Editorial : Mêmes erreurs, mêmes résultats …
Par Chokri BACCOUCHE
Pourquoi l’économie tunisienne est en berne et traine le diable par la queue depuis des années sans voir le bout du tunnel? Parce que rien ne marche ou plutôt tout marche de travers. Parce que notre économie subit les effets pervers de la crise économique mondiale. Notre pays est, en effet, pris dans l’engrenage infernal de ce marasme international qui perdure depuis des années, éprouve toutes les peines du monde à s’en sortir. Et puis quoi encore? Parce que nous exportons peu, ou plus exactement de moins en moins, ce qui se traduit forcément par une baisse drastique de nos rentrées en devises, ces précieuses monnaies étrangères qui nous permettent de financer nos importations. Pourquoi les exportations tunisiennes tirent-elles le diable par la queue? Parce que, d’une part, de nombreuses entreprises ont mis la clef sous le paillasson en raison de la crise et, d’autre part, parce que nos businessmen et nos capitaines d’industrie sont frileux à l’idée de partir à la conquête de nouveaux marchés et se contentent de vendre, souvent, à perte leur production, en vrac, sur les marchés traditionnels, comme c’est le cas d’ailleurs pour l’huile d’olive. A quelques très rares exceptions près, nos businessmen manquent terriblement d’audace et d’agressivité et semblent s’accommoder à un mode opératoire devenu obsolète et improductif, particulièrement par ces temps marqués par une vive concurrence à l’échelle internationale.
Et pour couronner le tout, le tissu industriel tunisien, constitué principalement de petites et moyennes entreprises, est actuellement dans une situation le moins qu’on puisse dire déplorable. Il est communément admis que pour se développer et renforcer la capacité de production, il faut investir. Le problème chez nous, un sacré problème qui perdure depuis des années, c’est que l’accès aux financements n’est pas du tout évident pour ne pas dire qu’il relève du parcours du combattant. N’importe quel entrepreneur vous dira d’ailleurs que les banques rechignent à accorder des crédits; une tendance qui semble devenir la règle depuis quelque temps. L’enseignant universitaire en droit bancaire, Mohamed Dhkili, confirme ce que beaucoup considèrent comme une évidence. Il a déclaré, en effet, hier au micro d’une radio de la place que les agences bancaires refusent des demandes de crédits des PME. Un jeune entrepreneur, enthousiaste et bardé de diplômes, a beau avoir un projet porteur et bien ficelé avec un marché probant à la clef, se heurte ainsi à un mur infranchissable et finit forcément par jeter l’éponge. Ils sont des milliers à voir leur rêve s’évaporer et se fracasser ainsi aux pieds d’une dure et amère réalité qui ne répond d’ailleurs à aucune logique recevable et acceptable. Pis encore, c’est le pays qui perd au change, car, qu’on le veuille ou non, ce sont les PME qui constituent en principe l’épine dorsale de n’importe quelle économie qui se respecte, particulièrement dans les pays émergents ou en voie de développement.
Pour créer des emplois et des richesses et ouvrir de nouvelles perspectives à l’économie nationale, il faut nécessairement booster les investissements. Il n’a pas d’autre alternative pour faire redémarrer la machine sur des bases solides et pérennes. Le statu quo actuel est non seulement une perte de temps inutile mais constitue également une insulte au bon sens et à l’intelligence. Il est pour le moins aberrant de continuer à commettre les mêmes erreurs tout en espérant obtenir de meilleurs résultats. C’est la raison pour laquelle il est impératif de changer d’approche et inscrire l’action dans le sens du courant. Pour maximiser ses chances de sortir du mauvais pas, la Tunisie a besoin, aujourd’hui, d’une véritable révolution entrepreneuriale avec une nouvelle mentalité conquérante des acteurs économiques. Dans ce cadre, l’Etat doit trouver le moyen de porter assistance aux bonnes initiatives qui peuvent nous valoir des satisfactions indéniables susceptibles de faire boule de neige et de promouvoir tous azimuts la dynamique économique du pays. La start up InstaDeep, créée par deux jeunes prodiges tunisiens avec un investissement de départ dérisoire de cinq mille dinars, donne à cet effet un exemple frappant et édifiant. Elle a réussi en effet à lever la bagatelle de 100 millions de dollars auprès des plus grands investisseurs du monde. Cette réussite spectaculaire démontre que la Tunisie dispose d’un potentiel humain qui force l’estime et le respect mais qui demeure malheureusement en friche à cause des blocages administratifs ou par manque de moyens. Cette situation anachronique et frustrante doit nécessairement changer. Le plus vite serait d’ailleurs le mieux dans l’intérêt bien compris de l’économie nationale qui tarde à renouer avec la croissance au moment où le pays connaît de grandes difficultés pour combler son déficit budgétaire abyssal…
C.B.
JMC 2025 : Le programme
Un bouquet de spectacles tunisiens, africains et méditerranéens est à l'affiche de la 10ème édition des Journées musicales de Carthage (JMC) 2025.
