Visas Schengen : "Le taux de refus des demandes pour les Tunisiens en 2024 s’élevait à 21 %"
Dans une interview accordée vendredi 11 janvier 2025 à Jawhara FM, Henri d’Aragon, le porte-parole officiel de l'ambassade de France en Tunisie, a longuement parlé des multiples aspects de la coopération et du partenariat entre la France et la Tunisie.
Henri d’Aragon a tenu à exprimer son attachement à la Tunisie, un pays qui le séduisait depuis son enfance. Il a rappelé l’histoire commune entre la Tunisie et la France ainsi que leurs liens historiques, économiques et culturels.
Concernant l’octroi des visas, il a déclaré que le taux de refus des demandes de visa pour les Tunisiens en 2024 s’élevait à seulement 21 %. Et de préciser que ces refus étaient principalement dus à des dossiers incomplets.
USA : Les incendies près de Los Angeles s'étendent à de nouvelles zones
Le "Palisades Fire", l'un des incendies qui font rage depuis mardi dans la région de Los Angeles, s'est propagé à de nouvelles zones dans la nuit de vendredi à samedi.
Le feu, situé sur le flanc ouest de la mégapole californienne, a désormais dévasté 8.900 hectares, a déclaré samedi un porte-parole des pompiers, Todd Hopkins, lors d'une conférence de presse.
Il s'est étendu au Mandeville Canyon et menace le quartier huppé de Brentwood, a-t-il précisé.
En ajoutant le "Eaton Fire", à l'est près de Pasadena, le nombre d'hectares calcinés se chiffre à 14.500.
Le bilan des six incendies qui dévastent les alentours de Los Angeles est pour l'heure d'au moins 11 morts et 13 disparus. Quelque 10.000 bâtiments ont été détruits ou endommagés.
Les épaisses fumées produites par les brasiers ont conduit les autorités à déclarer une urgence de santé publique.
Environ 180.000 habitants ont été évacués, quelque 153.000 personnes sont encore concernées par des ordres d'évacuation et 166.000 autres ont reçu des alertes en vue d'évacuations, a déclaré le shérif du comté de Los Angeles, Robert Luna. Il a précisé qu'un couvre-feu avait été instauré dans toutes les zones d'évacuation.
Les conditions météorologiques devraient s'améliorer au cours du week-end, les vents devant notamment faiblir, a fait savoir le National Weather Service, l'institut météorologique américain. Une nouvelle alerte rouge pourrait toutefois être émise pour lundi.
Crise de l’UGTT : Une centrale syndicale à deux têtes en perspective?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Même si la médiation de l’ancien secrétaire général, Houssine Abassi, a calmé les ardeurs des uns et des autres, la crise au sein de l’UGTT est loin d’être circonscrite. Dirigerons-nous vers une centrale syndicale à deux têtes?
«Juin 2025 ou janvier 2027, l’accord sur l’une de ces dates pourrait sauver l’existence même de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT)», estime le syndicaliste Kamel Missaoui. En effet, depuis le mois de décembre dernier, toutes les négociations et les médiations au sein de la centrale syndicale portent sur ces deux dates. Il s’agit, justement, de la date du prochain congrès de l’UGTT. Les dissidents ou le groupe des cinq, qui constituent aujourd’hui la principale faction de l’opposition à l’actuel bureau exécutif, tiennent à ce que ce congrès soit tenu au mois de juin 2025, alors que le groupe des dix, celui de l’actuel secrétaire général, Noureddine Tabboubi, affirme que ce congrès électif se tiendra à sa date initiale, à savoir à la fin du mandat de l’actuel bureau, soit en 2027. Il fallait, de ce fait, la médiation de l’ancien secrétaire général, Houssine Abassi, pour calmer les ardeurs des uns et des autres et éviter que la crise ne s’enlise davantage. Selon le conseiller juridique de l’Union générale tunisienne du travail. Karim Trabelsi: «La raison va finalement l’emporter et la médiation de l’ancien secrétaire général, Houssine Abassi, a toutes les chances d’aboutir et arriver à un consensus en fixant la date du prochain congrès au mois de janvier 2026». Il faut dire que les enjeux sont énormes concernant ces deux dates. Chacune des deux parties cherche, en effet, à bénéficier du soutien des membres et délégués syndicaux des bureaux régionaux et sectoriels qui voteront lors de ce prochain congrès électif. Ces mêmes bureaux régionaux et sectoriels tiendront leurs élections à la fin de cette année 2025. Ces élections pourraient profiter au bureau sortant, or les actuels bureaux régionaux et nationaux pourraient bénéficier aux dissidents, à savoir le groupe des cinq. À quoi faut-il s’attendre au cours des prochains jours?
Réactions
Signe d’un apaisement possible, cette déclaration de Anouar Ben Kaddour qui a affirmé, dans une déclaration à l’agence TAP, que bien que la tenue d’un congrès dès le premier trimestre 2025 soit jugée impossible par certains membres, un compromis semble se dessiner. Plusieurs représentants des unions régionales et des fédérations professionnelles ont proposé d’organiser le congrès avant la fin du premier semestre 2025. Cependant, une nouvelle proposition émerge, celle d’un congrès en janvier 2026, marquant un effort de conciliation entre les différentes parties. Et d’ajouter: «Je reste optimiste et confiant quant à l’issue des discussions en cours. Nous espérons parvenir à un accord final qui mettra un terme à cette crise sans précédent au sein de la centrale syndicale. La proposition d’un congrès avancé à 2026 pourrait bien constituer un compromis acceptable pour toutes les parties, tout en préservant l’unité et la stabilité de l’UGTT. L’issue des négociations reste cruciale pour l’avenir de l’organisation syndicale, acteur clé du paysage socioéconomique tunisien».
