Elle aurait généré près de 300 millions de dinars au mois de novembre : L’huile d’olive tunisienne perd plus de 20% de son prix à l’exportation
Par Hassan GHEDIRI
Doublement pénalisée par la domination du vrac et par la chute des cours internationaux, l’huile d’olive tunisienne s’offre à un prix moyen de 20 mille dinars la tonne…
Les importateurs espagnoles et italiens d’huile d’olive tunisienne qui payaient, l’année dernière l’équivalent de 24 dinars le kilogramme sont en train de profiter d’une remise de 20%. C’est en effet, le rabais moyen qui s’applique systématiquement à toutes les ventes effectuées au cours du mois de novembre, durant lequel la Tunisie a exporté 14,8 mille tonnes. En attendant qu’elles atteignent la vitesse de croisière à partir de début 2025, les exportations de l’huile d’olive qui se font malheur sèment à plus de 90% en vrac, ont généré des revenus de l’ordre de 281,2 millions de dinars et ce d’après les chiffres datant du 30 novembre dernier. Selon les décomptes établis par l’Observatoire nationale de l’agriculture sur la base des données fournies par les services de la douane, les exportations font état d’une hausse en volume de 47% contre une hausse de 16,7% en termes de valeur par rapport au même mois de l’année 2023. Le prix moyen enregistré a en effet baissé de 20,7% soit 19,02 DT/kg contre 23,97 DT/kg enregistré au cours du mois de novembre 2023.
L’Espagne et l’Italie continuent par ailleurs à être les deux principales destinations vers lesquelles s’exporte quasiment 60% de notre huile. Le Péninsule Ibérique et la botte italienne se partagent respectivement 33% et 29% de l’huile tunisienne écoulée à l’étranger. Les importateurs dans ces deux plus grands producteurs d’huile d’olive mondiaux se disputent l’huile tunisienne expédiée en vrac, pour l’emballer et le réexporter sous leurs propres marques. L’exportation de plus de 90% de l’huile d’olive en vrac représente en effet un manque à gagner colossal pour la Tunisie qui pouvait s’estimer à des centaines de millions de dinars qui vont dans la poche des importateurs européens.
L’Etat qui a pris des dispositions exceptionnelles à l’occasion de la nouvelle campagne de 2024/2025 en vue de soutenir les oléiculteurs tunisiens confrontés à une baisse considérable des prix, n’a prévu aucune mesure destinée à promouvoir le conditionnement de l’huile destinée à l’export. Il semble que c’est sur le vrac que l’on continue à miser. C’est du moins ce que laisse comprendre les autorités en annonçant qu’à compter du 1er janvier prochain, les exportateurs privés peuvent accéder au quota annuel de l’Union européenne pour l’huile d’olive en vrac. Deux autres actions dédiées aux exportateurs concernent la suppression des autorisations préalables et la mise en œuvre d’un programme, l’exploration de nouveaux marchés internationaux.
Quant à l’essentiel des mesures engagées, depuis début décembre, elles visent principalement à stabiliser le marché et à préserver la compétitivité de la filière dans un contexte de baisse des prix. L’Office National de l’Huile (ONH) avait ainsi mis en œuvre un programme spécial d’achat, auprès des producteurs, afin de préserver les marges au niveau des standards locaux et internationaux. L’intervention de l’ONH consiste également à augmenter les capacités de stockage en consacrant 80 mille tonnes aux producteurs en plus de la mise en place d’un mécanisme de subvention en faveur des opérateurs privés qui adhèrent au programme de stockage.
H.G.
Retour possible des Djihadistes tunisiens de Syrie… : La voie de salut face à un danger potentiel
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
La chute du régime de Bachar Al Assad va certainement accélérer le retour des Djihadistes dans leurs pays d’origine. Et puisque la Tunisie est concernée par ce fléau, que faut-il faire pour faire face à ce danger?
