Festival international de Hammamet : Marcel Khalifa, le chant d'une mémoire vivante
À guichets fermés, Marcel Khalifa a retrouvé le public de Hammamet pour l'un des rendez-vous les plus attendus de cette 60ᵉ édition. Une soirée où la poésie, la musique et l'engagement se sont unis dans une même émotion.
La venue de Marcel Khalifa figurait parmi les temps forts de la 60ᵉ édition du Festival international de Hammamet. Annoncée complète plusieurs semaines avant le concert, la soirée a réuni un public de mélomanes venu retrouver l'une des grandes figures de la musique arabe contemporaine, dont les liens avec la Tunisie ne se sont jamais démentis.
Compositeur, chanteur et maître du oud, l'artiste libanais a offert un concert où la musique s'est faite langage de la mémoire, de la poésie et de la liberté. Fidèle à son univers, largement nourri des textes du poète palestinien Mahmoud Darwich, Marcel Khalifa a livré un spectacle d'une rare intensité, mêlant virtuosité musicale et profondeur humaniste.
Dès son entrée en scène, le temps semblait suspendu. Pendant plus de deux heures, l'artiste a déroulé un répertoire qui traverse les générations sans rien perdre de son pouvoir d'émotion. Entouré de cinq musiciens virtuoses, aux violons, qanun, oud, flûtes, darbouka et percussions, il a façonné un paysage sonore où chaque instrument prolongeait la voix et les silences du maître.
Au fil d'une dizaine de compositions, parmi lesquelles « Rita », « Intadherha », « Fel Bal Oghniya », « Salaat » et l'incontournable « Ila Ommi », Marcel Khalifé a évoqué l'exil, l'amour, la famille, la spiritualité et la dignité des peuples. Les textes de Mahmoud Darwich ont retrouvé toute leur force, portés par une interprétation sobre et profondément habitée.
Entre les morceaux, le musicien a également pris la parole pour évoquer les drames qui traversent le monde arabe, rendant hommage aux réfugiés, au peuple de Gaza ainsi qu'au Liban meurtri. Avec « Salaat », il a adressé un salut poignant à son pays natal et à ses villages meurtris par les conflits, rappelant que la musique demeure un acte de mémoire autant qu'un appel à la paix.
L'un des moments les plus émouvants de la soirée est venu avec « Ila Ommi », ode intemporelle à la mère et à la tendresse filiale. Dans un amphithéâtre suspendu à sa voix, la chanson a suscité une émotion palpable, avant d'être saluée par une longue ovation.
À Hammamet, Marcel Khalifa n'a pas seulement interprété un répertoire devenu incontournable. Il a rappelé que la musique peut être à la fois un refuge, une mémoire et une forme de résistance. Une soirée d'une rare intensité, portée par un artiste dont l'œuvre continue de traverser les frontières, les générations et les consciences.
Festival international de Dougga : « Ziara », une clôture mémorable
Pour sa 50ème édition, le Festival international de Dougga a refermé son rideau avec « Ziara » de Sami Lajmi, un spectacle où patrimoine, musique et création contemporaine se sont rencontrés sur la scène du majestueux théâtre antique.
Dans une soirée où la mémoire des pierres a dialogué avec la force de la création, le Festival international de Dougga a célébré la fin de sa 50e édition avec « Ziara », porté par l’artiste Sami Lajmi. Plus qu’un concert, le spectacle a proposé une véritable expérience artistique, mêlant musique, mouvement et lumière, tout en révélant autrement la beauté du site antique.
Cette clôture a marqué l’aboutissement de cinquante années d’engagement en faveur d’une programmation exigeante, fidèle à l’art, à la création et à la singularité de ce monument historique exceptionnel.
La scénographie a constitué l’un des grands atouts de cette soirée. Le théâtre antique n’était pas un simple décor, mais un acteur à part entière du spectacle. Les jeux de lumière, les éléments visuels et les mouvements des artistes se sont intégrés avec finesse aux colonnes et aux pierres romaines, offrant des tableaux où l’histoire du lieu se mêlait à l’énergie de la scène.
