A Boukornine: "Le chemin du malouf" restitue la mémoire
Trois artistes, trois pays, un même héritage : le Festival international de Boukornine a offert une traversée musicale où la Tunisie, l'Algérie et la Libye ont célébré, ensemble, l'âme du malouf.
Sous les étoiles du Théâtre de plein air de Hammam-Lif, "Le Chemin du Malouf" a réuni le Tunisien Sofiane Zaïdi, l'Algérien Abbès Righi et le Libyen Radhouane Chabek autour d'un patrimoine qui défie le temps. Plus qu'un concert, le spectacle a dessiné une géographie sensible du Maghreb, où les frontières s'effacent au profit d'une mémoire musicale commune.
Le voyage s'est ouvert avec l'école tunisienne. Sofiane Zaïdi, artiste et chercheur passionné par le patrimoine musical, a déroulé les nuances du malouf tunisien à travers une sélection de noubas et de pièces emblématiques. Sa voix, précise et habitée, a redonné souffle à un répertoire où chaque note semble porter l'écho d'un autre siècle.
Le relais est ensuite revenu à Abbès Righi, ambassadeur du malouf constantinois. Son interprétation, tout en maîtrise et en intensité, a révélé la richesse des modes algériens et la finesse de leurs architectures mélodiques. Entre puissance vocale et délicatesse des ornementations, le chant s'est imposé comme un art de la transmission.
Avec Radhouane Chabek, la soirée a pris une dimension plus contemplative. Porté par les accents soufis du malouf libyen, son chant a installé une atmosphère de recueillement, où la douceur des mélodies dialoguait avec une profonde spiritualité.
Au fil des tableaux, les différences de styles n'ont jamais rompu le fil invisible qui relie ces trois traditions. Elles en ont, au contraire, révélé la complémentarité. D'une rive à l'autre du Maghreb, le malouf s'est dévoilé dans toute sa diversité, sans jamais renier ses racines andalouses.
À travers ce projet, Sofiane Zaïdi poursuit un travail de sauvegarde et de transmission d'un patrimoine vivant. "Le Chemin du Malouf" rappelle que cette musique n'appartient pas seulement aux archives : elle continue d'émouvoir, de rassembler et de dialoguer avec son époque.
En inscrivant cette création à sa programmation, le Festival international de Boukornine réaffirme son engagement en faveur du patrimoine et des œuvres qui le réinventent avec fidélité. Cette soirée n'a pas seulement célébré le malouf ; elle a rappelé qu'une mélodie peut traverser les siècles, franchir les frontières et continuer, inlassablement, à réunir les hommes.
Mario Biondi: Une soirée d'exception, à Hammamet, au rythme de la soul
Les voyages sonores se poursuivent au Théâtre de Hammamet. Sous le slogan « Endless Memories », le Festival international de Hammamet a mis l'Italie à l'honneur, le 2 août, en accueillant Mario Biondi, figure incontournable du jazz, du blues et de la soul italienne.
Devant un public largement composé d'Italiens, le chanteur a immédiatement imposé sa présence scénique. Porté par sa voix grave et chaleureuse, il a ouvert le concert avec "No Show" et "Cielo Stellato", avant d'enchaîner avec "Lo So" et "Jeannine". Sur une scène généreusement aménagée, six musiciens multi-instrumentistes l'accompagnaient au piano, à la contrebasse, à la basse, aux guitares, à la flûte, aux percussions et aux trompettes, offrant une riche palette sonore.
Entre deux morceaux, Mario Biondi a multiplié les échanges avec le public, saluant ses admirateurs en italien et rendant hommage à ses musiciens. « Je suis très heureux d'être accompagné de ce pianiste, compositeur talentueux et également chanteur », a-t-il déclaré avant de lui laisser la scène pour interpréter "Flor de Lis", après "Shine On".
L'ambiance est montée d'un cran au fil du concert. Une parenthèse aux accents de samba, la reprise d'"Oh Maria" puis l'incontournable "This Is What You Are" ont fait vibrer un public qui reprenait les paroles en chœur. L'alternance entre les titres en italien et en anglais a donné au spectacle une dynamique particulièrement séduisante.
