Regards tunisiens sur grand écran au Caire
La 46ème édition du Festival international du film du Caire, qui se déroulera du 12 au 21 novembre 2025, mettra à l’honneur le cinéma tunisien, avec la sélection de sept œuvres nationales réparties dans différentes sections du festival.
C’est le film « La voix de Hend Rajeb » de Kaouther Ben Hania, récemment primé du Lion d’argent à la Biennale de Venise, qui a été choisi pour clore le festival le 21 novembre, soulignant la reconnaissance internationale de cette œuvre.
En compétition internationale, le long-métrage « Exil » de Mehdi Hmili, coproduit par la Tunisie, le Qatar, l’Arabie saoudite, la France et le Luxembourg, portera haut les couleurs du cinéma tunisien.
Deux courts-métrages tunisiens seront également en lice dans la section dédiée : « Les oiseaux ne migrent pas » de Rami Jarboui et « Au début les joues rougissent, puis on s’habitue » de Mariem Ferjani
Dans la compétition Horizons du cinéma arabe, la Tunisie sera représentée par « Comme si de rien n’était » de Sarra Abidi et « La treizième ronde » de Mohamed Ali Nahdi
Par ailleurs, le documentaire « La fête d’adieu », également réalisé par Sarra Abidi, fera partie des projets présentés au Cairo Film Connection, plateforme de coproduction dédiée au soutien des films arabes en développement.
Enfin, la réalisatrice Leyla Bouzid siègera dans le jury de la compétition internationale, présidé par le cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan, confirmant ainsi la forte présence et la reconnaissance du talent tunisien lors de cette édition prestigieuse.
Editorial : La partie immergée de l’iceberg - Par Hassan GHEDIRI
La pollution dans le pays dépasse toutes les limites. Ces derniers jours, tous les regards se trouvent focalisés sur la ville de Gabès où la colère populaire est à son comble contre le Groupe chimique tunisien et ses industries de transformation de phosphate à l’origine d’une dégradation de l’environnement marquée pour les habitants et les écosystèmes.
Mais le problème de Gabès n’est que la partie immergée de l’iceberg. Le drame écologique et sanitaire auquel se confronte la ville, qui abrite l’unique oasis littorale dans toute la Méditerranée, serait en effet un simple épisode dans un enchaînement de catastrophes qui ne manqueront pas de se déclarer un jour.
Des catastrophes presque inévitables qui révèleront la réalité d’un Etat qui a manqué d’imposer le respect des lois privilégiant l’intérêt économique et sacrifiant les ressources naturelles et le bien-être humain. L’Etat tente aujourd’hui d’apaiser la colère populaire qui monte à Gabès et envisage de prendre des « décisions urgentes et radicales » qui mettent fin à l’émission de polluants toxiques dans l’atmosphère.
Une mission qui parait compliquée et difficile voire irréalisable, dans le court terme, pour de multiples considérations techniques et logistiques. Ce que l’Etat peut et doit faire à l’heure actuelle, c’est agir pour réduire les dégâts et s’engager dans le cadre d’une politique claire et pertinente d’atteindre des objectifs bien définis qui changeront le quotidien des Tunisiens.
Ce n’est, en effet, plus le temps pour refaire les diagnostics et établir de nouveaux constats qui n’apporteront rien de nouveau. Innombrables sont en effet les études qui se sont intéressées ces dernières années aux problèmes de la pollution dans toutes ses formes.
Des études desquelles ont été dégagés des résultats à partir desquels des conclusions et des recommandations claires et précises ont été présentées dans des rapports qui dorment aujourd’hui dans les tiroirs des ministères et organismes publics « compétents ».
Le ministère de l’Environnement, par exemple, qui est le premier et principal département représentant l’Etat dans la gestion des problématiques liées à la préservation et la protection des ressources naturelles et écologiques indispensable pour la santé de l’homme et de toutes les espèces vivantes à l’intérieur du territoire national, sait tout sur les risques sanitaires que représente la pollution de l’eau, de l’air et de la terre.
Il possède également des réponses réglementaires strictes et radicales à toutes les infractions possibles. En 2011, lorsque le soulèvement populaire a fait tomber la dictature et, par le même fait, libérer la volonté citoyenne pour revendiquer haut et fort ses droits légitimes de vivre dans un environnement propre et saint mettant l’Etat devant ses responsabilités, le ministère de la Santé avait alors cérémonieusement adopté ce qui a été baptisé Plan National Santé et Environnement (PLSE).