La fluidité des enchaînements a également donné au spectacle sa force. Dès l’ouverture avec le « Fzou3 », chaque séquence s’est inscrite dans une continuité naturelle, sans rupture, guidant le public à travers un voyage sonore et visuel maîtrisé. Le tableau « Haya Nzourou » a notamment illustré cette nouvelle dynamique scénique, avec une configuration inédite des chanteurs sur le plateau, adaptée à l’esprit du théâtre antique.
Au-delà des voix, « Ziara » a reposé sur un équilibre subtil entre rythmes, mouvements et lumières. La présence de Mounir Troudi a apporté une intensité particulière à la soirée, notamment lors de « Rakeb 3al Hamra », un moment de communion forte entre l’artiste et le public.
Car le public de Dougga a été l’un des grands protagonistes de cette clôture. Joué à guichets fermés, le spectacle a transformé les gradins du théâtre antique en un espace de partage et d’émotion. Les applaudissements, les chants et les danses ont atteint leur apogée avec « Naghara », lorsque les percussions ont entraîné les spectateurs dans une célébration collective des traditions musicales tunisiennes.
Avec « Ziara », le Festival international de Dougga a offert une conclusion à la hauteur de son anniversaire. Une soirée où la richesse du patrimoine a rencontré une vision artistique contemporaine, confirmant la place de ce rendez-vous culturel parmi les grands événements de la scène tunisienne. Après cinquante ans d’histoire, Dougga continue ainsi d’écrire sa mémoire au rythme de la musique et de la création.
La magie de Sidi Bou Saïd consacrée par l’UNESCO
Une nouvelle reconnaissance pour le patrimoine tunisien : le village de Sidi Bou Saïd est désormais inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, consacrant un lieu emblématique de beauté, d’histoire et d’inspiration méditerranéenne.
Le village de Sidi Bou Saïd entre dans le cercle des sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. La décision a été adoptée à l’unanimité par la 48e session du Comité du patrimoine mondial de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), réunie du 19 au 29 juillet 2026 à Busan, en République de Corée, selon un communiqué de la Délégation permanente de la Tunisie auprès de l’UNESCO.
Cette inscription vient couronner plusieurs années de travail autour d’un dossier de candidature lancé en février 2024, après l’autorisation accordée par le président de la République, Kaïs Saïed, pour engager les démarches nécessaires. Élaboré et supervisé par le ministère des Affaires culturelles et l’Institut national du patrimoine (INP), en coordination avec le ministère des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, le dossier a mobilisé plusieurs institutions et parties prenantes nationales.
La candidature tunisienne a également été soutenue par une action diplomatique menée auprès de l’UNESCO et des membres du Comité du patrimoine mondial par la Délégation permanente de la Tunisie.
Lors de l’examen du dossier, Dhia Khaled, ambassadeur-délégué permanent de la Tunisie auprès de l’UNESCO et chef de la délégation tunisienne, a salué cette décision, mettant en avant la valeur universelle exceptionnelle du village. Il a rappelé que Sidi Bou Saïd constitue un espace singulier, où se rencontrent architecture, création artistique et spiritualité, au cœur des échanges culturels méditerranéens.
Cette reconnaissance représente également une responsabilité. Selon le diplomate, elle constitue un engagement supplémentaire pour la Tunisie en faveur de la protection, de la valorisation et de la transmission de son patrimoine sous toutes ses formes : culturel, naturel, immatériel et documentaire. Avec cette nouvelle inscription, la Tunisie compte désormais dix biens inscrits sur les listes de l’UNESCO, confirmant sa place parmi les pays arabes et africains les mieux représentés au sein de ces classements internationaux.