Portée par une mise en lumière soignée et une interprétation tout en élégance, la soirée s'est achevée avec une reprise raffinée de "Smooth Operator". Une conclusion à la hauteur d'un concert où la puissance vocale, la générosité scénique et le raffinement musical de Mario Biondi ont pleinement trouvé leur écho auprès du public.
En amical : L’EST tenue en échec par Al Hazm
En préparation à la nouvelle saison, les clubs de Ligue 1 poursuivent les matches tests avec une revue d'effectif utile à un peu plus de deux semaines du coup d’envoi de la saison.
Au Zouiten, l'Espérance de Tunis a fait match nul avec le club saoudien d'Al Hazm (2-2). Hamza Rafia a été l'auteur des buts Sang et Or.
De son côté. L'Espérance de Zarzis a battu le Stade Soussien par 2-0), alors que l'ES Hammam Sousse a fait match nul avec l'USM Alger (0-0).
J.B
« Or-Kes-Tra » de Hamza Bouchnak : Une conversation musicale sous les étoiles de Boukornine
Le Théâtre de plein air de Hammam-Lif a résonné, avant-hier soir, d’une vibration singulière, celle d’une musique où les instruments semblaient se parler, se répondre et tisser ensemble une histoire commune.
« Or-Kes-Tra » ainsi s'intitule la nouvelle création de Hamza Bouchnak. Une œuvre portée par la puissance du collectif, la diversité des sensibilités et la richesse des croisements artistiques.
Compositeur, producteur et musicien, Hamza Bouchnak appartient à cette génération d’artistes qui façonnent leur parcours avec constance, curiosité et exigence. Héritier d’un environnement familial profondément enraciné dans la culture musicale, il a construit au fil des années un univers singulier, nourri par la composition, l’expérimentation sonore et le désir permanent d’explorer de nouveaux horizons.
Dès les premières mesures, « Or-Kes-Tra » a installé une atmosphère particulière. La scène s’est transformée en un espace de dialogue où chaque instrument semblait porter une voix propre : la trompette, éclatante et aérienne, ouvrait des chemins mélodiques inattendus ; le violon déployait toute sa force émotionnelle ; la guitare, subtile et enveloppante, apportait ses nuances et ses couleurs. Derrière cette conversation musicale, la direction artistique de Hamza Bouchnak révélait une vision précise, capable d’unir virtuosité individuelle et souffle collectif.
Cette ouverture, à la fois généreuse et envoûtante, annonçait une soirée placée sous le signe de la création et du partage.
L'instrument roi...
Avec « Or-Kes-Tra », Hamza Bouchnak revisite l’esprit de « Ragouj » pour l’inscrire dans une démarche nouvelle, plus ouverte, où la rencontre humaine devient le cœur même du projet artistique. Chaque intervenant y apporte son identité, son énergie et sa sensibilité, tandis que le compositeur veille à l’équilibre de l’ensemble, notamment dans la construction instrumentale et l’unité musicale du spectacle.
Sur scène, Mahmoud Saïdi a marqué les esprits par une présence chaleureuse et une voix d’une profonde intensité. Issam Absy, quant à lui, a insufflé une énergie communicative à chacune de ses apparitions, contribuant à faire monter progressivement la scène en puissance. Entre les artistes s’est installée une complicité palpable, celle d’un groupe qui ne se contente pas d’interpréter une musique, mais qui semble véritablement la vivre.
Face à eux, le public de Boukornine a répondu avec enthousiasme. Dès les premières notes, les spectateurs ont été entraînés dans ce voyage sonore, oscillant entre émotion et exaltation, entre écoute attentive et élan spontané. Une alchimie rare s’est créée entre la scène et les gradins, transformant le spectacle en une célébration collective où la musique devenait un espace de rencontre.
Avec « Or-Kes-Tra », Hamza Bouchnak affirme une nouvelle fois son goût pour l’exploration et son engagement en faveur d’une musique en mouvement, capable de franchir les frontières entre les genres et les influences.
Rayan au Festival international de Carthage : Un concert, une cause, un espoir
Après 18 ans d’absence, le chanteur libanais Rayan a offert bien plus qu’un concert. Une soirée où chaque note s’est transformée en message d’espoir au profit des soins palliatifs.