Parmi les thématiques prioritaires sur lesquelles a été fondé ce plan, l’on peut citer trois qui semblent faire échos aux contestations et aux revendications exprimées depuis quelque temps par les Tunisiens face à la pollution. Ces thèmes prioritaires sur lesquels avait été fondé le PNSE concernent respectivement les risques sanitaires liés à la pollution atmosphérique, le risque cancérogène lié à l’environnement et les risques sanitaires liés à la dégradation de l’eau et de l’assainissement.
Ce plan adopté depuis 14 ans regroupe normalement les réponses de l’Etat aux problèmes de la pollution en Tunisie et définit clairement les actions à entreprendre pour réduire les rejets dans l’environnement des substances toxiques d’origines industrielles ou autres. Il implique notamment la mise en place des outils qui permettent d’inventorier les polluants rejetés par les industriels, oblige les industries polluantes à instaurer l’autocontrôle et le raccordement au réseau national de la surveillance de la qualité (RNSQA).
Tous les spécialistes croient d’ailleurs que l’arsenal juridique existant est suffisant pour faire face à toutes les problématiques posées par la pollution dans notre pays. Les textes de loi en vigueur sont supposés régler facilement toutes les infractions et pénaliser tous les contrevenants qui s’aventurent à nuire à l’environnement et à la santé publique.
Il ne s’agit donc pas aujourd’hui de légiférer davantage ni de créer de nouveaux mécanismes de contrôle ou d’évaluation. L’État n’a nul besoin d’élargir encore un cadre réglementaire déjà solide, mais simplement de le faire respecter, car il dispose déjà de tous les instruments nécessaires pour juguler la pollution, préserver les écosystèmes et protéger la santé de la population.
H.G.
Photographes ? Porteurs de projets ? Cet appel vous intéresse !
Le Fonds Arabe pour les Arts et la Culture (AFAC) annonce l’ouverture des candidatures pour la 12ème édition du Programme de photographie documentaire arabe qui s’adresse aux photographes documentaires créatifs de la région arabe et offre une bourse de 7 000 dollars (USD) aux photographes sélectionnés.
La date limite de dépôt des candidatures pour ce programme, organisé par le Fonds Arabe pour les Arts et la Culture (AFAC) et la Fondation Prince Claus à Amsterdam (Pays-Bas), en partenariat avec la Fondation Magnum de New York (États-Unis), est le 10 décembre 2025.
Ce programme s’adresse aux photographes émergents du monde arabe qui ont une idée de projet documentaire ou qui ont des éléments documentaires. La bourse couvre les frais d’équipement, de recherches, de voyage, de production du projet et d’appui lors des ateliers de travail.
Les candidats doivent avoir une expérience en photographie, résider dans un pays arabe et avoir des projets documentaires qui n’ont pas été réalisés auparavant.
Ce programme offre l’opportunité aux photographes de réaliser leurs projets créatifs grâce au soutien financier de la bourse, ainsi qu’à l’accompagnement artistique et technique d’experts, notamment lors des deux ateliers auxquels participeront les candidats sélectionnés, sachant que le programme met également les bénéficiaires en contact avec des réseaux spécialisés en photographie à l’échelle régionale et internationale.
Les résultats de la sélection des candidatures seront annoncés lors de la première semaine d’avril 2026, et les deux ateliers de formation seront organisés en mai et décembre de la même année.
Nouvelle distinction pour Walid Mattar grâce à son « Pont »
Le film tunisien « Le Pont », deuxième long-métrage réalisé par Walid Mattar, a reçu le « Prix du Jury Jeune », lors de la 36ème édition du Festival du Film Arabe de Fameck – Val de Fensch. Ce long-métrage s’était déjà distingué auparavant en remportant le « Prix du Meilleur Long-Métrage » dans la compétition nationale des 35èmes Journées Cinématographiques de Carthage (2024).
Le Grand Prix du festival a, quant à lui, été attribué au film « Songs of Adam » du réalisateur Oday Rasheed, comme l’a révélé le palmarès annoncé samedi soir.
L’édition 2025 du Festival, qui s’est tenue du 2 au 12 octobre, a mis le Liban à l’honneur en tant que pays invité. Au total, 47 films ont été sélectionnés dans les différentes sections de la programmation officielle.
Le cinéma palestinien a occupé une place centrale cette année, affirmé à la fois comme outil de mémoire et acte de résistance. À travers les œuvres présentées, le festival a offert un regard profond sur les traumatismes et blessures, tant individuels que collectifs, des sociétés marquées par des conflits anciens ou actuels.
