Syrie : Les groupes armés signent leur dissolution
C’est sans doute le premier grand défi du nouveau pouvoir en place en Syrie. Les puissances régionales et internationales qui arment les milices qui ont renversé al Assad guettaient le nouvel homme fort du pays, le leader de Hayat Tahrir al-Cham (HTC), Ahmed al-Charaa (nom de guerre Abou Mohammad al-Joulani), a pris la parole dimanche , la communauté internationale l’épiait, il vient de signer sa première victoire. Et elle n’est pas que symbolique : “tous les groupes armés” ont paraphé l’accord sur leur dissolution…
Les armes seront donc remises aux nouvelles autorités syriennes et tous les combattants seront regroupés sous la même bannière. L’annonce a été faite ce mardi 24 décembre, on ne connait pas les détails de ce document, ce qu’on sait c’est que la nouvelle est tombée après “une réunion des chefs des groupes” armés avec Ahmed al-Charaa. La rencontre “a abouti à un accord sur la dissolution de tous les groupes et leur intégration sous la tutelle du ministère de la Défense“, ont précisé l’agence officielle Sana et les nouvelles autorités sur leur compte Telegram.
Rappelons que dimanche dernier le leader islamiste a déclaré, en recevant les émissaires des pays arabes et occidentaux, qu’il ne “permettrait absolument pas que des armes échappent au contrôle de l’État“. Il avait ajouté lors d’un point de presse que cette mesure est aussi valable pour toutes les “factions présentes dans la zone des Forces démocratiques syriennes” – FDS, dominées par les Kurdes. Ces mêmes Kurdes qui empêchent le président turc Recep Tayyip Erdoğan de dormir…
Il n’est pas exclu qu’Ankara, premier soutien du HTC, ait ardemment insisté auprès de Damas pour qu’il fasse du désarmement des Kurdes une priorité absolue. Rappelons que pour Erdogan ils ne sont rien d’autre que des terroristes, PKK ou pas ; d’ailleurs l’armée turque procède fréquemment à des incursions en Syrie pour les bombarder. Donc pour les Turcs c’est une première victoire, on verra si elle tient dans la durée.
Si Washington a sorti Ahmed al-Charaa de la liste des personnes recherchées – sa tête était mise à prix à 10 millions de dollars – c’est pour parier sur l’avenir. Pour le moment ça part bien, on verra la suite. Dans les clichés publiés par l’agence officielle Sana et le compte Telegram des autorités on voit al-Charaa en compagnie des chefs de plusieurs groupes armés, mais pas les leaders des forces kurdes implantées dans le nord-est du pays !
Ben Guerdane : Un projet structurant pour dynamiser le libre échange
L’emplacement de Ben Guerdane est proche de la frontière libyenne. Un volume important de commerce entre la Tunisie et la Libye passe par le poste frontalier de Ras Jdir et de nombreux voyageurs passent de longues heures d’attente sur la frontière entre les deux pays.
La contrebande de marchandises et de produits pétroliers est également très courante et entretient un large réseau de vente au détail des deux côtés. Ainsi, les autorités tunisiennes œuvrent pour le lancement d’une zone commerciale et logistique à Ben Guerdane et ce, pour consolider et élargir les dynamiques formelles de l’export, du commerce et du tourisme au niveau de la région du sud dans sa globalité en créant des infrastructures et des équipements adéquats pour les faciliter.
C’est dans ce contexte que le ministre du Commerce et de développement des exportations, Samir Abid, a présidé samedi dernier 21 décembre courant, à Médenine, l’assemblée constitutive de la société de gestion et d’exploitation de la zone franche d’activités commerciales et logistiques de Ben Guerdane.
Il a indiqué que cette réunion est considérée comme une étape stratégique pour l’intégration des zones frontalières dans le cycle de développement économique. Et d’ajouter qu’elle reflète la volonté du gouvernement de développer ces régions, de renforcer leur rôle pionnier et d’inciter les jeunes à investir dans les secteurs vitaux et stratégiques pour créer de nouvelles opportunités d’emploi.
La zone franche d’activité commerciale et logistique de Ben Guerdane est une plateforme commerciale et logistique avancée qui sera mise en place à Alouet El Gonna à Choucha de la délégation de Ben Guerdane, sur une superficie de 150 hectares.
Cette zone se compose d’espaces sous douane dédiés aux opérations logistiques B to B (exportation, réexportation, importation et transit), et qui représentent environ 70% de l’activité de la zone franche. Elle comportera des espaces sous douane destinés aux activités commerciales de gros et de détail B to B et B to C, et qui représentent environ 20% de l’activité de la zone franche.
