Après 18 ans d’absence, le chanteur libanais Rayan a offert bien plus qu’un concert. Une soirée où chaque note s’est transformée en message d’espoir au profit des soins palliatifs.
La scène du Festival international de Carthage a accueilli, avant-hier, un rendez-vous exceptionnel avec le chanteur libanais Rayan. Un concert placé sous le signe de la générosité, puisque l’intégralité des recettes sera reversée à l’Association tunisienne pour la promotion des soins palliatifs. L’artiste, qui a choisi de se produire bénévolement, a voulu faire de ces retrouvailles avec le public tunisien un acte de solidarité.
Derrière cette initiative se trouve une histoire personnelle. Ayant lui-même traversé l’épreuve de la maladie et vaincu un cancer quelques années auparavant, Rayan a souhaité transformer son expérience en un engagement auprès de ceux qui continuent leur combat. Lors de la conférence de presse précédant le spectacle, il a expliqué être à l’origine de cette soirée caritative, portée par le désir de soutenir les patients et leurs familles. Un geste inédit pour l’association, qui reçoit pour la première fois un don d’une telle ampleur de la part d’un artiste depuis sa création il y a 25 ans. Dans la matinée précédant le concert, le chanteur s’est également rendu à l’Institut Salah Azaiez pour apporter son soutien aux malades.
Figure marquante de la scène arabe des années 2000, Rayan s’est imposé dès ses premiers titres par une voix à la fois douce, chaleureuse et expressive. Si sa présence médiatique s’est faite plus discrète ces dernières années, ses chansons continuent de vivre auprès d’un large public et cumulent des millions d’écoutes sur les plateformes numériques.
Un musique qui console
Accompagné par l’Orchestre national tunisien sous la direction du maestro Youssef Belhani, Rayan a ouvert la soirée avec une nouvelle chanson intitulée « Tounes », composée spécialement pour l’occasion. En dialecte libanais, ce titre a immédiatement installé une atmosphère de proximité et d’affection avec le public tunisien.
Après un bref discours de remerciement, l’artiste a plongé dans son univers romantique avec plusieurs titres emblématiques de son répertoire. De « Kanet rouhi » à « Ha’allimak », en passant par « Hala ghariba » et son grand succès « Ahla gharam », il a ravivé la mémoire musicale de toute une génération. Le public, devenu chœur à part entière, a repris avec ferveur les refrains les plus connus.
La soirée a également été marquée par des hommages à de grandes voix de la chanson arabe, notamment Georges Wassouf avec « Khsert kol enass alachanou », Abdelhalim Hafez avec « Gana el hawa » et Fairouz avec « Nassam alayna l hawa », interprétée avec les drapeaux tunisien et libanais en symbole d’amitié entre les deux pays. Rayan a aussi rendu hommage à la regrettée Dhekra en reprenant son titre intemporel « El Assami ».
En refermant la soirée avec « Tounes », Rayan a offert une conclusion à l’image de son engagement : chaleureuse, sincère et porteuse d’espoir. À Carthage, la musique n’a pas seulement diverti ; elle a rassemblé, consolé et rappelé sa force la plus précieuse : celle de créer du lien humain.

