Pour sa 50ème édition, le Festival international de Dougga a refermé son rideau avec « Ziara » de Sami Lajmi, un spectacle où patrimoine, musique et création contemporaine se sont rencontrés sur la scène du majestueux théâtre antique.
Dans une soirée où la mémoire des pierres a dialogué avec la force de la création, le Festival international de Dougga a célébré la fin de sa 50e édition avec « Ziara », porté par l’artiste Sami Lajmi. Plus qu’un concert, le spectacle a proposé une véritable expérience artistique, mêlant musique, mouvement et lumière, tout en révélant autrement la beauté du site antique.
Cette clôture a marqué l’aboutissement de cinquante années d’engagement en faveur d’une programmation exigeante, fidèle à l’art, à la création et à la singularité de ce monument historique exceptionnel.
La scénographie a constitué l’un des grands atouts de cette soirée. Le théâtre antique n’était pas un simple décor, mais un acteur à part entière du spectacle. Les jeux de lumière, les éléments visuels et les mouvements des artistes se sont intégrés avec finesse aux colonnes et aux pierres romaines, offrant des tableaux où l’histoire du lieu se mêlait à l’énergie de la scène.
La fluidité des enchaînements a également donné au spectacle sa force. Dès l’ouverture avec le « Fzou3 », chaque séquence s’est inscrite dans une continuité naturelle, sans rupture, guidant le public à travers un voyage sonore et visuel maîtrisé. Le tableau « Haya Nzourou » a notamment illustré cette nouvelle dynamique scénique, avec une configuration inédite des chanteurs sur le plateau, adaptée à l’esprit du théâtre antique.
Au-delà des voix, « Ziara » a reposé sur un équilibre subtil entre rythmes, mouvements et lumières. La présence de Mounir Troudi a apporté une intensité particulière à la soirée, notamment lors de « Rakeb 3al Hamra », un moment de communion forte entre l’artiste et le public.
Car le public de Dougga a été l’un des grands protagonistes de cette clôture. Joué à guichets fermés, le spectacle a transformé les gradins du théâtre antique en un espace de partage et d’émotion. Les applaudissements, les chants et les danses ont atteint leur apogée avec « Naghara », lorsque les percussions ont entraîné les spectateurs dans une célébration collective des traditions musicales tunisiennes.
Avec « Ziara », le Festival international de Dougga a offert une conclusion à la hauteur de son anniversaire. Une soirée où la richesse du patrimoine a rencontré une vision artistique contemporaine, confirmant la place de ce rendez-vous culturel parmi les grands événements de la scène tunisienne. Après cinquante ans d’histoire, Dougga continue ainsi d’écrire sa mémoire au rythme de la musique et de la création.