Samedi 18 janvier
- Place des théâtres : ARS NOVA NAPOLI (Italie)
- Théâtre de l'Opéra : La Jose (Espagne), spectacle d'ouverture
Dimanche 19 janvier
-Avenue Habib Bourguiba : ARS NOVA NAPOLI (Italie)
-Théâtre des Régions : MOSAÏC HamdiJamoussi (Tunisie, Bulgarie, France, Portugal)
-Théâtre des Jeunes Créateurs : SINOUJ, Benjemy (Tunisie)
-Théâtre des Régions : Amane, Bab El West (Maroc, France)
- Théâtre de l'Opéra : TARABBAND (Suède, Irak, Égypte)
Lundi 20 janvier
- Avenue Habib Bourguiba : FBK (Tunisie) &Aita mon Amour (Tunisie, Maroc, France)
-Théâtre des Régions : Rebirth Quartet, Ahmed Litaiem( Tunisie, France)
- Théâtre des Jeunes Créateurs : FASHION WEAK, Don Pac (Tunisie)
- Théâtre des Régions : ARGIOPE, KaisFrihat (Belgique, Tunisie)
- Théâtre de l'Opéra : SI LEMHAF (Tunisie)
Mardi 21 janvier
- Avenue Habib Bourguiba : Stambeli Fusion, BelhassenMihoub (Tunisie)
- Théâtre des Régions : Mirage, Helmi M’Hadhbi (Tunisie)
- Théâtre des Jeunes Créateurs :Joussour - Heqantarine, Amel Zen (Algérie)
- Théâtre des Régions : Kamer Standards, Jazzstellation (Cameroun)
- Théâtre de l'Opéra Tunis : AUTOSTRAD (Jordanie)
Mercredi 22 janvier
- Théâtre des Régions : Louken, WIFA (Tunisie / France)
- Théâtre des Jeunes Créateurs : FREE, Zied Bagga (Tunisie)
- Théâtre des Régions : Shadows of Atlas, Outail Maaoui (Tunisie)
- Théâtre de l'Opéra Tunis : ELIDA ALMEIDA (Cap Vert)
Jeudi 23 janvier
- Théâtre des Régions : Kamar Mansour (Maroc)
- Théâtre des Jeunes Créateurs : Fleuves de l'âeme, Houeida Hedfi (Tunisie)
Théâtre des Régions : On MyMind, Wajih Bejaoui (Tunisie)
- Théâtre de l'Opéra Tunis : BIG SAM (Palestine)
Vendredi 24 janvier
- Théâtre des Jeunes Créateurs : Rust (Liban / Syrie)
- Théâtre des Régions : Gasba électrique, Boubaker Maatalla (Algérie)
- Théâtre des Jeunes Créateurs : BalQeis Live, BalQeis (Egypte)
- Théâtre des Régions (21h): Chakâm (Iran / Palestine / France)
Journées musicales de Carthage (JMC) : Ouverture au rythme du flamenco et Big Sam chantera Gaza
Par Imen Abderrahmani
La 10ème édition des Journées musicales de Carthage (JMC) s’annonce prometteuse avec à l’affiche de nombreux artistes tunisiens, africains, arabes et méditerranéens qui présentent des musiques aussi différentes et originales.
« Musiques sans frontières » tel semble être le credo de cette nouvelle édition des JMC, annoncée du 18 au 24 janvier 2025 et dont la majorité de spectacles se déroulera à la Cité de la culture, qui se transformera à l’occasion, en une Cité de musique, accueillant des artistes de divers horizons et des mélomanes passionnés de découvertes et assoiffés de sonorités originales. « Une ouverture sur l’avenue Bourguiba avec des concerts gratuits est annoncée dans le cadre des « JMC Street ». C’est notre façon de partager avec les Tunisiens ce bonheur qu’offre la musique » a annoncé la directrice artistique de cette édition, la chanteuse Dorsaf Hamdani, lors d’un point de presse qu’a accueilli, hier, dans la matinée, la Cité de la culture et qui a vu la participation d’un bon nombre d’artistes tunisiens qui figurent dans la programmation tels que Outaïl Maaoui, Si Lemhaf, Wajih Bejaoui et FBK.
Dans son intervention, la directrice de l’Etablissement National pour la Promotion des Festivals et des Manifestations Culturelles et Artistiques (ENPFMCA), Hend Mokrani a mis l’accent sur l’importance de ce festival qui fait de la Tunisie un carrefour des musiques, présentant les grands axes de cette 10ème édition et également des « JMC Market », cet espace aménagé au cœur de la Cité qui réunit différents acteurs de la chaine musicale tels que les fabricants et les vendeurs des instruments de musique, les artisans recyclant et transformant des instruments en objets déco, meubles ou accessoires, les collectionneurs d’instruments et pièces musicales et les vendeurs de disques vinyles et équipements HI-FI.
Artiste chevronné qui a déjà dirigé les JMC, Imed Alibi, Conseiller artistique de cette édition, a précisé que les JMC sont conçues également comme une plateforme d’échange et de promotion, permettant à la fois aux artistes professionnels de présenter leurs nouveautés et d’entrer en interactivité avec le public, aux jeunes artistes de jouer dans un cadre professionnel et aux mélomanes de découvrir de nombreuses expériences artistiques innovantes.
Rendez-vous à la Cité
S’agissant du programme, la soirée d’ouverture sera aux rythmes du flamenco avec à l’affiche « La Jose », chanteuse espagnole gitane connue par sa présence scénique époustouflante. Des grandes soirées « showcase » sont annoncées au Théâtre de l’Opéra, tout au long du festival, toujours à 21h00. A l’affiche : « Tarabband », troupe réunissant des artistes de la Suède, de l’Irak et de l’Égypte, « Si Lemhaf » de la Tunisie, « Autostrad » de la Jordanie, Elida Almeida (Cap Vert) et Big Sam de la Palestine. Artiste musicien rappeur, chanteur, compositeur et danseur d’origine palestinienne, Sami Hureaux alias Big Sam, partagera avec le public des JMC ses chansons pour Gaza et pour sa Palestine.
Pour les après-midis, ils seront bien animés avec des artistes qui présenteront à cette occasion leurs nouveaux projets artistiques. Répartis sur trois espaces : « le Théâtre des Régions », « Le Théâtre des Jeunes Créateurs » et La Place des Théâtres, ces artistes offriront au grand public de très beaux voyages rythmés de différentes sonorités. Parmi les troupes programmées dans cette section, nous citons : « Ars Nova Napoli » de l’Italie, « Chakâm » qui réunira un trio féminin de l’Iran, la Palestine et la France, Hamdi Jamoussiqui présentera son projet « Mosaïc » réunissant des artistes de la Tunisie, la Bulgarie, la France et le Portugal, Benjemy de la Tunisie qui partage avec les mélomanes son projet « Sinouj », le groupe franco-marocain « Bab El West » qui présentera sa création Amane, Ahmed Litaiem et son « Rebirth Quartet » (Tunisie/ France), Amel Zen (Algérie) qui présentera « Joussour–Heqantarine », Kamar Mansour (Maroc) et ZiedBagga (Tunisie)…
Outre ses concerts qui seront assurés par de grands artistes (en showcase) et groupes confirmés, de renommée internationale, le programme de cette édition propose des panels de discussion permettant aux artistes, surtout les jeunes tunisiens, de comprendre les ficelles de ce métier et de cette industrie, de mieux s’informer sur les différents circuits de distribution et de diffusion… Des hommages, des panels, des master-class telles que celle réservée à la musique napolitaine ou encore au « Management des artistes », des expos et des speed-meetings entre artistes et professionnels rythmeront également la programmation de cette édition.
I.A.