Les étapes restantes nécessaires à la création de la société de gestion et d'exploitation de la zone franche d’activités commerciales et logistiques à Ben Guerdane - société anonyme - concernent la tenue de la première réunion du conseil d’administration de la société, élection du président-directeur général et déterminer ses fonctions et l’inscription de la Société de gestion et d’exploitation de la zone franche d’activité commerciale et logistique de Ben Guerdane au registre du commerce et demande de l’extrait du Registre National des Entreprises.
Enfin, il est nécessaire de publier l'annonce définitive de la constitution de l'entreprise dans le bulletin du Registre National des Entreprises
Festival International des Oasis de Tozeur : une programmation copieuse à l’affiche
Considéré comme la plus ancienne manifestation d’envergure internationale alliant culture et tourisme, au sud de la Tunisie, le Festival International des Oasis de Tozeur, se tiendra dans sa 45ème édition du 27 au 30 décembre 2024. Cette édition 2024 réunira, outre la Tunisie, des participants de sept pays : Algérie, Mali, Côte d’Ivoire, France, Italie, Royaume Uni et le Japon.
Dévoilant sa programmation, le festival propose, durant quatre jours, une programmation mêlant carnavals, animations diverses (majorettes, marionnettes géantes…), spectacles variés, rencontres, expositions, performances et ateliers. L’événement mettra à l’honneur le patrimoine du Djérid à travers l’artisanat, la musique « aïssaouia » et soufie, le folklore, la poésie, etc.
Le programme comprend une exposition artistique réunissant des artistes tunisiens et étrangers, ainsi qu’une exposition collective intitulée « Sons et lumières » (Touyour Ezzina), avec la participation des artistes venus de tous les pays représentés.
Le public pourra également assister à une performance artistique visuelle autour du poète Abou El Kacem Chebbi, explorant la dimension civilisationnelle, historique et culturelle de la région du Djérid.
Les festivités comprendront également une série de carnavals célébrant l’oasis et les rythmes folkloriques locaux. Par ailleurs, des ateliers seront proposés, notamment un atelier de calligraphie arabe animé par des artistes tunisiens et algériens, ainsi qu’un atelier consacré à la peinture à l’huile réunissant des artistes internationaux.
La musique sera à l’honneur avec des spectacles mettant en valeur le patrimoine du sud tunisien, avec Manel Ahmed, Moez Troudi, Abderrahmane Chikhaoui, ainsi que la troupe féminine Tulipe, et la participation des étudiants de l’Institut de Musique de Tozeur.
Des rencontres littéraires seront organisées, dont une autour du thème « La poésie littéraire à la croisée de la poésie populaire », qui se tiendra au Musée Dar Cheraït.
Le Quotidien avec TAP
CSS : Alexandre Dos Santos remercié
C'était dans l'air depuis quelques temps. Les mauvais résultats ont fini par avoir raison du coach du CSSfaxien, Alexandre Dos Santos. Trois défaites de rang en coupe de la CAF suivies d'un revers à Metlaoui en Ligue 1 ont précipité son limogeage, décidé hier. Les responsables auront à négocier son départ sur le plan financier avant de désigner son successeur. Rappelons que les Noir et Blanc reçoivent au Mhiri, demain, le Stade Tunisien et, dimanche, L'Espérance de Tunis.
J.B.
Coup d’envoi aujourd’hui de « MyFirstDoc »
Le Festival MyFirstDoc s’ouvre, cet après-midi avec un court-métrage intitulé « Séjoumi en péril » de Taycir Nasraoui (Tunisie). Au total, le programme propose 22 films provenant de 15 pays, cet événement qui démarre aujourd’hui pour se poursuivre au 27 de ce mois, met en lumière des œuvres audacieuses explorant des thématiques contemporaines, telles que les tensions identitaires, les récits de migrations et l’impact des technologies.
« Le festival propose une programmation ambitieuse et inédite composée de films venus d’Algérie, de Bahreïn, de Belgique, d’Egypte, des États-Unis d'Amérique, de France, du Japon, de Jordanie, de Liban, de la Macédoine, du Maroc, de Russie, de Serbie, de Suisse et du Yémen (…)Pour cette 7ème édition la programmation nous emmènera dans une balade sensorielle, culturelle et patrimoniale. Nous voyagerons à travers tous les continents, de la recherche de l’identité et des rapports entre les générations, entre la culture traditionnelle et la modernité, aux transformations de nos vies suite aux crises économiques et écologiques.Des réalisateurs nous proposent aussi des voyages sous le signe de la danse, à travers différentes pratiques musicales de transe d’hier et d’aujourd’hui, d’autres nous donne à voir comment le dévouement pour le théâtre populaire peut être considéré par les acteurs comme un mode de vie », lit-on dans l’éditorial de cet évènement qui souffle cette année sa 7ème bougie et qui se veut une vitrine de la jeune production documentaire.
