L’entrepreneuriat féminin : Des avancées encourageantes
En Tunisie, malgré un cadre législatif favorable et des avancées notables, l'entrepreneuriat féminin demeure un secteur en pleine maturation. Les chiffres révèlent des disparités persistantes : le taux d'activité des femmes ne dépasse pas 28,2% de la population active, contre 65,8% pour les hommes.
Cette inégalité est encore plus prononcée parmi les diplômés de l'enseignement supérieur, où le taux de chômage atteint 40,7% pour les femmes, contre 17,6% pour les hommes. Pourtant, les Tunisiennes commencent à s'imposer dans l'écosystème entrepreneurial, avec 23,6% des entreprises dirigées par des femmes. Ces chiffres, bien que encourageants, soulignent la nécessité de renforcer les mécanismes de soutien pour accélérer cette dynamique.
Un écosystème favorable
L'entrepreneuriat féminin en Tunisie se distingue par une diversité croissante. Les femmes investissent des secteurs variés, allant des services, de la santé et de l'éducation à des domaines plus traditionnellement masculins comme l'industrie et les technologies.
Le programme national Raida, lancé pour encourager et accompagner les entrepreneures, illustre l'engagement de l'État à soutenir ces initiatives. Ce programme offre des formations, un accès facilité au financement et un accompagnement personnalisé, autant d'outils essentiels pour surmonter les obstacles rencontrés par les femmes.
Cependant, des défis majeurs subsistent, notamment en matière d'accès au financement. Selon les données, seulement 17% des crédits accordés par la Banque de financement des petites et moyennes entreprises (BFPME) sont destinés aux femmes. Cette situation reflète des barrières structurelles et culturelles qui limitent encore l'essor des entrepreneures. Pour y remédier, des efforts supplémentaires sont nécessaires, notamment en matière de sensibilisation des institutions financières et de mise en place de fonds dédiés aux projets portés par des femmes.
Résilience et innovation
Malgré ces défis, les Tunisiennes entrepreneures se distinguent par leur résilience et leur innovation. Des initiatives comme le « Top 100 des Femmes Entrepreneures de Tunisie » mettent en lumière des parcours inspirants, offrant des modèles de réussite à suivre. Ces femmes, souvent fondatrices ou co-fondatrices de leurs entreprises, opèrent dans des secteurs variés, allant de l'IT à l'agrobusiness, en passant par l'artisanat et les services innovants. Leur succès démontre que, malgré les difficultés, l'entrepreneuriat féminin est un levier puissant pour l'économie tunisienne.
La visibilité de ces entrepreneures est cruciale pour inspirer les générations futures. En partageant leurs expériences et en servant de modèles, elles contribuent à briser les stéréotypes et à encourager davantage de femmes à se lancer dans l'aventure entrepreneuriale. Des réseaux d'accompagnement et de mentorat, comme ceux mis en place par des associations et des incubateurs, jouent également un rôle clé dans cette dynamique.
L'avenir de l'entrepreneuriat féminin en Tunisie est porteur d'espoir. Les initiatives publiques et privées se multiplient pour soutenir les entrepreneures, à l'image du programme Raida ou des partenariats entre universités et acteurs économiques pour offrir des formations adaptées. Ces efforts, combinés à une prise de conscience croissante de l'importance de l'égalité des chances, ouvrent la voie à une transformation profonde de l'écosystème entrepreneurial tunisien.
Hafsia Herzi, le César de la meilleure actrice
L’actrice et la réalisatrice franco-tunisienne et algérienne, a remporté le César de la meilleure actrice pour son rôle dans le film « Borgo », réalisé par Stéphane Demoustier. Elle incarne dans ce film le rôle d’une gardienne récemment affectée à la prison de Borgo, qui, prise au piège d’un engrenage implacable, finit par devenir complice de deux meurtres.
Présente depuis une vingtaine d’années dans plusieurs productions, Hafsia Herzi a attiré l’attention par son talent dans « La Graine et le Mulet » (2007) d’Abdellatif Kechiche. Belle performance qui lui a permis de décrocher de nombreux prix tels que le prix Marcello-Mastroianni à la Mostra de Venise et le César du meilleur espoir féminin et lui a aidé à s’imposer sur la scène cinématographique française.
Parallèlement à sa carrière en tant qu’actrice, Hafsia Herzi a réalisé en 2019 son premier long-métrage « Tu mérites un amour », suivi de « Bonne Mère », deux ans plus tard. Ce film a été à l’affiche de nombreux festivals et il a été projeté également lors de l’édition 2021 des Journées cinématographiques de Carthage (JCC).
Aéroports d’Enfidha et de Monastir : TAV Tunisie déterminée à les développer et à y augmenter les capacités
Améliorer les performances et la qualité des services aux aéroports d’Enfidha et de Monastir demeure le principal souci de TAV Tunisie qui exploite ces deux lieux de transport aérien et qui tient à les rendre plus animés et plus fréquentés.
Lors de son passage dans l’émission « Voyage-Voyage » animée par le journaliste Walid Besbes et diffusée chaque vendredi sur les ondes de radio Jawhara FM , la Directrice Générale de TAV Tunisie Mélanie Lefebvre, a souligné l’engagement constant de la société en faveur du développement des deux aéroports qu’elle gère en Tunisie, à savoir celui d’Enfidha-Hammamet et celui de Monastir.
Elle a rappelé lors de cette émission que TAV Tunisie, n’a cessé d’œuvrer depuis le début de son exploitation des aéroports concernés pour améliorer la qualité des services offerts aux passagers et aux compagnies aériennes, surtout que ces deux plateformes constituent des portes d’entrée essentielles pour les voyageurs et les touristes en Tunisie, contribuant ainsi activement à la relance et à l’essor du secteur touristique national.