Open d'Australie : Ons Jabeur ouvre, lundi, contre A.Kalinina
Après deux participations de remise en forme aux tournois de Brisbane et d'Adelaide, Ons Jabeur enchaîne avec l'open d'Australie, tournoi du grand Chelem. La Tunisienne entame cette nouvelle participation, lundi, contre l'ukrainienne Anhelina Kalinina, 48e au classement WTA. En cas de qualification au second tour, elle croisera le fer avec soit Maria Sakkari soit Camila Osorio. Un beau challenge en perspective pour notre championne qui compte retrouver progressivement son meilleur niveau.
Jamel Belhassen
Remise de 445 enregistrements audio historiques en versions numériques à la Phonothèque nationale du CMAM par les Archives sonores allemandes de l’université Humboldt
Dans le cadre de la coopération culturelle tuniso-allemande et du projet visant à restituer les enregistrements audio réalisés avec des prisonniers de guerre à leurs communautés d’origine, le Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes (CMAM)-Ennejma Ezzahra- accueille depuis le 6 janvier et jusqu’aujourd’hui le 10 janvier 2025, une délégation scientifique et technique des Archives sonores allemandes de l’Université Humboldt de Berlin, qui a remis 445 enregistrements audio en versions numériques à la Phonothèque nationale tunisienne (PNT) du CMAM.
Ces enregistrements comprennent les voix de prisonniers originaires d’Afrique du Nord (Tunisie, Algérie, Maroc) et de certains pays africains, enregistrées pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918). Des copies numériques des documents écrits ainsi que divers documents annexes ont également été remis.
Dans ce contexte, et en vertu d’un mémorandum d’entente signé hier jeudi 9 janvier 2025 entre la directrice générale du CMAM et la directrice du Centre Hermann von Helmholtz pour les Techniques Culturelles (HZK), de l’Université Humboldt, chargé notamment des archives sonores (Lautarchiv), les enregistrements audio, les documents écrits et les documents annexes remis à la Phonothèque nationale tunisienne (PNT) ne sont soumis à aucune restriction de droits d'auteur, accordant au CMAM des droits exclusifs pour utiliser ces données à des fins de recherche, d’enseignement et dans le domaine culturel.
Le transfert de ces enregistrements audio en Tunisie est le fruit d’une longue collaboration entre le CMAM et plusieurs institutions allemandes qui conservent des archives importantes liées au patrimoine musical et culturel tunisien. Le texte de l’accord met également l’accent sur l’utilisation de ces archives dans le cadre de projets à venir, notamment l’organisation d’expositions, la publication d’ouvrages et le lancement d’initiatives de recherche.
La collection remise à la Phonothèque du CMAM se compose de deux fonds d’archives sonores principaux : le premier, réalisé entre 1915 et 1918 dans le camp de prisonniers musulmans de Zossen-Wünsdorf (connu sous le nom de « Camp du Croissant »), et le second, enregistré au cours des années 1920 et au début des années 1930.
Dans ce même contexte, une rencontre scientifique intitulée « Des Archives sonores allemandes à Ennejma Ezzahra : pour une reconnaissance historique des prisonniers nord-africains de la Première Guerre mondiale », a été organisée à la médina de Tunis dans le cadre des activités du séminaire « Tunisie, Méditerranée et au-delà », visant à renforcer l’échange d’idées entre chercheurs de divers horizons géographiques et disciplinaires. La rencontre a permis aux représentants tunisiens et allemands impliqués dans le projet d’échanger et de partager leurs réflexions sur ce projet.
Le Quotidien avec TAP
Projet de loi sur le Statut de l’artiste : l’ARP bouge ! Nouvelle réunion pour le 24 janvier 2025
Les vœux des artistes tunisiens seront peut-être exaucés enfin, cette année. L’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) s’est attaqué hier aux propositions relatives au projet de loi sur le « Statut de l’artiste et les métiers artistiques » et « l’industrie cinématographique en Tunisie ». La Commission du tourisme, la culture, des services et des industries artisanales, à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) s’est penchée sur ce projet qui a pris beaucoup de retard.
Au terme de la réunion, il a été notamment convenu d’entamer à partir du 24 janvier 2025, l’examen des chapitres contenus dans le projet de loi sur le Statut de l’artiste et les métiers artistiques et les propositions des divers intervenants, et ce en prévision de son adoption en commission et son examen en Séance plénière.
Lors de ses travaux, la Commission a décidé de contacter toutes les parties et structures concernées afin qu’elles puissent soumettre leurs propositions et observations par écrit, comme convenu précédemment.
Lors de l’examen de la proposition d’un projet de loi relatif à l’industrie cinématographique en Tunisie, les membres de la Commission ont souligné la nécessité d’auditionner les parties et structures concernées avant d’entamer l’examen des chapitres relatifs à cette proposition.
Les députés ont également souligné la nécessité d’accélérer le rythme des travaux de la Commission, compte tenu de l’importance économique et sociale des propositions présentées.
Des propositions de projets de loi se rapportant à la révision de la loi sur la propriété littéraire et artistique, la création d’institutions publiques pour la sauvegarde et la valorisation du patrimoine et les métaux précieux ont été également à l’ordre du jour.
Les députés ont recommandé le suivi des problématiques et recommandations contenues dans les rapports des précédentes visites de terrain, tout en appelant à programmer de nouvelles visites de terrain.
À cet égard, ils ont souligné l’importance de renforcer le rôle de supervision de la Commission afin de contribuer à résoudre les questions précédemment identifiés et de promouvoir les secteurs de la culture et du tourisme. Une approche participative visant à déterminer les priorités des travaux de la Commission a été mise en place.
L’Institut de Traduction de Tunis publie un nouveau magazine trimestriel
A l’Institut de Traduction de Tunis, les projets ne manquent pas, ni encore les idées et les nouveautés. Outre les nouvelles traductions surtout ciblant les œuvres littéraires tunisiennes, l’Institut vient de lancer « Eyes of Languages » (Uyūn al-Alsun), un nouveau magazine trimestriel dédié à la traduction de et vers l’Arabe qui sera publié par l’Institut de Traduction de Tunis (ITRAT) relevant du ministère des Affaires Culturelles.
Dans une déclaration exclusive à l’agence TAP, le Directeur général Tawfiq Grira a annoncé que « le premier numéro de la saison, hiver 2025, de ce magazine, Uyūn al-Alsun, sera bientôt disponible dans la Bibliothèque de l’ITRAT dont l’inauguration est prévue le mardi 21 janvier 2025. »
L’agence TAP a reçu une copie numérique du Magazine « Eyes of Languages » qui paraîtra dans une édition de 196 pages, composée d’une sélection d’extraits de textes couvrant six domaines principaux : la linguistique, la littérature, la philosophie, l'histoire, les arts et les lettres et discussions.
