Le collectif Fabulo présentera ce matin des bribes de son projet musical tuniso-européen
Le Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes vous proposera demain matin à partir de 11h00 une rencontre musicale exceptionnelle avec le collectif Fabulo, réunissant cinq musicien(ne)s passionné(e)s qui explore l’opéra sous une forme participative et innovante. Après des collaborations avec le Festival d’Aix-en-Provence, Operasonic et des projets autour du monde, Ce collectif a débarqué à Tunis depuis le 10 février 2025 pour une nouvelle aventure musicale, pour une nouvelle exploration artistique aux côtés du Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes (Ennjema Ezzahra) et de l’Institut Supérieur de Musique de Tunis ! L’objectif, co-créer un opéra participatif mêlant patrimoine musical tunisien et musique européenne contemporaine.
Cette initiative s'inscrit dans le cadre du projet de conservation des instruments de musique au Palais Ennejma Ezzahra, un projet de trois ans (2022-2025) financé par le Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes (CMAM) et le Fonds des Ambassadeurs pour la Préservation du Patrimoine Culturel (AFCP), en collaboration avec le collectif Fabulo.
Il est à noter que la mobilité du collectif Fabulo est assurée par l’initiative « Culture Moves Europe », dans le cadre du programme Europe Créative, auquel la Tunisie a adhéré depuis 2014. Ce programme encourage la mobilité des artistes et favorise la coopération culturelle entre les pays.
Financement public des associations : Faits saillants
Le paysage associatif tunisien a connu une transformation notable de son financement public entre 2018 et 2024, avec une augmentation substantielle des subventions qui sont passées de 83,4 millions de dinars à 115,8 millions de dinars.
Cette évolution, loin d'être linéaire, révèle les priorités changeantes de l'État et sa vision du rôle des organisations de la société civile dans le développement social et économique du pays.
Importance du secteur social
Le ministère des Affaires sociales s'impose comme l'acteur prépondérant dans le financement associatif, avec une enveloppe qui a presque doublé, passant de 26,7 millions de dinars en 2018 à 44,8 millions en 2024.
Cette progression spectaculaire s'explique notamment par l'accent mis sur les associations à caractère social, dont le budget est passé de 600 000 dinars à 41,2 millions de dinars sur la période. L'Union Tunisienne de Solidarité Sociale, acteur historique de l'action sociale, a vu son financement augmenter considérablement, reflétant son rôle central dans le dispositif de protection sociale du pays.
Des niveaux variables de financement
L'analyse détaillée des allocations révèle une disparité significative entre les différents départements ministériels. Le ministère de l'Intérieur se distingue avec une allocation qui a plus que doublé, atteignant 9,9 millions de dinars en 2024, tandis que le ministère des Finances maintient une stabilité remarquable autour de 5,2 millions de dinars.
Cette variation reflète non seulement la taille des effectifs de chaque ministère mais aussi leur capacité à négocier leurs enveloppes budgétaires. Les amicales de certains ministères, comme celui de la Justice, ont connu une augmentation substantielle, passant de 3,8 à 5,9 millions de dinars, témoignant d'une reconnaissance accrue de leur rôle dans le bien-être des fonctionnaires.
Dynamique des priorités
Le financement des associations sportives et culturelles présente une trajectoire fluctuante qui mérite attention. Le ministère de la Culture a vu son budget pour les associations passer de 2,7 millions de dinars en 2018 à seulement 945 000 dinars en 2024, une baisse drastique qui soulève des questions sur la place de la culture dans les priorités nationales.
En parallèle, le secteur de l'agriculture et de la pêche maintient un niveau de financement stable autour de 10 millions de dinars, soulignant l'importance stratégique de ce secteur pour l'économie nationale.
L'évolution du financement public des associations entre 2018 et 2024 reflète les transformations profondes de la société tunisienne et de ses priorités. Si le renforcement du secteur social témoigne d'une volonté politique de consolider le filet de protection sociale, les variations importantes entre secteurs suggèrent la nécessité d'une réflexion approfondie sur les critères d'allocation des ressources publiques. L'avenir du financement associatif en Tunisie dépendra de sa capacité à concilier les impératifs de développement social avec les contraintes budgétaires croissantes.
