Industrie cinématographique en Tunisie : vers une nouvelle loi examinée par l’ARP
La commission du tourisme, de la culture, des services et de l’artisanat de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) se réunira le mercredi 24 juin 2026 pour poursuivre l’examen de la proposition de loi n° 2024-03 relative à l’industrie cinématographique.
Selon les données publiées sur le site officiel de l’ARP, cette séance de travail de la commission législative compétente sera consacrée à la finalisation de la discussion des différents articles du texte. Les députés examineront les remarques et suggestions y afférentes avant de rédiger et de soumettre leur rapport final aux structures compétentes de l’Assemblée.
Ce projet de loi s’inscrit dans le cadre du processus législatif de l’ARP. Il a pour objectif principal d’organiser, de structurer et de développer le secteur de l’industrie cinématographique en Tunisie.
Une exposition sur l’exil espagnol au Maghreb à la médina de Tunis
L’Institut Cervantes de Tunis, l’ambassade d’Espagne en Tunisie et la mairie de Tunis inaugurent, cet après-midi, à 18h30, à l’Espace culturel municipal Sainte-Croix de la Médina de Tunis, l’exposition itinérante « De l'exode et du vent. L'exil espagnol au Maghreb (1939-1962) ». L’exposition sera ouverte gratuitement au public jusqu’au 15 juillet 2026.
Placée sous la direction artistique du photographe espagnol Juan Valbuena Carabana et la direction scientifique de José M. Santacreu Soler, professeur à l’Université d’Alicante, cette exposition met en lumière un pan méconnu de l’histoire contemporaine : celui des milliers de réfugiés espagnols accueillis en Tunisie et dans d’autres pays du Maghreb à la suite de la guerre civile espagnole.
À travers plus de 80 pièces- photographies, documents d’archives, correspondances et objets personnels- réparties dans quatre salles, le parcours retrace les trajectoires individuelles et collectives de ces exilés entre 1939 et 1962. Cette dernière date marque la fin progressive de cette diaspora, dans le contexte des indépendances maghrébines.
L’exposition est construite autour de quatre émotions qui ont jalonné l’expérience de l’exil : la peur, l’indignation, l’espoir et la résignation. Elle redonne ainsi voix à des hommes et des femmes dont les histoires, longtemps restées dans l’ombre, témoignent des liens historiques et humains tissés entre les deux rives de la Méditerranée.
Les documents présentés proviennent d’archives familiales, d’institutions universitaires et de fonds documentaires d’Espagne, de Tunisie, d’Algérie et du Maroc, offrant un regard pluriel sur cette mémoire partagée.
Produite par Casa Árabe avec le soutien du ministère espagnol de la Politique territoriale et de la Mémoire démocratique, l’exposition est présentée à Tunis dans le cadre de la coopération culturelle hispano-tunisienne, en collaboration avec les Archives nationales de Tunisie.
À travers cette initiative, les organisateurs entendent non seulement préserver la mémoire de l’exil espagnol au Maghreb, mais aussi inviter le public à réfléchir aux questions universelles de l’exil, de l’accueil et de la transmission des mémoires.
"7ay Hlel Urbain Fest" : De l'art pour changer les regards et semer les espoirs
A partir de demain et jusqu'au 28 juin, le quartier populaire de Hay Hlel à Mellassine devient une scène à ciel ouvert et ce grâce à "7ay Hlel Urbain Fest", manifestation qui célèbre la culture comme vecteur de lien social et de transformation urbaine.
À quelques minutes seulement du centre-ville de Tunis, Hay Hlel est un quartier populaire de la périphérie longtemps associé à la marginalisation, à la surpopulation et à l'insécurité. Souvent réduit à cette image, il s'apprête pourtant à révéler un autre visage en accueillant artistes et créateurs dans le cadre de 7ay Hlel Urbain Fest, une initiative qui mise sur la culture pour changer les regards et redonner espoir aux habitants.
Ainsi, et pendant dix jours, les rues, les cafés, les écoles et les terrains de jeu accueilleront projections de films, spectacles de théâtre, concerts, performances de danse, expositions photographiques et activités sportives. Structuré autour de cinq sections, le festival entend faire de l'espace public un lieu de création, de rencontre et de partage.