Ces films donnent voix aux luttes quotidiennes et aux espoirs persistants de populations en crise, révélant la force de résilience des cinéastes arabes face à l’adversité.
Après la signature de l’accord de Charm El Cheikh : On a tout évoqué sauf…un Etat palestinien !
Donald Trump et une vingtaine de dirigeants européens et du Moyen-Orient se sont retrouvés ce lundi en Égypte au chevet de Gaza, mais avec des agendas et des objectifs différents. Le risque est de voir cet accord déboucher uniquement sur un cessez-le-feu sans processus de paix ni perspectives pour un futur Etat palestinien…
Au Sommet de Charm El Cheikh, au bord de la mer Rouge, l’ordre du jour du sommet était ambitieux: officiellement, il s’agit de « mettre fin à la guerre » et d’« ouvrir une nouvelle page de sécurité et de stabilité régionale ». C’est-à-dire entrer dans le « dur » du « plan Trump », une fois acquis le cessez-le-feu, la libération des otages a eu lieu avec le retour de l’aide humanitaire.
Donald Trump et plus d’une vingtaine de dirigeants européens et du Moyen-Orient ont fait le voyage; mais tout le monde n’a pas le même agenda, pas le même objectif en tête.
La présence de certains dirigeants européens comme Emmanuel Macron mérite explication. On aurait pu penser que les Américains et les Israéliens feraient tout pour garder les Européens à distance puisqu’ils ont suffisamment critiqué l’initiative franco-saoudienne à l’ONU, qui tente de remettre en selle la solution des deux États dont ils ne veulent pas.
Mais les pays arabes, comme l’Égypte, puissance invitante, ne veulent pas rester en tête à tête avec les États-Unis dans ce moment délicat : les Européens, malgré les limites évidentes de leur influence, sont là pour que l’après-guerre à Gaza respecte quelques principes.
C’est que le plan de Trump pêche sur au moins trois points
D’abord, qui va diriger Gaza dans l’après-guerre ? Qui désarmera le Hamas ? Et enfin qu’en sera-t-il de la Cisjordanie, totalement ignorée par le plan Trump ?
Le plus complexe est évidemment la question de la sécurité dans un territoire ravagé par deux ans de guerre. Dimanche, un journaliste palestinien a été abattu par des miliciens, tandis que les membres du Hamas, qui ont refait surface avec leurs armes, faisaient la chasse aux collaborateurs d’Israël. Le chaos menace si la Force de stabilisation internationale envisagée par le plan n’est pas rapidement en place.
Mais quel sera son mandat ? Appuyer une force palestinienne qui n’existe pas encore, ou imposer l’ordre elle-même. Et qui désarmera le Hamas qui a annoncé qu’il refusait de livrer ses armes tant qu’Israël occupe une partie de la bande de Gaza ? On le voit, c’est d’une complexité folle.
Et l’Etat palestinien ?
La France et ses partenaires arabes étaient là pour tenter de pousser la logique du plan adopté à l’ONU cet été, et qui trace une voie vers un État palestinien. Mais ce n’est ni la vision américaine, ni, surtout, celle du gouvernement Netanyahou en Israël.
Depuis deux semaines, Paris ne cesse de flatter le plan de Donald Trump, dans l’espoir de le pousser à évoluer dans le sens du plan franco-saoudien. Cela passe notamment par la remise en selle de l’Autorité palestinienne, qui, même en mauvais état, incarne l’unité entre Gaza et la Cisjordanie. Là encore, Israël n’en veut pas, et les États-Unis ont un autre plan en tête, avec la nomination de Tony Blair.
Le risque est de voir ces divergences persister malgré la signature de l’accord et l’hostilité du gouvernement israélien à ce qui peut ressembler à un État palestinien en devenir, déboucher sur un cessez-le-feu sans processus de paix, ouvrant la porte à de futures catastrophes. Une fois passée l’émotion de ces journées heureuses sans guerre et de retrouvailles avec les otages et les prisonniers, la complexité de la situation risque de vite reprendre ses droits.
Mondial 2026 : Le Cap-Vert qualifié pour la première fois de son histoire
Le Cap-Vert s'est qualifié au Mondial 2026 de football, pour la première fois de son histoire, après son succès contre l'Eswatini (3-0), ce lundi, à Praia.