M. B. S. M.
Affaire de l’avion Tunis-Montréal endommagé par un camion de catering le 2 novembre 2024 : Et s’il n’y avait que des boucs émissaires?
Par Hassan GHEIDIR
Apparemment, tout ce qui a été dit sur l’accident survenu début novembre sur le tarmac de l’aéroport Tunis-Carthage était au-delà de la vérité.
Pour rappel, le samedi 2 novembre 2024, la compagnie aérienne nationale a annoncé l’annulation d’un vol long courrier Tunis-Montréal après plusieurs heures de retard. Une décision qui a provoqué l’ire des passages qui sont restés bloqués à Tunis et aussi ceux qui attendaient à Montréal. Il faut également souligner que durant plusieurs jours de fin octobre, beaucoup de retard a été signalé sur les vols de Tunisair depuis Tunis et en provenance de nombreux autres aéroports en Europe. L’incident du 2 novembre a été considéré comme la goutte qui a fait déborder le vase, poussant le ministre du Transport à se déplacer dans la nuit de samedi-dimanche dans les lieux de l’incident inspectant par la même occasion les conditions dans lesquelles opéraient les différents services d’assistance aéroportuaire de Tunisair. Après cette visite, le ministère du Transport a annoncé, le 6 novembre 2024, le limogeage de quatre directeurs généraux de Tunisair-Technics, Tunisair catering, le secrétaire général de Tunisair et le chargé de la direction centrale du produit. Entre temps, une enquête avait été ouverte pour déterminer les circonstances de l’accident et infliger les sanctions appropriées.
Dans une première version des faits qui a rapidement fait le tour des réseaux sociaux suscitant l’indignation de l’opinion publique, l’on avait prétendu que le camion de Tunisair-catering avait violemment percuté l’avion. Certains avaient présumé que son conducteur était en état d’ivresse. Dans une version plus officielle des faits l’on avait expliqué que l’équipe déployée par Tunisair catering pour charger les plateaux de repas pour les passagers et les membres de l’équipage n’a pas respecté les consignes de sécurité en ce qui concerne la hauteur de l’engin par rapport au seuil de la porte de l’avion. La plus grande vigilance est en effet nécessaire dans ce type d’exercice, et ce, à cause du risque du choc pouvant abimer des composantes particulièrement importantes pour la conduite du vol.
Exécution des ordres
Dans la réglementation internationale de l’aviation, un guide de procédure détermine des vérifications spécifiques et indispensables à faire avant le chargement et le déchargement, qu’il s’agisse de passagers ou de marchandises. Lors du chargement et du déchargement de l’avion, le poids de l’appareil évolue. Tout comme une voiture, un avion est doté d’amortisseurs qui seront plus ou moins compressés selon la charge à bord. Pendant la phase de chargement (l’opération lors de laquelle a eu lieu l’accident de l’avion Tunis-Montréal le 2 novembre 2024), la hauteur au niveau du seuil de la porte varie pouvant atteindre 15 centimètres sur certains types d’appareil et jusqu’à 30 cm sur un Boeing 777 par exemple. La plus grande vigilance est toujours nécessaire face à ce changement de hauteur. D’après ce qui a été rapporté par les enquêteurs, l’équipe qui manipulait le camion de catering a commis l’erreur impardonnable de ne pas respecter cette règle de la chaîne de sécurité. Trois agents formant cette équipe se sont trouvés derrière les barreaux.
Jaouher Arous, 22 ans, est l’un des trois agents de manœuvre relevant de Tunisair Catering auxquels ont avait reproché une négligence jugée grave des consignes de sécurité. Deux mois depuis son arrestation, son père, Néji, croit dur comme fer qu’il ne mérite pas son sort. Il espère d’ailleurs toujours qu’un non-lieu sera prononcé en sa faveur ainsi que ses deux autres collègues. Néji Arous est venu dans nos locaux défendre la cause de son fils muni des preuves qui ne laissent pas l’ombre d’un doute, selon lui, que Jaouher et ses camarades ont fait correctement leur travail. Photos à l’appui, le père de Jaouher nous a montré que pendant le chargement des plateaux de repas à bord dudit vol Tunis-Montréal, un autre véhicule appartenant aux services de handling était en train de charger les bagages. Deux opérations qui ne pouvaient et ne devaient pas se faire simultanément, selon lui. C’est le chef d’avion qui était, semble-t-il, harcelé par ses supérieurs à cause du grand retard accusé par ce vol et le mécontentement grandissant des voyageurs qui avait pris ce risque. Les agents du catering ainsi que ceux du handling qui chargeaient six contenaires de marchandises et des centaines de valises de voyageurs n’ont fait qu’exécuter les ordres émanant de leur hiérarchie respective. Un choc entre l’avion et le véhicule de catering devient ainsi presque inévitable, d’autant plus que l’appareil est chargé de près de 60 tonnes de kérosène. Néji Arous n’a en aucun moment douté que son fils et ses collègues sont des victimes auxquelles on a fait endosser l’entière responsabilité de l’accident.
H. G.
Prix littéraire « Frontières »: Cécile Oumhani et la maison d’édition tunisienne Elyzad dans la course
Par Imen Abderrahmani
Grâce à ses « Tigres qui ne mangent pas les étoiles », paru aux Editions Elyzad (Tunisie), l’écrivaine Cécile Oumhani a su décrocher une place dans la sélection du prix « Frontières ».