La scène du Festival international de Carthage a accueilli, avant-hier, un rendez-vous exceptionnel avec le chanteur libanais Rayan. Un concert placé sous le signe de la générosité, puisque l’intégralité des recettes sera reversée à l’Association tunisienne pour la promotion des soins palliatifs. L’artiste, qui a choisi de se produire bénévolement, a voulu faire de ces retrouvailles avec le public tunisien un acte de solidarité.
Derrière cette initiative se trouve une histoire personnelle. Ayant lui-même traversé l’épreuve de la maladie et vaincu un cancer quelques années auparavant, Rayan a souhaité transformer son expérience en un engagement auprès de ceux qui continuent leur combat. Lors de la conférence de presse précédant le spectacle, il a expliqué être à l’origine de cette soirée caritative, portée par le désir de soutenir les patients et leurs familles. Un geste inédit pour l’association, qui reçoit pour la première fois un don d’une telle ampleur de la part d’un artiste depuis sa création il y a 25 ans. Dans la matinée précédant le concert, le chanteur s’est également rendu à l’Institut Salah Azaiez pour apporter son soutien aux malades.
Figure marquante de la scène arabe des années 2000, Rayan s’est imposé dès ses premiers titres par une voix à la fois douce, chaleureuse et expressive. Si sa présence médiatique s’est faite plus discrète ces dernières années, ses chansons continuent de vivre auprès d’un large public et cumulent des millions d’écoutes sur les plateformes numériques.
Un musique qui console
Accompagné par l’Orchestre national tunisien sous la direction du maestro Youssef Belhani, Rayan a ouvert la soirée avec une nouvelle chanson intitulée « Tounes », composée spécialement pour l’occasion. En dialecte libanais, ce titre a immédiatement installé une atmosphère de proximité et d’affection avec le public tunisien.
Après un bref discours de remerciement, l’artiste a plongé dans son univers romantique avec plusieurs titres emblématiques de son répertoire. De « Kanet rouhi » à « Ha’allimak », en passant par « Hala ghariba » et son grand succès « Ahla gharam », il a ravivé la mémoire musicale de toute une génération. Le public, devenu chœur à part entière, a repris avec ferveur les refrains les plus connus.
La soirée a également été marquée par des hommages à de grandes voix de la chanson arabe, notamment Georges Wassouf avec « Khsert kol enass alachanou », Abdelhalim Hafez avec « Gana el hawa » et Fairouz avec « Nassam alayna l hawa », interprétée avec les drapeaux tunisien et libanais en symbole d’amitié entre les deux pays. Rayan a aussi rendu hommage à la regrettée Dhekra en reprenant son titre intemporel « El Assami ».
En refermant la soirée avec « Tounes », Rayan a offert une conclusion à l’image de son engagement : chaleureuse, sincère et porteuse d’espoir. À Carthage, la musique n’a pas seulement diverti ; elle a rassemblé, consolé et rappelé sa force la plus précieuse : celle de créer du lien humain.
Mariza enchante Hammamet avec un fado entre émotion et modernité
Dès son entrée sur scène, les mots semblent suspendus. La présence de Mariza impose immédiatement le silence et l’émotion. Le public de la 60ᵉ édition du Festival international de Hammamet a vécu un moment hors du temps avec l’une des grandes voix du fado contemporain, venue présenter son dernier album, « Amor », dans une parenthèse musicale empreinte de grâce.
Silhouette élégante, robe lumineuse, voix profonde et interprétation habitée : Mariza possède cette aura rare des grandes artistes. Sur la scène du théâtre de Hammamet, elle a offert un voyage au cœur de la musique portugaise, entre fidélité aux traditions et ouverture vers la modernité, porté par la poésie, la mélancolie et la beauté.
La force de son spectacle réside autant dans sa voix que dans la sobriété de sa mise en scène. Une lumière douce, une scénographie épurée et une atmosphère intimiste ont enveloppé le public dans un écrin propice à l’écoute et à la contemplation. Mariza invite à ressentir l’amour, la mémoire, les liens humains et les émotions qui traversent l’existence.