Le Cap-Vert a terminé à la première place dans son groupe D des qualifications de la zone Afrique, devant le favori de la poule, le Cameroun, deuxième.
Les Cap-Verdiens rejoignent les cinq autres équipes africaines déjà qualifiées, le Maroc, la Tunisie, l'Algérie, l'Egypte et le Ghana.
La Tunisie- bat la Namibie (3-0 ) et clôture les éliminatoires du Mondial en beauté
Par Jamel Belhassen
Grâce à une meilleure seconde mi-temps, la Tunisie assure la victoire et atteint un total de 28 points sur les 30 possibles avec 22 buts marqués et 0 encaissé. Un bilan bien flatteur.
Qualifiée à la Coupe du monde 2026 depuis la huitième journée, la Tunisie a visé une nouvelle victoire face à la Namibie lors de cette dixième et dernière ronde pour clôturer les éliminatoires en beauté. Sami Trabelsi a apporté quelques changements par rapport à la formation de vendredi dernier contre Sao Tome-et-Principe avec la titularisation de Bronn, Laidouni, Sassi, Majbri, Mastouri et Tounakti.
En première période, les Tunisiens ont cherché à imprégner un rythme élevé pour desarconner des Namibiens assez coriaces. A la 11e, Tounakti a vu son tir repoussé sur la ligne par un défenseur adverse. Dans l'autre camp, Dahmen s'est interposé avec brio au tir de Shalulile ( 18e). Les assauts des Aigles de Carthage vont aboutir à un penalty pour faute sur Majbri (27e). Ali Abdi, chargé de l'exécution de la sentence, ouvre le score (1-0) pour les siens.
Mais, la prestation générale des Tunisiens est assez moyenne face à des Namibiens venus à Tunis bien motivés malgré leur élimination de la course au Mondial. Après la pause, Skhiri et Sliti entrent en jeu pour renforcer l'entrejeu et l'attaque. Et, Majbri, jusque-là inefficace, sur un centre- tir de la gauche, trompe le gardien Ndiro et double la marque (2-0) à la (56e). Dahmen s'illustre à la (60e) en sauvant un but certain sur un tir de Hambira.
Et ce n'est pas fini. Sassi va tripler la marque d'un tir croisé ( 3-0) à la (64e). Voilà une nouvelle victoire pour les Aigles de Carthage qui ont retrouvé une efficacité peu coutumière an inscrivant neuf buts en quatre jours.
Formation de la Tunisie
Dahmen, Valery, Abdi, Talbi, Bronn, Laidouni ( Skhiri 46e), Sassi( Naffati 80e), Majbri, Tounakti ( Sliti 46e), Saad ( Gharbi 65e), Mastouri ( Chawat 72e)
J.B.
Prix Nobel 2025 : Un trio lauréat en économie
Le prix Nobel d'économie 2025 a été attribué, ce lundi 13 octobre à l'Américain Joel Mokyr, au Français Philippe Aghion et au Canadien Peter Howitt.
Ce trio a été récompensé pour leurs travaux sur l'impact des nouvelles technologies sur la croissance économique dans le monde.
Voici par ailleurs, les autres lauréats de cette année:
Chimie: Susumu Kitagawa (Japon), Richard Robson (Royaume-Uni), et Omar M. Yaghi (USA/Jordanie)
Littérature: Laszlo Krasznahorkai (Hongrie)
Physique: John Clarke (Royaume-Uni), Michel Devoret (France) et John Martinis (Etats-Unis)
Physiologie ou médecine: Shimon Sakaguchi (Japon), Mary Brunkow et Fred Ramsdell (Etats-Unis).
Paix: Maria Corina Machado (Venezuela).
Pluies diluviennes au Mexique: Au moins 64 morts et 65 disparus
Au moins 64 personnes ont péri et 65 autres sont portées disparues en raison des pluies torrentielles qui s'abattent depuis la semaine dernière sur plusieurs Etats du centre et de l'est du Mexique, a annoncé, ce lundi, le gouvernement.
Les morts et les dégâts les plus importants se concentrent principalement dans les Etats de Veracruz (est), Hidalgo et Puebla (centre), a indiqué la responsable nationale de la protection civile, Laura Velázquez.
Justice : Riadh Mouakher retrouve la liberté
La Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près la Cour d’appel de Tunis a décidé de rejeter la recevabilité de l’affaire à l’encontre de l’ancien ministre de l’Environnement, Riadh Mouakher, ainsi que d’un cadre de la Protection civile, rattaché au ministère de l’Environnement.