Le comité d’organisation et de sélection de la 5èmeédition du prix littéraire « Frontières », initiative conjointe de l’Université de Lorraine et de l’Université de la Grande Région, qui distingue chaque année un roman explorant la thématique des frontières, vient de dévoiler sa sélection. L’écrivaine franco-britanno-tunisienne Cécile Oumhani avec son roman « Les tigres ne mangent pas les étoiles » sera en lice pour ce prix dont les thèmes majeurs à explorer, cette année, sont : la rencontre, l’exil et l’apprentissage.
Paru aux Editions Elyzad, maison d’édition tunisienne spécialiste dans la littérature francophone, ce roman est le récit de la rencontre inattendue de deux femmes d’origines différentes.
« À l’aéroport de Bahreïn, une correspondance ratée vient bousculer le voyage de la narratrice qui fait route vers l’Inde, pays d’enfance de son père. Elle se voit contrainte de passer la nuit dans un hôtel où elle lie connaissance avec une Afghane, Meena, qui se rend à Kaboul au chevet de son propre père.
La narratrice est happée par le récit de Meena évoquant l’Inde, l’Afghanistan, la guerre, puis le départ par de périlleuses routes de montagne vers Berlin où il faut faire sa place. Des résonances inattendues, telles des lueurs dans la nuit, rapprochent les deux femmes », lit-on sur la 4ème de couverture de ce roman qui raconte l’émerveillement de cette rencontre humaine.
Poétesse et romancière, Cécile Oumhani s’’est consacrée à l’écriture des longues années d’enseignement universitaire, explorant d’autres cultures. Elle a reçu de nombreux prix littéraires et l’ensemble de son œuvre a été honoré du Prix européen francophone Virgile.
Plusieurs de ses romans sont publiés aux éditions Elyzad. Ecrivaine généreuse, elle a son actif de nombreuses publications entre romans, recueils de poèmes et essais dont nous citons : « Le café d’Yllka » (2008), « L’atelier des Strésor » (2012), « Une odeur de henné » (2012), « Tunisie, carnets d’incertitude » (2013), « Les racines du mandarinier » (2016), « Tunisian Yankee » (2016), « Tunisie, carnets d’incertitude » (2013) et « Marcher loin sous les nuages » (2018). L’année 2024 a vu la publication de trois livres de Cécile Oumhani : « Ma mère et la peinture, MeineMutterund die Malerei », prose, avec des peintures de Madeleine Vigné-Philip, mère de l’auteure, bilingue français-allemand, traduction allemande par Tanja Langer, BübülVerlag Berlin, « LikeBirds in the Sky », nouvelles écrites en anglais et « Les tigres ne mangent pas les étoiles » qui concoure pour le Prix Frontières.
En lice également
Il est à noter que la sélection pour l’année 2025 comporte des romans d’auteurs et autrice d’horizons différents : « L’odyssée des filles de l’est » d’ElitzaGueorguieva, « La danse des flamants roses » de Yara El-Ghadban, « Le palais Mawal » de Dominique Eddé, « Traverser les forêts » de Caroline Hinault, « Comment ne pas devenir écrivain-voyageur » d’Adrien Blouet, « Rouge » de HovikAfyan, « Le souffle de la Méditerranée » de Fabio Fiori, « Les tigres ne mangent pas les étoiles » de Cécile Oumhani, « Tout le blanc du monde » de Alizée Gau et « Terre noire » de Rita Carelli.
L’annonce de l’heureux lauréat ou l’heureuse lauréate qui succèdera à Sylvain Prudhomme qui a reçu le prix Frontières 2024 pour son roman « L’enfant dans le taxi », publié aux « Editions de Minuit » sera annoncé dans quelques mois.
I.A.
Panorama International Short Film Festival: Report de la 10ème édition
Le comité directeur du Panorama International Short Film Festival (PISFF) a annoncé sur la page officielle de la manifestation le report de la 10èmeédition, prévue du 4 au 8 février 2025, à une date ultérieure qui sera communiquée prochainement. Les organisateurs n’ont pas fourni plus de détails sur les raisons de ce report, sachant que les préparatifs étaient déjà en cours et que plusieurs films sélectionnés ont été annoncés sur la page.
Présidé par Kamel Ouij, cet événement cinématographique annuel a été lancé en décembre 2016 par l’Association des parents et amis des handicapés en Tunisie (APAHT) sous le slogan « Rencontre des cultures et de la créativité ».
Depuis sa création, le festival international du court-métrage Panorama s’est donné pour mission de soutenir les films courts, de découvrir de nouveaux talents, de promouvoir les courts métrages du monde entier et de favoriser les rencontres entre réalisateurs, professionnels du cinéma, et amateurs. Il constitue également un espace d’échanges entre le public et le monde du cinéma.
Ayant introduit en 2019 des compétitions pour les courts métrages narratifs et documentaires, le PISFF s’est imposé au fil de ses éditions, comme une vitrine pour les courts métrages du monde entier et un rendez-vous majeur pour les passionnés du format court.
Editorial : Un comeback époustouflant - Par Jalel HAMROUNI
À quelques jours de son investiture tant attendue par le monde entier, Donald Trump annonce la couleur d’un nouveau mandat qui semble être beaucoup plus imprévisible que celui de 2016.
En effet, Trump tire, désormais, à boulets rouges sur tout ce qui bouge et menace d’une nouvelle ère trumpienne agitée et dure.
Le comeback de Trump intrigue déjà ses proches voisins auxquels il préserve un programme diabolique. Le nouveau locataire de la Maison Blanche menace de renommer le golfe du Mexique le «golfe de l’Amérique», d’annexer le Groenland, le canal de Panamá et le Canada.
