Editorial : Au nom du Père, du Fisc et des saints boucs-émissaires…
Par Chokri Baccouche
Un revenu mensuel de 3.000 dinars est indispensable pour vivre décemment en Tunisie, déclarait lundi dernier au micro d’une radio de la place le conseiller fiscal Mohamed Salah Ayari. Au mois d’août dernier et sollicité pour donner son avis sur le même sujet, l’économiste Ridha Chkoundali a placé, lui, la barre encore plus haut. Il a estimé en effet qu’en raison de l’accélération de la hausse des prix, le revenu mensuel d’un citoyen tunisien doit de situer aux alentours de 4200 dinars pour subvenir à ses besoins et vivre correctement. L’un et l’autre ne croyaient pas si bien dire car, au rythme actuel de la cherté de la vie, il faut nécessairement avoir un salaire cossu, assorti d’un solide compte en banque pour faire face aux impondérables… à toute fin utile. En théorie donc et selon la déduction, somme toute logique et objective de nos deux experts, il faut disposer de plusieurs milliers de dinars chaque mois pour joindre les deux bouts sans trop de bobos mais sans permettre pour autant des folies liées à des dépenses extravagantes. Ça ne sera pas la vie de château bien entendu mais on aura en principe assez d’oseille pour répondre à des besoins existentiels et élémentaires tels que la nourriture, le transport, les factures d’eau et d’électricité, les frais de scolarité pour les titis… Dans la pratique en revanche, on est bien loin du compte et pour cause ! Rares sont, en effet, les familles qui ont des rentrées mensuelles d’argent de plus de 4000 dinars et ce, même si le mari et son épouse ont une activité rémunérée.
De ce qui précède, on peut déduire donc que le coût de la vie est de plus en plus cher mais le pouvoir d’achat des contribuables, sont seulement ne suit pas mais se réduit chaque jour un peu plus comme peau de chagrin. L’inflation galope à brides abattues, mais les salaires stagnent. Difficile voire impossible dans ces conditions de tenir le coup face à l’envolée des prix qui s’inscrivent régulièrement à la hausse. C’est la raison pour laquelle l’écrasante majorité des ménages tunisiens éprouvent toutes les peines du monde à s’en sortir. La plupart d’entre ces derniers dont le compte bancaire est toujours au rouge sont d’ailleurs obligés de contracter des avances sur salaire ou des prêts pour combler leur déficit budgétaire avec tous les désagréments qu’on imagine et qui se traduisent par un déséquilibre financier constant et insoluble. Un sacré cercle vicieux qui rend en définitive la vie encore plus dure qu’elle ne l’était auparavant. Cette situation peu enviable traduit en fait le quotidien pointu de l’écrasante majorité de nos concitoyens.
La hausse de l’impôt sur le revenu décidée dans le cadre de la loi de finance 2025 a des effets pervers et ce sont les couches les plus vulnérables et d’une manière générale les citoyens lambdas qui vont payer les pots cassés. Les signes avant-coureurs justifiant ce constat commencent d’ailleurs à se faire sentir. Le Conseil régional de l’Ordre des médecins de Tunis, rapide à la détente, a publié en effet, dimanche dernier, la nouvelle fourchette des honoraires médicaux, entrés en vigueur depuis le 1er janvier. Sans trop rentrer dans les détails, les prix des consultations que devront débourser désormais les patients ont été révisés, bien évidemment à la hausse. Les tarifs varient également selon qu’on a à faire à un médecin généraliste ou à un toubib spécialiste, une consultation au cabinet ou une visite à domicile. Autre détail révélateur : les prix augmentent si la visite a lieu de nuit ou pendant les jours fériés.
Bref, l’Etat révise à la hausse les taxes et les prestataires de service râlent un peu pour exprimer leur rituel désaccord mais ne se font pas trop de souci car ils disposent de l’antidote fatal et terriblement efficace qui leur permet de préserver leurs intérêts : ils font monter les enchères et augmentent leurs prestations et le tour est joué. C’est simple comme bonjour. Dans ce jeu du chat et de la souris, les parfaits boucs-émissaires sont bien évidemment les consommateurs. Le mime étant chez nous une véritable culture, il n’est pas du tout surprenant que les prestataires de service des autres secteurs calquent à leur tour cette idée géniale et adoptent la démarche des toubibs. Au rythme où vont les choses, gageons que MM. Mohamed Salah Ayari et Ridha Chkoundali seront obligés dans peu de temps de réviser leur copie et d’admettre que le Tunisien aura besoin, pour s’en sortir et vivre décemment, de 5000 dinars. Qui peut se targuer de toucher un tel salaire ? Mieux vaut en rire sous cape. Pas à gorge déployée mais modérément pour ne pas s’étouffer et être obligé, par conséquent, de consulter un spécialiste des gosiers du quartier qui se frotte d’ores et déjà les mains d’aise…
C.B.
