Décès du poète et penseur Ali Smaoui
Le poète et penseur Ali Smaoui est décédé samedi 3 octobre 2026, a annoncé le ministère des Affaires culturelles. Avec sa disparition, la scène culturelle et intellectuelle tunisienne perd une figure reconnue pour l’ampleur de sa culture, sa curiosité et sa passion pour le savoir.
Auteur d’une œuvre abondante, Ali Smaoui était notamment connu pour sa culture encyclopédique, sa maîtrise de plusieurs langues et ses nombreux voyages à travers le monde. Son parcours, nourri de rencontres et d’expériences diverses, avait fait de la connaissance une véritable ouverture sur le monde et de l’écriture un espace pour exprimer ses réflexions, ses positions et son vécu.
Il laisse également derrière lui un important patrimoine de connaissances, dont une bibliothèque présentée comme l’une des plus grandes et des plus riches. Un ensemble qui témoigne de son attachement profond aux livres et à la transmission du savoir.
Le ministère des Affaires culturelles a rendu hommage à une « figure intellectuelle distinguée », saluant un parcours marqué par la diversité des langues, des cultures et des expériences. Par son œuvre et son rapport singulier au savoir, Ali Smaoui laisse une empreinte dans la vie culturelle et intellectuelle tunisienne.
EST : Victoire en amical contre l'Union militaire de Libye
Pour son premier match sous la conduite de l'Espagnol Pablo Franco, L'Espérance de Tunis a battu cet après-midi au Parc B l'Union militaire de Libye par 3 à 1. Les buts des Sang et Or ont été inscrits par Blaili, Jabri et Rafia.
A partir de demain, lundi, Pablo Franco entamera la préparation du match de la cinquième journée de la Ligue 1 contre l'O. Beja programmé à Rades à huis clos.
J.B
EST: Pablo Franco entame ses fonctions
Arrivé à Tunis, ce samedi , le nouvel entraîneur de l'Espérance de Tunis, l'Espagnol Pablo Franco a entamé ses fonctions le lendemain dimanche lors du match amical programmé à 15 heures face à L'Union militaire libyenne au Parc B. Ce match a constitué une occasion pour l'Espagnol de découvrir les qualités de son effectif avant de passer aux choses sérieuses dès samedi prochain en championnat face à l'O. Beja , un match qui se jouera à huis- clos à Rades.
Jamel BELHASSEN
En attendant la reprise de la ligue1 : Résultats des matches amicaux du weekend
En attendant la reprise du championnat de la Ligue 1, programmée pour le week-end prochain, les clubs ont programmé des matches amicaux pour entretenir la forme et améliorer la tenue collective. Les matches joués samedi ont donné lieu aux résultats suivants:
Etoile du Sahel- PS Sakiet Eddaier 1-1
Stade Tunisien- Al Hilal du Soudan 1-2
US Monastir- ES Hammam-Sousse 0-0
CS Sfaxien- OS Kebili 0-0
US Ben Guerdane- OS Ben Guerdane 3-0
J.B
Journées musicales de Carthage (JMC): Des notes pour un peu de liberté et d’espoir
Quand les murs enferment les corps, la musique continue de circuler. Avec « Soupir, au rythme de la liberté », les JMC font entendre des créations nées en détention et ouvrent un dialogue inédit entre enfermement, mémoire et création.
Il suffit parfois de quelques notes pour que les murs paraissent moins hauts. Une voix qui s’élève, un rythme qui rassemble, une scène qui devient, le temps d’un concert, un espace de liberté, de rêve d’un demain meilleur.
Pour la première fois, les Journées musicales de Carthage (JMC) consacrent une programmation aux créations nées dans les établissements pénitentiaires. Baptisée « Soupir, au rythme de la liberté », cette section s’ouvrira aujourd’hui pour se clôturer le 8 octobre.
Cinq spectacles composeront cette programmation.
Le Centre de rééducation des jeunes filles délinquantes d’El Mghira donnera, aujourd’hui, le coup d’envoi, à la salle Omar Khelifi, à la Cité de la culture. Suivront « Dendri » qui ira à la rencontre d’un public très spécial, à la Prison civile de Borj Erroumi, le 5 octobre, « Jadhb », qui se rendra, le 6 octobre, à la Prison civile de Messaadine, puis le spectacle de Mohamed Saïd, programmé le 7 octobre à la Prison civile de Sfax, le 7 octobre. La clôture, le 8 octobre, sera assurée par Mohamed Ali Chebil à la Prison civile de Belli.