Rendez-vous, demain, avec Stéphan Masserano à Ennejma Ezzahra
Le jeune et talentueux guitariste italien Stéphan Masserano se produira demain, le 21 février 2025, à partir de 19h00, au Palais Ennejma Ezzahra à Sidi Bou Said. Ce rendez-vous est assuré dans le cadre du Mémorandum d’entente entre l’Instituto Cervantes du Royaume d’Espagne et la Direction générale de la diplomatie publique et culturelle du Ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale de la République italienne, l’Ambassade d’Espagne, l’Ambassade d’Italie, l’Istituto Italiano di Cultura et l'Instituto Cervantes de Tunis ainsi que le Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes. Grâce à cette collaboration conjointe, le public découvrira ce guitariste italien qui proposera à cette occasion un voyage musical passionnant à travers les œuvres de Gaspar Sanz, Tárrega et Falla. Ainsi parmi les œuvres qui sont au programme : Recuerdos de la Alhambra », cette œuvre de guitare classique écrite en 1896 à Grenade par Francisco Tárrega et l’est une des plus connues du compositeur, et la brillante « Rossiniana », œuvre pour guitare de Mauro Giuliani composée de six fantaisies sur des airs d’opéras de Gioachino Rossini composée entre 1822 et 1828.
Pour les passionnés de guitare classique, ce concert ne peut qu’être un bon plan pour clôturer la semaine en beauté et pour attaquer le week-end sur des notes gaies.
Primé deux fois aux Journées cinématographiques de Carthage, le Malien Souleymane Cissé est mort
Considéré comme l’un des pères du cinéma sur le continent africain et dont l'œuvre a été plusieurs fois primée, le célèbre cinéaste malien Souleymane Cissé s’est éteint hier à l’âge de 84 ans.
Souleymane Cissé avait reçu le Prix du jury au Festival de Cannes en 1987 pour l’un de ses chefs-d'œuvre, « Yeelen » (La Lumière), qui raconte le long parcours initiatique d’un jeune homme issu d’une illustre famille bambara.
En 2023, il avait été à nouveau primé à Cannes et reçu un Carrosse d’Or, une récompense spéciale décernée au cours de la Quinzaine des cinéastes.
Auteur d'une œuvre pionnière du cinéma africain, mais aussi politique, humaniste et sociale, Souleymane Cissé a réalisé de nombreux films qui ont marqué le 7ème art.
« Den Musso » (La Jeune Fille - 1975) est le premier long-métrage de fiction malien en langue bambara de Cissé. Son film « Baara » (Le Porteur - 1978) qui relate une révolte d’ouvriers maliens a remporté en 1987 le Tanit d’argent des Journées cinématographiques de Carthage (JCC), tandis que « Finyé » (Le Vent - 1982) qui évoque les amours contrariées de deux jeunes Maliens sur fond de soulèvement étudiant a décroché le Tanit d’or des JCC, édition 1982.
A « Dar Hussein »-INP : Ainsi étaient ces villes disparues
Dans l’écrin de l’un des plus somptueux palais de la médina de Tunis à Bab Mnara, « Dar Hussein », siège de l’Institut National du Patrimoine (INP), a été inaugurée le mercredi 19 février 2025 une exposition scientifique intitulée « Villes invisibles ou l’art de restituer les monuments disparus: villes de l’Antiquité tardive du sud de la péninsule Ibérique et de l’Afrique du Nord (300–800) ». Un événement-phare qui invite à découvrir, à travers les dernières avancées technologiques, l’histoire des cités antiques aujourd’hui enfouies sous le poids du temps et des bouleversements géopolitiques.
L’archéologie numérique au sauvetage de la mémoire des cités antiques
Visible jusqu’au 19 mars 2025, cette exposition itinérante se distingue par son approche immersive et innovante. Grâce à une série de photographies, de maquettes et de vidéos en 3D, les visiteurs sont transportés à une époque où ces cités vibraient encore d’activités humaines. Un voyage qui retrace l’évolution et la disparition progressive de sites archéologiques situés en Espagne et en Tunisie, notamment Carthage (Maison de la rotande Vème siècle, avec une architecture et un luxe illustrant la permanence de l’aristocratie dans la cité) et Mactaris-l’actuelle Maktar (Basilique d’Hildeguns VIème siècle, époque byzantine).
Grâce à la modélisation numérique, ces vestiges prennent vie sous leurs formes originelles, restituant ainsi les détails architecturaux et urbains qui témoignent de leur grandeur dans le passé. A travers ce dialogue entre archéologie et nouvelles technologies, l’exposition sous le commissariat de l’archéologue et chercheur Moheddine Chaouali invite à repenser la mémoire des cités disparues et à redonner vie à ces « villes invisibles » qui ont marqué l’histoire.
