Pour sa rentrée intellectuelle, l’Académie Beït al-Hikma ouvre le débat sur un monde en pleine recomposition. Le 15 septembre, une rencontre autour de l’ouvrage collectif « Comment va le monde ? Penser la transition » réunira plusieurs regards pour interroger les crises, les fractures et les mutations qui redessinent notre époque.
Après la pause estivale, l’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts Beït al-Hikma reprend ses activités le 15 septembre avec une rencontre consacrée à la présentation de « Comment va le monde ? Penser la transition ».
Publié dans le prolongement d’un symposium international organisé à Beït al-Hikma les 22, 23 et 24 mai 2024, cet ouvrage collectif rassemble des contributions qui, au-delà du constat de crise, cherchent à comprendre les transformations profondes à l’œuvre dans les sociétés contemporaines.
Organisée par le Département des sciences humaines et sociales de l’Académie, la rencontre se tiendra à partir de 11 heures au palais de Beït al-Hikma, à Carthage. Elle sera animée par les professeurs Essedik Jeddi et Gilles Bibeau, qui reviendront sur les principales réflexions développées dans cet ouvrage réunissant des spécialistes de disciplines et d’horizons différents.
Anthropologues, sociologues, philosophes, poètes, psychiatres, psychanalystes et chercheurs internationaux y confrontent leurs analyses. Cette diversité des regards constitue précisément l’un des intérêts de l’ouvrage : face à la complexité des bouleversements actuels, aucune discipline ne semble désormais pouvoir prétendre, à elle seule, en saisir toutes les dimensions.
Un monde à comprendre
Changements climatiques, insécurité alimentaire, creusement des inégalités, déplacements de populations, fragilisation de la démocratie, montée des populismes et bouleversement des équilibres géopolitiques : les signes d’une profonde transition se multiplient. À ces phénomènes s’ajoutent les mutations économiques, technologiques et culturelles qui contribuent à redessiner les rapports entre les individus, les sociétés et les puissances.
L’ouvrage s’intéresse ainsi à une question devenue incontournable : comment penser un monde dont les repères semblent se déplacer à une vitesse inédite ?
Car il ne s’agit pas seulement d’énumérer les crises. La réflexion collective tente d’en saisir les causes, les interactions et surtout les conséquences à long terme. Derrière les bouleversements visibles se profilent de nouvelles formes de gouvernance, de nouvelles hiérarchies de puissance et de nouveaux rapports entre les sociétés.
Cette réflexion conduit également à une interrogation plus fondamentale sur la place de l’être humain dans ce monde en mutation. Que reste-t-il de l’idée d’universalité lorsque les sociétés sont traversées par de nouvelles fractures ? Comment préserver ce qui fonde la dignité humaine au-delà des différences de cultures, d’histoires et de religions ? Et quelles formes d’humanisme peuvent encore répondre aux défis d’un monde marqué simultanément par l’interdépendance et le repli ?
De la crise de la mondialisation à la transition
Ces questions étaient déjà au cœur du symposium international dont est issu l’ouvrage. Organisé les 22, 23 et 24 mai 2024 avec plusieurs partenaires universitaires et scientifiques, il avait réuni à Beït al-Hikma des chercheurs et penseurs venus notamment du Canada, du Brésil, des États-Unis, d’Europe, du Maghreb et du Liban.
Durant neuf séances, les participants avaient exploré plusieurs facettes des transformations en cours : avenir de l’humanité, humanisme, démocratie, nouvelles configurations géopolitiques, inégalités, pouvoir des multinationales ou encore défis environnementaux.
Le livre prolonge aujourd’hui ces échanges en donnant une forme durable à cette réflexion collective. Entre analyse du présent et interrogation sur l’avenir, « Comment va le monde ? Penser la transition » ne prétend pas apporter une réponse unique à une question aussi vaste. Il propose plutôt de multiplier les angles, de croiser les disciplines et de remettre la pensée au cœur d’un moment où les certitudes vacillent.
Pour Beït al-Hikma, cette rentrée intellectuelle prend dès lors une résonance particulière. Dans un monde qui semble courir plus vite que sa propre capacité à se comprendre, penser la transition devient peut-être une nécessité première : non pas prédire ce que sera demain, mais tenter de donner un sens aux transformations qui sont déjà à l’œuvre.