Le magazine sera publié dans les différentes langues traduites par les publications de l’Institut de traduction de Tunis dont l’Arabe, l’Anglais, le Français, l’Italien, l’Allemand et l’Espagnol. La traduction devra être élargie vers d’autres langues universelles telles que le Chinois et le Russe qui seront inclus dans une prochaine étape.
« Eyes of languages » est un Magazine spécialisé dans la traduction de et vers l’arabe, dont le contenu se compose principalement d’extraits de livres ou d’encyclopédies traduits par l’Institut dont certains ont été déjà publiés et d’autres en cours de publication. Le contenu est accompagné par la version initiale du texte traduit dans sa langue originale.
A cet égard, l’Institut souligne que le magazine adopte une politique qui consiste en le respect du droit de traduction pour les textes publiés dont l’Institut a obtenu les droits de traduction.
Habituellement, les publications sont réalisées dans le cadre de contrats signés entre l’Institut et les traducteurs qui sont généralement des auteurs universitaires. Les droits d’auteurs des livres traduits sont détenus par l'Institut qui a le droit à l'exploitation totale de l’ouvrage, sa publication et sa distribution.
Créé en 2006, l’Institut de traduction de Tunis, anciennement Centre national de traduction, a son siège au pôle des lettres et du livre, à la Cité de la culture. Il publie des œuvres traduites, d’auteurs tunisiens et étrangers, principalement vers l’arabe, et appartenant à différentes branches du savoir (histoire, philosophie, sciences humaines...).
Démarche suivi
Les extraits du premier numéro du Magazine ont été révisés, relus et traduits par un une équipe de rédaction qui constitue un comité scientifique consultatif. Le Professeur Tawfiq Grira, président et directeur de rédaction du magazine, est entouré par une équipe de dix Professeurs dont deux femmes, Aida Sadiq et Farah Zaeem, avec Fathi Al Miskini, Hisham Al-Masoudi, Mohamed Al Khadhi, Ridha Mami, Fathi Nagah, Khaled Al Haj Ahmed, Rashed Khalia et Wanas Al Hifyan.
Le comité de rédaction sélectionne les articles et en discute le contenu avant toute publication et valide, également, les nouveaux contenus, en particulier les extraits qui n’appartiennent pas aux publications précédentes de l’Institut, peut-on lire dans l’introduction du Magazine.
Le contenu est organisé en catégories en fonction des domaines d’expertise auxquels l’Institut de Traduction de Tunis est impliqué. Ces domaines d’études sont la culture tunisienne et internationale, ainsi que les sciences humaines et sociales. D’autres domaines devraient être inclus dans les prochains numéros.
Ligne éditoriale
Le directeur de la rédaction du Magazine s’attarde sur les différentes disciplines contenues dans ce premier numéro : « la Linguistique » qui s’impose comme le pionnier des sciences humaines, « la Littérature », en particulier la littérature tunisienne qui a embrassé plusieurs langues pour établir des ponts et s’engager avec une variété de cultures, « la philosophie » qui est la mère des sciences dans l’annuité et domaine d’exploration intellectuelle dans la pensée moderne.
D’après l’éditorial, le Magazine opte également pour l’Histoire qui comme Ibn Khaldoun, l’a parfaitement décrit, est principalement « un acte d’observation et d’analyse » et pour les Arts qui sont un nectar raffiné d’expériences culturelles. Enfin, ce nouveau- né dans le secteur culturel et de l’édition offre, à travers « Lettres et Discussions », une évasion dans l’héritage intellectuel d’éminents écrivains à travers leurs écrits et leurs travaux qui traduisent leurs pensées, leurs émotions et leurs perspectives sur le monde, la vie et l’art.
Le magazine « Uyūn al-Alsun » joue sur le sens des yeux qui est un sens perceptif, nécessaire à la fois à la compréhension et à la réflexion interne, comme la source d’où proviennent les mots dans toute traduction, écrit le Professeur Grira dans l’éditorial de cette édition inaugurale. Dans ce cas, Grira qualifie l’œil, d’outil de perception, à travers notre langue arabe, pour la traduction de et vers la langue de Sibawayh.
« Eyes of Languages » est « un magazine où l’arabe interagit avec d’autres langues. Ils se mélangent harmonieusement, sans aucune crainte de discorde ou de peur de domination. La traduction vers et depuis l'arabe a permis à la langue de s'engager avec des cultures proches et lointaines pendant plus de deux millénaires », peut-on encore lire dans l’éditorial.
Grira a salué le travail accompli par « le comité de rédaction composé des meilleurs professeurs des Universités tunisiennes qui sont tous sont connus pour être exceptionnels dans leurs domaines respectifs et dans l'art de la traduction ».
L’Institut de Traduction de Tunis sollicite l’avis des traducteurs et professionnels dans des sujets connexes pour partager leurs idées, afin d’améliorer le contenu du prochain numéro de ce Magazine. Les commentaires sont à envoyer à l'adresse électronique suivante: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Le magazine « Eyes of Languages » cible « un public assez large qui s'intéresse à la simplification des humanités et à l’exploration de la culture tunisienne et arabe en général, ainsi que d'autres cultures, par la traduction ».
L'Institut de Traduction de Tunis a pour objectif principal de promouvoir les cultures nationales, arabes et mondiales. Comme l’a bien souligné Grira dans l’éditorial, « la traduction permet au lecteur d’apprécier les similitudes entre l'écriture textuelle dans une seule langue et traduite dans une autre, de juxtaposer et de contraster deux styles différents... ».
Le Quotidien avec TAP
La Bibliothèque Nationale de Tunisie (BNT) : lancement cet après-midi de la 3ème session de « Ouï-Lire »
La Bibliothèque Nationale de Tunisie (BNT) lancera aujourd’hui à 15h00, à son siège, la troisième session de « Ouï-Lire », projet dédié aux livres-audio.
Organisé en collaboration entre la BNT et la Fondation Abdelwaheb Ben Ayed (FABA), la cérémonie officielle aura lieu à la salle des conférences Tahar Haddad.
« Lancé en 2021 à l’initiative de la fondation FABA et en collaboration avec la BNT, le projet « Ouï- Lire » consiste en la création d’un studio audio au sein du local de la Bibliothèque nationale. Son équipement permet de produire des copies sonores d’un ensemble d’ouvrages », peut-on lire sur le site de la BNT.