Et ce n’est pas tout. Trump a exigé que les pays de l’OTAN augmentent leurs dépenses militaires de 5% de leur PIB. «Ils peuvent tous se le permettre», a-t-il affirmé. Même les États-Unis, qui comptent parmi les pays membres consacrant le plus d’argent à la défense, n’atteignent pas cette cible. Actuellement, leurs dépenses militaires représentent 3,38 % de leur PIB. En campagne électorale, Trump avait menacé de ne plus garantir la protection des pays de l’OTAN face à la Russie si ces derniers n’allouaient pas un budget suffisant à leur défense.
Donald Trump a, également, évoqué l’idée d’annexer le Canada, menaçant d’utiliser «la force économique» pour y parvenir !
Entre 2016 et 2020, la politique étrangère américaine n’a pas tenu toutes ses promesses lors du premier mandat de Trump, notamment en ce qui concerne les relations avec la Chine, la Russie et les alliés de l’Union européenne et de l’OTAN. Cependant, son nouveau mandat commence à la lumière des guerres en cours en Ukraine et au Moyen-Orient, pour lesquelles l’administration Biden a contribué en armes et en argent.
Trump et son équipe feront probablement pression en faveur de cessez-le-feu ou d’accords de paix temporaires pour démontrer leurs prouesses en matière de consolidation de la paix et leur capacité à «arrêter les guerres», comme il l’a déclaré dans son discours de victoire électorale en Floride.
Mais avec l’investiture de Trump prévue le 20 janvier, beaucoup de choses pourraient changer, et l’administration Biden pourrait tenter un cessez-le-feu ou émettre des décrets symboliques à la dernière minute. D’ailleurs, c’est ce que laissent entendre les dernières visites effectuées par le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, dans la région du Moyen-Orient dans l’objectif d’arracher un cessez-le-feu dans la bande de Gaza.
En fait, supposer que le mandat de Trump apportera la paix au Moyen-Orient est un pari à haut risque, surtout compte tenu des liens étroits entre Trump et nombre de ses associés avec l’entité sioniste. Il est donc peu probable que cela contribue à améliorer les conditions de vie des Palestiniens ou à créer une véritable voie vers la création d’un État palestinien.
Si la nouvelle administration Trump se concentre sur les questions qui la préoccupent au Moyen-Orient, ce sera pour trouver la voie vers une normalisation saoudo-israélienne, le retour de la politique de pression maximale et l’imposition de sanctions contre l’Iran.
Cependant, on peut s’attendre à ce que Trump reprenne là où Biden s’est arrêté. Il ne fait aucun doute que son administration apportera sa touche personnelle, mais aucun changement radical n’est attendu. En effet, les initiatives entreprises par la première administration Trump concernant Al Qods occupée, le plateau du Golan syrien et l’UNRWA sont mieux considérées comme l’aboutissement logique de décennies de politique américaine plutôt que comme un changement brusque.
Mais il faut retenir qu’entre son premier mandat à la Maison Blanche et sa réélection, Trump est devenu plus volatile et imprévisible. De ce fait, s’il tiend ses promesses qu’il a faites lors de sa campagne électorale d’imposer des droits de douane sur toutes les marchandises importées de l’étranger et d’étendre les politiques «America First» en faveur des secteurs économiques nationaux, sa présidence accélérera le déclin de la mondialisation. De plus, si les pays touchés, comme la Chine, contre laquelle Trump a menacé d’imposer des droits de douane de 60%, choisissent de répondre par des mesures protectionnistes et de suspendre les mécanismes multilatéraux de règlement des différends au sein de l’Organisation mondiale du commerce, les dommages causés au système commercial international pourraient s’avérer irréparables.
Le retour de Trump à la présidence risque d’exacerber l’incertitude entourant la politique américaine tant intérieure qu’étrangère. Les slogans «America First» et «Make America Great Again» reviendront sur le devant de la scène, même s’ils ne se traduisent pas par des gains immédiats et tangibles au niveau national.
J. H.
Ligue 1 – 15e journée : Le ST termine l’aller en tête, le CA suit de près
Par Kamel ZAIEM
Les yeux étaient tournés vers le duel pour la première place, mais la Palme de cette quinzième journée revient, en premier lieu, à l’ES Métlaoui, auteur de la plus large victoire en cette première partie de l’ultime ronde de la phase aller. Les Miniers se sont nettement imposés à Tataouine, et ils méritent amplement leur septième place.
En haut du tableau, le duel indirect entre le leader, le ST, et son dauphin, le CA, a vu les deux équipes s’imposer pour garder leur place au classement.
Ainsi, les Stadistes ont confirmé leur solidité en allant s’imposer à Soliman. Un but d’entrée de Ouattara suite à un corner (4’) et un second de Mejri (80’) ont suffi aux gars de Maher Kanzari pour empocher les trois points du match et surtout de s’accrocher à leur place de leader, à mi-chemin.
Quant aux Clubistes, ils ont réalisé l’essentiel, à Rades contre l’AS Gabes, en s’imposant par le plus mince des écarts (1-0). Un seul but, marqué contre son camp par Maatougui (34’), a suffi aux Rouge et Blanc pour arracher une nouvelle victoire et pour coller au leader stadiste.
Le statu quo est à l’avantage des Stadistes en attendant les autres matches de cette 15e journée.
A Tataouine, l’ES Métlaoui est allé « se promener » pour s’imposer nettement sur le score de (3-0), face à une US Tataouine qui n’arrête pas de couler. Faleh à deux reprises (10’ et 44’) et Arfaoui (75’) ont été derrière cette importante victoire qui propulse l’ESM à une très encourageante septième place.