Préalablement, la Chambre criminelle des affaires de corruption financière près le Tribunal de première instance de Tunis avait condamné Riadh Mouakher et le cadre de la Protection civile, respectivement à trois et à deux ans de prison, dans le cadre d’une affaire relative à un marché public portant sur l’achat de véhicules durant la période où Mouakher était à la tête le ministère.
En appel, la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Tunis avait décidé la remise en liberté des deux prévenus, tout en les maintenant sous contrôle judiciaire. Elle a finalement infirmé le jugement de première instance et confirmé, après réexamen, le rejet de la recevabilité de l’affaire à leur encontre.
IFFHS : L’EST, l’USM et le ST présents au classement mondial des clubs
L'International Federation of Football History and Statistics (IFFHS) a publié le Classement mondial des clubs pour la période du 01er octobre 2024 au 30 septembre 2025.
Trois clubs tunisiens sont présents dans ce classement.
Il s'agit de l'Espérance Sportive de Tunis, 102e (+1), l'Union Sportive Monastirienne, 355e (+59) et le Stade Tunisien, 458e (+57).
Le top cinq mondial de ce classement mondial des clubs est composé du Paris Saint-Germain, du Real Madrid, de l'Inter Milan, de Chelsea et du FC Barcelone.
Lumières sur le patrimoine immatériel au Musée archéologique et ethnographique de Moknine
Le Musée archéologique et ethnographique de Moknine abrite le 17 octobre 2025 une manifestation ayant pour thème « Patrimoine immatériel : une mémoire vivante » portée par l’Agence de Mise en Valeur du Patrimoine et de Promotion Culturelle (AMVPPC) et l’Institut national du patrimoine (INP).
Le programme démarre à 9 h par une visite guidée de la galerie centrale et des ateliers des artisans. La chercheuse docteur Awatef Mansour présentera une communication sur « La Mémoire vivante, source de documentation du patrimoine immatériel : le modèle de l’artisanat féminin de Moknine », suivie d’une présentation du professeur Mohamed Ben Hania sur « la musique soufie : une lecture de la mémoire collective et des pratiques artistiques ».
Le délégué régional de l’artisanat à Monastir, Kadhem Masmoudi, présentera une communication sur « la documentation du patrimoine immatériel : de la protection du patrimoine à l’investissement dans le développement local ». Cette manifestation sera suivie de témoignages d’artisans de la région, de la projection d’un court-métrage documentaire sur le patrimoine immatériel tunisien et une animation pour enfants avec un Conte animé par Montasser Amiri clôturera cette manifestation.
L’Italienne Anna Castiglia et le Tunisien Daly Triki en concert demain
Le Théâtre El Hamra proposera demain, le mardi 14 octobre, à 19h un concert où se rencontreront la chanteuse-compositrice italienne Anna Castiglia, l’une des voix les plus prometteuses de la nouvelle scène musicale italienne d’auteurs, et le musicien tunisien Daly Triki, artiste éclectique mêlant tradition et expérimentation dans une recherche sonore personnelle et innovante.
« Cette rencontre en musique, entre mots et sons » vise à « célébrer l’italien comme langue vivante, créative et ouverte sur le monde », indique l’Institut culturel italien à Tunis.
L’événement s’inscrit également dans le programme de Shluq, un cycle qui promeut les échanges artistiques entre la Méditerranée et la contemporanéité, et constitue le moment phare de la Semaine de la Langue Italienne dans le Monde, précise la même source.
Les Ateliers Sud-Sud : un souffle nouveau pour l’économie culturelle africaine
Les Industries Culturelles et Créatives (ICC) sont aujourd’hui l’un des leviers les plus prometteurs du développement économique et social en Afrique. Cinéma, musique, jeux vidéo, design, animation, réalité virtuelle ou encore artisanat : ces domaines traduisent la vitalité d’un continent jeune, inventif et en pleine mutation. Pourtant, malgré leur potentiel, les ICC africaines peinent encore à s’imposer durablement dans les chaînes de valeur mondiales. Les obstacles sont nombreux : financement limité, manque de structures d’accompagnement, difficulté d’accès aux marchés internationaux, et surtout, rareté des espaces d’échange et de formation à l’échelle du continent.