Mme Lefebvre, a par ailleurs présenté, plusieurs chiffres clés illustrant le potentiel de l’entreprise pour renforcer l’attractivité et la compétitivité de ces deux aéroports et pour renforcer le rôle de la Tunisie en tant que destination touristique et pôle aérien régional :
-La Tunisie dispose d’une capacité aéroportuaire de 21 millions de passagers dont plus que la moitié concerne les deux aéroports gérés par la TAV (7millions de passagers à celui d’Enfidha-Hammamet et 4,5 millions à celui de Monastir.
-Les deux aéroports sont inexploités à leur juste valeur (seulement quelque 3 millions de passagers sont passés par ces ceux deux aéroports en 2024, soit 1,6 à Monastir et 1,3 à celui d’Enfidha-Hammamet) -
-L’aéroport d’Enfidha-Hammamet est le plus moderne, le plus grand et le plus extensible de la Tunisie (Il peut accueillir actuellement 7millions de passagers par an et il peut quadrupler sa capacité d’accueil pour atteindre 28 millions de passagers si le projet atteint ses objectifs et arrive à son terme avec la construction de trois autres terminaux)
-« Quand on développe 100000 nouveaux passagers par an, on crée de la valeur de 25 millions d’euros, soit 80 millions de dinars, et on crée aussi 400 emplois directs et indirects… Si on prend les 8 millions de passagers inexploités qu’on ne reçoit pas dans nos deux aéroports et on multiplie par les chiffres que j’ai présentés, on pourra parler de 7 milliards de dinars de valeur que l’économie tunisienne pourrait générer ».
La Directrice Générale de TAV Tunisie a par ailleurs déclaré que des investissements de 40 millions de dinars en 2025 (32 millions de dinars pour l’aéroport de Monastir et 8 millions de dinars pour celui d’Enfidha-Hammamet) seront consacrés en 2025 à la modernisation des infrastructures, avec la mise à niveau des systèmes numériques, le renforcement des mesures de sécurité et l’amélioration des espaces d’accueil pour offrir un meilleur confort aux voyageurs, ainsi qu’à l’amélioration de l’efficacité opérationnelle et environnementale, notamment grâce à l’intégration de technologies d’énergies renouvelables pour réduire l’empreinte carbone dans ces deux aéroports.
Santé mentale : Inauguration de la première clinique psychiatrique privée en Tunisie
Enfin, une clinique privée de la sorte a vu le jour. La Tunisie franchit une étape décisive dans le développement de la santé mentale avec l’inauguration, mercredi dernier, de la clinique Averroès (Ibnou Rochd), la première clinique psychiatrique privée du pays.
Cet événement, rehaussé par la présence de nombreux officiels, de médecins spécialistes et de journalistes, témoigne de l’intérêt croissant pour cette problématique de santé publique. Il s’inscrit surtout dans la stratégie nationale visant à renforcer l’offre de soins spécialisés en psychiatrie et à améliorer la prise en charge des patients souffrant de troubles psychiques.
Une infrastructure pensée pour le bien-être et la sécurité des patients
Située à Tunis, la clinique Averroès dispose d’une capacité d’accueil de 25 lits, permettant une hospitalisation adaptée aux besoins de chaque patient.
Ouverte à tous les médecins qui ont besoin d’interner leurs patients, la clinique est dotée d’un service d’urgences psychiatriques entièrement équipé et encadré par un personnel médical et paramédical hautement qualifié, garantissant une intervention rapide et efficace pour les cas nécessitant une prise en charge immédiate.
L’urgence est, en outre, équipée d’une salle de déchocage et d’un équipement complet nécessaire pour une meilleure prise en charge des urgences critiques. Un transport médicalisé est également mis en place afin d’assurer le transfert sécurisé des patients en détresse vers l’établissement.
Consciente du rôle fondamental de l’environnement thérapeutique dans le processus de guérison, la clinique propose un cadre apaisant et sécurisé. Parmi ses équipements, on compte une salle d’activités dédiée à l’art-thérapie, ainsi qu’une bibliothèque permettant aux patients d’accéder à des ressources éducatives et culturelles.
L’ensemble de l’infrastructure répond aux normes les plus strictes en matière de sécurité : verres sécurisés, ascenseurs avec code, et un dispositif de surveillance garantissant la tranquillité des patients et du personnel soignant.
Pour une meilleure prise en charge de la santé mentale
L’inauguration de cette clinique marque un tournant dans l’amélioration de l’accès aux soins psychiatriques en Tunisie. Elle reflète l’engagement des autorités et des professionnels de santé à promouvoir une approche globale et moderne de la prise en charge des troubles mentaux, en mettant l’accent sur l’hospitalisation, l’urgence psychiatrique et les thérapies complémentaires.
Dr Afef Charrad, fondatrice de la Clinique Averroès, a tenu à souligner, lors de son discours, l’importance de ce projet pour la Tunisie :
« Aujourd’hui, c’est un rêve qui se réalise. Depuis des années, nous avons constaté un besoin croissant d’une structure spécialisée, moderne et humaine, capable d’offrir une prise en charge adaptée aux patients souffrant de troubles psychiques. Avec la Clinique Averroès, nous avons voulu créer un espace où chaque patient se sent accueilli, compris et entouré par des professionnels dévoués. Notre mission est de redonner espoir et dignité à ceux qui en ont besoin dans les meilleures conditions possibles. »
Avec cette ouverture, la Tunisie vient de se doter d’un établissement pionnier, dédié à l’accompagnement et à la réhabilitation des patients en souffrance psychique, tout en garantissant un cadre respectueux de leur dignité et de leur sécurité.