« Ces livres sonores s’adressent, prioritairement, aux malvoyants et non-voyants, ainsi qu’aux personnes handicapées ou malades qui ont des difficultés particulières à lire les livres en version papier, mais aussi à tous les citoyens désireux d’écouter des livres lus », indique la BNT.
« Ouï- Lire » est un voyage enchanteur, un chemin où les mots prennent leur envol. Il nous donne le pouvoir de voir le monde différemment, illumine notre esprit et enrichit nos pensées, peut-on lire sur le site de la Fondation.
Les deux institutions œuvrent à promouvoir la lecture et l’accès au livre et à la lecture, notamment pour les malvoyants et les personnes à besoins spécifiques. Elles produisent des livres-audio, en arabe et en français, pour des œuvres littéraires, artistiques et scientifiques tunisiennes. Ce projet implique des artistes de théâtre, professionnels et amateurs, qui sont initiés aux techniques de voix de narration et de voix-off.
Editorial : Bien choisir son camp ! - Par Hassan GHEDIRI
Le monde change à un rythme vertigineux et les alliances politiques et économiques n’arrêteront point de se faire et se défaire dans les prochaines années, au gré des crises et des tensions géopolitiques qui bouleversent déjà, de fond en comble, les rapports entre les pays. La guerre génocidaire que mène, sauvagement, depuis plus de 16 mois, l’armée sioniste contre les Palestiniens a été, sans doute, l’événement majeur qui a bousculé l’ordre mondial mettant à nu les mensonges des grandes puissances occidentales. Un Occident s’autoproclamant le maître du monde et le gardien incontesté des droits de l’homme qui ne bouge pas le petit doigt pour défendre un prétendu droit international bafoué en toute impunité par l’armée israélienne qui poursuit son carnage, le plus horrible de l’histoire contemporaine. Ce qui s’est passé depuis le 7 octobre 2023 au Proche-Orient continue à façonner fondamentalement les relations internationales dessinant petit à petit la nouvelle carte géopolitique mondiale et redistribuant les rôles selon des intérêts et les influences.
Dans le même temps, il demeure très difficile de prédire les conséquences à très long terme de l’embrasement au Moyen-Orient. Elles dépendront des résultats incertains d’une guerre qui risque, à tout moment, de se généraliser. Une chose reste toutefois certaine, c’est que quels que soient les gagnants et les perdants de cette guerre de tous contre tous, seuls ceux qui auraient su bien choisir leur camp qui en sortiront indemnes, ou du moins avec les moindres dégâts. Pour les pays qui n’y seront pas directement impliqués, comme c’est le cas de la Tunisie, l’enjeu est vital. Et il est économique par excellence. D’où l’importance de sortir de l’hésitation, franchir le pas vers la bonne direction et assumer les choix. Il est particulièrement important de percevoir suffisamment tôt les signaux avant-coureurs des bouleversements d’ampleur actuellement en gestation. Des faits d’actualité de première importance ayant marqué l’actualité internationale peuvent aider à y voir plus clair et à imaginer approximativement comment seront les équilibres dans le monde, demain.
Nouvellement élus en novembre dernier, Donald Trump n’a pas attendu d’officialiser son come-back à la Maison Blanche pour dévoiler ses intentions incendiaires. Hier, le 47e président des Etats-Unis a fait une déclaration explosive en menaçant d’ouvrir les «portes de l’enfer» contre la résistance palestinienne Hamas si les otages israéliens qu’elle détenait depuis le 7 octobre 2023 n’étaient pas libérés avant sa prise de fonction officielle. Le même Trump qui, fin novembre dernier, seulement trois semaines après s’être déclaré vainqueur et sans attendre d’être officiellement investi, le 20 janvier, avait solennellement menacé d’imposer des droits de douane de 100% aux pays de l’alliance des BRICS qui se compose du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine, de l’Afrique du Sud, de l’Egypte, de l’Ethiopie, de l’Iran, des Emirats arabes unis. La colère de Trump contre les membres du BRICS est que ces deniers tentent d’aller jusqu’au bout de leur projet de «dédolarisation» de l’économie mondiale. Les membres de l’alliance et d’autres pays en développement n’hésitent plus à déclarer qu’ils en ont assez de la domination du système financier mondial par les États-Unis et des institutions financières occidentales.
Mais, depuis le 7 janvier 2025, le BRICS ou BRICS+ comme il est désormais appelé, a pris une ampleur considérable avec l’adhésion de la première grande économie de l’Asie du Sud-Est, l’Indonésie qui vient d’intégrer officiellement l’alliance du «Sud global» marquant en même temps un tournant majeur dans la reconfiguration des alliances économiques mondiales. Avec l’Indonésie qui compte 277 millions de personnes, le groupe du BRICS représente plus de 51% de la population mondiale et 40% du PIB global. L’Indonésie est d’ailleurs appelée à jouer un rôle crucial dans le développement de nouvelles alternatives monétaires comme réponse à l’hégémonie du billet vert. Quelle que soit l’insignifiance de son poids dans l’économie mondiale et son manque d’atouts démographiques, géographiques et diplomatiques pour influencer les équilibres internationaux, la Tunisie ne peut pas rester un simple spectateur et a intérêt à prendre son destin en main et choisir consciencieusement son camp.
H.G.
La Tunisie consolide sa coopération économique avec la Chine
Le lundi 6 janvier 2025, la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Fatma Thabet Chiboub, a rencontré Zheng YouYe, vice-président de la société chinoise « Asia Potash », lors d’une réunion centrée sur le renforcement des liens économiques entre la Tunisie et la Chine.
A ce titre, le ministère a indiqué qu’au cours de cette rencontre, les deux parties ont exprimé leur détermination à approfondir les relations bilatérales, solides depuis des décennies, et ont convenu de renforcer leur coopération, notamment grâce aux opportunités d’investissement émergentes.
Dynamique d’une coopération stratégique
Zheng YouYe a, pour sa part, exprimé l’intérêt de son entreprise pour le secteur minier tunisien et nord-africain. Il a souligné que cet investissement viserait non seulement à développer davantage ce secteur stratégique, mais également à créer de nouvelles opportunités d’emploi, compte tenu de la main-d’œuvre qualifiée disponible en Tunisie.
Sous ce même angle et lors d’une rencontre tenue la semaine dernière avec le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, l’ambassadeur de la République populaire de Chine en Tunisie, Wang Li, a réaffirmé l’engagement de son pays à soutenir la Tunisie dans son processus de développement. Il a souligné les opportunités concrètes d’améliorer les relations économiques bilatérales et de les porter à un niveau supérieur.