Cette consécration intervient après une année particulièrement riche pour le patrimoine tunisien, marquée également par l’inscription du Géoparc « Dahar » au Réseau mondial des géoparcs de l’UNESCO en avril 2026. Deux distinctions qui témoignent de la diversité et de la richesse d’un héritage que la Tunisie s’attache à préserver et à faire connaître.
Au-delà d’un classement, l’inscription de Sidi Bou Saïd célèbre l’âme d’un village devenu, au fil des siècles, une source d’inspiration pour les artistes, les voyageurs et tous ceux qui ont été touchés par son harmonie entre mer, lumière et architecture.
Mondial 2026 : le gardien cap-verdien Vozinha dans l’équipe type de la FIFA
La FIFA a dévoilé l’équipe type de la 23e édition de la Coupe du monde 2026, réalisée à partir des votes des internautes.
L’Espagne, championne du monde, place aussi trois éléments avec les latéraux Pedro Porro et Marc Cucurella ainsi que le milieu Rodri aux côtés de trois joueurs français (Upamecano, Olise et Mbappé)..
Les Argentins Lionel Messi et Lisandro Martinez, l’Anglais Jude Bellingham, le Norvégien Erling Haaland et le Cap-verdien Vozinha complètent cette sélection.
Voici le onze FIFA de la Coupe du monde 2026 : Vozinha – Porro, Li. Martinez, Upamecano, Cucurella – Rodri, Olise, Bellingham – Messi, Haaland, Mbappé.
Une belle distinction pour Vozinha qui était quasiment inconnu avant le Mondial 2026.
K.Z.
Le CAB en deuil : Décès de deux anciens présidents
La famille du Club Athlétique Bizertin (CAB) a été endeuillée, samedi, par la disparition de deux de ses anciens présidents, feu Ezzedine Karoui et Ali Belgaïd Hsine.
La nouvelle a suscité une vive émotion au sein du club « jaune et noir », qui perd deux figures ayant marqué son histoire et contribué à son développement au fil des années.
Nos sincères condoléances à toute la famille cabiste.
Equipe Nationale: le staff de Mouin Chaabani se précise
Le nouveau sélectionneur des Aigles de Carthage, Mouin Chaabani, 45 ans, a déjà composé une grande partie de son staff. Ainsi, il aura comme entraîneurs adjoints Mourad Melki et Seifallah Hosni. Le préparateur physique n'est autre que Hatem Boulila. Le Marocain Mohamed Seddik Belkaid occupera le poste d'entraîneur des gardiens et l'Egyptien Wissem Safwat, surnommé " Simo" celui d'analyste.
Ce staff à la disposition de Chaabani est susceptible d'être renforcé par d'autres profils.
J.B
EIGHT Hospitality Business School : La première école d'Hospitality tunisienne à obtenir la certification de l'EHL
EIGHT Hospitality Business School, première et unique école d'Hospitality en Tunisie, est devenu « Certified Member » du réseau des écoles certifiées de l'EHL Hospitality Business School de Lausanne, référence mondiale de l'enseignement en management de l'hôtellerie et de l'hospitalité.
Cette distinction internationale récompense l'excellence académique de l'établissement et confirme la conformité de son programme de formation aux standards pédagogiques et professionnels de l'EHL, classée première université mondiale en Hospitality & Leisure Management par le QS World University Rankings pour la huitième année consécutive.
Plus exigeant que le statut d'« Associate Member » obtenu en 2024, le statut de « Certified Member » témoigne de la qualité de l'enseignement, de l'approche fondée sur l'apprentissage par l'expérience et de l'engagement de l'école en faveur de l'employabilité de ses diplômés. Il permet également aux étudiants de EIGHT d'obtenir le Supplemental Certificate délivré par l'EHL, comme l'a précisé Anis Meghirbi, le Chief Commercial Officer de EIGHT Hospitality Business School .
Au-delà de cette reconnaissance institutionnelle, cette certification constitue une première pour la Tunisie. Elle confirme la capacité du pays à proposer une formation en Hospitality répondant aux plus hauts standards internationaux et positionne EIGHT Hospitality Business School comme une référence régionale dans la formation aux métiers de l'hospitalité.