Rendez-vous du 19 au 22 mars avec « Sufiyet Ennejma Ezzahra »
Le Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes (CMAM) a annoncé le programme de son rendez-vous musical ramadanesque « Sufiyet Ennejma Ezzahra », qui aura lieu du 19 au 22 mars 2025 dans le palais enchanteur d’Ennejma Ezzahra.
Réservé à la musique soufie, accueillant à chaque édition des troupes du chant liturgique de toutes les villes de la Tunisie, cette nouvelle édition propose au total quatre soirées. Le coup d’envoi sera avec Hatem Ferchici qui proposera le 19 mars un spectacle intitulé « Silsellet El fzouaâ ». La deuxième soirée, celle du 20 mars, sera assurée par Mohamed Beskri qui présentera à l’occasion « Ahl limhaba ». La troupe de la « aissaouia » de la Marsa sous la direction de Mehdi Mimouni est au programme de la 3ème soirée, celle du 21 mars 2025. La clôture de ce programme ramadanesque sera avec la Troupe de la « aissaouia » de Béni Khiar, dirigée par Hichem Ben Amor.
Il est à noter que toutes les soirées démarrent à 22h00 et que les billets seront disponibles à partir de demain sur le site et aux guichets d’Ennejma Ezzahra.
I.A.
L’ « Open Mic », à Tunis et dans les 24 gouvernorats
Avec des concerts dans les grandes places des 24 gouvernorats du pays, le rideau s’est levé en avant-goût sur la 23ème édition du Festival de la chanson tunisienne. L’avenue Habib Bourguiba a été également en fête, accueillant des jeunes talents.
En collaboration avec les Commissariats régionaux aux Affaires culturelles, des spectacles de rue ont envahi les grandes villes avec au menu diverses expressions musicales dans différents styles, traduisant les spécificités artistiques et patrimoniales de chaque région.
Dans ce cadre, ce sont les Instituts supérieurs de musique et de danse, en présence de jeunes talents et autres professionnels du secteur, qui ont proposé des œuvres colorées, alliant différents modes tirés de notre héritage musical et ceux modernes sous forme de cocktails de nos plus célèbres chansons, de notre Malouf aussi, usant de divers instruments, entre oud, violon, qanun, batterie, guitare, orgue, piano et autres percussions.
Devant les complexes culturels locaux, les musées, sur les plus célèbres places publiques, places des arts ou sites archéologiques, l’animation était grande et la présence du public notoire, donnant un air de fête dans les régions en cette pré- ouverture de la 23ème édition du Festival de la Chanson Tunisienne, dans l’optique d’une réelle décentralisation de l’action artistique, culturelle et musicale telle que décidée par le Comité d’organisation du Festival.
Sur l’avenue Habib Bourguiba, en face du Théâtre municipal de la Ville de Tunis, la scène installée à l’occasion, l’affiche du Festival en fond, a accueilli en prélude le groupe « Chicos Live Band » qui a présenté un cocktail de ces beaux rythmes latino, avec au menu quelques célèbres chansons dans ce style si prisé.
Les jeunes élèves du Conservatoire national de musique de Tunis ont également été de la fête, accompagnés de leurs enseignants aux instruments (violon, oud, orgue et percussions) pour présenter au public présent sur l’esplanade de l’avenue quelques morceaux de Malouf et de chansons du patrimoine national. Bien applaudis, ils ont cédé la scène au Centre national de musique et de danse Sidi Sabeur de Tunis, présentant à leur tour quelques partitions de célèbres chansons de nos grands artistes à l’instar des Hédi Jouini Naâma ou Saliha.
Moody’s a relevé la note de la Tunisie : Les signes d’un redressement?
Par Hassan GHEDIRI
L’agence de notation Moody’s a relevé, vendredi,
la note souveraine de la Tunisie de Caa2 à Caa1, marquant ainsi la première amélioration depuis 2016.
L’agence américaine a annoncé, le 28 février, la révision à la hausse de la note souveraine de la Tunisie, passant de Caa2 à Caa1 avec une perspective stable. Selon le communiqué diffusé à cet effet, cette revalorisation concerne également la dette senior non garantie de la Banque centrale de Tunisie (BCT), qui bénéficie du même relèvement. Moody’s souligne, par ailleurs, qu’une amélioration plus rapide du financement extérieur et un assainissement budgétaire accéléré favoriseraient une nouvelle révision à la hausse.
Il est important de rappeler que cette amélioration de la note souveraine de la Tunisie par Moody’s est la première depuis novembre 2016 lorsque l’agence a relevé la note de Ba3 à B1 avec perspective négative. Durant huit ans, la note souveraine de la Tunisie n’a donc fait que se dégringoler. Cette révision ne peut qu’être applaudie du fait qu’elle vient récompenser les efforts déployés par la Tunisie pour remédier un tant soit peu à de multiples dysfonctionnements économiques et financiers. Elle aidera, sans doute aussi, à créer une relative stabilisation des fondamentaux macroéconomiques du pays.
Sami Arfaoui, analyste financier, met l’accent sur un des éléments déterminants ayant motivé la décision de Moody’s, à savoir la réduction du déficit de la balance courante, qui s’est nettement amélioré par rapport aux prévisions antérieures. « Cette évolution a permis une meilleure préservation des réserves de change et a facilité le remboursement de deux émissions obligataires internationales en octobre 2023 et février 2024, ce qui a constitué un signe positif pour les investisseurs et les marchés financiers internationaux», explique-t-il.