Ce projet est le fruit d’une collaboration scientifique internationale réunissant, dans le cadre du programme de recherche « Atlas », quatre institutions de quatre pays : l'Institut National du Patrimoine de Tunisie, la Casa de Velazquez en Espagne, l'Université de Hambourg en Allemagne et l'Université de La Rochelle en France.
Nouvelles escales après Tunis
La cérémonie d’inauguration, présidée par Tarek Baccouche, directeur général de l’INP, a été marquée par une conférence scientifique sur les différentes dynamiques qui ont façonné ces cités entre le IIIème et le VIIIème siècle, animée par des experts en histoire vandale et byzantine en l'occurrence l'archéologue et historien Taher Ghalia, et les professeurs universitaires Anna Leone (Royaume Uni) et Stefan Ardeleanu (Allemagne).
Après sa présentation à Tunis, l’exposition itinérante poursuivra son voyage à travers des musées tunisiens à partir du 19 mars 2025. Elle fera également escale dans la ville de Pau (France), offrant ainsi une résonance internationale aux travaux de recherche menés sur ces villes antiques oubliées, témoins silencieux d’un passé qui garde encore des traces à dévoiler.
Le Quotidien avec TAP
Disparition : Décès du journaliste tunisien Sofien Ben Salah
Le journaliste tunisien Sofien Ben Salah, résidant aux États-Unis, est décédé ce mercredi 19 février 2025, selon des sources proches de sa famille. Sofien Ben Salah a travaillé dans plusieurs médias en Tunisie et à l’international.
Sofien a passé cinq ans au sein de l’organisation américaine MBN (Middle East Broadcasting Networks), où il a joué un rôle essentiel dans le développement du journalisme numérique. Il a notamment participé à la création et à l’expansion de la plateforme Aswat Magharibia, aujourd’hui reconnue comme l’une des principales plateformes interactives du Maghreb. Parallèlement, Sofien Ben Salah a également travaillé dans le département numérique de la chaîne Al Horra.
En 2021, il a rejoint l’entreprise britannique Volant, poursuivant ainsi son engagement envers l’innovation et la transformation des médias numériques.
Paix à son âme. Allah yarhmou.
LTDH : Une délégation rend visite à Abir Moussi à la prison de Belli
Une délégation de la Ligue tunisienne pour la défense des Droits de l’Homme (LTDH) a rendu visite à la présidente du PDL Abir Moussi, actuellement incarcérée à la prison de Belli à Nabeul, afin de s’enquérir de son état de santé, a annoncé Me Nafaâ Laâribi, membre du comité de défense MoussI.
Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi, Laâribi a révélé qu’Abir Moussi poursuit sa grève de la faim, une protestation qu’elle a entamée pour dénoncer les conditions de sa détention. La visite de la LTDH intervient dans un contexte de préoccupation croissante concernant l’état de santé d’Abir Moussi et les conditions de son incarcération.
Laâribi a également souligné l’importance de cette visite pour éclaircir les faits et assurer le respect des droits fondamentaux de la présidente du PDL.
Justice : Sihem Ben Sedrine libérée
La chambre d'accusation près la Cour d'appel de Tunisie a décidé de libérer Sihem Ben Sedrine qui a interjeté appel de la décision du premier juge d'instruction au Pôle judiciaire financier et économique, selon ce qu'a confirmé le porte-parole de la Cour, Habib Tarkhani, à l'Agence Tunis Afrique (TAP).
Il a expliqué que la chambre a examiné l'appel de Sihem Ben Sedrine contre la décision du premier juge d'instruction du Pôle judiciaire économique et financier relative au rejet de sa demande de libération dans l'affaire liée à la falsification du rapport final de l'Instance Vérité et Dignité.
Il a ajouté que la chambre a décidé de libérer l'accusée de sa prison de détention après avoir autorisé le ministère public à envisager sa libération, avec une interdiction de voyager, expliquant que cette décision entraînera la libération de la prisonnière en question, étant donné qu'elle est détenue uniquement dans le cadre de l'affaire susmentionnée.
