« Cinéma ô féminin » : Pour une meilleure visibilité devant et derrière la caméra
Par Imen Abderrahmani
Productrice, réalisatrice et cinéaste, Ismahane Lahmar cumule les expériences. « Cinéma ô féminin », qui est à sa 2ème édition, est un projet qu’elle mène passionnément pour renforcer la présence de la femme dans l’industrie cinématographique nationale.
A sa 2ème édition, « Cinéma ô féminin » s’est tourné vers la comédie. Cinq projets de courts-métrages d’une durée de 15 mn ont été achevés et présentés lors d’une séance de pitching qu’a accueilli l’Institut français de Tunisie (IFT) et qui a permis aux candidates d’entrer en interactivité avec le public présent, formé des professionnels, des étudiants en cinéma et des cinéphiles.
« C’était pour moi, une étape très importante. Le pitching est une annonce de la clôture de la 1ère phase de cette 2ème édition, c’est-à-dire l’étape de la réflexion sur l’idée et la rédaction du scénario. Etape basique et colossale pour mener le projet jusqu’au bout », nous a précisé Ismahane Lahmar, productrice, réalisatrice et cinéaste franco-tunisienne, initiatrice de ce projet qui vise à donner à la femme une meilleure visibilité devant et derrière la caméra.
Focalisant sur la comédie, un genre peu présent dans le cinéma tunisien, cette 2ème édition a donné le jour à cinq scénarios, cinq projets de courts-métrages. Pour Ismahane Lahmar, l’étape à venir est déterminante : trouver les fonds nécessaires pour transformer ces écrits en des films. « C’est tout un pack : cinq récits, cinq films. Je vais demander l’appui du Centre national du cinéma et de l’image (CNCI) et également d’autres structures pour que ce projet aboutisse dans les bons délais. Dès l’obtention du financement nécessaire, le tournage sera lancé. Nous profiterons certainement de l’étape de la prospection des fonds pour mettre quelques retouches sur les dialogues, pour faire le repérage… » A-t-elle souligné, espérant avoir des réponses positives dans les brefs délais.
« Pour cette 2ème édition, nous avons différents profils des participantes, ce qui fait nous avons eu de beaux et différents récits et l’échange durant la résidence d’écriture, que nous avons lancé dans le cadre de ce projet, a été enrichissant et a permis aux candidates d’affiner leur projet et d’avoir les outils nécessaires pour développer leurs scénarios. Ces futures scénaristes-réalisatrices ont été bien accompagnées tout au long de cette résidence par la réalisatrice, actrice et scénariste française Audrey Dana » a noté Ismahane Lahmar, initiatrice du projet « Cinéma ô féminin » qu’elle mène dans le cadre de sa société de production « Madame Prod ».
Pourquoi ce projet?
Ismahane Lahmar est catégorique. Malgré les mutations qu’a connu et vécu la Tunisie, lors de cette dernière décennie la présence de la femme dans le cinéma tunisien dépend toujours des histoires racontées et réalisées par des hommes.
Partant alors d’un ensemble de constats sur certaines formes de discrimination à l’égard des femmes dans la société tunisienne comme dans le cinéma, elle a choisi de passer à l’action et de mener différemment son combat. Et seule une image produite par une femme sur la femme peut aider à bannir tant de clichés. Ainsi, est né « Cinéma ô féminin », un projet mené par des femmes pour les femmes et qui propose à chaque édition, plusieurs formations, permettant aux jeunes femmes participantes à donner corps à leurs idées et avoir de nouvelles perspectives professionnelles.
Ainsi pour le bon déroulement du projet, un appel à candidatures est lancé. Les participantes sélectionnées bénéficient d’un coaching spécialisé dans le domaine du cinéma, à commencer par le passage de l’idée au scénario jusqu’au tournage et au montage et les différentes étapes de la post-production. Un coaching professionnel en art oratoire est également assuré et ce pour permettre aux participantes à ce programme de présenter et de défendre leurs projets surtout devant les jurys de différentes structures de subvention, a précisé notre interlocutrice.
Faisant le bilan de la 1ère édition de ce projet, Ismahane Lahmar pense avoir relevé le défi avec la production du film « J’irai au diable », premier long-métrage de « Madame Prod ».
Triplement signé par Ismahane Lahmar, au niveau du scénario, de la réalisation et de la production, le film a impliqué les participantes dans le processus de la production et a été à l’affiche de nombreux festivals. Encore, quelques participantes ont réussi à intégrer d’autres projets cinématographiques. Les objectifs de la 1ère édition ont été pleinement atteints. Pour la 2ème édition, en cours, Ismahane Lahmar tentera d’aller encore loin. Alors, bon vent !