Une mémoire qui vient de loin
Cette programmation trouve un écho particulier dans l’histoire de la musique populaire tunisienne. L’enfermement, l’absence et l’éloignement y ont depuis longtemps trouvé une expression musicale, notamment à travers le « mezoued ». Parmi ses formes historiques, le « zendali » ou « zandali », constitue un sous-genre majeur traditionnellement associé aux chants des prisonniers.
Issu de cet univers de privation, le « zendali » porte une parole marquée par la séparation, l’injustice et l’attente. La famille, la mère, les proches, la bien-aimée, les jours qui s’étirent et le désir de retrouver les siens y occupent une place récurrente. Au fil du temps, ces chants ont dépassé leur cadre d’origine pour rejoindre le répertoire populaire et la mémoire collective tunisienne.
Ce passage de l’expérience individuelle à une expression partagée est sans doute l’une des forces de ces chansons. La prison y est à la fois un lieu réel et une expérience intime. La musique permet alors de conserver un lien avec l’extérieur, de transformer l’absence en récit et la solitude en voix.
« Soupir, au rythme de la liberté » fait résonner cette mémoire dans un contexte contemporain. Mais la démarche va plus loin : il ne s’agit pas seulement de raconter l’enfermement, mais de faire découvrir des créations élaborées au sein même des établissements concernés.
De la fiction à la scène
Cette initiative rappelle aussi « Maestro », le feuilleton de la télévision nationale qui plaçait la musique au cœur d’un parcours de réinsertion. Son intrigue suivait un musicien réunissant de jeunes pensionnaires de centres de rééducation autour de la pratique musicale, jusqu’à constituer deux chorales et les conduire vers un concert.
La fiction avait ainsi mis en scène la musique comme espace d’apprentissage et de reconstruction, mais aussi comme moyen de retrouver une place dans le collectif. Quelques années plus tard, les JMC proposent une démarche qui quitte le registre de la fiction pour inscrire cette expérience dans celui de la création artistique et de la rencontre avec le public.
Les participants ne sont plus seulement au cœur d’un récit imaginé. Ils deviennent les interprètes d’une parole qui leur appartient, portée sur une scène culturelle majeure.
C’est peut-être ce déplacement qui donne à « Soupir, au rythme de la liberté » sa portée particulière. La programmation ne gomme ni l’enfermement ni les réalités qui l’accompagnent. Elle choisit plutôt de regarder ce qui peut encore naître dans cet espace contraint : une chanson, un rythme, une présence collective, une possibilité de s’exprimer.
La musique ne supprime pas les murs. Mais elle peut en franchir les limites. Et, le temps d’un spectacle, transformer ce qui sépare en un lieu où les voix peuvent enfin se rencontrer.
Imen.A.
Journées Musicales de Carthage : Une ouverture célébrant la musique tunisienne et le droit de tous à la musique
Le coup d’envoi de la 11ème édition des JMC a été donné samedi 3 octobre 2026 à la salle de l'Opéra de la Cité de la Culture Chedli Klibi. Les festivités se poursuivent jusqu'au 10 octobre 2026 avec un programme riche comprenant des spectacles musicaux, des projets portés par des jeunes et diverses expériences artistiques venues de Tunisie et d'ailleurs.
Cette édition célèbre aussi l'inclusion, la valorisation du patrimoine musical tunisien et rend hommage à des figures marquantes de la scène musicale.
La cérémonie d'ouverture s'est déroulée dans une ambiance festive empreinte de simplicité, s'appuyant sur une scénographie jouant sur les couleurs et la disposition des éléments visuels sur scène.
Hymne à l’inclusion, la 11ème édition des JMC a démarré en langue des signes, à travers une séquence d'environ deux minutes présentée en silence devant le public, avant que la suite de la cérémonie ne soit également traduite en langue des signes.
Cette initiative s'inscrit dans la volonté du festival de promouvoir le droit des personnes en situation de handicap à accéder à la culture, en partenariat avec l'association « Ibsar ».