Cette édition célèbre les nouvelles formes narratives et esthétiques du cinéma documentaire, en résonance avec les enjeux contemporains.
Organisé par l’Association Cinéma Documentaire Tunisien, le festival investit la Cinémathèque Tunisienne ainsi que plusieurs régions, dont Bizerte, Djerba, Gabès et Nabeul, pour offrir au public un voyage sensoriel et culturel.
Les œuvres sélectionnées explorent des thématiques variées : les tensions entre traditions et modernité, l’identité et les relations intergénérationnelles, les crises économiques et écologiques, ou encore les récits d’exils et de migrations.
D’autres films plongent dans l’univers des pratiques musicales et dansées, ou encore dans des réflexions sur la robotique et les liens humains dans un monde connecté.
MyFirstDoc s’impose ainsi comme une plateforme unique pour découvrir le meilleur de la jeune création documentaire, enrichie de perspectives et de récits en phase avec les réalités du monde actuel.
Le premier salon artistique de « Majales Ennejma Ezzahra » dédié à Farid El Atrache
Le Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes (CMAM) -Palais Ennejma Ezzahra- a annoncé le lancement de son nouveau salon culturel à vocation artistique, dans le cadre du rendez-vous culturel « Majales Ennejma Ezzahra » consacré notamment à des activités à vocation scientifique. Ce nouvel espace offre aux artistes et musiciens l’opportunité de présenter leurs projets musicaux et de mettre en valeur leurs créations.
Dans ce cadre, et à l’occasion de la commémoration du cinquantenaire du célèbre chanteur et compositeur Farid El Atrache, le CMAM organise la première activité de ce premier salon artistique, qui sera animée par le chanteur syrien Abdallah Mrish, le jeudi 26 décembre 2024, à partir de 10h00, au Palais Ennejma Ezzahra à Sidi Bou Said.
Auteur-compositeur-interprète, virtuose de l’oud et acteur syro-égyptien, né le 19 octobre 1910 à Soueïda (Syrie) et mort le 26 décembre 1974 à Beyrouth (Liban). Avec Oum Kalthoum, Fayrouz, Mohammed Abdel Wahab et Abdel Halim Hafedh, il est l’un des plus importants noms de la musique arabe du 20e siècle. Il joue dans 31 films et enregistre environ 350 chansons. Il compose aussi des chansons pour des chanteurs renommés tels que Wadi Al-Safi, Sabah, Warda, Samira Tawfik, etc.
Ses chansons continuent jusqu’aujourd’hui à faire le bonheur des mélomanes et des nostalgiques et à être diffuser dans les radios.
Canada : Le premier ministre Trudeau fait face à des pressions l'incitant à démissionner !
Justin Trudeau va-t-il finir par plier ? Le Premier ministre canadien fait face à des pressions croissantes l'incitant à démissionner, alors qu'il persiste à éviter de répondre à la presse.
Plus de 50 législateurs ontariens du parti libéral de Trudeau seraient parvenus à un consensus lors d'une conférence téléphonique samedi, appelant le premier ministre à démissionner, a rapporté la Canadian Broadcasting Corporation (CBC) au cours du week-end. Cela représente environ un tiers du parti, qui compte 153 sièges au Parlement.
Parallèlement, le chef du Nouveau parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, dont le soutien a permis aux libéraux minoritaires de gouverner, a déclaré qu'il demanderait un vote de défiance à la première occasion, ce qui déclencherait des élections. Les conservateurs et le Bloc Québécois se sont joints au chœur pour réclamer la démission de Justin Trudeau. Celui-ci s'est vu reprocher son action à une époque où les prix des denrées alimentaires augmentaient et où il y avait une pénurie de logements.
« Les libéraux ne méritent pas une autre chance », a écrit Singh dans une lettre ouverte vendredi, a rapporté la CBC. « C'est pourquoi le NPD votera pour faire tomber ce gouvernement. »
Après neuf ans au poste de premier ministre, Trudeau voit son avenir de plus en plus menacé après que plusieurs sondages ont montré que les libéraux étaient loin derrière, le premier ministre lui-même n'obtenant qu'un taux d'approbation de 28 %, selon un sondage de fin d'année de l'institut Angus Reid.