I.A.
A la maison des arts du Belvédère : Amara Ghrab, peintre de l’invisible et architecte de la tradition
Par Imen Abderrahmani
Pour raconter une vie riche en œuvres et en émotions, pour que la mémoire reste vivace, « Lignes en transe » a été conçue. Exposition qui rendra hommage au peintre et architecte Amara Ghrab et qui sera visible à la Maison des arts du Belvédère, à partir de ce samedi.
Artiste généreux qui a été toujours en quête de cette relation entre l’artistique et le spirituel, qui explorait l’espace à sa façon, Amara Ghrab sera à l’honneur à la Maison des arts-Le Belvédère (Dar El Founoun). Une exposition rétrospective qui s’étale sur tout un mois, du 15 février au 15 mars 2025, lui a été réservée.
Œuvrant depuis quelques mois sur la préservation de la mémoire artistique et la présentation de la richesse du catalogue tunisien, la Maison des arts-Le Belvédère multiplie les actions, dépoussiérant d’une part l’héritage artistique tunisien et offrant de l’autre aux chercheurs dans l’histoire de l’art et aux nouvelles générations l’opportunité pour élargir leurs horizons académiques comme artistiques.
Amara Ghrab, qui s’est éteint il y a plus d’un an (2023), a également enseigné à l’Ecole nationale d’architecture et d’urbanisme en Tunisie d’où d’ailleurs sa passion pour l’espace et son souci artistique de réinventer cet espace, recourant très souvent à l’architecture traditionnelle tunisienne.
L’exposition qu’accueillera la Maison des arts du Belvédère et qui comportera une centaine d’œuvres entre tableaux et dessins, permettra aux visiteurs de déceler la manière avec laquelle ce peintre épris de lumière jonglait avec les couleurs et les formes pour meubler sa toile et laisser dégager de la spiritualité, de la zénitude et de la sérénité.
Et pour garder les traces et comme « seuls les écrits restent », un livre bilingue racontant le riche parcours de Amara Ghrab a été publié pour bien accompagner l’exposition. Offrant à lire des textes en français et en arabe, signés par des artistes et des critiques d’art, d’autres personnels et intimes qui portent la signature de Nadia Ghrab, compagnon de route de l’artiste et sa confidente (veuve de l’artiste), et à contempler une bonne sélection de tableaux et de croquis, le livre est composé de 160 pages.
Originaire de Zarzis (Médenine), là où il est né en 1945, l’artiste Amara Ghrab n’hésitait pas dans ses œuvres à raconter tant de scènes qui ont marqué sa mémoire d’enfant et d’adolescent et qui ont constitué une source d’inspiration « joyeuse et colorée » telles que la cueillette des olives, la criée du poisson, les fêtes du mariage et même le beau ciel étoilé et clair de Zarzis… Amara Ghrab trouvait dans son environnement une source d’enchantement et une lumière aussi particulière…
Alliant passion et formation académique, Amara Ghrab a affûté son talent avec des études à l’Ecole des Beaux-Arts de Tunis. En 1967, il a reçu le prix du Salon de peinture en 1967, enchainant en 1968, les premières expositions personnelles en 1968.
« Boursier de l’Etat, il parfait sa formation aux Beaux-Arts de Paris. Là, il s’initie à côté de la peinture, à différentes pratiques artistiques, théâtre, musique, et aux grands mouvements de pensée qui secouent alors le monde. Puis, dans l’idée de mettre la beauté au service du bonheur, il entreprend des études d’architecture à Paris. De retour à Tunis en 1981, il consacre l’essentiel de son temps à la pratique de l’architecture et à son enseignement », lit-on dans le communiqué de presse de cette exposition rétrospective.
Se consacrant depuis 2005 à la peinture, tentant toujours d’attraper des lueurs d’une lumière spirituelle et de partager sur ses toiles de la beauté invisible, Amara Ghrab un artiste qui mérite le détour et un parcours insolite à découvrir.
Il est à rappeler qu’en octobre 2024, Nadia Ghrab, la veuve de l’artiste, a fait don de la bibliothèque personnelle de son mari à la Maison des arts- Le Belvédère, connu communément par « Dar el Founoun ».
I.A.
Thalassothérapie : La Tunisie vise le haut podium mondial?