Sidi Bouzid : Secousse tellurique de magnitude 3,5
Les stations sismologiques de l’Institut national de la météorologie ont enregistré une secousse tellurique ce mercredi 19 février 2025 à 15h57. D’une magnitude de 3,5 sur l’échelle de Richter, elle a été localisée à l’est de la délégation de Meknassi, dans le gouvernorat de Sidi Bouzid. Il faut rappeler que cette région a connu de telles secousses ces dernières semaines, fort heureusement sans conséquences graves.
Editorial : Douloureux retour de manivelle … Par Chokri BACCOUCHE
Le désengagement des Etats-Unis du conflit ukrainien, décidé par le président américain Donald Trump, a porté un coup très douloureux au président ukrainien Zelensky ainsi qu’à l’ensemble des pays européens. Larguée en pleine bourrasque par son puissant allié, l’Europe a subi de plein fouet les effets pervers, diront les mauvaises langues, de ses propres erreurs et d’une somme considérable de décisions hâtives et irréfléchies qui lui ont valu d’incommensurables dégâts politiques et économiques. Les événements de ces derniers jours ont pris une tournure autrement plus dramatique pour les Européens qui semblent complètement déboussolés et sonnés par la nouvelle donne. Lors de la conférence de Munich qui s’est clôturée avant-hier, ils se sont sentis humiliés. Il est vrai que, durant cette joute, les Etats-Unis n’y sont pas allés avec des pincettes pour les marginaliser. Censée renforcer la coopération transatlantique, ce sommet s’est transformé, en effet, en un véritable camouflet pour les pays du vieux continent qui ont été délibérément mis sur la touche par Washington. Dans son discours prononcé à cette occasion, le vice-président américain, J.D. Vance, a à peine évoqué, semble-t-il, la guerre en Ukraine, laissant entendre devant un auditoire européen complètement désarçonné et médusé que le conflit était désormais une affaire close pour les Etats-Unis. Et si on ajoute à cela le récent coup de téléphone discret entre le président américain et son homologue russe, Vladimir Poutine, au cours duquel les deux dirigeants se sont mis d’accord concernant l’entame de discussions devant mettre fin à la guerre en Ukraine, mais sans pour autant associer les Européens, la boucle des désillusions et de la marginalisation est bouclée et scellée. De quoi donner des bleus à l’âme et tout plein d’ecchymoses dans la dignité européenne. Le clou de cette exclusion est venu de la bouche de Keith Kellog, l’envoyé spécial de Trump pour l’Ukraine et la Russie. Ce dernier a affirmé, en effet, de manière catégorique que l’Europe ne sera pas incluse dans le processus de paix.
En plein hiver, les pays européens ont subi donc une véritable douche écossaise avec l’amère réalité qu’ils représentent désormais un continent relégué au second plan, sans réel poids leur permettant d’agir sur le cours des événements au double plan régional et international. Il faut dire qu’ils ont péché par trop de naïveté, trop de subordination envers leur puissant allié américain, trop de précipitation dans la prise de décisions hasardeuses sans pour autant en mesurer l’impact potentiellement désastreux sur leurs propres intérêts géostratégiques et économiques. Trop d’erreurs d’appréciation dans l’intelligence des événements et de faux calculs surtout. Pourtant, dès le départ, l’Europe avait la possibilité d’éviter cette navrante galère, mais les ego démesurés de certains de ses dirigeants en ont voulu autrement malheureusement. Pour rappel, l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel et l’ex-président français François Hollande avaient avoué, en 2022, que les accords de Minsk I et II n’étaient qu’une duperie de l’Occident qui avaient pour but d’amener la Russie sur le terrain diplomatique afin de laisser à l’armée ukrainienne le temps de se renforcer et de bien se préparer en vue d’une confrontation militaire avec la Russie. Au printemps de la même année, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, et des responsables américains ont agi de concert et pesé de tout leur poids pour faire échouer un traité de paix que les Russes et les Ukrainiens étaient sur le point de conclure. Bref, en un mot comme en cent, cette sordide guerre en Ukraine aurait pu être évitée si le bon sens et la sagesse l’avaient emporté sur la cupidité des uns, la folie des grandeurs, les velléités hégémoniques et les calculs mesquins des autres.