Tennis- Tournoi Adélaïde International 1/8e : Ons Jabeur cédé devant Yulia Putintseva ( 0-2)
Pour son second match au tournoi d'Adelaide International WTA 500 en Australie, Ons Jabeur, 40e, n'a pu éviter la défaite face à la Kasakhe Yulia Putintseva, 25e par 2 sets à 0. Pourtant, la Tunisienne a bien commencé le match avant de céder progressivement devant les coups de boutoir de son adversaire , robuste, concentrée et efficace. Le score de 6 jeux à 2 a prouvé si besoin est que la différence était nette dans ce premier set. Lors du second, Ons Jabeur a cherché à tenir le coup pour rester dans le match mais ratant plusieurs coups droits et divers revers, elle allait souffrir encore et encore. A 2-3, l'espoir renaît chez la Tunisienne. La lutte pour les points devenait épique au fil des minutes. A 3-4 puis à 4-5 tout restait possible. Après ces quelques éclairs, ce fut la nuit. La Kasakhe l'emporte meritoirement 6-4. La,Tunisienne aura tout fait pour éviter l'élimination, vainement.
Jamel Belhassen
Enjeux et défis de l’économie numérique en Tunisie
La transition à l’économie numérique est devenue un enjeu majeur pour les entreprises tunisiennes, qui se trouvent à un tournant décisif dans leur évolution.
Alors que le monde économique se digitalise à un rythme effréné, ces entreprises doivent s'adapter pour rester compétitives dans un environnement en constante mutation. Un rapport de l’Institut Tunisien de la Compétitivité et des Études Quantitatives (ITCEQ) publié le 2 janvier 2025, met en lumière les diverses facettes de cette transformation, en examinant les stratégies adoptées, les moyens mis en œuvre, ainsi que les impacts et défis rencontrés.
Enjeux et défis de la digitalisation
Les entreprises tunisiennes reconnaissent l'importance d'intégrer la digitalisation dans leur stratégie de croissance. Près de la moitié d'entre elles sont déjà engagées dans des projets de digitalisation ou prévoient de le faire. Cependant, il est notable que ces initiatives ne se traduisent pas toujours par une priorité accordée à l'innovation.
Les entreprises semblent privilégier l'organisation et le développement des compétences, délaissant parfois des aspects cruciaux liés à l'innovation technologique. Cette approche pourrait freiner leur capacité à tirer pleinement parti des opportunités offertes par la digitalisation.
Pistes de réussite
Pour réussir cette transition, les entreprises doivent mettre en place des moyens adaptés. La formation du capital humain apparaît comme un élément clé, avec une attention particulière portée aux compétences numériques. Malgré cela, seulement 19% des entreprises ayant réalisé des activités de recherche et développement ont réussi à innover au cours des cinq dernières années. L'investissement dans la recherche reste limité, ce qui soulève des interrogations sur la capacité des entreprises à évoluer dans un paysage économique de plus en plus axé sur le savoir.
L'intégration des technologies numériques est essentielle pour améliorer les performances des entreprises. Le rapport souligne que 91% des entreprises sont connectées à Internet et utilisent divers outils numériques. Toutefois, l'utilisation d'outils d'achat et de vente en ligne reste relativement faible, avec seulement 44% des entreprises engagées dans la digitalisation qui pratiquent l'achat en ligne. Cette situation révèle une opportunité non exploitée pour renforcer leur présence sur le marché numérique et améliorer leur compétitivité.
Perspectives d’évolution
Malgré les avancées notables, plusieurs défis limitent la transformation digitale des entreprises tunisiennes. Parmi ceux-ci figurent le manque de ressources financières, la pénurie de compétences numériques et la résistance au changement au sein même des organisations. Ces freins doivent être surmontés pour permettre aux entreprises d'exploiter pleinement le potentiel de la digitalisation et d'améliorer leur performance globale.
Alors que les entreprises tunisiennes naviguent dans cette ère numérique, il est impératif qu'elles adoptent une vision stratégique claire qui allie innovation, formation et intégration technologique. La réussite de cette transformation dépendra non seulement de leur capacité à s'adapter aux nouvelles exigences du marché, mais aussi de leur engagement à investir dans leurs ressources humaines et technologiques pour bâtir un avenir compétitif et durable.