Cinq Takfiristes ont été arrêtés durant les 24 dernières heures dans les gouvernorats de Kasserine, de Médenine et de Monastir, et ce, dans le cadre de lutte contre le terrorisme dont la Tunisie n’est pas toujours totalement à l’abri. En effet, le spectre du terrorisme est toujours présent et nourrit par plusieurs éléments dont notamment la chute spectaculaire du régime de Bachar Al Assad qui pourrait ouvrir la voie au retour des milliers de terroristes ayant combattu le régime syrien durant la dernière décennie. La Tunisie est bien évidemment concernée par ce fléau et les chiffres parlent de plus de cinq mille Djihadistes tunisiens qui seront certainement de retour en Tunisie au cours de la prochaine période. Que faut-il faire, de fait, pour faire face à ce danger? Interrogé à ce sujet, l’avocat Me Houssem Eddine Ben Atiya, nous a indiqué: «On le dira jamais assez. Il ne faut pas baisser les bras et crier victoire quand on parle de terrorisme. La menace est bien réelle et les cellules dormantes peuvent toujours surgir et passer à l’acte. Bien que la stratégie nationale de lutte contre l’extrémisme et le terrorisme qui s’articule autour de quatre piliers fondamentaux, à savoir la prévention, la protection, la poursuite et enfin la réponse, a bien fonctionné jusqu’ici, il faut prendre compte de chaque nouvel élément dont bien évidemment, le retour possible et éventuel des Djihadistes ayant combattu en Syrie et ce après la chute du régime de Bachar Al Assad. Alors, pour faire face à cette nouvelle menace, il faut entraver la capacité des terroristes de planifier et de commettre des actes terroristes et à traduire leurs auteurs en justice, et ceci à travers le développement et le renforcement des capacités humaines et logistiques de l’Etat dans la poursuite des individus et groupes terroristes». Comment, de fait, la Tunisie se prépare pour faire face à ce retour de milliers de terrorises?
Réactions
Même si certains observateurs estiment que le retour des Djihadistes tunisiens de Syrie n’est aussi éminent comme le préconise certaines parties, le communiqué du mouvement islamiste Ennahdha qui a salué la chute du régime de Bachar Al Assad a interpellé plus d’un spécialiste. Dr Sahbi Khaldi, nous a confié à cet effet: «A mon avis, il faut activer immédiatement la stratégie nationale en matière de lutte contre le terrorisme en instaurant une instance permanente de gestion de crise capable d’agir et de gérer les crises et d’évaluer les actions entreprises. Aussi, il faut élaborer une stratégie de communication de crise et renforcer la coopération régionale et internationale en matière d’échange de renseignements et d’expériences ainsi que renforcer les capacités des forces de sécurité, de défense et des moyens de renseignements. Renforcer la gestion de l’identification des voyageurs dans le cadre d’une approche globale entre les différentes autorités concernées est aussi une urgence vue que ces Djihadistes ont formé des familles qui peuvent les accompagner en Tunisie. Il faut aussi adopter des mécanismes pour entraver le financement des individus ou entités terroristes et assurer l’intégrité du secteur financier et des entreprises et professions non financières désignées et doter les services compétents de moyens financiers, humains et techniques nécessaires». A noter que les estimations varient entre 3.000 et 12.000 personnes qui font partie des différents groupes djihadistes en activité en Syrie. Certains sont morts, d’autres se sont mariés et ont eu des enfants.
M.B.S.M.
Editorial : Rien que l’unité… - Par Jalel HAMROUNI
La chute spectaculaire du régime de Bachar Al Assad en Syrie provoquera, sans doute, des changements géopolitiques radicaux dans la région du Moyen-Orient. En fait, la Syrie était, tout au long de la dernière décennie, une arène de conflits stratégiques entre les puissances régionales et internationales qui ont mis le chaos dans le pays. Aujourd’hui, les Syriens aspirent à un avenir meilleur et à une transition démocratique pacifique.
Alors que les Syriens se préparent à se construire une nouvelle vie, tous les projecteurs sont désormais braqués sur la Libye où la division et le chaos persistent depuis déjà des années.
Les factions libyennes pataugent depuis plus d’une décennie dans un état de stagnation politique qui a entravé l’unification du pays. Suite à la nouvelle donne en Syrie, la Libye semble être un terrain propice pour devenir la prochaine arène des conflits géostratégiques entre les grandes puissances mondiales.
La chute d’Al Assad affectera, certes, cet équilibre fragile entre le gouvernement d'Oussama Hammad à Tripoli, soutenu par le Parlement et le maréchal Khalifa Haftar à Benghazi.
D’ailleurs, il n’est plus secret que le régime d'Al Assad apporte depuis longtemps, directement ou indirectement, un soutien à l'administration répressive du maréchal Khalifa Haftar et de ses fils, à travers une idéologie commune basée sur l'autoritarisme, le régime oligarchique et les réseaux commerciaux illicites qui ont contribué à maximiser leur richesse.
C'est pour cette raison que le gouvernement de Haftar a rouvert l'ambassade de Libye à Damas en 2020. Une décision qui a été encouragée et facilitée par les Émirats arabes unis, qui ont longtemps joué un rôle politique et militaire de soutien et qui dirigeaient alors les efforts arabes pour normaliser leurs relations avec le dictateur syrien.
Les récents développements en Syrie et la rupture soudaine de ces liens ont placé Haftar et son groupe dans une nouvelle situation inconfortable qui pourrait l'inciter à reconsidérer ses orientations politiques à l'intérieur et à l'extérieur du pays, d'autant plus que l'un de ses principaux soutiens extérieurs est également sous pression, en référence aux Russes.