Plus qu’un simple concert, sa prestation s’apparente à un récit partagé. Entre chaque chanson, l’artiste prend le temps d’échanger avec son public, racontant des souvenirs, évoquant la vie, les relations humaines et les expériences qui façonnent son parcours. Avec sincérité et bienveillance, elle alterne portugais, anglais et quelques mots en français, créant une proximité particulière avec les spectateurs.
Accompagnée de quatre musiciens, elle joue avec les nuances de sa voix, parfois en retirant le micro pour laisser résonner naturellement ses interprétations. Dans le cadre enchanteur du Festival international de Hammamet, sous la lune et au contact de la nature environnante, son spectacle prend une dimension presque magique.
Dès les premières notes de « Enstranha Forma de Vida », titre choisi pour ouvrir la soirée, Mariza plonge l’assistance dans l’univers profond du fado, cette musique née dans les quartiers populaires de Lisbonne et devenue un patrimoine culturel mondial.
Tout au long du concert, elle alterne grands classiques et titres plus récents, parmi lesquels « Julia Florista », « Há Palavras », « Barco Negro » et « Onde Vais ». Près d’une quinzaine de chansons composent un voyage émotionnel qui s’achève avec « Maria Joana », sous les applaudissements d’un public debout, désireux de prolonger l’instant.
Les intermèdes occupent également une place essentielle dans son spectacle. Anecdotes, touches d’humour, jeux de mots et échanges spontanés renforcent cette relation privilégiée avec les spectateurs. La richesse des arrangements, mêlant instruments traditionnels et sonorités contemporaines, accompagne cette interprétation à la fois puissante et délicate.
Née au Mozambique et élevée dans le quartier lisboète de Mouraria, berceau historique du fado, Mariza a été profondément marquée par cette tradition musicale. Elle l’a ensuite réinventée pour lui donner une portée universelle, sans jamais en perdre l’âme.
Figure majeure de la scène portugaise, reconnue à travers le monde, elle s’est produite dans les plus grandes salles d’Europe, d’Amérique et d’Asie. Récompensée par de nombreux disques de platine et plusieurs nominations aux Grammy Awards, elle incarne un fado en constante évolution, capable de se renouveler tout en préservant son identité.
Avec « Amor », présenté en exclusivité en Afrique et dans le monde arabe, Mariza ouvre une nouvelle étape de sa carrière, toujours guidée par la même quête : transformer les émotions humaines en musique universelle.
Festival international de Hammamet: Salif Keïta fait vibrer les mémoires
Quand Salif Keïta chante, les frontières s'effacent. À Hammamet, sa voix a réuni les peuples, les mémoires et les générations dans un concert où l'Afrique s'est racontée avec force et élégance.
Certaines soirées dépassent le simple cadre du spectacle pour devenir des instants de mémoire. Celle du 31 juillet 2026 en est une. En accueillant Salif Keïta sur la scène du Festival International de Hammamet, le théâtre de plein air a renoué avec l'une de ses plus belles vocations : être un lieu de dialogue entre les cultures et une passerelle ouverte sur les musiques du monde.
La date n'avait rien d'anodin. Le 31 juillet marque également l'anniversaire de la création de ce théâtre mythique qui, depuis six décennies, fait de l'éclectisme artistique sa signature. Une heureuse coïncidence pour cette 60ème édition, placée sous le slogan « Endless Memories », qui a trouvé, dans la voix du chanteur malien, une résonance toute particulière.
Le temps d'une soirée, l'Afrique s'est racontée en musique. Une Afrique généreuse, vivante, multiple, où les rythmes deviennent un langage commun et où chaque chanson rappelle que les peuples partagent bien plus que des frontières.
Face à un théâtre comble, près de deux heures de musique se sont succédé sans jamais rompre le lien avec un public venu autant écouter qu'éprouver. Parmi les invités figuraient la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, la gouverneure de Nabeul, Hana Chouchani, l'ambassadeur du Mali, Moussa Soro Sy, l'ambassadeur du Sénégal, Moustapha Sow, ainsi que l'ambassadeur du Burkina Faso, Apollinaire Sawadogo.
"Vive la Tunisie ! Vive l'Afrique!"