Festival du film africain de Louxor : Un hommage au critique de cinéma tunisien Khemais Khayati et deux films tunisiens en compétition
Par Imen Abderrahmani
Dédiée à la mémoire du journaliste et critique de cinéma tunisien Khemais Khayati qui nous a quittés en juin 2024 et qui a contribué avec ses écrits à l’évolution de la critique cinématographique arabe et du cinéma arabe, la 14ème édition du Festival du film africain de Louxor (Egypte) démarre demain pour se clôturer le 14 janvier 2025.
Sur le catalogue de la compétition officielle figurent deux films tunisiens : le long métrage « Asfour Jenna » du réalisateur Mourad Ben Cheikh et le court-métrage « Loading » d’Anis Lassoued.
Les deux compétitions proposent des films de divers pays, notamment la Tunisie, l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie, l’Egypte, le Soudan, le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Ghana et le Cameroun.
Sorti en salles le 25 septembre 2024, « Asfour Jenna » est le premier long-métrage de Mourad ben Cheikh. Belle comédie, le film s’interroge sur le mariage mixte et les traditions avec à l’affiche dans les deux premiers rôles l’acteur italien Nicola Nocella et l’actrice tunisienne Amal Mannai.
Le 2ème film tunisien en lice pour l’un des prix du festival est « Loading » de Anis Lassoued. Projeté en avant-première mondiale lors de la 35ème édition des Journées Cinématographiques de Carthage (JCC) en 2024, dans la compétition nationale, le film raconte les aventures de Bilel. « Arrêté par un policier, pour une infraction du code de la route, Bilel, un jeune trentenaire, se retrouve impliqué dans une situation où l’argent s’impose comme la seule solution salvatrice », lit-on dans le synopsis.
Le festival rend également des hommages posthumes à cinq figures emblématiques du cinéma africain : le critique de cinéma Khemais Khayati, le scénariste égyptien Atef Beshai, l’artiste et metteur en scène marocain Tayeb Saddiki, la cinéaste sénégalaise Safi Faye et l’acteur, réalisateur, scénariste et producteur franco-mauritanien Med Hondo.
D’autres artistes africains seront également à l’honneur, parmi lesquels nous citons l’acteur tunisien Ahmed Hafiane, l’égyptien Khaled El Nabawy, le scénariste et réalisateur égyptien Magdi Ahmed Ali, le réalisateur et producteur sénégalais Moussa Sène Absa, ainsi que l’actrice ghanéenne Akosua Busia.
Outre les projections, le festival propose pour le débat dans le cadre de son forum, prévu les 11 et 12 janvier, le thème de « L’avenir des festivals de cinéma africain à l’ère du numérique ». Des figures emblématiques du cinéma africain, dont Iz-Eddine Gourirran (Khouribga), Zine El Abidine Charafeddine (Dakhla), Andrea Voges (Durban) et Mahen Bonetti (New York), débattront des défis et opportunités du cinéma africain à l’international.
I.A.
Pour la première fois en Tunisie et dans le monde arabe, « Juste Debout » débarque à Tunis
Le rendez-vous mondial incontournable de la danse urbaine, « Juste Debout 2025 », pose ses valises pour la première fois en Tunisie et dans le monde arabe. Cet évènement international de la street dance, marquera après un tour à Miami, Washington, D.C. et Tokyo, une quatrième escale en Tunisie, et ce, du 10 au 12 janvier 2025 au Théâtre de l’Opéra-Cité de la Culture à Tunis.
Les amateurs de rythmes et de battles auront ainsi une occasion d’immersion totale dans l’univers de la danse hip-hop, avec des danses mettant en lumière des styles variés notamment le hip-hop, le locking, le popping et la house. Ces qualifications représentent une occasion pour les talents de rivaliser en créativité et en technique afin de décrocher une place pour la grande Finale internationale, qui se tiendra le 2 mars 2025 à l’Accor Arena de Paris (ancien Bercy), lit-on sur le communiqué de presse de Théâtre de l’Opéra de Tunisie.
Outre les battles, l’événement sera rythmé par des talk- shows, des jam sessions et des workshops animés par des danseurs de renommée, permettant aux participants de perfectionner leurs techniques dans différents styles de danse urbaine. Ces ateliers, dirigés par des figures connues de la danse urbaine offriront aux talents une occasion de travailler aux côtés des meilleurs dans leurs disciplines à savoir le locking, un style funky énergique et rythmé, le popping, rythmique et expressif, la house dance, un style fluide et dynamique, et le hip-hop, un style de danse polyvalent.