Le propre d’un homme sage est de se garder aujourd’hui pour demain et de ne pas risquer tous ses œufs dans le même panier : le célèbre romancier espagnol Miquel de Cervantes ne croyait pas si bien dire dans son remarquable chef- d’œuvre Don Quichotte. Sa fameuse citation qui n’a pas pris un pli depuis voilà près de cinq siècles est toujours d’une actualité brûlante. L’erreur grossière commise par les Européens est d’avoir placé justement tous leurs œufs dans le panier américain et surtout, surtout, de s’être délibérément embarqués dans une guéguerre sans en mesurer les conséquences et sans cerner véritablement ses réelles motivations et ses mobiles sous-jacents. Ils découvrent aujourd’hui les terribles contre-coups de leur faux pas dont les dégâts se mesurent à l’aune d’une inflation galopante et d’une dignité durement froissée par un douloureux retour de manivelle qu’ils ont paradoxalement eux-mêmes actionné…
C.B.
La Tunisie procédera à son premier recensement : L’agriculture bientôt passée sous la loupe…
Par Hassan GHEDIRI
Après le recensement général de la population, la Tunisie s’apprête à mener son tout premier recensement général de l’agriculture. Une opération inédite et très prometteuse…
Depuis longtemps, le «Recensement agricole» (RA) est une opération obligatoire dans beaucoup de pays dans le monde. Le recensement agricole ou recensement général de l’agriculture est par exemple une opération décennale et obligatoire au sein de l’Union européenne depuis 1996. La France, première puissance agricole avec près de 17% de la production totale des 27 pays membres, a toutefois la tradition de recensement avant cette date. Son sixième et dernier recensement agricole a eu lieu en 2020. Les précédents menés tous à intervalle décennal avaient eu lieu en 1970, 1979, 1988, 2000 et 2010. Cette opération de grande ampleur offre des données précises et exhaustives sur l’agriculture dans toute sa diversité. Les statistiques obtenues sont très utiles pour éclairer la lanterne du gouvernement et l’aider à élaborer et ajuster ses politiques au niveau national régional et local.
La Tunisie, qui n’a jusque-là jamais fait un recensement digne de ce nom dans le secteur agricole, a décidé de franchir le pas, à l’aide d’un appui technique, logistique et financier fourni par l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture (FAO) et d’autres bailleurs de fonds.
Conscient de la nécessité de disposer de données statistiques fiables et détaillées pour orienter son action, le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la pêche a donc décidé de mener son tout premier RA. Le projet sur lequel se penchent les départements impliqués depuis 2015 est presque prêt à être mis en œuvre. L’équipe du FAO a apporté un grand appui technique à la préparation de ce premier recensement général de l’agriculture tunisienne en fournissant les outils nécessaires à la bonne conduite des enquêtes à travers l’élaboration des questionnaires, les manuels des agents de terrain, ainsi que la mise en place des applications cartographiques et programmes de saisie.
Meilleure cartographie
D’après une note de FAO, de nombreuses formations et voyages d’étude ont permis de renforcer les capacités de la direction générale des études et du développement agricole. Un plan d’action à moyen terme pour la mise en œuvre d’une stratégie de développement des statistiques agricoles et rurales a été rédigé. Une stratégie de communication a été également élaborée et doit être lancée bientôt. Le recensement permettra de mieux connaître le secteur agricole tunisien en cartographiant les exploitations agricoles. La Tunisie compte plus de 500 mille exploitations agricoles, mais leur répartition, leur taille et leur spécialisation restent mal documentées. Un recensement dressera un portrait précis de ces structures. Il évaluera également les ressources disponibles, sachant que seulement 5 % de la superficie totale de la Tunisie est cultivable et que l’eau devient une ressource de plus en plus rare. Cette opération aidera à identifier les zones les plus productives et à optimiser l’utilisation des ressources hydriques.
Les résultats aideront, par ailleurs, à mieux cibler les actions d’accompagnement et à orienter les subventions et les investissements vers les ,filières prioritaires. Il permettra également d’anticiper les crises alimentaires. En 2022, la Tunisie a importé près de 50 % de ses besoins en céréales. Un recensement facilitera une meilleure planification de la production locale et réduira la dépendance aux importations.
Le recensement renforcera également la compétitivité du secteur agricole. Actuellement, seulement 20 % des exploitations tunisiennes utilisent des technologies modernes. Cette opération identifiera les besoins en équipement et en innovation pour augmenter la productivité. Elle soutiendra aussi le développement de l’agroalimentaire, un secteur qui représente 5% du PIB, en connectant mieux les producteurs aux transformateurs.
Il faut rappeler que la Tunisie est l’un des pays les plus affectés par le changement climatique dans la Méditerranée, avec notamment des scénarios alarmant prévoyant une baisse de 30 % des précipitations d’ici 2050. Le recensement améliorera la résilience du secteur agricole aidera à identifier les zones les plus exposées et à adapter les pratiques agricoles.