L’ambassadeur a insisté sur l’importance qu’accorde le gouvernement chinois au renforcement des relations bilatérales avec la Tunisie dans divers domaines stratégiques.
Consolider les relations bilatérales
Les relations entre la Tunisie et la Chine ont connu ces derniers temps une dynamique positive, notamment après la visite officielle du Président de la République Kais Saied en Chine en mai 2024. Cette visite, accompagnée par une succession de rencontres de haut niveau dans les cadres bilatéraux et multilatéraux a contribué à renforcer les liens entre les deux nations.
La coopération fructueuse entre la Tunisie et la République de Chine continue de porter ses fruits à travers une série de projets concrets qui renforcent les liens entre les deux nations. Ces initiatives, couvrant divers domaines allant de l'infrastructure à la santé en passant par l'éducation et l'environnement, illustrent l'engagement mutuel à promouvoir le développement économique et social dans les deux pays.
L'un des projets phares de cette coopération est la construction du pont de Bizerte par la firme chinoise Sichuan Road & Bridge (Group). Ce pont, financé en partie par la Banque européenne d'investissement (BEI) et la Banque africaine de développement (BAD), vise à moderniser les infrastructures de transport dans la région de Bizerte, facilitant ainsi la mobilité des habitants et stimulant les échanges commerciaux. Son impact économique et social positif en termes de désenclavement, d'amélioration de la qualité de vie et de stimulation du commerce régional est incontestable.
Dans le domaine de la diplomatie, l'inauguration de l'Académie diplomatique internationale, financée par la Chine, marque une étape importante dans le renforcement des capacités diplomatiques de la Tunisie. En formant les futures générations de diplomates tunisiens aux techniques de négociation et d'analyse internationale, cette institution contribuera à accroître l'influence de la Tunisie sur la scène mondiale.
Etendue de la coopération
La coopération sino-tunisienne s'étend également au secteur de la santé, avec l'envoi d’équipes médicales en Tunisie pour renforcer les services de santé dans différentes régions du pays.
Parallèlement, la Chine contribue à résoudre les défis environnementaux en Tunisie, notamment en matière d'approvisionnement en eau et de gestion des ressources hydrauliques.
Ces projets concrets illustrent la profondeur et la diversité de la coopération entre la Tunisie et la Chine. En travaillant main dans la main, les deux nations ouvrent la voie à un avenir prometteur, où le développement économique et social va de pair avec le renforcement des liens d'amitié et de coopération bilatérale.
Festival Jean Rouch Hors-les-murs à Tunis lance un appel à participation pour les étudiants
L’Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain (IRMC) vient de lancer un appel à participation pour la 2ème édition du Festival Jean Rouch Hors-les-murs à Tunis, prévue du 9 au 13 avril 2025. Organisé par l’IRMC en collaboration avec le Festival international Jean Rouch – Comité du film ethnographique-, ce festival qui focalise sur le cinéma documentaire lié aux sciences humaines et sociales prévoit, cette année aussi, des ateliers réservés à des étudiants en sciences sociales, en anthropologie visuelle et en cinéma, qui seront sélectionnés par le biais d’un appel à participation qui vient d’être lancé et dont le dernier délai d’envoi des dossiers est fixé pour le 10 février 2025.
L’appel est ouvert aux étudiants (master ou licence) en sciences sociales, en anthropologie visuelle ainsi qu’en cinéma. La formation, gratuite, constitue une opportunité pour les étudiants qui souhaitent s’initier au film documentaire et de sciences sociales et mener un projet de réalisation documentaire aux côtés de professionnels du cinéma. Les étudiants retenus bénéficieront d’un accompagnement personnalisé pour développer leurs projets, lit-on sur le site de l'IRMC.
Le programme comporte également des projections des films (programme à venir), chaque après-midi, suivies de débats animés par un discutant et un cinéaste. Les matinées seront dédiées à des ateliers en petits comités, exclusivement pour les étudiants sélectionnés.
Une master-class ouverte à tous, étudiants et public, sera proposée le troisième jour, animée par un réalisateur d’un des films projetés. Les ateliers et la master-class visent à favoriser les échanges entre étudiants en sciences sociales, en anthropologie visuelle et en cinéma, et les professionnels du film de sciences sociales et du documentaire.
Fondé en 1982 par le cinéaste et ethnologue français Jean Rouch (1917-2004), le Festival international Jean Rouch est l’une des plus importantes manifestations européennes de cinéma documentaire liées aux sciences humaines et sociales. Cette édition hors-les-murs à Tunis vise essentiellement à promouvoir le cinéma ethnographique, documentaire et le lien entre l’art et les sciences humaines en Tunisie.
L’Institut de traduction de Tunis : De nouvelles traductions des œuvres littéraires et philosophiques à l’affiche
L’Institut de traduction de Tunis (ITRAT) a annoncé la parution de nouveaux ouvrages dont des traductions de l’arabe vers le français et du français vers l’arabe.
Les ouvrages traduits en français sont traduits à partir d’œuvres littéraires en arabe pour des auteurs (3) et des autrices (2) tunisiens. La liste comprend : « Torchkanae » de Messaouda Boubaker, traduit par Manoubia Meski, « Toujan » d’Emna Rmili, traduit par Abdelhamid Ladhari, « Le grand rocher » de Tahar Guiga, traduit par Mongi Gardalli, « Comment ai-je fait pour parcourir le chemin jusqu’à moi-même? » d’El Hmadi Slaheddine traduit par Mohamed Hédi Marzougui et « Echos dans la ville » de Mahmoud Belaid, traduit de l’arabe par Mansour M’Henni.
Les ouvrages traduits du français vers l’arabe sont : « Introduction à la narratologie postclassique » de la Française Sylvie Patron, traduit par Mohamed Nejib Amami et Mohamed Ben Mohamed El Khabou et « L’Islam et la Démocratie, une révolution intérieure » du Tunisien Yadh Ben Achour, traduit par Mohamed Gouia.
Maître de conférences à l’université Paris Diderot et chercheur au CERILAC, Sylvie Patron est l’une des meilleures connaisseuses françaises de la narratologie postclassique. Elle contribue également à la narratologie postclassique par ses propres travaux en anglais. À travers ce recueil d’articles publié, en 2018, sont présentées les principales directions prises par la recherche sur le récit depuis l’avènement de la « narratologie postclassique » (postclassical narratology), peut-on lire sur le site d’Université Paris Cité.