Dans ce contexte, des invitations en braille ont été adressées à plusieurs invités malvoyants ou non-voyants, tandis que certains spectateurs ont pu bénéficier de dispositifs d'audiodescription leur permettant de suivre les détails de ce qui se déroulait sur scène.
Lors de son mot d’ouverture, le directeur artistique Mondher Felleh a souligné que l’inclusion et le droit de chacun à la culture constituent l'un des axes de la présente édition. Il a estimé que la généralisation de telles initiatives au sein des festivals relevant du ministère des Affaires culturelles permettrait d'élargir le cercle des bénéficiaires de l'action culturelle.
Felleḥ a également affirmé que la musique est un acte de vie et de création, et que les JMC visent à offrir un espace de dialogue, d'expérimentation et de promotion de divers projets musicaux.
Il a par ailleurs indiqué que la onzième édition comprend de nouvelles sections ainsi qu'une série de spectacles, outre la sélection de trois spectacles tunisiens destinés à la jeunesse qui seront programmés ultérieurement dans des festivals en région, dans le but d'étendre le rayonnement des JMC au-delà de la capitale et de la période du festival.
Le patrimoine musical au cœur
Hommage à la musique populaire tunisienne, l’artiste Naserddine Chebli a présenté un spectacle où la percussion se mélange à la danse.La performance propose une interprétation artistique de certaines composantes du patrimoine musical populaire tunisien- à travers le rythme et le mouvement- tout en évoquant des expressions corporelles héritées de la tradition.
La cérémonie a été aussi une occasion pour rendre un vibrant hommage aux artistes qui nous ont quitté.
Cette musique qui guérit
Un moment émouvant a été ainsi vécu à travers le témoignage personnel du joueur de ney Ahmed Litaiem, évoquant sa relation avec son père, décédé il y a environ un an et demi après avoir lutté contre la maladie d'Alzheimer.
Litaiem a parlé de ce père qui fut le premier à l'accompagner à ses cours de musique et à l'encourager à poursuivre son parcours artistique, assistant notamment à ses participations aux Journées Musicales de Carthage en 2015 et 2021.
Il a également évoqué le lien de son père avec la musique, et plus particulièrement avec l'œuvre de Mohamed Abdel Wahab, soulignant que si la maladie lui a progressivement ravi la capacité de se souvenir des visages, des noms et des détails, la musique, elle, parvenait toujours à l'atteindre et à raviver des fragments de sa mémoire.
Évoquant cette expérience, Ahmed Litaiem a affirmé que la musique pouvait constituer un baume et une source de réconfort, invitant les familles confrontées à la maladie d'Alzheimer chez l'un de leurs proches à continuer de faire écouter aux malades les musiques qu'ils aimaient, en raison du lien qu'elles peuvent préserver avec la mémoire.
Hommages Yasser Jrad et Mohamed Garfi
Par ailleurs, les Journées Musicales de Carthage ont rendu hommage au regretté artiste Yasser Jradi à travers une performance mêlant piano et harmonica, dans une scénographie jouant sur la mémoire et de la nostalgie.
Sami Ben Saïd et Ghaith Jouini ont ainsi instauré un dialogue musical entre les deux instruments, laissant émerger les paroles de la chanson « Narja'lek Dima » (Je reviendrai toujours vers toi), au cours d'une séquence évoquant le parcours de Jradiet son empreinte artistique. Ghaith Jouini a évoqué sa relation avec le théâtre et la musique, revenant sur ses expériences passées dans le cadre des JMC dans les prisons, avant de remonter sur scène, cette fois en tant qu'harmoniciste.
Le festival a également rendu hommage au regretté musicien Mohamed Garfi à travers un documentaire réalisé par Lotfi Bahri, lequel retrace le parcours musical de l'artiste, en mettant particulièrement en lumière le projet « Zakharif Arabiya ».
Le film s'est attardé sur l'expérience de Garfi, qui a fait de la musique un espace de rencontre entre tradition et écriture musicale contemporaine.
La cérémonie d’ouverture s’est clôturée avec le spectacle Dendri de Mohamed Khachnaoui, un projet musical sur lequel l'artiste travaille depuis des années et qui propose une lecture contemporaine de la musique Stambali mêlant instruments traditionnels, électroniques et percussions.