L’amélioration de la note reflète également une meilleure gestion des finances publiques et un contrôle plus strict des dépenses de l’État. «Malgré des tensions budgétaires persistantes, la Tunisie a su éviter un défaut de paiement et maintenir une relative stabilité de ses engagements», poursuit le spécialiste. Il estime cependant que notre pays aura encore beaucoup de défis à relever pour inscrire cette amélioration dans une dynamique durable. Et de considérer, dans ce sens, que la diversification des sources de financement est essentielle pour réduire la dépendance aux bailleurs de fonds internationaux. «Attirer davantage d’investissements directs étrangers (IDE) et renforcer le marché obligataire local sont de nature à contribuer a l’allégement des pressions sur l’endettement extérieur», pense-t-il.
Fragilité
Par ailleurs, les experts semblent être unanimes à considérer que le poids de la dette publique, qui dépasse les 80 % du PIB, demeure une contrainte importante nécessitant des réformes budgétaires et fiscales profondes.
Passer de Caa2 à Caa1 avec perspectives stables n’empêche toutefois pas de dire que l’environnement économique tunisien reste toujours fragilisé par un ensemble de déséquilibres structurels, notamment dans le secteur énergétique et les entreprises publiques, qui continuent de peser sur les finances de l’État.
Sur ce point, Arfaoui pense qu’une réforme de ces entreprises déficitaires, combinée à une stratégie énergétique plus durable et moins dépendante des subventions, est indispensable pour assainir les comptes publics. Ceci étant, l’amélioration du climat des affaires doit rester une priorité de premier ordre. Il s’agit de simplifier davantage les procédures administratives, digitaliser l’économie et moderniser le secteur bancaire pour dynamiser l’investissement privé et accélérer la relance.
L’État doit donc maintenir une discipline budgétaire stricte, renforcer ses capacités de financement et accélérer les réformes structurelles pour continuer sur une trajectoire positive et gagner la confiance des investisseurs.
Entre pression des créanciers, attentes sociales et instabilité régionale, la marge de manœuvre de l’Etat est très étroite, afin d’éviter de prendre des décisions aventurières: imposer une rigueur budgétaire risquant d’attiser les tensions, ou retarder les réformes au prix d’un isolement financier accru.
Hassan GHEDIRI
Le TNT propose « La scène au féminin »
La célébration de la Journée internationale des droits des femmes ne passera pas sous silence au Théâtre National Tunisien (TNT). Une table ronde intitulée « La scène au féminin », en hommage aux metteuses en scène de théâtre, à ces créatrices qui continuent à lever haut et fort la voix pour dénoncer des abus et pour célébrer la vie, est annoncée le vendredi 7 mars 2025 à 21h30, à l’espace de la bibliothèque Bechir Ben Slema, à la salle « Le « 4ème Art », Avenue de Paris.
Ouverte au grand public et à tous les passionnés du 4ème art, ce rendez-vous ramadanesque exceptionnel verra la participation de trois metteuses en scène tunisiennes qui ont marqué de leurs empreintes la scène théâtrale : Leïla Toubel, Wafa Taboubi et Lobna Malika. La modération du débat sera assurée par la critique de théâtre Fawzia Belhaj Mezzi.
I.A.
Edito : Une coopération à fructifier davantage - Par Kamel ZAIEM
Il ne s’agit pas d’une nouveauté lorsqu’on évoque la coopération tuniso-chinoise puisque les deux pays entretiennent des relations solides en matière de santé depuis de longues années et ce qui se passe ces derniers mois illustre de la plus belle manière l’importance accordée à cette coopération.
Faut-il rappeler que de fortes délégations de médecins chinois débarquent chaque année en Tunisie, depuis 1973, pour renforcer l’effectif des médecins tunisiens dans les établissements sanitaires, notamment les hôpitaux dans les régions intérieures. Il s’agit d’éminents spécialistes dans des domaines que nos jeunes médecins découvrent avec grand intérêt.
Le dernier fait de cette coopération a eu lieu ces derniers jours. La Tunisie et la Chine ont scellé leur rapprochement dans le domaine de la santé grâce à un mémorandum d'entente signé ce mercredi à Pékin par le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, et son homologue chinois.
Cet accord va ouvrir la voie à plusieurs projets stratégiques, notamment la création d'un Centre technique tuniso-chinois en cardiologie et maladies vasculaires, ainsi que l'organisation du premier Forum tuniso-chinois de la santé en Afrique du Nord. La coopération comprendra également des domaines innovants tels que la télémédecine, la médecine personnalisée, la thérapie génique et l'intelligence artificielle. Les deux pays s'engagent à soutenir les politiques de santé publique, notamment en matière de vaccination et de lutte contre les épidémies.
Lors d’une séance de travail, Mustapha Ferjani a souligné l'importance de tirer parti de l'expertise chinoise, notamment dans les technologies médicales de pointe et la numérisation des services de santé, ainsi que d'intensifier les échanges entre experts pour améliorer la formation et la recherche scientifique. Le ministre de la Santé a saisi l'occasion pour inviter son homologue chinois à visiter la Tunisie afin d'approfondir cette coopération.
Cette visite en Chine du ministre tunisien de la Santé a permis aux deux parties de signer un mémorandum d'entente pour la réalisation de la "Cité médicale des Aghlabides à Kairouan". Au mois de juin dernier, une importante délégation chinoise a visité notre pays et s’est déplacée à Kairouan pour prospecter, évaluer et étudier le lieu du projet et toutes ses composantes.