« L’Islam et la Démocratie, une révolution intérieure » de Yadh Ben Achour, est paru chez Gallimard, collection Le débat (France), en mars 2021. « Depuis des lustres, on se bat de toute part pour savoir si l’islam est compatible avec la démocratie. Mais peut-on répondre à une telle question, si on ne prend pas soin de résoudre un problème préalable sur le sens de la démocratie elle-même ? Qu’est-elle ?… » peut- on lire dans la présentation du livre.
Ces nouvelles publications traduites s’ajoutent à celles annoncées en octobre 2024 et composées de deux ouvrages en arabe et un en anglais, dans les domaines de la littérature et de la géographie. Ces publications sont le fruit d’un projet de l’Institut de traduction de Tunis, lancé en mai 2024, en vue de collaborer avec des traducteurs confirmés. Les traductions couvrent des œuvres littéraires et philosophiques dans les différents domaines du savoir, pour des auteurs tunisiens et européens contemporains.
Un contrat est signé entre l’Institut de traduction de Tunis et les traducteurs. Les droits d’auteurs des livres traduits sont détenus par l’Institut qui a le droit à l’exploitation totale de l’ouvrage, sa publication et sa distribution.
Créé en 2006, l’Institut de traduction de Tunis, anciennement Centre national de traduction, publie des œuvres traduites d’auteurs tunisiens et étrangers. Il publie des ouvrages traduits, principalement vers l’arabe, et appartenant à différentes branches du savoir (histoire, philosophie, sciences humaines…).
Cet établissement public, placé sous la tutelle du ministère des Affaires Culturelles, à son siège au pôle des lettres et du livre, à la Cité de la culture.
Le Quotidien avec TAP
Palestine occupée : Le diabolique plan secret de Smotrich confirmé par une « carte officielle » !
Un enregistrement du ministre des Finances israélien Bezalel Smotrich, obtenu par le New York Times, a dévoilé, il y a quelques mois, son plan ambitieux pour transformer radicalement l'administration des Territoires occupés (Gaza et Cisjordanie) et y opérer une "annexion discrète". Cette fois-ci, c’est une carte publiée par un compte officiel du gouvernement israélien qui relance ce plan secret.
Une révélation explosive avait déjà secoué la scène politique au Proche-Orient. Un enregistrement du ministre des Finances sioniste Bezalel Smotrich, obtenu par le New York Times, dévoile son plan diabolique pour transformer radicalement l'administration de la Cisjordanie et des Territoires occupés.
Lors d'une conférence tenue il y a quelques mois, Smotrich a détaillé sa stratégie pour transférer le contrôle de la Cisjordanie des mains de l'armée vers des organes civils sous sa tutelle : "De tels changements modifient l'ADN du système", estime-t-il.
Ces derniers jours, une carte publiée sur un compte officiel du gouvernement israélien est venue confirmer ce plan. La carte de l’Etat sioniste comprend les Territoires palestiniens occupés, la jordanie, le Golan et autres parties de la Syrie ainsi qu’une bonne partie du Sud-Liban !
Le ministre a expliqué avoir créé "un système civil indépendant" pour gérer ces territoires, tout en maintenant une apparence de contrôle militaire pour éviter les critiques internationales. "Ce sera plus facile à 'avaler' dans le contexte international et juridique", a-t-il affirmé.
Smotrich s’est exprimé derrière un pupitre orné d’une carte englobant non seulement l’Etat sioniste et les territoires occupés palestiniens, mais aussi le territoire de l’actuelle Jordanie : l’espace du « Grand Israël » pour les tenants de cette idéologie expansionniste.
Smotrich a également révélé que le Premier ministre Netanyahu "soutient pleinement cette initiative, qui fait partie de l'accord de coalition gouvernementale". Le plan prévoit notamment l'investissement de fonds publics dans avant-postes illégaux, leur raccordement aux infrastructures, et la prévention des démolitions de constructions illégales. Ces actions seraient menées sans processus officiel de légalisation.
Ces révélations contredisent la position officielle du gouvernement israélien, qui maintient que le statut des Territoires occupés sera négocié avec les Palestiniens.
Impôts sur le revenu : Les professions libérales récupèrent ce qui leur a été pris et les citoyens paient les pots cassés
Myriam BEN SALEM-MISSAOU
L’économiste Ridha Chkoundali a critiqué le nouveau système d’impôt progressif sur le revenu estimant qu’il aura des effets graves sur le pouvoir d’achat des Tunisiens. Qu’en pensent ses confrères parmi les fiscalistes et autres économistes?
L’économiste Ridha Chkoundali est revenu dans un post Facebook sur les nouvelles dispositions portant sur l’impôt sur le revenu. Pour lui, ces mesures vont pousser plusieurs corps de métiers à augmenter les honoraires de leurs prestations, ce qui va affecter le pouvoir d’achat des classes moyennes et pauvres. Pour l’économiste Ridha Chkoundali, le rabattement fiscal prévu dans la loi de finances pour l’exercice de 2025 aura des conséquences sur les premiers bénéficiaires, à savoir les catégories sociales les plus vulnérables suite à la décision de l’Ordre des médecins d’augmenter les tarifs des consultations. Pis encore, selon notre expert, d’autres corps de métiers touchés par les nouvelles dispositions de l’impôt sur le revenu vont suivre les médecins et augmenteront à leur tour leurs honoraires. Au final, les classes sociales aux revenus moyens et faibles «vont donner par la main gauche ce qu’ils ont obtenu par la main droite et peut-être plus».
En effet, l’article 36 de la loi de finances 2025 introduit une réforme importante du système fiscal tunisien, visant à alléger la charge fiscale des citoyens et à promouvoir l’équité fiscale. Cette réforme, qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2025, modifie le tableau de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et des sociétés, prévu par l’article 44 du Code de l’impôt. Cette réforme fiscale fait partie d’un ensemble de mesures visant à renforcer les ressources du Trésor public tout en soutenant les principes d’une fiscalité plus juste et équitable pour les citoyens. Toutefois, certains fiscalistes et économistes estiment que ce système va montrer rapidement ses limites et affectera lourdement le pouvoir d’achat des Tunisiens aussi bien les riches que les pauvres. Peut-on, de fait, changer la donne et rééquilibrer ce système?