Levoyage artistique se poursuit lors de la deuxième journée des Journées Musicales de Carthage, avec un programme célébrant la diversité et la différence à travers des expériences musicales venues de Tunisie et d'ailleurs pour le grand plaisir des mélomanes et des festivaliers.
EST : Lucas Ribeiro condamné à verser 4 millions de dollars à Mamelodi Sundowns ?
Décidemment, le recrutement de Lucas Ribeiro demeure un casse-tête pour les dirigeants espérantistes. Le joueur brésilien, qui évolue désormais sous les couleurs de l’Espérance Sportive de Tunis, aurait été, selon des sources proches du football sud-africain, condamné à verser 4 millions de dollars à son ancien club, Mamelodi Sundowns.
Selon la presse sud-africaine, cette décision intervient dans le cadre du litige opposant le joueur à la formation sud-africaine, après la résiliation unilatérale de son contrat. Le différend, porté devant les instances compétentes, a ainsi débouché sur une lourde sanction financière à l’encontre du joueur.
Lucas Ribeiro dispose désormais d’un délai de 45 jours pour s’acquitter du montant fixé par la décision ou engager les procédures nécessaires pour la contester.
A défaut de régularisation ou de recours dans le délai imparti, le joueur pourrait s’exposer à des sanctions sportives et disciplinaires supplémentaires, conformément aux règlements en vigueur.
Encore une gifle pour le football tunisien : Les U-20 n’iront pas à la CAN !
La sélection tunisienne U-20 ne participera pas à la prochaine Coupe d’Afrique des Nations de la catégorie. Il s’agit, là, d’un nouveau coup dur pour le football tunisien.
Les Aiglons ont été officiellement éliminés de la course à la qualification après leur match nul face à la Libye (1-1), ce samedi au stade du Canal de Suez, dans le cadre de la 4ème journée du tournoi qualificatif.
La Tunisie devait impérativement s’imposer et avec un large écart pour conserver ses chances de qualification. Elle n’a finalement pas réussi à prendre les trois points face à une sélection libyenne qui a su revenir au score.
Les Tunisiens ont pourtant ouvert la marque à la 24e minute. Dhirar Brik a d’abord manqué son penalty, accordé après une faute sur Noam Strotz à la 23e minute, avant de suivre et de reprendre le ballon pour donner l’avantage à la Tunisie.
Quelques minutes plus tard, Mohamed Aziz Chaabane a été tout près de doubler la mise, mais sa tentative de la tête a été repoussée par le poteau libyen à la 36e minute. L’attaquant tunisien a ensuite bénéficié d’une nouvelle occasion franche à la 42e minute, sans parvenir à tromper le portier adverse.
La Tunisie a payé ces occasions manquées en seconde période. Après une première intervention de Slim Bouasker, la Libye a égalisé à la 72e minute par l’intermédiaire de Moussa Ibrahim.
Malgré les tentatives tunisiennes dans les dernières minutes, le score n’a plus évolué. Avec ce résultat, la sélection tunisienne abandonne définitivement ses chances de qualification pour la phase finale de la CAN U-20 avec un bilan de trois nuls et une défaite en quatre matches.
K.Z.
Feriana: Une bousculade entre camarades de classe tourne au drame !
En suivi de l’affaire du décès d’un élève, âgé de 10 ans, dans une salle de classe d'une école à Feriana, dans le gouvernorat de Kasserine, l’un des enseignants dans l’établissement et qui est également voisin de la famille de la victime, a indiqué, dans une déclaration à Radio Mosaïque FM que l’élève s’est bousculé avec l’une de ses camarades pour s’asseoir sur un banc de classe. L’incident a entraîné sa chute et un choc direct de sa tête contre le sol.
Dans ce même contexte, l’intervenant a démenti les informations relayées sur les réseaux sociaux, faisant état de la présence de la mère de la fillette, qui travaille également au sein de l’établissement, au moment de l’incident.
Citant des témoins parmi les membres du personnel, présents sur les lieux, il a précisé que la mère n’était pas présente au moment de la chute. Elle s’est toutefois rendue rapidement dans la salle, accompagnée de plusieurs collègues, dès qu’elle a été informée de l’incident, afin de porter assistance à l’élève.
