Une semaine après le vol, le réalisateur Souleymane Cissé retrouve son « Carrosse d’or »
Après une dure et longue semaine d’inquiétude et de stress, le réalisateur malien Souleymane Cissé a retrouvé à son domicile de Bamako le Carrosse d’or, prix qui lui a été décerné pour récompenser sa carrière l’an dernier au festival de Cannes.
La disparition depuis le 27 avril dernier de cet objet qualifié de « trésor national » par les autorités maliennes avait créé l’émoi dans le pays et avait été suivi de nombreux appels à le retrouver. Nombreuses enquêtes ont été lancées pour retrouver le Carrosse d’or et rendre à Souleymane Cissé son sourire et son espoir.
Le vendredi, le réalisateur malien Souleymane Cissé a retrouvé son prix à son domicile de Bamako, au petit matin derrière une porte du rez-de-chaussée de sa maison, certainement déposé, selon lui, par les auteurs du vol. « Ce n’est pas moi qui l’ai retrouvé, c’est un collègue qui, en fouillant la maison en bas, l’a retrouvé. Lui-même était très surpris, il a crié en m’appelant. Il m’a montré le Carrosse attaché dans un petit sac noir. Il a ouvert et c’était le Carrosse avec une partie cassée, je crois qu’ils avaient commencé à le démonter », a-t-il déclaré à la presse malienne.
Avec plus de 50 ans de carrière dans le cinéma, ce véritable pionnier du septième art sur le continent africain est le deuxième réalisateur africain à recevoir cette distinction décernée par la société des réalisateurs de films. Le premier a été l’écrivain sénégalais, Ousmane Sembene, sacré en 2005 pour l’ensemble de ses œuvres.
Souleymane Cissé est double Étalon d’or au festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) en 1979 et 1985 avec ses films « Baara » et « Fin Yé ». Ces deux films primés au FESPACO ont contribué à son succès international et à sa renommée. Également, son film « Yeelen » a été récompensé au grand prix du jury au festival de Cannes en 1987, ainsi que « Den Muso ».
Tunisie : l’inflation recule et s’établit à 7,2%
L'inflation s’est repliée pour s’établir à 7,2% au mois d'avril, contre 7,5% au mois de mars, selon les données publiées ce lundi par l'Institut National de la Statistique (INS).
Ce repli est dû à la décélération du rythme d'augmentation des prix entre avril et mars de 2024 comparé à la même période de l'année dernière.
Les prix de l'alimentation ont enregistré une hausse de 9,2% sur un an, en avril 2024, provenant de celle des prix du café en poudre (35%), des viandes ovines (25,5%), des huiles alimentaires (21,4%), des condiments (17,4%), des viandes bovines (14,3%) et des poissons frais (12,1%).
Les prix des produits manufacturés ont, eux aussi, enregistré une hausse de 7,1%, en raison de celle des prix des produits de l'habillement (9,8%) et des produits d'entretien courant du foyer (9%).
Les prix des produits d’habillement ont augmenté de 6,3% en raison de celle des chaussures (7,3%) et des accessoires (2,7%).
Idem pour les prix des services qui ont augmenté de 5,6%, provenant de celle des prix des services des restaurants, cafés et hôtels (10,4%) et des services santé (9,3%).
Le taux d'inflation sous-jacente (hors produits alimentaires et énergie) a quasiment stagné (6,9% en avril contre 7% au mois de mai), alors que les prix des produits libres (non encadrés) ont augmenté de 7,9% sur un an.
Aujourd'hui, début des souscriptions à la deuxième tranche de l’emprunt obligataire national 2024
La souscription à la deuxième tranche de l'emprunt obligataire national 2024 a débuté le lundi 6 mai 2024 et se prolongera jusqu'au 13 mai de cette même année.
Le ministère des Finances vise à collecter 700 millions de dinars, un montant susceptible d'être augmenté. Il est à noter que la clôture des souscriptions pourrait intervenir avant cette date ou être étendue.
Dans un arrêté en date du 8 avril 2024, publié dans le Journal Officiel de la République Tunisienne numéro 48 du 12 avril 2024, le ministère des Finances a établi les caractéristiques et les conditions d'émission de cette deuxième tranche de l'emprunt obligataire national 2024, ainsi que les dates d'ouverture et de clôture des souscriptions.