Par Hassan GHEDIRI
Ayant toujours séduit les adeptes de la thalasso qui se font très nombreux à s’y réfugier du froid de l’Europe, la Tunisie ambitionne de devenir le n°1 du tourisme du ben-être dans le mode…
«La Tunisie sera-t-elle bientôt la première destination mondiale de la thalassothérapie?», demande méthodiquement le journal «Ouest-France» dans un article publié le 6 février 2025 dans son guide de voyage (Quand partir). Une question à laquelle répondait presque formellement «News d’Ulysse», une plateforme électronique française dédiée au tourisme, aux voyages et à l’aviation à travers un autre article s’intitulant «Ce pays d’Afrique évince la France et prend le pouvoir en thalassothérapie». Dans l’article, l’auteur explique comme la France, «berceau historique de la thalassothérapie», voit aujourd’hui son hégémonie menacée. «Loin des côtes bretonnes et des centres emblématiques de la côte atlantique, un concurrent inattendu s’affirme avec ambition: la Tunisie. Ce pays d’Afrique du Nord, réputé pour son climat ensoleillé et son hospitalité, mise sur ses atouts naturels et économiques pour séduire une clientèle en quête de soins marins et de bien-être», écrit-on. Et d’expliquer que grâce aux nouveaux investissements dans le secteur et surtout avec une attractivité tarifaire imbattable, «la Tunisie espère renverser la hiérarchie et s’imposer comme le nouveau leader mondial de la thalassothérapie». Un parti très audacieux qui va, selon l’auteur, rebattre les cartes du marché international du tourisme de santé.
Historiquement, l’Hexagone s’est en effet imposé comme une référence internationale en matière du thermalisme, dominant tous ses concurrents et attirant chaque année des centaines de milliers de curistes grâce à des établissements prestigieux, notamment en Bretagne et sur la Côte d’Azur. La Tunisie, qui a su préserver sa deuxième place au podium de la thalassothérapie mondiale malgré les crises ayant durement secoué son tourisme durant ces dernières années, espère toutefois grignoter des parts de marché au détriment de la France. Son fer de lance? Un rapport qualité-prix imbattable. Car, si la France est aujourd’hui numéro Un en matière de thalasso, elle souffre cependant d’un handicap majeur, qui est le coût élevé. Les séjours proposés dans les stations de thalasso de l’Hexagone coûtent en fait trois fois plus cher qu’en Tunisie.
Compétitivité
En moyenne, une semaine de cure dans l’un des centres de thalassothérapie et de spa situés sur le littoral de ce pays de la rive nord de la Méditerranée coûte aux alentours de 3 mille euros, contre seulement 100 euros en Tunisie. Si la Tunisie a bien envie de détrôner son voisin français du haut du podium, c’est parce qu’elle sait aujourd’hui «mettre plus en avant encore son savoir-faire en matière de cures thermales et ses nombreux centres de remise en forme», lit-on dans Ouest-France qui cite l’exemple de la ville thermale de Korbous qui vient de se doter d’un prestigieux nouvel hôtel 5 étoiles comportant un centre de thalassothérapie et un centre thermal haut de gamme. A côté de Korbous, la thalasso est accessible dans toutes les stations balnéaires du pays comme Sousse, Hammamet, l’île de Djerba ou encore Monastir.
Chaque année, la Tunisie reçoit plus d’un million de touristes dans les stations thermales et les centaines de centres de thalassothérapie et de spa des hôtels.
En 2024, les statistiques révèlent une croissance spectaculaire du secteur tunisien. En effet, l’année passée, notre pays a enregistré une hausse de 15 % du nombre de touristes étrangers dans ses centres de thalassothérapie, portant ce chiffre à plus de 1,2 million de visiteurs. Les atouts de ce succès sont multiples. La Tunisie offre une large variété de soins, incluant des thérapies marines, des massages et des traitements à base de boues marines, tout en mettant en avant ses plages de sable fin et son climat méditerranéen agréable tout au long de l’année.
Mais comme nous l’avons déjà souligné, ce qui distingue véritablement la Tunisie est son rapport qualité/prix. En 2024, le coût moyen d’un séjour de bien-être dans un centre tunisien était inférieur de 30 à 40 % à celui des destinations traditionnelles, comme la France ou l’Espagne, sans pour autant sacrifier la qualité des soins. Cette compétitivité tarifaire attire une clientèle de plus en plus nombreuse, notamment en provenance de l’Europe et du Moyen-Orient qui recherchent des prestations haut de gamme à des prix accessibles.
Pour réaliser ses ambitions, la Tunisie mise sur l’extension de ses infrastructures pour répondre à une demande croissante et se positionner définitivement comme un acteur incontournable du tourisme de bien-être. Si cette tendance se poursuit, la Tunisie pourrait bien bouleverser la hiérarchie mondiale du secteur dans les années à venir.