Né d'une conviction simple: "la culture transforme les quartiers et les quartiers transforment la culture", le festival est porté par Cinématdour, le cinéma mobile et social, dans le cadre du projet "Fel7ouma" et avec le soutien de l'Ambassade des Pays-Bas. Il est surtout l'aboutissement de plusieurs mois de résidences artistiques et d'ateliers menés avec les enfants et les jeunes du quartier, qui deviennent aujourd'hui les véritables protagonistes de l'événement.
Au cœur du quartier
L'ouverture annoncée pour demain, le 19 juin, donnera le ton de cette édition inaugurale. Le camion de "CinémaTdour" parcourra le quartier accompagné d'une fanfare et de performances de cirque, transformant les rues de Hay Hlel en une grande fête populaire et créative.
Loin d'être un festival "clé en main", "7ay Hlel Urbain Fest" s'ancre dans la vie du quartier et valorise les talents locaux tout en invitant des artistes tunisiens à partager leur expérience, précisent les organisateurs. Les créations théâtrales issues des ateliers y occupent une place centrale, avec notamment les pièces "Poids plume" de Ghazi Zaghbani, et "Twerikh Tounes" de Hatem Karoui, auxquelles s'ajoutent les créations des enfants et les restitutions des résidences de danse. Selon les chiffres avancés, la manifestation comprend 57 rendez-vous dans 17 espaces du quartier allant des écoles, aux cafés et même aux salons de coiffures et des garages de mécanique.
Parmi les artistes invités figure également le comédien et réalisateur Mohamed Grayaa qui animera à l'occasion une résidence théâtrale et dirige un doublage en direct du film d'animation "Ma vie de Courgette" avec un groupe d'écoliers, offrant aux plus jeunes une immersion originale dans le monde du spectacle vivant et du cinéma.
La musique sera elle aussi au rendez-vous, avec des concerts et performances qui mêlent les esthétiques et les générations. Le public pourra notamment découvrir "Erkez Hip-Hop", projet qui fait dialoguer rap et mezoued, ainsi que les prestations live du DJ High Kill, dans une ambiance résolument urbaine et festive.
Le festival réserve également une place importante à l'image. Une exposition photographique réunira douze photographes autour d'un regard pluriel sur le quartier, tandis qu'une exposition participative, intitulée « 7ay Hlel par ses enfants », donnera à voir le territoire à travers les yeux de ses plus jeunes habitants.
Le cinéma, discipline fondatrice de Cinématdour, demeure au cœur du projet. Le cinéaste animalier et conteur environnemental Rabii Ben Brahim, alias "The Dreamer", proposera une immersion dans la biodiversité tunisienne à travers son film "Wildlife Wonders". Connu pour ses projets de sensibilisation à l'environnement, il invitera également le public à découvrir la richesse de la faune et de la flore de Sebkhet Sijoumi, l'un des principaux sites naturels de la région.
Le festival s'achèvera sous les étoiles avec la projection d'un film réalisé par les enfants du quartier eux-mêmes, symbole d'une démarche qui place les habitants au centre du processus créatif.
Des tournois de football et de basket-ball, des sessions de running, une journée santé et un espace interactif comprenant notamment un stand de réalité virtuelle sont sur le catalogue de cette 1ère édition de "7ay Hlel Urbain Fest" qui se présente comme un laboratoire artistique et social.
Loin d'être un simple décor, Hay Hlel s'affirme comme le véritable héros de cette aventure collective, où la culture devient un langage commun, une source de fierté et une promesse d'avenir, surtout pour les enfants et les jeunes du quartier.
Imen.A.
La Cité des sciences accueillera ce samedi la finale des « Voix Urbaines Francophones »
La finale du concours musical « Voix Urbaines Francophones » se déroulera ce samedi 20 juin à la Cité des Sciences de Tunis, a annoncé l’Organisation internationale de la Francophonie.
L’accès à l’événement, prévu à 16h30, est gratuit mais soumis à une réservation obligatoire en ligne, indique un communiqué de l’organisation francophone.