Présidentielle : Neji Jalloul annonce sa candidature
Neji Jalloul, président du parti de la Coalition nationale a annoncé sa candidature à la prochaine élection présidentielle.
L’annonce a été faite à la fin des travaux du 2e congrès du parti, tenu à Monastir les 4 et 5 mai 2024, où Neji Jalloul a été élu candidat à la majorité des voix.
Jalloul a indiqué que son programme électoral économique et social a été élaboré sous le slogan « Pour une nouvelle voie de développement ».
Le mouvement Echaâb concerné par la présidentielle
Le conseil national du Mouvement Achaab a annoncé, à l'issue d'une réunion exceptionnelle, son implication dans l'élection présidentielle, affirmant son engagement à présenter des candidats et à participer au vote.
Dans son communiqué, le mouvement a souligné l'importance de fixer la date des élections et les conditions des candidatures.
Bouguenna, l’une des voix majeures du sud tunisien s’en va
Figure emblématique de la scène musicale populaire saharienne, Belgacem Bouguenna a tiré hier, le 5 mai 2024, sa révérence après une longue lutte contre la maladie.
Instituteur de son état dans une école primaire, Blegacem Bouguenna est originaire du gouvernorat de Kébili et précisément de Douz. Célèbre chanteur, il s’est distingué par ses chansons populaires explorant l’héritage oral saharien et traitant de thèmes comme l’amour, la séparation, la mère… Parmi ses célèbres chansons : « Ya Walda », « Andi sabaa snin taadou », « Al ghorba », etc.
CA: le président Youssef Elmi démissionne
Tout juste après le défaite du Club Africain face au CSSfaxien qui a été suivi d'une grande colère du.public clubiste, le président des Rouge et Blanc , Youssef Elmi à informé les membres de son Bureau directeur de sa démission. Une information qui a vite fait de circuler à travers le secrétaire général du club.
J.B
Ligue 1 / Play-off / CA – CSS (1-3) : Les Sfaxiens confirment, les Clubistes déçoivent
Au bout d’un match palpitant comme on en voit rarement vu au cours de ce Play-off, le CSS a confirmé son renouveau avec une victoire méritée face à un Club Africain brouillon. Du coup, les Sfaxiens se replacent alors que les Clubistes continuent à gaspiller des points.
Dominateur au cours de la première période, le CA n’a pas su profiter de son moment fort et s’est laissé surprendre par un but sfaxien signé Hmidi (36’).
Ce but a tout changé et la reprise a été mieux négociée par les Sfaxiens qui ont vite fait de consolider leur avance par un but de Becha (48’) et ont pu prendre le match en main.
La réaction clubiste a pris du temps pour se manifester et le penalty réussi par Hamdi Laabidi (75’) n’a pas trop influé sur le déroulement du match qui a vu le CSS forcer la décision sur penalty par Ghram (90’+1).
Le CSS de Mohamed Kouki est fort prometteur alors que du côté du Parc A, beaucoup de choses sont à revoir.
K.Z.
Ligue 1 / Play-out / EGSG – ASM (1-0) : La bonne affaire d’El Gawafel
Le dernier match de cette neuvième journée du play-out a permis aux Gafsiens de respirer et de s’éloigner, un tant soit peu, des dernières places au classement. El Gawafel a bien profité de la venue de l’AS Marsa, la lanterne rouge, pour arracher trois points et se replacer à quatre points des deux relégables.
Le but marqué d’entrée (13’) par Alkhaly Bangoura a suffi au bonheur d’El Gawafel alors que les Marsois n’ont pas confirmé leur réveil des dernières journées.
K.Z.
Chronique de Amna Atallah Soula...Lu pour vous : A la recherche d’un humanisme perdu de Abdelaziz Kacem
<<sommes-nous en train d’abandonner la partie ou est-ce la France qui s’éloigne ? (…) Ne faites pas cadeau de notre départ aux extrémistes, les nôtres et les vôtres.>> ; c’est là, la pressante invite du professeur Abdelaziz Kacem à la France. Il s’accorde ce droit par devoir et fidélité au fondateur de la francophonie (nouvel humanisme), le grand Bourguiba. Par la même, il songe à une opportune tentative d’arracher de la décrépitude<< la chose franco-arabe>>.