H. G.
Mohamed Sahli refuse le poste d'entraînement adjoint de la sélection
La FTF qui a annoncé lundi la composition du staff technique qui va seconder Sami Trabelsi à la tête des Aigles de Carthage vient de recevoir le refus de Mohaled Sahi, ancien entraîneur de l'USMonastir d'occuper le poste d'entraîneur adjoint. Un refus qui n'a pas été justifié ni par le Bureau Fédéral ni.par Sahli lui-même. On attendra avec curiosité la principale raison de ce refus.
J. B.
Tournoi de Doha : Ons Jabeur, expéditive, bat Sofia Kenin ( 2-0) et passe aux quarts de finale
Continuant son bonhomme de chemin au tournoi de Doha au Qatar, la Tunisienne Ons Jabeur, 35e mondiale a battu aujourd'hui en huitièmes de finale l'Américaine Sofia Kenin, 73e, par 2 sets à 0. Le premier set qui n'a duré que 27 minutes a vu Ons survoler les débats avec beaucoup de calme et de maîtrise. Au second set, le jeu est devenu plus équilibré. Kenin est revenue à la charge pour tenir tête à son adversaire ( 3-3). Mais, finalement, Ons Jabeur a repris le dessus pour remporter le set 6-4 en 39 mn et le match 2-0. Elle se qualifie ainsi aux quarts de finale.
Jamel Belhassen
Editorial : Deux larrons en folie et un jacuzzi…
Par Chokri BACCOUCHE
Chouette! Les Palestiniens de Gaza auront des habitations flambant neuves. Parole de Donald Trump. Des pieds à terre dotés de toutes les commodités nécessaires avec des chambres spacieuses et bien aérées, des cuisines installées ultramodernes et bien équipées et des salles de bain avec jacuzzi. Ah les veinards! Billy Valentine, l’arnaqueur fauché interprété par l’inoubliable Eddy Murphy dans le célèbre film «Un fauteuil pour deux», lui, n’a pas eu cette chance. «Quand j’étais môme haut comme trois pommes, nous habitions dans le Bronx dans un quartier malfamé et nous n’avions pas de jacuzzi. Alors pour faire des bulles, nous nous amusions, mes frères et moi, à péter dans l’eau de la baignoire », disait-il dans une des scènes hilarantes de cette comédie à succès. Sacré Trump, il a le cœur tendre envers les pauvres et les victimes expiatoires de l’injustice et il pense chaque jour que Dieu fait à leur avenir et leur bien être. L’Abbé Pierre et Mère Teresa n’auraient pas fait mieux, car, lui est non seulement dotés de bonnes intentions mais il a surtout les moyens financiers de réaliser ce projet qui fait rêver et met l’eau à la bouche à plus d’un. Dans un monde de brutes régi par la loi de la jungle, on peut dire que la «baraka» existe encore pour paraphraser un adage arabe et ce qui fait tellement plaisir, c’est que cette «baraka» est l’œuvre d’un généreux citoyen américain de confession catholique. Non, non, il n’y a pas de clash des civilisations comme certains incorrigibles va-t-en guerre portés sur la gâchette veuillent bien le faire croire. Donald Trump, en tout cas, un juste parmi les justes l’a prouvé de manière remarquable.
Le seul inconvénient dans ce scénario idyllique qui incarne l’altruisme bienveillant, la bonté extrême et la générosité débordante, c’est que «les Palestiniens n’auront pas le droit de retour sur le territoire» une fois Gaza reconstruite et transformée en «Côte d’Azur du Moyen-Orient. Ah! Qu’on nous excuse pour cette regrettable omission, mais le généreux mécène président américain a d’autres projets en tête. Il veut s’approprier Gaza pour son propre compte. En tant que businessman avisé plein aux as, il a senti la bonne affaire et sa muse inspiratrice l’a vivement conseillé dans un de ses rêves qu’il peut s’enrichir encore et encore au point que Crésus ne lui arrivera même plus à la cheville en faisant main-basse sur cette prometteuse et juteuse enclave palestinienne. Et ce qui met davantage l’eau à la bouche, c’est que celle-ci dispose non seulement d’une situation géographique privilégiée en bord de mer mais regorge également d’une bonne réserve de gaz naturel offshore. Bref, elle a tout pour plaire et attirer les affairistes et les investisseurs comme des mouches.