L’impasse politique libyenne, qui a empêché le pays de progresser vers la fin de la période de transition en établissant un pouvoir exécutif élu par le peuple et en résolvant d’importantes divisions institutionnelles, pourrait s’aggraver et attiser les flammes du conflit dans un avenir proche.
Le chef du gouvernement libyen d’unité nationale, Abdel Hamid Dbeibah, n’a pas tardé à exprimer ses craintes de voir son pays devenir une arène pour des conflits entre puissances étrangères.
Un tel scénario cauchemardesque enfoncera davantage le clou dans le cercueil des efforts visant à unifier le pays.
Le danger est, donc, bien réel. Ainsi, la seule issue pour prémunir la Libye et les libyens de morcèlement, est de s’unir autour de la table de dialogue afin de former un gouvernement national pour tous les Libyens.
Consciente de danger auquel le pays est exposé suite à la chute de Bachar Al Assad en Syrie, la mission des Nations Unies en Libye a révélé la formation d'un comité technique qui comprend un groupe d'experts libyens, dont la mission serait de déterminer les priorités et les principales étapes pour former un gouvernement consensuel visant à mettre fin à la crise politique que traverse le pays depuis années. Ce processus se concentre sur l’instauration de la stabilité et la prévention de l’escalade, en plus d’unifier les institutions nationales et d’ouvrir la voie à la tenue d’élections et au règlement des différends qui durent depuis des années.
Entretemps, les Libyens attendent avec impatience que ces mouvements contribuent à mettre fin aux périodes de transition en cours depuis le renversement du régime de Mouammar Kadhafi et à trouver une solution aux conflits politiques et armés qui épuisent le pays depuis plus d’une décennie.
Jalel HAMROUNI
JCC 2024: "Wed" de Habib Mestiri fait sensation
Sélectionné dans la section "Panorama 35” de la 35ème édition des Journées Cinématographiques de Carthage (JCC, 14-21 décembre 2024), le film “Wed” a été projeté dans une première nationale vendredi soir à la salle 4ème Art à Tunis, en présence du réalisateur et de l’équipe du film, qui réunit une pléiade d’acteurs et d’actrices en l’occurrence Ahmed Amine Ben Saad, Najwa Miled, Jamal Madani, Jamal Sassi, Tawfik El Gharbi et le nouveau talent Khouloud Jlidi.
Le film “Wed” suit le personnage de Khalil, un journaliste de gauche profondément obsédé par la défense de la justice et des causes des opprimés, qui se transforme, suite à la répression et à la corruption, en une figure “donquichottesque”, luttant contre une multitude de spectres tout en cherchant refuge dans les rêves.
Le film se présente comme un voyage complexe, dévoilant des événements mondiaux majeurs qui ont redéfini le cours de l’histoire. Il dépeint une réalité dominée par les valeurs du profit et de l’utilité, où les émotions et les sentiments sont réduits à de simples marchandises à vendre et à consommer. Au cœur de cette transformation, les valeurs d’humanité et de lien sincère se sont dissipées, laissant un vide où illusions et vérités brutales s’affrontent.
Il est à noter que le film vient de remporter le 3ème prix dans la catégorie "longs métrages fiction” du Arab Creativity Festival (festival de la créativité arabe), qui s’est déroulé du 15 au 19 décembre 2024 en Egypte, sous le patronage du ministère égyptien de la Jeunesse et des Sports.
Les candidatures pour Yallab prolongées
L’appel à projet pour la troisième édition du laboratoire d’éducation numérique « Yallab » a été prolongé jusqu’au 31 décembre 2024.
L’édition Yallab 2024/2025 est proposée dans le cadre du programme « Amélioration et Renforcement Linguistique des élèves en Tunisie », lancé le 1er janvier 2024 pour une durée de quatre ans.
Après les premières éditions en 2019 et 2022, le programme « Yallab » lancé par l’Institut Français de Tunisie (IFT) et cofinancé par l’Union européenne en Tunisie et l’AFD (Agence Française de Développement), vise à dynamiser le secteur EdTech en Tunisie. Il est destiné aux entrepreneurs tunisiens ayant un projet dans le domaine de l’apprentissage de l’arabe et/ou du français faisant appel à des technologies innovantes.
Il promeut des applications innovantes pour l’apprentissage des langues, basées sur la gamification et utilisant la réalité virtuelle et augmentée. Il s’agit d’un laboratoire d’expérimentation et de production dédié à l’apprentissage immersif des langues, reliant start-ups, chercheurs, organisations culturelles et apprenants pour améliorer les compétences en langues.