L'ouverture donne immédiatement le ton. Une voix s'élève dans la pénombre, presque comme une invocation. Peu à peu, les musiciens prennent place. Deux guitares électriques, une basse, des percussions et plusieurs instruments traditionnels maliens tissent une matière sonore dense et chaleureuse. Deux choristes, remarquables de justesse et d'énergie, viennent enrichir cet ensemble où tradition et modernité dialoguent naturellement.
Puis apparaît Salif Keïta.
Sans effet spectaculaire, presque en silence. Drapé d'un boubou rouge flamboyant, coiffé d'un chapeau blanc, il rejoint son micro sous les applaudissements d'un public déjà conquis. Quelques pas suffisent pour imposer une présence. Chez lui, le charisme ne tient ni au geste ni à l'exubérance, mais à cette voix immédiatement reconnaissable, profonde, lumineuse, capable de suspendre le temps dès les premières notes.
Le concert s'ouvre avec « Mama ». Dès les premiers applaudissements, l'artiste interrompt un instant le fil musical pour adresser un hommage appuyé à la Tunisie. Il rappelle avoir reçu, il y a plusieurs années, l'Ordre national du Mérite, distinction qu'il évoque avec émotion, avant de déclarer : « Vive la Tunisie ! Vive l'Afrique ! » Une déclaration accueillie par une longue ovation.
Avec son humour habituel, Salif Keïta explique ensuite qu'il chantera une grande partie du concert assis, conformément aux recommandations de ses médecins. L'autodérision fait sourire la salle. La suite démontrera que l'essentiel est ailleurs. Sa voix suffit à remplir tout l'espace.
Les classiques s'enchaînent avec une évidence presque désarmante : « Dery », « Yamoré », « Tonton », « Papa », « Tekeré »... Autant de titres qui traversent les générations et rappellent pourquoi Salif Keïta demeure l'une des figures majeures de la musique africaine contemporaine.
Mais, voila avec les premières notes de « Madan », le public est invité à rejoindre les artistes sur scène. En quelques instants, les marches du théâtre se remplissent. Les générations se mêlent, les langues s'oublient, les corps suivent le même rythme. Musiciens, chanteurs et spectateurs ne forment plus qu'une seule communauté portée par la musique.
Sous les applaudissements, les tambours et les dernières envolées des instruments traditionnels africains, le rideau tombe sur une soirée fidèle à l'histoire du Festival International de Hammamet.
Imen.A.
Festival de la culture et des arts de Jerash en Jordanie: Une participation tunisienne remarquable
L’artiste tunisienne Dorsaf Hamdani, aux côtés de la Troupe nationale des arts populaires, s’est produite, jeudi soir, sur la scène mythique du Théâtre nord dans le cadre du 40ème Festival de la culture et des arts de Jerash en Jordanie (23 juillet – 2 août 2026).
Cette soirée a constitué une célébration de l’art tunisien, alternant entre la douceur de la voix de Dorsaf Hamdani qui a présenté « un voyage musical exceptionnel évoquant les chefs-d’œuvre du tarab arabe authentique et célébrant la beauté du patrimoine musical arabe dans un style alliant authenticité et vision artistique contemporaine », selon le site officiel du festival, et les spécificités culturelles de la danse populaire tunisienne, considérée comme l’un des composantes du patrimoine culturel immatériel du pays.
La Troupe nationale des arts populaires a offert au public un spectacle varié comprenant des tableaux chorégraphiques modernes ainsi que d’autres puisées des archives de la troupe du début des années 60. Ces tableaux ont reflété la richesse du patrimoine musical et civilisationnel des différentes régions tunisiennes, aux niveaux de la musique, de la danse et du costume traditionnel.
Outre cette soirée artistique, la Tunisie a été représentée lors de cette édition du festival par plusieurs acteurs culturels, parmi lesquels la directrice du Tunis International Center for Digital Cultural Economy, Salwa Abdelkhalek (TICDCE), représentant le ministère des Affaires culturelles, ainsi que le promoteur de la startup incubée par le centre, “DM Nova”, Iheb Lourimi.
Cette participation intervient suite à l’invitation de l’ambassade de Tunisie en Jordanie. Elle vise à faire connaître l’expérience tunisienne dans les domaines de la culture, des industries culturelles et créatives, et de l’économie culturelle numérique, à consolider les relations bilatérales entre les deux pays.