L’événement est le fruit d’un partenariat entre la Représentation de l’OIF pour l’Afrique du Nord (REPAN) et l’association Tunisia88, composée d’un réseau de clubs de musique lycéens à travers le pays.
Ce concert final marque la conclusion de plusieurs semaines de formation, de création et de collaboration artistique pour les jeunes participants.
Selon l’OIF, les artistes sélectionnés se produiront sur scène pour présenter leurs œuvres devant le grand public, « autour des valeurs de la Francophonie ».
La météo de ce jeudi 18 juin : De la chaleur et quelques orages
Le temps sera peu nuageux puis partiellement couvert sur l’ensemble du pays. Des cellules orageuses accompagnées de quelques pluies pourraient se former dans l’après-midi sur les hauteurs de l’ouest du Nord et du Centre.
Les températures maximales varieront entre 30 et 34°C sur les côtes est et les régions montagneuses, entre 35 et 40°C dans le reste du pays, et atteindront localement 42°C dans l’extrême sud avec l’apparition du sirocco.
Quant au vent, il soufflera du secteur est, relativement fort à localement fort près des côtes nord et dans le sud. La mer sera agitée à localement très agitée au nord, et peu agitée à houleuse sur le reste des côtes.
Inauguration des centres ELIFE Sidi Bouzid et ELIFE Tozeur : De nouvelles opportunités de formation et d’emploi pour les jeunes
L’événement était double, ayant eu lieu successivement à Sidi Bouzid puis le lendemain à Tozeur. Il s’agit de l’inauguration de deux importants centres ELIFE destinés à la formation et à l’intégration des jeunes dans le marché de l’emploi et de l’entreprenariat.
C’est en présence de l’Ambassadrice de France, Anne Guéguen, et son homologue allemande, Elisabeth Wolbers , que l’inauguration officielle de ces deux nouveaux centres technologiques, de formation et de culture ont eu lieu, le 16 juin à Sidi Bouzid et le 17 à Tozeur.
Les centres ELIFE bénéficient de co-financement allemand (KFW et GIZ), français (AFD) et européen et émirati en partenariat avec La Fondation Tunisie pour le Développement.
Ces deux nouveaux centres viennent renforcer le réseau des centres ELIFE, qui compte désormais six centres opérationnels après l’ouverture des centres de Siliana, Béja, Le Kef et Djerba. Ils permettront d’élargir l’empreinte du programme dans les régions du Centre et du Sud-Ouest tunisien et de renforcer l’action de la Fondation Tunisie pour le Développement en faveur de l’inclusion économique et sociale des jeunes.
À travers les formations qualifiantes, la professionnalisation des jeunes, leur insertion dans les entreprises des secteurs du numérique et de l’industrie ainsi que l’incubation de startups, le réseau des centres ELIFE contribue à créer des milliers d’emplois dans les différentes régions de la Tunisie tout en favorisant un développement régional inclusif et durable.
Il y a lieu de rappeler que chaque centre ELIFE est conçu pour être un écosystème d’innovation complet capable d’accueillir jusqu’à 1 000 apprenants par an. Les jeunes y bénéficient de :
*Formations certifiantes et qualifiantes adaptées aux exigences réelles des entreprises du numérique.
*Espaces de coworking collaboratifs et dispositifs d’incubation pour les startups locales.
*FabLabs équipés de matériel numérique de pointe.
*Espaces culturels et scientifiques pour stimuler la créativité et l’échange.
K.Z.
Equipe de Tunisie - Hervé Renard: "Il faut se relever"
Arrivé en urgence pour suppléer Sabri Lamouchi et aider les Aigles de Carthage à se reprendre après la défaite cuisante essuyée contre la Suède, le Français Hervé Renard, au vécu impressionnant, a vite fait de rencontrer les joueurs avant d'honorer un court point de presse pour commenter cette arrivée.