Hausse des prix de près de 300 médicaments : Le Syndicat des pharmacies privées n’y est pour rien !
Après la décision de la Pharmacie centrale de Tunisie de réviser les prix d’environ 300 médicaments, le Bureau national du Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées a publié un communiqué pour clarifier sa position après les nombreuses interrogations suscitées par cette hausse inattendue.
Dans son communiqué, le syndicat précise que les pharmaciens d’officine n’ont pas été informés en amont de cette décision et n’ont participé ni à son élaboration ni à son adoption. Il rappelle qu’il est écarté, depuis près d’un an, des travaux de la Commission d’achat des médicaments (CAM) ainsi que de l’Observatoire du médicament. Selon le syndicat, sa participation à ces instances ne s’effectue désormais qu’à titre exceptionnel, sur invitation du ministre de la Santé ou de la directrice générale de l’Agence du médicament.
Faute de siéger au sein des commissions chargées des révisions tarifaires, l’organisation professionnelle estime ne pas être en mesure de se prononcer sur les critères techniques ayant conduit à ces augmentations. Elle indique toutefois que certaines hausses pourraient être liées à une réduction du niveau de subvention auparavant supporté par la Pharmacie centrale pour certains médicaments.
Le Syndicat des propriétaires de pharmacies privées affirme s’opposer à toute augmentation des prix qui ne reposerait pas sur une méthode objective et transparente. Il estime que toute révision tarifaire devrait prendre en compte plusieurs paramètres, notamment l’évolution des prix des matières premières, les fluctuations des taux de change des devises étrangères ainsi que l’adaptation des marges des pharmaciens afin de préserver la viabilité économique des officines.
Le communiqué souligne également la nécessité de trouver un équilibre entre la protection du pouvoir d’achat des citoyens, la continuité de l’approvisionnement du marché en médicaments et la pérennité des pharmacies privées, qui restent en première ligne face aux patients.
Finalement, c’est le citoyen qui va payer la facture de cette hausse décidée unilatéralement et sans raison convaincante !
Après l’annulation d’une traversée GNV vers Tunis : Des dizaines de Tunisiens bloqués au port de Civitavecchia
Des dizaines de Tunisiens résidant dans plusieurs pays européens se retrouvent actuellement bloqués au port de Civitavecchia, près de Rome, après l’annulation de la traversée maritime de la compagnie italienne GNV (Grandi Navi Veloci) à destination du port de La Goulette.
Selon les témoignages de plusieurs passagers recueillis par Mosaïque FM, la compagnie a justifié cette annulation par l’absence des autorisations nécessaires pour entrer et accoster au port de La Goulette, autorisations qui relèveraient des autorités maritimes tunisiennes. Ce qui rend cette situation plus confuse, c’est qu’aucune partie concernée (les autorités compétentes en Tunisie ou GNV) n’ont publié de communiqués pour éclairer notre lanterne à propos de cette affaire.
Les voyageurs indiquent être dans une situation difficile, certains voyageant en famille avec des enfants et des véhicules. Ils appellent les autorités tunisiennes et italiennes ainsi que la compagnie maritime à intervenir rapidement afin de trouver une solution, qu’il s’agisse d’une reprogrammation de la traversée ou d’une prise en charge adaptée.
Après la diffusion d’un entretien sur une chaîne publique française : La Tunisie convoque l’ambassadrice de France et dénonce une « ingérence inacceptable »
Le secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Étranger a convoqué, hier vendredi, l’ambassadrice de France en Tunisie afin de lui notifier la vive protestation des autorités tunisiennes à la suite de la diffusion, sur une chaîne publique française, d’un entretien avec une personne recherchée par la justice tunisienne.
Selon le ministère des Affaires étrangères, cet entretien comporte des atteintes à la souveraineté de l’État tunisien, cible sa sécurité nationale ainsi que ses institutions, et constitue un appel explicite à la sédition et aux affrontements internes.