Cet ouvrage, l’auteur le destinait au départ, à l’étude de l’état de l’enseignement de la langue française chez nous. Mais <<un tsunami>>secoue violemment ses certitudes et une peur de s’écarter de ses affinités commencent par l’habiter.
Une question s’impose et l’auteur la pose avec forte amertume, où sommes-nous de l’humanisme annoncé, à tout bout de champ et avec arrogance, par l’Occident comme quiddité, émanation, voire exclusives pour certains, de sa « civilisation » et qui lui donne sens ? Et ce, face aux attaques criminelles et volonté d’extermination commises contre femmes, enfants, vieillards, écoles et même hôpitaux par la soldatesque israélienne dans l’enclave de Gaza.
Ces horreurs s’exercent au vu et au su du monde civilisé demeuré implacablement placide. Les assassinats de bien nombreux journalistes et toutes les atrocités se perpétuent en mésestimant et méprisant les déclarations sur les droits humains les plus élémentaires et les articles onusiens relatifs à la Palestine et aux Palestiniens.
Abdelaziz Kacem est consterné par l’aptitude des dirigeants des USA à percevoir à travers leur prisme la résistance des Gazaouis transformée en terrorisme. Il ne manque pas également de notifier tristement son désappointement à l’égard des médias français et leurs journalistes. Ces journalistes dont le pays, la France, est à l’origine de la déclaration des droits de l’Homme. Il déplore avec vigueur leurs monstrueux travestissements de la réalité. Pour appuyer son agacement, plus encore, sa révolte, il évoque Arthur Rimbaud, le fabuleux poète français, réconciliant l’authentique de l’être avec le réel, disant lui le poète de l’amour :
Périssez, puissance, justice, histoire : à bas !
(…) Europe, Asie, Amérique, disparaissez.
Le professeur à l’institut de presse et ancien PDG des radios et télévisions publiques tunisiennes, après avoir coché les douloureux évènements à Gaza, reporte, dans son récit, son regard comme il l’a prévu, vers son sujet de prédilection, la langue et son enseignement.
Langue et enseignement
Entre l’identité de la force de penser et celle de la force de l’essence même de la langue existe un lien intime, indélébile. La langue pour nombre de philosophes, est un champ à dimension illimitée car<<englobant de tout le pensable>>. Pour cela même, Abdelaziz Kacem, concentre sa réflexion sur les langues, les mots, en l’occurrence l’arabe et le français. Comme le rhéteur Quintilien, il exhorte, de tout son être, pour que soit perfectionné l’apprentissage des langues dès l’enfance. Inéluctablement, selon l’auteur du récit, l’enfant voit son humanité ainsi consolidée. Il saura bien des choses sur lui-même mais il va se doter d’outils lui permettant d’acquérir bien de connaissances sur le monde.
Tout dans cette œuvre, en même temps dans les incessantes prises de position de l’auteur, (pour celles et ceux ayant fait partie de ses étudiants) laissent déceler l’analogie avec ce questionnement de Pierre Bourdieu<<le degré de maitrise de la langue, des mots et du discours ne crée-t-elle pas une forme de hiérarchie entre êtres humains ?>>.
Aussi, atteste-t-il, une grande reconnaissance à des personnalités du protectorat ayant contribué à l’établissement de programmes judicieux de l’enseignement. De cet enseignement tranche-t-il, est issue l’élite libératrice de notre Tunisie. Par la même et sans ambages, il prend la défense, des orientalistes occidentaux ayant jeté la lumière sur la valeur de la culture arabe et son apport à celle occidentale.
Abdelaziz Kacem met au ban<<nos intégristes et autres ignares>>. Ce sont ces orientalistes, qui, à l’époque où le colonialisme était au zénith, étaient là pour haranguer l’eurocentrisme. Ils n’ont de cesse démontrer à leurs élites et dirigeants que<<les Arabes n’étaient nullement des sauvages à civiliser>> précise-t-il.
Il ne cache pas ses griefs contre l’état de l’enseignement et ne s’empêche pas de formuler un long réquisitoire. Le révéré Bourguiba, visionnaire certes, pour avoir fait le choix de ne pas abandonner la langue de l’ex prépondérant. L’enseignement du français, il en a fait<<un choix stratégique de civilisation pour mener à bien son pari de la modernité>>.