Il a tenu d'abord à noter qu'il n'a pas hésité à répondre favorablement à l'appel des autorités tunisiennes avant d'affirmer qu'il a trouvé des joueurs abattus qu'il a invités à relever la tête car rien n'est encore perdu malgré la difficulté de la mission, contre le Japon d'abord puis face à la Hollande. Il n'a pas manqué aussi d'avoir une pensée pour Sabri Lamouchi, car lui aussi il a connu par le passé pareille situation et ce n'est jamais agréable, rappelant que c'est la loi du football : « En cas d'échec, on ne peut écarter tout un effectif. C'est toujours le coach qui paie les pots cassés. Le temps n'est plus aux regrets. Il faut se remettre vite au travail et espérer une belle réaction ».
Jamel BELHASSEN
Festival du film arabe de Rotterdam : Triple consécrations pour le cinéma tunisien
Trois récompenses, dont un Faucon d’argent et un prix d’interprétation masculine, ont consacré le cinéma tunisien lors de la 26ème édition du Festival du film arabe de Rotterdam, tenue du 10 au 14 juin 2026 aux Pays-Bas.
Le cinéma tunisien a signé une belle moisson au Festival du film arabe de Rotterdam (RAFF), dont la cérémonie de clôture s’est déroulée dimanche aux Pays-Bas. Trois distinctions sont venues récompenser des œuvres et des talents tunisiens, confirmant le dynamisme de la production nationale sur la scène arabe et internationale.
Selon le palmarès officiel publié lundi, le documentaire « Tunis-Berlin » de la réalisatrice Nidhal Guiga a remporté le Faucon d’argent dans la catégorie documentaire, ex æquo avec la coproduction franco-égyptienne « Life After Siham » de Namir Abdel-Messeeh. Le Faucon d’or est revenu au film palestinien « One More Show » d’Ahmed Al Danaf et Mai Saad.
Dans la compétition des longs-métrages de fiction, « Exil » de Mehdi Hmili a obtenu le Faucon de bronze (Prix spécial du jury), partagé avec la coproduction irako-qatarie « Le Rêve de Gilgamesh : Irkalla » du réalisateur irakien Mohamed Al-Daradji.
Autre distinction tunisienne, le jeune comédien Hédi Ben Jabouria a été sacré meilleur acteur pour son interprétation dans « Le 13e Round » de Mohamed Ali Nahdi. Il partage cette récompense avec les acteurs irakiens Youssef Hisham Al-Dhahabi et Hussein Raad Zweir, également récompensés pour leurs rôles dans « Le Rêve de Gilgamesh : Irkalla ».
La compétition des courts-métrages a, quant à elle, couronné le film suédo-palestinien « I’m Glad You Are Dead Now » de Tawfik Barhoum. Le court-métrage tunisien « First the Blush, Then the Habit » de Mariem Al Ferjani a reçu une mention spéciale, aux côtés du film américain « Fahad the Furious » de Justin Kramer.
Cette édition a également été marquée par la présence de l’acteur et réalisateur tunisien Dhafer L’Abidine, invité d’honneur du festival. Il y a présenté son nouveau film « Sofia » et a reçu, au nom de l’équipe soudanaise absente, le Faucon d’or attribué à « The Cotton Queen » de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani.
Ce long-métrage, consacré aux enjeux de la culture du coton et aux traditions soudanaises, bénéficie de la musique du compositeur tunisien Amine Bouhafa. Il avait été présenté en compétition officielle lors des Journées Cinématographiques de Carthage en décembre 2025.
L’écrivain irakien Abdul Hussein Al-Darwish invité de la Maison du Roman
La Maison du Roman organise, dans le cadre de son cycle littéraire « Raiî ennoujoum », une rencontre-débat consacrée à l’expérience de l’écrivain et universitaire irakien Abdul Hussein Al-Darwish, a annoncé l’institution dans un communiqué.
La rencontre se déroulera cet après-midi à partir de 15h00 au sein de l’espace « Raiî ennoujoum » à la Maison du Roman, située à la Cité de la Culture à Tunis.
Cette séance de présentation et d’échange sera introduite et animée par l’écrivain et critique tunisien Boubaker Lamouri. L’événement bénéficie du patronage du ministère des Affaires culturelles, en partenariat avec l’Institut de traduction de Tunis (ITT).