Appui international à l’entrepreneuriat féminin en Tunisie
Récemment, la Chambre Nationale des Femmes Cheffes d'Entreprises (CNFCE) a testé un programme de formation innovant à Tunis, en Tunisie, pour accompagner les entreprises dirigées par des femmes dans leur transition écologique.
Développé en collaboration avec l'Organisation Internationale du Travail (OIT) et la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD), ce projet vise à offrir des outils pratiques aux membres de la CNFCE.
Onze femmes d'affaires, membres du conseil exécutif de la CNFCE, ont expérimenté le programme, qui comprend un guide pour les formateurs et un guide pour les participantes. Ces matériaux sont conçus pour aider les entrepreneures à intégrer des pratiques écologiques dans leur stratégie d'entreprise tout en tenant compte des défis spécifiques auxquels elles font face.
Ce programme aborde des enjeux tels que l'identification des lacunes dans les pratiques environnementales actuelles et le développement de stratégies adaptées pour des entreprises plus vertes. L’objectif est également de s'assurer que la transition écologique soit bénéfique à la fois pour les affaires, la communauté et la planète.
Ce projet pilote s'inscrit dans le cadre du programme pour un travail décent pour les femmes en Égypte, au Maroc et en Tunisie, soutenu par le ministère des Affaires étrangères de la Finlande. Ce programme ambitionne de renforcer le rôle des femmes entrepreneures dans la transformation écologique, tout en promouvant une transition juste et inclusive.
La CNFCE prévoit d'ajuster le contenu du manuel et des guides en fonction des retours obtenus lors de cette première session, ouvrant ainsi la voie à une adoption plus large de cette initiative dans les mois à venir.
Le Club Africain paiera-t-il cher le départ de son gardien, Rayan Ben Rabah ?
Le Club Africain pourrait se retrouver sans gardien de but demain face à son rival traditionnel dans le derby de la capitale tunisienne, l'Espérance de Tunis, après que des doutes aient plané sur la possibilité de la participation de son gardien Ghaith Al-Yarni à ce match pour cause de blessure.
En peu de temps, le Club de Bab Jedid a perdu tous ses gardiens, à commencer par Rayen Ben Rabah, devenu le portier de l’AS Slimane, Moez bin Hassan en raison d'une blessure, et Ghaith Al-Yafrani également en raison d'une blessure. La situation est qu'une équipe de la taille de l'Afrique n'aurait pas pu perdre aussi facilement un de ses gardiens qui est l'une des découvertes les plus marquantes de la dernière décennie dans le football tunisien. On parle de Rayan Ben Rabah, qui s'est retrouvé contraint de quitter l'équipe en raison de l'indifférence de l'administration technique et également de l'instance dirigeante, et le résultat est que le Club Africain est aujourd'hui sans gardien et se prépare à affronter son voisin, l'Espérance, dans un match dont l’enjeu réside non seulement dans la course au titre, mais aussi dans sa symbolique, compte tenu de l'histoire de l'équipe et de la concurrence acharnée avec son rival traditionnel. Les supporters peuvent être, en effet, indulgents avec l'équipe si elle ne remporte pas de titres, mais ils peuvent être durs avec elle si elle perd le derby. Ainsi, le nom de Rayan Ben Rabah revient sur le devant de la scène, car si le Club Africain avait gardé ce portier, il ne se serait pas retrouvé aujourd’hui dans une situation qui ne sied pas à une équipe de la taille du Club africain. Peut-être que demain tout le monde regrettera d'avoir négligé ce gardien, là où le regret ne servira à rien.
Selon la BCT : Les banques tunisiennes ont réalisé un bénéfice net de 1500 millions de dinars en 2023
Le spécialiste des questions bancaires Sofiène Lourimi a déclaré, que le dernier rapport de surveillance financière, élaboré par la Banque centrale de Tunisie montre que les 22 banques tunisiennes ont réalisé un bénéfice net de 1500 millions de dinars en 2023, soit 300 millions de plus, par rapport à 2022.
Il a ajouté que 8% des bénéfices des banques ont été destinés à des « prêts sans garanties », généralement basés sur la confiance envers l’emprunteur et sa capacité à rembourser.
Il a, en revanche, souligné que cette mesure manque de transparence, vu que les banques ne dévoilent pas les parties bénéficiaires ni les conditions d’octroi de ces crédits.
Sur un autre plan, l’invité de Midi Eco a indiqué que le rapport de la BCT a révélé qu’en 2023, des banques tunisiennes ont écopé de 1.9 million de dinars d’amendes, dont une de 1.1 million infligée à un seul établissement bancaire.
Syrie : Les Etats-Unis abandonnent l’offre de récompense pour l’arrestation d’Al-Joulani !