Réactions
Interrogé à ce sujet, le commissaire aux comptes Slah Moussa nous a confié: «Une loi ne peut être changée qu’avec une autre loi. Alors, le nouveau système progressif relatif à l’impôt sur le revenu est entré en vigueur à partir du 1er janvier avec force de loi. Ce qu’il faut faire, alors, est de lancer des négociations avec les corps de métiers dont l’imposition a été augmentée et trouver des accords avec eux comme la baisse de la TVA et alléger les charges sociales. De cette manière, on peut convaincre les médecins, les architectes, les avocats et autres universitaires de ne pas augmenter leurs honoraires». De son côté, le professeur universitaire et économiste Ridha Chkoundali nous a déclaré: «Il y a quelques semaines, j’ai prévenu contre cette nouvelle mesure prévue dans la loi de finances et contre son impact sur les deux classes sociales moyennes et faibles. J’ai, aussi, préconisé que pour se pencher sur le cas des médecins et d’autres élites qui fuient le pays, nous avons d’abord besoin de les garder en Tunisie. Et ensuite penser à leur donner des privilèges, avec nos moyens du bord. Maintenant qu’on est devant le fait accompli, le pouvoir d’achat est une nouvelle fois touché. Cette taxation aurait dû être faite uniquement sur d’autres types de personnes comme par exemple les directeurs de banque qui touchent de gros salaires. La meilleure illustration de mon propos est cette analyse que j’ai publiée hier. D’ailleurs, je demanderai aux experts ayant conseillé l’application de cette mesure de se manifester et dire un mot. Ce n’est pas si difficile d’être objectif et de ne pas sombrer soit dans un excès de mesure soit à l’inverse. C’est quand même ridicule d’être encore les cerbères d’une époque révolue».
M.B.S.M.
L’inflation est en perte de vitesse, d’après l’INS : Mais pourquoi les Tunisiens ne ressentent pas une baisse des prix?
Par Hassan GHEDIRI
Au mois de décembre, le taux d’inflation s’est établi à 6,2% confirmant la tendance baissière constatée par l’INS durant les douze mois écoulés.
Très attendus par les analystes et l’ensemble des intervenants dans la sphère économique nationale, les bulletins du dernier trimestre de l’année diffusés par l’Institut national de la statistique (INS) sont généralement considérés comme l’outil ultime qui permet de comprendre l’évolution des indicateurs fondamentaux de la conjoncture économique et d’anticiper leurs tendances futures. Le premier indicateur rendu public en ce début de janvier par l’INS est celui de l’inflation qui a vu son taux reculer de 0,4 point durant les deux derniers mois de l’année écoulée, passant de 6,6% en novembre à 6,2% en décembre. Durant toute l’année 2024, l’inflation que les spécialistes définissent par «la hausse généralisée est durable des prix des biens et services» s’est établie à 7% contre une moyenne annuelle de 9,3% enregistrée au cours de 2023.
Le gouvernement Maddouri, qui entame une année 2025 dans un épais brouillard d’incertitudes nationales, régionales et internationales, devrait se féliciter de la «bonne nouvelle» annoncée par l’institut de la statistique. 7% est en effet la moyenne annuelle que l’inflation n’avait plus connue en Tunisie depuis 2021. Cette tendance doit naturellement être le reflet d’une baisse des prix sur l’ensemble des produits composant le panier des ménages tunisiens. Sauf que ceci est loin d’être le cas parce que, concrètement, la baisse de l’inflation annoncée par l’INS reste inaperçue par les Tunisiens. D’ailleurs, dans son bulletin, l’autorité de la statistique explique que le repli observé en décembre 2024 est dû principalement au fléchissement du rythme annuel d’augmentation des prix du groupe «produits alimentaires» (7,2% en décembre 2024 contre 8,5% en novembre 2024). D’autre part, l’institut note la stabilité de l’inflation dite «sous-jacente» au niveau de 6,3%. Pour la calculer, l’NS exclut les prix soumis à l’intervention de l’Etat, c’est-à-dire les produits encadrés, en l’occurrence l’énergie et le tabac. En passant de 9,3% en 2023 à 7% en moyenne annuelle en 2024, l’inflation est donc en perte de vitesse d’après ce que font ressortir les données de l’INS. Mais pourquoi les Tunisiens, qui ne croient globalement pas trop à la chute de l’inflation, ne constatent pas une baisse des prix?
La prudence est de mise
Les Tunisiens sont en effet dubitatifs et sceptiques parce que, tout simplement, ils continuent à payer de plus en plus cher leurs achats chaque fois qu’ils vont faire leurs courses dans le marché des légumes ou dans les grandes surfaces. Mongi Mokaddem, ancien professeur d’économie à l’université de Tunis El Manar, pense qu’il faut toujours prendre avec beaucoup de précaution les taux d’inflation annoncés par l’INS. «Si l’on observe le panier auquel se réfère l’INS pour établir son indice des prix à la consommation familiale (IPC), on peut aisément constater que tous les produits de consommation de première nécessité ont vu leur prix augmenter», souligne notre interlocuteur. En fait, l’INS emploie une méthodologie classique selon laquelle l’IPC synthétise, en un seul chiffre, la variation dans le temps du coût d’un panier constant de biens et services représentatifs des achats d’un ménage tunisien en accordant à chaque produit l’importance qu’il a dans le budget du consommateur. Et c’est justement cette combinaison d’un certain nombre de paniers composés d’une large liste de produits (plus de 720 produits composent le panier de référence employé par l’INS) qui pose problème selon Mokaddem. Il estime en effet que la structure de pondération et la représentativité de la population sur lesquelles sont effectuées les enquêtes sur le budget et la consommation des ménages nécessitent la révision. Il faut néanmoins souligner que c’est un problème qui ne concerne pas uniquement l’INS, mais qui fausse énormément les données des grandes institutions de statistiques dans le monde, dixit notre interlocuteur. Etant un indice établi selon ce qui est prétendu être le budget et la consommation d’un Tunisien moyen, cela compromet, toujours d’après Mokaddem, la fiabilité des résultats obtenus parce que réellement «le Tunisien moyen» n’existe pas. «La vérité c’est qu’une partie écrasante de la population tunisienne se moquera de celui qui prétend que l’inflation est en perte de vitesse aujourd’hui dans notre pays», affirme Mokaddem qui pense qu’il faut être très prudent lorsqu’il s’agit d’analyser le taux d’inflation et l’indice des prix à la consommation. Et de conclure: «Personne ne croira aujourd’hui l’INS lorsqu’il prétend que l’inflation est en baisse parce que cela signifie que les prix des produis sont en train de baisser».
H.G.
