Mais, ce grand de l’histoire de notre pays, n’échappe pas à l’analyse critique de l’auteur : il adhère au constat de Lamine Chabbi ministre de Bourguiba<<la scolarisation totale des enfants (avec un grand manque de moyens) … Une solution catastrophique pour le pays, dont les effets étaient loin de pouvoir être redressés plus tard>> ; <<tragique prémonition ! >> soupire-t-il de désespoir.
Kacem est aussi légitimement attristé, voire outré, de par la détérioration de la qualité de l’enseignement de la langue française et de par l’amenuisement de l’aire culturelle<<la culture générale, parure des gens d’esprit, s’effiloche>>.
Pour la langue, le verdict des jeunes est sans appel, désolant. Ils s’interrogent à quoi peut encore leur servir la langue française et avec, la francophonie ? Il poursuit en suivant son élan, qu’en est-il de la « chose franco-arabe » si précieuse aux yeux du grand défenseur de la culture arabe, Jacques Berque ? optimiste néanmoins, l’auteur, tout en condamnant les lois scélérates limitant la libre circulation des personnes, encore une fois, dans le pays de la charte des droits de l’Homme et du siècle des lumières, récuse le découragement et s’interdit d’appeler à l’aide Cambridge ou Harvard.
Orgueil et fierté s’allient dans le récit. Les rappels historiques abondent. Sans sourciller, il évoque les heures de gloire de sa Tunisie de l’antiquité, comment l’école franco-arabe lui a restitué une bonne partie de son identité, de son être dont l’essence date d’au moins 3000 ans. Il apprend que<<la Tunisie conquérante ou conquise appartient organiquement à l’Europe latine>> ; pour cause ! l’apport de la pensée tunisienne à ce bout de l’univers : l’avocat, philosophe et écrivain Tertullien (155-222), né à Carthage, de famille berbère, n’est-il pas à l’origine de la langue théologique des chrétiens d’Occident ? <<c’est à Carthage que la messe cesse d’être dite en grec au profit du latin>>.
L’auteur cite également l’un des grands du Maghreb, l’illustre Apulée et son chef d’œuvre universel illustrant dès lors que « le Maghreb…la Tunisie en particulier se sentent bien implantés à la charnière des deux mondes », celui du nord et celui du sud de Mare Nostrum.
Abdelaziz Kacem nous fait sortir de l’exiguïté nationale. Il nous embarque dans une autre aventure, celle d’un univers plus vaste, celui de l’espace Orient arabe et Occident. Univers où s’entre croisent séduction, approbation, négation, répulsion, rapprochement, heurts ; et par les temps qui courent s’instaurent carrément les rejets.
Un évènement ayant fait date dans cet espace, Abdelaziz Kacem lui attribue le titre de BONAPARTE, ou invention d’un concept : le « franco-arabe ». L’expédition d’Egypte, selon l’écrivain, va marquer les esprits pas seulement des Egyptiens mais aussi ceux du monde. Etant donné que, si dans l’apparence elle était exclusivement politique, dans les faits, il n’en est rien. Cette campagne bonapartiste sous-tendait également à un inéluctable intérêt culturel et scientifique. Le général adjoignît à sa nombreuse armée, cent soixante-sept éminents savants.
Au vu du délabrement d’Alexandrie, les fantasmes sur la rencontre de Cléopâtre et les souvenirs de l’histoire s’évaporèrent. Diodore de Sicile (90-20av J. C) la qualifiait pourtant, de première ville du monde. Cette décrépitude est due aux Turcs « barbares…dont l’ignorance et l’aveugle fanatisme ont tout laissé périr ou détruit » fait remarquer l’auteur.
Il jalonne son récit certes, d’anecdotes avoir été réellement vécues dans cette contrée ; mais aussi de louables réalisations menées par Bonaparte et ses compagnons. Ces derniers s’étaient évertués à propager la pensée des lumières, d’effectuer des recherches et des études sur les faits naturels, industriels et historiques de l’Egypte. Ils édifièrent laboratoires scientifiques, bibliothèque, imprimeries. Sur l’Egypte, l’Empereur avoue « j’y ai passé les meilleurs moments de ma carrière », il reportait aimait-il dire « la lumière et la civilisation que l’Europe avait reçues jadis de l’Orient ». Si cette campagne égyptienne soulève de nombreuses controverses ; les avis s’accordent sans conteste, sur son impact positif. La renaissance égyptienne, la NAHDHA est, en quelque sorte, fille de cette expédition de Bonaparte.