Et les Palestiniens, leurs droits, la légalité internationale, la justice, les valeurs universelles et tutti quanti? Y a pas de souci, pensent les savants architectes de ce génial projet. Les premiers pourront toujours créer leur Etat indépendant en… Arabie saoudite comme le suggère l’homme qui souffle dans l’oreille de Trump, un certain Benjamin Netanyahu, le dernier récipiendaire de l’Oscar du plus grand criminel de guerre du 21e siècle. Quant aux autres considérations, elles pataugent déjà dans les mares glauques avec les cochons. Elles ont été tellement violées impunément qu’elles n’ont plus aucune valeur.
Moralité de l’histoire: nous avons affaire à deux larrons en folie. Le premier, victime d’un accès de fièvre mégalomane, est encouragé par le deuxième qui s’amuse à gonfler son ego à l’hélium dans l’espoir de tirer profit de son délire ubuesque et concrétiser son rêve faussement messianique mais tout aussi cinglé. Le duo cherche à mettre en pratique son jus de cerveau dans une piètre mise en scène où l’aberration et l’aveuglement le disputent à la bêtise, l’extravagance et l’inconscience. De quoi en faire de sérieux clients pour la camisole. Le délire de Trump et la proposition saugrenue de son alter-ego israélien ont créé un tollé international, y compris aux Etats-Unis. Les critiques acerbes dénonçant ce projet et les indignations virulentes ont fusé de partout aux quatre coins de la planète. La communauté internationale donne ainsi un signe qui ne «Trump» pas sur son rejet catégorique de ce fait accompli, fruit de quelques esprits complètement dérangés qui cherchent à imposer leur diktat contre la volonté de tous. Réussiront-ils à le faire? Le marrant Billy Valentine a une bonne réponse à cette question : quand on n’a pas de jacuzzi at home, on peut toujours péter dans l’eau de la baignoire pour faire des bulles. Notre duo serait bien inspiré de faire bon usage de ce précieux conseil…
C.B.
Pour la mise des jalons d’une réforme fiscale profonde
La loi de finances 2025 marque un tournant majeur dans la politique fiscale tunisienne, abandonnant quatre décennies d’approches peu inclusives au profit d'une imposition plus équitable.
Cette réforme, qui est saluée par l'Observatoire tunisien de l'économie (OTE), rompt avec la tendance historique consacrant l’octroi d’avantages souvent peu efficients au profit de catégories entreprises opérant dans certains secteurs économiques.
Un ajustement structurel
La loi des finances 2025 a fait l’objet d'intenses débats au sein de l’assemblée des représentants du peuple (ARP) autour de cette réorientation fiscale. La société civile et les acteurs politiques se sont mobilisés pour influencer les nouvelles dispositions alors que l'OTE a essayé de jouer un rôle prépondérant dans les discussions sur la taxation des personnes physiques et morales dans un sens progressif et plus juste et équitable.
L'objectif escompté est désormais de faire de l'impôt un instrument de justice sociale plutôt qu'un simple outil de stimulation économique, indique l’observatoire dans une note récente publiée, à cet effet.
Faits saillants
Les chiffres sont éloquents : la contribution fiscale des entreprises a chuté à 12,5% des recettes en 2023, contre 22% en 2014. Sous ce même angle, la part supportée par les particuliers a grimpé à plus de 28%. Cette évolution témoigne d'un transfert progressif de la charge fiscale des sociétés vers les citoyens, créant une asymétrie croissante dans la répartition de l'effort fiscal.
La nouvelle politique fiscale se structure autour de plusieurs axes innovants. Elle introduit une taxation progressive des bénéfices des entreprises, avec des taux allant de 15% à 35% en fonction de plusieurs paramètres comptables normalisés. De plus, elle renforce les mécanismes de lutte contre l'évasion fiscale, en particulier dans le secteur numérique. Une contribution de solidarité sociale est également mise en place. Enfin, cette politique prévoit la révision des avantages fiscaux accordés aux zones de développement régional.
Avantages fiscaux
Les gouvernements précédents avaient fait le pari des avantages fiscaux et des incitations diverses pour stimuler l'investissement privé. Des experts invalident cette stratégie, démontrant l'absence de corrélation significative entre la baisse des taux d'imposition et la performance des entreprises, notamment à l'export. Des rapports soulignent que les véritables moteurs de l'investissement résident dans la stabilité institutionnelle et économique, la transparence réglementaire et la qualité des infrastructures.
La nouvelle orientation fiscale de 2025 apparaît comme une réponse pragmatique aux enseignements du passé. Cette réforme illustre une prise de conscience : la justice fiscale constitue un fondement essentiel pour construire une économie plus équilibrée et pérenne.