Beaucoup de travail a été entrepris dans le cadre de cet accord, et une nouvelle prolongation est actuellement à l’étude pour prolonger ce travail commun au-delà de 2026 pour toucher d’autres hôpitaux dans toutes les régions du pays, en particulier les zones défavorisées des régions intérieures à travers des missions dans les hôpitaux régionaux ainsi que des missions ambulatoires et des actions en urgences dans d'autres régions en cas de besoin de renforts et sur demande des autorités sanitaires tunisiennes.
C’est dire que la Tunisie doit profiter au maximum de la signature de ce mémorandum d'entente dans le secteur de la santé, surtout qu’il s’agit d’un domaine vital qui vit des difficultés ces derniers temps à cause du manque de moyens dans un nombre considérable d’hôpitaux et surtout en raison de l’exode massif des médecins tunisiens vers l’Europe.
Et comme cette coopération date de plusieurs décennies et a souvent porté ses fruits avec la réalisation des objectifs tracés, il faut s’attendre à la même réussite, que ce soit pour la construction de la cité médicale de Kairouan que pour l’amélioration de la qualité des soins dans les autres établissements sanitaires.
K.Z.
Au Musée national du Bardo : Les artefacts trouvés à Zama dévoilé et une prochaine expo à Rome
Une collection de 30 artefacts, faisant partie d'objets archéologiques découverts sur le site de Zama Regia dans le gouvernorat de Siliana, a été présentée, vendredi, au Musée du Bardo à Tunis.
L'Institut national du patrimoine (INP), placée sous la tutelle du ministère des Affaires Culturelles, a organisé une conférence de presse au cours de laquelle a été dévoilé un échantillon d'objets mis à jour sur le site de Zama Regia et les résultats scientifiques des fouilles réalisées sur des étapes à partir 1996.
Cet évènement a eu lieu en prévision d'une exposition itinérante des objets archéologiques découverts sur le site de Zama, qui sera organisée sur cinq mois, du 5 juin au 5 novembre 2025, dans la Capitale italienne Rome.
Le directeur général de l'INP, Tarek Baccouche, a souligné la haute valeur archéologique et scientifique de la variété d'artefacts découverts dont des sculptures et des instruments rituels utilisés dans les rites religieux à l'intérieur des temples antiques. Les artefacts dévoilés font partie d'une large collection datant de différentes époques, -avant et après J.C-, composée de temples et de lieux de culte et qui témoignent de la richesse de la vie religieuse, culturelle et sociale dans l'ancienne Zama
Bien qu'elle soient découvertes entre 2001 et 2006, cette collection d'artefacts est dévoilée au public pour la première fois, a fait savoir Bacchouche indiquant que les récents inventaires et recherches documentaires ont permis de les identifier et de les classer avec précision.
Exposition itinérante de cinq mois à Rome
En partenariat avec le Parc archéologique du Colisée (Rome), l'INP organisera une exposition itinérante, à Rome du 5 juin au 5 novembre 2025, qui comprendra d'importants objets archéologiques découvertes sur le site de Zama Regia. Avant leur exposition à Rome, certains objets feront l'objet d'une restauration minutieuse en Italie, entre mars et mai prochains, a fait savoir Baccouche ajoutant qu'un catalogue de l'exposition sera également publié.
Le directeur du Laboratoire de conservation et de restauration des Collections Culturelles, Mohamed Badii Bidouh, a souligné que la restauration des collections archéologiques mises à jour sur le site de Zama, - dont certaines pièces en terre cuite ou en marbre-, nécessite une étude minutieuse de leurs composantes. Il a annoncé que la restauration sera faite dans les laboratoires italiens par des équipes tunisiennes et italiennes, à travers l'usage d'une technologie de pointe tels que la numérisation par Intelligence Artificielle et les techniques d'impression en 3 Dimensions.
La directrice Directeur de la Division de l’Inventaire Général et des Etudes à l'INP, Samira Shili, a expliqué que le site de Zama d'origine numide a subi l'influence de la civilisation punique puis carthaginoise jusqu'à l'époque romaine ce qui en fait un témoin du chevauchement des civilisations en Tunisie. Les 30 artefacts dévoilés appartenant à différentes époques et représentent de multiples aspects de la vie religieuse et culturelle à Zama. Parmi les pièces les plus importantes découvertes figurent des statuettes représentant des divinités de l'époque païennes, ainsi que des vases en poterie et divers des instruments qui renseignent sur le mode de vie de l'époque.
Elle a souligné que les fouilles sur le site de Zama ont été effectuées sur des étapes dans le cadre d'expéditions archéologiques entamées en 1996 ce qui a conduit à l'accumulation de découvertes au cours des dernières décennies. Selon elle, « ces découvertes ont une grande importance dans la promotion de la recherche scientifique et offrent une meilleure compréhension de l'histoire de la région ».
La coopération archéologique tuniso-italienne
L'exposition de Rome devra contribuer à "faire connaître le patrimoine archéologique national et renforcer la coopération avec les institutions culturelles internationales", a annoncé le Directeur général de l'INP, faisant savoir que son institution "oeuvre à renforcer son partenariat avec d'autres pays comme la France, l'Allemagne, les États-Unis et le Canada à travers 17 accords de coopération internationale dans les domaines de la recherche archéologique et de la restauration.
Tarek Baccouche a présenté l'accord de coopération archéologique tuniso-italien pour la réhabilitation et la restauration du site de Zama qui s'inscrit dans le cadre de la coopération bilatérale à travers des accords de partenariat entre la Tunisie représentée par l'INP et plusieurs institutions italiennes. En vertu de cet accord étalé sur quatre ans, une enveloppe totale de 800 mille Euros, soit 200 mille Euros par an, sera allouée par la partie italienne à la Tunisie pour la mise en œuvre ce projet, a-t-il indiqué.