Tahtawi pionnier de la Nahdha égyptienne, n’est-il pas en grande partie produit de la culture française, après avoir séjourné en France et fréquenté ses écoles ? Ses travaux, ses traductions et son esprit critique n’ont pas manquer de faire émerger une nouvelle pensée atteste Kacem. Il sera un exemple suivi par l’illustre romancière et poétesse May Ziadé (1886-1941), l’admirable intellectuel franco-arabe Taha Hussein et bien d’autres réformateurs, même en dehors de l’Egypte.
En 1928, les Britanniques vont saper les fondements et aspirations de ce mouvement émancipateur. Ils vont accorder « leur bénédiction sonnante et trébuchante à un instituteur obscur ». Hassen al-Banna (1906-1949), « ce salafiste », vient de créer l’organisation regroupant les frères musulmans.
Ainsi émergent de ce récit les escales du partage culturel franco-arabe. En témoignent le foisonnement des écrits littéraires et historiques auxquels se réfère l’écrivain. Par ailleurs, loin d’être tendre, il use de rappels avec preuves à l’appui, incriminant Britanniques et autres anglophones. Ceux-ci fournissent, aux plus obscures de nos brebis égarées et à chaque étape où se dessine une émancipation dans nos pays arabes, les bouées de sauvetage.
Autant l’agrégé d’arabe de la prestigieuse Sorbonne s’est évertué à défendre la langue de Molière, de voltaire et de tant d’autres penseurs français, sa « nourricière » ; Abdelaziz Kacem va mettre la même fougue et la même manœuvre à défendre la langue de Jahiz sa « mère ».
Comme l’essence de la langue englobe le tout pensable, l’auteur féru de l’histoire, va jeter une lumière éclatante sur les moindres traces laissées par les Sarrazins. A travers villes et villages conquis dans le Midi français par ces Sarrasins, voire jusqu’à des régions plus au nord, telle la région Centre-Val de Loire où se trouve la ville de Tours, il s’applique à fureter, à quérir les séquelles de cette appartenance historique reniée. Kacem brandit moult témoignages de la réelle existence des traces arabes, en l’occurrence celles de la langue.
Les exemples historiques foisonnent. François Mitterrand, que cite Kacem à très bon escient, érudit et passionné d’histoire, ne lance-t-il pas dans une intervention sur la conception de l’identité française, « je me demande si déjà nous ne sommes pas un peu Arabes ? Je reconnais… phrase imprudente. C’est celle-là qui sera épinglé… ».
Et à l’auteur d’ajouter « le linceul de l’oubli allait couvrir toute une civilisation ». Il interpelle avec vigueur les uns et les autres fanatiques, à faire le tour de certaines places et villes pour y découvrir « des traces profondes dans la langue et dans le sang », comme le dit Gustave le Bon, des Sarrazins
En ces temps teintés essentiellement de grisaille et de découragement déprimants, la lecture d’un tel ouvrage pétri de références autant historiques que littéraires et philosophiques, nous insuffle un air revigorant. Et, restitue tant soit peu, chez le lecteur arabe, une fierté. La traduction de cette œuvre si enrichissante et si opportune est souhaitée, pour ne pas dire s’impose.
AC Milan junior camp en Tunisie Une première et que de promesses
Il s’agit vraiment d’une première en Tunisie et même en Afrique. Le prestigieux club de l’AC Milan accueillera, au complexe sportif de Ben Arous les jeunes talents tunisiens et sur le terrain annexe de Radès, près d’une centaine de jeunes qui se donneront à fond pour séduire les techniciens du club italien et rejoindre, au bout d’un certain temps, l’un des centres de formation des Rossoneri.