À cette occasion, le secrétaire d’État a exprimé la ferme condamnation et la profonde indignation de la Tunisie face à la répétition de telles pratiques sur des médias publics français, accusés d’être utilisés pour diffuser des contenus incitant à la haine et véhiculant des allégations mensongères à l’encontre de l’État tunisien.
Le SE a estimé que ces agissements dépassent largement le cadre de la liberté d’expression, de la liberté de la presse et des règles déontologiques qui régissent la profession journalistique. Ils relèvent, selon lui, d’une ingérence inacceptable dans les affaires intérieures d’un État souverain, attaché à l’indépendance de sa décision nationale, tout en constituant une incitation directe contre ses institutions, ses symboles et sa sécurité nationale.
Le communiqué souligne que de tels actes sont réprimés aussi bien par la législation tunisienne que par le droit international et les usages diplomatiques.
Le secrétaire d’État a, par ailleurs, insisté sur le fait que le caractère public et officiel du média concerné engage la responsabilité morale de l’État français. Cette responsabilité, a-t-il affirmé, ne saurait être écartée au seul motif de l’indépendance de la ligne éditoriale ou du principe de la liberté de la presse.
La Tunisie considère, dès lors, qu’il appartient aux autorités françaises de prendre, de leur propre initiative et conformément à leur législation nationale, les mesures nécessaires pour mettre un terme à de tels agissements, qualifiés d’inacceptables par les autorités tunisiennes.
L’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle (Amvppc): Deux appels pour moderniser les structures d’accueil du Musée national du Bardo et du site archéologique antique de Gigthis à Boughrara
L’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle (Amvppc) a lancé deux appels à la concurrence pour moderniser et aménager les structures d’accueil du Musée national du Bardo à Tunis et du site archéologique antique de Gigthis à Boughrara, dans le gouvernorat de Médenine.
Selon les avis publiés sur la page officielle de l’Agence, le premier projet concerne le Musée national du Bardo. Cette consultation en ligne (N°29/2026) porte sur un lot unique dédié aux travaux d’aménagement, d’ameublement et d’éclairage intérieur de l’espace d’accueil du musée.
Les entreprises spécialisées ont jusqu’au 30 juillet 2026 à 10h00 pour soumettre leurs offres.
Le second projet, sous forme d’un appel d’offres national simplifié (N°08/2026), est destiné au site de Gigthis, dans le sud du pays. Ce chantier de lot unique vise à réhabiliter la structure d’accueil du site et s’adresse aux entrepreneurs de catégorie B0 (ou plus) agréés par le ministère de l’Équipement et de l’Habitat.
La date limite de dépôt des dossiers est fixée au 11 août 2026 à 10h00.
Installé dans un ancien palais beylical du XIXe siècle, le Musée national du Bardo est mondialement réputé pour la richesse et la variété de ses collections, notamment sa célèbre collection de mosaïques antiques, à l’instar de la mosaïque du poète Virgile et de celle du Triomphe de Neptune.
De son côté, le site de Gigthis, ancienne cité doublement portuaire et carrefour commercial, recèle d’importants vestiges romains et byzantins, parmi lesquels figurent un forum, des thermes, un marché aux poissons (macellum), ainsi qu’un capitole original dédié aux divinités alexandrines Sérapis et Isis.
Pour ces deux appels, la participation s’effectue obligatoirement en ligne via la plateforme nationale d’achat public Tuneps, où les cahiers des charges sont téléchargeables gratuitement. Les documents originaux non numérisés, tels que le cautionnement bancaire provisoire et l’extrait du Registre National des Entreprises (RNE), doivent quant à eux parvenir sous pli fermé au Bureau d’Ordre Central de l’AMVPPC à Tunis avant les échéances respectives.