À rappeler que l’élève âgé de 10 ans est décédé, le vendredi 2 octobre 2026 dans sa classe à l’école d’El Arq, à Feriana.
Affaire Yakine à Mellassine: Mandats de dépôt contre les suspects arrêtés
Le juge d’instruction chargé des affaires des enfants près le Tribunal de première instance de Tunis 2 a décidé, le vendredi 2 octobre 2026, d’émettre des mandats de dépôt à l’encontre des personnes placées en détention, dans le cadre de l’affaire de l’agression sexuelle et du viol de la jeune fille, âgée de 16 ans, survenus dans une maison à Mellassine.
Les mandats de dépôt concernent l’ensemble des personnes arrêtées, dont deux jeunes femmes, ainsi qu’un infirmier, le frère de l’un des principaux suspects et le propriétaire de la maison.
Interrogatoires, le 7 octobre
Le juge d’instruction a, également, fixé au 7 octobre la date des interrogatoires approfondis, dans l’attente de l’amélioration de l’état de santé physique et psychologique de la victime, afin de permettre au juge de procéder aux confrontations judiciaires.
Selon certaines sources informées, les résultats des examens médicaux ont confirmé que la victime avait subi un viol. Les forces de sécurité ont, également, saisi un téléphone portable qui aurait été utilisé pour filmer les faits.
À rappeler que les unités sécuritaires avaient précédemment placé plusieurs personnes en garde à vue et inscrit d’autres sur la liste des personnes recherchées, soupçonnées d’être impliquées, directement ou en tant que complices, dans l’agression sexuelle. Certaines font, également, face à des accusations liées à des agressions contre des agents des forces de l’ordre, dans l’exercice de leurs fonctions.
Rencontres théâtrales du Sud : Des palmes aux planches, Tozeur en scène
Par Imen Abderrahmani
À Tozeur, le théâtre sort des salles et investit la ville et ce à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 17 octobre, grâce à ces Rencontres théâtrales du Sud. Des représentations dans les rues, les places et les lieux emblématiques de la ville sont déjà annoncées.
Pour sa deuxième édition, les Rencontres théâtrales du Sud placent « La ville et le théâtre » au cœur de leur programmation.
Portée par le Centre des arts dramatiques et scéniques de Tozeur, la manifestation entend élargir l’offre culturelle au-delà des rendez-vous habituels et rapprocher le spectacle vivant des publics en investissant différents lieux de la ville, du Parc Al Baraka à la colline de Ras El-Aïn, en passant par les cafés, les espaces touristiques et les places publiques. Une démarche qui déplace le théâtre hors de ses cadres traditionnels pour placer l’artiste au plus près des habitants et faire de la ville elle-même un espace de rencontre et de représentation.
Pendant deux semaines, et à partir d’aujourd’hui, spectacles théâtraux, propositions chorégraphiques, lectures poétiques et concerts puisant dans la tradition de la région composeront un parcours artistique à travers Tozeur, semant de la joie dans les rues et les ruelles de la ville.
Le coup d’envoi de la manifestation sera donné aujourd’hui à 18h, avec un spectacle de rue qui investira l’avenue Habib-Bourguiba et invitera le public à entrer d’emblée dans l’univers des Rencontres. À l’affiche, une création réunissant le percussionniste et chercheur tunisien Brahim Bahloul et les « tabala » (joueurs de tabla) de Tozeur. Une rencontre autour des rythmes et des sonorités de la région, conçue comme une exploration de son patrimoine musical et de ses expressions traditionnelles. Il est ainsi à noter que la cérémonie officielle d’ouverture aura lieu à 20h00, au musée Dar Cheraït, avec une lecture poétique et un concert de la troupe Ajras, sous la direction de l’artiste et du chercheur Adel Bouallègue.
Cette programmation prend une résonance particulière à l’approche du 9 octobre, date anniversaire de la disparition d’Abou Al-Kacem Chebbi, né à Tozeur le 24 février 1909 et mort à Tunis en 1934. Un hommage musical lui sera rendu le même soir à 20h, sur la colline de Ras El-Aïn, par l’Orchestre symphonique de Carthage, dirigé par Hafedh Makni.