Le départ de Trudeau a commencé à être évoqué par les libéraux. La semaine dernière, la lame de fond s'est transformée en tsunami après la démission de la vice-première ministre et ministre des finances, Chrystia Freeland, dans une lettre rendue publique le jour même, le 16 décembre, où elle était censée présenter le budget d'automne.
Freeland a révélé que Trudeau l'avait informée le 13 décembre qu'elle serait remplacée et qu'il lui avait proposé un rôle mineur au sein du cabinet. Elle a refusé l'offre et a publié sa lettre de démission sur les médias sociaux le lundi suivant.
« Après réflexion, j'ai conclu que la seule voie honnête et viable pour moi est de démissionner du Cabinet », a-t-elle écrit dans sa lettre.
Cette lettre avait eu l'effet d'une bombe politique, si bien que Trudeau avait commencé à se dérober et à rester injoignable pour tout commentaire.
Selon certaines sources, Trudeau réfléchira à son avenir politique pendant les fêtes de fin d'année, en famille. Il partira ensuite en vacances de ski en Colombie-Britannique.
Grippe et maladies respiratoires en Tunisie: Les conseils du ministère de la Santé
Dans un communiqué rendu public le dimanche 22 décembre 2024, le ministère de la Santé exhorte les citoyens à adopter une série de mesures pour prévenir les maladies respiratoires face à la vague de froid. Il a insisté sur l’importance de se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon, notamment après avoir éternué ou toussé, et de maintenir une bonne ventilation des espaces clos, tout en évitant les endroits fermés et bondés.
Le département a également recommandé de limiter les contacts physiques, comme les poignées de main et les embrassades, et de ne pas partager d’objets personnels tels que les ustensiles de cuisine, les serviettes ou les téléphones portables, afin de réduire les risques de contamination.
Une bonne hygiène de vie est également conseillée, incluant un sommeil suffisant, la pratique de la marche, une alimentation équilibrée et une hydratation régulière.
En cas de symptômes tels qu’une fièvre soudaine, une toux, des maux de tête, des douleurs articulaires ou musculaires, une gorge irritée ou un écoulement nasal, le ministère préconise de rester à domicile, de boire beaucoup de liquides, de nettoyer régulièrement le nez, de consulter un médecin et d’utiliser un mouchoir en papier lors des éternuements ou de la toux, puis de le jeter dans une poubelle fermée.
Gaza : Pour la 2e fois en 24 heures, le pape François condamne « la cruauté » des frappes israéliennes
Le pontif a de nouveau évoqué dimanche des frappes israéliennes, après l'avoir fait samedi et en dépit des protestations de la diplomatie de l’entité sioniste.
Le pape François a de nouveau condamné dimanche « la cruauté » des frappes israéliennes contre Gaza, après l’avoir fait samedi et en dépit des protestations de la diplomatie israélienne qui l’a accusé d’avoir « deux poids, deux mesures ».
« C’est avec douleur que je pense à Gaza, à tant de cruauté, aux enfants mitraillés, aux bombardements d’écoles et d’hôpitaux. Combien de cruauté », a-t-il dit à l’issue de la prière dominicale de l’Angélus.
« Hier (vendredi), des enfants ont été bombardés. C’est de la cruauté, ce n’est pas la guerre. Je tiens à le dire parce que cela me touche au cœur », avait-il dit devant des membres du gouvernement du Saint-Siège, provoquant une réaction irritée au sein de l’Etat hébreu.
Toiture solaire: Empower New Energy s'associe au Mall Of Sousse pour un projet innovant
Empower New Energy (ENE) vient d'annoncer son premier investissement solaire en Tunisie, dévoilant un partenariat transformateur avec le Mall Of Sousse. Les deux entités ont solidifié leur engagement envers l'innovation durable en signant un accord de soutien à la puissance (PSA), qui ouvrira la voie à un ambitieux projet d'énergie solaire.
Indigo Renewables Energy Solutions sera le partenaire technique tunisien d'Empoyer et sera responsable de la construction ainsi que des opérations et de la maintenance du système.
Au cœur de cette initiative se trouve un système solaire de toiture de pointe de 948 kWp, destiné au Mall de Sousse à Kalâa Kebira. Le Mall de Sousse est une merveille architecturale qui s'étend sur plus de 130 000 mètres carrés et abrite plus de 200 magasins, attirant entre 7 et 10 millions de visiteurs chaque année.