Angélique Kidjo au Festival international de Carthage: Une célébration de l'Afrique, un hymne à l'humanité
Une voix, un continent, une ferveur. À Carthage, Angélique Kidjo a transformé le concert en une célébration lumineuse de l'Afrique, portée par l'énergie, la liberté et le partage.
La sixième soirée de la 60ᵉ édition du Festival international de Carthage a pris les couleurs de l'Afrique. Sous les étoiles de l'amphithéâtre romain, Angélique Kidjo, figure majeure des musiques du monde, a offert un concert incandescent, où les rythmes africains ont rencontré le jazz, la soul, le funk, les sonorités latines et les traditions du monde. Une performance généreuse, traversée par une même pulsation : celle de la liberté.
Cette venue marquait les retrouvailles de l'artiste béninoise avec le public tunisien, quatre ans après son passage à Djerba lors du Sommet de la Francophonie de 2022. Mais dès son apparition sur scène, le temps semblait s'être effacé. Drapée de couleurs éclatantes, le sourire lumineux et l'énergie intacte, Angélique Kidjo a immédiatement imposé sa présence, de celles qui remplissent un théâtre avant même la première note.
« Vive l'Afrique, vive l'humanité ! » a-t-elle lancé, comme un manifeste. En quelques mots, tout était dit. Chez elle, la musique n'est jamais un simple divertissement. Elle est une parole, un pont entre les peuples, une célébration des racines et un appel à l'universel.
Les premières mesures de « Kukua » ont aussitôt embrasé l'amphithéâtre. Les percussions ont fait battre le cœur de Carthage au rythme du continent africain, tandis que la voix puissante de la chanteuse dessinait un voyage sans frontières, où chaque chanson devenait une escale entre mémoire, modernité et métissage.
En près de deux heures de spectacle, Angélique Kidjo a revisité vingt-trois titres puisés dans une carrière de plus de quarante ans et dix-huit albums. Une œuvre immense, couronnée de nombreuses distinctions internationales, qui n'a jamais cessé d'explorer les dialogues entre les cultures sans renier ses racines béninoises.
Parmi les instants les plus émouvants, « Super Woman » a résonné comme un hommage vibrant aux femmes qui résistent, créent, élèvent et refusent de céder face aux injustices. Un chant de dignité et de courage, accueilli dans un silence chargé d'émotion avant d'être salué par une longue ovation.
Très vite, le concert s'est transformé en une immense communion. Les spectateurs ont repris à l'unisson « You Can », « Ayé Kan », « Malaika » et « Oyaya », faisant de l'amphithéâtre un chœur géant où les voix se mêlaient aux battements des percussions.
L'interprétation de « Jerusalema », devenue un hymne planétaire, a constitué l'un des sommets de la soirée. Debout, le public a dansé, chanté et célébré cette musique qui rassemble bien au-delà des langues et des frontières.
À Carthage, Angélique Kidjo n'a pas seulement livré un concert. Elle a rappelé que l'Afrique est une mémoire en mouvement, une énergie créatrice et une promesse d'avenir. Dans la douceur de la nuit, sa voix a porté un message simple mais essentiel : celui d'une humanité capable de se retrouver dans le langage universel de la musique.
Festival international de Hammamet: Faraj Suleiman, les notes d'une mémoire en mouvement
À Hammamet, Faraj Suleiman a fait du piano une terre d'émotions, où le jazz, la mémoire et l'exil se sont mêlés dans une même respiration musicale.
Dans une atmosphère feutrée, Faraj Suleiman a signé son retour sur l'une des scènes les plus emblématiques de Tunisie à l'occasion de la 60 ème édition du Festival international de Hammamet. Le pianiste et compositeur palestinien s'est installé face à son piano, entouré de sept musiciens, offrant d'emblée un concert empreint de délicatesse et d'intensité.
À la croisée du jazz, de la musique classique et des traditions arabes, l'artiste a déployé un univers où chaque mélodie raconte une histoire. Alternant pièces instrumentales et chansons, il a exploré les thèmes qui traversent son œuvre : l'exil, l'appartenance, la mémoire et les liens humains.
