Utilisation illicite des produits subventionnés : La fin du grand désordre?
Par Hassan GHEDIRI
Après des années d’hésitation durant lesquelles beaucoup de métiers de commerce ont fait de gros bénéfices en utilisant «illégalement» les produits subventionnés, la fin du désordre est décrétée…
Ceux qui fréquentent régulièrement les grandes surfaces devaient remarquer l’abondance de certains produits qui faisaient l’objet de tensions très importantes voire de pénuries répétées jusqu’à très récemment. Il s’agit notamment du lait demi-écrémé destiné à la consommation des ménages dont les quantités mises sur le marché devaient normalement chuter de manière drastique en cette période qui coïncide avec la basse lactation dans la filière laitière. Pour justifier le manque de lait en quantités suffisantes qui se fait remarquer dans le marché presque chaque année à partir de l’automne, les professionnels du secteur ont toujours évoqué l’argument de la baisse cyclique de la productivité qui dure théoriquement environ cinq mois (de septembre jusqu’à février). Ce phénomène a été constaté en 2023, l’année durant laquelle le lait est devenu un véritable casse-tête pour la plupart des ménages tunisiens, et ce, à cause d’un déséquilibre considérable entre l’offre et la demande.
Le sucre c’est l’autre denrée qui continue à susciter les tensions dans les commerces à cause des pénuries chroniques résultant, apparemment, des difficultés de la trésorerie de l’Etat qui retardent l’approvisionnement depuis l’étranger. Ces deux produits, à côté des céréales destinées à la fabrication du pain et des pâtes alimentaires, appartiennent au groupe de denrées alimentaires que l’Etat subventionne chaque année à coup des milliards. Pour ce qui est du lait, l’Etat a par exemple prévu 524 millions de dinars de charges de compensation. Ce montant devait normalement bénéficier aux ménages, mais d’aucuns savent aujourd’hui que la grande partie du lait demi-écrémé commercialisé dans notre pays est utilisée dans plusieurs activités commerciales qui profitent indirectement et illégalement de la compensation pour augmenter leur marge de bénéfices.
Bien contrôler
Comme nous l’avons déjà annoncé sur nos colonnes au mois de novembre dernier, l’Etat a décidé de prendre le taureau par les cornes et de mettre fin à l’hémorragie causée par l’utilisation illicite des produits alimentaires subventionnés. En attendant que cette action se généralise pour encadrer l’usage du gaz liquéfié (GPL) subventionné dans les commerces, c’est l’utilisation professionnelle du lait et du sucre qui commence désormais à être régularisée. Depuis quelque temps, le sucre destiné à l’usage professionnel, comme les cafés et les pâtisseries, commence à être vendu au prix réel dans un emballage spécial. Dans les rayons de plusieurs enseignes de la grande distribution l’on peut désormais trouver des sacs de sucre estampés «A usage professionnel » à 2d900 le kilo. Idem pour le lait destiné aux cafés fabriqué à base de poudre du lait qui est aujourd’hui commercialisé dans un emballage spécifique à 2d350 le litre. C’est donc un premier pas que le gouvernement franchit sur le long parcours de la réforme de la compensation selon la nouvelle vision politique adoptée par l’Etat et qui s’oriente vers l’équité et la justice sociale. La vérification de l’utilisation des produits subventionnés pour les fins auxquels ils sont affectés nécessite toutefois l’affectation des moyens matériels et humains nécessaires à même d’assurer un contrôle efficace et régulier de l’ensemble des commerces et des circuits de distribution. L’Etat doit ainsi œuvrer à mettre en place les mécanismes permettant d’intensifier les opérations de contrôle de l’écoulement des produits subventionnés et à réprimer les infractions commises dans ce cadre afin de garantir l’acheminement de la compensation vers ceux qui y sont éligibles et de parer à l’utilisation des produits subventionnés autrement que dans leur affectation initiale.
H. G.
Pour avoir condamné le génocide à Gaza : Israël ferme son ambassade en Irlande !
Une crise diplomatique majeure éclate entre Israël et l’Irlande ce dimanche 15 décembre 2024, avec l’annonce par le ministère sioniste des Affaires étrangères de la fermeture de son ambassade à Dublin. Cette décision draconienne intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les deux nations.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a justifié cette mesure exceptionnelle en accusant l’Irlande d’avoir “franchi toutes les lignes rouges” dans ses relations avec l’État hébreu. Dans un communiqué officiel, il dénonce des initiatives qualifiées d'”anti-israéliennes” de la part de Dublin.
Les accusations portées par le chef de la diplomatie israélienne sont particulièrement graves. Saar pointe du doigt ce qu’il considère comme “des actions et une rhétorique antisémite”, accusant l’Irlande de participer à “la délégitimation et la diabolisation de l’État juif”. Il critique également ce qu’il qualifie de “politique du deux poids deux mesures” dans l’approche irlandaise.
Cette décision sans précédent de fermer une ambassade représente une escalade significative dans les relations diplomatiques entre les deux pays. Elle marque une rupture dans les relations bilatérales qui pourrait avoir des répercussions importantes sur la scène internationale.
Cette crise diplomatique s’inscrit dans un contexte plus large de tensions régionales et soulève des questions sur l’avenir des relations entre Israël et ses partenaires européens. L’Irlande, connue pour ses positions sur le conflit israélo-palestinien, n’a pas encore réagi officiellement à cette annonce.
Ligue 1 - 11e journée : Le C.A. aux commandes, l’U.S.M. et l’Etoile confirment
Cette onzième journée a permis au Club Africain, auteur d’une large victoire face à l’ESM, de prendre seul les commandes à titre provisoire, mais elle est également venue confirmer la régularité de l’US Monastir, en verve face à l’UST, et le réveil de plus en plus évident de l’Etoile du Sahel qui est allée frapper fort à Ben Guerdane.
A Monastir, on eu l’impression que le match allait être équilibrée après l’ouverture du score très précoce de l’US Tataouine, mais la réaction des locaux a été vive avec quatre buts venus confirmer la supériorité évidente des Bleus qui tiennent à garder leur position en haut du tableau.
A Rades, le Club Africain s’est facilement imposé contre une ES Métlaoui venue pour limiter les dégâts. Les Rouge et Blanc en ont profité pour reprendre les commandes, ce qui va leur faire du bien avant le rendez-vous du derby.