K. Z.
Résultats
CA – ASG (1-0)
ASS – ST (0-2)
UST – ESM (0-3)
Classement provisoire
1- Stade Tunisien 33 pts
2- Club Africain 32 pts
3- US Monastirienne 30 pts
4- Espérance de Zarzis 28 pts
5- Espérance de Tunis 26 pts
6- Etoile du Sahel 22 pts
7- ES Métlaoui 21 pts
8- Olympique de Béja 18 pts
9- Club Sportif Sfaxien 17 pts
10- JS Omrane 15 pts
11- AS Gabés 14 pts
12- US Ben Guerdane 13 pts
13- AS Soliman 12 pts
14- CA Bizertin 8 pts
15- US Tataouine 7 pts
16- EGS Gafsa 6 pts
Marché de travail en Tunisie : Mutations et défis
Le Future of Jobs Report 2025, publié mercredi 8 janvier par le Forum Économique Mondial, révèle que la transformation du marché du travail touchera 22% des emplois d'ici 2030.
S'appuyant sur les données de plus de 1 000 entreprises, le rapport constate que le déficit de compétences reste l'obstacle le plus important à la transformation des entreprises aujourd'hui.
Pour la première fois, des résultats sont disponibles pour la Tunisie. Cette enquête a été réalisée par l’IACE, en tant que partenaire officiel du Forum économique mondial, pour le cas spécifique de la Tunisie.
Au pays, les tendances anticipées allant de l'adoption des technologies aux perspectives macroéconomiques, en passant par la transition verte, les politiques industrielles et les restrictions commerciales, devraient entraîner une transformation des activités de nos entreprises tunisiennes au cours des cinq prochaines années.
D’une manière précise et pour le cas de la Tunisie, les résultats indiquent, un changement structurel du marché de travail de 22%, d’ici les cinq prochaines années. Les spécialistes de l'IA et de l'apprentissage automatique arrivent en tête des emplois à forte croissance.
La majorité des postes à croissance rapide figurant sur la liste sont des postes liés à la technologie. La majorité des postes en déclin rapide concernent principalement les ouvriers et les comptables, en raison de l'automatisation croissante, de la numérisation des processus, et de l'évolution des besoins du marché.
Les conclusions du rapport sont enrichies par les contributions d'ADP, Coursera, Indeed et LinkedIn, dont les données et les analyses permettent de mieux comprendre les tendances mondiales de l'emploi et la dynamique de la main-d'œuvre. Le rapport comprend des analyses approfondies par pays et par secteur d'activité, ainsi que des profils de deux pages par pays et par secteur d'activité.
Affaires Ayachi Zammel : Les condamnations réduites de 22 ans à 4 ans et six mois
La Chambre pénale auprès de la Cour d'appel de Tunis a maintenu les condamnations prononcées en première instance, pour falsifications de parrainages, contre l'ex-candidat à l'élection présidentielle, Ayachi Zammel, tout en réduisant la peine d’emprisonnement de 22 ans à quatre ans et six mois.
L’avocat Abdessatar Messaoudi, président du comité de défense d’Ayachi Zammel, a indiqué, vendredi 10 janvier 2025, dans un post Facebook, que la 17e chambre de la Cour d’appel de Tunis a confirmé les verdicts de première instance dans les neuf affaires de parrainages similaires incriminant le candidat à la présidentielle Ayachi Zammel et la membre de sa campagne électorale, Siwar Bargaoui. Cela dit, la peine de prison a été réduite de 22 ans à 4,5 ans, mais sans consolidation des peines.
« Des jugements injustes qui ne sont pas réellement et légalement justifiés. Le calvaire d’Ayachi Zammel et de Siwar Bargaoui continue alors que nous pensions qu’il était terminé », a-t-il commenté ce jugement dans ce même statut.
Enseignement : Les surveillants et conseillers pédagogiques contractuels revendiquent leur intégration
La fédération générale des surveillants et surveillants généraux ainsi que le syndicat des conseillers pédagogiques ont appelé, dans un communiqué conjoint, à la publication imminente d’un décret portant sur l’intégration des surveillants et des conseillers pédagogiques contractuels.
Selon le communiqué, le ministère de l’éducation doit s’engager dans un dialogue sérieux et responsable avec les partenaires sociaux pour résoudre les différents dossiers en suspens et mettre fin à l’emploi précaire.
Par ailleurs, la fédération générale des surveillants et surveillants généraux ainsi que le syndicat des conseillers pédagogiques ont appelé à un sit-in dans les différents établissements scolaires le lundi 13 janvier 2025, à partir de 8 heures du matin.
On rappelle qu'un décret portant sur l'intégration des instituteurs et des professeurs suppléants a été publié récemment au JORT après le boycott des cours et un sit-in ouvert décidés par ces enseignants.
Selon une nouvelle étude : Le nombre de morts à Gaza est plus important que l'estimation du Hamas
Une étude publiée vendredi dans la prestigieuse revue médicale britannique The Lancet estime que le nombre de morts à Gaza est supérieur d'environ 40 % à celui enregistré par le ministère de la Santé du territoire palestinien. Cette enquête porte sur les neuf premiers mois de la guerre entre Israël et le Hamas, du 7 octobre 2023 au 30 juin 2024.
Objet d'un âpre débat depuis le 7 octobre 2023, le nombre de morts dans la bande de Gaza est supérieur d'environ 40 % à celui enregistré par le ministère de la Santé du Hamas, estime une étude publiée, vendredi 10 janvier, dans la prestigieuse revue médicale britannique The Lancet.