Les Etats-Unis ont décidé de ne plus offrir de récompense pour l’arrestation du nouveau dirigeant syrien Ahmed Al-Charaa, de son nom de guerre Abou Mohammed Al-Joulani, après avoir reçu des «messages positifs» de sa part, notamment une promesse de combattre le terrorisme, a déclaré une responsable du département d’Etat. « Sur la base de notre discussion, je lui ai dit que nous abandonnions l’offre de récompense (…) en vigueur depuis quelques années », a déclaré Barbara Leaf aux journalistes à l’issue d’une rencontre à Damas.
Allemagne : Un véhicule percute un marché de Noël et fait onze morts
Entre "60 et 80 personnes" ont été blessées lorsqu'une voiture a percuté un marché de Noël vendredi dans la ville allemande de Magdebourg (nord), a indiqué à l'AFP un porte-parole des services de secours locaux.
Les autorités régionales ont dit suspecter un "attentat". Certains médias parlent de plusieurs morts.
Selon le journal Bild, il y aurait onze morts et plus de 20 personnes blessées tandis que des témoins ont fait état de plusieurs morts, selon le médial régional Volksstimme.
Les autorités n'ont pas communiqué de bilan exact immédiatement.
La police de cette ville d'environ 250.000 habitants, capitale du land de Saxe-Anhalt, parle d'une "importante intervention" en cours sur le marché de Noël, selon un message sur X.
La chaîne de télévision NTV a montré de nombreuses ambulances et camions de pompiers sur le site, des blessés transportés d'urgence vers les hôpitaux et des secouristes en train d'installer des dispositifs d'aide aux victimes.
La ministre de l'intérieur Nancy Faeser, avait récemment appelé la population à être vigilante sur les marchés de Noël, sans faire état de menaces spécifiques.
Les marchés de Noël sont une "cible idéologiquement appropriée pour les personnes motivées par l'islamisme", avait récemment mis en garde les services de renseignement.
L'Allemagne a connu une attaque sanglante au camion-bélier contre un marché de Noël en décembre 2016, revendiqué par le groupe Etat islamique (EI), qui a fait 12 morts en plein centre de Berlin.
Plusieurs attentats ou projets d'attentat à motivation islamiste, et impliquant des ressortissants étrangers, ont choqué le pays ces derniers mois.
Fin août, une attaque au couteau commise par un Syrien et revendiquée par l'EI a fait trois morts et plusieurs blessés lors d'une fête à Solingen (ouest).
En juin, une autre attaque au couteau, imputée à un Afghan lors d'un rassemblement anti-islam à Mannheim, a fait un mort, un policier qui s'était interposé.
En septembre, un Syrien de 27 ans soupçonné de liens avec l'islam radical a été arrêté pour avoir préparé une attaque à la machette ciblant des soldats allemands dans une ville de Bavière.
Prix Karen Krantzcke : Ons Jabeur récompensée pour la 3e fois consécutive
Malgré sa longue période de repos suite à sa blessure, Ons Jabeur n’arrête pas d’arracher l’admiration partout où elle passe. Dans l’attente d’une reprise d’activité qui aura lieu dans deux à trois semaines, la tenniswoman tunisienne vient d’être récompensée, pour la troisième année de suite, par le valeureux prix Karen Krantzcke qui est décernée aux joueuses les plus fair-play. Une belle distinction pour notre championne qui impose le respect aussi bien sur les courts qu’en dehors.
A titre de rappel, Karen Krantzcke est une joueuse australienne de tennis, active du milieu des années 1960 à 1977, année où elle meurt d'une crise cardiaque, le 11 avril aux États-Unis, à l'âge de trente ans.
K.Z.
Déficit énergétique : Ce trou béant creusé dans la Caisse de compensation…
Par Hassan GHEDIRI
Les résultats (provisoires) de l’exécution du budget de 2024 dressent un constat sans appel sur l’hémorragie financière provoquée par la dépendance énergétique de la Tunisie à l’étranger.
Sur environ 4500 milliards de dinars (MD) ayant servi à la compensation au cours des neuf premiers mois de l’année en cours, 3297 MD ont été destinés aux hydrocarbures, soit plus de 73% du total des dépenses de subvention. Les chiffres des onze premiers de 2024 affichent, en effet, un déficit structurel qui freine l’expansion de plusieurs secteurs industriels et nuit énormément à la croissance économique de la Tunisie. En deux mois, de septembre à novembre, un peu plus de 2,2 milliards de dinars sont, ainsi, venus alourdir le solde de la facture énergétique de la Tunisie. Le déficit de la balance énergétique qui était de 7,607 milliards de dinars fin septembre a poursuivi son en-volée en octobre pour frôler la barre symbolique de 10 milliards de dinars à la fin du mois dernier, présentant à cet effet près de 60% du déficit commercial global de la Tunisie.