A Ben Guerdane, l’Etoile ne s’est pas seulement imposée, mais elle a démontré, à travers sa réaction après avoir encaissé un but, qu’elle est sur la bonne voie pour reprendre sa place parmi les meilleurs.
A Medjez el Bab, l’Olympique de Béja s’est trouvé incapable de renouer avec la victoire face à un AS Soliman qui a su glaner un point alors que les Cigognes n’arrivent plus à avancer.
Kamel Zaïem
Résultats
CA – ESM (3-0)
OB – ASS (0-0)
USM – UST (4-1)
USBG – ESS (1-3)
Classement
1-Club Africain 24pts
2-US Monastirienne 23pts
3-Espérance de Zarzis 23pts
4-Stade Tunisien 21pts
5-Espérance de Tunis 19pts
6-Olympique de Béja 18 pts
7-Club Sportif Sfaxien 17 pts
8-Etoile du Sahel 17 pts
9-JS Omrane 13 pts
10-ES Métlaoui 11 pts
11-AS Gabés 11 pts
12-US Ben Guerdane 10 pts
13-AS Soliman 9 pts
14-US Tataouine 6 pts
15-CA Bizertin 5 pts
16-EGS Gafsa 4 pts
Editorial : Péril rampant et voie de salut…
Par Chokri BACCOUCHE
La reconfiguration en cours des équilibres géostratégiques et de la carte du Moyen-Orient aura-t-elle un effet direct sur les pays de l’Afrique du Nord? De nombreux observateurs avertis n’écartent pas cette hypothèse et s’accordent à penser, malheureusement, que cette sombre perspective pourrait survenir beaucoup plus vite qu’on ne le pense. Après la chute du régime de Bachar Al-Assad, considéré comme la dernière citadelle contre les sombres desseins tracés par les architectes du «Grand Moyen-Orient», la région maghrébine risque de se retrouver, à son tour, au cœur de cette déferlante déstabilisatrice. On sait que la Libye voisine fait l’objet de convoitises pour ses immenses richesses énergétiques. L’ancienne Jamahiriya, en proie à une guerre civile depuis le renversement de Mouammar Kadhafi, n’a pas renoué avec la paix et la stabilité. Les rivalités fratricides entre le gouvernement de Tripoli de Abdelhamid Debaiba et le maréchal Haftar, patron de la Cyrénaïque pour le contrôle du pouvoir, ont fini par jeter le pays dans la gueule du loup. Résultat des courses: la Libye se retrouve aujourd’hui dans l’antichambre d’un morcellement ou d’un découpage planifié de longue date par les architectes de l’anarchie constructive. Tous les ingrédients sont malheureusement réunis actuellement pour concrétiser ce projet qui risque de plonger notre voisin du sud dans les affres de l’incertitude la plus absolue et pour très longtemps.
Pour les mêmes raisons et les mêmes visées, l’Algérie pourrait subir le même sort. Les convoitises qui entourent les richesses énergétiques immenses de ce pays ne font pas mystère. A cela il faudrait ajouter, bien évidemment, l’«insubordination» du régime algérien qui s’est distingué, aux yeux de l’Occident, par ses positions politiques un zeste «révolutionnaires» et son refus obstiné de «rentrer dans les rangs». Le rejet par l’Algérie de toute normalisation de ses relations avec l’entité sioniste dans le cadre des fameux Accords d’Abraham semble avoir boosté encore plus l’animosité éprouvée à son égard par les tenants du nouveau «désordre mondial». Quelque peu grisés par le succès, providentiel et inattendu, il faut le reconnaître, qui fait suite à la chute de Bachar Al Assad, ces derniers pourraient considérer cet événement comme une opportunité à ne pas rater pour finaliser la concrétisation de la deuxième partie du projet du « Grand Moyen-Orient».
Ce complot funeste risque également de ne pas épargner la Tunisie. Certes, notre pays ne dispose pas – fort heureusement — de richesses énergétiques notables et connaît même de grandes difficultés économiques mais sa position géostratégique dans une région très convoitée en fait une cible potentielle. Les positions courageuses du pouvoir tunisien favorable à l’émergence d’un nouvel ordre mondial plus équilibré et juste, particulièrement envers les pays les plus vulnérables, lui ont valu des animosités certaines de la part de ceux qui tiennent, par tous les moyens, à maintenir le statu quo et garder à tout prix leur leadership mondial.
Le sage, dit l’adage, est celui qui sait anticiper sur l’avenir et prendre les dispositions nécessaires pour se prémunir contre les effets pervers de cette déferlante déstabilisatrice à visées géopolitiques et hégémoniques. Partant de ce principe élémentaire, la voie de salut pour les pays de la région passe par la mobilisation à tous les niveaux et le resserrement des rangs. L’annonce, récemment, du renforcement de la coopération militaire entre l’Algérie et la Tunisie, d’une part, et entre la Tunisie et la Libye, d’autre part, est un bon signe qui incite à l’optimisme. Cette initiative de bon aloi s’inscrit en fait dans la logique des choses face à la montée des périls et des défis, à bien des égards existentiels. Sans verser dans l’alarmisme, les pays maghrébins se retrouvent aujourd’hui à la croisée des chemins. C’est dans l’unité, la coopération active particulièrement dans le domaine sécuritaire et la mobilisation tous azimuts de leurs forces vives qu’ils pourront préserver les attributs de leur souveraineté et de leur indépendance. Tous les moyens doivent être en fait mis en œuvre pour faire avorter ce vil projet de recolonisation rampante de nos contrées. Nos ancêtres qui ont réussi à briser les chaînes de la servitude en consentant d’énormes sacrifices pour libérer les pays de la région de la colonisation, montrent à cet effet la voie à suivre. Pour maximiser les chances de s’en sortir à bon compte, il n’y a pas d’autre alternative que de se serrer les coudes en front uni et faire preuve de discipline, d’abnégation et de veille de tous les instants. L’avenir des pays de la région dépend, dans une large mesure, de leur capacité de s’adapter, dans la célérité requise, au nouveau contexte géopolitique international dans un monde plus que jamais régi par la loi de la jungle et qui fait peu de cas pour les plus vulnérables…
C.B.
JCC 2024: Une master-Class avec le cinéaste algérien Merzak Alloucahe
La 35 ème édition des Journées cinématographiques de Carthage proposera demain, le 16 décembre, une masterclass avec le réalisateur algérien Merzak Allouache.