Il s’agit également d’explorer les horizons de la coopération et les futurs partenariats pour le développement de projets communs axés sur la protection du patrimoine, sa valorisation et l’utilisation de la technologie à son service, d’après un communiqué publié par le centre.
Cette édition du festival, organisée sous le slogan « Un héritage qui s’étend… des générations qui se rencontrent », a vu la participation de plusieurs troupes d’arts populaires du monde arabe pour célébrer le patrimoine culturel de leurs pays, ainsi que la présence de nombreux artistes étrangers et arabes, dont l’artiste libanaise Mejda El Roumi, qui animera le concert de clôture du 60e Festival international de Carthage le 19 août prochain.
Festival international de Carthage: Quand le flamenco raconte l’Andalousie
Le Ballet Flamenco de Andalucia a transporté le public de Carthage au cœur de l’Andalousie avec "Tierra Bendita", un spectacle où danse, musique et chant célèbrent toute la richesse d’un patrimoine vivant.
Pour sa dixième soirée, la 60ème édition du Festival international de Carthage a poursuivi son ouverture aux grandes expressions artistiques du monde en consacrant une soirée au flamenco, l’un des emblèmes culturels les plus puissants de l’Espagne.
Organisée en partenariat avec l’Ambassade du Royaume d’Espagne en Tunisie, cette soirée s’est déroulée en présence de Son Excellence Isidro Gonzalez Afonso, ambassadeur du Royaume d’Espagne en Tunisie, ainsi que de plusieurs ambassadeurs et représentants du corps diplomatique.
À cette occasion, le Ballet Flamenco de Andalucia, dirigé par la chorégraphe Patricia Guerrero, a présenté "Tierra Bendita" (« Terre bénie »), une création qui célèbre l’Andalousie à travers ses paysages, ses traditions et son héritage culturel.
Pensé comme une fresque chorégraphique, l'oeuvre entraîne le spectateur dans un voyage à travers les différentes provinces andalouses. Chaque tableau fait écho à un territoire, à une mémoire ou à un mode de vie. Les chants des campagnes répondent aux rythmes des ports de pêche, tandis que les fêtes populaires et les traditions locales prennent vie dans une succession de tableaux où danse, musique et chant dialoguent avec une grande fluidité.
Le spectacle rappelle également que le flamenco est le fruit d’un métissage culturel séculaire. Héritier d’influences multiples, cet art a su traverser les époques sans jamais perdre son identité, conciliant fidélité à la tradition et création contemporaine.
La force du geste et du rythme
Sous la direction artistique de Patricia Guerrero, la création conjugue virtuosité technique et intensité émotionnelle. Les danseurs déploient une gestuelle précise et expressive, portée par une écriture chorégraphique qui renouvelle les codes du flamenco tout en respectant son essence.
La scénographie, volontairement épurée, met en valeur les interprètes, tandis que les costumes, dominés par le rouge, le noir, le blanc et des nuances dorées, prolongent l'expressivité des mouvements et renforcent la dimension théâtrale des différents tableaux.
Au cœur du spectacle, le zapateado, véritable signature du flamenco, impose sa puissance. Les frappes de pieds deviennent un instrument de percussion dialoguant avec les guitares, les voix et les percussions, créant une tension rythmique d'une remarquable intensité.
La direction scénique et la chorégraphie sont signées Patricia Guerrero. La création musicale est assurée par Jesus Rodriguez et José Luis Medina, avec des compositions d'Amparo Lagares, David « Chupete » et Manuel de Ginés. Eduardo Leal signe plusieurs chorégraphies, tandis que le poème "Fiesta en la Gloria" de Manuel Benitez Carrasco apporte une dimension poétique supplémentaire à cette célébration de l'Andalousie.
Sur scène, Adriana Gómez, Alberto López, Alejandro Fernandez, Alicia Gavilan, Alvaro Aguilera, Angel Farina, Araceli Munoz, Arturo Fajardo, Claudia « La Debla », Hugo Aguilar, María Carrasco, Natalia Alcalá et Sofía Suárez ont séduit par leur précision, leur énergie et leur présence scénique.
