maladie et vaincu un cancer quelques années auparavant, Rayan a souhaité transformer son expérience en un engagement auprès de ceux qui continuent leur combat. Lors de la conférence de presse précédant le spectacle, il a expliqué être à l’origine de cette soirée caritative, portée par le désir de soutenir les patients et leurs familles. Un geste inédit pour l’association, qui reçoit pour la première fois un don d’une telle ampleur de la part d’un artiste depuis sa création il y a 25 ans. Dans la matinée précédant le concert, le chanteur s’est également rendu à l’Institut Salah Azaiez pour apporter son soutien aux malades.
Figure marquante de la scène arabe des années 2000, Rayan s’est imposé dès ses premiers titres par une voix à la fois douce, chaleureuse et expressive. Si sa présence médiatique s’est faite plus discrète ces dernières années, ses chansons continuent de vivre auprès d’un large public et cumulent des millions d’écoutes sur les plateformes numériques.
Un musique qui console
Accompagné par l’Orchestre national tunisien sous la direction du maestro Youssef Belhani, Rayan a ouvert la soirée avec une nouvelle chanson intitulée « Tounes », composée spécialement pour l’occasion. En dialecte libanais, ce titre a immédiatement installé une atmosphère de proximité et d’affection avec le public tunisien.
Après un bref discours de remerciement, l’artiste a plongé dans son univers romantique avec plusieurs titres emblématiques de son répertoire. De « Kanet rouhi » à « Ha’allimak », en passant par « Hala ghariba » et son grand succès « Ahla gharam », il a ravivé la mémoire musicale de toute une génération. Le public, devenu chœur à part entière, a repris avec ferveur les refrains les plus connus.
La soirée a également été marquée par des hommages à de grandes voix de la chanson arabe, notamment Georges Wassouf avec « Khsert kol enass alachanou », Abdelhalim Hafez avec « Gana el hawa » et Fairouz avec « Nassam alayna l hawa », interprétée avec les drapeaux tunisien et libanais en symbole d’amitié entre les deux pays. Rayan a aussi rendu hommage à la regrettée Dhekra en reprenant son titre intemporel « El Assami ».
En refermant la soirée avec « Tounes », Rayan a offert une conclusion à l’image de son engagement : chaleureuse, sincère et porteuse d’espoir. À Carthage, la musique n’a pas seulement diverti ; elle a rassemblé, consolé et rappelé sa force la plus précieuse : celle de créer du lien humain.
