Une ville et des voix
Le programme offre à voir également une riche sélection de pièces de théâtre des troupes régionales comme des productions nationales comme « Confidence » de Abdelkader Ben Said et « Sogra-une étoile dans le ciel » de Hatem Derbal, qui a été au programme des « Saisons de la création 2025 » et l’édition précédente des Journées Théâtrales de Carthage (JTC).
Au-delà de cette deuxième édition, la manifestation s’inscrit dans le travail mené depuis 2018 par le Centre des arts dramatiques et scéniques de Tozeur.
Entre formation, création et animation culturelle, le centre a donné naissance à deux œuvres, « 18 octobre » et « La fuite du repentir », et lancé la revue « Empreintes ». Il a également initié les Rencontres de Tozeur, consacrées au roman et au théâtre, avant de créer les Rencontres théâtrales du Sud, dont la première édition a été organisée en collaboration avec le Théâtre National Tunisien (TNT).
En cette saison riche en couleurs et en saveurs, au temps de la récolte des dattes, Tozeur retrouve naturellement l’écho de ses grandes voix, de la poésie romantique de Chebbi aux « dattes dans son régime » de Béchir Khraïef. Le théâtre s’inscrit à son tour dans ce paysage vivant, faisant de la ville un espace où se rencontrent mémoire, création et imaginaire.
Imen. A.
A l’Institut français de Tunisie : Souleymane Bachir Diagne, penser l’hospitalité universelle
Le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne sera l’invité d’une rencontre-débat à Tunis, mardi 13 octobre, a annoncé l’Institut français de Tunisie (IFT).
Intitulée « L’idée d’hospitalité universelle », la rencontre se tiendra à partir de 18h30 dans les locaux de l’IFT.
Ancien élève de l’École normale supérieure de Paris, agrégé de philosophie et docteur d’État de l’Université Paris-Sorbonne, Souleymane Bachir Diagne a enseigné pendant vingt ans à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, puis à l’Université Northwestern de Chicago, avant de rejoindre l’Université Columbia à New York en 2008.
Ses travaux, qui portent notamment sur l’histoire de la philosophie, la logique mathématique et les pensées islamique et africaine, ont été distingués par plusieurs prix, dont le prix Édouard-Glissant et le prix Dagnan-Bouveret.
Professeur émérite à l’Université Columbia à New York, Souleymane Bachir Diagne est l’auteur de nombreux travaux consacrés notamment à l’universel, à la traduction et au dialogue entre les cultures.
Il avait notamment prononcé, en octobre 2022, la conférence inaugurale de l’Académie des sciences, des lettres et des arts « Beït al-Hikma » à Carthage et animé, en 2018, des débats sur la philosophie en islam avec les Columbia Global Centers.
Au cours de cette rencontre à l’IFT, le philosophe dialoguera avec Ahlem Ghayaza autour de l’universel, du décentrement culturel et de la traduction comme espace de rencontre. L’échange sera suivi d’une séance de dédicace organisée en partenariat avec la librairie Al Kitab.
Souleymane Bachir Diagne est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels « De langue à langue. L’hospitalité de la traduction » (Albin Michel, 2022), « African Art as Philosophy » (The Other Press, 2023), « Universaliser. L’humanité par les moyens d’humanité » (Albin Michel, 2024) et « Ubuntu. Entretien avec Françoise Blum » (Éditions de l’EHESS, 2024).
Hammam-Lif : Campagne sécuritaire et arrestation de 18 personnes accusées de trafic de stupéfiants
Les unités sécuritaires relevant de la zone de sûreté nationale de Hammam-Lif ont mené, hier jeudi, une vaste campagne sécuritaire ciblant plusieurs points noirs et foyers de criminalité dans la région. L’opération a permis l’interpellation de 18 personnes impliquées dans diverses affaires, notamment de trafic de stupéfiants, de vols sous la menace, d’agressions physiques et de racolage sur la voie publique.
La campagne a concerné plusieurs quartiers et zones, dont Ezzahra, Borj El Wazir à Hammam-Lif, le centre-ville de Hammam-Lif, ainsi que les quartiers Ennasr et Ennakhil.