La rencontre, qui sera modérée par le critique Kamel Ben Ouanès, aura lieu à la salle des Jeunes Créateurs à la Cité de la Culture de 11h45 à 13h15.
La masterclass est ouverte aux étudiants et au large public du festival.
Né le 6 octobre 1944, Merzak Allouache est un scénariste et réalisateur algérien. Il étudie le cinéma à l'Institut National du Cinéma d'Alger puis à l'IDHEC à Paris. Allouache enchaîne en travaillant comme assistant sur plusieurs films, réalise des documentaires et des émissions pour la télévision algérienne. Son premier long-métrage, "Omar Gatlato", un film néo-réaliste a été présenté à la Semaine de la Critique au festival de Cannes en 1977 ; il est considéré depuis comme un tournant majeur qui révolutionne la conception du cinéma algérien principalement centré sur l'évocation de la lutte de libération anti-coloniale. A la fin des années 80, Allouache entame une trilogie documentaire en lien avec la révolte d'octobre 1988. D'abord "L'après octobre" puis "Femmes en mouvement" et "Vie et mort des journalistes algériens".
Le réalisateur algérien Merzak Allouache a remporté à trois reprises le Tanit aux Journées Cinématographiques de Carthage avec "Les aventures d'un héros" (Tanit d'or en 1978), "Bab El-Oued City" (Tanit d'argent en 1994) et "Salut Cousin!" (Tanit d’or en 1996). Il réalise en 2003 "Chouchou" qui enregistre 4 millions d'entrées en France. Réalisateur de plus d'une vingtaine de longs-métrages, Merzak Allouache revient cette année aux JCC avec ses deux derniers films de fiction "Ce n'est rien" (2023) et "Première Ligne" (2024).
Reportage - Pollution à oued Medjerda : La fuite en avant
Reportage réalisé par Hattab FEZAî
En collaboration avec la section-Tunisie de l'Union de la presse francophone
Oued Medjerda, artère vitale de la Tunisie, traverse aujourd’hui une crise sans précédent. Jadis source de prospérité agricole et de biodiversité, ce fleuve, le seul permanent du pays, est désormais le témoin silencieux d’une pollution galopante et d’une gestion défaillante.
Avec ses 500 km de long et son bassin versant partagé avec l’Algérie, Medjerda irrigue plus de 80 000 hectares et alimente un tiers de la population tunisienne en eau potable. Pourtant, ses eaux, autrefois claires, sont devenues le symbole d’un désastre environnemental qui menace directement la santé publique, la sécurité alimentaire, et l’équilibre écologique du pays. Cependant, la Medjerda n’est plus un long fleuve tranquille. À l’heure où le pays subit une crise hydrique sans précédent — avec moins de 500 m³ d’eau par habitant et par an — la dégradation de cette ressource vitale inquiète. Les activités humaines, qu'elles soient agricoles, industrielles ou domestiques, déversent chaque année près de 60 000 tonnes de polluants dans ses eaux, menaçant non seulement la qualité de l’eau mais aussi la sécurité alimentaire et la santé publique. Une dégradation notable de la qualité de l’eau en termes de salinité et de pollution chimique. Une situation qui met en péril un système hydraulique stratégique pour l’approvisionnement en eau agricole et en eau potable dans tout le pays.
Cette dégradation n’est pas un hasard : en effet, une étude de référence a été réalisée par le ministère de l’Environnement tunisien, sur la pollution dans le bassin de l’oued Medjerda, a révélé que 202 unités industrielles sont implantées tout au long du fleuve. Cette architecture industrielle est à l’origine de rejet de 37 millions de m3/an d’eau usée. L’activité agricole, les bassins des mines abandonnées et le manque de stations d’épuration ont amplifié la crise de pollution de l’unique rivière de la Tunisie. Les analyses chimiques, réalisées dans le cadre de cette étude, ont montré une dégradation élevée des écosystèmes végétation et dulçaquicole.
Cette dégradation est aussi alimentée par des activités industrielles non régulées, comme nous avons pu le constater sur le terrain lors de notre visite à une usine de traitement des peaux des animaux située à Grich El Oued, délégation de Mjez el Bab, gouvernorat de Béja. L’usine est implantée juste à côté de l’oued Lahmar, l’un des affluents de l’oued Medjerda. Elle est encore en fonction. On a constaté que les eaux usées riches en sel, matières organiques et chimiques sont directement rejetées à oued Lahmar et par conséquent elles seront automatiquement acheminées vers oued Medjerda. Sachant que la conduite des eaux usées est observable mais aucune autorité n’a bougé pour trouver une solution à cette situation. Pas loin de notre zone de recherche, une fromagerie a été installée à l’Aroussia dans le gouvernorat de La Manouba pas loin de Medjerda. Elle diverse des quantités importantes des huiles des fromages qui s'accumulent dans les cuves, qui devenaient noires et dégageaient des odeurs nauséabondes et qui finissent dans l’oued Medjerda.
Dans ce contexte, une équipe de chercheurs dans les laboratoires de l'École d'ingénieurs de Medjaz el-Bab a mené des analyses sur des échantillons des eaux de l’oued Medjerda. Les résultats ont confirmé la présence d'une contamination par les éléments zinc, cadmium, plomb, chrome et manganèse, et un manque total de respect de la norme nationale NT09 et des spécifications de l'Organisation mondiale de la santé.
Par ailleurs, les résultats des analyses physico-chimiques réalisés par un groupe de chercheurs de l’université de Carthage ont montré que les limites pour la charge en matière organique fixées par l’OMS (10 mg O2/L) sont largement dépassées avec une charge maximale de 29 mg O2/L.
La contamination microbiologique d'origine fécale a été confirmée. Elle est principalement liée aux activités anthropiques : assainissement, élevage, eaux pluviales urbaines… Ces contaminations entraînent des risques sanitaires pour les activités littorales comme la conchyliculture ou la baignade.