« Nous sommes heureux d'être avec vous ce soir. Hammamet est une étape essentielle de notre tournée », a-t-il confié au public, heureux de retrouver la Tunisie après son passage remarqué à Carthage en 2022.
Le concert a réuni plusieurs titres de son dernier album, « Maryam », ainsi que des compositions emblématiques comme « Questions on My Mind », « How Are You? », « Bad Timing » et « Hymn to Gentrification ». À travers ces œuvres, Faraj Suleiman confirme une écriture singulière où le piano devient un espace de narration, capable de faire dialoguer émotions, identité et mémoire.
Plus qu'un concert, l'artiste palestinien a offert à Hammamet un voyage musical sensible, où le silence, les notes et les mots ont raconté ce que l'exil et l'espérance ont de plus universel.
Musée national de Carthage: Cent archets pour réveiller les pierres millénaires
Par Imen Abderrahmani
En ce 25 juillet, jour de la Fête de la République, le Musée national de Carthage accueillera « 100 Violons ». Une création évolutive de Zied Zouari où les archets feront dialoguer patrimoine, mémoire et création, dans l'un des plus prestigieux écrins de l'histoire tunisienne.
Après avoir signé l'ouverture de la 53ème édition du Festival international de Monastir, le projet "100 violons" poursuit son itinérance et donne rendez-vous au public, ce soir à 19h00, au Musée national de Carthage. Une étape hautement symbolique, à la fois par la singularité du lieu et par la date choisie, celle de la Fête de la République, qui confère à cette rencontre entre musique et patrimoine une résonance particulière.
Imaginé par le violoniste et compositeur Zied Zouari, le projet prolonge une démarche artistique amorcée à travers des créations comme "Electro Btaihi", "Maqâm Roads" ou "Made in Africa". Avec "100 violons", l'artiste franchit une nouvelle étape en faisant de l'orchestre un espace de recherche, de transmission et d'innovation, où le patrimoine musical tunisien dialogue avec les écritures contemporaines.
Pensé comme une recherche artistique et académique, le projet ne se limite pas à une forme figée. Il évolue au gré des lieux qui l'accueillent, des musiciens qui le rejoignent et des répertoires qu'il explore.
« Chaque spectacle a ses spécificités et le répertoire est ajusté selon le cadre et le public », explique Zied Zouari. « Pour l'ouverture du Festival international de Monastir, nous avons choisi de mettre en lumière le patrimoine musical et l'héritage oral de la région, en faisant dialoguer les violons avec la musique soufie. Ce spectacle était à la fois une célébration de ce patrimoine, de la mémoire, de mes débuts et de mon enfance, d'un héritage commun et de la transmission. C'était aussi une forme d'expérimentation, une manière d'affirmer qu'il n'existe plus de frontières entre les musiques, ni de hiérarchie entre les instruments. »
Cette approche fait de "100 violons" une œuvre en perpétuelle évolution, où chaque représentation devient une nouvelle lecture du patrimoine. Les orchestrations se réinventent, les effectifs se renouvellent et le dialogue entre les traditions tunisiennes et les musiques du monde s'enrichit d'une escale à l'autre.
L'ambition est également pédagogique. Le projet rassemble sur une même scène des élèves, des étudiants des instituts supérieurs et conservatoires de musique, leurs enseignants ainsi que des musiciens professionnels. Une aventure collective où l'exigence artistique se nourrit de la transmission des savoirs et où la scène devient un lieu d'apprentissage autant que de création.
Dépoussiérer la mémoire
À Monastir, cette vision a pris la forme d'une vaste fresque musicale réunissant 140 violonistes, accompagnés des "Awamria de Sidi Amer". Une rencontre entre les cordes et le patrimoine soufi qui a profondément marqué le public et donné toute sa mesure à cette démarche artistique.