Le samedi 11 janvier 2025, la compétition prendra le devant de la scène avec les présélections et les contests dans les différentes catégories, et ce, devant un jury formé notamment du danseur coréen Hoan, considéré un véritable légende dans le monde du hip hop et un maître du popping qui a conquis les scènes mondiales avec ses victoires dans les plus grands événements de danse. Le jury réunit également une figure incontournable de la scène hip hop et house internationale, la danseuse, chorégraphe et mentor Clara Bajado, originaire des Philippines et née à Paris. Avec plus de 25 ans d’expérience, elle s’est imposée en France et au Royaume-Uni, où elle a fondé le collectif Indahouse et joué un rôle clé dans le développement de la culture urbaine. Le jury réunit deux autres artistes reconnus dans leurs disciplines en l’occurrence Majid Kessab (hip hop) et Anthony Thomas (locking).
Créé en 2002 par le danseur et chorégraphe franco-camerounais Bruce Ykanji, Juste Debout est devenu une plateforme dans l’univers de la danse urbaine. Il s’agit de la plus grande compétition rassemblant les meilleurs danseurs de hip-hop, popping, locking et house, organisée à travers des présélections internationales et culminant avec une grande finale à Paris.
Le programme détaillé de cette manifestation est à découvrir sur les réseaux sociaux. Il suffit juste de cliquer « Juste Debout Tunisia ».
Le Quotidien avec TAP
Paris : Une Tunisienne ex-femme d’un Marocain, chef d’un réseau criminel, remise en la liberté
La chanteuse tunisienne Amira, 36 ans, ex-compagne du leader du réseau de passeurs marocains « El Tetwani », a été remise en liberté sous contrôle judiciaire vendredi par la chambre de l’instruction de Paris, annonce-t-on ce mardi par la presse française.
Mise en examen en avril dernier par un juge de la JUNALCO (Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée), Amira avait été placée en détention, en compagnie de onze autres membres de ce réseau de passeurs accusé d’un crime de « traite d’êtres humains en bande organisée et de délits d’aide à l’entrée d’étrangers, faux et usage de faux ».
Le gang, composé de criminels marocains et serbes, était très actif entre 2022 et 2023 en région parisienne, plus précisément à Bobigny, et à l’étranger, notamment en Tunisie et en Serbie, relaie le journal Le Parisien. Au cours de la période, ils auraient aidé des milliers de migrants à entrer illégalement en Île-de-France, un trafic qui leur aurait rapporté des millions d’euros.
La mère de deux enfants âgés de six ans et six mois, qu’elle a eus avec Mohamed K., le chef du réseau criminel, vivait en Espagne au moment des faits. « Cette chanteuse, à la double nationalité italienne et tunisienne, bénéficie d’une certaine notoriété.
Elle s’est déplacée en Serbie et aurait participé à la mise en œuvre de vidéos destinées à faire la promotion des bonnes conditions d’accueil des migrants dans ces hôtels mafieux », précise le juge de la chambre de l’instruction. La trentenaire nie toute implication dans ce trafic.
« Je n’ai aucune relation avec le travail de mon ex-mari. Je suis séparée et j’ai même déposé une plainte pour violences conjugales contre lui. À cause de cet homme, j’ai tout perdu : mon travail, mon argent, mon terrain en Tunisie et même mon logement. Il ne me reste que mes enfants que je veux retrouver », a-t-elle déclaré lors de son interrogatoire devant le juge d’instruction.
Amira n’a pas de casier et « n’avait pas un rôle actif dans ces faits », selon son avocat, Mohsen Jaidi. « C’est une cheffe d’entreprise et une artiste reconnue qui ne représente aucun risque pour la société française », a-t-il plaidé. Des arguments qui ont sans doute amené la cour à ordonner sa remise en liberté sous contrôle judiciaire.
Quant à Mohamed K., il aurait été récemment arrêté au Maroc. Son extradition vers la France ne devrait pas effective, le Royaume n’extradant pas ses ressortissants. « C’est un sujet extrêmement sérieux. Il reste encore des investigations à mener sur ce réseau très actif en France, en Tunisie et en Serbie. Et toutes les personnes impliquées dans cette agence pour migrants clandestins n’ont pas encore été identifiées », explique l’avocat général français.