La chercheuse et professeure universitaire à l’Ecole supérieure d’ingénieurs de Medjez el-Bab, Fatima Trabelsi, a souligné que la concentration de ces éléments a un impact négatif et significatif sur les plantes, les terres et les nappes phréatiques, soulignant que la densité des déchets de tomate va augmenter la demande chimique en oxygène et la pollution chimique et bactérienne, car elle transporte des éléments organiques. « L'eau renforce la demande biologique en oxygène, car c'est une machine bactérienne qui consomme de l'oxygène, en plus des colorants et des éléments minéraux émis par les tanneries du cuir », a ajouté Mme Trabelsi, qui a mis en garde contre l'impact de la pollution des eaux de surface sur les eaux souterraines et la possibilité de fuites d'éléments toxiques dans la nappe phréatique, en violation flagrante des exigences de la loi n° 16 du 31 mars 1975, relative à la publication de la Revue de l'Eau , qui précise au chapitre 110 qu'« il est interdit de procéder à tout dépôt en surface qui pourrait contaminer les eaux souterraines ou les eaux de surface par ruissellement ou par fuite ».
Au-delà des analyses scientifiques, cette réalité est vécue au quotidien par les agriculteurs qui dépendent de l’Oued Medjerda pour leur survie.
Une réalité visible à l’œil nu et vécue par les agriculteurs et citoyens des villes avoisinantes du cours d’oued Mejerda. Les agriculteurs locaux témoignent de l’impact dévastateur de la pollution sur leur vie quotidienne. Baba Hama, né en 1932, se souvient d’une époque où les eaux de Medjerda étaient limpides. Mais avec l’installation de barrages et d’usines, la qualité de l’eau s’est détériorée. Abdelkadeur confirme que la salinité croissante et les déchets industriels ont réduit la fertilité des sols, entraînant une baisse de productivité agricole. Quant à Nabiha, elle évoque avec tristesse une époque où l’on se baignait dans les eaux claires du fleuve, aujourd’hui devenues troubles et malodorantes."
Face à l’urgence, Alaa Marzouki, directeur de l’Observatoire tunisien de l’eau, nous a confirmé qu’un changement du cadre juridique s’impose comme une urgence. « Nous avons proposé un code citoyen de l’eau, où on a intégré le principe de pollueur-payeur. On réclame aussi que l’eau soit gérée par une seule entité, pour minimiser le nombre d’intervenants et éviter de déresponsabiliser les acteurs. » Selon lui, un chantier plus important attend encore la Tunisie, celui du changement des mentalités : « Dans l’eau, on ne voit plus que des chiffres, on ne voit pas cette source de vie », pointant du doigt des pratiques en contradiction avec la préservation d’un fleuve.
Face à cette situation alarmante, des initiatives de recherche ont vu le jour pour surveiller et mieux comprendre la qualité de l’eau du fleuve.
Projet OurMed
Lors de notre enquête, on a rencontré le professeur Slaheddine Khlifi, enseignant à l’Ecole supérieure d’Ingénieurs de Medjez el-Bab. Pour M. Khlifi, oued Medjerda est une réserve stratégique pour toute la Tunisie. « 40% des Tunisiens sont influencés par Medjerda. Tout au long de ma carrière, j’ai consacré mes travaux de recherche pour étudier l’effet des changements climatiques sur les eaux de Medjerda.
Grâce à des projets de coopération, nous avons lancé le « Projet Ourmed », on a installé deux stations, l’une au niveau des frontières tuniso-algériennes « Ain El Oued Harraga », et la deuxième est installée à Slouguia au niveau de la plus importante réserve en eau, le barrage Sidi Salem. Ces deux stations sont d’une extrême importance, car elles nous permettent tout d’abord de contrôler la qualité de l’eau qui nous arrive de l’Algérie et la qualité de l’eau que nous exploitons pour l’irrigation et l’eau potable. Le contrôle concerne exactement la salinité, le PH, le nitrate et surtout la turbidité.
Nous avons beaucoup de problèmes de sédimentation qui impactent le traitement de l’eau potable. Ainsi, il faut déterminer la sédimentation qui provient de l’Algérie et de la Tunisie. Lors d’une visite de terrain à la station de contrôle de Slouguia à l’aval de Barrage Sidi Salem, on a constaté que la salinité, le PH, le nitrate et surtout la turbidité dépassent les normes. « Avec une pareille qualité d'eau, on ne peut pas faire une agriculture intensive. C’est très grave pour le sol. Selon les données enregistrées on peut déduire que la nappe fanatique risque d'être contaminée», a affirmé notre interlocuteur.
Mais la pollution ne s’arrête pas aux frontières : le parcours du fleuve à travers l’Algérie et la Tunisie illustre un problème transfrontalier complexe.
De la pollution importée
Le voyage de la pollution commence en Algérie, source de départ de l’oued Medjerda pour finir en Tunisie. Des chercheurs algériens ont travaillé sur le sujet et les études réalisées ont montré une pollution industrielle, agricole et urbaine considérable.
Dans une étude réalisée par des universitaires algériens, la contamination des eaux de l’oued Medjerda a été confirmée. En effet, l’analyse des paramètres microbiologiques a permis de déduire que l’eau de l’oued Medjerda n’est pas de bonne qualité microbiologique et, par conséquent, elle n’est pas conforme aux normes internationales avec une augmentation de concentrations en germes durant la saison sèche par rapport à la saison humide avec une forte charge en bactéries indicatrices de contamination fécale. L’ensemble des micro-organismes pathogènes, mis en évidence dans l’eau de l’oued Medjerda (bactéries, levures et moisissures), présentent des risques très importants de maladies transmissibles aux utilisateurs de cette eau tels que l’homme, les organismes végétaux ou animaux ; ceci, soit par contact direct (boisson, lavage et baignade) ou indirect (consommation intermédiaire : cycle d’alimentation).
Lors de notre enquête, on a essayé de contacter les ministères de l’Agriculture et de l’Industrie mais nous n’avons pas trouvé de réponse. Des procédures administratives accablantes et un manque de transparence.
Ces constats inquiétants appellent à une réponse urgente, que ce soit au niveau local, national ou international.
Un grand travail doit être lancé le plus tôt possible tout en impliquant tous les acteurs concernés. La société civile est appelée à participer aux côtés des chercheurs à travers les campagnes de sensibilisation afin de changer les comportements. L'État de son côté est appelé à bouger en toute urgence pour mettre en place une stratégie bien déterminée pour avoir une rivière protégée à travers l’installation de stations de traitement des eaux usées dans toutes les villes proches de oued Medjerda. Les chercheurs peuvent éclairer mais la décision reste entre les mains de l’Etat. Beaucoup d'efforts doivent être faits de la part de tous les acteurs, car il y a encore des possibilités de redressement.