H. G.
Ligue 1 – 20e J. – L’EST et l’ESS confirment, L’UST reprend espoir
Par Kamel ZAIEM
Les deux premiers au classement se sont imposés, laissant deux des poursuivants loin derrière.
A Rades, l’ES Zarzis a fait le jeu et le spectacle pendant une demi-heure pour mener (0-2) face à l’Espérance de Tunis. Un penalty sifflé pour l’EST et un carton rouge pour un défenseur zarzissien ont tout changé. Pendant plus d’une heure, les visiteurs ont évolué à dix et le match a pris une autre tournure avec une domination évidente des Sang et Or tunisois ponctuée par quatre buts (4-2) face à un adversaire qui a beaucoup souffert de son infériorité numérique.
Au Bardo, les Stadistes ont confirmé leur baisse de régime. Face à une Etoile du Sahel de plus en plus gourmande, le ST a affiché ses limites à tous les niveaux. Avec un effectif très touché par les absences pour des raisons diverses, les Bardolais ont subi la loi des Etoilés qui se sont imposés (1-3) sans trop trembler. L’ESS confirme, ainsi, sa détermination à jouer les premiers rôles pour le titre, n’étant qu’à trois points du leader. Pour les Stadistes, l’euphorie laisse la place à une logique révision à la baisse des objectifs de la phase aller qu’ils ont pourtant dominée, et ce en l’absence de joueurs capables de faire la décision.
A Tataouine, l’opération sauvetage est bien lancée. Face au voisin de Ben Guerdane, l’UST a fait l’essentiel, arrachant, en fin de match, une précieuse victoire qui lui permet de garder le contact avec le groupe d’équipes encore proches au classement. Pour l’USBG, la baisse de régime ne doit plus continuer pour espérer terminer tranquillement la saison.
K. Z.
Visite officielle de la Ministre du Commerce Extérieur et du Développement, Reinette Klever, en Tunisie: Poursuite du dialogue et du Partenariat bilatéral
S.E. Mme Reinette Klever, Ministre du Commerce Extérieur et du Développement des Pays-Bas, effectue aujourd’hui et demain une visite officielle en Tunisie. Cette visite s’inscrit dans la continuité des échanges entre les deux pays et le suivi des programmes de coopération bilatérale, autour des opportunités et défis partagés.
Mme Klever débute sa visite par une rencontre avec Son Excellence Monsieur le Ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, avant d’échanger avec d’autres membres du gouvernement tunisien, notamment les Ministres de l’Économie et de la Planification et du Commerce et de la Promotion des exportations. Ces discussions permettront entre autre d’aborder les priorités de la coopération bilatérale dans les domaines économiques et commerciales.
Cette visite intervient alors que la Tunisie et les Pays-Bas célèbrent plus de 67 ans de relations diplomatiques, ancrées dans un esprit de confiance et de dialogue constructif. Ces échanges témoignent d’une volonté partagée de renforcer la concertation sur les questions d’intérêt commun, et de poursuivre une coopération fondée sur les valeurs et intérêts mutuels.
Une coopération ancrée dans la réalité et orientée vers l’impact
Les Pays-Bas accompagnent la Tunisie à travers des projets concrets dans un esprit de partenariat visant à construire un avenir où chaque jeune, chaque femme et chaque homme, a les moyens et les opportunités de réaliser pleinement son potentiel et de contribuer positivement à façonner l’avenir de la Tunisie.
Mme Klever visitera plusieurs initiatives soutenues par la coopération néerlandaise, notamment dans le cadre du programme TRACE, financé par les Pays-Bas à hauteur de près de 21 millions d’euro et mise en œuvre par la Banque Mondial. Ce programme a pour objectif principal de créer des emplois pour les jeunes et les femmes, dans le secteur rural, agricole et agroalimentaire en augmentant la productivité et la résilience des petits et moyens producteurs grâce à un meilleur accès aux connaissances, aux innovations et aux services financiers.