Meryam Joobeur, membre du jury de « Perspectives » de la 75ème édition de la Berlinale
La cinéaste tuniso-canadienne Meryam Joobeur sera parmi le jury de la nouvelle section « Perspectives » de la 75ème édition de la Berlinale, prévue du 13 au 23 février 2025, à Berlin.
Cette nouvelle section du Festival international du film de Berlin est consacrée aux premiers longs-métrages de fiction, visant à renforcer la visibilité des nouveaux talents au sein du festival. Elle comprend près de quatorze premiers films de fiction du monde entier, sélectionnés pour leur langage cinématographique audacieux et leurs perspectives novatrices.
Le jury formé de trois membres, de trois artistes femmes Aissa Maiga, actrice et réalisatrice franco-malienne, et Maria Zamora, productrice espagnole, décernera le Prix du Meilleur Premier Film, décerné par la GWFF (Société allemande pour l’administration des droits cinématographiques et télévisuels).
Environ 200 films de tous genres, longueurs et formats figurent dans la sélection de cette 75ème édition. Dix-neuf films ont été sélectionnés dans la compétition officielle. Ils seront en lice pour l’Ours d’Or de l’édition.
Narjess Azzouz partage ses « Lueurs invisibles » à la galerie Semia Achour
La galerie Semia Achour abritera à partir du 15 février, à 16h00 (vernissage), l’exposition personnelle de Narjess Azzouz, intitulée « Lueurs Invisibles ». L’artiste sera présente au vernissage, partageant avec le public des fragments de son expérience artistique et pour raconter la genèse de cette nouvelle exposition.
Artiste peintre autodidacte passionnée qui ne cesse d’évoluer dans l’art contemporain, Narjess Azzouz tire son inspiration des récits quotidiens. Dans son travail, elle utilise des figures symboliques et différentes techniques pour donner vie à ces remarques et observations. « Lueurs invisibles » est une « exploration de ce qui se dérobe au regard, de ces présences discrètes qui illuminent l’ombre sans toujours se révéler. À travers une palette vibrante, des symboles et des formes en mouvement, cette exposition donne corps à l’invisible, capturant l’essence de ce qui nous traverse sans être immédiatement perceptible. Entre figures expressives et compositions dynamiques, chaque œuvre ouvre une brèche vers un monde où passé et présent, visible et caché, s’entrelacent. Une immersion sensible dans l’inexploré, où la lumière surgit là où on l’attend le moins », souligne Narjess Azzouz dont l’exposition reste visible à la galerie Semia Achour jusqu’au 1er mars 2025.
Imen.A.
L’anthropologue italienne Laura Franda racontera cet après-midi Saida Manoubia
L’Institut culturel italien à Tunis organise et accueille cet après-midi, à 18h00, une rencontre littéraire avec Laura Faranda, anthropologue à l’Université Sapienza de Rome, pour la présentation de son livre « Peripezie di una santa. Il culto di Sayyida ‘Ā’isha al-Mannūbiyya nella Tunisi contemporanea » – « Péripéties d’une sainte. Le culte de Saida Aicha al-Manoubia dans la Tunisie contemporaine ».
Dans ses recherches, Laura Faranda s’intéresse principalement aux pratiques religieuses et aux cultes en Méditerranée, avec un intérêt particulier aux figures féminines dans la spiritualité populaire, telles que la sainte tunisienne Saida Manoubia du 13ème siècle avec tout ce qu’elle représente dans la mémoire collective.
En 2024, Laura Faranda a publié cet ouvrage dans la collection « Etudes et matériaux pour l’histoire de la culture populaire » aux Editions Museo Pasqualino, une maison d’édition italienne spécialisée dans les arts populaires, la culture traditionnelle et le patrimoine immatériel.
A travers une approche ethnographique, l’ouvrage de près de 225 pages retrace notamment à travers une série de récits les pratiques culturelles et rituelles associées à Saida Manoubia (1198-1267).
A la Faculté de la Manouba : Le rire et son pouvoir en hommage à Milan Kundera
Le département de français de la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de Manouba (FLAHM) organise du 13 au 15 février 2025 un colloque international et pluridisciplinaire intitulé « Le rire entre ‘kitschisation’ et ‘artialisation’ » en hommage au penseur et romancier franco-tchèque Milan Kundera, l’un des grands romanciers du 20ème siècle, pour qui le rire est avant tout un catalyseur de réflexions sur le monde et l’être humain.
L’organisation de ce colloque tente, selon l’argumentaire, de rassembler les derniers travaux qui ont été consacrés au rire (notamment en anthropologie et en philosophie) et de voir comment la littérature française et les littératures francophones l’exploitent pour mettre en lumière d’autres pistes de recherche non encore envisagées.