Depuis le début de la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien jusqu'au 30 juin 2024, le ministère de la Santé de la bande de Gaza dirigée par le Hamas a fait état d'un bilan de 37 877 morts.
L'étude du Lancet estime, toutefois, qu'entre 55 298 et 78 525 décès ont été causés par des lésions traumatiques à Gaza au cours de cette période.
Le nombre probable de tués estimé par le Lancet est de 64 260 morts jusqu'à cette date, soit un chiffre supérieur de 41 % à celui du ministère de la Santé. Ce chiffre représente 2,9 % de la population de Gaza avant la guerre, "soit environ un habitant sur 35", selon l'étude.
Ce bilan ne concerne que les morts dues à des lésions traumatiques et n'inclut donc pas les décès indirects, tels que ceux dus au manque de soins ou de nourriture, ni les milliers de disparus que l'on pense enterrés sous les décombres.
L'AFP n'est pas en mesure de vérifier de manière indépendante le nombre de morts à Gaza.
Jeudi, le ministère de la Santé de l'enclave a déclaré que 46 006 personnes étaient mortes au cours des quinze mois de guerre, principalement dans des bombardements israéliens.
Estimation fondée sur la méthode statistique "capture-recapture"
En Israël, les attaques sanglantes commises par le Hamas le 7 octobre 2023 a fait 1 208 morts, pour la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur les chiffres officiels israéliens. Israël a mis en doute la crédibilité des chiffres du ministère de la Santé de Gaza, mais ils ont été jugés fiables par les Nations unies.
Les chercheurs de l'étude publiée par le Lancet ont employé une méthode statistique appelée "capture-recapture" qui a déjà été utilisée pour estimer le nombre de morts dans d'autres conflits dans le monde, qui s'appuie sur trois listes.
La première est celle fournie par le ministère de la Santé du Hamas et comprend les corps identifiés dans les hôpitaux ou les morgues.
La deuxième est issue d'une enquête en ligne lancée par le ministère de la Santé, dans laquelle les Palestiniens ont signalé le décès de leurs proches.
La troisième a été établie à partir de notices nécrologiques publiées sur des réseaux sociaux comme X, Instagram, Facebook et WhatsApp, lorsque l'identité du défunt a pu être vérifiée.
"Nous n'avons retenu dans notre étude que les personnes dont le décès avait été confirmé par leurs proches ou par les morgues et les hôpitaux", a déclaré à l'AFP Zeina Jamaluddine, épidémiologiste à la London School of Hygiene and Tropical Medicine, principal autrice de l'étude.
Les chercheurs ont ensuite examiné les listes de morts à la recherche de doublons. "Nous avons cherché les chevauchements entre les trois listes (...) afin d'obtenir une estimation totale de la population tuée", a précisé Zeina Jamaluddine.
Un bilan probablement encore plus élevé en comptant les personnes disparues
Patrick Ball, un statisticien du Human Rights Data Analysis Group, basé aux États-Unis, qui n'a pas participé à l'étude du Lancet, a utilisé la méthode statistique de "capture-recapture" pour estimer le nombre de morts lors de conflits au Guatemala, au Kosovo, au Pérou et en Colombie.
Il a assuré à l'AFP que cette technique éprouvée avait fait ses preuves de longue date et qualifié l'étude du Lancet de "bonne estimation".
Kevin McConway, professeur de statistiques appliquées à l'Open University britannique, a précisé à l'AFP qu'il y avait "inévitablement beaucoup d'incertitude" lorsqu'on fait une estimation à partir de données incomplètes.
Il a toutefois jugé "admirable" que les chercheurs aient utilisé trois méthodes d'analyse statistique pour vérifier leurs estimations. "Dans l'ensemble, je trouve ces estimations raisonnablement convaincantes", a-t-il dit.
Les auteurs de l'étude ont appelé à la prudence en expliquant que les listes publiées par les hôpitaux n'indiquent pas toujours la cause du décès, de sorte qu'il est possible que des personnes souffrant de problèmes de santé non traumatiques, tels qu'une crise cardiaque, aient été incluses, ce qui pourrait conduire à une surestimation.
Il existe toutefois d'autres raisons pour lesquelles le bilan de la guerre à Gaza pourrait être sous-estimé. L'étude n'a pas pris en compte les personnes disparues. L'agence humanitaire des Nations unies Ocha a déclaré qu'environ 10 000 habitants de Gaza portés disparus seraient enterrés sous les décombres.
Zeina Jamaluddine a reconnu s'attendre à ce que "les critiques fusent de toutes parts" à propos de cette étude. Elle s'est élevée contre ce qu'elle a qualifié "d'obsession" sur les chiffres de la mortalité : "Nous savons de toutes façons qu'elle est très élevée", a-t-elle dit.
Ons Jabeur ne se sentira pas seule : Aziz Dougaz va prendre part à l’Open d’Australie
Par Kamel Zaïem
La Tunisie, qui a appris à compter sur Ons Jabeur, sa ministre du bonheur, aux grands tournois de Grand Chelem, va avoir un second représentant à ce grand rendez-vous. Il s’agit d’Aziz Dougaz qui vient de remporter ses trois matches de qualifications pour se retrouver dans le tableau final, ce qui a toujours constitué un rêve pour notre brave tennisman.
Aziz, actuellement 230e joueur mondial, a battu, lors de son premier match, le Hollandais Jesper De Jong (111e mondial) en trois sets (6-7, 6-1, 7-6). Il a enchainé face au Libanais Benjamin Hassan et l’a battu en trois sets également (3-6, 7-6, 6-4). Lors du troisième et décisif match, le champion tunisien a battu le Croate Borna Gojo, toujours en trois sets (6-4 / 3-6 / 6-1).