Le Carthage Symphony Orchestra dépoussière les « Mélodies Andalouses »
Pour son nouveau rendez-vous annoncé pour le 18 janvier 2025, au Théâtre Municipakl de Tunis à 19h30, le Carthage Symphony Orchestra (CSO) et son chœur, dirigés par Hafedh Makni et Mourad Gaaloul, revisiteront l’héritage musical maghrébin.
« Mélodies andalouses » ainsi s’intitule ce concert qui explorera le patrimoine musical andalou et dont le programme comporte de « waslas » de malouf tunisien, algérien, marocain et libyen, mettant l’accent sur plusieurs modes tels que « maya », « mazmoum », « raml maya algérien » et autres.
Des arrangements symphoniques inédits feront voyager les mélomanes dans ce riche héritage musical.
Grève des enseignants suppléants : Entre intensification du mouvement et inquiétudes des parents...
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Retour à la case départ dans le secteur de l’éducation avec cette grève des enseignants suppléants observée hier et qui se poursuivra jusqu’à ce que leurs revendications soient satisfaites. Comment le gouvernement va gérer cette nouvelle crise?
La Coordination nationale des enseignants suppléants a boycotté hier la reprise des cours après les vacances d’hiver et menace d’entamer une grève ouverte. En effet, les enseignants suppléants revendiquent le versement de leurs indemnités financières. Ils affirment qu’ils n’ont pas été payés depuis plus de trois mois. Selon Wafa Dellansi, coordinatrice nationale des enseignants suppléants, «cette action radicale résulte d’un sentiment d’injustice croissant parmi les enseignants concernés». Et d’ajouter: «Nous exigeons le versement immédiat des indemnités qui nous sont dues, ainsi que la régularisation de notre statut par la publication d’un décret réglementaire».
Dans les établissements scolaires et juste après la traditionnelle levée du drapeau, les enseignants suppléants ont boycotté les cours avant de notifier leur participation au mouvement de grève aux directeurs et surveillants généraux, annonçant leur intention de boycotter les cours jusqu’à satisfaction de leurs revendications. A cet égard, Faten, enseignante suppléante depuis 5 ans, nous a confié: «D’autres actions sont prévues par les grévistes comme des manifestations devant le siège du ministère de l’Education et du gouvernement. Il est temps que le gouvernement prenne au sérieux nos revendications et se penche sur ce dossier». La coordination a, par ailleurs, programmé plusieurs mouvements dont des sit-in qui se tiendront dans les délégations régionales afin de donner de la visibilité à leur mouvement et de mobiliser davantage de soutien. Une pétition accompagnée de signatures sera également transmise au ministère de l’Éducation, constituant une démarche formelle pour exiger une réponse concrète. En effet, Wafa Dellansi, coordinatrice nationale des enseignants suppléants, a indiqué que «ces actions visent non seulement à défendre nos droits, mais aussi à alerter l’opinion publique et les institutions sur nos conditions de travail précaires».
Inquiétudes...
Du côté des parents, c’est l’inquiétude qui commence à s’installer au vu de «l’impact de cette grève sur le fonctionnement des établissements scolaires qui pourrait s’avérer significatif, notamment dans les régions où les enseignants suppléants représentent une part importante du corps enseignant», peut-on lire dans une dépêche relayée par Webdo. En effet, le boycott des cours, combiné aux sit-in et aux manifestations prévus, risque de perturber sérieusement le rythme scolaire, au grand dam des élèves et de leurs familles. Nous avons posé, justement, la question à Mme Ahlem, parente, laquelle nous a confié: «Je suis obligée de prendre un congé pour assurer la garde de mes deux enfants. Mais, mes vraies craintes émanent des risques qui pèsent sur l’année scolaire d’autant qu’il s’agit d’une grève ouverte. De fait, j’espère que le gouvernement va trouver une solution afin de sauver l’année scolaire et permettre à nos enfants de suivre les cours dans de bonnes conditions». A noter, en outre, que les enseignants suppléants représentent un chiffre important qui est de l’ordre de 19.000. Mais ceux ayant effectué des remplacements d’une durée de plus de trois mois doivent, théoriquement, être intégrés au processus de recrutement… Ceci signifie que le chiffre total représente 8.000 enseignants qui doivent être titularisés d’office. Les besoins des établissements scolaires représentent, en outre, 6.000 emplois par an.
M.B.S.M.
Spécialistes en danse urbaine ? Manifestez-vous
Afin de renforcer les capacités du Ballet de l’Opéra de Tunis et enrichir son catalogue de productions de différents genres, le Théâtre de l’Opéra de Tunis a annoncé l’ouverture des candidatures pour le recrutement de formateurs, des spécialistes, dans plusieurs disciplines de danse urbaine: Locking, Hip-Hop, House Dance, Popping et Break Dance.