Abdul Hussein Al-Darwish (Al-Abbadi) est un nouvelliste, romancier, journaliste et chercheur universitaire irakien. Titulaire d’un doctorat en histoire moderne et contemporaine, il a exercé comme rédacteur au sein de l’Iraqi News Agency (INA) et comme conseiller média pour le projet « Bagdad, ville créative de littérature » de l’Unesco. Enseignant en journalisme et en éthique des médias, il est membre de l’Union des écrivains et littérateurs irakiens.
Sur le plan littéraire, il est l’auteur de plusieurs recueils de nouvelles, dont « Le Pain Amer » (Al Khobz Almor), « Marathon » et « Sayyidat Adhaym », ainsi que d’ouvrages académiques de référence portant sur l’histoire de la presse irakienne.
Les islamophobies en débat à la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis (FSJPST)
L’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC) a annoncé mercredi la tenue d’un colloque intellectuel international intitulé « Islamophobie(s). Perspectives maghrébines », qui réunira d’éminents penseurs, philosophes et sociologues et ce à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 20 juin 2026 à la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis (FSJPST).
Cet événement académique d’envergure est co-organisé par l’IRMC (Tunis) et la FSJPST, en partenariat avec le Center for the Middle East and North Africa (CMENA) et la Chaire de recherche transatlantique France-Québec sur la liberté d’expression (Colibex). La coordination générale de cette rencontre est assurée par Adrien Thibault, chercheur en sciences politiques et sociologie à l’IRMC.
Le colloque associe un important réseau de laboratoires de recherche et d’institutions scientifiques français. Parmi les principaux partenaires figurent le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), l’Institut de recherches et d’études sur les mondes arabes et musulmans (IREMAM), le laboratoire Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe (SAGE) de l’Université de Strasbourg, ainsi que le Centre d’études et de recherches Moyen-Orient Méditerranée (CERMOM) de l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO). Le monde de la recherche française à l’étranger et la coopération internationale sont également représentés par le Centre Jacques Berque (Maroc), la Casa de Velázquez (Espagne) et le Centre français de recherche en sciences sociales (CEFRES, République tchèque).
Le programme scientifique, qui se déploiera dans la salle Dali Jazi de la faculté, s’est ouvert aujourd'hui, le mercredi 17 juin par une table ronde introductive posant la question du concept au Maghreb, suivie d’une intervention du philosophe et anthropologue tunisien Youssef Seddik. Le jeudi 18 juin débutera par une conférence inaugurale du sociologue Abdellali Hajjat sur les origines historiques de la racialisation des musulmans, avant de laisser place à plusieurs panels dédiés à l’histoire pré-coloniale et coloniale des représentations.
Les journées du vendredi 19 et du samedi 20 juin aborderont des thématiques croisées entre l’Afrique du Nord et l’Europe, notamment la circulation des politiques sécuritaires, le rapport au blasphème, les dynamiques de retour au Maghreb face à l’islamophobie ainsi que les réactions maghrébines aux débats européens sur l’Islam. Les réflexions conclusives du colloque seront présentées par la sociologue Hanane Karimi.
Ce rendez-vous bénéficie du soutien logistique et financier de la Fondation Albertine et de la Villa Albertine, dans le cadre de leur programme de partenariat pour la recherche transatlantique.
Tabarka Jazz Festival: Des légendes à l'affiche
Par Imen Abderrahmani
Tabarka retrouve ses plus belles vibrations du 3 au 9 juillet 2026 avec le "Tabarka Jazz Festival". Une 20ᵉ édition où se côtoient jazz, soul, afrobeat, raï et musiques du monde. Vivement le retour!
Le compte à rebours est lancé. Après six années de silence, le Tabarka Jazz Festival retrouve enfin son public et dévoile le programme de cette nouvelle édition qui se tiendra au mythique Théâtre de la Mer. Sept soirées d’exception rythmeront cette renaissance très attendue, avec une affiche internationale réunissant des artistes de renom venus d’Amérique, d’Europe, du Moyen-Orient et du Maghreb.
Fidèle à son identité, le festival se situe au croisement du jazz, de la soul, du rock, de la pop et des musiques du monde, faisant dialoguer les traditions musicales et les créations contemporaines dans un cadre naturel unique, face à la Méditerranée.