C’est Chokri Trabelsi, un habitué de ces initiatives, qui sera la cheville ouvrière de ce rassemblement en collaboration avec les dirigeants milanais. Il nous en parle avec la certitude de voir ce travail couronné de succès : « près de 100 jeunes talents seront inscrits pour ce rendez-vous qui s’étalera du 24 au 30 juin 2024 sous les regards des entraineurs des jeunes de l’AC Milan qui a tenu à tenter l’expérience pour préparer le terrain, dans une prochaine phase, à la mise en place d’un centre de formation de premier plan en Tunisie ».
Comment va se passer ce rassemblement ? Chokri Trabelsi nous livre tous les détails : « Il y aura 100 jeunes postulants, âgés de 6 à 17 ans, qui prendront part, douze par catégorie, à un tournoi avec l’objectif de dégager trois joueurs d’élite qui seront pris en charge par l’AC Milan pour un autre stage à Milan.
Où sont les sponsors ?
Pour un tel événement qui constitue une première avec un club aussi prestigieux que l’AC Milan ; les organisateurs sont à la recherche de sponsors à la hauteur de l’événement qui comporte le tournoi de présélection, mais également deux galas dont le dernier sera réservé à la cérémonie de remise des médailles et des attestations aux meilleurs de ces champions en herbe, en présence des hauts responsables du ministère du Sport et de SE l’ambassadeur d’Italie à Tunis.
C’est dire qu’il s’agit d’un événement très important pour le football tunisien et pour la découverte des jeunes talents ainsi que la coopération avec l’un des plus grands clubs du monde, l’AC Milan qui pourrait bien donner le feu vert, en cas de succès, à la fondation d’un grand centre de formation qui aura à jouer un rôle prépondérant dans l’encadrement des joueurs susceptibles de jouer, dans un proche futur, pour les Rossoneri.
Kamel ZAIEM
L1- 6e journée : Le ST piège L'EST en fin de match
Grâce à un finish époustouflant, les Stadistes ont surpris les Sang et Or qui maitrisaient plutôt le jeu jusque-là.
La première période a été d'un niveau tout juste moyen avec un léger ascendant des Sang et Or qui se sont créés trois opportunités malgré l'absence de six titulaires habituels.
Les Stadistes auxquels manquait l'attaquant Jouini ont bien défendu leur zone avant de chercher des contres pour chercher à surprendre l'adversaire.
Après la pause, le jeu connaît des hauts et des bas avec quelques opportunités par ci par là jusqu'à la 80e quand sur balle arrêtée, Oumarou trompe Memmiche de la tête et ouvre le score pour le ST (1-0). S'en suit un contre et Sahraoui double la marque (2-0) (84e).
Un changement de décor brusque et spectaculaire. Victoire éclatante des Stadistes, la première au play off, et première défaite de la saison, après deux nuls des Sang et Or.
Jamel Belhassen
Trafic éhonté des migrants Subsahariens en Tunisie Par Soufiane Ben Farhat
La Tunisie connaît depuis quelque temps une exacerbation dramatique du phénomène de l’afflux problématique des Subsahariens sur son territoire. Une problématique à vrai dire internationale et à géométrie variable.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le porte-parole de la Direction générale de la Garde nationale, Houssemeddine Jebabli, a fait état il y a quinze jours d’une augmentation du nombre de personnes ayant franchi clandestinement nos frontières maritimes depuis le début de l’année jusqu’au 10 avril. Comparé à la même période de l’année dernière, ce nombre est estimé à 21.100, soit une augmentation nette de 7.000 franchissements clandestins. Il est à relever qu’il y a en moyenne 53 voyages maritimes clandestins chaque nuit à partir du territoire tunisien. Par ailleurs, M. Houssemeddine Jebali a indiqué que plus de 19.000 personnes ont été empêchées d’entrer sur le territoire tunisien par voie terrestre au cours de la même période. Un grand nombre d’organisateurs et de passeurs des émigrés clandestins ont été arrêtés, dépassant les 566 individus, soit une multiplication par cinq du nombre de trafiquants par rapport à la même période de l’année précédente.
M. Kamel Feki, ministre de l'Intérieur avait, quant à lui, estimé le nombre de Subsahariens se trouvant l’année dernière sur le territoire tunisien à 80.000 personnes. Ils sont concentrés surtout dans les gouvernorats de Tunis, Médenine et Sfax.