- Projet « Ecomarc » à Béja : Première entreprise tunisienne à utiliser le marc de café comme substrat pour la culture de champignons, Ecomarc propose une production innovante et durable. Ce projet bénéficie d’un appui du programme TRACE soutenant ainsi le développement d’une filière durable et créatrice d’emplois. Ses champignons biologiques, cultivés sans pesticides, sont aujourd’hui disponibles dans les supermarchés et restaurants du pays,
- Projet « Réserve Familiale Ben Ismail" »: ce domaine familial s’est imposé comme une success story avec sa marque d'huile d'olive ‘Triomphe de Thuccabor’, produite à partir de la variété unique tunisienne ‘Chétoui’. Le programme TRACE a ainsi contribué, a la valorisation d’une production agricole locale de haute qualité. Récompensée à l’échelle nationale et internationale, cette huile est aujourd’hui exportée vers des marchés exigeants comme le Japon, le Canada et les États-Unis.
- Projet « Hicha Joy » à El Hicha : Lancé par Agro Care, l’un des plus grands producteurs de tomates aux Pays-Bas, ce projet est une initiative agricole d’envergure qui repose sur une production durable et innovante. Situé à proximité de la côte tunisienne, il se distingue par son ambition d'utiliser une station de dessalement d’eau de mer pour irriguer ses cultures, contribuant ainsi à une meilleure gestion des ressources hydriques face aux défis climatiques et à la rareté de l’eau. Actuellement en activité, il couvre déjà 30 hectares de serres en production et vise une expansion totale à 120 hectares. Ce projet contribue significativement à l'économie locale en créant des milliers d’emplois, notamment pour les jeunes et les diplômés du secteur agricole.
Dialogue avec les acteurs de terrain
Dans le cadre de cette visite, Mme Klever rencontrera également les partenaires de mise en œuvre des programmes de coopération néerlandaise en Tunisie.
Elle échangera aussi avec des acteurs clés engagés sur les questions migratoires afin de renforcer le dialogue et explorer des pistes de collaboration face aux défis actuels.
Ces échanges dans une dynamique de dialogue et de concertation, permettront d’évaluer l’impact des initiatives en cours, d’identifier les défis et d’explorer les moyens d’accroître l’efficacité et les résultats des projets soutenus par les Pays-Bas.
L’objectif est d’assurer une meilleure adaptation des programmes aux réalités tunisiennes. Cette rencontre sera aussi l’occasion de réaffirmer l’appui des Pays-Bas en tant que partenaire engagé, misant sur l’inclusivité, l’innovation et la complémentarité des efforts entre acteurs institutionnels, société civile et secteur privé.
Partenariat durable
Depuis 67 ans, la Tunisie et les Pays-Bas entretiennent des relations diplomatiques fondées sur le respect mutuel, le dialogue et une volonté commune de construire un avenir plus inclusif et durable. Cette relation se traduit par un engagement financier de près 100 millions d’euros pour la période 2023-2026, dont une grande partie consacré à l’emploi, un secteur clé pour répondre aux défis socioéconomiques du pays.
Les Pays-Bas sont un partenaire engagé aux côtés de la Tunisie, en soutenant des initiatives adaptées aux besoins locaux. La coopération néerlandaise repose sur une approche inclusive, en impliquant les partenaires nationaux et internationaux, le secteur privé et la société civile, afin de favoriser des résultats concrets et durables au bénéfice des deux pays.
A Beït al-Hikma : Pour une résilience consciente du vivant face aux défis existentiels
Le Département des Sciences de l’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts, « Beït al-Hikma » a organisé, le lundi 17 février 2025, une journée scientifique sur le thème «One Future : Toward a conscious resilience of living beings in the face of existential challenges» (Pour une résilience consciente du vivant face aux défis existentiels).
Les intervenants, triés sur le volet, entre académiciens, universitaires et experts ont offert, à travers cette journée scientifique, une plateforme essentielle pour affronter les crises interconnectées—sociales, environnementales et sanitaires—et ont appelé à des solutions systémiques et innovantes.
Le concept «One Future » repose sur les interdépendances entre la santé, l’environnement et le développement durable. Il est basé sur l’idée que la santé humaine, la santé animale et l’équilibre environnemental sont inextricablement liés. La pandémie de COVID-19 a révélé les risques encourus lorsque ces liens sont négligés.
Cette approche holistique implique l’impératif d’aborder les problèmes de manière systémique, en tenant compte des interactions entre les écosystèmes, les populations humaines et la faune sauvage. Cela nécessite une refonte des politiques de santé et de l’environnement pour une gestion intégrée et anticipative des risques. La stratégie « One Health – One Future » combine l’éco-finance et l’économie circulaire, créant ainsi un modèle de développement résilient et inclusif.