Un premier tour à la portée
Nos deux représentants à l’Open d’Australie (simple) connaissent désormais leurs adversaires. Ons Jabeur, 40e WTA affrontera l’Ukrainienne Anhelina Kalinina (48e) pour le compte du 1er tour alors qu’Aziz Dougaz, 230e ATP, affrontera le Japonais Yoshihito Nishioka (63e).
Il y a lieu de rappeler que l’Open d’Australie (Melbourne) démarre ce dimanche 12 janvier 2025.
Dougaz entre rêve et fierté
Aziz Dougaz est issu d’une famille tunisienne, ce joueur de tennis a découvert sa passion dès l’âge de 5 ans, grâce à son père qui l’a emmené dans un club local. Encouragé par un entraîneur qui a décelé son potentiel, il n’a jamais quitté les courts de tennis. Avec un père travaillant dans le tourisme et une mère professeur d’espagnol, il a hérité d’une discipline qui l’a mené à quitter la Tunisie à 15 ans pour poursuivre sa formation en France, puis au Maroc grâce à une bourse ITF.
Selon l’ATP Tour, Aziz a continué son parcours aux États-Unis, étudiant à l’Université d’État de Floride tout en jouant au tennis universitaire. Admirateur de Rafael Nadal, son mental est forgé par des valeurs de persévérance et de combativité, qu’il applique grâce à une méthode originale : il note ses pensées et motivations pendant les matches.
Fortement inspiré par Malek Jaziri et Ons Jabeur, il souhaite contribuer au rayonnement du tennis tunisien, une fierté pour lui. Fan de l’Espérance Sportive de Tunis et de Lionel Messi, perfectionniste et compétiteur, il jongle avec ses passions pour le tennis, les séries télévisées comme La Casa de Papel, et ses ambitions éducatives. Il valorise également le meilleur conseil reçu : vivre pleinement le moment présent et donner le meilleur de soi-même.
K.Z.
Trump menace d’annexer le Canada aux USA : Impérialisme ou impulsivité ?
Le président désigné Donald Trump a avancé des idées d’expansion territoriale pour les États-Unis pendant sa conférence presse à Mar-a-Lago, mardi. Trump n’a pas l’intention d’utiliser la force militaire, mais plutôt la « force économique » pour annexer le Canada. Doit-on prendre les menaces du président désigné au sérieux ? Les experts divergent d’opinion sur la question.
La question a été posée directement au président désigné des États-Unis mardi lors d’une conférence de presse à sa résidence de Mar-a-Lago, moins de deux semaines avant son assermentation. Envisage-t-il l’usage de la force militaire pour acquérir le Canada ?
« Non, une force économique, parce que le Canada et les États-Unis, ce serait vraiment quelque chose », a-t-il répondu à un journaliste.
« Si vous vous débarrassez de cette ligne artificiellement tracée et si vous examinez à quoi elle ressemble, ce serait en réalité bien meilleur pour la sécurité nationale. N’oubliez pas que nous protégeons essentiellement le Canada », a-t-il ajouté.
Il a ensuite affirmé que les États-Unis dépensaient des « centaines de milliards de dollars » chaque année pour protéger la frontière entre les deux pays. Il y est aussi allé d’une tirade contre le déficit commercial des États-Unis par rapport au Canada, qui s’élevait en 2023 à 64 milliards US, soit environ 90 milliards CAN, selon les données des autorités américaines.
Nous n’avons pas besoin de leurs voitures […]. Je préférerais les fabriquer à Detroit. […] Nous n’avons pas besoin de leur bois d’œuvre. Nous avons de vastes forêts. […] Nous n’avons pas besoin de leurs produits laitiers.
« Nous achetons des brise-glace et le Canada veut se joindre à nous. […] Nous n’avons pas besoin d’un partenaire. »
Un peu plus tôt, Trump n’avait pas exclu le recours à la force pour annexer le canal de Panamá, artère vitale du transport maritime mondial, et l’île du Groenland, territoire autonome du Danemark. Il a affirmé que les deux étaient « très importants pour la sécurité économique » des États-Unis.
« Nous devons nous réveiller »
Il est temps que le Canada prenne les menaces de Donald Trump au sérieux et non à la blague, met en garde le coprésident du Groupe d’experts sur les relations canado-américaines de l’Université Carleton et de l’Institut canadien des affaires mondiales, Fen Hampson.
« Je pense que ses ambitions ne sont pas seulement économiques, mais également politiques, signale l’expert des relations internationales en entrevue. Il veut se débarrasser du Canada en tant que pays souverain. »
M. Hampson y voit la résurgence d’un impérialisme issu d’un siècle passé. Quand il parle du 51e État, je crois qu’il a des ambitions territoriales dignes du XIXe siècle et nous devons nous réveiller. « Nous devons prendre ses menaces économiques au sérieux et arrêter de simplement les balayer d’un revers de main », poursuit-il.
Le président de l’Observatoire sur les États-Unis de l’Université du Québec à Montréal, Charles-Philippe David, est plus nuancé. Il estime plutôt qu’il faut cesser de réagir à chacune des envolées du président désigné.
« Donald Trump n’est pas capable d’un plan rationnel, n’est pas capable de se mettre en mission sur une politique bien établie avec des objectifs réfléchis. C’est un impulsif, un compulsif imprévisible. Moi, je pense qu’il ne faut pas accorder tant que ça de sérieux à tout ce qu’il dit », fait valoir le fondateur de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques.