Dans un contexte de grandes incertitudes qui planent sur le marché international de l’hydrocarbure et de fortes fluctuations des prix du pétrole et du gaz, la Tunisie se trouve de plus en plus incapable de contenir son déficit structurel. Acculée à subir les chocs et à supporter les répercussions d’un marché international imprévisible, la Tunisie manque souvent de bénéficier des périodes durant lesquelles les cours de pétrole plongent. En même temps, la régression continue des ressources d’énergie primaire due à la diminution de la production nationale du pétrole et du gaz fait accentuer la dépendance énergétique. La production nationale de pétrole brut a affiché une baisse de 14% à fin d’octobre dernier par rapport à la même période de 2023. Cette baisse a touché les principaux champs en exploitation, en l’occurrence Ashtart (-24%), Halk el Manzel (-20%), Miskar (-16%) et Nawara (-10%). Entre temps, la moyenne journalière de la production de pétrole est tombée, fin octobre dernier, au-dessous de la barre de 30 mille barils/j.
Réagir
S’agissant du gaz naturel, la STEG demeure de loin le plus grand consommateur de gaz naturel avec un peu plus de 72% de la demande totale qui est destinée à la production de l’électricité sachant que 95% de l’électricité produite aujourd’hui en Tunisie est générée par des turbines à gaz.
Pour enrayer la tendance de l’aggravation du déficit énergétique, la Tunisie devra se concentrer sur la diversification de son mix énergétique, améliorer son efficacité énergétique, exploiter ses ressources locales de manière durable et renforcer ses interconnexions avec la région. La mise en place de politiques claires et de mécanismes incitatifs pour attirer les investissements dans les énergies renouvelables et les technologies avancées sera essentielle pour renforcer son indépendance énergétique à long terme. La Tunisie doit investir davantage dans le développement à une plus grande échelle de projets d’énergies renouvelables, notamment au sud du pays où le taux d’ensellement constitue un atout exceptionnel capable d’augmenter considérablement la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique du pays. En parallèle, le cap doit être mis sur l’efficacité énergétique dans tous les secteurs (industriel, résidentiel, transport, agriculture) afin de réduire la consommation de l’énergie. Ceci implique la modernisation des infrastructures de production et de distribution d’électricité, et la réduction des pertes. Sur le plan réglementaire, il est primordial de mettre en place des normes plus contraignantes qui, avec des avantages fiscaux, sont susceptibles d’inciter les opérateurs économiques à adapter des technologies plus efficaces énergétiquement.
Une transition énergétique capable d’atténuer le déficit nécessitera des investissements massifs. Il est donc essentiel de créer un environnement favorable pour attirer des investissements étrangers et soutenir l’innovation.
H. G.
600 mille enfants du divorce en Tunisie : Une bombe à retardement si elle n’est désamorcée à temps…
Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Six cent mille enfants issus du divorce en Tunisie. Un chiffre qui interpelle les spécialistes sur les effets psychosociaux qui marqueront ces enfants à jamais. Que pensent, justement, ces spécialistes et quelle solution pour ce drame?
C’est alarmant. On est à plus de la moitié d’un million d’enfants victimes de mariages consommés. Désormais, l’infrastructure du divorce a de beaux jours devant elle, avec cette explosion d’enfants sacrifiés. Surtout que, de nos jours, le divorce semble l’unique horizon d’un contrat conjugal précaire. Au fait, c’est la juge chercheuse au Centre d’études juridiques et judiciaires du ministère de la Justice, Rawene Ben Regaya, qui l’a révélé lors de la tenue le 13 et le 14 décembre à Tunis du troisième congrès international de l’Association internationale des droits de l’Homme et des médias, sous le tire «L’enfant du divorce et la blessure paternelle». En effet, le nombre d’«enfants du divorce» en Tunisie a atteint 600.000 cas, entre janvier 2023 et décembre 2024. a précisé que 104 enfants, parmi l’ensemble des enfants du divorce en Tunisie, se sont suicidés en raison de la désunion familiale. Elle a, en outre, estimé que «de nombreux pères abandonnent et négligent leurs enfants après le divorce, ce qui constitue une catastrophe pour la santé mentale de l’enfant et contredit le concept de responsabilité». Quels sont, justement, les effets du divorce sur les enfants? Interrogée à ce sujet, la spécialiste, Mariem Letaiem, nous a indiqué: «Toutes les études menées jusqu’ici révèlent que lorsque les parents divorcent, les enfants sont aux premières loges. Cet événement, loin d’être anodin pour eux, peut entraîner de nombreuses conséquences négatives. Anxiété, stress, sentiment d’abandon, troubles comportementaux: découvrez comment la séparation parentale peut influencer le développement de votre enfant. Il faut savoir, aussi, que suite au divorce, certaines conséquences peuvent être immédiates, tandis que d’autres se font ressentir sur le long terme». Que faire, alors, pour protéger ces enfants de ces effets lourds de conséquences?