Pour réussir cette transition, la collaboration entre le secteur public, le secteur privé et la société civile est essentielle. Les entreprises, les gouvernements, les chercheurs, les médias et les citoyens pourraient co-créer des solutions innovantes, notamment dans les domaines de l’éco-finance et de l’économie circulaire. Les nouvelles technologies et les modèles inclusifs jouent un rôle clé, tout comme la sensibilisation des communautés locales.
Dans les pays en développement, le rôle des chercheurs est crucial. La priorité est de développer des infrastructures de recherche adaptées, de promouvoir la recherche-action et de renforcer les partenariats locaux et internationaux pour accéder aux financements et à l’expertise. La recherche pluridisciplinaire éclaire les décisions et facilite la transition vers un monde interconnecté.
Le développement ne peut réellement être durable s’il ignore la conscience des citoyens et le bien commun, menaçant, ainsi, l’identité humaine même.
Le salut de l’humanité résiderait dans la promotion d’une résilience consciente, où la collaboration, le développement éthique et la dignité humaine priment sur les quêtes de pouvoir et de conquête. L’avenir exige non seulement une réflexion, mais aussi une action décisive pour redéfinir le développement comme une entreprise partagée, inclusive et durable.
L’événement s’est tenu au Palais de l’Académie, sis à Carthage-Hannibal.
Habitat social : Confirmation continue du rôle social de l’Etat
Depuis l’indépendance, le logement social constitue en Tunisie une dimension importante et un défi pour le maintien de la paix sociale. De ce fait, ce secteur demeurait toujours une préoccupation majeure des différentes politiques de développement adoptées.
L’insuffisance des logements pour les couches populaires en milieu urbain a fait émerger des dysfonctionnements dans les villes tunisiennes. On assistait à la prolifération de l’habitat spontané et l’accentuation des phénomènes de ségrégation socio-spatiale. Ceci a imposé de nouveaux défis pour la planification en Tunisie.
Attributions des acteurs publics
Au vu de la situation du secteur du logement, il est devenu nécessaire d’évaluer la performance des acteurs publics au cours des dernières décennies afin de répondre aux besoins des citoyens et de garantir un logement décent pour toutes les catégories sociales.
Il est important de noter que la nouvelle stratégie nationale du logement pour la période 2025-2035 mettra un accent particulier sur la construction de logements sociaux destinés aux ménages à faible revenu. Ces logements seront conçus pour répondre spécifiquement à leurs besoins en termes de taille, de confort et de coût.
Dans le cadre de cette stratégie, il est prévu de constituer les réserves foncières nécessaires, de fournir des terrains à bâtir ainsi que de réviser la législation actuelle, notamment le code de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme. Cette révision législative vise à s’adapter aux nouveaux enjeux du secteur et à faciliter la mise en œuvre de la stratégie.
Consolider l’offre des logements
C’est sous cet angle, que la ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Sara Zaafrani Zenzri vient d’affirmer aujourd’hui lundi 17 février 2025 que quelque 5 000 logements sociaux seront construits en 2025, mobilisant un investissement de l’ordre de 450 millions de dinars. Et ce, dans le cadre de la politique de l’État visant à renforcer l’offre de logements sociaux adaptés au pouvoir d’achat des citoyens à faible revenu.
S’exprimant lors d’une rencontre consacrée à la présentation des résultats de la première phase de l’étude « Révision de la Stratégie Nationale de l’Habitat », la ministre a rappelé que le Programme Spécifique pour le logement social vise l’éradication de 10 000 logements rudimentaires et leur substitution par des logements décents. Tout en notant que 7 353 logements ont été livrés aux bénéficiaires jusqu’à présent. Tandis que 13 400 logements sociaux et lots ont été distribués.
La nouvelle stratégie nationale du logement en Tunisie vise à répondre aux nombreux défis actuels du secteur. Parmi ces défis figurent :
ü L’accessibilité des logements : Rendre les logements plus accessibles à tous les citoyens ;
ü L’efficacité énergétique : Améliorer l’efficacité énergétique des constructions pour réduire l’impact environnemental ;
ü La diversité des types de logements : Offrir une variété de logements pour répondre aux besoins de différentes populations, notamment les personnes âgées, les familles nombreuses et les personnes handicapées.
L’objectif principal est d’améliorer la qualité de vie des Tunisiens en fournissant des logements plus confortables et mieux adaptés à leurs besoins.
