H. F.
France : « Pas de match pour les génocidaires » : manifestation contre la venue d'un club israélien
Une manifestation a réuni plusieurs centaines de personnes, à Nanterre (Hauts-de-Seine), samedi 14 décembre, à l’appel de diverses associations comme EuroPalestine et de mouvements militants. Ils dénoncent la tenue d’un match entre le club de basketball Nanterre 92 et l’équipe israélienne Hapoel Holon.
Selon un communiqué publié par EuroPalestine avant la mobilisation, ce match est une tentative de légitimer, via le sport, « l’État génocidaire du peuple palestinien ». Les organisateurs y dénoncent également la « prétendue neutralité du sport », qu’ils qualifient d’« hypocrisie criminelle ».
Le communiqué souligne que la participation de l'équipe israélienne à une compétition internationale n’est pas anodine : « Les basketteurs d’Hapoel sont les porte-drapeaux d’une nation commettant un génocide, et ils ne s’en cachent même pas, assumant cyniquement leur contribution à la sale guerre, au point d’avoir rhabillé leur mascotte aux couleurs de l’armée. »
Pour les manifestants, la tenue de ce match programmé le 18 décembre au Palais des Sports de Nanterre est un symbole d’indifférence face aux violences subies par le peuple palestinien.
La mobilisation intervient dans un contexte marqué par l’indignation internationale après les offensives militaires israéliennes sur Gaza et le Liban. Depuis octobre 2023, les autorités palestiniennes font état de plus de 45 000 morts à Gaza, en majorité des femmes et des enfants, tandis que le Liban compte plus de 3 000 victimes des frappes israéliennes.
Le communiqué d’EuroPalestine rappelle également que « plus de 500 athlètes palestiniens ont été assassinés par l’armée israélienne dans la bande de Gaza ». Ces chiffres, ajoutés à la destruction des infrastructures sportives palestiniennes, selon l’organisation, prouvent que « le sport n’est pas un refuge à l’abri de la violence de l’occupation ».
Les manifestants ont aussi fustigé la position de la mairie de Nanterre, accusée de ne pas aller assez loin dans son opposition. Bien que la municipalité ait demandé un huis clos pour la rencontre, les associations considèrent que cela ne répond pas aux attentes.
« La mairie finance Nanterre 92 à hauteur de plusieurs centaines de milliers d’euros, mais refuse d’exiger l’annulation pure et simple de ce match », déplore le communiqué.
Cette mobilisation fait écho à d’autres initiatives récentes. En novembre, le collectif Stop Génocide avait demandé l’annulation du match de football entre la France et Israël au Stade de France, dénonçant une « rencontre de la honte ».
Pour EuroPalestine, ces actions visent à mettre en lumière l’instrumentalisation du sport pour normaliser des pratiques qu’ils qualifient de criminelles : « Pas de paix ? Pas de justice ? Alors pas de match ! »
France : Tir de mortiers près de l’Élysée, un policier blessé
Deux hommes ont été interpellés samedi 14 décembre en début de soirée à proximité du palais de l’Élysée, à Paris. Selon des informations relayées par Europe 1 et Le Parisien, l’un d’eux est accusé d’avoir procédé à des tirs de mortiers d’artifice sur l’avenue Marigny, non loin du palais présidentiel et du ministère de l’Intérieur.
Les tirs, survenus vers 19 h 30, ont été dirigés vers le ciel et non en direction des bâtiments officiels, d’après des sources policières citées par Le Figaro. Les forces de l’ordre ont immédiatement réagi en arrêtant le principal suspect ainsi qu’un deuxième homme qui filmait la scène.
Un des policiers ayant procédé à l’interpellation a été légèrement blessé à la main lors de la saisie du projectile, tandis que deux autres souffrent d’acouphènes consécutifs à l’explosion. Un dispositif de sécurité renforcé a été déployé autour du palais présidentiel après l’incident.
D’après des sources policières citées par la presse française, l’auteur présumé du tir, qualifié de "marginal" et ne jouissant pas pleinement de ses facultés mentales, aurait utilisé un mortier d’artifice multicoup.
Les motivations derrière cet acte demeurent inconnues pour le moment, mais les autorités privilégient la piste d’un geste isolé, sans intention directe de cibler les institutions.
Mondiaux de natation: Ahmed Jaouadi décroche le bronze du 800m NL
Le nageur tunisien Ahmed Jaouadi a décroché la médaille bronze dans l'épreuve du 800 mètres nage libre aux mondiaux de natation qui se déroule actuellement à Budapest en Hongrie.
Avec un chrono de 7min31sec93, le Tunisien a terminé troisième derrière le hongrois Zalán Sárkány (7min30sec56) et l'Allemand Florian Wellbrock (7min31sec90).
Rappelons qu’il s’agit d’une seconde distinction pour Ahmed Jaouadi qui a remporté, mardi dernier, l'épreuve du 1500 mètres nage libre après avoir réalisé un chrono de 14min16sec40.
Editorial : Cadeau empoisonné - Par Jalel HAMROUNI
Il est nul doute que la chute du régime du président déchu Bashar al-Assad aura des répercussions aux niveaux régional et international et ouvre un nouveau chapitre d’instabilité au Moyen-Orient et pour Israël en particulier.
La nouvelle réalité en Syrie place l’entité sioniste face à un environnement de sécurité complètement modifié, en raison de la présence d'un nouveau système de gouvernance ambigu.
Jusqu’ici, les Syriens et le monde entier attendent comment le gouvernement de transition, dirigé par Muhammad al-Bashir, mettra en œuvre son plan de gestion des affaires du pays et s'efforcera de le stabiliser politiquement, sécuritairement et économiquement, après la chute du régime de la famille Assad, qui a duré pendant plus de cinq décennies.
Pendant ce temps, Israël n'a pas laissé passer l'occasion «historique», avec la chute du régime de Bachar al-Assad en Syrie, pour tenter d'anticiper de nouveaux arrangements dans le pays.
L’armée sioniste a intensifié ses frappes aériennes sur le territoire syrien, ciblant des installations militaires et des dépôts d’armes et a annoncé le déploiement de ses forces militaires dans la zone tampon à la frontière syrienne, qui sépare les hauteurs du Golan occupé du territoire syrien, tandis que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé l'annulation de l'accord de désengagement entre les deux pays, signé en 1974.