Le processus de sélection se déroule en deux phases. La première phase consiste à soumettre un dossier de candidature, comprenant un CV détaillé et une vidéo d’une durée maximale de 10 minutes, illustrant les expériences antérieures du candidat. Les postulants doivent justifier d’une expérience d’au moins cinq ans dans leur spécialité.
Quant à la deuxième phase intervient après la clôture des candidatures, où les dossiers seront examinés en fonction des critères définis. Les candidats retenus seront invités à présenter leur projet de formation devant un jury externe. La date limite pour soumettre les candidatures est fixée au 22 janvier 2025.
Journées musicales de Carthage (JMC) : Soirée enfiévrée avec le groupe jordanien Autostrad
La 10ème édition des Journées Musicales de Carthage (JMC), prévue du 18 au 24 janvier 2025, a dévoilé un premier aperçu de sa programmation avec l’annonce d’un concert du groupe jordanien Autostrad, prévu le 21 janvier à 21h00, au Théâtre de l’Opéra-Cité de la Culture Chedly Klibi à Tunis.
Fondé en 2007, Autostrad s’est distingué par son style musical éclectique, mêlant reggae, funk, rock, jazz, musique latine, raï.
Ce groupe chante principalement en dialecte jordanien et aborde des thématiques liées aux préoccupations de la jeunesse arabe en chantant l’amour, les rêves, l’évasion…
Avec des titres phares comme « nasini », « istanna shwai », « rahet ya khal », « dawwar », « beghyebak », Autostrad ayant gagné en popularité en Jordanie et dans plusieurs pays arabes ainsi qu’en Europe et aux Etas Unis, est classé parmi les cinq meilleurs groupes de la région, touchant des publics variés avec une musique qui transcende les langues, les identités et les frontières.
La vente des billets débutera le 9 janvier 2025 sur le site officiel des JMC, informe le comité d’organisation du festival.
Editorial : Pour pouvoir tourner (définitivement) la page de la dette - Par Hassan GHEDIRI
L’approbation, fin décembre, par l’ARP d’un accord de prêt de 500 millions de dollars devant être accordé à la Tunisie par Banque africaine d’Import-Export (Afreximbank) constitue un avertissement pour tous ceux qui pensent que la crise est derrière nous. Il vient, également justifier les méfiances de beaucoup d’autres qui font preuve de sagesse et de modération vis-à-vis de ce que l’on présente depuis quelque temps comme des signes de performance macroéconomique.
Ce prêt d’environ 1,6 milliard de dinars a obtenu le feu vert présidentiel à travers un décret publié au JORT datant d’octobre dernier et validant les délibérations du Conseil d’administration de la BCT qui remontent au mois de juillet 2024. Il semblait être essentiel pour stabiliser temporairement les réserves de change et consolider tant bien que mal les capacités du pays à faire face aux dépenses nécessaires. Les chiffres de la BCT actualisés fin décembre affichent d‘ailleurs une amélioration «théorique» du nombre de jours d’importation qui atteint 121 jours. «Théorique», pour la simple raison que le prêt d’Afreximbank, bien qu’il puisse être considéré comme une bouffée d’oxygène, ne résout aucunement le problème de la Tunisie qui demeure piégée dans une spirale d’endettement. Il ne fait pas l’ombre d’un doute que la grande partie de ce montant va être utilisé pour rembourser des dettes arrivant à échéance en janvier 2025.
Depuis des années, la Tunisie peine à assainir ses finances publiques. La combinaison d’une dette publique croissante, d’un déficit budgétaire persistant et d’une faible croissance économique a considérablement réduit les marges de manœuvre du pays. Déjà en 2023, la dette publique représentait 90% du PIB, un niveau critique et alarmant qui limite les capacités de financement de l’État. Les causes d’un tel endettement excessif sont multiples et diverses que les spécialités n’ont fait qu’énumérer et décortiquer tout au long de ces dernières années. D’abord, il y a cette économie fortement dépendante des importations pour satisfaire les besoins essentiels, notamment en énergie et en produits alimentaires. Ensuite, la politique fiscale inéquitable et inefficace qui ne parvient pas à mobiliser suffisamment de ressources, accentuant par le même fait le recours trop risqué à l’endettement intérieur. Enfin, des choix court-termistes dictés par des considérations politiques au détriment des réformes. Une situation de surendettement qui fragilise la souveraineté économique de la Tunisie, et ce, malgré le veto brandi par Kaïs Saïed en face des créanciers internationaux qui imposent des conditions strictes en échange de leurs prêts, limitant ainsi la capacité des Etats à définir leurs priorités économiques. L’obsession de la dette qui oblige notre pays à consacrer une part croissante des recettes publiques à rembourser ses créanciers empêche de réinventer des mécanismes qui permettent de financer des investissements d’intérêt général dans les infrastructures, l’éducation ou la santé. Cette situation alimente un cercle vicieux : un endettement accru entraîne une perte de confiance des investisseurs, une dévaluation continue du dinar et une inflation galopante, qui affaiblit davantage le pouvoir d’achat des Tunisiens.