C’est aussi l’occasion de s’interroger sur les pouvoirs du rire : que peut faire en effet le rire ? Les réflexions sont portées sur les pouvoirs qui manipulent le rire, ses fonctions et cet idéal esthétique qui s’appelle le « kitsch », un mot allemand qui est apparu au milieu du XIXe siècle avec le mouvement romantique et qui s’est ensuite répandu dans toutes les langues : la « kitschisation » du rire. Le rire est-il désormais condamné à exclure de son champ de vision tout ce que l’existence humaine a d’essentiellement inacceptable? D’un autre côté, l’introduire en tant que composante d’une esthétique reviendrait à le présenter comme une forme d’art, d’où son « artialisation ». Et donc, le rire est-il transformé par une mouvance qui en fait un art ? et dans quelle mesure et à quelles fins le rire suscite-t-il la créativité dans les domaines artistiques ?
Pour répondre à ces axes de réflexion, des chercheurs, universitaires, écrivains et spécialistes en philosophie, anthropologie, sociologie, psychologie, littérature, linguistique, caricature et arts, en provenance de plusieurs pays notamment de France, de Belgique, de Russie, de Roumanie, d’Algérie, du Maroc, de Mauritanie et de la Tunisie, prennent part au colloque en hommage à Milan Kundera dont l’œuvre se situe au croisement de la littérature, de la philosophie, de l’ontologie et de l’art.
La clôture sera marquée par une table ronde réunissant le réalisateur Ibrahim Ltaief, les caricaturistes Taoufik Omrane et Lotfi Ben Sassi, ainsi que la psychologue et art-thérapeute Emna Guermazi et la psychologue Naouel Bouhouch, pour discuter de l’effet du rire, en particulier dans les arts visuels, la psychologie et la thérapie par le rire.
Le Quotidien avec TAP
Editorial : L’urgence d’une stratégie intégrée - Par Hassan GHEDIRI
Selon les chiffres de la direction générale des barrages et des grands travaux hydrauliques au ministère de l’Agriculture, la quantité d’eau retenue dans l’ensemble des barrages situés au nord et au centre du pays est de 826,104 millions de mètres cubes (m3), et ce, d’après la mise à jour d’hier, lundi 10 février 2025. Le taux de remplissage global de tous les barrages atteint ainsi 34,9% contre seulement 19,6 % à la même date de 2024. Mais avec de telles réserves, le spectre de la soif n’est toutefois pas totalement dissipé parce que la Tunisie est loin d’avoir coché toutes les cases de la sécurité hydrique.
Par ces temps d’incertitudes climatiques, aucun pays n’est épargné des crises liées à l’eau. Avoir des barrages à moitié pleins serait une bonne chose pour la Tunisie qui restera tout de même en situation de stress hydrique. Sa précarité, couplée à une dépendance alimentaire croissante, exige une transformation radicale.
Aujourd’hui, en Tunisie, l’on peut affirmer que le problème de l’eau est un problème agricole par excellence. L’agriculture consomme en effet plus de 80% des ressources en eau. Pis encore, cette quantité est souvent gaspillée par des méthodes d’irrigation archaïques. Secteur clé pour la sécurité alimentaire, l’agriculture souffre particulièrement de la pénurie d’eau, affectant les rendements et la diversité des cultures. Cela se traduit par une hausse des prix des denrées alimentaires, une augmentation de la dépendance aux importations et un appauvrissement des populations vulnérables.
Il est donc essentiel de réagir rapidement, et de manière coordonnée. D’abord, il faut investir dans des infrastructures pour mieux gérer l’eau disponible: modernisation de l’irrigation, lutte contre le gaspillage et développement des techniques de récupération des eaux de pluie. En parallèle, il est crucial de promouvoir des pratiques agricoles durables, pour réduire la dépendance aux ressources en eau. L’introduction de variétés résistantes à la sécheresse et une meilleure gestion des terres agricoles peuvent aussi limiter les pertes.
Une telle stratégie nécessite une mobilisation forte de toutes les parties prenantes: les autorités, les agriculteurs, les chercheurs et la société civile. Le défi est de taille, mais il est possible de renforcer la résilience du pays face à la crise hydrique et de garantir un avenir alimentaire sécurisé pour tous. Il est plus que jamais nécessaire de commencer ce processus aujourd’hui pour ne pas risquer de compromettre les générations futures.