La décision sioniste n’était pas surprenante en soi. Parce qu'Israël, en tant que puissance coloniale, cherche toujours à exploiter toutes les circonstances qui l'entourent pour établir de nouveaux faits à travers lesquels il tente de sécuriser son projet et de lui donner vie autant qu'il le peut.
Bien que le régime Baath, dirigé par Al-Assad père et fils, n’ait jamais constitué une menace sérieuse pour Israël depuis que les lignes de cessez-le-feu ont été tracées dans l’accord de désengagement en 1974, le changement massif qui s’opère aujourd’hui en Syrie a contraint l’entité sioniste à prendre l’initiative d’assurer sa sécurité d’abord. Mais jusqu’à quand ?
En fait, le prochain régime syrien ne peut ignorer la réalité dans laquelle il vit et dans laquelle la présence d’Israël est considérée comme l’un des facteurs les plus importants auxquels il devra faire face, qu’il le veuille ou non. Personne ne peut nier que sans la présence de l’entité sioniste à la frontière syrienne, le monde entier n’aurait pas adopté ces positions sur la révolution syrienne pendant quatorze ans, et la Syrie n’aurait pas été une arène d’un conflit international, dont beaucoup de dirigeants considéraient la sécurité d'Israël comme le symbole de la nécessité de préserver le régime d'Assad.
Les événements survenus en Syrie, au cours desquels la chute de tout un régime n’a pas duré plus de dix jours, ne peuvent être lus en dehors du contexte des transformations géostratégiques dans la région du Moyen-Orient. Depuis la chute de Bagdad en 2003, le renversement de Mouammar Kadhafi en Libye en 2011, en plus de ce qui se passe au Soudan et la destruction systématique de l'État et de sa structure sociale, jusqu’à le déluge d'Al-Aqsa, dans la bande de gaza et la guerre au Liban, le Moyen-Orient est victime d’une stratégie de destruction massive menée par les Américains.
De ce fait, la chute du régime d’Al Assad est un cadeau empoisonné offert par les Américains et ses alliés à l’entité sioniste.
Mohammed al-Joulani ne cesse de rassurer les Occidentaux en confirmant qu’il n’y aura «ni djihad mondial, ni extermination des ennemis proches». Mais les provocations successives d'Israël pourraient contribuer à l'activation des groupes armés locaux à l'intérieur et autour des territoires occupés, que ce soit dans le Golan syrien ou dans les villages et zones adjacents.
J. H.
Gaza: Israël frappe une école de l’ONU, 17 martyrs Palestiniens dans la bande
La Défense civile de Gaza a indiqué que 17 personnes avaient été tuées dans des frappes israéliennes dans la bande de Gaza samedi, l'une d'elles sur une école gérée par une agence de l'ONU abritant des déplacés palestiniens ayant fait sept morts.
"Des avions de chasse israéliens ont pris pour cible l'école Al-Majida Wassila (au nom de la défunte épouse de Habib Bourguiba), à l'ouest de la ville de Gaza", dans le nord du territoire, faisant sept morts parmi lesquels des femmes et des enfants, a précisé à l'AFP le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal.
L'école est gérée par l'Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), mais comme beaucoup d'autres établissements de ce type, elle a été transformée en abri de fortune pour les personnes déplacées par la guerre dans la bande de Gaza, qui dure depuis plus de quatorze mois. La grande majorité de la population de Gaza a été déplacée, souvent à plusieurs reprises.
M. Bassal a également indiqué qu'une autre frappe israélienne dans l'après-midi sur les bâtiments de la municipalité de Deir al-Balah, dans le centre de Gaza, avait coûté la vie au maire de la ville, Diab al-Jarw, "ainsi qu'à au moins neuf autres personnes".
L'offensive génocidaire israélienne dans la bande de Gaza a fait au moins 44.930 morts dans la bande de Gaza, en majorité des femmes et des enfants, en plus des centaines de milliers de blessés.
L’administration tunisienne dans le collimateur des députés : La bureaucratie, la corruption et la lenteur, des maux à endiguer rapidement...
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Le membre de l’Assemblée des Représentants du Peuple, Badreddine Gammoudi, a appelé au démantèlement de ce qu’il appelle le «parti de l’administration». Pourquoi, justement, notre administration garde toujours ses vieux réflexes et peinent à se révolutionner?
Le député à l’Assemblée des Représentants du Peuple, Badreddine Gammoudi, a appelé au démantèlement de ce qu’il appelle le «parti de l’administration» (une expression utilisée pour décrire un réseau constitué de hauts cadres et de responsables au sein de l’administration tunisienne), peut-on lire dans une dépêche relayée par le site Business news. Dans une publication sur Facebook du 11 décembre 2024, Badreddine Gammoudi a affirmé que le «parti de l’administration» était à l’origine de la corruption en Tunisie et de la lenteur de son développement. Selon lui, le démantèlement de ce parti est devenu une nécessité. C’est, ainsi, la corruption qui gangrène toujours notre administration et rien qu’en 2020, 1,5 million de Tunisiens avaient déjà payé 570 millions de dinars de pots-de-vin, révèle une étude sur la petite corruption en Tunisie menée par l’Association tunisienne des contrôleurs publics en collaboration avec le Centre national des tribunaux d’Etat. La petite corruption, appelée corruption administrative, a encore gagné du terrain avec la pandémie de Covid-19, enregistrant ainsi une hausse de 21% par rapport à 2014, souligne cette étude. Par secteur, les résultats de l’enquête montrent que les secteurs dans lesquels la corruption est la plus répandue sont la sécurité (50%), la santé (20%), les collectivités locales (14%), et les établissements publics de tout genre (10%). Les autres secteurs demeurent concernés, à des degrés moindres, par la corruption, à l’instar de l’Equipement, des banques et du transport et même les syndicats et les partis politiques. A rappeler que la «petite corruption» se produit lorsqu’une personne soudoie des fonctionnaires, comme des policiers, des professionnels de la santé ou des agents des douanes, dans le but de bénéficier d’un traitement préférentiel ou d’accélérer des démarches bureaucratiques. Même si les sommes en jeu sont généralement faibles, la petite corruption est considérée comme répandue et difficile à éradiquer.