Pour sortir de cette spirale, la Tunisie doit adopter une approche audacieuse et structurée. Tout le monde est convaincu qu’aucune véritable relance n’est possible sans une réforme fiscale profonde avec comme un objectif primordial la régularisation de l’informel. Une meilleure mobilisation des ressources internes réduira la dépendance vis-à-vis des emprunts étrangers. La Tunisie doit aussi investir dans les services et les industries à forte valeur ajoutée et être capable de résorber le chômage et offrir des opportunités de carrière plus attractives pour les hautes compétences.
Aucune réforme économique ne peut cependant réussir si elle ne suscite pas une adhésion générale. Ceci dit, l’Exécutif doit impérativement relancer un dialogue avec tous les partenaires socioéconomiques afin qu’un nouveau contrat social puisse émerger des décombres. Un dialogue qui cherche à rétablir la transparence, la justice sociale et l’équité. Parce que les sacrifices ne seront acceptés que si tous les Tunisiens sont convaincus que les efforts sont partagés et que les fruits des réformes bénéficieront à tous. C’est en mettant en œuvre des réformes audacieuses que la Tunisie sera à même de disposer de son destin et tourner (définitivement) la page de la dette. C’est une condition sine qua non pour «reconquérir» notre souveraineté et garantir un avenir prospère aux générations futures.
H.G.
Ligue 1 - Programme de la 15e journée
La Ligue Nationale de Football Professionnel a annoncé aujourd'hui le programme de la quinzième journée de la Ligue 1 . Une journée qui sera cette fois encore amputée des deux rencontres de L'Espérance et du CSSfaxien qui seront engagés dimanche en Ligue des champions et en coupe de la CAF. Énorme aberration de l'instance africaine qui programme les trois journées de la phase poules lors de trois week ends successifs ce qui nuit à la programmation des championnats locaux. Voici en détails les matches de la 15e journée de la fin de cette semaine:
Samedi 11 janvier
14h00
CA- ASG
ASS -ST
UST- ESM
Dimanche 12 janvier
14h00
JSO- ESZ
OB.- CAB
EGSG- USBG
Dimanche 26 janvier
14h00
SM- EST
CSS- ESS
J.B.
Légère évolution du positionnement compétitif de l’économie nationale
La Tunisie, malgré ses atouts historiques et culturels, fait face à un positionnement compétitif global à la fois dynamique et complexe.
Selon le dernier rapport de l’Institut Tunisien de la Compétitivité et des Études Quantitatives (ITCEQ) publié le 2 janvier 2025, le pays se classe 22ème sur un échantillon représentatif de nations analysées, affichant un score de 0,36. Cette situation soulève des interrogations sur les mesures à prendre pour redresser l'économie tunisienne et améliorer davantage son attractivité sur la scène internationale.
Légère amélioration du classement
Le classement de la Tunisie, bien que légèrement amélioré par rapport aux années précédentes, met en lumière certains dysfonctionnements structurels et persistants. La compétitivité courante du pays se situe au 26ème rang, tandis que la compétitivité potentielle atteint la 21ème position.
Ces résultats sont symptomatiques d'une économie qui doit s'adapter aux exigences du marché mondial. L'intégration des technologies de l'information et de la communication (TIC) est jugée relativement insuffisante, limitant ainsi les capacités d'innovation et de développement d'une économie basée sur la connaissance.
Positions des secteurs
Selon le rapport de l’Institut Tunisien de la Compétitivité et des Études Quantitatives (ITCEQ), plusieurs secteurs en Tunisie ont enregistré des baisses relatives. Le secteur de l'agriculture et des pêches a connu une régression de 12,5%, reflétant des défis liés aux conditions climatiques et à la gestion des ressources. De même, le raffinage de pétrole a subi une baisse de 61,5%, tandis que l'extraction des produits miniers a diminué de 14,1%. Ces baisses soulignent les défis auxquels ces secteurs sont confrontés, notamment en termes d'investissements et d'innovation.