À leurs côtés, les chanteurs Amparo Lagares et Manuel de Ginés ont donné toute sa profondeur émotionnelle au spectacle, soutenus par les guitares de Jesus Rodriguez et José Luis Medina ainsi que par les percussions de David « Chupete ».
Avec "Tierra Bendita", le Ballet Flamenco de Andalucia a offert au public bien plus qu'un spectacle : une immersion dans l'âme de l'Andalousie, où mémoire, identité et création dialoguent avec une rare intensité.
Cette soirée a également confirmé la vocation du Festival international de Carthage à faire de sa scène un espace de rencontre entre les cultures, où les patrimoines du monde se croisent et se répondent dans un même élan artistique.
Sami Yusuf à Carthage : une célébration musicale entre spiritualité et dialogue des cultures
Le Théâtre antique de Carthage a vibré, le 1er août, au rythme de la musique spirituelle et universelle de Sami Yusuf. Pour la 11ᵉ soirée du Festival international de Carthage, l'artiste britannique d'origine iranienne a offert au public une prestation exceptionnelle, mêlant traditions orientales, influences occidentales, sonorités classiques et inspiration soufie.
Né en Iran et grandi à Londres, Sami Yusuf est aujourd'hui l'une des figures majeures de la musique spirituelle contemporaine. Chanteur, compositeur et multi-instrumentiste, il a construit un répertoire où se rencontrent différentes cultures et où dominent des messages de paix, de fraternité et d'espoir.
Ce concert marquait sa première apparition sur la scène mythique de Carthage et son retour en Tunisie depuis 2012. Il s'inscrivait dans le cadre d'une tournée mondiale avec le Fons Sophiae Collective, ensemble artistique fondé par l'artiste, dont le nom signifie « Fontaine de la sagesse ».
Entouré d'une trentaine de musiciens et choristes venus de plusieurs pays, Sami Yusuf a livré un spectacle d'une grande ampleur, à la croisée de la performance musicale et de la méditation. Les voix de la Marocaine Nabila Maan, d'Ismaïl Boujia et de l'Espagnol Isra Moro ont enrichi une soirée placée sous le signe du dialogue des cultures.
Le concert s'est ouvert dans une atmosphère intimiste avec des vocalises accompagnées de percussions orientales et de deux qanuns, avant de s'élargir avec « Wallahi ma tala'at shamsun wa la gharabat », célèbre poème soufi d'Al-Hallaj mis en musique par Omar Khayrat. La pièce a progressivement intégré des influences flamenco ainsi que des passages en espagnol et en latin.
Parmi les moments forts figurait « Veritas », une œuvre mêlant textes mystiques occidentaux et orientaux, présentée dans sa version intégrale pour la deuxième fois depuis sa création en 2021. « C'est la première fois que je me produis dans le Théâtre antique de Carthage, et je mesure pleinement le privilège que cela représente », a déclaré Sami Yusuf, visiblement ému.
L'artiste a ensuite enchaîné plusieurs titres emblématiques, dont « Madad », « Lifting the Veil », « Hasbi Rabbi » et « Ilanaha », ainsi qu'une version revisitée du mouachah andalou « Lama Bada Yatathanna ». Il a également interprété une pièce dédiée au peuple de Gaza, inspirée des vers du poète Mahmoud Darwich et portée par des accents de dabké palestinienne.
Autre moment marquant : « Un Corazón Bailando », extrait de l'album "Alma: When Paths Meet" (2024), où flamenco espagnol, mawwals marocains, héritage andalou et influences azerbaïdjanaises se répondent dans une fusion musicale originale.
Pour clôturer la soirée, Sami Yusuf et son ensemble ont interprété pour la première fois en concert « Ecstasy », titre phare de son dernier album éponyme, fruit de dix années de création selon l'artiste. Une longue ovation a salué cette prestation qui illustre pleinement l'esprit du Festival international de Carthage : un espace ouvert aux cultures, aux traditions et aux expressions artistiques du monde.
EST : Le Péruvien Jésus Castillo, nouvelle recrue
L'Espérance de Tunis, à la recherche de nouvelles recrues étrangères pour remplacer le départ des Ogbelu, Diakite, Sasse, Keita, etc …, a réussi ce dimanche à engager le Péruvien Jesús Abdallah Castillo Molina, connu sous le nom de Jesús Castillo, 25 ans, qui occupe le poste de milieu défensif.