« Je suis ravi de signer le premier projet d'investissement solaire d'Empower New Energy en Tunisie, un pays qui souffre déjà des effets du réchauffement climatique et où les combustibles fossiles représentent la moitié de la facture d'importation de la Tunisie et 97 % du mix énergétique du pays », a déclaré Terje Osmundsen, PDG d'Empower New Energy.
« Ce projet souligne non seulement notre engagement envers l'énergie propre, mais positionne également le Mall de Sousse comme un phare du commerce de détail écologique en Tunisie », a affirmé Mouadh Kacem d'Indigo Properties.
Ce projet solaire n'est pas seulement une question d'énergie, il symbolise un moment charnière dans la transition vers un avenir durable, répondant à la montée des consommateurs soucieux de l'environnement et à une demande croissante des marques de détail internationales pour des pratiques plus écologiques. Le système monté sur le toit devrait produire environ 1 400 MWh d'énergie propre chaque année, permettant d'économiser plus de 1 000 tonnes de CO2 par an.
Bases militaires russes en Syrie : Moscou prépare-t-il son repli vers la Libye?
Depuis la chute du régime de Bachar al-Assad, les bases militaires russes en Syrie font l'objet d'intenses observations, notamment en raison de mouvements militaires inhabituels détectés sur les sites stratégiques de Hmeimim et Tartous. Ces bases, essentielles à l'influence géopolitique de Moscou, sont au cœur de spéculations sur un possible retrait ou une réorganisation militaire.
Des images satellites prises ces derniers jours par la société américaine Maxar Technologies, spécialisée dans la collecte et l'analyse de données géospatiales, montrent des avions de transport lourds se préparant à recevoir du fret et des hélicoptères d'attaque démantelés sur la base russe de Hmeimim, dans l'ouest syrien, probablement avant d'être transportés.
Lundi, des convois russes ont aussi été observés traversant la route côtière vers Hmeimim, où un avion de transport lourd a décollé accompagné d'un hélicoptère d'attaque KA-52.
Vols vers la Libye
Depuis la chute du régime syrien, plusieurs médias ont révélé à l'aide de données accessibles sur Flightradar24, site spécialisé dans le trafic aérien mondial, que Moscou a intensifié ses vols militaires entre la Syrie et la Libye. Interrogé par le New York Times, un responsable de la base aérienne libyenne d'al-Khadim a déclaré qu'une demi-douzaine d'avions cargos russes - certains venant de Russie et d'autres de Syrie - sont arrivés depuis le 8 décembre (jour de la chute de Bachar al-Assad), transportant du matériel militaire.
Des enregistrements de vol accessibles au public confirment aussi un trafic plus intense que d'habitude entre la Russie, la Biélorussie et l'est de la Libye. Au moins quatre avions cargos russes Il-76 ont effectué des vols aller-retour de Moscou ou Minsk à Benghazi. Des officiers libyens ont signalé que la base aérienne avait été informée de leur arrivée seulement après leur décollage.
Dans sa note du 19 décembre, l'Institute for the Study of War (ISW), un centre d'analyses basé aux Etats-Unis, suggère que ces mouvements indiquent des préparatifs en vue d'une réduction ou d'un retrait complet des forces russes de Syrie. Interrogé par la BBC, Tayfun Ozberk, spécialiste des questions de Défense, indique de son côté que les images satellites montrent sans doute "les premières étapes d'un retrait russe, avec des signes clairs d'une évacuation aérienne".
Cités par CNN, deux officiels américains ayant requis l'anonymat ont précisé que des mouvements similaires avaient lieu sur la base navale de Tartous. Si le gros de la flotte russe est toujours situé au large de la Syrie, dans une sorte de position d'attente, des vaisseaux auraient commencé à être également déplacés vers la Libye, la Russie cherchant selon ces responsables à faire pression sur le maréchal Khalifa Haftar pour garantir un accès au port de Benghazi.
Les enjeux d'une présence en Libye
Perdre ses bases en Syrie représenterait un coup dur stratégique pour la Russie, car ces installations sont essentielles à sa capacité de projection en Méditerranée et en Afrique. Face à cette menace, la Libye pourrait donc devenir une alternative précieuse. Moscou pourrait compenser en partie un retrait syrien, s'assurant un point d’appui clé pour ses opérations militaires et logistiques en Afrique du Nord et au Sahel.
