La commission de l’Éducation, de la Formation professionnelle, de la Recherche scientifique, de la Jeunesse et des Sports à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a examiné, jeudi, deux propositions de loi portant respectivement sur la création et l’organisation des établissements éducatifs privés ainsi que sur le renforcement de l’usage de la langue anglaise en Tunisie.
Selon un communiqué du Parlement, les travaux ont été consacrés à l’audition des représentants des initiateurs de ces deux textes, dans le cadre de la poursuite de leur examen en commission.
Concernant la proposition de loi relative aux établissements éducatifs privés, les auteurs du texte ont plaidé pour l’abrogation du décret n°486 de 2008, estimant qu’il ne répond plus aux évolutions du secteur. Ils ont souligné la nécessité d’instaurer un cadre législatif garantissant l’égalité des chances entre investisseurs, une concurrence loyale et une meilleure qualité de l’enseignement, tout en favorisant l’investissement et la création d’emplois.
Les initiateurs ont indiqué avoir introduit plusieurs amendements à la suite des observations formulées lors d’une précédente séance. Ces ajustements concernent notamment les procédures d’octroi ou de retrait des autorisations, le régime des sanctions ainsi que les conditions requises pour occuper le poste de directeur d’un établissement privé.
De leur côté, les députés ont relevé les insuffisances du dispositif actuel de contrôle, appelant à la mise en place d’une autorité de supervision unifiée, à la numérisation du secteur et à un renforcement de la transparence.
Plusieurs élus ont également proposé d’encadrer les parcours de recrutement, de titularisation et de progression professionnelle des enseignants du privé, afin d’assurer l’égalité des droits avec leurs homologues du public et de lutter contre la précarité de l’emploi. D’autres ont insisté sur la nécessité d’intégrer des dispositions spécifiques en faveur des enfants en situation de handicap ou rencontrant des difficultés d’apprentissage.
S’agissant de la seconde proposition de loi, relative au renforcement de l’usage de la langue anglaise, ses auteurs ont expliqué que cette initiative vise à accompagner les mutations internationales dans les domaines du savoir, de la technologie et de l’économie.
Ils ont précisé que le texte ambitionne de consolider la place de l’anglais aux côtés de l’arabe, qui demeure la langue officielle de l’État et un symbole de l’identité nationale, afin de renforcer l’ouverture de la Tunisie sur son environnement international et de soutenir ses capacités dans l’enseignement, la recherche scientifique et l’économie numérique.
Les porteurs du projet ont indiqué que la réforme serait appliquée de manière progressive à travers un plan national et un mécanisme de suivi et d’évaluation.
Lors des échanges, plusieurs députés ont salué l’initiative, estimant qu’elle s’inscrit dans une approche moderne de l’apprentissage des langues et qu’elle permettrait de mieux préparer les jeunes aux exigences du marché mondial.
D’autres intervenants ont toutefois soulevé des interrogations sur la faisabilité du projet, pointant le manque de ressources humaines qualifiées, notamment parmi les enseignants, ainsi que les coûts liés à la formation, à la révision des programmes scolaires et à la mise à disposition des outils pédagogiques nécessaires.
Le président de la commission a, pour sa part, insisté sur l’importance de maintenir l’enseignement des matières scientifiques en langue arabe, considérant ce choix comme un levier de souveraineté culturelle et de consolidation de l’identité nationale.