Certains observateurs persistent et signent qu’il faut une révolution au sein de l’administration. Cette révolution doit être la priorité des priorités et ne doit pas concerner uniquement l’administration mais toute la population tunisienne, dont une majorité est tantôt corrompue tantôt corruptrice. Faire semblant que ça ne concerne que le voisin est une hypocrisie, le bakchich est dans nos pratiques quotidiennes pour contourner un obstacle, éviter une contravention, obtenir illégalement ce que nous devons obtenir légalement ou s’adjuger un marché...C’est un fait culturel, un rituel. Pourquoi, justement, notre administration garde toujours ses vieux réflexes et peine à se révolutionner?
Une pratique qui a la peau dure?
En plus de la corruption, l’administration tunisienne pèse lourd sur le budget de l’Etat avec une masse salariale avoisinant le 1/3 du budget. A cet effet, le juriste Salem Chérif nous a confié: «Avec plus de 700.000 mille fonctionnaires, il est logique que l’administration tunisienne connaisse une telle crise organisationnelle. De fait, les rôles sont mélangés et même qu’un grand nombre de fonctionnaires constitue une surcharge qui paralyse le bon fonctionnement du service public. Je vous rappelle que selon l’édition 2018 de l’indice Doing Business, la Tunisie a perdu 11 places pour se retrouver à la 88e place mondiale, perdant 46 places en 7 ans. L’analyse de cet indice montre que la Tunisie fait face à un problème structurel: la bureaucratie. La longueur des délais ainsi que la lourdeur et la complexité des procédures administratives font que l’une des réformes majeures les plus attendues en Tunisie est celle de l’administration publique», a affirmé Wafa Laâmiri, présidente du Centre des jeunes dirigeants de Tunisie.
Selon l’édition 2018 de l’indice Doing Business, la Tunisie a perdu cette année 11 places pour se retrouver à la 88e place mondiale, perdant 46 places en 7 ans. L’analyse de cet indice montre que la Tunisie fait face à un problème structurel : la bureaucratie. La longueur des délais ainsi que la lourdeur et la complexité des procédures administratives font que l’une des réformes majeures les plus attendues en Tunisie est celle de l’administration publique». Et d’ajouter: «Pis encore, les résultats de l’enquête ont démontré que 76.3% des PME sondées considèrent que l’administration publique représente un sérieux obstacle sévère, majeur ou modéré contre seulement 15,3% qui considèrent qu’elle ne représente pas un obstacle».
M. B. S. M.
Convention CNAM-Pharmaciens d’officine : Des concessions pour débloquer la situation…
Par Hassan GHEDIRI
L’Assurance maladie doit se débrouiller pour débloquer plus de 100 millions de dinars aux pharmaciens conventionnés et selon un calendrier pouvant être établi avec la profession…
Plus de quatre mois d’impayés. Voilà le principal point de discorde qui devrait être dénoué d’ici peu pour ne pas chambouler le système du tiers payant auquel sont affiliés un peu plus de 700 mille assurés sociaux en Tunisie. Les retards excessifs que cumule la Caisse nationale de l’assurance maladie devraient aujourd’hui se chiffrer à plus de 100 millions de dinars, selon les estimations du président du syndicat des pharmacies d’officine de Tunisie (SPOT), Mohamed Zoubeïr Guiga.
Contacté par «Le Quotidien», Guiga a expliqué que le montant global peut être établi à titre approximatif sur la base d’un chiffre d’affaires mensuel moyen de l’ordre de 25 millions de dinars. Et de souligner que la CNAM manque aujourd’hui d’honorer des engagements dépassant 130 jours, c’est-à-dire plus de quatre moins d’impayés. Conformément aux dispositions de la convention sectorielle qui arrive à échéance le 31 décembre 2024, la Caisse est toutefois tenue à payer dans un délai ne dépassant pas 14 jours l’intégralité des sommes qui lui sont dues en faveur des pharmacies dans le cadre du régime tiers-payant.
Peur des chèques…
Le président du SPOT tient toutefois à souligner que le problème n’est pas l’argent mais les préjudices que subissent les pharmaciens qui n’arrivent plus à assurer la régularité d’approvisionnement en médicaments, ce qui nuit aux intérêts des assurés sociaux en termes d’accès aux prestations de soins. Avec les nouvelles réglementations sur les chèques qui renforcent les sanctions contre les chèques sans provision, les pharmaciens ne peuvent plus par exemple traiter avec des chèques de garantie et ils sont souvent obligés de payer leurs fournisseurs à la livraison. Au vu du manquement à ses engagements par la CNAM et à la nouvelle donne imposée par les fournisseurs, il ne reste plus aucune marge de manœuvre pour les pharmaciens qui conditionnent désormais le renouvellement de la convention avec la CNAM par le règlement des impayés.
Le SPOT ne compte cependant pas opter pour l’escalade comme nous l’affirme son président qui croit qu’un terrain d’entente est toujours possible. «Nous n’allons pas engager un bras de fer avec la CNAM parce qu’in fine, ce sont des milliers d’assurés sociaux qui seront les grands perdants», dixit notre interlocuteur. Avant-hier, à l’issue d’une réunion avec la CNAM qui n’a accouché d’aucun progrès, le président de la SPOT a sollicité l’intervention du ministre des Affaires sociales pour faire bouger les choses afin d’aider à décaisser au moins une partie des montants dus aux pharmaciens d’officine. «J’estime que de petits versements de 15 jours vont être effectués d’ici peu, mais ceci reste insuffisant», note Guiga qui pense que son syndicat est en train de faire toutes les concessions possibles, mais sans toutefois compromettre fondamentalement l’intérêt des pharmacies.
H. G.
Syrie : Quel sort pour les bases militaires russes ?
Le sort des bases aériennes et navales de la Russie sur le territoire syrien est en suspens après l'éviction spectaculaire du président Bachar al-Assad, allié du Kremlin.
La Russie possède deux bases militaires en Syrie : la base navale de Tartous, sur la côte méditerranéenne, et la base aérienne de Khmeimim, près de la ville portuaire de Lattaquié. Elles sont considérées comme l'un des avant-postes militaires les plus importants du Kremlin sur le plan stratégique. Le site de Tartous est particulièrement important, car il offre à la Russie son seul accès direct à la Méditerranée et une base pour mener des exercices navals, stationner des navires de guerre et même accueillir des sous-marins nucléaires. Or, selon l'agence de presse russe TASS, les combattants rebelles syriens ont pris le contrôle total de Lattaquié, où se trouvent les deux bases.