Rappelons que l'accord-cadre tuniso-italien signé, le 3 septembre 2024 à Tunis, entre l’INP et le Parc archéologique du Colisée (Rome), vise notamment à mener conjointement des interventions de restauration sur des objets archéologiques mis au jour à Zama Regia et à organiser, à Rome et en Tunisie, des expositions temporaires, autour de la capitale des rois numides.
Cet accord-cadre avec le Parc archéologique du Colisée complète un protocole d’accord d’un jumelage entre le colisée de Rome et l’amphithéâtre d’El Jem signé le 27 avril 2024, au siège du ministère des Affaires Culturelles qui stipule notamment la valorisation du Colisée d’El Jem, et du Parc archéologique du Colisée à travers la promotion de ces deux sites archéologiques romains.
Le directeur général de l'INP a assuré que l'Institut n'a cédé aucun des objets mis à jour, affirmant que les objets archéologiques appartiennent à l'État tunisien.
La Tunisie représentée par l'INP prend toutes les garanties légales pour protéger ses biens archéologiques exposés à l’étranger, a affirmé Baccouche, indiquant qu'avant leur transfert de Tunis vers Rome, tous les objets archéologiques à exposer seront couverts par une assurance internationale d'une valeur de 3,4 millions d'euros."
Le Quotidien avec TAP
Editorial : Le piège … - Par Jalel HAMROUNI
Trump menace. L’Europe s’indigne et condamne. La Russie se félicite. La rencontre tant attendue entre le président américain et son homologue ukrainien, censée couronner les discussions entre les deux parties par la signature d’un accord historique sur l’exploitation des minéraux ukrainiennes par l’US, a viré au chaos.
Dans un spectacle de jamais-vu, la réunion entre Trump et Zelensky dans le bureau ovale s’est transformée en une altercation verbale violente au su et au vu des médias. Ce qui s’est passé dans le Bureau ovale est, certes, historique et sans précédent, car aucun dirigeant étranger n’avait jamais été insulté et humilié publiquement par un locataire de la Maison Blanche. Cet incident d’extrême gravité ne restera, certainement pas, sans suite.
Cette rencontre assez tendue entre Trump et Zelensky intervient dans un contexte géopolitique marqué par le rapprochement entre la nouvelle administration américaine et la Russie. Ce qui nous pousse à croire que ce qui s’est passé au Bureau ovale est monté de toute pièce pour faire sortir le président ukrainien dans cette image si humiliante.
Les vingt-quatre heures qui ont précédé la visite de Zelensky à Washington étaient prometteuses pour les Ukrainiens. Trump revient sur sa décision de qualifier le président ukrainien de «dictateur sans élections», en disant : «Je n’arrive pas à croire que j’ai dit ça». Dans ce qui est peut-être le tournant le plus surprenant, Trump a poursuivi dans une déclaration sur le territoire ukrainien occupé par la Russie: «Nous verrons si nous pouvons les récupérer».
Zelensky est-il tombé dans le piège ? Tout laisse croire que le président ukrainien est venu à la Maison Blanche, avec sa tenue militaire, tout confiant que l’accord sur les minéraux sera signé et qu’il aura ce qu’il veut de son allié américain. Mais dès son arrivée et même avant qu’il descende de son véhicule, Trump s’est moqué de sa tenue vert militaire. Un accueil qui n’augure, déjà, rien du bon et qui annonce la séquence électrique qui allait s’en suivre.
Zelenskiy est apparu dans une position difficile sous la pression de Trump, qui lui a rappelé que son pays était en difficulté et qu’il n’avait pas de cartes de pouvoir sans le soutien américain, ce à quoi Zelenskiy a répondu : «Nous ne jouons pas aux cartes ici», avant d’être, carrément, expulsé de la Maison Blanche.
Après ce clash historique, la question la plus importante dans les heures à venir est de savoir où les choses vont aller. Les Européens, qui sont désormais dans le viseur de Trump, ont fait, déjà, block derrière Zelensky. L’Union européenne et plusieurs pays européens dont la France, l’Espagne et l’Allemagne, ont exprimé leur soutien à l’Ukraine, assurant au président ukrainien qu’il n’était pas «seul». La cheffe du gouvernement italienne, Giorgia Meloni, a appelé à la tenue, en urgence, d’un sommet entre les Etats-Unis et l’UE pour trouver une solution à la crise ukrainienne.
Meloni, l’un des rares dirigeants européens à avoir assisté à l’investiture de Trump et une partisane de Kiev, a déclaré que «toute division en Occident nous affaiblit tous et profite à ceux qui veulent voir le déclin de notre civilisation».
Allant plus loin, la chef de la politique étrangère de l’Union européenne, Kaya Callas, a promis de se tenir aux côtés de Kiev, remettant en question le leadership américain. «Aujourd’hui, il est clair que le monde libre a besoin d’un nouveau dirigeant. C’est à nous, Européens, d’accepter ce défi», a-t-elle déclaré, ajoutant: «L’Ukraine, c’est l’Europe! Nous sommes aux côtés de l’Ukraine.
Le grand gagnant du clash Trump-Zelensky est sans doute le président russe, Vladimir Poutine, qui s’amuse, certainement, de ce spectacle inédit.
Ce qui s’est passé dans le Bureau ovale marque un nouveau tournant dans les relations américano-européennes. L’Ukraine, si elle aspire à mettre fin à la guerre, ne doit plus compte sur le soutien américain. L’Europe non plus. Ainsi, la rupture est-elle devenue inévitable ? Wait and see.
J.H.
