La scène musicale tunisienne est en deuil. L’artiste Kamel Raouf Nagati s’est éteint, hier,le lundi 15 juin 2026, laissant derrière lui une carrière riche et un héritage musical qui a marqué plusieurs générations. Dans un communiqué, le ministère des Affaires culturelles a salué la mémoire d’un créateur passionné qui a consacré sa vie à la musique et contribué au rayonnement de la chanson tunisienne en Tunisie comme à l’étranger.
Né à Tunis au sein d’une famille originaire de Kairouan, Kamel Raouf Nagati découvre très tôt sa passion pour la musique. Durant sa jeunesse, il se fait remarquer par ses interprétations de chansons égyptiennes, qui lui valent le surnom affectueux de « Hamidou ». Une passion qu’il nourrit avec persévérance, parallèlement à sa carrière professionnelle dans diverses institutions et entreprises publiques et privées.
Le tournant décisif de son parcours intervient lorsqu’il participe à un spectacle organisé par l’Association des anciens du Collège Sadiki. Sa prestation, diffusée en direct sur les ondes de la Radio tunisienne, lui vaut un prix qui lui ouvre les portes de la Radio nationale. Il y enregistre alors sa première chanson, "Fi Ghaba Jmila Talakina", point de départ d’une aventure artistique qui s’étendra sur plusieurs décennies.
Artiste éclectique, Kamel Raouf Nagati s’illustre aussi bien dans la chanson tunisienne que dans l’interprétation de titres en langues étrangères. Il connaît notamment un grand succès avec la chanson française "Yasmina" et avec "Guantanamera", interprétée en espagnol, qui rencontre un large écho auprès de la jeunesse tunisienne des années 1970.
Au fil des années, il bâtit un répertoire d’environ une centaine de chansons, dont une grande partie est écrite et composée par ses soins. Il collabore également avec plusieurs poètes et compositeurs de renom, enrichissant le patrimoine musical tunisien. Une part importante de son œuvre est aujourd’hui conservée dans les archives de la Radio tunisienne, témoignant de la richesse de son parcours.
Kamel Raouf Nagati figure aussi parmi les pionniers de la télévision tunisienne. En 1966, il participe à la première émission de variétés diffusée à l’occasion du lancement de la télévision nationale, une apparition qui contribue à asseoir sa popularité auprès du grand public.
Sa carrière dépasse rapidement les frontières du pays. Il se produit sur de nombreuses scènes internationales aux côtés d’artistes arabes et étrangers, donnant des spectacles au Liban, en Égypte, au Maroc, en Libye, à Paris où il a résidé durant une période de sa vie ainsi qu’aux États-Unis.
Avec la disparition de Kamel Raouf Nagati, la Tunisie perd l’une des voix qui ont contribué à enrichir son paysage musical et à faire connaître la chanson tunisienne au-delà de ses frontières. Le ministère des Affaires culturelles a adressé ses sincères condoléances à la famille du défunt, à ses proches ainsi qu’à l’ensemble de la famille artistique tunisienne.