Le bal s’ouvrira le 3 juillet avec le pianiste cubain Alfredo Rodriguez, virtuose du jazz contemporain nommé aux Grammy Awards. Sa musique, nourrie de rythmes afro-cubains et d’influences classiques, promet une soirée d’ouverture éclatante.
Le lendemain, la scène accueillera Liz McComb, figure incontournable du gospel et du jazz américain. Treize ans après son dernier concert à Tabarka, la chanteuse retrouvera le public tunisien pour un moment placé sous le signe de l’émotion et du partage.
Des racines et des ailes
Le 5 juillet, place aux métissages avec une nouvelle création placée sous le titre de "Osool" (Origines), réunissant Yacine Boularès et Sofiane Saidi. La rencontre entre le saxophoniste tunisien de renommée internationale et l'auteur-compositeur-interprète algérien, surnommé par les médias le « Prince du raï 2.0 », promet une création vibrante, entre jazz, sonorités électroniques et musiques nord-africaines.
Le pianiste et compositeur libano-américain Tarek Yamani prendra le relais le 6 juillet avec un univers musical original, où le jazz afro-américain dialogue avec la musique arabe classique et les rythmes du Golfe. L'artiste est internationalement reconnu pour son exploration novatrice des ponts musicaux entre le jazz afro-américain et la musique arabe classique (tarab, mouachahats) ainsi que les rythmes traditionnels de la péninsule arabique (khaliji).
La légendaire Dee Dee Bridgewater présentera, le 7 juillet, « We Exist! », son nouveau projet porté par un quartet féminin intergénérationnel. Une création engagée et festive qui célèbre le pouvoir de la musique et la place des femmes dans le jazz. Il est à rappeler que Dee Dee Bridgewater a été en 2017 sur la basilique de Tabarka, toujours dans le cadre de Tabarka Jazz Festival.
Le public découvrira ensuite, le 8 juillet, KOKOROKO, l’un des groupes les plus en vue de la scène londonienne. Mené par la trompettiste Sheila Maurice-Grey, le collectif britannique mêle jazz, afrobeat, highlife et soul dans une énergie irrésistible.
Enfin, le festival s’achèvera en beauté le 9 juillet avec une soirée réunissant deux artistes américaines aux univers singuliers : Veronica Swift, étoile montante du jazz et du bebop, et AkuaNaru, rappeuse, poétesse et productrice dont l’œuvre conjugue engagement et élégance musicale. Ainsi et afin de garantir la réussite artistique de l'édition, le Théâtre de l'Opéra de Tunis vient de lancer un appel à candidatures pour accordeur du piano qui sera, tout au long du festival, chargé d'accorder quotidiennement deux pianos.
Cette édition anniversaire accordera également une place particulière à la jeune scène tunisienne grâce au tremplin Jazz’it, dédié aux nouveaux talents et aux tendances émergentes du jazz.
À Tabarka, le jazz retrouve son écrin et l’été son plus beau prélude. Entre découvertes, retrouvailles et émotions partagées, cette 20ème édition s’annonce comme une grande fête musicale ouverte sur le monde, où chaque soir promet son lot de surprises et de magie.
Imen. A.
Décès de l'artiste Kamel Raouf Nagati
La scène musicale tunisienne est en deuil. L’artiste Kamel Raouf Nagati s’est éteint, hier,le lundi 15 juin 2026, laissant derrière lui une carrière riche et un héritage musical qui a marqué plusieurs générations. Dans un communiqué, le ministère des Affaires culturelles a salué la mémoire d’un créateur passionné qui a consacré sa vie à la musique et contribué au rayonnement de la chanson tunisienne en Tunisie comme à l’étranger.
Né à Tunis au sein d’une famille originaire de Kairouan, Kamel Raouf Nagati découvre très tôt sa passion pour la musique. Durant sa jeunesse, il se fait remarquer par ses interprétations de chansons égyptiennes, qui lui valent le surnom affectueux de « Hamidou ». Une passion qu’il nourrit avec persévérance, parallèlement à sa carrière professionnelle dans diverses institutions et entreprises publiques et privées.