Les enjeux ne sont d'ailleurs ici pas seulement militaires. Il s'agit aussi pour le Kremlin de rétablir la confiance auprès de ses alliés africains. Pour les régimes soutenus par Moscou, notamment au Mali et en Centrafrique, la chute du régime syrien a en effet soulevé de nombreux doutes sur la fiabilité de la Russie. "Tout le monde se pose des questions depuis les événements en Syrie," confie ainsi un officier malien cité par Le Monde. Des incertitudes qui ajoutent une pression sur le Kremlin, déterminé à préserver un rôle de puissance incontournable dans la région.
Impactant l'économie: Une initiative législative pour réguler la présence des immigrés en Tunisie
La migration irrégulière est devenue un phénomène problématique qui pose de nombreux défis économiques au pays notamment la consommation et l'emploi, ce qui suscite la colère d'une partie importante des citoyens, principalement en raison de l'afflux de milliers de migrants illégaux en provenance de des pays d'Afrique subsaharienne et leur propagation dans certaines villes tunisiennes, notamment dans Sfax et sa région.
Certaines sources estiment le nombre d'immigrés illégaux à environ 100 000 personnes, dont un pourcentage important se trouve dans le gouvernorat de Sfax, ce qui coûte 10 pour cent de son budget, et une augmentation des dépenses pour soutenir les produits de base. Notons que le budget de développement dans le gouvernorat de Sfax s'élève à environ 50 millions de dinars par an. Un certain nombre de ces personnes travaillent également dans différents secteurs, sans couverture sociale et sans payer d'impôts sur leurs revenus.
Dans ce contexte, vendredi 20 décembre 2024, une proposition de loi fondamentale de quatre chapitres et 19 articles réglementant l’expulsion des immigrants irréguliers a été présentée à l’Assemblée des représentants du peuple par la représentante Fatma Mseddi et un groupe de parlementaires.
Il a été souligné dans les dispositions générales de l'initiative législative que l'immigrant irrégulier est tout étranger présent illégalement sur le territoire tunisien. Il a également été précisé que l'expulsion est une mesure légale prise par les autorités compétentes à l'encontre d'une personne ou d'un groupe de personnes, vers leur pays d'origine en raison de l'absence de conditions légales de résidence.
D'autre part, le chapitre cinq du projet de loi concernant les conditions et procédures d'expulsion, note que l'État est censé créer des conditions pour l'expulsion des immigrants irréguliers de manière à garantir leur sécurité, leur intégrité physique et leur dignité, tout en empêchant l'expulsion d'un immigrant en situation irrégulière au cas où il risque d'être exposé à des violations de ses droits fondamentaux ou d'être soumis à la torture et à d'autres traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Selon le projet de loi, un immigrant en situation irrégulière peut faire appel de la décision d'expulsion dans des délais fixés à compter de la date de notification de la décision ou de la date de connaissance effective de la décision. Le recours doit être déposé devant le tribunal administratif, accompagné des pièces nécessaires à l'appui du recours.
Dans le même contexte, les autorités, au sens de la loi proposée, respectent leur engagement vis-à-vis des normes internationales lors de l'expulsion, tout en cherchant à conclure des accords bilatéraux avec les pays d’origine pour assurer la réadmission de leurs citoyens en tenant compte des obligations internationales de la République tunisienne.
Le projet de loi a rappelé que les sanctions contenues dans le Code pénal et dans la Loi fondamentale n° 61 de 2016 relative à la prévention de la traite des humains, s'appliquent en cas de participation directe ou indirecte au trafic illicite de migrants et la facilitation de la migration irrégulière et de la traite des êtres humains, que ce soit par le biais du trafic illicite ou de l'exploitation de migrants ou par la mise en danger de leur vie.
La transition numérique : Locomotive de développement socio-économique
Dans une société toujours plus numérique, la digitalisation des services publics devient le levier principal pour moderniser l’administration et le secteur public et améliorer l’expérience des citoyens. Elle est également plébiscitée par les agents du service public.
La dématérialisation des démarches amène la promesse d’une simplification des procédures et optimise l’accessibilité aux services tout en réduisant les coûts. Cette transformation digitale ouvre également la voie au développement de services innovants et personnalisés, mieux adaptés aux besoins spécifiques des administrés.
Défis et engagements dans la digitalisation
Malgré les défis, la plupart des entreprises publiques en Tunisie (74%), sont actuellement engagées dans des projets de digitalisation alors que 26% envisagent de s’y engager à l’avenir.