Les opérations de perquisition et de contrôle ont permis l’arrestation de 16 individus recherchés ou impliqués dans des affaires criminelles, parmi lesquels un individu considéré comme particulièrement dangereux et faisant l’objet de 12 avis de recherche émis par différentes autorités judiciaires et sécuritaires, notamment pour des affaires de vol et d’agressions violentes.
Les forces de sécurité ont également saisi d’importantes quantités de différents types de stupéfiants destinés à la revente.
Par ailleurs, deux mineures ont été interpellées pour leur implication présumée dans des actes de racolage et de harcèlement sur la voie publique.
L’ensemble des personnes interpellées ont été placées en garde à vue et les stupéfiants saisis ont été mis sous scellés, dans le cadre de l’enquête, après consultation du ministère public.
Justice : Suspension des travaux du congrès du PDL
La chambre des référés du Tribunal de première instance de Tunis a ordonné, vendredi soir 2 octobre 2026, la suspension des travaux du congrès du Parti destourien libre (PDL), dont l’ouverture était prévue samedi 3 octobre.
La décision a été rendue dans le cadre d’une procédure en référé.
Lors de l’audience, le comité de défense du PDL avait demandé le report de l’affaire afin de disposer d’un délai supplémentaire pour examiner le dossier et préparer les moyens de défense.
Journées Cinématographiques Méditerranéennes de Chenini : Douze récits des imaginaires méditerranéens
La 21ème édition des Journées Cinématographiques Méditerranéennes de Chenini à Gabès (21 au 25 octobre 2026) a choisi 12 courts- métrages dans la sélection officielle de Tunisie, Syrie, Égypte, Liban, Algérie et Maroc.
Ainsi, de Tunisie, de Syrie, d’Égypte, du Liban, d’Algérie et du Maroc, ces œuvres font entendre une pluralité de voix et de sensibilités, en prise avec des réalités intimes, sociales et contemporaines.
D’un récit à l’autre, les regards se croisent, les visages racontent autant que les mots et les images se font les témoins de trajectoires, de blessures, de résistances ou de simples fragments de vie. Une diversité de regards que les organisateurs invitent à découvrir, à écouter et à suivre jusque dans les traces que chaque film laisse derrière lui.
La sélection documentaire rassemble ainsi six films qui explorent, chacun à leur manière, les rapports entre mémoire, territoire, identité et expérience personnelle. La Tunisie y occupe une place importante avec « 202 I Know No Fear », de Haythem Mghirbi et Youssef Zariyat, « Land or Death », de Nourelhouda Trabelsi, et « Somewhere I belong », de Youssef Handouse. Trois propositions auxquelles s’ajoutent « If the Sky is kind on us », de l’Égyptienne Asma Noor, « A Shot », de l’Algérien Kheir Eddine Bouchikhi, et « Dark Light », du Syrien Ibrhem H. Melhem.
La fiction, entre intime et contemporain
Du côté de la fiction, six autres films prolongent cette cartographie des sensibilités méditerranéennes. Le Maroc est représenté par « Wayabqa Addhill » d’Abdelali Mehdi, tandis que le Liban entre dans la compétition avec « One last time » de Karim Rahbani. La Tunisie réunit, pour sa part, quatre réalisateurs avec « La voix cachée » d’Abdelwahed Houssem Eddine, « Without a Shelter » d’Iyed Mnouchi, « Soap Kills » de Momen Gharbi et « Tomates maudites » de Marwa Tiba.
De la voix cachée à l’absence d’abri, de la dernière fois aux images plus énigmatiques suggérées par leurs titres, ces récits fictionnels dessinent un autre espace de lecture. Ils donnent à voir des personnages confrontés à des situations où l’intime rejoint souvent le social, où le quotidien peut devenir le lieu d’une tension, d’une rupture ou d’une prise de conscience.
Documentaire ou fiction, chaque film constitue ainsi une escale particulière dans cette traversée cinématographique. La programmation réunit des écritures différentes, des générations de cinéastes et des réalités multiples, tout en laissant apparaître un même désir de raconter le présent autrement. Douze films, douze manières de regarder le monde, de l’interroger et d’en retenir les traces.
