Réactions
Lorsque le divorce est consommé, les enfants croient souvent en être la cause. Cette pensée peut alors être à l’origine d’une grande source de stress et de pression, «C’est pourquoi il faut les rassurer et se vous montrer serein. Laissez vos problèmes de côté lorsque vous êtes avec eux, pour éviter de leur faire ressentir vos propres angoisses», nous dira Letaiem. Et d’ajouter: «En plus de révéler ces émotions difficiles, la recherche, dont une analyse parue dans l’encyclopédie sur le développement des jeunes enfants, a aussi montré que les conséquences négatives du divorce à court terme incluent une baisse du rendement scolaire, une faible adaptation psychologique, sociale et émotionnelle et un concept de soi négatif. La santé physique des enfants est aussi compromise, particulièrement dans les situations de conflit élevé. Les méta-analyses montrent un risque accru d’effets négatifs à long terme pour une minorité (tout de même importante) d’enfants lorsqu’ils deviennent adultes, notamment un sentiment de bien-être moins élevé, un statut socioéconomique plus faible, une moins bonne santé physique, des liens émotifs moins forts avec leurs parents – surtout leur père – et un plus haut risque de vivre eux-mêmes un divorce. Malgré ces difficultés, plusieurs parents trouvent des moyens de faire des besoins de leurs enfants une priorité absolue et apprennent à exercer efficacement leurs fonctions parentales, de façon à ce que leurs enfants puissent rester centrés sur les priorités de l’enfance – apprendre et grandir – au lieu de devenir les gardiens ou les médiateurs de leurs parents. L’une des meilleures façons, en outre, pour les parents de rassurer leurs enfants au cours de cette période de grande incertitude qu’est le divorce est de leur répéter qu’ils les aimeront toujours. Bien qu’à différents stades développementaux les enfants peuvent sembler ne pas avoir besoin de cette réassurance ou peuvent même rejeter les expressions d’émotions fortes, ils bénéficient tous de manifestations fréquentes et sincères de l’amour de leurs parents. En plus des mots, les parents peuvent montrer leur affection par des gestes – en amenant les jeunes enfants à se blottir contre eux ou en enlaçant les plus vieux, par exemple – et par leur disponibilité, en passant simplement du temps avec eux».
M.B.S.M.
JCC 2024: Les lauréats des prix parallèles sont...
Les prix parallèles des Journées Cinématographiques de Carthage ont été annoncés le vendredi 20 décembre 2024, au Centre des Médias de la Cité de la Culture à Tunis, devant un parterre des représentants des médias nationaux et internationaux et également de nombreux cinéastes tunisiens et étrangers.
Le jury, composé de Ons Kamoun de Tunisie, Elli Mastorou de Belgique et Ahmed Boughaba du Maroc, a décerné le Prix du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) pour le Cinéma de la Résistance, portant le nom du Feu Khémais Khayati au film "Les enfants rouges" réalisé par Lotfi Achour.
Le même jury a également attribué le Prix FIPRESCI (Fédération Internationale de la Presse Cinématographique) au film "Mé el Aïn" de Meryam Joobeur.
Le jury du Prix des Droits de l'Homme Lina Ben Mhenni, composé de Hechmi Ben Frej, Adel Azouni et Fairouz Ben Slama, a attribué le prix au film "RESSACS, Une Histoire Touarègue", réalisé par Intagrist El Ansari.
Enfin, le jury de l'Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), composé de Naceur Sardi, Habib Bel Hedi et Soumaya Bouallegui, a attribué leur prix au film "La Couleur du Phosphate", réalisé par Ridha Tlili.