Selon une enquête de l’Institut Tunisien de la Compétitivité et des Etudes Quantitatives (ITCEQ), pour ces entreprises qui utilisent à 100% l’Internet, les réseaux sociaux et les plateformes informatiques dans leurs activités, la sécurité des données (100%) et la disponibilité des infrastructures numérique (96%), sont les facteurs les plus déterminants dans le processus de digitalisation de entreprises publiques.
D’après la même source, près de 33% des entreprises publiques ont recours à des achats en ligne et près de 20% procèdent à des ventes en ligne.
S’agissant du volet de la formation, l’enquête révèle que 95% des entreprises publiques dispensent des formations à leurs employés et 93% considèrent que l’apport de la formation est important au niveau de la maîtrise de nouveaux procédés et de l’assimilation de nouvelles méthodes.
Les responsables des entreprises publiques jugent que les compétences numériques des ingénieurs et des techniciens supérieurs et de celles des cadres administratifs sont très importantes à hauteur respectivement, de 86% et 75%.
Encourager la transversalité
S’agissant des services administratifs en ligne utilisés par les entreprises engagées dans la digitalisation, l’enquête révèle que ceux relatifs aux différentes déclarations (RNE 82,6%, télé-déclaration fiscale 80,4%, déclarations auprès de la CNSS 73,9% et la plateforme des marchés publics TUNEPS 80,4%), sont les plus utilisés en raison de leur caractère obligatoire.
Il est à noter que la digitalisation dans le secteur public rencontre plusieurs défis à savoir la réglementation surabondante et complexe, le manque de ressources (financières et humaines) et le grand flux de procédures en lien avec un formalisme important. Aujourd’hui, ce secteur cherche à encourager plus de transversalité, en brisant les sentiers organisationnels existants. Cela passe notamment par des pratiques de management transversales, telles que le management par projet ou par processus.
Cependant, ces approches ne prennent pas toujours en compte la diversité des cultures organisationnelles et la complexité croissante du secteur. Il devient donc essentiel de définir une stratégie claire pour structurer l’organisation et mettre en place des contrôles efficaces.
En résumé, piloter, organiser et superviser sont des éléments clés de cette stratégie. Une démarche que la digitalisation des processus rend aujourd’hui plus accessible, en offrant des outils adaptés pour répondre à ces enjeux de transversalité.
Le festival Neapolis sème la joie dans les rues de Nabeul
La ville de Nabeul s’est parée hier de belles couleurs pour célébrer l’art et la créativité, et ce à l’occasion de la 37ème édition du Festival International Neapolis du Théâtre pour Enfants. Cet événement culturel, qui va bien au-delà du simple divertissement, est devenu une véritable plateforme célébrant l’imaginaire et insufflant les valeurs du théâtre dans le cœur des enfants.
Un grand carnaval a déambulé dans les rues de la ville, semant la joie ici et là. Des créations et performances vivantes ont rythmé la cérémonie d’ouverture, rappelant aux enfants que le théâtre est une fenêtre sur des mondes infinis de rêves et d’histoires.
Evénement annuel très attendu, Le Festival Neapolis est reconnu comme le plus ancien festival en Afrique et dans le monde arabe dédié au théâtre pour enfants. Il représente une étape essentielle dans le parcours de toute œuvre théâtrale destinée aux jeunes publics, attirant les grandes figures du théâtre pour enfants.
Il est à noter que la cérémonie d’ouverture a eu lieu à la Maison de la Culture de Nabeul, en présence de Najoua Gharbi, Déléguée Régionale des Affaires Culturelles de Nabeul, et de Akila Beltaïeb, Déléguée Régionale des Affaires de la Femme, de la Famille et de l’Enfance. Étaient également présents Mohamed Hédi Chaâbani, Délégué de Nabeul, et Hichem Bayoudh, Secrétaire Général de la municipalité de Nabeul, ainsi que les ambassadeurs de la République arabe d’Égypte et de l’Indonésie.
La ministre des Affaires culturelles Amina Srarfi : « L’inscription des arts du spectacle chez les Twayef de Ghbonten à l’Unesco est une première pour notre patrimoine musical »
A l’occasion de l’inscription des arts du spectacle des Twayef de Ghbonten sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, a présidé, dimanche au Théâtre des Régions-Cité de la Culture, une cérémonie de célébration organisée par le Centre des Arts, de la Culture et des Lettres (CACL) « Palais Ksar Saïd », en collaboration avec l’Institut National du Patrimoine (INP), le Théâtre de l’Opéra de Tunis et la Direction de la Musique et de la Danse.