L’Etat, qui manque d’engager des mesures permettant d’amortir les effets du réchauffement climat, ne peut toutefois rester les mains croisées devant la dilapidation des ressources hydriques. La surexploitation sauvage et illicite des nappes phréatiques est un fléau qui aggrave la pénurie. La révision de la législation organisant les forages avec éventuellement un durcissement des sanctions s’impose. La création d’une agence autonome, associant experts et société civile, pourrait aider à une meilleure régulation dans ce domaine et garantir un usage rationnel et équitable des ressources. Il est absurde que le nouveau code de l’eau tarde encore à voir le jour. Il est plus que jamais urgent que le code actuellement en vigueur datant de 1975 soit révisé fondamentalement pour intégrer les enjeux climatiques et renforcer la résilience hydrique de l’agriculture. En effet, la problématique de l’eau est aussi une question de souveraineté alimentaire. La Tunisie importe aujourd’hui plus de 70% de ses besoins alimentaires, ce qui explique sa grande vulnérable aux crises internationales.
H.G.
Ligue 1 (1e J.) – CAB – ST (1-1) : Un nul qui n’arrange personne
Par Kamel ZAIEM
Dans un match très disputé, Cabistes et Stadistes n’ont pas pu se départager sur le terrain du 15 octobre à Bizerte.
Les Jaune et Noir ont, pourtant, pris l’avantage dès la troisième minute grâce à un penalty transformé par Abdou Seydi, suite à une décision arbitrale très contestée. Décidément, les Stadistes continuent à souffrir de ces « étranges » erreurs arbitrales qui se succèdent. Un penalty pareil n’est jamais sifflé contre une équipe qui a du poids au sein de la FTF. D’ailleurs, l’arbitre qui a précipité la défaite du ST au derby face à l’EST, samedi dernier, vient d’être récompensé par la FTF puisqu’il a été désigné pour diriger un match de cette 19e journée. C’est dire que nos arbitres vont se bousculer pour mettre à l’écart les équipes (ST, USM et ESZ) qui « osent » contester la suprématie des « grands » et servir les intérêts de ceux qui dirigent la FTF qui sauront les récompenser et les protéger !
Revenons au match qui a vu les Cabistes faire l’essentiel en première période, alors que les Stadistes ont pris les choses en main à la reprise et ont méritoirement égalisé par le jeune Khalil Ayari sur un coup franc direct légèrement dévié (81’).
Cette parité ne fait l’affaire d’aucune des deux équipes qui vont devoir faire plus pour renouer avec les victoires.
K. Z.
Tournoi de Doha- 1/16e : Admirable, Ons Jabeur bat Zheng (2-0) et monte en puissance
Cette fois, Ons Jabeur a fait étalage de son savoir-faire pour éliminer avec maîtrise la 8 e du classement WTA, la Chinoise Qinwen Zheng par 2 sets à 0. Au premier set, la Tunisienne a fait preuve de beaucoup de sérénité pour exploiter ses moments forts et remporter la mise ( 6-4). Au second set, confiante en ses moyens , elle a survolé les débats avec des coups droits merveilleux qui ont mis à mal son adversaire chinoise pour remporter le set en faisant cavalier seul ( 6-2). Voilà un match plié en 1h28mn et qui pourrait servir de référence pour Ons Jabeur qui annonce grandement son ascension vers le premier plan.
Jamel Belhassen
« Les mercredis du cinéma » à Sfax
L’Institut français de Tunisie à Sfax proposera, demain à 16h00, dans le cadre de son programme « Les mercredis du cinéma », deux courts-métrages tunisiens : « Les pastèques du Cheikh » de Kaouther Ben Hania et « El Hess » de Heifel Ben Youssef.
Organisée en partenariat avec le Centre culturel RedRoy Theater, la projection sera une occasion pour que le public découvre l’un des films marquants dans le parcours de Kaouther Ben Hania, aujourd’hui l’une des figures de proue du cinéma tunisien. Sorti en 2018, et d’une durée de 23’, ce film raconte l’histoire de Cheikh Taher (Ahmed Hafiane), un imam pieux et respecté. Un jour, deux jeunes garçons ramènent avec eux à la mosquée un cercueil, priant le cheikh de prier sur la dépouille de leur mère… Par respect, le Cheikh n’ouvre pas le cercueil pour vérifie ce qu’il y a dedans… Et c’était la grande surprise et l’erreur de trop !
Le 2ème film au programme de cet après-midi, est « El Hess » (2021, 15’).
C’est l’histoire d’un homme qui se tait tout le temps et qui est le principal moteur des événements, alors que tout le monde cherche à découvrir ses secrets... Huit personnalités différentes qui ont en commun une curiosité sans limites se rencontrent avec l’espoir de tout révéler.
I.A.
