Ligue 1 – 23e J. : Le CA se reprend, l’USM cale
Par Kamel ZAÏEM
Dans le sillage du leader espérantiste, le Club Africain et l’US Monastirienne ont connu des fortunes diverses. Les Clubistes ont profité de la venue de l’US Tataouine pour renouer avec les victoires et se repositionner, alors que les Usémistes n’ont pas pu faire mieux qu’un nul à Sfax. L’ES Zarzis a, quant à elle, fait oublier sa lourde défaite à Bizerte.
A Radès, le Club Africain n’avait pas d’autre choix que de vaincre, d’autant plus que l’adversaire, l’US Tataouine, ne va pas au mieux. Le match s’est joué dès ses premières minutes puisque le défenseur libyen clubiste Ali Youssef était parvenu à marquer (5’) et à mettre les siens sur orbite. Ce fut tout dans un match qui n’a pas atteint un niveau technique appréciable.
Pour l’USM, les choses étaient plus compliquées avec un déplacement périlleux à Sfax. A l’issue d’un match équilibré où les défenses étaient impériales, le nul vierge était tout à fait logique. Les Monastiriens perdent deux points dans la lutte pour les premières places alors que pour le CSS, beaucoup de travail attend le staff technique pour redonner force et confiance à ses joueurs.
Le troisième match de cette seconde manche a vu l’ES Zarzis retrouver le sourire après la débâcle de Bizerte. L’ESZ s’est imposée (1-0), à domicile face l’Olympique de Béja, grâce au but de Houssem Ben Romdhane (32’) pour se relancer dans le groupe des poursuivants, alors que pour les gars de Béja, le bout du tunnel est encore loin avec un compteur qui a du mal à bien tourner.
K.Z.
Résultats
CA – UST (1-0)
CSS – USM (0-0)
ESZ – OB (1-0)
Stade Tunisien : Décès de Mohamed Achab, le président emblématique du club
Ce dimanche, le Stade Tunisien a perdu l’un ses plus illustres dirigeants et présidents et une figure marquante de l’histoire du football tunisien en la personne de Mohamed Achab, une icône du club du Bardo, décédé après une longue lutte contre la maladie. Achab, a dirigé le Stade Tunisien à trois reprises (1987-1990, 1993-1996 et 2004-2008), laisse derrière lui une empreinte indélébile sur l’histoire du club et à travers plusieurs générations du club Rouge et Vert.
Sollicité à plusieurs reprises pour présider le bureau exécutif de la FTF (Fédération tunisienne de football), il a toujours décliné l’offre pour se consacrer à son club de toujours, le Stade Tunisien, qu’il a aimé, dirigé et défendu le long de son parcours de combattant, lui qui a toujours crié haut ce que les autres pensaient bas.
Passionnée fou de la « Baklawa », son club de toujours, il a contribué à plusieurs sacres de l’équipe du Bardo, sur le plan local comme celui arabe avec le la Coupe arabe des clubs remportée à Djeddah en 1989.
Paix à son âme et que Dieu lui accorde son infinie miséricorde et l’accueille dans son éternel Paradis.
Ils ont dit sur l’Islam et le Prophète Mohamed
Par Myriam Ben Salem-Missaoui
Cette série de citations et de témoignages met en exergue les valeurs divines de l’Islam, telles que vues, observées et interprétées par des figures historiques de la philosophie, de la littérature et de la science. En voici quelques extraits…
Voltaire, écrivain et philosophe français, considéré aujourd'hui comme figure emblématique et centrale des Lumières
« Sa religion est sage, sévère, chaste et humaine : sage puisqu’elle ne tombe pas dans la démence de donner à Dieu des associés, et qu’elle n’a point de mystère ; sévère puisqu’elle défend les jeux de hasard, le vin et les liqueurs fortes, et qu’elle ordonne la prière cinq fois par jour ; chaste, puisqu’elle réduit à quatre femmes ce nombre prodigieux d’épouses qui partageaient le lit de tous les princes de l’Orient ; humaine, puisqu’elle nous ordonne l’aumône, bien plus rigoureusement que le voyage de La Mecque. Ajoutez à tous ces caractères de vérité, la tolérance. »
Goethe, poète, romancier, scientifique allemand (1749 – 1832)
« C’est dans l’Islam que je trouve le mieux exprimées mes propres idées. »
Gustave Le Bon, anthropologue, psychologue social, sociologue et scientifique amateur français (1841 – 1931)
« S’il faut juger de la valeur des hommes par la grandeur des œuvres qu’ils ont fondées, nous pouvons dire que Mahomet fut un des plus grands hommes qu’ait connus l’histoire.
Des préjugés religieux ont empêché bien des historiens de reconnaître l’importance de son oeuvre ; mais les écrivains chrétiens eux-mêmes commencent aujourd’hui à lui rendre justice. »
La Civilisation des Arabes (1884), Gustave Le Bon, éd. La Fontaine au Roy, 1990, Livre deuxième, chapitre premier, Mahomet, p. 76
Spécial Ramadan - L'histoire des Prophètes : Ibrahim, voyage vers la lumière
Comme les gens de son entourage, le père d’Abraham, Azar était un idolâtre. La tradition biblique le présente comme un sculpteur d’idoles et c’est pourquoi il fut le premier qu’Abraham appela au monothéisme. Il s’adressa à son père en usant de logique et de bon sens : «(Ô Mohammed), parle d’Abraham, dans le Livre; c’était un véridique et un prophète. Lorsqu’il dit à son père : « Ô mon père! Pourquoi adores-tu ce qui ne peut ni entendre ni voir et qui ne te profite en rien? Ô mon père! Il m’a été révélé un savoir qui ne t’est jamais parvenu.