Bien que le secteur manufacturier représente une part significative des exportations tunisiennes, atteignant 88,8%, sa performance est limitée par une diversification insuffisante des marchés. La part de la Tunisie sur le marché européen a chuté de 14%, illustrant une perte de compétitivité face à des concurrents plus agiles. Cette situation appelle à une réflexion sur les stratégies d'exportation et sur l'importance d'élargir les horizons commerciaux pour capter de nouveaux marchés.
Un ajustement nécessaire
Pour inverser cette tendance négative, plusieurs recommandations émergent du rapport ITCEQ. Il est impératif d'encourager l'innovation par une augmentation des investissements en recherche et développement. Parallèlement, l'intégration des PME tunisiennes dans les chaînes de valeur internationales pourrait favoriser un transfert de technologies et de savoir-faire indispensable à leur montée en gamme. L'éducation technique et professionnelle doit également être renforcée pour répondre aux besoins du marché et attirer des investissements à haute valeur ajoutée.
La Tunisie dispose encore d'une marge de progression significative pour améliorer son positionnement compétitif. En instaurant un climat de confiance entre les différents acteurs économiques et en mettant en œuvre des réformes ambitieuses, le pays pourrait revitaliser son économie. L'enjeu est donc d'aligner ses politiques publiques avec les exigences du marché global tout en capitalisant sur ses atouts uniques. Face à ces enjeux, l'avenir économique de la Tunisie pourrait se dessiner sous un jour plus favorable si des mesures adéquates sont prises rapidement.
A l’IFT : Jean-Jacques Annaud raconte « Notre-Dame brûle »
L’Institut français de Tunisie (IFT) propose, aujourd’hui, à partir de 18h00, la projection du film « Notre-Dame brûle » de Jean-Jacques Annaud.
Ce long- métrage, à la croisée des genres, reconstitue heure par heure l’invraisemblable réalité des évènements du 15 avril 2019 lorsque la cathédrale subissait le plus important sinistre de son histoire. Et comment des femmes et des hommes vont mettre leurs vies en péril dans un sauvetage rocambolesque et héroïque.
« J’ai conçu ‘Notre-Dame brûle’ comme grand spectacle où l’on retrouve des éléments de film catastrophe et des éléments de suspense basés sur les leçons de Hitchcock (…). Lorsque je présente le film, je dis aux spectateurs : « Ce qui vous paraîtra invraisemblable est vrai, et ce qui vous semblera normal et plausible sera peut-être de la fiction, quelque chose d’imaginé pour les besoins du récit. » J’ai mis en ouverture cette citation d’Antoine Rivaroli : « Tout est vrai sans que rien paraisse vraisemblable », parce que je savais que les gens trouveraient mon film invraisemblable. Moi-même, pendant mes recherches, j’ai eu le sentiment que seuls des scénaristes de Hollywood avaient pu imaginer ce que je découvrais. Dans l’équipe des pompiers de premier secours qui arrive à la cathédrale, il y a deux jeunes femmes, alors que les femmes ne représentent que 1 % des pompiers et ne vont que très rarement au feu. On se dit que c’est une vision de cinéma, mais c’est la réalité. Les exemples de ce genre sont innombrables » a déclaré Jean-Jacques Annaud à Télérama, dans une interview accordée à l’occasion de la sortie de son film en 2022.
Réalisateur, scénariste et producteur français de renom, Jean Jacques a à son actif de nombreux films réussis. Il a également tourné son film « Or noir », en 2010, en Tunisie, avec à l’affiche Antonio Banderas, Tahar Rahim, Mark Strong et Freida Pinto.
Tennis- Adélaïde International- 1/16e : Ons Jabeur bat Danielle Collins 2-0 et passe aux huitièmes
Pour son entrée en matière au tournoi d'Adelaide en Australie, la Tunisienne Ons Jabeur, 40e au classement WTA s'est payée ce matin l'Américaine Danielle Collins, 11e après un match disputé de bout en bout. Ons a remporté le premier set (7-6) après le tie-break avant de gagner le second avec beaucoup de maîtrise et de calme( 6-2). Preuve que la ministre du bonheur est décidée cette fois-ci de retrouver rapidement la place qu'elle a perdue et qu'elle mérite amplement parmi les meilleures du circuit, elle qui a occupé naguère la seconde loge du classement. Elle passe maintenant aux huitièmes de finale de ce tournoi australien.
Jamel Belhassan
