Editorial : Jeu avec le feu…
Par Chokri BACCOUCHE
La chute de Bachar Al Assad, écrivions-nous dans une précédente livraison, a ouvert une véritable boite de Pandore aux retombées potentiellement catastrophiques sur le plan sécuritaire aussi bien pour la Syrie que pour l’ensemble des pays de la région voire au-delà. Les signes avant-coureurs de ce scénario pas du tout rassurant commencent malheureusement à se faire sentir. C’est ce qui explique justement l’inquiétude partagée par de nombreux observateurs avertis qui évoquent ces derniers jours l’existence d’une bombe à retardement à effet dévastateur sur le point d’exploser. Pas moins de 9 mille combattants de l’organisation terroriste de l’Etat islamique Daech sont détenus en effet actuellement dans les prisons situées dans la partie du territoire syrien contrôlée par les Kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS). Rien de particuliers dira-t-on jusque-là sauf que ces FDS qui sont armés et assistés par les Etats-Unis, pour lutter officiellement contre les jihadistes de Daech, sont considérés dans le même temps par les autorités turques comme faisant partie d’une organisation terroriste, proche de son ennemi juré, le Parti des travailleurs kurde, interdit. Dans ce méli-mélo invraisemblable où les intérêts diamétralement opposés des différents protagonistes s’entrechoquent, la situation vire au vinaigre ces derniers jours à la vitesse grand «V». Ankara qui veut en découdre coûte que coûte avec les Forces démocratiques syriennes, pour des raisons stratégiques et sécuritaires évidentes, semble plus que jamais décidé à passer à l’action. Les factions syriennes à la solde de la Turquie ont d’ores et déjà commencé leur travail de harcèlement faisant craindre le pire, car, en cas d’effondrement des FDS, c’est la porte de l’enfer qui risque de s’ouvrir dans toute sa largeur, et pour cause ! Les 9 mille éléments terroristes extrêmement dangereux actuellement détenus dans les prisons kurdes risquent en effet de s’évader et de se retrouver par conséquent dans la nature. Au grand bonheur des dirigeants de l’organisation de l’Etat islamique qui pourra ainsi reprendre du tonus et renaître de ses cendres. Cette sombre perspective est d’autant plus envisageable que ces combattants aguerris et idéologiquement gonflés à bloc ont donné, tout au long de la guerre civile ayant ravagé la Syrie, la preuve formelle de leur immense capacité de nuisance et de destructions et leur propension naturelle à pousser les limites de l’horreur à leur paroxysme.
C’est une méga-menace qui se profile à l’évidence à l’horizon dans un pays, la Syrie, et une région, le Moyen-Orient, qui ne sont pas malheureusement au bout de leur peine. Il ne manquait plus en effet pour compléter le décor, déjà très mal au point, de cette partie du monde que le retour potentiel des sicaires de chez Daech qui pourraient donner le coup de grâce à la stabilité précaire de toute la région. Tel est pris qui croyait prendre : le renversement de Bachar Al Assad s’est avéré être finalement une véritable malédiction pour tous les protagonistes de la crise syrienne, directs ou indirects, qui ont commis finalement une bourde stratégique monumentale. Ce qui est valable pour la Turquie, diront les mauvaises langues, l’est tout aussi pour les Etats-Unis dont le contingent militaire déployé en Syrie et fort d’un millier d’hommes ne sera pas à l’abri de potentielles représailles terroristes dans ce cas de figure. A Washington, on se fait d’ailleurs du souci à ce sujet. Les experts américains prennent d’autant plus au sérieux cette menace que leur pays n’est pas porté en odeur de sainteté par les combattants de Daech qui continuent à être ciblés par les raids aériens des forces U.S. C’est la raison pour laquelle les alliés du président partant, Joe Biden, au Congrès haussent la voie et plaident en faveur d’un surcroît de pression sur les autorités turques afin de les inciter à revenir à de meilleures intentions et cesser immédiatement leurs attaques contre les FDS.
Autant dire que la partie risque de chauffer entre les alliés otaniens qui sont unis dans le cadre de l’Alliance atlantique mais dont les intérêts stratégiques sont bigrement contradictoires. Lequel des deux réussira finalement à imposer ses desideratas et sa vision des choses ? Difficile, dans l’immédiat, de répondre à cette question de manière catégorique. Les enchères et les surenchères sur fond de concessions géostratégiques pourraient rentrer en jeu pour délier le nœud gordien et trouver un terrain d’entente entre les deux alliés, qui s’annonce très difficile du reste dans l’état actuel des choses. Entretemps, c’est toute la région qui retient son souffle et pas seulement ! La libération des jihadistes tunisiens détenus dans les prisons syriennes et qui viennent d’être libérés après le renversement de Bachar Al Assad pose également problème pour les raisons qu’on imagine.
Sans verser dans l’alarmisme, il importe aujourd’hui et plus que jamais d’ouvrir l’œil et le bon et de prendre toutes les mesures nécessaires pour parer à toutes les éventualités et prémunir l’intégrité territoriale de notre pays contre les effets pervers de la déferlante déstabilisatrice moyen-orientale dont les signes avant-coureurs commencent à se faire sentir en Afrique du Nord. Nos frères algériens qui ont réussi récemment à faire avorter, semble-t-il, le premier «assaut» sont certainement bien placés pour le savoir et le confirmer…
C.B.
