Suis-moi donc, je te guiderai sur un droit chemin. (Coran 19:41-43). Son père rejeta immédiatement les propos de son fils, comme il fallait s’y attendre. « Son père dit : « Prendrais-tu en aversion mes divinités, ô Abraham? Si tu ne cesses pas, je te lapiderai sûrement. Éloigne-toi de moi, et pour longtemps! » (Coran 19:46). Après avoir tenté à plusieurs reprises de convaincre son père d’abandonner l’adoration des fausses idoles, Abraham se tourna vers son peuple, cherchant à le mettre en garde en usant de la même logique : «Récite-leur l’histoire d’Abraham, quand il dit à son père et à son peuple : « Qu’adorez-vous? » Ils répondirent : « Nous adorons des idoles et nous leur sommes dévoués. » Il dit : « Vous entendent-elles lorsque vous les implorez? Vous apportent-elles quelque bienfait?
Ou peuvent-elles vous nuire? » Ils répondirent: «Non, mais nous avons vu nos pères agissant ainsi.» Il dit : « Mais avez-vous considéré ces idoles que vous adorez et qu’adoraient vos ancêtres? Elles sont toutes des ennemies, pour moi, mais pas le Seigneur des mondes. C’est Lui qui m’a créé et qui me guide, et c’est Lui qui me nourrit et me donne à boire. Et c’est Lui, encore, qui me guérit lorsque je suis malade, qui me fera mourir puis me redonnera la vie. » (Coran 26:69-81)
La lumière
En appelant son peuple à n’adorer que Dieu, il lui donna encore à réfléchir. La tradition judéo-chrétienne rapporte une histoire similaire, mais raconte qu’Abraham aurait compris de lui-même l’existence de Dieu à travers l’adoration des idoles, et ne mentionne pas qu’il a utilisé les idoles comme exemple en s’adressant à son peuple. Dans le Coran, aucun prophète n’a jamais adoré autre que Dieu, même si certains ignoraient la vérité avant d’être investis de leur mission prophétique. Le Coran raconte, au sujet d’Abraham : « Quand la nuit l’enveloppa, il observa une étoile et dit : « Voilà mon Seigneur! ». Puis lorsqu’elle déclina, il dit : « Je n’aime pas les choses qui disparaissent. » (Coran6:76). Les étoiles étaient une création tout à fait incompréhensible aux humains à l’époque; elles étaient considérées comme plus grandes que l’humanité et souvent, on leur attribuait des pouvoirs surnaturels. Mais Abraham vit en elles leur incapacité d’apparaître à volonté. Puis, lorsqu’il vit la lune, un corps céleste encore plus grand et impressionnant, qui pouvait apparaître à la fois de jour comme de nuit... « Lorsqu’ensuite il vit la lune poindre (à l’horizon), il dit : « Voilà mon Seigneur! ».
Puis lorsqu’elle disparut, il dit : « À moins que mon Seigneur ne me guide, je serai certes du nombre des égarés. » (Coran 6:77) Puis il vit le soleil, encore plus resplendissant, une des plus puissantes créations, sans lequel la vie elle-même serait impossible : «Lors qu’ensuite il vit le soleil se lever, il dit : « Voilà mon Seigneur! Celui-ci est plus grand! » Puis lorsque le soleil se coucha, il dit : « Ô mon peuple! Je désavoue tout ce que vous associez à Dieu. En tant que croyant véritable, je tourne mon visage vers Celui qui a créé les cieux et la terre (à partir de rien), et je ne suis point du nombre des polythéistes. » (Coran 6:78)
Abraham fit comprendre à son peuple que le Seigneur des mondes ne pouvait se trouver ni dans les créations du monde ni dans les idoles qu’ils fabriquaient, mais que Dieu était Celui qui les avait créés, eux et tout ce qu’ils voyaient et percevaient autour d’eux, et qu’Il n’avait pas besoin d’être vu pour être adoré.
Que Dieu est capable de tout et qu’Il n’est jamais limité d’aucune façon, comme le sont les créationsdu monde. Son message était simple : « Adorez Dieu et observez vos devoirs envers Lui; cela est meilleur pour vous, si seulement vous saviez! Plutôt que Dieu, vous n’adorez que des idoles.
Et vous ne faites qu’inventer des mensonges. Ceux que vous adorez en dehors de Dieu ne peuvent aucunement vous procurer votre subsistance. Recherchez donc votre subsistance auprès de Dieu; adorez-Le et soyez-Lui reconnaissants, car c’est vers Lui que vous serez ramenés.» (Coran 29:16-18).
Il remit ouvertement en question leur adhésion aux traditions de leurs ancêtres. Il dit : « Certes, vous et vos ancêtres étiez dans l’erreur ! » (Coran 21:54) La vie d’Abraham fut réellement marquée par la douleur, les difficultés, les épreuves, l’opposition de toutes parts et la tristesse. Son père et son peuple, incapables de raisonner, rejetèrent son message et restèrent sourds à son appel. Ils se moquèrent de lui : « Ils dirent : « Nous apportes-tu la vérité ? Ou plaisantes-tu? » (Coran 21:55) À ce stade de sa vie, Abraham s’opposa à sa famille et à son peuple tout entier afin de transmettre le message du pur monothéisme, la croyance en un Dieu unique et le rejet de toutes les fausses divinités, que ce soit des étoiles, des corps célestes, des créatures terrestres ou des représentations de Dieu sous forme d’images ou d’idoles. Il se vit rejeté, ostracisé et châtié pour ses croyances, mais il tint bon et ne fit aucun compromis, sachant qu’il aurait à faire face à des obstacles encore plus difficiles dans le futur.
