En présence de plusieurs représentants du corps diplomatique accrédité en Tunisie, du gouverneur de Médenine, Walid Taboubi, de membres de l'Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), ainsi que de nombreuses personnalités de la scène culturelle et artistique, la ministre des affaires culturelles, Amina Srarfi a, dans une allocution, souligné l'importance de cette huitième inscription, qui constitue une première pour notre patrimoine musical à l'international, la qualifiant d’un nouveau joyau qui vient s'ajouter au registre de la Tunisie.
Dans ce contexte, elle a invité toutes les parties prenantes dans ce dossier à accorder davantage d’attention à la préservation du patrimoine tunisien et à valoriser l’identité culturelle, renouvelant ses remerciements à la commission scientifique en charge de la réalisation de ce dossier.
De son côté, le gouverneur de Médenine, Walid Taboubi, a estimé que les arts du spectacle des Twayef de Ghbonten constituent une forme d’expression artistique unique pour le gouvernorat de Médenine, qui le distingue des autres régions.
Dans son intervention, le représentant de la commission scientifique, Imed Ben Soula, a précisé que les arts du spectacle des Twayef de Ghbonten sont une pratique complexe qui allie poésie, chant et rythme, influencée par des courants culturels variés depuis la fin du XIXe siècle, à l’époque de l’abolition de l’esclavage. Il a ajouté que l'élément « Les arts du spectacle chez les Twayef de Ghbonten » inscrit à l’UNESCO a mis en avant l’importance de cette pratique artistique dans l’affirmation de soi, la construction de l’identité et la création de liens sociaux.
Les « Twayef de Ghbonten » et les membres du comité scientifique à l’honneur
Lors de cette cérémonie en grande pompe, la ministre a honoré les membres du comité scientifique en charge de ce dossier composé des docteurs Naceur Baklouti, Imed Ben Soula, Ismahan Ben Barka, Mohamed Jazraoui et Mohamed Néji. Par ailleurs, les chefs (Rayes) des sept groupes des Twayef de Ghbonten exerçant actuellement ont été honorés, à savoir Jemma Zourraga, Mohamed Tlich, Mustapha Aouidet, Mbarek Toumi, Laroussi Dbouba, Mokhtar Aouidat et Habib Toumi, ainsi que Mohamed Bacha, président du comité de gestion du dossier et Wajida Sakouhi, directrice générale du Centre des Arts, de la Culture et des Lettres « Palais Ksar Saïd ».
La célébration a été marquée également par l’organisation d’une exposition photographique mettant en lumière l’histoire et les spécificités culturelles et sociales des Twayef de Ghbonten, suivie de la projection d’un documentaire retraçant le processus d’inscription de ces traditions et pratiques artistiques sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.
En point d’orgue, les Twayef de Ghbonten, invités vedettes de cette célébration, ont offert une performance artistique immersive qui a transporté les spectateurs dans l’univers unique de ces troupes de poètes-chanteurs, affiliées à la tribu des Ghbonten. Vêtus de robes blanches et coiffés de chéchias écarlates, ils ont interprété leurs chants accompagnés du chenna, un tambour traditionnel.
En Tunisie, cette pratique remonte au milieu du XIXème siècle, après l’abolition de l’esclavage en 1846. Dans ce contexte de libération, les communautés ont développé cette forme d’expression mêlant influences africaines, berbères et arabes. Aujourd’hui, ces spectacles, autrefois réservés à des contextes traditionnels tels que les mariages, ont dépassé leur cadre initial pour être présentés dans des festivals et événements culturels.
Les femmes jouent un rôle important en préparant les costumes et en brûlant de l’encens avant les spectacles, tandis que les artisans fabriquent les habits traditionnels, tels que les robes, pantalons, chaussures et chéchias. La transmission de cet art se fait de manière informelle, au sein des familles et des communautés, par oralité et observation.
Festive et intergénérationnelle, cette pratique attire également les enfants grâce à son atmosphère ludique et conviviale. Pour les communautés pratiquantes, elle constitue un facteur d’identification, d’unification et un moyen de transmettre les normes sociales, tout en célébrant un riche héritage culturel.
Avec cette nouvelle inscription, le nombre d’éléments tunisiens ayant intégré le patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO s'élève à huit : la poterie de Sejnane (2018), le palmier dattier (2019), le savoir-faire et les pratiques liés au couscous (2020), la pêche à la « chrafiya » (2020), les arts de la calligraphie arabe (2021), la harissa (2022), la gravure sur métal (2023) et enfin l'élément « Les arts du spectacle chez les Twayef de Ghbonten » (2024).
Le Quotidien avec TAP
