Le Kremlin affirme prendre des mesures pour "établir des contacts en Syrie avec ceux qui sont capables d'assurer la sécurité des bases militaires", selon le porte-parole Dmitri Peskov.
Les médias d'État russes ont également affirmé que Moscou avait garanti le sort des bases dans le cadre d'un accord selon lequel Bachar al-Assad et sa famille se sont vus offrir un refuge en Russie.
Cependant, une multitude d'informations, émanant notamment de blogueurs militaires russes, suggèrent que la Russie est en train de se retirer de ses bases.
Selon les services de renseignement ukrainiens, la Russie retire ses armes et ses équipements militaires et évacue ses troupes de ses bases syriennes. "Pour se retirer de Syrie, les Russes ont déployé une caravane d'avions de transport militaire, qui embarquent les troupes, les armes et les équipements militaires restants", a déclaré l'agence ukrainienne de renseignement militaire (HUR) dans un communiqué.
Selon Reuters, l'imagerie satellite de la base russe de Tartous suggère qu'au moins trois navires de guerre ont quitté le port et jeté l'ancre à environ 13 km de la côte. Le groupe de réflexion basé aux États-Unis, Institute for the Study of War (ISW), a cité l'affirmation de MT Anderson, analyste OSINT, selon laquelle une grande partie de la flotte russe a quitté le port et est ancrée à 8 km en mer.
Les images satellites prises le 9 décembre montrent également que les navires russes - probablement la frégate "Admiral Gorchkov" de classe Gorchkov, la frégate "Admiral Grigorovitch" de classe Grigorovitch, le sous-marin "Novorossiysk" de classe Kilo et le pétrolier "Vyazma" de classe Kaliningradneft - sont en attente dans la rade, à environ huit kilomètres à l'ouest du port, a déclaré l'ISW. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a affirmé que les navires de guerre russes resteraient à leur base de Tartous.
Que signifierait une retraite forcée pour le Kremlin ?
La perte de sa présence militaire en Syrie serait un grand revers pour la Russie. D'un point de vue géographique et stratégique, il s'agit d'un site essentiel pour Moscou, qui peut y faire transiter des moyens militaires vers les pays africains où elle mène des opérations.
L'ISW prévient que la perte des bases russes en Syrie "perturbera probablement la logistique russe, les efforts de réapprovisionnement et les rotations du Corps africain, ce qui affaiblira particulièrement les opérations et la projection de puissance de la Russie en Libye et en Afrique subsaharienne".
Le renversement rapide du régime d'al-Assad a déjà porté un coup à la Russie et à ses ambitions d'étendre son influence au Moyen-Orient. La rapidité avec laquelle les rebelles ont pris Damas a été en partie attribuée à l'absence du soutien indéfectible du Kremlin, qui est embourbé dans sa guerre en Ukraine. "La chute du régime a été beaucoup plus rapide et moins sanglante que quiconque aurait pu l'imaginer, surtout avec une croyance générale dans un soutien indéfectible de la Russie et de l'Iran à Assad. L'affaiblissement du régime l'a finalement rendu incapable de résister à l'avancée des rebelles", selon Julien Barnes-Dacey du Conseil européen des relations étrangères.
Mais les médias d’État russes, citant des sources du Kremlin, affirment que le régime de Moscou a l'intention de s'engager avec les rebelles pendant la transition du pouvoir, dans le but ultime de sauvegarder ses bases militaires sur le territoire syrien.
La mort et la guerre jettent leurs ombres sur la soirée d’ouverture des JCC
Fade, sans âme a été la soirée d’ouverture des Journées cinématographiques de Carthage (JCC). La mort brusque du grand acteur Fethi Haddaoui, inhumé aujourd’hui, semble jeter ses ombres sur le programme de la soirée d’ouverture dont la maîtresse de cérémonie a été l’actrice Souhir Amara. Personne ne sait si c’était le programme initial de la soirée ou si le comité d’organisation a dû réduire les festivités suite au décès de Haddaoui.
C’est en présence de la ministre des Affaires culturelles Amina Srarfi et de quelques diplomates et également de nombreux cinéastes et acteurs que le coup d’envoi de la 35ème édition des JCC a été donné au Théâtre de l’Opéra à la Cité de la culture. Nombreux sont les acteurs tunisiens qui ont brillé par leur absence.
Avec un hommage au regretté de la scène artistique tunisienne et arabe, Fethi Haddaoui, la soirée s’est ouverte. Un 2ème hommage au critique de cinéma et journaliste KhemaiesKhayati qui nous a quittés le 18 juin 2024 a marqué la soirée qui a vu également la consécration de l’actrice tunisienne installée en Egypte Aïcha Ben Ahmed. Un bouclier d’honneur lui a été décerné par l’artiste Raouf Ben Amor.
La cérémonie d’ouverture a été une occasion pour rappeler que les JCC 2024 célèbrent les cinémas palestinien, jordanien et sénégalais. Ainsi dans le cadre de la section « Le cinéma au microscope », le public découvrira un bouquet de 19 films palestiniens dont 14 films seront projetés gratuitement, au quotidien, dans « JCC avenue » alors que les cinq autres films seront projetés dans les salles. Quant au « Focus Jordanie » et « Focus S2négal », il offre à voir respectivement 12et 14 films.
La soirée d’ouverture a été une occasion pour présenter les jurys de différentes compétitions et pour revenir sur les films en compétition, dans toutes les sections. La cérémonie d’ouverture a comporté des interventions musicales assurées par l’Orchestre Symphonique Tunisien et les voix de l’Opéra Tunisien, ainsi qu’une chanson présentée par les frères Nour et Salim Arjoun, ainsi qu’un tableau chorégraphique abordant la question de l’oppression et le droit à la liberté et à la justice. L’artiste jordanienne d’origine palestinienne, Dana Salah a pris part à cette soirée, interprétant des chansons folkloriques palestiniennes.
La 2ème partie de la soirée a été cinématographique avec la projection de deux films : le court-métrage « Upshot » (2024) de Maha Haj (Palestine) et le long-métrage documentaire « The Freedom Giver » (1987) de KaysAlzubaydi (Irak), décédé récemment.
Imen.A.
