International, il a livré son dernier match avec la sélection de son pays en mars dernier. Les deux autres étrangers attendus, Belaili et Ribeiro, devraient signer leurs contrats aujourd'hui.
J.B
En amical : Le CA s'impose face au CAB (2-0)
Sur son lieu de stage à Ain Drahem, le Club Africain a battu dimanche matin, en match de préparation, le CA Bizertin par 2 à 0.
Les buts ont été marqués par Sadok Kadida et Gaith Zaalouni. C'était là la seconde victoire des Clubistes après celle remportée par à l'US Khemir 10 à 0.
J.B
Ancien joueur et dirigeant au CAB : Hatem Chaâbane tire sa révérence
Le tout Bizerte pleure l’un de ses plus fidèles serviteurs. Hatem Chaâbane, ancien handballeur et dirigeant cabiste, le club qu’il a servi pendant de très longues années, vient de tirer sa révérence après un long combat contre la maladie.
Ancien gardien de but de l’équipe cabiste de handball, Hatem Chaâbane a rejoint, dès la fin de son parcours de joueur, l’équipe dirigeante du club pour occuper le poste de président de section de handball puis de basketball en plus d’autres tâches qui touchent à la bonne marche du club.
Nos sincères condoléances à tous les Cabistes, à l’épouse du défunt, ses enfants, son frère Chokri et ses sœurs Behija et Najwa.
Paix à son âme.
K.Z.
Météo : Alerte canicule dans les grandes villes italiennes, lundi 3 août
Les grandes villes italiennes, du nord au sud de la péninsule, ont été placées dans leur quasi-totalité en alerte rouge pour la journée de lundi 3 août, en raison d’une nouvelle vague de chaleur touchant l’Europe, selon le dernier bulletin samedi du ministère de la Santé.
Sur un total de 27 grandes villes, seules deux – Reggio de Calabre, dans l’extrême sud de la Botte, et Messine qui lui fait face, en Sicile, n’ont pas été classées en alerte rouge ou niveau 3, le plus élevé, lundi.
Les températures maximales ressenties pourraient ainsi atteindre jusqu’à 39°C à Naples, 38°C à Florence et Palerme ou encore 37°C à Rome. Dans le nord du pays, 36°C sont prévus à Turin, Trieste ou Venise.
Après avoir touché l’Europe de l’Ouest en début de semaine dernière, une nouvelle vague de chaleur s’est abattue depuis vendredi sur l’Europe centrale, où les températures pourraient atteindre jusqu’à 41°C dans les prochains jours.
Depuis ce samedi, 19 des grandes villes italiennes ont été classées au niveau d’alerte 3 : Bolzano, Campobasso, Civitavecchia, Florence, Frosinone, Latina, Pérouse, Rieti, Rome, Turin, Viterbe, Bologne, Brescia, Cagliari, Milan, Naples, Pescara, Venise et Vérone. S’y ajouteront dimanche Catane, Gênes, Palerme et Trieste, avant Ancône et Bari lundi.
Notons que les villes du Sud, plus proches de la Tunisie, sont moins touchées par cette canicule annoncée.
EST : Youssef Blaili a fini par accepter les conditions de l'Espérance !
Entre l'Espérance et Youssef Blaili, la raison a fini par l'emporter. Après la visite médicale passée avec succès, la commission médicale de l'Espérance a estimé que l'Algérien ne pouvait être compétitif avant trois mois. De son côté l'administration des Sang et Or a jugé logique de proposer un contrat d'une année uniquement et qui ne prend effet qu'à partir de la date de la fin de la suspension, alors que le joueur s'attendait à un bail de deux ans.
Blaili a demandé une période de réflexion et a fini par acquiescer. Ainsi, les deux parties se sont mises d'accord et la signature du contrat devrait avoir lieu lundi prochain.
Voilà un feuilleton qui n'a que trop duré et qui connaît son dénouement après une longue période d'hésitation et de tergiversation.
J.B
