« Par contre, je prendrais très au sérieux le fait que notre intérêt n’est pas de nous soumettre à cette volonté américaine. Je pense qu’il faut peut-être, oui, investir plus dans notre défense, il faut voir mieux à notre frontière, il faut explorer d’autres avenues économiques. »
M. David cite par exemple un éditorial du plus récent numéro du magazine The Economist, qui suggère l’entrée du Canada dans l’Union européenne.
Trudeau réplique
D’abord considérés comme une blague à l’issue du voyage du premier ministre Justin Trudeau à Mar-a-Lago, en novembre dernier, les propos du président américain ont suscité une levée de boucliers à Ottawa, mardi.
« Jamais, au grand jamais, le Canada [ne] fera partie des États-Unis, a rétorqué M. Trudeau sur X. Les travailleurs et les communautés de nos deux pays bénéficient qu’on soit l’un pour l’autre le plus grand partenaire commercial et en matière de sécurité. »
« Vous savez, ce n’est pas réaliste. Je sais qu’il aime faire ces commentaires et qu’il aime plaisanter. Je prends cela au sérieux. Il plaisante peut-être, mais sous ma gouverne, cela n’arrivera jamais. »
« Le Canada ne sera jamais le 51e État. Point à la ligne », a réitéré à son tour le chef conservateur Pierre Poilievre, tandis que le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a demandé à M. Trump d’arrêter ses « conneries ». Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, n’a pas réagi.
Ces commentaires du 47e président des États-Unis ne font plus rire le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford. Celui-ci n’a pas caché son agacement en point de presse lundi, peu de temps après un énième gazouillis de Trump sur le Canada. « Je vais lui faire une contre-proposition, a-t-il dit. Et si nous achetions l’Alaska et y ajoutions le Minnesota et Minneapolis en même temps ?
Livreurs privés opérant entre la Tunisie et l’Europe : Attention à l’arnaque…!
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Livrer des colis à partir de la Tunisie vers des pays européens et vice versa n’est plus une activité exclusivement réservée aux services postaux. Vous pouvez, désormais, compter sur des livreurs privés pour envoyer et recevoir des colis. Attention toutefois à l’arnaque…
Peut-être que le grand public l’ignore, mais toute une nouvelle activité est en train de connaître un succès tel que l’on parle de services postaux parallèles. Il s’agit de livraison de divers produits à partir de la Tunisie dans plusieurs pays européens et vice versa. Et même si cette nouvelle activité a facilité la vie à des milliers de gens en permettant, par exemple, aux familles d’envoyer nourritures et autres marchandises à leurs enfants qui suivent leurs études en Europe, il s’avère que certains de ces livreurs sont des arnaqueurs et ne livrent jamais les colis qui leur ont été confiés. Ces mêmes livreurs croyaient probablement que les Tunisiens étaient un peuple d’ignorants et facile à manipuler. Nous avons mené notre petite enquête en se basant sur des témoignages recueillis sur les réseaux sociaux. En 2023, le site indépendant Inkyfada a enquêté sur ce nouveau trafic et on apprend que «la plupart de ces transporteurs opèrent illégalement sans entreprise enregistrée et transportent donc des marchandises à travers les frontières à des fins commerciales sans autorisation. Les marchandises des clients peuvent ne pas arriver à destination, tandis que les transporteurs risquent de se faire arrêter par la Douane à chaque voyage. Pourtant, cette pratique ne cesse de se développer ces dernières années». L’enquête a révélé, également, que «les premiers transporteurs opéraient principalement entre la France et la Tunisie, d’autres itinéraires ont vu le jour par la suite. Aujourd’hui, plusieurs marchandises transitent entre la Tunisie et d’autres pays européens: l’Allemagne, l’Italie, la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Autriche, la Hongrie et le Royaume-Uni». Et comme il s’agit d’une activité non réglementée, l’arnaque n’est pas, en effet, loin…Mais pourquoi,ces Tunisiens préfèrent ces livreurs privés au circuit officiel?
Témoignages
De la gare routière de Bab Alioua à Tunis au port de La Goulette, banlieue nord de la capitale, les plus avertis connaîtront certainement ces livreurs rien qu’à leurs véhicules. Des voitures cargo sont prises d’assaut par les clients. Les uns tentent d’envoyer de la marchandise à leurs proches résidant dans les pays européens alors que d’autres cherchent à réceptionner des colis en provenance du vieux continent. Nous avons posé la question à l’un d’entre eux. Il s’appelle Mohamed Ali et il est le père d’une étudiante installée à Nice. Notre interlocuteur nous a, alors, confié: «C’est rapide et c’est moins cher que la Poste. Avec ces livreurs privés, les colis sont arrivés à destination dans 48 heures, alors que par la Poste, cela peut prendre une dizaine de jours voire plus». Et à la question s’il a été victime d’une arnaque? Notre interlocuteur nous a révélé: «L’année dernière, j’ai envoyé des vêtements et de la nourriture à ma fille à l’aide d’un jeune homme que j’ai rencontré dans le parking du port de La Goulette. Ce dernier s’est présenté comme étant un livreur. J’ai pris son numéro de téléphone et lui celui de ma fille. Malheureusement, le colis n’est jamais arrivé à destination. Mon conseil est de faire appel à des livreurs connus et qui se garent d’habitude à Bab Alioua ou à la station de métro (TGM)». De son côté, Madame Saloua nous a déclaré: «Il ne faut jamais envoyer de l’argent même si les billets sont bien cachés entre les vêtements. Aussi, il faut bien connaître le livreur. Le cas échéant, on n’a aucune garantie et votre colis ne peut jamais arriver à destination. Personnellement, j’ai été arnaquée deux fois».
M.B.S.M.
