Le tournant décisif de son parcours intervient lorsqu’il participe à un spectacle organisé par l’Association des anciens du Collège Sadiki. Sa prestation, diffusée en direct sur les ondes de la Radio tunisienne, lui vaut un prix qui lui ouvre les portes de la Radio nationale. Il y enregistre alors sa première chanson, "Fi Ghaba Jmila Talakina", point de départ d’une aventure artistique qui s’étendra sur plusieurs décennies.
Artiste éclectique, Kamel Raouf Nagati s’illustre aussi bien dans la chanson tunisienne que dans l’interprétation de titres en langues étrangères. Il connaît notamment un grand succès avec la chanson française "Yasmina" et avec "Guantanamera", interprétée en espagnol, qui rencontre un large écho auprès de la jeunesse tunisienne des années 1970.
Au fil des années, il bâtit un répertoire d’environ une centaine de chansons, dont une grande partie est écrite et composée par ses soins. Il collabore également avec plusieurs poètes et compositeurs de renom, enrichissant le patrimoine musical tunisien. Une part importante de son œuvre est aujourd’hui conservée dans les archives de la Radio tunisienne, témoignant de la richesse de son parcours.
Kamel Raouf Nagati figure aussi parmi les pionniers de la télévision tunisienne. En 1966, il participe à la première émission de variétés diffusée à l’occasion du lancement de la télévision nationale, une apparition qui contribue à asseoir sa popularité auprès du grand public.
Sa carrière dépasse rapidement les frontières du pays. Il se produit sur de nombreuses scènes internationales aux côtés d’artistes arabes et étrangers, donnant des spectacles au Liban, en Égypte, au Maroc, en Libye, à Paris où il a résidé durant une période de sa vie ainsi qu’aux États-Unis.
Avec la disparition de Kamel Raouf Nagati, la Tunisie perd l’une des voix qui ont contribué à enrichir son paysage musical et à faire connaître la chanson tunisienne au-delà de ses frontières. Le ministère des Affaires culturelles a adressé ses sincères condoléances à la famille du défunt, à ses proches ainsi qu’à l’ensemble de la famille artistique tunisienne.
Dernière trouvaille de la FTF : Hervé Renard engagé d’urgence pour remplacer Sabri Lamouchi !
La tension continue de monter dans le camp tunisien au Mexique après la lourde défaite face à la Suède et tout ce qui a suivi le lendemain. A Tunis, le bureau fédéral s’est réuni d’urgence pour officialiser le limogeage de Sabri Lamouchi au moment où le nom d’Hervé Renard commence à circuler pour occuper le poste de sélectionneur des Aigles de Carthage…
La Tunisie pourrait déjà tourner la page Sabri Lamouchi après sa lourde défaite contre la Suède, et un nom revient avec insistance pour reprendre la sélection en pleine Coupe du Monde 2026, celui d’Hervé Renard. Une trouvaille qui peut détourner le regard de ceux qui critiquent les responsables de la FTF.
L’humiliante défaite face à la Suède a causé beaucoup de dégâts et a ouvert la porte à une crise sportive et institutionnelle qui s’est, depuis, accélérée. Ce revers historique a profondément fragilisé le sélectionneur Sabri Lamouchi, arrivé en début d’année avec de grandes ambitions mais rapidement rattrapé par des résultats décevants et une équipe en perte de repères. Dans les heures qui ont suivi le match, la fédération tunisienne s’est retrouvée au centre de toutes les tensions, avec des critiques internes, une pression populaire et des rumeurs de décision immédiate concernant l’avenir du staff technique. La situation a pris des allures de crise ouverte, avec des informations contradictoires sur un éventuel licenciement du sélectionneur et une atmosphère de confusion générale autour de la direction des Aigles de Carthage puisque Lamouchi n’a pas digéré ce limogeage et tient à rester en place ou à percevoir tous ses émoluments comme l’exige son contrat.
Curieusement, aucun communiqué officiel n’a été publié par la FTF. Sabri Lamouchi a continué à encadrer les séances d’entraînement, tentant de maintenir une forme de normalité sportive malgré la tempête médiatique. Cette contradiction entre les annonces et la réalité sur le terrain a alimenté encore davantage les spéculations. En parallèle, des divisions internes au sein de la fédération ont été évoquées, certains dirigeants réclamant un changement immédiat menaçant même de démissionner, tandis que d’autres appelaient à la stabilité avant le prochain match face au Japon, à l’heure où la moindre décision pourrait avoir un impact majeur sur la suite du tournoi.