C’est dans ce contexte que le programme “Ateliers Sud-Sud : Ici et Ailleurs”, initié par l’Association du Multimédia et de l’Audiovisuel (AMAVI), se présente comme une réponse innovante et collaborative aux défis des jeunes créateurs africains. Pensé comme un espace de co-développement, ce programme s’étend sur 24 mois et réunit de jeunes acteurs culturels venus de Tunisie, du Maroc et du Sénégal, avant d’ouvrir sa deuxième cohorte en 2026 à la Côte d’Ivoire et au Kenya. Son ambition : favoriser la montée en compétence des jeunes talents, stimuler la création collective et bâtir des ponts culturels durables entre les pays du Sud.
Après une première résidence réussie en Tunisie, les Ateliers Sud-Sud s’installent cette fois-ci au Maroc, en partenariat avec la Fondation Hiba-Kawaliss. Cette deuxième étape (du 6 au 11 octobre) marque une phase d’accélération et de consolidation pour les quatorze projets accompagnés, allant de plateformes numériques à des expériences immersives, des créations de contenu ou encore des webtoons. Ces jeunes créateurs bénéficient d’un encadrement d’excellence assuré par des experts africains et internationaux, combinant mentorat, développement de prototypes (MVP), réflexion stratégique et mise en valeur artistique. Au-delà de la formation, les ateliers encouragent une véritable culture de la coopération et du partage des savoirs, en valorisant la pluralité des identités africaines et leur puissance créative.
L’un des aspects les plus remarquables de ce programme réside dans son approche transnationale et solidaire. En connectant des jeunes issus de contextes culturels différents mais unis par une même énergie créative, « Ateliers Sud-Sud » fait émerger un langage commun : celui de la culture comme moteur de transformation. Il s’agit non seulement de produire des œuvres, mais aussi de repenser les modèles économiques et les circuits de valorisation des créations africaines. Le programme agit comme un catalyseur d’idées, un lieu de transmission et d’innovation, où les talents se forment, s’inspirent mutuellement et construisent ensemble une vision partagée du futur des ICC africaines.
Soutenu par la Coopération suisse et le Fonds d’expertise français (FEF – Coopération française), « Ateliers Sud-Sud : Ici et Ailleurs » s’impose peu à peu comme une plateforme panafricaine incontournable. En misant sur la formation, la collaboration et la circulation des œuvres, il contribue à l’émergence d’un écosystème créatif plus résilient et inclusif. Et c’est précisément ce que ce programme s’attache à construire : des ponts durables entre ici et ailleurs, entre les jeunes créateurs du continent et un avenir où la culture africaine rayonne au-delà de ses frontières.
Innovation digitale : « The Dot » célèbre ses 4 ans et affiche ses prometteurs projets
En seulement quatre ans, The Dot a accompli des pas de géant en matière d’innovation digitale. Il vient de fêter son quatrième anniversaire et de faire découvrir son nouveau siège, mais ce sont ses projets prometteurs et très ambitieux qui ont retenu l’attention…
Quatre ans après sa création, The Dot, premier hub d’innovation digitale en Tunisie, célèbre une nouvelle étape de son développement : celle de la consolidation, de l’ouverture et de la pérennisation de son modèle.
Né d’un partenariat public-privé inédit réunissant le ministère des Technologies de la Communication, l’Union européenne à travers Expertise France, le ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement "BMZ" via la GIZ Tunisie et la Fondation Tunisie pour le Développement, The Dot s’impose aujourd’hui comme un pilier central et fédérateur de l’écosystème entrepreneurial tunisien.
Une vision collective de l’innovation
The Dot repose sur une conviction forte : l’innovation ne vient pas d’une élite, mais d’une force collective.
En connectant les talents, les institutions et les partenaires, le hub contribue à faire émerger des solutions durables au service de l’économie tunisienne et de son rayonnement. Cette approche collaborative se traduit à travers l’ensemble des initiatives portées par le hub.
Plus qu’un lieu, The Dot est une communauté vivante où entrepreneurs, chercheurs, créateurs, experts et investisseurs collaborent pour transformer des idées audacieuses en projets concrets et à fort impact.
Lors de la cérémonie de cet anniversaire, rehaussée par la présence des ambassadeurs de France, d’Allemagne et de Finlande ainsi que le représentant de l’UE à Tunis, les présents ont pu mesurer, à travers les témoignages de quelques acteurs de ce domaine, le travail accompli par de jeunes entrepreneurs qui sont en train de briller à plus d’un titre.
Joyeux anniversaire pour The Dot qui mérite d’être davantage soutenu et qui sera, comme c’est le cas à présent, un pilier de l’innovation digitale.
K.Z.
