L’Europe et le syndrome de la patate chaude
Tout d’abord, comment se fait-il que, de tous les États de l’Afrique du Nord, la Tunisie, qui n’a guère de frontière avec les pays Subsahariens, soit le pays qui pâtit le plus de cette poussée ? La Tunisie a des frontières terrestres avec seulement deux pays maghrébins, l'Algérie (1.010 km) et la Libye (459 km). A titre d’exemple, l'Algérie voisine a des frontières sahariennes et avec des États Subsahariens atteignant près de 4.000 km.
La problématique est à géométrie variable. Côté nord, l’Europe veut se débarrasser de l’afflux des émigrés clandestins Subsahariens en faisant officier la Tunisie soit comme gendarme de ses frontières Sud soit comme centre de détention des émigrés clandestins. Ce que la Tunisie refuse catégoriquement, ayant à plusieurs reprises et en plus haut lieu réitéré sa volonté de traiter la question dans le strict respect des valeurs humanitaires et des droits de l’homme. L’Europe s’en fiche. L’essentiel est que le flux des clandestins Subsahariens soit endigué de quelque manière que ce soit. Pour les États européens, quand l’intérêt national et électoraliste prime, les droits de l’homme on s’en soucie comme d’une guigne. Ils s’ingénient dès lors à faire exécuter et endosser la sale besogne aux autres. Le Parlement européen a adopté l’année dernière une loi encore plus drastique et restrictive sur l’émigration clandestine. La France en fit de même, aux dépens des valeurs républicaines bien évidemment. A noter que la loi tunisienne sur le séjour des étrangers date de 1968 !
Porosité douteuse
Côté Sud, on n’est guère en reste. Il y a quelques mois, le Niger a aboli la loi de 2015 criminalisant la traite des personnes. S’ensuivit une querelle diplomatique avec l'Algérie, qui avait fait rapatrier des milliers de nigériens.
Du côté de nos frontières avec la Libye et Algérie, les flux de migration clandestine subsaharienne s’intensifient. Douteusement susurre-t-on çà et là.
Toujours est-il que le 22 avril 2024, un sommet des chefs d’Etat de la Tunisie, de l’Algérie et de la Libye s’est tenu à Tunis. Cette toute récente initiative diplomatique vise entre autres à faire face d’une manière concertée et commune aux flux de migration clandestine subsaharienne de plus en plus problématiques.
Sur le terrain, la question prend ces derniers jours une allure dramatique, notamment dans la ville de Sfax et dans la région voisine d’El Amra. Cette dernière région est l’un des points de passage prisés des passeurs clandestins. Les regroupements des migrants clandestins y ont généré des situations conflictuelles et crispées avec les habitants et les agriculteurs locaux saisis d’une peur panique pour leurs personnes, leurs familles, leurs plantations et leurs oliveraies dilapidées ou fortement endommagées.
Lobbys puissants et intérêts financiers
Côté organisations internationales et réseau associatif, tout ne baigne pas dans l’huile non plus, du moins dans les rapports de certaines d’entre elles avec les autorités tunisiennes. Plusieurs considérations y président, notamment celles de lobbys puissants et invisibles et d’intérêts financiers sordides. Pour eux aussi, le malheur des hommes officie comme un acte muet et éludé. Or, la souffrance des hommes ne saurait être l’acte muet de la politique.
Il faut compter également avec le réseau transnational du crime organisé. Il vise particulièrement la Tunisie eu égard à sa proximité avec les îles italiennes (Pantelleria, la Sicile, les cinq îles Pélages dont Lampedusa, Linosa et Lampione), avec Malte, la Sardaigne et la Corse. Le crapuleux trafic éhonté d'êtres humains mais aussi d’organes humains est juteux et ils ne s’embarrassent guère de considérations humanitaires. Bien pis, ce sont des trafiquants de la mort puisqu’ils envoient cruellement des milliers de gens à la mort tout en empochant le pactole d’avance. Témoins, les barques de transport de fortune fabriquées en fer et en tôle en cachette dans des ateliers clandestins.
Par-delà des approches manichéennes des uns et des autres, il s’agit bien d’une question de trafic criminel et éhonté d'êtres humains à des fins crapuleuses. Chacun le sait mais personne n’en parle ouvertement, les Européens et certaines organisations prétendument humanitaires enprime.