Une trouvaille nommée Hervé Renard !
Et c’est ainsi qu’une nouvelle piste a émergé ce lundi soir pour tenter de relancer une sélection en crise. Après les noms de Mondher Kebaier évoqué en interne et de Wahbi Khazri cité pour une solution intérimaire, la piste Hervé Renard prend désormais de l’ampleur selon plusieurs informations relayées par M6. L’ancien sélectionneur du Maroc, double vainqueur de la CAN et artisan de l’exploit de l’Arabie saoudite contre l’Argentine lors du Mondial 2022, serait aujourd’hui l’un des principaux profils étudiés par la fédération tunisienne pour reprendre les commandes de l’équipe nationale. Son expérience internationale et sa connaissance du football africain en feraient un candidat particulièrement crédible pour tenter de stabiliser une sélection en plein doute. Toujours selon M6, une arrivée d’Hervé Renard pourrait même intervenir en pleine compétition mondiale, ce qui illustrerait l’urgence de la situation et l’ampleur de la crise traversée par les Aigles de Carthage.
A quoi va-t-on assister dans les heures qui suivent ? Avec un tel bureau fédéral, tout peut arriver, tellement la tergiversation et la légèreté constituent la base de tout ce qui se décide, sans parler des divisions internes et de ceux qui décident de tout au nez du président de la Fédération !
Au moment où l’équipe a besoin de sérénité pour tenter de mieux se préparer pour le prochain match contre le Japon, la FTF, qui a encensé Lamouchi au moment de l’engager, tente à présent de s’en débarrasser pour faire de lui le seul bouc émissaire en cas de naufrage au Mondial.
Ce qui est surprenant encore, c’est que le pays qui ne dispose que d’un seul stade apte à accueillir des matches internationaux officiels (Radès), peut se targuer d’avoir, au même moment, trois sélectionneurs potentiels (Lamouchi, Renard et Kebaier). Qui dit mieux !
Kamel ZAIEM
Groupe H : Le Cap-Vert arrache un nul historique face à l’Espagne
Pour sa toute première participation à une Coupe du monde, le Cap-Vert a marqué l’histoire en tenant en échec l’Espagne (0-0), lundi, lors de la première journée du groupe H. Les Requins Bleus décrochent ainsi un point précieux et signent le premier match nul sans but de cette édition 2026.
Au coup de sifflet final de l’arbitre jordanien Adham Makhadmeh, les joueurs et le staff technique du Cap-Vert ont laissé éclater leur joie. Ce point représente le premier de l’histoire du pays dans une phase finale de Coupe du monde et constitue un début idéal pour une sélection qui dispute pour la première fois le tournoi mondial.
Face à une Espagne championne du monde en 2010 et annoncée parmi les favoris du groupe, les Capverdiens ont fait preuve d’une grande discipline défensive. Les Espagnols ont dominé une grande partie de la rencontre mais n’ont jamais réussi à trouver la faille.
L’un des grands artisans de cette performance se nomme Vozinha. Le gardien capverdien de 40 ans a multiplié les interventions décisives et repoussé toutes les tentatives espagnoles durant les 90 minutes de jeu, préservant ainsi un résultat qui restera gravé dans l’histoire du football capverdien.
Groupe G : Séduisante, l'Egypte tient tête à la Belgique (1-1)
Longtemps devant au score grâce à Emam Ashour, l’Égypte a laissé échapper la victoire, soit la 1ere au Mondial, après un but contre son camp de Mohamed Hany, permettant à la Belgique d’arracher le match nul (1-1). Les Pharaons pourront nourrir des regrets après avoir manqué plusieurs occasions franches de faire le break.
Les Pharaons ont livré une prestation solide et se sont même montrés plus dangereux que leurs adversaires pendant de longues périodes, mais n’ont pas su convertir leurs nombreuses occasions.
