À Carthage, c'est une nouvelle page qui s'écrira. Pour Zied Zouari, les sites archéologiques ne sont pas seulement des témoins du passé ; ils peuvent devenir des scènes vivantes où l'histoire continue de s'inventer.
« La Tunisie possède des centaines de sites archéologiques et de monuments qui peuvent accueillir des projets artistiques. J'ai voulu faire dialoguer le patrimoine matériel avec le patrimoine immatériel, apporter ma sensibilité de musicien et de Tunisien à ces lieux qui constituent une source de fierté pour nous tous. Que de ces pierres millénaires, témoins du génie de nos ancêtres, jaillissent la lumière, la musique et l'émotion ; que leur silence se transforme en résonance, et que leur mémoire continue de vibrer à travers les archets des générations d'aujourd'hui. »
Dans le décor majestueux du Musée national de Carthage, "100 violons" promet ainsi bien davantage qu'un concert. Il invite à une rencontre entre les vestiges d'une civilisation plusieurs fois millénaire et les voix d'une jeunesse qui réinvente son héritage. En ce 25 juillet, la musique célébrera à la fois la République, la transmission et cette conviction chère à Zied Zouari : un patrimoine ne demeure vivant que lorsqu'il continue d'inspirer les artistes qui le font résonner au présent.
Imen.A.
Festival international de Carthage: « Musiques de mon pays », Les mélodies d'un pays retrouvées
La 60èmeédition du Festival international de Carthage a rendu hommage au patrimoine musical tunisien avec « Musiques de mon pays ». Une traversée des grandes pages de la chanson tunisienne, entre transmission, émotion et ouverture sur la Palestine.
Création de l'Orchestre Symphonique Tunisien dirigé par Shady Garfi, « Musiques de mon pays » a été un voyage bien rythmé dans la mémoire.
La soirée s’est ouverte sur un ballet aux accents poétiques, avant que l'orchestre n'entre en scène sur une version symphonique de « Sir Tounes » de Chedly Mefteh. Cette ouverture donnait le ton d'un voyage musical à travers plus d'un demi-siècle de création tunisienne.
Noureddine El Beji a inauguré la partie vocale avec « Fi Ouyounak Nar » de Mohamed Jamoussi puis « Chahloula » d’Ahmed Hamza. Arij Braik lui a succédé avec « EchYhem » de Mohamed Sassi et « Mahboubi El Ghali » de Mohamed Ridha. Ahmed Rebai a rendu hommage à Ali Riahi et Hédi Jouini à travers « Bou Said El Ali » et « Donia Zina », tandis qu’Asma Ben Ahmed a interprété « Zahr El Laymoun » de Mohamed Triki et « Awdetni Al Wed » d’Abdelkrim Sahabou.
L'un des moments les plus émouvants de la soirée est venu de la chanteuse palestinienne Rola Azar, invitée d'honneur du spectacle. Son interprétation de « HedhihArdhi » a suscité un profond recueillement avant d'être saluée par une longue ovation. À travers cette prestation, le Festival de Carthage a réaffirmé son attachement aux valeurs de dialogue, de solidarité et de fraternité entre les peuples.
La seconde partie du concert a poursuivi cet hommage au patrimoine musical tunisien avec « KiYdhikBikDahr » de SadokThraya, « Ah Mel Inin » de Kadour Srarfi, « Ma AhlaLayaliIchbilia », « Donia Henia » de Salah El Mehdi, ainsi que « Guitara » et « Yasmine », interprétées par NesrineMahbouli.
La soirée s'est achevée avec Chokri Bouzayen, qui a interprété « KaessEssabr » de Samir Agrebi avant de conclure avec « Ma Sabni », dont il est le compositeur et l'interprète, sous les applaudissements d'un public conquis. La soirée a été marquée par la présence de la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi.
Sans trahir l'esprit des œuvres originales, les arrangements de Shady Garfi ont offert une lecture renouvelée d'un patrimoine qui continue de nourrir l'identité musicale tunisienne et de rassembler les générations.
