S.B.F
Augmentation des tarifs de l’électricité et du gaz : La STEG dément
La Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG) a annoncé qu’il n’y a aucune augmentation des tarifs de l’électricité et du gaz cette année et ce, conformément à la loi de finances 2024.
Dans un communiqué officiel, la STEG a mis en garde contre les informations trompeuses, ajoutant que sa politique vise à soutenir le consommateur et à appuyer les efforts de l’Etat.
Comar d'or 2024: ces romans qui se sont distingués...
Les noms des heureux lauréats de la 28ème édition des prix du "Comar d'Or" ont été dévoilés, samedi soir, lors d’une cérémonie organisée au Théâtre municipal de Tunis, qui a été marquée par la présence du ministre des Affaires culturelles par intérim Moncef Boukthir, également ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique ainsi qu'un bon nombre des acteurs de la scène littéraire tunisienne entre auteurs, éditeurs et lecteurs.
Comme le veut la tradition, six prix au total ont été attribués aux auteurs et autrices dont évidemment deux Comar d'or, l'un pour les romans écrits en langue française et l'autre pour les romans en langue arabe.
Côté musique, deux pauses musicales interprétées par les artistes Eya Daghnouj et Mehdi Ayachi ont rythmé le début et la fin de la soirée.
Un hommage a été rendu aux martyrs de la guerre dans la bande de Gaza, à ces écrivains et écrivaines qui ont témoigné dans leurs récits du vécu sur cette terre palesinienne et qui ont fait de leurs plumes et mots une arme de résistance. Un vibrant hommage a été également rendu au romancier Ali Bécheur (1939-2024), disparu le 6 avril dernier qui était avocat et enseignant de droit avant de devenir écrivain.
Figure emblématique de la scène littéraire francophone, Ali Bécheur est lauréat de trois Comar d’or du roman en français avait eu le Comar d’or, lors de sa première édition en 1997, pour "Jour d’adieu", puis "Le paradis des femmes" en 2006 et "Les lendemains d’hier" en 2018.
Le Comar d'or en langue française est allée ainsi à "Malentendues" de Azza Filali. Publié aux éditions Elyzad en 2023, ce roman de 344 pages. Le jury a salué une maîtrise des techniques de la narration romanesque.
Quant au Prix spécial du jury, il a été attribué au roman "Fleurir" de Wafa Ghorbel, paru en 2024 chez Kalima éditions. Le jury a décerné ce prix spécial à "un roman qui se distingue par la qualité de sa construction et son écriture poétique et de bonne facture (...)". Roman riche en poésie, en musique et en émotions, "Fleurir", une belle histoire de trois destinées fragiles à découvrir.
Grâce à "Pour qu'il fasse plus beau...", Atef Gadhoumi a remporté le "Prix Découverte". Publié aux éditions Arabesques, le roman de 187 pages, retrace "le parcours meurtrier d’un tandem famélique, Ridha et sa sœur cadette Amel, animés par un irrépressible besoin de vengeance, sur fond de division sociale et de haine de classe", lit-on sur le dossier de presse de Comar d'or.
Il est ainsi à rappeler que le jury en langue française était composé de Ridha Kéfi (journaliste), Mokhtar Sahnoun (romancier, poète), Monia Mouakhar Kallel (romancière), Kamel Ben Ouanes (critique littéraire) et Mouha Harmel (écrivain), lauréat du Comar d'Or 2023 du roman en français "Siqal, l'antre de l'Ogresse".
S'agissant de la compétition du roman en langue arabe, le Comar d'Or a été décerné à Sahbi Keraani pour "Weld Hmed" (Atlas Edition), premier roman de l’auteur. Quant au Prix spécial du jury, il a été attribué à Khalthoum Ayachia pour "Hadra Thlali allati taaraj" (Dar khraïef). Le roman "Arch al majanine", paru aux éditions Masciliana, a valu à son auteur Chaker Nassif le "Prix Découverte".
Rappelons que le jury de la catégorie "Romans en langue arabe" s'est composé de Mohamed El Khadi (universitaire), Neziha Khelifi (critique), Hafidha Karabibene (nouvelliste, poétesse et romancière), Ahmed Guesmi (universitaire) et Hafedh Mahfoudh (écrivain).
Imen Abderrahmani


















